mercredi 21 septembre 2011 à 13:42
EXCLU
par Piercy

Il y a 5 jours, l'OFDT publiait un communiqué de presse à propos de son enquête nationale de prévalence sur le jeu. Aujourd'hui, Servane Barrault a laissé de côté, pendant quelques minutes, la rédaction de son mémoire et commente ce rapport pour Club Poker.

Addiction pilule bleue ou rouge 520
Si cette pilule existait, son inventeur serait riche.

Avant même d'aborder la question du jeu excessif, les chiffres fournis par cette enquête soulignent l'attrait des français pour le jeu : on remarque ainsi qu'un français sur deux a joué au moins une fois dans l'année, et que 10 % de la population générale joue au moins une fois par semaine. La prédominance masculine dans le jeu n'est plus à prouver : 62.7 % des joueurs dits actifs sont des hommes.

 

Première étude de prévalence du jeu excessif française, l'enquête de l'OFDT apporte des éléments intéressants et nouveaux. Jusqu'ici, le taux de prévalence du jeu excessif en France ne pouvait être qu'estimé à partir des données européennes et nord-américaines. D'emblée, on note que le taux de prévalence trouvé (0.4 % de joueurs excessifs et 0.9 % de joueurs à risque modéré) est moins élevé que dans d'autres pays (5 % environ pour les USA et l'Australie ; 2 % pour l'Italie, le Canada, la Belgique et la Grande-Bretagne). Il faut cependant noter que le taux de prévalence de jeu excessif d'un pays est lié à l'offre de jeu et à sa disponibilité au sein de ce même pays. Ainsi, il semble logique que la prévalence soit plus importante dans des pays tels que l'Australie, où les machines à sous (slots) sont très présentes et attirent de très nombreux joueurs.

Bien sûr, en France, les opportunités de jeu ne manquent pas non plus mais certaines catégories de jeu, tels que les paris sportifs et hippiques, jeux de loterie et de grattage, semblent bien plus faciles d'accès que d'autres (comme les jeux de casinos). Cependant, grâce au jeu en ligne, tous les jeux autorisés peuvent être pratiqués avec la même facilité d'accès, qu'il s'agisse de loterie ou de jeu de casino. Ainsi, il pourrait y avoir une évolution, dans les prochaines années, des pratiques de jeu et des problématiques de jeu excessif en France.

 

Selon l'enquête de l'OFDT, les jeux de hasard et d'argent les plus pratiqués par les joueurs actifs sont les jeux de tirage et de grattage, jeux relativement simples dans lesquels aucun apprentissage n'est nécessaire et dont l'issue est totalement déterminée par le hasard. Les paris hippiques occupent la 3e place. Le poker, par contre, n'est pratiqué que par 8% des joueurs actifs. La population des jeux de loterie, de grattage et des paris hippiques peut être expliquée par plusieurs éléments : leur accessibilité, leur simplicité mais aussi peut-être un certain ancrage de ces jeux dans la société française (la loterie naît en 1774, à l'initiative de Madame de Pompadour, afin de financer l'achat du Champs de Mars et la construction de l'Ecole Militaire. Supprimée pendant 10 ans, elle sera réhabilitée par Napoléon 1er en 1799). Comme beaucoup d'autres, ces jeux véhiculent surtout une part de rêve : celui de gagner de grosses sommes (en particulier les jeux de loterie) facilement.

 

Les jeux en ligne, en revanche, sont peu représentés dans l'étude, puisque seuls 9.1 % des joueurs actifs de l'étude déclarent les pratiquer (il est d'ailleurs dommage que le rapport n'indique pas quel type de jeu pratiquent ces joueurs).

Cependant, comme indiqué dans le communiqué, au moment de l'étude, le jeu en ligne était illégal. On peut donc se demander si certains joueurs n'auraient pas préféré taire cette pratique du fait de son illégalité, mais également si la légalisation de ces jeux n'a pas entraîné une augmentation de ces pratiques. Il est donc possible de supposer que le nombre de joueurs réguliers en ligne soit supérieur à l'heure actuelle. Les caractéristiques même du jeu en ligne (disponibilité, anonymat, rapidité, facilité d'accès…) tendent à favoriser l'installation de conduites de jeu excessives, voire à en majorer la sévérité.

On remarque chez les joueurs en ligne actifs une moyenne d'âge inférieure (35 ans) à celle des joueurs actifs dans leur ensemble (47 ans). Il semble en effet qu'Internet puisse attirer davantage une population plus jeune, habituée à utiliser quotidiennement ce média. Si les adolescents et jeunes adultes sont considérés comme une population à risque pour le jeu excessif, c'est particulièrement vrai pour le jeu en ligne. Il semble donc important de mener des actions de prévention et de recherche sur le jeu en ligne.

 

Le communiqué de l'OFDT présente un profil des joueurs problématiques (excessifs et à risque modéré). Ces joueurs seraient majoritairement des hommes, plus jeunes que les joueurs actifs (moyenne de 41 ans), pratiquant plusieurs activités de jeu et jouant plus fréquemment sur Internet.

L'importance de leur mise est soulignée : près d'un joueur excessif sur deux miserait plus de 1500 euros par an. Pourtant, ce sont ces mêmes joueurs qui semblent se distinguer par leur précarité financière. Cela peut sembler paradoxal mais cela ne l'est pas forcément tant que cela : le joueur joue en espérant faire fortune ou se sortir d'une situation financière précaire ; puis pour recouvrer ses pertes, en conservant l'illusion qu'un jour il peut gagner…

Si le rapport de l'OFDT précise quels jeux sont les plus pratiqués chez les joueurs actifs, on ne sait pas en revanche ce qu'il en est chez les joueurs excessifs (il est cependant précisé que ces joueurs ont tendance à jouer à plusieurs types de jeu). Or, les recherches récentes montrent que les différents types de jeu n'ont pas tous les mêmes potentialités addictives : les jeux de grattage et de loterie (à tirage différé) par exemple, malgré leur popularité, seraient moins l'objet d'addiction que d'autres types de jeu, tels que les paris et les machines à sous. Dans ces jeux (comme dans les loteries à tirage instantané comme le Rapido), la rapidité de la réponse (gain ou perte) serait un facteur favorisant l'apparition de conduites de jeu excessives.

Le rapport souligne enfin le lien fort entre jeu excessif et consommation problématique de substances psychoactives. En effet, les conduites de dépendance partagent certains facteurs de vulnérabilité commun (impulsivité, recherche de sensations, antécédents familiaux…) : la coexistence de deux ou plusieurs types d'addictions est donc fréquente, ainsi que le passage d'une addiction à l'autre. Selon Jacobs (1986), le point commun à toutes les conduites de dépendance serait la recherche d'un sentiment de bien-être, soit par une stimulation positive, soit par la réduction d'un état émotionnel négatif.

 

L'étude de l'OFDT apporte donc des éléments nouveaux sur la pratique du jeu en France. Concernant l'application du test ICJE au poker, il est vrai que certaines questions ne sont pas forcément adaptées : cet outil est bien plus pertinent dans le cadre de jeu de hasard pur. Cependant, il n'existe pas à l'heure actuelle de test adapté aux particularités du poker.

Le test ICJE est l'un des outils standardisé les plus fréquemment utilisés dans les recherches de prévalence. Son utilisation permet donc une comparaison pertinente avec les données obtenues dans d'autres pays.

 

On remarque donc que, bien que la France ait un taux de prévalence du jeu excessif inférieur à ceux d'autres pays européens et américains, ces problématiques touchent de nombreux français et pourraient être exacerbées par le développement du jeu en ligne. Le développement d'actions de prévention et de recherche (prenant en particulier en compte l'hétérogénéité des jeux de hasard et d'argent) est donc nécessaire.

Vos commentaires sur cette news dans le forum :
Servane Barrault commente la publication de l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies
Cette news a suscité 7 commentaires :
News

L’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies vient de publier les premières données d'une enquête nationale de prévalence sur le jeu, conduite dans le cadre de l'enquête 2010 du Baromètre santé de l'INPES. Réalisée avant l'ouverture du marché des jeux en ligne, cette étude chiffre à 0,4 % la proportion de "joueurs excessifs" dans la population française.

[...] Lire la suite…




L'addiction au jeu vue par Dudley.

Edited by SuperCaddy

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A noté la grande fiabilité de ce test en 9 questions (lol) de l'Indice Canadien du Jeu Excessif, de plus ça ne s'applique pas au poker :

1. Avez-vous misé plus d’argent que vous pouviez vous permettre de perdre ?

Réponse : Parfois (j'ai fait quelques shots)

2. Avez-vous eu besoin de miser plus d’argent pour obtenir la même excitation ?

Réponse : Parfois (gamble 4fun quand j'étais drunk)

3. Êtes-vous retourné jouer une autre journée pour récupérer l’argent que vous aviez

perdu ?

Réponse : Presque toujours (la table est trop fishy, easy money)

4. Avez-vous vendu quelque chose ou emprunté pour obtenir de l’argent pour jouer ?

Réponse : Jamais (personne pour me stack)

5. Avez-vous déjà senti que vous aviez peut-être un problème de jeu ?

Réponse : Jamais (dfaçon un addict manquerait cruellement d'objectivité sur cette question)

6. Le jeu a-t-il causé chez vous des problèmes de santé, y compris du stress ou de

l’angoisse?

Réponse : Parfois (stress et angoisse en TF d'un MTT c'est standard)

7. Des personnes ont-elles critiqué vos habitudes de jeu ou vous ont-elles dit que vous

aviez un problème de jeu (même si vous estimiez qu’elles avaient tort) ?

Réponse : La plupart du temps (la famille ou GF qui ne connaissent pas le poker)

8. Vos habitudes de jeu ont-elles causé des difficultés financières à vous ou à votre

ménage ?

Réponse : Jamais

9. Vous êtes-vous déjà senti coupable de vos habitudes de jeu ou de ce qui arrive quand

vous jouez ?

Réponse : Jamais (voir réponse 5)

Jamais = 0 points, Parfois = 1, La plupart du temps = 2, Presque tojours = 3.

On obtient donc 8 points = jeu problématique, pour un joueur random qui ne s'est jamais mis en difficulté et plutôt bien dans sa tête :D

Edited by Zgarrr

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1. Avez-vous misé plus d’argent que vous pouviez vous permettre de perdre ?

Réponse : Parfois (j'ai fait quelques shots)

Faire des shots peut faire partie d'un BRM. Tant que tu ne te broke pas, aucune raison de penser que tu ne pouvais pas te permettre de tenter le shot.

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Il y a 5 jours, l'OFDT publiait un communiqué de presse à propos de son enquête nationale de prévalence sur le jeu. Aujourd'hui, Servane Barrault a laissé de côté, pendant quelques minutes, la rédaction de son mémoire et commente ce rapport pour Club Poker.

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Si cette pilule existait, son inventeur serait riche.

Edited by Servane

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