vendredi 9 novembre 2018 à 10:45
EXCLU

Ryan Riess faisait partie des anciens champions du monde à avoir fait le déplacement à Rozvadov, ces dernières semaines, à l'occasion des World Series Of Poker Europe. À la veille de sa quatrième place sur le Main Event, Gaëlle est allée à la rencontre de l'Américain pour échanger à propos de son évolution en tant que joueur lors de ces cinq dernières années.

Ryan Riess

Salut Ryan et merci d'avoir accepté de répondre aux questions de Club Poker. Commençons par une question que tu as sans doute beaucoup entendue. Tu as gagné le Main Event en 2013, dès ta première participation. Peux-tu nous décrire un peu l'atmosphère et l'état d'esprit dans lequel tu étais ?

J'étais assez naïf à l'époque. Je ne saisissais pas totalement l'importance de ce tournoi. Il m'a fallu quelques années de plus pour réaliser. Ce n'est peut-être pas plus mal d'ailleurs. Si j'avais eu conscience d'emblée de la grandeur de cet événement, je n'aurais sûrement pas joué de la même façon. Ça m'a permis d'évoluer avec moins de pression. Par la suite j'ai pris la mesure de l'événement... et je n'ai plus jamais été aussi proche d'une telle performance !

 

Se retrouver aussi soudainement dans la lumière, et gagner autant d'argent, ça représente un sacré changement de vie. Comment as-tu géré ça ?

Ma vie n'a pas tellement changé en réalité. J'ai gardé le même groupe d'amis. Je dirais que j'ai surtout gagné en liberté. Tout cet argent, ça m'a permis de ne plus me soucier de mes finances, de voyager un peu partout dans le monde, de participer à plus de tournois...

 

Est-ce que ça a aussi occasionné des conséquences négatives ?

Non, je ne pense pas. Vraiment pas. Je ne suis pas tombé dans les écarts et les folies qu'on peut imaginer. J'ai géré mon argent assez intelligemment. En revanche c'est vrai que je me suis mis à disputer de gros tournois à 100 000 $ pour lesquels je n'étais sans doute pas prêt. Je n'étais pas assez bon pour me présenter sur la ligne de départ de ces épreuves, même si je n'en avais pas conscience à l'époque. C'est probablement la seule conséquence négative dont je peux parler. Pour le reste, il n'y en a eu que des positives.

 

À la lumière de ta propre expérience, quel conseil donnerais-tu aux futurs champions du Main Event ?

Simplement de rester humble et de réaliser sa chance. Il faut être sacrément chanceux pour arriver au bout d'un tel tournoi. C'est assez fou. Vous jouez au poker sans interruption pendant dix jours, et lors de chacun il vous faut beaucoup de chance. Mon conseil, c'est donc juste d'être reconnaissant de ce qui vous arrive et d'essayer d'aider les autres autour de vous. C'est important.

 

En 2017, tu as aussi remporté le WPT Seminole Hard Rock pour un gain de 716 000 $. Il s'agit d'un très gros rendez-vous aux États-Unis. Qu'est-ce que ça représentait pour toi de décrocher ce second titre majeur ?

Ça signifiait beaucoup. J'ai disputé énormément de tournois du World Poker Tour après 2013, et je n'ai atteint aucune table finale pendant une bonne cinquantaine d'entre eux. Pourtant leurs structures sont bonnes, et en principe je me débrouille bien sur ce type de format. Alors quand enfin je suis parvenu à rallier cette table finale, qui plus est sur un WPT à 10 000 $ avec des joueurs de talent comme Jason Koon autour de moi, c'était absolument incroyable. Et ça représentait aussi une sacrée somme, ce qui est toujours bon à prendre.

 

D'anciens champions du Main Event, comme Jonathan Duhamel par exemple, ont souligné qu'ils voulaient prouver à tout le monde qu'ils n'étaient pas là par hasard, qu'ils étaient de bons joueurs. Tu as connu ce sentiment ?

Bien sûr. Tout le monde peut gagner un tournoi de poker. Il y a beaucoup de champions du monde qui ne sont pas parvenus à obtenir d'autres résultats ensuite. Ce n'est pas un problème quand tu n'as pas l'intention d'être un joueur de poker à temps plein. Mais moi, j'ai toujours été passionné par ce jeu. J'ai la ferme intention de le pratiquer pendant les trente prochaines années. Vous allez me voir encore souvent car je ne suis pas prêt de rendre mon tablier.

Cette victoire, ça m'a en quelque sorte permis de valider mon statut. En général je me fiche assez de ce que les gens pensent. Là c'était surtout pour moi. Ça m'a confirmé que je pouvais le faire, que je pouvais continuer à m'investir dans ce jeu, que je n'avais pas juste été très chanceux... Ce second titre, ça voulait dire beaucoup.

 

On te croise souvent sur la scène high roller et super high roller. Après ton élimination du tournoi à 100 000 € des WSOP Europe, tu as tweeté ceci : "J'ai commis trop d'erreurs. Je dois m'améliorer". C'est assez inhabituel pour un joueur de ta trempe d'admettre de telles erreurs en public. Cette forme d'humilité a d'ailleurs suscité de nombreux commentaires positifs.

Oui, j'ai commis beaucoup d'erreurs dans ce tournoi et ça m'a coûté pas mal de jetons. Je m'en suis voulu. Ce tweet, c'était une façon de prendre mes responsabilités. Je ne voulais pas me cacher et garder ça pour moi. Il m'arrive de commettre des erreurs bien sûr, comme n'importe qui, mais là sur ce coup là j'ai vraiment fait n'importe quoi. J'avais besoin de faire sortir toute cette déception, et au passage de rappeler aux gens qu'on commet tous des erreurs. C'est parfaitement normal, et il faut apprendre de ces mauvais moments pour s'améliorer.

 

Quels sont les axes d'amélioration que tu identifies ?

Prendre mon temps. Parfois j'agis vraiment trop rapidement, sans réfléchir. Je suis loin d'avoir toujours raison. Parfois, je prends la mauvaise décision parce que j'agis trop vite. Il faut que j'apprenne à prendre mon temps, à bien réfléchir à chaque fois, et à ne pas essayer de bluffer autant contre certains adversaires.

 

Cette humilité tranche avec cette phrase qui t'avait valu de nombreuses critiques après ta victoire du Main Event : "Je pense que je suis le meilleur joueur du monde".

Oui, beaucoup de gens s'étaient moqués de moi à l'époque. Sur certains tournois j'avais droit à des petites blagues du genre "Tiens, voilà le meilleur joueur du monde qui vient d'arriver". En regardant en arrière, j'ai parfaitement conscience que je n'étais pas le meilleur joueur. J'en étais même loin. Néanmoins quand j'ai gagné, c'est bel et bien ce que j'ai pensé. J'avais une confiance inébranlable en mon jeu quand je m'installais à une table.

Avec du recul, on y voit plus clair. Même l'an dernier, je pensais faire partie des meilleurs mondiaux. Et puis en revoyant certaines mains, je me suis demandé ce que je faisais. Je me suis dit que les meilleurs ne joueraient jamais comme ça.

Pour autant, je pense qu'il est très important d'avoir confiance en son jeu. Pour prendre part à un tournoi à 10 000 ou 25 000 $, c'est indispensable. Sinon ce n'est même pas la peine de s'inscrire. Et cette confiance en moi, je l'ai toujours eue. Ça ne me prive pas d'être conscient des erreurs que je commets. Ce qu'il faut, c'est juste croire en soi et continuer de travailler pour s'améliorer.

 

La communauté du poker peut se montrer très dure parfois. Comment as-tu réagi face à ces commentaires négatifs ?

Je m'en foutais un peu en fait. Ceux qui critiquent, ils ne m'ont jamais rencontré. Ils ne me connaissent pas. Ceux qui me connaissent n'affirmeraient pas ce genre de choses. Je ne me suis jamais préoccupé de ce que racontent les trolls du web. Les sportifs de haut niveau, eux aussi, sont régulièrement la cible de critiques et ça ne les atteint pas. C'est une bonne chose d'avoir des haters, c'est un corollaire du succès. Si vous en avez, c'est que vous vous débrouillez bien.

Ryan Riess et sa compagne

Tu as récemment déclaré que le temps était passé très vite depuis ton sacre en 2013. Quelle a été ton évolution depuis cinq ans ?

C'est vrai, oui. J'ai tellement voyagé ces cinq dernières années. Je pense qu'une pause me fera du bien en janvier ou en février. Mais bon je dis ça chaque année ! C'est juste que j'ai été très occupé. Je n'ai pas vu le temps passer.

 

Aujourd'hui, quelles sont tes priorités ?

Eh bien, j'ai une magnifique compagne et elle est enceinte ! Donc ma priorité actuelle, c'est de me consacrer beaucoup à ma famille. Je ne l'avais encore annoncé qu'à mes proches. Le bébé devrait arriver en mars, donc on y sera vite !

 

Félicitations ! Est-ce que ça veut dire qu'il faut s'attendre à ne pas te voir lors des prochains WSOP ?

En fait je vis à Las Vegas, donc ça ne sera pas trop difficile d'aller jouer des tournois. Les voyages en revanche, ce sera plus compliqué. On verra bien. C'est un gros changement de vie. Je ne sais pas encore comment je vais m'y adapter.

 

À quoi ressemble ta vie à Las Vegas ? Qu'est-ce que tu aimes là-bas ?

Je voyage beaucoup tout au long de l'année, mais j'apprécie le temps que je passe à Vegas. J'adore les randonnées, et j'ai aussi beaucoup d'amis qui habitent là-bas. C'est une ville agréable, et puis la législation fiscale y est plus souple qu'ailleurs. Ça peut représenter un problème important pour les joueurs qui vivent ailleurs aux États-Unis. J'aime vraiment Vegas. C'est une ville fun avec plein de choses à faire, et le coût de la vie y est plus bas.

 

Petite anecdote sympa pour conclure : tu as remporté le Main Event et le WPT avec la même main, AK de cœur. Est-ce que tu es devenu superstitieux vis-à-vis de cette main ?

Oh oui ! À chaque fois que je la vois, je sais que je ne vais jamais coucher. Aucun moyen. C'est devenu ma main préférée... avec les as bien sûr !

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