vendredi 19 octobre 2018 à 10:13
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Aujourd'hui ambassadeur de PokerStars, Jeff Gross a forgé son esprit de compétition sur les terrains de football. Son amour du ballon rond remonte d'ailleurs à la Coupe du Monde 1994, compétition dont il a eu la chance d'assister à quelques matchs en tribune. Depuis, l'ancien colocataire de Michael Phelps a parcouru un sacré bout de chemin. Ses premières parties de poker, à l'université, l'ont en effet emmené jusqu'à une fiche Hendon Mob à plus de trois millions de dollars. Mais l'Américain est aussi connu pour sa grande activité sur les réseaux sociaux. Un outil qu'il maîtrise à merveille, comme il l'explique dans ce nouvel entretien signé Gaëlle.

Jeff Gross
(crédit : PokerStars)

Salut Jeff et merci d'avoir accepté de répondre à cette interview. Tu as récemment participé aux WCOOP depuis les Bahamas. Tu as d'ailleurs mis en ligne pas mal de photos. Comment ça s'est passé ?

J'étais logé au nouvel hôtel, le Bahamar. J'ai vraiment adoré. C'est un très bel endroit.

 

Tu as organisé un concours de vlogs avec Andrew Neeme sous le hashtag #vloggerinparadise. Tu peux nous expliquer un peu ?

Oui, Bill Perkins fait également partie des juges en charge de décerner un Platinum Pass. Il y a vraiment beaucoup de contenu à examiner, ça fonctionne très bien ! Mine de rien, c'est un travail à plein temps. On a reçu tellement de vidéos ! Heureusement, nous avons une équipe avec nous pour écrémer le field jusqu'aux finalistes.

Ce qui est cool, c'est que certains participants vont probablement continuer les vlogs après le concours. Il s'agissait vraiment de faire découvrir ce format aux gens. Ils ont désormais la possibilité de créer un journal de bord de leur expérience poker. Un truc qu'ils vont garder et pourront visionner à nouveau plus tard.

 

Quels sont les critères à la lumière desquels tu juges ces vidéos ?

Il existe cinq critères prédéfinis. Il faut de la créativité, se démarquer des autres... Il faut aussi adopter un format paysage, des extraits musicaux, ce genre de choses... On ne veut pas cinq minutes de monologue face caméra.

C'est vraiment cool de voir l'évolution des gens par rapport à leur premier vlog. Ils s'améliorent à chaque nouvelle vidéo. On en reçoit des centaines et des centaines, donc je ne peux pas dire que je les ai toutes visionnées. Néanmoins je fais de mon mieux. Cette expérience est vraiment excitante.

 

Tu recherches constamment de nouveaux canaux de communication : un blog, Twitch, les vlogs... Toi qui es parfaitement au fait des nouvelles tendances, à quoi faut-il s'attendre prochainement à ton avis ? À quoi ressemble l'avenir du poker ?

Il y a tout un travail en coulisse sur le développement de la réalité virtuelle. PokerStars fait des tests et ça a l'air vraiment dingue. Mais je pense que dans un futur proche, l'IRL ("in real life") représente la prochaine phase. C'est quelque chose que Twitch teste déjà. Cependant il faut réussir à faire ça sans déranger la table, et en respectant le règlement du casino et le droit à l'image. Parvenir à trouver un format IRL à une table de poker pour Twitch, ce serait génial. Il y a bien Andrew Neeme et quelques autres qui organisent des concours live avec des analyses de mains de tournois ou de cash game, mais on ne peut pas filmer à la table directement...

Je pense que ce sera ça la prochaine étape. Pas juste des gens qui diffusent du poker en ligne, mais des mecs qui montrent à leurs spectateurs la table en live. Peut-être avec quelqu'un qui aidera à filmer depuis le rail, et la possibilité pour le public de passer d'une vue à l'autre. L'important c'est de trouver un compromis qui ne nuit pas au jeu et ne contrevient pas aux règles. C'est le futur proche : des contenus poker courts et dynamiques, au lieu de longues vidéos de 30 minutes ou plus. Des petits clips de trois à dix minutes, du contenu interactif rapide... C'est perfectible et ça reste expérimental, mais Twitch est la meilleure plateforme pour ça. Même si avec Twitch il y a ces quelques minutes de décalage qui posent problème. C'est une remarque qu'on me fait souvent. Les gamers ne comprennent pas comment on peut diffuser du poker avec cinq minutes de décalage. C'est quelque chose qui rend les échanges avec les spectateurs très compliqués. Il y a toujours une distance. L'IRL et le streaming live, c'est l'avenir !

 

Pourquoi as-tu commencé les vlogs ? Qu'essaies-tu de construire avec ça ?

Je me suis lancé il y a un peu plus d'un an, en juin 2017. Ma principale motivation est probablement d'acquérir de l'expérience. C'est quelque chose de très personnel un vlog. Écrire un journal ou alimenter un Instagram c'est cool, mais avoir un journal vidéo de son expérience c'est une autre dimension. Je ne sais pas combien de temps je vais jouer au poker, mais dans cinq ou vingt ans je pourrai jeter un œil dans le rétroviseur, regarder ce que je faisais, comment je me débrouillais...

En dehors de ça, je dirais aussi qu'il s'agit d'un excellent moyen de dialoguer et d'échanger avec des gens. La démarche est donc d'abord un peu égoïste, mais ensuite tournée vers les autres et l'échange. Et puis évidemment, sans chercher très loin, il faut dire aussi que ça me plaît énormément. J'aime tout le processus : filmer, monter, trouver le titre...

J'essaie aussi d'encourager les gens à rester positifs, surtout au vu des commentaires dégueulasses qu'on peut recevoir sur YouTube. Je tiens à créer un espace cool et positif, un lieu d'entraide où on se tire vers le haut. J'aimerais une communauté qui ne reposerait pas que sur le poker, mais aussi sur le vlogging et d'autres projets avec une certaine émulation. C'est ce qu'on fait sur Twitch et YouTube : on essaie de s'améliorer constamment.

 

Quelle est l'aspect le plus difficile du vlogging ? Quelles sont les erreurs que les gens ont tendance à commettre ?

La plus grande erreur, c'est de garder des séquences inutiles. Il faut tendre vers un contenu propre et simple. Naturellement le fait d'avoir un monteur me rend la tâche plus facile. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Pour autant, il faut essayer de rendre le processus le plus simple possible de l'enregistrement au montage final.

La première chose importante, c'est d'avoir de bonnes séquences que l'on est certain de vouloir garder : bonne lumière, stabilité de la caméra, son correct... J'utilise un très bon appareil : le Canon Power G7 Mark 2. Il est très pratique. Son seul vrai défaut c'est le microphone intégré. Parfois le son est mauvais, comme quand je suis dans un couloir ou dans la poker room. Il faut toujours essayer de se mettre dans la position du spectateur. Qu'est-ce qu'il attend ? Une caméra qui ne bouge pas, un bon son, un contenu pertinent...

Si on ne fait pas attention, on peut vite se retrouver avec un vlog de 30 ou 40 minutes. Comme le temps des gens est précieux, mieux vaut tendre vers des vidéos de 15 minutes environ. C'est la clé de mon point de vue : garder la maîtrise du temps, et donc de l'attention du spectateur. Même les pubs ou vidéos de grandes entreprises dépassent rarement cinq minutes.

Bref, gardez votre contenu pertinent, allez droit au but et rendez-vous tout ça cool avec des musiques et des images sympas. Et tâchez de vous adapter à l'évolution des attentes des spectateurs !

 

Dans un vlog enregistré à Barcelone, tu as notamment parlé d'Elliot Roe. Son nom revient de plus en plus dans les discussions sur le circuit, car il est le coach mental de plusieurs gros joueurs comme Fedor Holz. Tu semblais très impressionné par ses recommandations. Pourquoi avoir fait appel à lui et quels sont les avantages que tu retires de cette expérience ?

Elliot est vraiment bon. Ses résultats parlent pour lui et de nombreux joueurs sont d'accord là-dessus. Dans mon cas, j'ai aussi remarqué un véritable impact. Il est pédagogue, rend les choses très claires et sait mettre le doigt sur ce qui marche et ce qui ne marche pas.

L'exemple que je pourrais donner est le suivant. J'ai réalisé que mon business model en tant que joueur est différent des autres. J'ai YouTube, Twitch, mon site, mon sponsor et bien d'autres choses qui font qu'il ne s'agit pas purement de poker. Je dois être attentif à ça et quand je participe à un tournoi, il faut que je mette mon téléphone de côté. Pas de mail, ni de coup d'œil à Skype ou Whatsapp. Je dois éviter toutes ces distractions. Est-ce qu'aujourd'hui je suis capable de donner le meilleur de moi-même, de ranger mon portable et d'être concentré d'entrée de jeu ? Ces deux dernières années, j'ai remarqué que j'entrais tardivement dans mes tournois lors des WSOP. C'était essentiellement à cause de tout ça.

Les tables sont devenues plus compliquées. Ranger son téléphone, ne rater aucune main et rester attentif en toute circonstance, c'est quelque chose qui peut faire la différence.

 

Tu es pro depuis plus de dix ans maintenant. Comment as-tu construit ton mental et tes forces ?

Il faut trouver un équilibre entre trop et pas assez, tout en gardant à l'esprit que le poker est fait de hauts et de bas. J'ai toujours été au point sur les questions de gestion de bankroll et d'évaluation des risques. Je suis conscient qu'il est difficile de gagner sa vie au poker. C'est un jeu qui apporte beaucoup de choses positives : les amitiés, les voyages, l'excitation... Mais il engendre aussi une certaine instabilité. Or je suis très attaché à la stabilité de ma vie. J'y ai toujours accordé beaucoup d'importance. Pour placer le poker au centre de sa vie, il faut réduire la part de risque au maximum.

Cet aspect là, je l'ai toujours bien géré. Seul d'abord, puis dans une relation de couple et même marié aujourd'hui. Il faut rester organisé, discipliné, solide mentalement... Il y a des moments difficiles, des sessions perdantes... Et seul le résultat compte bien entendu. Inutile de parler de vos bad beats par exemple. Les gens se fichent de la manière dont vous avez gagné ou perdu, ils ne s'intéressent qu'aux résultats. Il faut composer avec ça, d'autant que les périodes sans gain peuvent être longues.

Il faut aussi éduquer son entourage sur ce sujet. Mais dans l'ensemble l'état d'esprit à avoir est intéressant, ça se rapproche de l'univers de la finance. Avec sa part de risque et la nécessité d'une certaine solidité mentale pour en faire sa vie.

 

De quoi es-tu le plus fier à propos de ta carrière ?

Probablement d'avoir résisté à l'épreuve du temps. Je suis dans ce milieu depuis maintenant quinze ans. Et puis j'ai réussi à monter une chaîne Twitch à succès, à développer une communauté, à supporter les coups durs...

Je ne veux pas vendre de faux rêves. Je joue au poker pour gagner ma vie et j'ai pas mal d'activités annexes qui m'assurent des revenus supplémentaires. Chacun peut travailler pour devenir meilleur à ce jeu et gagner de l'argent, mais je ne veux pas faire la promotion de ce mode de vie et inciter des gens à quitter leur boulot. Je tiens à être le plus honnête possible : gagner sa vie au poker, c'est difficile et ça prend du temps. Avoir d'autres revenus c'est toujours mieux, surtout pour aborder l'expérience plus détendu et l'apprécier comme il se doit. C'est un jeu vraiment génial avec lequel vous pouvez vous amuser, faire de belles rencontres, développer des aptitudes dans toutes sortes de domaines... Mais il faut rester réaliste et honnête avec les gens. Le poker n'est pas une voie que je recommande pour gagner sa vie. Il faut se laisser d'autres voies ouvertes.

C'est d'ailleurs sans doute ce dont je suis le plus fier : avoir créé une sorte de marque, avoir développer mon activité sur Twitch et YouTube en partant de rien. Je croyais juste dans ce format. C'est quelque chose qui me passionnait, mais je n'avais pas forcément l'intention de gagner de l'argent avec.

 

C'était ma question suivante : est-ce qu'on peut dire que tu as construit une marque autour de toi ? Est-ce que tu avais cette idée en tête dès le début ?

J'ai la chance d'avoir pas mal de bons amis dans le poker. J'ai observé ce qu'ils faisaient et j'ai beaucoup appris d'eux. Quand vous regardez des mecs comme Negreanu, Esfandiari, Hellmuth... J'ai grandi en les voyant monter pas mal de projets hors poker. C'est très instructif et ça tend à démontrer qu'il ne faut pas se contenter de jouer. Donc oui, j'ai probablement toujours un peu eu ça dans la tête.

J'ai longtemps étudié le comportement des grands joueurs, à la table comme en dehors. C'est bien d'avoir des modèles et des mentors. Aujourd'hui c'est différent. Quand on regarde dix ans en arrière, on voit que ça a changé. À l'époque on regardait le poker à la télé, avec des émissions comme Poker After Dark et des adultes qui jouaient. Maintenant on regarde plutôt des petits jeunes sur Twitch. Il y a pas mal de personnalités qui ressortent comme Jason Somerville, Doug Polk, Kevin Martin, Jaime Staples, Lex Veldhuis... Et la liste ne fait que s'allonger. Ils proposent de nouveaux contenus en permanence : des deep runs, des vidéos, des petits clips...

Pendant les WSOP, beaucoup de gens sont venus me parler de Jaime Staples ou Doug Polk. Ce sont eux qui les ont amenés au poker. Les réactions que suscite Doug Polk sont d'ailleurs assez polarisées : soit on le déteste, soit on l'adore. Bref, il est important de comprendre que ce type de contenu représente le poker aujourd'hui. C'est ce qui crée de l'engagement et fait entrer de nouvelles personnes dans l'écosystème.

Et puis aujourd'hui, si vous voulez vous améliorer, vous disposez d'outils incroyables. Il y a plein de trucs pour vous aider à travailler. Je n'inciterais jamais personne à s'y lancer corps et âme, mais même en gardant le poker comme un simple hobby c'est un jeu avec tellement d'aspects positifs. Tous ces profils différents qui se retrouvent autour d'une même table pour s'adonner à un jeu stratégique, c'est quelque chose tout de même ! Un jour vous pouvez vous retrouver avec Michael Phelps ou Michael Jordan à votre table...

 

C'est justement une question qui t'a souvent été posée : qu'est-ce que tu as appris en partageant le toit d'un champion olympique comme Michael Phelps ?

C'est toujours une question intéressante. C'est une opportunité unique que de côtoyer quelqu'un qui est le tout meilleur dans son domaine. On apprend forcément.La plus grande leçon que j'ai tirée de lui, c'est probablement sa capacité à se fixer des objectifs sans vraiment se soucier des autres. Il se fixait par exemple des objectifs de temps plutôt que des objectifs de résultat. Il savait qu'avec le bon état d'esprit et l'entraînement idoine, il serait en mesure d'atteindre tel chrono dans telle discipline.

C'est quelque chose qui est aussi valable pour le poker. C'est un univers ultra compétitif au sein duquel on peut toujours se comparer aux autres. Sur Twitch aussi. Combien de spectateurs ont les autres ? Quels sont leurs résultats ? Combien d'argent ils gagnent? Ce sont des paramètres sur lesquels nos choix n'ont aucune incidence, donc mieux vaut se focaliser sur soi. On peut jeter un œil de temps en temps à ce que font les autres, mais tout en se fixant des objectifs strictement personnels.

C'est mon état d'esprit. Je ne suis pas en compétition contre les autres, mais avec moi-même. J'ai des objectifs précis et je m'y tiens. C'est la chose la plus importante que j'ai apprise de lui. Quand il m'a expliqué sa façon de penser, j'ai eu comme un déclic. La plupart des personnes ne raisonnent pas comme ça. C'est tellement facile de se laisser distraire en regardant les autres sur Instagram, Twitter, Twitch ou YouTube. Rester concentré sur sa tâche et la voie qu'on a tracée, c'est la meilleure chose à faire.

"PokerStars a connu quelques années d'incertitude avec pas mal de changements de politique et d'organigramme. Mais aujourd'hui j'ai le sentiment qu'ils sont à l'écoute".

Jeff Gross PokerStars

Tu as rejoint les rangs de PokerStars l'an dernier. Qu'est-ce que vous vous apportez mutuellement ?

Collaborer avec PokerStars est une opportunité formidable. C'est le leader du marché. Ils ont les meilleurs tournois, le meilleur logiciel... Et c'est bien entendu chez eux que j'ai disputé la majorité de mes parties en ligne.

Mon opinion sur eux, c'est qu'ils ont connu quelques années d'incertitude avec pas mal de changements de politique et d'organigramme. Aujourd'hui j'ai le sentiment qu'ils écoutent ce qu'on leur dit. En tant qu'ambassadeur, je leur fais remonter ce que les joueurs me disent.

Ils m'offrent aussi une grande exposition. C'est une marque très puissante sur les réseaux sociaux. Je m'appuie dessus bien évidemment, et pouvoir offrir un Platinum Pass à ma communauté c'est génial. Les opérations de ce type sont très bonnes pour le poker. Mettre ça en place et obtenir en retour un certain engagement, c'est du gagnant-gagnant. On les aide en tant qu'ambassadeurs, et ils nous donnent de l'exposition en retour. C'est aussi le cas avec Jason Somerville sur Twitch par exemple. Ils travaillent beaucoup sur la promotion de nos projets. La relation est très bénéfique pour nous.

 

En tant que vrai spécialiste de la communication, comment penses-tu que les médias spécialisés pourraient améliorer leur façon de travailler et de promouvoir le jeu ?

C'est une question difficile. J'aimerais davantage de coverages des side events. Les gens adorent ça, même sur les petits tournois. Et puis davantage d'infos sur les teams, les dotations, ce genre de choses...

C'est quelque chose qui se fait de plus en plus, mais c'est une longue évolution. Aujourd'hui, de plus en plus de casinos couvrent leurs propres tournois. Les gens adorent avoir des infos détaillées sur tous les tournois. Je pense que les organisateurs devraient investir dans leurs propres équipes de reporters et ainsi fournir davantage de contenu. Ce serait fun et ça plaît énormément.

 

Dans une récente interview sur Club Poker, Barry Greenstein donnait son avis sur les GTO solvers. Selon lui, la plupart des gens les utilisent mal et passent à côté du principal aspect du poker : la dimension psychologique. Il est convaincu que de tels outils sont utiles, mais qu'ils n'amèneront personne au niveau optimal du jeu. Quelle est ton opinion ?

GTO vs exploitation, c'est toujours un débat intéressant. C'est assez complexe aussi évidemment. Mon avis, c'est qu'il faut avoir conscience que l'approche GTO a son intérêt mais aussi que tout cela est un peu surfait. En live les gens sont un peu perdus. À moins de se lancer vraiment dans une étude approfondie, la plupart du temps c'est mal utilisé. Une dimension importante du jeu repose sur l'exploitation de l'autre. Quand on est assis à une table en face d'une personne donnée, le jeu GTO n'est pas toujours le meilleur. C'est très bien de savoir ce que disent les livres, mais contre un adversaire donné une autre approche peut être meilleure.

Le GTO c'est quelque chose de très complexe. Ce n'est pas en l'étudiant quelques heures que vous allez devenir le meilleur. C'est un grand ensemble. Seuls les tout meilleurs joueurs du monde comprennent réellement ces deux faces et savent y avoir recours à bon escient. Il faut donc être prudent avec ça. Le GTO, ce ne sont pas forcément ceux qui en parlent le plus qui le comprennent le mieux. Dans de nombreux spots, des ajustements sont nécessaires pour mieux exploiter l'adversaire. La compréhension du GTO est une bonne base, mais l'exploitation des adversaires et des spots restera toujours le meilleur moyen de gagner de l'argent.

D'ailleurs, ceux qui s'inquiètent d'une éventuelle résolution du jeu ne devrait pas s'en faire. C'est un très long chemin, et encore plus en live. Je pense que c'est ce que Barry voulait dire aussi. Le GTO n'est pas toujours la meilleure option et beaucoup de joueurs commettent des erreurs en essayant de l'appliquer.

 

Dernière question : quels sont tes objectifs aujourd'hui ?

Étudier le jeu. J'ai travaillé énormément pour développer mon edge et là tout de suite je relâche un peu mes efforts après la période intense des WSOP, SCOOP, WCOOP etc. Et j'ai beaucoup de projets en cours, dont notamment le concours pour le Platinum Pass dont on a parlé tout l'heure. Je compte accorder de mon attention à tous les participants, et en parallèle travailler sur mon jeu.

Mon gros objectif actuel, c'est sans doute le 25 000 $ Poker Players Championship aux Bahamas en janvier. J'étudie dur pour ça, tout en passant du temps avec ma famille pour me détendre. J'ai l'intention d'aborder la nouvelle année dans les meilleures conditions. Bref, je me focalise sur mon jeu, je décompresse, je regarde les vidéos des participants, j'évalue mon niveau régulièrement...

Ce tournoi à 25 000 $, c'est l'opportunité d'une vie. Il y aura plus de 300 joueurs, dont un grand nombre qui n'auront probablement jamais joué de tournois à plus de 5 000 $. C'est une opportunité unique. Je veux m'assurer d'arriver totalement prêt et reposé. Je suis vraiment très motivé par ce rendez-vous. C'est un peu comme le Super Bowl ou les JO à l'échelle du poker. Ça va être énorme !

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