Fortnite
par zebezt

Si le poker et des jeux vidéo comme Fortnite partagent des similitudes évidentes, les seconds représentent un phénomène d'une envergure telle qu'il pose question sur l'avenir de l'industrie du jeu de cartes. Ses acteurs doivent-ils craindre le raz de marée "Battle Royale", ou au contraire surfer sur la vague ? zebezt vous apporte des éléments de réponse.

Les temps changent. Une nouvelle génération est en marche, et pas qu'en politique ! L'ère de la toute puissante télévision n'est pas encore complètement révolue, mais la poursuite de son érosion apparaît comme inéluctable : les images ne coûtent plus grand chose à produire et à diffuser, et les supports alternatifs sont désormais partout. Mise à mal par les smartphones, les tablettes, les ordinateurs, la VOD, le replay, le streaming, le téléchargement illégal, la 3D, le PayPerView, les cohortes de youtubeurs, de twitcheurs, de périscopeurs, de gamers... la télévision classique est en perte de vitesse. L'audience des programmes se morcelle et s'effrite. Lentement mais sûrement.

Parallèlement, cela fait quelque temps déjà que le marché des jeux vidéo a supplanté en poids celui de l'industrie cinématographique. Dans un monde des médias et du divertissement en perpétuel mouvement, les secteurs périphériques que sont la publicité, le marketing et les loisirs doivent se réinventer sans cesse. Et s'il est un concept qui a le vent en poupe depuis deux ans, balayant tout sur son passage dans le monde du jeu - y compris chez les fans de poker - il s'agit bien des jeux vidéo de type "bataille royale".

Battle Royale : du cinéma aux jeux vidéo... et à la pub !

Battle Royale

Le concept - dérivé des films cultes que sont Battle Royale et Hunger Games - est très simple : une centaine de joueurs lâchés sur une ile déserte se tapent dessus à l'aide d'armes trouvées au gré de leur exploration, et ce jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un. Plus le temps passe, plus les zones de combat autorisées se rétrécissent, rendant ainsi les confrontations inévitables à mesure que l'espace vital diminue. Le concept se décline aussi bien en mode solo qu'en binômes ou escouades de quatre joueurs. Les deux plus célèbres de ces jeux sont Players Unknown's Battleground (PUBG) et Fortnite, mais il en existe des tas d'autres sur le marché (Arma III, Survivor Royale, Knives Out, Free Fire, Rules Of Survival...) qui coexistent désormais sur tous supports : PC, PS4, XboxOne, et même téléphone mobile. Quel que soit le support, ces jeux font invariablement un carton. Certains sont de simples clones, tandis que d'autres se démarquent par quelques touches d'originalité. Une constante demeure néanmoins : il faut être le dernier survivant. C'est LE concept qui a séduit les masses. À tel point que ces types de jeux se déclinent désormais dans d'autres univers (fantasy, mode cartoon...) ou époques.

Le volume de ventes et téléchargements de ces jeux de bataille royale est si élevé, et le nombre de joueurs connectés en simultané tellement important, qu'ils finissent par créer des myriades de petites communautés. Le phénomène attire bien évidemment des annonceurs de premier plan, tous alléchés par ce marché de plusieurs millions de consommateurs. Tel est par exemple le cas de la chaîne de restaurants KFC ou de la boisson Red Bull (renommé Hot Bull dans PUBG) pour ne citer qu'eux. En effet, quoi de plus tendance que d'incorporer une marque directement au sein d'un jeu qui cartonne et qui séduit quotidiennement des millions de jeunes consommateurs ? Quant aux streamers réputés, eux aussi acceptent au besoin de jouer les hommes-sandwiches en étant rétribués par les annonceurs.

Barrière : un casinotier bien dans son époque

KFC PUBG
Un p'tit KFC ?

L'après Second Life se porte donc très bien ! Et il n'y a pas que chez les annonceurs que ce nouveau format émoustille. Le monde du jeu plus traditionnel a compris qu'il y avait pas mal de passerelles - voire de synergies potentielles - avec ce nouveau type de loisirs. Ainsi, au printemps, le casinotier Barrière a organisé dans sa salle lilloise un événement live qui a fait un carton : le StreamShow Barrière, avec des youtubeurs célèbres en tête de gondole et une cohorte de jeunes fans survoltés réunis dans une salle chauffée à blanc. Et que dire du Gotaga Show Barrière, qui non content d'avoir rassemblé des milliers de spectateurs à Enghien, au début de l'été, a également mobilisé près de 250 000 viewers en simultané sur Twitch ? Une sacrée démonstration de force du public de l'eSport !

Les jeunes fauchés d'aujourd'hui sont les agents économiques fortunés de demain, alors autant leur faire franchir les portes d'un casino le plus tôt possible. Pas une semaine ne passe sans que soient annoncés des partenariats, durables ou éphémères, entre des équipes de gamers et tel ou tel média ou marque. Une nouvelle forme de sponsoring a donc bel et bien éclos, et le e-gaming a de beaux jours devant lui. Ainsi, le Team Vitality - équipe française phare - a récemment procédé à une levée de fonds de l'ordre de 20 millions d'euros afin de structurer ses équipes.

Tournoi de poker et battle royale, même combat ?

À bien y réfléchir, le jeu vidéo de type bataille royale épouse les mêmes codes de fonctionnement que le poker. Plaisir et frustration. Amusement et compétition. Deux univers qui se rencontrent. Et que dire de l'un des jeux de l'année 2018, à savoir Red Dead Redemption II, véritable western immersif, où le héros-joueur peut s'adonner s'il le souhaite au poker pendant des heures et des heures contre des adversaires parfaitement pixelisés, souvent plus vrais que nature ? L'immersion est bluffante, voire hypnotique pour certains.

Le rapprochement entre poker et gaming est toutefois beaucoup plus flagrant s'agissant des jeux de type battle royale. Car tout le monde y carbure à la dopamine et à l'adrénaline, selon des mécanismes très comparables :

  • Les joueurs sont livrés à eux-mêmes dans l'arène, le tout avec une part substantielle de hasard (dans un cas les cartes reçues, dans l'autre les pièces d'équipement trouvées sur le tas). Le plaisir d'une paire d'as en main au poker est le même que celui du fusil tout équipé avec lunette et silencieux, mais de la même manière que le bad beat guette le joueur de poker à chaque river, le combattant d'une bataille royale équipé de pied en cape n'est jamais à l'abri d'une balle perdue en pleine tête.
  • Au fur et à mesure que la partie avance, les confrontations deviennent inévitables (avec l'augmentation inexorable des blindes et l'élimination des joueurs short stack dans un cas, tandis que dans l'autre le rétrécissement progressif du périmètre rend inéluctables les rencontres sanglantes entre survivants).
  • S'il ne doit en rester qu'un seul au final, les joueurs éliminés peuvent bien souvent continuer à observer le déroulement de la partie, et ainsi s'identifier au vainqueur ou au contraire le maudire pour sa réussite insolente. L'implication du joueur survit parfois au-delà de son éviction, que ce soit au travers du streaming live, d'un coverage écrit pour le poker, ou d'une caméra subjective pour le jeu vidéo.
  • L'ultime survivant aura dans tous les cas connu des sueurs froides avant la délivrance et le vertige de la victoire. Quant aux perdants, qui mettent leur défaite sur le compte d'un concours de circonstances, du hasard ou de la fatalité, ils n'ont qu'une envie : remettre le couvert pour faire mieux. La faute à pas de chance... Un cycle qui appelle à se renouveler, en partie addictif d'ailleurs.

Betclic : poker et jeux vidéo dans un même aquarium

Aquarium Betclic

Ayant très vite pressenti qu'il y avait là un phénomène prenant de l'ampleur, l'opérateur BetClic n'a pas hésité pas à se positionner sur le créneau via la chaîne L'AquariumTV. Sur Twitch, il diffuse ainsi des parties du jeu de bataille royale numéro 1 qu'est PUBG en parallèle de sa traditionnelle session de poker et des séquences consacrées aux paris sportifs. Les deux commentateurs de génie que sont Benny et Yu n'ont d'ailleurs pas hésité à mettre la main à la pâte en streamant sur l'Aquarium leurs propres pérégrinations de joueurs un peu gauches de batailles royales, où la moindre faute d'inattention est aussitôt sanctionnée par une mort violente du personnage et un retour au bercail du joueur. Leurs commentaires savoureux ont su trouver un cercle de fidèles, tandis que d'autres streamers ont progressivement pris le relais quasi-quotidiennement sur leur chaîne Twitch.

Betclic a donc osé assumer frontalement ce rapprochement entre les deux univers. Aujourd'hui, de nombreux pseudos connus et moins connus du poker pointent fréquemment leur nez sur les divers streams francophones de batailles royales, et tout porte à croire que nombre de joueurs de poker lambda s'intéressent et/ou s'adonnent désormais plus ou moins régulièrement à ces jeux où l'aspect ultra-compétitif prime. Mis au régime eau et pain sec depuis la rentrée de septembre, l'AquariumTV a prévu de faire sa mue : le partenariat commercial avec BetClic s'achève ce 31 décembre, mais un autre se prépare pour le début de l'année 2019 à en croire le teasing de certains membres de l'équipe.

Synergies potentielles : Winamax attentif mais prudent

Alexandre Roos
Prophétique, Alexandre Roos ?

Le problème des passerelles, c'est qu'une fois mises en place, elles peuvent être empruntées dans les deux sens... et que parfois le flux ne circule pas majoritairement dans le sens escompté. Lors du colloque organisé par l'ARJEL le 28 octobre 2015 autour de la problématique de la régulation du jeu en ligne, le patron de Winamax Alexandre Roos avait surpris son monde en déclarant que son principal concurrent était HearthStone (le célèbre jeu de cartes online). Un discours d'ailleurs partagé par Alexandre Dreyfus, une ancienne figure de la marque.

Rétrospectivement, on ne peut que louer cette clairvoyance : Winamax a senti d'emblée le subtil vent de changement qui s'opérait au sein de la communauté des joueurs. Le jeu en mode compétitif - avec ou sans cartes - est bel et bien devenu une alternative sérieuse au petit monde du poker. On rappellera qu'historiquement, Millenium a été l'un des partenaires privilégiés de Winamax même si l'association a été mise en sommeil fin 2016.

Surtout affairé au développement de sa marque poker hors de l'Hexagone, Winamax TV invite aussi ponctuellement des personnages reconnus du monde du jeu vidéo, qu'il s'agisse de Bertrand "BestMarmotte" (ancien croupier devenu pro-gamer) ou du présentateur-joueur Xari. La ligne éditoriale de Winamax en matière de gameurs, cependant, continue à mettre l'accent sur le segment poker. Si la grille des programmes de Winamax TV semble assez coûteuse en raison de ses consultants positionnés sur le segment porteur des paris sportifs, la bascule vers les jeux vidéo n'a donc pas réellement eu lieu, alors même que le streaming de jeux vidéo complèterait théoriquement plutôt bien la grille avec du flux frais. Le tout en réduisant vraisemblablement les coûts. De là à y voir une stratégie délibérée (pour ne pas perdre la main) plutôt qu'un excès de frilosité, il n'y a qu'un pas...

PokerStars et PMU : des initiatives timides

Quant au troisième opérateur poker d'envergure qu'est PokerStars, il semblerait que son canal dédié, PokerStars Live ait connu son heure de gloire. Qu'ils sont loin les streams live de la défunte Maison du Bluff en mode Loft Story ! Quant au lustre des retransmissions live de tournois prestigieux du circuit, il ne brille plus avec le même éclat qu'à la grande époque. Et ce n'est pas le partenariat amorcé il y a quelques années avec l'équipe de e-sport Gamers Origin, plutôt timide de toute évidence, qui aurait eu le potentiel de rebattre les cartes.

D'une certaine manière, la room au pique rouge a peut-être été en avance sur son temps en misant sur une grande figure de StarCraft comme Bertrand "ElkY" Grospellier. Mais à contre-courant de la tendance émergente, l'entreprise mis un terme à son association de longue durée avec le Français. Et une fois libéré, ce dernier s'est immédiatement paré d'un nouveau logo : celui de partypoker. À chacun sa stratégie...

Dans un autre registre, PMU semble avoir choisi d'agir avec parcimonie. L'opérateur joue la carte ponctuelle des youtubeurs à succès, dont la concurrence est probablement considérée en interne comme moins frontale pour le poker que le stream de jeux vidéo. La stratégie est globalement similaire du côté d'Unibet, qui s'aventure timidement sur le secteur via des événements ponctuels avec le journaliste Julien Tellouck, figure incontournable de Game One. Preuve en est que les divers opérateurs de poker n'observent pas tous la filière du gaming par le même prisme. Plusieurs stratégies sont possibles face à l'essor du phénomène, mais plus personne ne part la fleur au fusil.

Gaming et poker : un concurrent, un défi, des opportunités

Au-delà des synergies potentielles qu'il peut exister entre gaming et poker, le tout autour de deux publics partageant des similitudes en termes de profils, on est en droit de se poser une question fondamentale : n'existe-t-il pas un risque accru de concurrence frontale, voire de cannibalisation entre ces deux types de loisirs ? Si l'adrénaline peut couler longtemps dans les veines d'un seul et même individu, les sources susceptibles de l'alimenter sont en revanche susceptibles de se tarir. La stratégie optimale en la matière demeure incertaine. Une chose est sûre : les lignes bougent et il est de plus en plus difficile de rester sur les rails.

Bien malin celui qui pourra prédire le profil du marché du poker au cours des prochaines années. Les habitudes évoluent sans cesse, ce qui n'est pas pour faciliter la tâche des acteurs de la filière. Une constante demeure malgré tout : il y aura toujours des opportunités nouvelles à saisir, que ce soit dans le gaming ou ailleurs. La concurrence, si tant est qu'elle existe, doit être d'abord une source de stimulation et d'émulation. Après tout, les jeux de cartes en ont vu d'autres : leur existence est pluri-millénaire et le poker en tant que loisir survivra longtemps.

En live comme online, la pérennité des acteurs de la filière dépendra de leur capacité à se retrousser les manches sur ce sujet comme sur d'autres. Dans un secteur aussi volatile que celui des jeux et des loisirs, nul n'est à l'abri d'une dinosaurisation fulgurante. La problématique des bots, d'ailleurs, constitue un autre exemple récent de la nécessité pour chaque acteur d'évoluer avec son temps, et même d'anticiper certaines dynamiques. Alors soyons passionnés, chacun à notre niveau. Soyons actifs. Soyons positifs. Soyons récréatifs. Soyons professionnels, joueurs, déterminés, lobbyistes au besoin... Mais surtout, soyons créatifs !

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