vendredi 28 juin 2013 à 13:40

L'argent ne fait pas le bonheur, mais les séances de cash game à répétition non plus. Tel est du moins ce qui ressort du témoignage de bobilovic, lequel pose à ses confrères une question simple : le poker peut-il être épanouissant ? Depuis hier, les regs de middle / high stakes se succèdent pour faire part de leur expérience et apporter leur contribution. Passionnant !

Le blues du business man
"Chérie, je n'ai gagné que 20K ce mois-ci."

"Il y a un mois encore, j'avais le moral dans les chaussettes après trois mois de poker et 300 000 mains break even. Un mois de good run plus tard, l'ego est de nouveau au beau fixe, mais maintenant je sens une certaine lassitude pointer le bout de son nez. Je continue car c'est cool de gagner de l'argent et je dois préserver mes statuts, mais la motivation s'effrite".

 

En ouvrant sur le forum un sujet spécifiquement consacré au bonheur que procure — ou ne procure pas — le poker, bobilovic ne s'attendait sans doute pas à susciter une avalanche de réactions et de témoignages de la part de ses pairs. La suite lui a démontré qu'il avait touché un point sensible et soulevé une réflexion que beaucoup avaient déjà eu avant lui.

 

C'est kviNzZ qui a ouvert le bal en confiant se reconnaître dans le portrait dressé : "En début d'année, je n'ai jamais autant gagné de ma vie durant trois ou quatre mois de tournois. Et pourtant, ma vie et mon bonheur n'étaient pas du tout au beau fixe : un décalage total de mon sommeil qui me faisait dormir parfois plus de 10h ; pas de sport ni d'autres passions ; deux repas déséquilibrés par jour, qui plus est à des horaires décalés ; une dégradation de mes relations avec ma femme et ma famille... Depuis deux mois, j'ai décidé de faire une énorme pause alors que j'étais en plein good run. J'ai retrouvé une autre passion que le poker, le sport, un sommeil de 8h par nuit, trois repas, des relations équilibrées avec mon entourage. Depuis que je joue, je n'avais jamais réussi à garder aussi longtemps un rythme de vie correct. Et je peux le dire, je n'ai jamais été aussi heureux. Aujourd'hui, j'aimerais bien réintégrer le poker sans anéantir cet équilibre, mais je ne sais pas si j'en suis capable."

 

Même son de cloche chez AssurancetouriX : "Je suis à peu près sûr que j'étais bien plus heureux avant de jouer. Et malgré l'aspect financier, je pense que beaucoup de joueurs gagnants auraient préféré ne jamais tomber là-dedans. J'ai un grand respect pour tous ceux qui arrivent à arrêter alors qu'ils gagnent des tonnes. Ca fait un peu parole d'addict, mais comme beaucoup je reconnais que j'aurais énormément de mal à décrocher de ce jeu. Même si parfois je pense que j'aimerais bien".

 

Au fil des échanges, la discussion se déplace sur le terrain de l'équilibre à trouver — et à respecter — entre les séances de grind et la vie quotidienne. "Que je gagne ou perde, j'ai toujours pensé que si je ne faisais que du poker, cela ne m'épanouirait pas", confie Nem69. Avant d'évoquer sommairement la réponse qu'il a apportée à ce constat : "J'ai abandonné l'idée de vouloir faire beaucoup de volume pour me concentrer sur d'autres activités. Quitte à gagner moins d'argent, mais avec l'objectif de suivre un rythme de vie plus équilibré".

 

"La plupart des grinders à temps plein ne se posent pas la question", poursuit redundo. "Pour eux, jouer au poker à plein temps, c'est pratiquer sa passion, arriver à en vivre, voire parfois l'argent qui coule à flots et la vie de balla. Mais le raccourci "j'exerce ma passion alors je suis heureux" est trop simple à opérer. Il est même faux. Le poker atteint le moral cent fois plus que tout autre travail. Il faut prendre un certain recul pour se rendre compte que la plupart des grinders se rendent la vie un peu morose tout seuls." Et de souligner quelque règles élémentaires pour préserver un certain équilibre : une alimentation saine, le respect de l'horloge biologique, une activité sportive, des sorties régulières...

 

Difficile également de ne pas dresser un parallèle entre le poker intensif et une activité professionnelle plus traditionnelle. Pour Panda35, "il existe un levier dévastateur pour un grinder par rapport à un employé classique, qui est lié au fait que le volume de jeu va directement influer sur ses gains". Ce levier fait que "la pression psychologique est grande pour le joueur, qui doit affronter une variance sans équivalent pour un salarié classique". Sa conclusion est sans appel : "Il convient de donner au poker la même importance qu'un autre travail, c'est-à-dire un moyen plutôt qu'une fin en soi. Il est indispensable de bien fixer ses priorités et identifier ses plaisirs."

 

Le plaisir, c'est précisément le cœur de la réflexion de ZozoLeClown : "Je discutais récemment avec un collègue grinder qui vivait très mal son bad run. Je lui ai conseillé d'apprendre en priorité à être heureux dans son activité de joueur de poker. Ou à être heureux de manière générale. Être joueur de poker, ça a plein d'avantages, mais si c'est pour être mal dans sa peau une semaine sur trois voire pire, alors il faut vraiment changer d'activité. À titre personnel, je vivais très mal certains bad run. Ca fait maintenant six mois que je bosse mentalement pour être heureux en toutes circonstances et ça commence à porter ses fruits. Ce travail que je faisais sur moi-même ne concernait au départ que mon activité de joueur, mais il a fini par s'étendre à toute ma vie."

 

Comme pour mieux appuyer son propos, Zozo livre un précepte qui semble faire l'unanimité : "L'avantage du poker, c'est d'avoir de la liberté. Le désavantage, c'est de pouvoir en faire n'importe quoi si on s'y prend mal". Un constat totalement partagé par checkneed : "Le paradoxe dans la vie de joueur professionnel est que si on pose la question à cent pros, au moins 95 vont répondre qu'ils ont choisi le poker pour avoir plus de temps libre, plus de liberté et moins d'obligations. Or ces même personnes se plaignent au final de s'enfermer sur elles-mêmes, de ne pas faire de sport, de ne pas dormir ni de manger correctement. La seule chose qu'ils ne voient pas, c'est que tout cela résulte d'un choix de leur part, mais ne constitue pas une obligation. Personne ne vous oblige à grinder jusqu'a 5h du matin pour vous lever à 14h."

 

Pour autant, le débat ne semble pas mettre tout le monde d'accord. Certains, comme Lepacifiste s'étonnent même du blues ressenti par leurs collègues : "Avoir la chance de vivre sans horaires fixes, sans rendre de compte à qui que ce soit, sans patron, sans perte de temps dans les transports, avec la possibilité de gagner en un mois ce que gagnent des gens en six, cela me rend personnellement heureux et cela même s'il faut passer par quelques mois difficiles. C'est justement dans la difficulté des mois difficiles que le joueur pro prend conscience du bonheur qu'il a lorsqu'il réalise un mois excellent".

 

HITMANPOKER fait également partie des voix dissonantes : "Si vous êtes joueur de poker pro, vous êtes un privilégié. Que ce soit en termes de temps, d'horaires, de liberté au sens large qui vous permet de jouer d'à peu près partout dans le monde ou de faire des projets en parallèle tout en gagnant votre vie. Je ne sais pas si vous vous rendez compte à quel point c'est un luxe de pouvoir vivre sans appartenir au monde du salariat". Comme d'autres, il pointe avant tout du doigt le rythme de vie inadapté que s'imposent certains joueurs : "Mon ressenti, c'est que [...] vous avez un problème dans votre approche du poker et des névroses que vous devez corriger si vous voulez être heureux. Il est tout à fait possible d'avoir une vie saine et équilibrée, ainsi qu'une approche responsable de ce jeu. S'intéresser à un tas de choses, s'investir dans des projets, avoir un entourage varié... Tout ça permet de garder un certain recul sur ce cirque qu'est le monde du poker. Et accessoirement, ce recul vous permet de mieux gérer la variance, et du même coup de mieux jouer."

Vos commentaires sur cette news dans le forum :
Poker en ligne et psychologie : le blues du grinder
Cette news a suscité 494 commentaires, et seuls les 15 derniers sont affichés.

C'était plutôt : "On mange dans la même gamelle maintenant, chacun pour sa gueule les boloss"

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J'en ai marre de voir poper cette vidéo de partout.

C'est long et nul, ça parle d'une etude super intéressante qui pourrait donner de très nombreux résultats pertinents, mais tout ce que le mec en présente en définitive c'est "Faut avoir des copains dans la vie !"

Super.

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Dans le genre il y a ça qui est bien mieux et explique bcp plus clairement ce qui nous rend heureux en théorie. (pleasure/flow/meaning)
 

Modifié par boyau

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J'en ai marre de voir poper cette vidéo de partout.

C'est long et nul, ça parle d'une etude super intéressante qui pourrait donner de très nombreux résultats pertinents, mais tout ce que le mec en présente en définitive c'est "Faut avoir des copains dans la vie !"

Super.

Pas seulement en fait, il met même l'accent sur le fait qu'on peut être entouré et seul.

ok pour dire que le ton est mielleux mais le côté -> vivre ensemble -> vivre heureux -> vivre plus vieux et en bonne santé, c'est plutôt attrayant je trouve.

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C'est long et nul, ça parle d'une etude super intéressante qui pourrait donner de très nombreux résultats pertinents, mais tout ce que le mec en présente en définitive c'est "Faut avoir des copains dans la vie !"

A reposter dans ton thread, dès que tu reviens de vacances et que tu abordes le mois sans poker.

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Le 13/03/2015 à 01:42, jojolapinxxx a écrit :

Sinon je ne suis pas d'accord avec ce qui est dit. Personnellement j'ai des diplome, je pourrais retravailler si je voulais, mais je ne pense pas que je m’épanouirais + au travail qu'en jouant au poker. Je pense justement m'épanouir + au poker car je dois me remettre constamment en question, rester bon, faire un travail sur moi meme que j'aurais moins besoin de faire ds la vie pro.De plus, dans un travail, il y a aussi la routine, le stress à gérer etc qui minent bien le moral aussi..

Tu dis un peu nimp mon ami, enfin tu t’emmêles les pinceaux et tes conclusions sont à côté de la plaque, ce qui est dommage pour toi

Je te souhaite sincèrement de trouver un job qui te permette de t'épanouir plus qu'au poker. Tu penses le contraire pour deux raisons : d'une t'es pas arrivé "au bout" du poker, t'es encore les étoiles plein les yeux, mais tu verras que plus le temps va passer, moins ça va te plaire. Parce que jouer au poker online est chiant, tout simplement. Chiant et long. Enchainer 40, 50 ou 60 h de pok dans la semaine est un crime pour ta santé mentale et physique. Tu n'as pas idée du manque à gagner que tu perds à passer autant de temps à faire quelque chose de profondément inutile. Si tu avais passé la moitié de ce temps à bosser avec la même énergie, tu vivrais beaucoup mieux aujourd'hui, professionnellement et personnellement. Mais c'est toujorus pareil, les belles choses sont difficiles et longues à obtenir, alors que le poker te permet de vivre facilement. C'est juste un solution de facilité qui forcément ne t'apportera jamais autant qu'un projet longuement travaillé où tu atteins tes objectifs (encore une fois personnel ou professionnel).

 

Si tu te trompes à ce point - et on parle de ta vie donc c'est pas rien - c'est parce que tu n'as pas réussi jusqu'ici à t'épanouir dans un travail "classique", et ça c'est la deuxième raison qui te fait réfléchir à l'envers. Et y'a peut êtres de bonnes raisons à cela, puisque jeune diplômé il y a fort à parier que si tu as travaillé tu as commencé par faire la m**de des autres. Et comme tous les jeunes, tu as eu le réflexe d'essayer autre chose plutôt que de réussir là où tu étais. C'est vraiment une erreur classique pour la majorité de la population : "je ne me plais pas ici, donc faut que je change ; ce serait mieux si j'étais ailleurs".

 

C'est à la fois limpide, de bon sens et vraiment très con. Les mêmes raisons qui t'ont fait échouer dans ta première mission te feront échouer dans la suivante, même si elle est différente. Jusqu'à ce que tu comprennes que le pb ne vient pas du job que tu fais, mais de la façon dont tu le fais. Petit parallèle en ces temps d'élection : mieux vaut une bonne mesure de gauche à une mauvaise mesure de droite ; mieux vaut une bonne mesure de droite à une mauvaise mesure de gauche ; l'important n'est pas d'aller à droite ou à gauche, l'important est d'aller dans un sens correctement.

 

Une fois qu'on a dit ça on y voir beaucoup plus clair. L'objectif c'est d'être bien là où on est, c'est pas de chercher l'endroit où on sera bien. Remplace "endroit" par "gonzesse" et "travail" et ça marche tout pareil. C'est important ce que je dis. 

 

En aucun cas le poker est l' "endroit où tu es bien". C'est plutôt l'endroit où tu as fui après ta dernière expérience ratée. Quand le poker se compliquera pour toi où vas-tu fuir après ? A quel moment vas-tu comprendre que le problème n'est pas ce que tu fais mais la façon dont tu le fais ?

 

Si tu comprends ça tu ne peux pas raisonnablement penser que passer 40, 50 ou 60 assis derrière une table virtuelle t'épanouit plus que n'importe quel job. Tu te caches la vérité, et après un moment tu chercheras un nouvel eldorado facile. Et toutes les choses faciles que tu feras ne t'apporteront rien en comparaison des vrais choses difficiles que tu pourrais faire, en prenant le taureau par les cornes et en décidant que là où tu es ça va bien se passer pour toi, quoi qu'il arrive. Que quelque soit ta nana tu réussiras à former un beau couple. Que quelque soit ton job tu vas t'en sortir avec les honneurs et qu'on te regrettera.

 

Good luck mon ami

Modifié par JujuElDoud

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Salut à tous, 

j'ai longtemps hésité à poster dans ce thread pour diverses raisons (par flemme aussi j'avoue) mais je pense que mon témoignage pourrait en intéresser certains qui se retrouveront dans mon parcours donc je me lance, mieux vaut tard que jamais comme on dit.
Tout d'abord merci à tout ceux qui ont partagés leur expérience ici, il y a vraiment des posts très intéressants.


Le Poker est-il épanouissant et rend t-il heureux? Vaste question^^, ça avait l'air de rien comme ça mais finalement ces quelques questions posées par Bobilovic ont donné lieu à un des meilleurs threads jamais créé sur ce forum ama. Merci à toi.

Pour me décrire vite fait, je suis un grinder expatrié depuis bientôt une décennie maintenant, toujours actif, et ancien membre du forum (certains me reconnaitront peut-être).
La trentaine bien tassée et jeune père de famille avec des responsabilités nouvelles, je suis à un tournant dans ma vie. En effet après toutes ces années de grind sans autre véritable but que l'aspect financier j'aspire à autre chose pour moi et ma famille et je me vois pas faire ça toute ma vie.


Au commencement, en 2007 en ce qui me concerne, quand je suis tombé sur le WPT sur Canal + (put**n Patrick je ne te remercierais jamais assez :D ), le Poker a été pour moi une vraie révélation. A la base j'étais très sportif, un peu de Playstation de temps en temps et du tarot entre potes mais sinon vraiment aucune attirance particulière pour ce domaine là en général.
Mais alors là, au premier visionnage je me suis immédiatement pris de passion et j'ai commencé à dévorer tout ce que je trouvais sur le sujet sans, paradoxalement, beaucoup jouer les premières années.

Au bout de 2/3 ans les choses ont commencé à devenir un peu plus sérieuses. J'avais 24 ans, encore chez mes parents, je vivais dans une banlieue m**dique et je n'avais pour ainsi dire aucune perspective d'avenir en France. Bref le Poker c'était une échappatoire et le moyen de peut-être avoir une vie meilleure.
Ni une ni deux après avoir lu les expériences d'autres grinders expats sur le forum, j'ai foncé tête baissée, la fleur au fusil en me disant que quoiqu'il arrive je n'aurais rien à perdre, et je suis parti tenter l'aventure moi aussi. Et me voilà quasi 10 ans après toujours dans la même situation, la vie est dingue!

J'ai tout de suite considéré le Poker plus comme un moyen de m'offrir ma liberté, d'échapper à la société et de profiter un maximum de ma jeunesse plus qu'un moyen d'enrichissement (et puis je pense que notre monde se porterait bien mieux sans argent donc j'ai jamais vraiment eu assez d'avidité pour cela). Vision court termiste mais quand on est dans la 20aine avec des frustrations plein la tête c'est compréhensible.
Etant très fainéant de base et n'acceptant pas les contraintes que la société nous impose, j'ai vraiment trouvé dans ce jeu un mode de vie qui me convenait parfaitement. Surtout qu'en plus être gagnant à ce jeu il y a quelques années restait somme toute relativement facile comparativement à aujourd'hui.
Je passe les étapes intermédiaires faites de multiples semi-brokage, de grind intensif en dépensant le moins possible quand ça run bad et au contraire de dépenses énormes quand ça run good.

Au final, avec l'expérience accumulée et le recul que j'ai sur mon parcours à l'heure actuelle, je me suis rendu compte que je ne pourrais jamais vraiment m'épanouir ou être heureux en jouant au Poker à plein temps. Je dirais même que, dans mon cas, c'est une activité plus destructrice qu'autre chose et je vais expliquer pourquoi.

Ce qui était à la base une passion est devenu un travail comme un autre, les difficultés augmentant au fur et à mesure que le niveau progressait.

Gagner autant aujourd'hui demande beaucoup beaucoup plus de temps et d'investissement qu'il y a quelques années, sans compter la variance qui augmente à mesure que le niveau progresse, ce qui rend les choses de plus en plus difficiles à appréhender psychologiquement même quand on est expérimenté (d'ailleurs je sors d'un de mes pires bad run, ce qui m'a pas mal impacté psychologiquement alors qu'après tout ce que j'ai vécu je pensais être blindé niveau mental).

Le Poker comme moyen de subsistance et le Poker comme passe temps sont deux approches très différentes.

C'est une activité tellement artificielle, répétitive et déconnectée de la réalité que j'ai finis par développer un côté limite associal dans les phases de grind intensif qui parfois nuit à mes relations avec mon entourage ; de plus j'ai longtemps sous-estimé l'impact psychologique que le fait de vivre du Poker pouvait avoir sur moi, au point qu'au final j'ai dû assez vite, plus ou moins de manière inconsciente, m'accorder de longues et régulières pauses pour souffler mentalement, de peur que ça n'empire. 
Autre élément qui est surement aussi lié à mon caractère et à ma situation toujours sur le fil du rasoir, à force mon cerveau a consciemment (ou inconsciemment) supprimé toute émotion en relation avec le Poker et la variance qu'il engendre, surement comme moyen de me protéger mais dans les périodes de grind intensif il est parfois difficile de sortir de cet état une fois la session terminée. Ce qui peut poser problème dans la vie de tout les jours.
Ajouté à cela ce sentiment que certains ont également (et c'est le cas dans pleins d'autres domaines que le Poker d'ailleurs) de n'accomplir strictement rien de concret ou d'utile aux autres et de n'être centrée que sur sa propre personne, ce qui ne "remplit pas".

Il y a aussi le fait que c'est une activité qui accélère le rythme intérieur, qui stress le corps et l'esprit, qui déphase quand on joue régulièrement donc il faut être très discipliné pour contrer ce phénomène et avoir d'autres centres d'intérêts, ce qui est difficile car quand on est son propre patron on se laisse facilement aller.
Et puis c'est une activité ingrate où le skill n'est pas récompensé sur le court terme donc même en me blindant psychologiquement ça joue encore forcément sur mon moral.

Le plaisir de grind et de progresser est parti depuis longtemps et ne revient qu'épisodiquement, je continue de manière plus ou moins assidue en fonction de la motivation plus par défaut faute de mieux que par réelle envie de progresser et de gravir les échelons. Ce sont des signaux qui ne trompent pas.
Mon côté perfectionniste - quand je fais quelque chose je ne supporte pas de ne pas le faire de la manière la plus optimale possible, dit d'une autre façon de give up de l'edge par lassitude et fainéantise alors que je sais que je pourrais faire mieux - m'obligeant à rester rigoureux quand je suis en mode grind renforce aussi cette lassitude sachant que ça demande de rester continuellement impliqué pour maintenir son edge.
J'essaye régulièrement de relativiser et de comparer ma situation avec d'autres, ça aide à se remotiver mais ça ne dure qu'un temps, on reste prisonnier de son quotidien.

Si bien que dans ma situation, sans compter que le fait de vivre du Poker est tout les jours de plus en plus difficile, je dois dire que les avantages que cette vie procure ont de moins en moins de poids par rapport aux inconvénients, alors que ces avantages sont nombreux c'est pour dire.

Le Poker sans passion, sans autres objectifs que l'aspect financier est trop limité je pense pour s'épanouir dans la vie. Il y a un moment donné où il faut tourner la page et j'ai atteins ce moment il y a longtemps déjà.

C'est un tableau assez sombre dans l'ensemble et c'est surement lié à mon parcours, car honnêtement je suis bien conscient que je ne suis pas à plaindre et que beaucoup rêveraient de vivre la même chose, mais c'est un constat que je suis bien obligé de faire si je veux être honnête avec moi-même.
Je me dis que je serais surement plus heureux dans des conditions plus difficiles tant que j'arrive à faire tout les jours quelque chose que j'aime ou qui m'apporte des gratifications par ce que j'accomplis (que ça soit aider d'autres personnes, construire quelque chose qui sera utile à quelqu'un, contribuer à un projet etc), encore faut-il en avoir l'opportunité.

Pour conclure quand ce jeu finit par te bouffer à cause de la lassitude et que tu te retrouves un peu coincé comme moi, c'est clairement un frein à l'épanouissement personnel.

Voilà, j'espère par ma contribution avoir apporté ma petite pierre à l'édifice car c'est une situation surement pas étrangère à certains grinders ici présent.

Merci à ceux qui m'ont lu jusqu'au bout.
 

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On en revient toujours au même, ce constat de lassitude et de vide est partagé par bon nombre de grinders mais la solution à apporter est beaucoup moins limpide.

Admettons que tu veuilles tout arrêter, comment va se passer la reconversion alors que tu n'as aucun CV ni compétences à faire valoir. A moins de reprendre des études, ce qui est difficile à envisager passé un certain âge ou tout simplement pas souhaité, tu vas devoir revenir à un job lambda 9 to 5 : précisément ce à quoi tu cherchais à échapper en te lançant dans le poker.

Les reconversions réussies viennent d'avoir mis assez de côté pour démarrer un business, se lancer dans les cryptos, etc... Et/ou d'avoir fait de bonnes rencontres pour avoir des opportunités à la sortie (De la Gorce, Lacay).

Mais pour le grinder typique ce n'est pas simple je pense, je me pose d'ailleurs la question parfois et je n'ai pas vraiment de réponse.

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La marge de manoeuvre est minime c'est clair. Dans mon cas la reconversion va être très difficile. A un moment donné je pense que je n'aurais pas trop le choix de toute façon.

Modifié par Jive01

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faut pas non plus noircir trop le tableau

les qualités développées par une pratique régulière de grind et en particulier la résistance psychologique au stress est une qualité essentielle dans le monde du W.

Surement également que ta pratique t'a appris progressivement à résister à ton désir de fainéantise.

Certes le jeu ne sert pas à grand chose socialement parlant ,mais il confère quand même à celui qui le pratique comme un métier, une grande maturité psychologique IMO,au moins équivalente à  la plupart des activités salariées.

Bon évidemment pour convaincre un employeur c'est une autre paire de manches...

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Votre point fort les ex grinders c’est l’autonomie. Alors que la plupart des salariés qui voudraient se lancer le font pas par peur de devoir s’assumer, vous êtes complètement à l’aise avec la gestion du risque puisque c’est votre mode de vie depuis des années. Vous avez appris à compter sur vous. Vous êtes capables d’organiser vos journées, de vous former tous seuls, de vous imposer une quantité de travail sans personne au-dessus de vous. N’allez pas vous vendre à un patron mais restez indépendant. Il y a plein de choses à faire dans le web entrepreneuriat.

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Les news à la Une
dimanche 16 décembre 2018 à 1:11
Télex

Après 3 jours de combat intense, le GP Germany approche de son dénouement. Sur les 1 934 partcipants, 249 ont déjà décroché leur place pour le Day 2, en attendant le résulat des derniers flights, dont le dernier se jouera demain matin à 10h00.

8 français ont déjà validé leur ticket et retourneront donc dans l'arène demain à 14h00, pour la suite de ce marathon. Si le GP Germany était à priori réservé au petite bankroll, quelques joeurs de renom sont venus garnir les rangs des 8 flights qui se sont déroulés depuis jeudi. Parmi eux, un de High Roller, une star des échecs, un bracelet WSOP... Et nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises. Fausto est toujours à Rozvadov pour vous faire vivre l'évènement. Rendez vous demain à partir de 14h00 pour la suite du coverage de ce Grand Prix Germany !

vendredi 14 décembre 2018 à 9:52
Fisc et poker : la justice se penche sur les cas d'Antoine Saout et Nicolas Babel

Ouest France rapporte que le Trésor public réclame près de 1,5 million d'euros à Antoine Saout, dont le sort sera tranché par la Cour administrative d'appel de Nantes la semaine prochaine. Parallèlement, Nicolas Babel vient lui d'obtenir devant la Cour administrative d'appel de Versailles la décharge des pénalités pour activité occulte.

jeudi 13 décembre 2018 à 8:53
Pari d'isolement : Rich Alati est sorti de sa salle de bains

Le 21 novembre dernier, Rich Alati s'est laissé convaincre par son ami Rory Young de s'isoler pour une durée d'un mois dans une salle de bains, le tout dans le noir le plus complet. Le pari vient toutefois de prendre fin dix jours avant l'échéance prévue, les deux hommes s'accordant sur un montant inférieur à l'enjeu initial de 100 000 $.

mercredi 12 décembre 2018 à 10:06
Télex

C'est une tradition que xkaiizerx n'a pas l'intention d'abandonner : chaque année, notre CPiste établit un calendrier des principaux tournois programmés en France et dans les environs. Les rendez-vous de nos pays voisins sont évidemment inclus, au même titre que ceux de Marrakech ou Malte, et le tout sera mis à jour de façon régulière au gré des annonces des organisateurs.

mardi 11 décembre 2018 à 13:59
Télex

La ville du pêché peut faire tourner les têtes les plus pieuses. En témoigne l'histoire de ces deux religieuses de Los Angeles, qui durant plus de dix ans ont détourné des chèques destinés à une école pour financer leurs séjours dans les casinos de Las Vegas. Un manège pas très catholique, et dont le butin pourrait dépasser 500 000 $.

mardi 11 décembre 2018 à 13:27
Trash Talk, épisode 4 : Pokersphère, le duel Hairabedian/Guyon...

Le quatrième épisode de Trash Talk est en ligne. Dans cette nouvelle émission, Loïc Xans s'entoure d'Alexis Laipsker, Adrien Guyon, David Boivert et Yann Roudaut. Les thèmes traités sont une fois de plus divers et variés : le duel Roger Hairabedian / Adrien Guyon, l'affaire Pokersphère ou encore la place des people dans l'industrie du poker.

mardi 11 décembre 2018 à 10:54
Télex

Amarillo Slim est-il le plus grand tricheur de tous les temps ? C'est en tout cas l'angle choisi par Jérôme Schmidt dans un portrait fleuve pour le dernier numéro de Poker52. Live Poker, de son côté, donne la parole à Romain Lewis mais aussi à ShiShi qui signe un article sur sa vision du poker en 2027.

mardi 11 décembre 2018 à 9:52
Télex

Le King's Casino de Rozvadov, ce n'est pas seulement l'antre des WSOP Europe ou de tournois aux enjeux élevés. C'est aussi le théâtre de rendez-vous plus accessibles tout au long de l'année. En témoigne ce 200 € Grand Prix Germany dont Fausto assurera la couverture pour Club Poker à partir de jeudi. Bonne nouvelle pour notre reporter : il aura aussi droit à un 1 100 € PLO Birthday Party en l'honneur de Tony G ce week-end.

lundi 10 décembre 2018 à 15:58
EPT Prague : le 10 300 € High Roller pour Akin Tuna

C'est traditionnellement l'un des derniers grands rendez-vous de l'année poker : l'EPT Prague animera toute la semaine à venir avec plusieurs beaux tournois. Le festival tchèque de PokerStars s'est ouvert ce week-end sur une victoire turque : celle d'Akin Tuna au terme du 10 300 € High Roller. Davidi Kitai se signale de son côté par une belle troisième place.

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