Jump to content
This Topic
AssKicker496

[Coronavirus] Impacts économiques et politiques

Recommended Posts

Posted (edited)

Le thread principal étant déjà pas mal saturé, j'ouvre celui-ci pour discuter des conséquences économiques et politiques de cette crise.

 

Edited by AssKicker496

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted (edited)

Hubert Védrine parle d'une ampleur comparable à la grande dépression de 1929. D'une nécessité d'une nouvelle Europe.

 

Un artice du Figaro pour planter l'ambiance.

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/coronavirus-l-economie-mondiale-va-souffrir-pour-des-annees-previent-l-ocde-20200323

Citation

Coronavirus : l'économie mondiale va souffrir pour «des années» prévient l'OCDE

L'économie mondiale va souffrir «pour des années» et il est «irréaliste de penser» qu'elle va rebondir rapidement, avertit lundi le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, dans un entretien à la BBC.

D'après lui, les dernières prévisions de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui prévoyaient début mars qu'une épidémie prolongée et sévère de coronavirus ramènerait la croissance mondiale à seulement 1,4% cette année, semblent déjà dépassées et trop optimistes.

En novembre, avant le début de l'épidémie, l'OCDE estimait encore à 2,9% la hausse du produit intérieur brut (PIB) mondial cette année, déjà le niveau depuis la crise financière de 2008-2009. «Même si on n'a pas une récession mondiale, on va avoir une croissance nulle ou négative dans beaucoup d'économies, y compris les plus grandes, donc (...) cela prendra plus de temps pour redémarrer», détaille Angel Gurria.

D'après lui, les incertitudes liées à la pandémie, qui a paralysé l'activité dans le monde entier alors que nombre de pays entrent en confinement ou durcissent leurs mesures, font que le choc économique est déjà plus violent qu'après les attentats du 11 septembre 2001 ou la crise financière de 2008.

Samedi, Angel Gurria avait appelé à un effort «coordonné au niveau international» pour tenter d'atténuer cet impact massif de la pandémie. «Il s'agit du troisième et du plus grand choc économique, financier et social du XXIe siècle et il exige un effort mondial moderne semblable au Plan Marshall et au New Deal - combinés», pour éviter une «récession prolongée», avait plaidé le responsable.

 

Edited by AssKicker496

Share this post


Link to post
Share on other sites

Impacts économiques et politiques

 

Le truc c'est qu'on ne le saura qu'après, même si en attendant nombre de petites entreprises vont se casser la gueule et mettre sur le carreau un demi million de chomeurs (au doigt mouillé), ça pourrait être +

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

La grande question pour la France c'est quid des dettes astronomiques que l'État va accumuler brusquement.

Et pour l'Europe, la question de la pérennité de l'euro se pose.

On a déjà abandonné les règles budgétaires qui était le fondement de ce projet.

Est-ce que les pays de l'eurozone vont se mettre d'accord sur un nouveau socle de règles ou est-ce qu'on va vers une implosion de l'euro?

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted (edited)
il y a 15 minutes, Embo a écrit :

Put**n de virus étranger, il va flinguer ses chiffres !

En tout cas, il pose plutôt bien une partie des enjeux de ce thread :

Citation

« On perd des milliers et des milliers de personnes chaque année à cause de la grippe, et on ne met pas le pays à l’arrêt », a-t-il affirmé lors de son long entretien sur Fox News, en réitérant sa crainte de voir « le remède être pire que le mal ».

« On peut détruire un pays en le fermant de cette façon », a-t-il estimé, ajoutant qu’une « grave récession ou une dépression » pourraient faire plus de morts que l’épidémie, notamment si la crise économique devait entraîner « des suicides par milliers ».

Le président Trump presse le Congrès de trouver « IMMÉDIATEMENT » un accord sur un plan majeur de relance de la première économie mondiale, comme il l’a tweeté mardi en lettres majuscules. Et les négociations, après quatre jours de tractations intenses, semblaient sur le point d’aboutir.

 

Edited by AssKicker496

Share this post


Link to post
Share on other sites

 

https://www.mediapart.fr/journal/economie/240320/covid-19-le-spectre-de-la-grande-depression-hante-l-economie-mondiale

Spoiler

 

Covid-19: le spectre de la Grande Dépression hante l’économie mondiale

24 mars 2020 Par Martine Orange
 

Alors que l’épidémie de coronavirus s’étend à une vitesse exponentielle, les conséquences d’une paralysie de l’économie mondiale deviennent chaque jour plus vertigineuses. La bulle de dettes privées est sur le point d’éclater, malgré les tentatives désespérées de la Réserve fédérale américaine.

 

«Whatever it takes. » En quelques jours, le « quoi qu’il en coûte » lâché par Mario Draghi, alors président de la BCE, en pleine crise de l’euro en juillet 2012, est devenu le mot d’ordre de tous les responsables politiques, de toutes les banques centrales. La Réserve fédérale (FED) en premier. Alors que l’épidémie de coronavirus s’étend dans le monde occidental à une vitesse exponentielle, la banque centrale américaine met toute sa puissance de feu pour tenter de maintenir l’économie américaine hors de l’eau et préserver la stabilité du système financier mondial.

Pour la quatrième fois en une semaine, la FED est intervenue. Et cette fois, elle a sorti l’arme ultime : un QE (quantitative easing, rachats de titres) illimité. La Réserve fédérale qui s’était déjà portée au secours du marché monétaire, du marché obligataire d’État, des banques, en leur assurant un accès illimité à la liquidité, est désormais prête à tout acheter, à tout garantir : les bons du trésor, les prêts hypothécaires, les obligations d’entreprise, les obligations municipales, les emprunts à court terme (commercial paper), les crédits à la consommation. Hormis les actions – mais ce ne saurait tarder, prédisent un certain nombre d’analystes tant la pression est forte notamment du côté des fonds d’investissements –, la Réserve fédérale achète tout.

« Alors que de grandes incertitudes demeurent, il devient évident que notre économie va faire face à de sévères ruptures. Des décisions fortes doivent être prises dans les secteurs public et privé pour limiter la perte d’emplois et de revenus, et pour promouvoir un redressement une fois que les ruptures diminueront », a expliqué le président de la FED, Jerome Powell, dans un communiqué, pour justifier cette nouvelle intervention.

 

© Bryan R. Smith / AFP
© Bryan R. Smith / AFP

 

Cette ultime action s’inscrit dans une tension générale. La semaine dernière, la Banque centrale européenne (BCE), la banque du Japon, la banque d’Angleterre, la banque australienne et nombre d’autres se sont toutes alignées pour faire front devant le chaos provoqué par l’épidémie de Covid-19. Toutes ont annoncé un arsenal de moyens monétaires hors norme : abaissement des taux directeurs, assurance d’accès illimité à la liquidité pour les banques, rachats de titres sur les marchés. Tous les instruments à leur disposition sont sollicités. Chacune d’entre elles se dit disposée à aligner des centaines de milliards pour tenter de faire face.

 

Du côté des gouvernements, des milliers de milliards sont aussi annoncés. Donald Trump, après avoir plaisanté sur le Covid-19 pendant des semaines, se dit désormais décidé à tout mettre en œuvre pour le combattre : le gouvernement américain est en plein débat avec le Congrès pour faire adopter un plan de soutien de 2 000 milliards de dollars, pour les entreprises et les ménages.

 

Son plan toutefois a été une deuxième fois retoqué par le Congrès qui l'estime à la fois ni suffisant pour les particuliers ni suffisamment contraignant pour les entreprises auxquelles il n'est demandé aucune contrepartie. Dans un de ces tête-à-queue dont il est familier, Donald Trump se dit désormais favorable à l’« Obamacare pour tous », lui qui soutenait auparavant que la généralisation du système de sécurité sociale à l’ensemble de la population américaine ne pouvait conduire qu’à la ruine de l’économie américaine.

Il n’y a pas que le gouvernement américain qui change brusquement de pied. Jusque-là inflexible, le gouvernement allemand a annoncé son intention de revenir sur sa règle d’or constitutionnelle, le schwarze Null, qui lui interdit de faire zéro déficit budgétaire. L’Allemagne pourrait lancer un programme de 500 milliards d’euros pour soutenir ses entreprises.

Symbole encore plus significatif, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a annoncé le 20 mars la suspension des règles de discipline budgétaire de l'Union afin de permettre aux États membres de dépenser autant que nécessaire pour lutter contre les conséquences économiques du coronavirus. « Aujourd’hui, et c’est nouveau et n’a jamais été fait auparavant, nous déclenchons la clause dérogatoire générale », a-t-elle expliqué. Renoncer aux règles d’équilibre budgétaire telles qu’elles sont définies depuis l’adoption de l’arsenal (two-pack, six-pack) depuis 2012 et même au 3 % de déficit du traité de Maastricht ! Jamais, même aux pires moments de la crise de l’euro, la Commission européenne n’avait envisagé de tels aménagements.

Il est vrai que les gouvernements ne l’ont pas attendue. Dès les premiers jours d’arrêt provoqués par l’épidémie de coronavirus, l’Italie a lancé un plan de 18 milliards d'euros pour venir tout de suite en aide aux entreprises. Le gouvernement italien a prévenu qu’il était prêt à aligner d’autres moyens budgétaires, si nécessaires, indépendamment de toutes les considérations et règles européennes. Le gouvernement français a lui aussi assuré que « quoi qu’il en coûte », il se tiendrait aux côtés des entreprises françaises, sans s’en tenir aux règles européennes. Il a déjà annoncé une enveloppe de quelque 300 milliards pour venir en garantie de l’économie.

Boris Johnson, le premier ministre britannique, a lui aussi promis un plan d’aide de 300 milliards de livres pour soutenir l’économie britannique. Il en va de même pour l’Australie, le Canada… : les gouvernements multipliant un peu partout dans le monde les mêmes annonces.

 

capture-d-e-cran-2020-03-23-a-21-03-50
Pourtant, cela ne suffit pas. Alors que des pays entiers sont déjà à l’arrêt pour tenter d’endiguer la propagation du Covid-19, que certains États américains (Californie, New York, Illinois, New Jersey) ont à leur tour décidé de se confiner, les marchés boursiers sont saisis d’effroi. « Le krach des marchés américains est désormais pire que celui de 1929 », constatait une étude de Bank of America à la fin de la semaine dernière.

 

En dépit des dernières annonces de la FED lundi, la chute ne paraît pas devoir s’arrêter sur les marchés boursiers. En un mois, le Dow Jones, indice fétiche de Donald Trump, a perdu plus de 37 % de sa valeur. Les principales places boursières dans le monde connaissent des déroutes comparables. Toutes les banques, tous les fonds jouent The big short, c'est-à-dire les options à la baisse tandis que d'autres, parfois les mêmes, pris dans des positions à la hausse, et qui doivent répondre à des appels de marge de plus en plus importants au fur et à mesure que les actifs chutent, s'empressent de liquider leurs positions. La baisse s’auto-entretient. 

Le système financier dans son ensemble semble s’être mis en mode liquidation. Rien ne semble résister à cette vague vendeuse. Tous les actifs financiers, même ceux considérés comme des valeurs refuges (bons du trésor américains, or, obligations d’État), sont à la vente. Tout est en baisse. La liquidité s’est évanouie sur tous les marchés, tandis que la volatilité, signe de tensions, est à son plus haut.

« La particularité de cette crise est qu’elle a été provoquée par un facteur exogène inconcevable. Personne n’avait imaginé qu’un virus, le Covid-19, pourrait entraîner la paralysie de l’économie mondiale. Il n’y a plus de repères », constate Éric Dor, directeur des études économiques et professeur à l’IESEG School of Management de Paris et Lille. 

« Tout le monde est dans l’incertitude absolue. Comme on ne sait rien, les gens se mettent en mode survie. Ils cherchent du cash, par tous les moyens », poursuit Thierry Philipponnat, directeur de recherche de Finance Watch et membre du collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

«Le monde n’a jamais vu une telle interruption synchronisée de l’économie»

Des crises, des récessions, des bouleversements, des guerres, le monde en a connu plus que de raison. Mais il n’y a aucun précédent historique comparable à l’épidémie de coronavirus d’aujourd’hui. Du jour au lendemain, tout s’arrête, l’activité économique tombe à zéro, sauf pour les secteurs essentiels. Et cela ne se passe pas que dans un pays mais touche désormais la quasi-totalité de l’économie occidentale et peut-être demain la quasi-totalité des continents. Tout est à l’arrêt pour un temps indéterminé. En tout cas, bien au-delà de quinze jours comme annoncé au départ. Dans une économie mondialisée, interconnectée comme l’est la nôtre aujourd’hui, les conséquences s’annoncent vertigineuses.

Certains observateurs s’essaient à mettre des chiffres sur cet effondrement qui vient. Ils n’en sont même plus à parler de récession. Le secrétaire américain du Trésor, Steven Mnuchin, dit redouter une hausse du chômage pouvant aller jusqu’à 20 % dans les mois qui viennent. JP Morgan prédit une baisse de 14 % de l’économie américaine entre avril et juin, tandis que Goldman Sachs table sur une chute de 24 %. Alors que le gouvernement français a présenté la prévision irréaliste de 1 % de baisse au premier semestre dans le cadre de sa révision de loi de finances, des économistes allemands redoutent déjà une baisse de 5 % du PIB. D’autres économistes britanniques craignent une baisse de 10 % pour l’économie anglaise.

« Le monde n’a jamais vu une telle interruption synchronisée de l’économie depuis des décennies », relève l’ancien chef économiste du FMI, Maury Obstfeld. La comparaison qui lui vient par rapport au moment actuel : la Grande Dépression. C’est aussi à cela que pense le chef économiste du groupe mondial d’assurance Allianz, Mohamad El-Erian. « Quand l’économie et le monde financier se désendettent à l’unisson, la chute peut être sans fin et les conséquences affreuses », prévient-il.

Les inquiétudes des uns et des autres sont d’autant plus grandes que les ravages causés par l’épidémie de coronavirus, déjà sans précédent, interviennent dans un environnement où l’économie réelle ne s’est jamais réellement remise de la crise de 2008, mais aussi où la sphère financière, grâce à l’argent gratuit des banques centrales, s’est livrée à une débauche de crédits, de montages à effet de levier, de spéculations en tout genre.

 

capture-d-e-cran-2020-02-24-a-19-13-25
Depuis plusieurs années, le FMI et la banque des règlements internationaux tirent l’alarme sur ces montagnes de dettes susceptibles de mettre à bas l’économie mondiale et la stabilité du système financier international. Selon l’institut de la finance internationale, le montant total de dettes dans le monde atteignait 253 000 milliards de dollars à la fin 2019, soit l’équivalent de 322 % du PIB mondial. Un record absolu.

 

Et c’est dans ce contexte d’extrême vulnérabilité financière que frappe l’épidémie de coronavirus, provoquant l’arrêt instantané de pans entiers de l’économie mondiale, poussant tous les acteurs à obtenir de l’argent liquide au plus vite, coûte que coûte. Tandis qu’ils liquident tout ce qu’ils peuvent sur les marchés, les grands groupes et les banques rapatrient aussi tous leurs avoirs de l’étranger. Ces trois dernières semaines, le mouvement des capitaux a pris des proportions considérables.

Au cours des huit dernières semaines, la fuite des capitaux hors des pays émergents s’est élevée à 55 milliards de dollars, soit le double des montants qui s’étaient rapatriés aux États-Unis pendant la crise de 2008, comme le note l'universitaire Adam Tooze. Si cette fuite se prolonge, elle peut conduire à la déstabilisation de nombreux pays émergents, dont certains (Nigeria, Algérie, Mexique) sont déjà très affectés par la chute du pétrole, tombé à 22 dollars le baril. Ce qui s’est passé en 2018 donne un avant-goût des risques possibles. D'autant que ces pays risquent d'avoir eux aussi la malchance de devoir affronter le Covid-19, sans disposer des équipements hospitaliers et sanitaires nécessaires.

L’assèchement mondial en dollars, monnaie de tous les échanges internationaux, est tel que la FED a dû mettre en urgence des lignes de swaps (échanges de titres) avec les principales banques centrales occidentales, qu’elle a étendues par la suite à dix-sept autres banques centrales (Australie, Corée du Sud), à l’exception de la Chine, afin d’assurer le financement en dollars de l’économie mondiale. Malgré cette réassurance donnée par la FED qu’elle restait la garante en dernier ressort du système financier international, la demande reste inassouvie : le dollar est au plus haut face à toutes les autres monnaies.

Mais pour de nombreux observateurs, ce déplacement de capitaux n’est que la première partie de ce qui nous menace : une bulle énorme de dette privée plane depuis longtemps sur l’économie mondiale. Alors que l’économie mondiale se paralyse sous l’effet du Covid-19, elle risque à tout moment d’éclater, selon eux.

En octobre dernier, le FMI avait donné l’alerte sur la dette des entreprises privées. Selon ses calculs, celle-ci représentait quelque 19 000 milliards de dollars dans le monde. Quelque 40 % de ces dettes d’entreprises accumulées dans les huit principales économies du monde deviendront irrécouvrables en cas de retournement de la conjoncture, même si celui-ci est moitié moins important que la crise de 2008, avait prévenu le FMI.

La situation s’annonce bien plus grave. « On savait tous que tout le monde est surendetté, plein de risques. On attendait ce qui allait provoquer la crise. Malheureusement, cela prend la forme d’une crise sanitaire », dit Lindsay David, consultant indépendant.

Prévoyant des lendemains catastrophiques, tous les groupes qui ont pu le faire, ont commencé à tirer toutes les lignes de crédit à leur disposition pour faire rentrer de l’argent dans leurs caisses. Quelques rares groupes, comme Coca-Cola, se sont même essayés à lancer des émissions obligataires en acceptant des taux de plus de 4 %, quand deux semaines auparavant ils étaient à moins de 2 %.

Mais le marché du crédit est en train de se geler. Les agences de notation reviennent sur le devant de la scène et dégradent les groupes à tour de bras. Celles-ci annoncent des risques de faillites « inévitables ». Les CDS (Credit default swaps, assurance crédit en cas de faillite) sont à nouveau suivis à la loupe. Le coronavirus est en train de mettre à nu toutes les déviances financières de cette dernière décennie : les effets de levier gigantesques, l’endettement pour racheter ses propres actions, les titrisations à outrance, tout ce monde aussi du private equity qui a détourné les entreprises de leur vocation première, la production, pour en faire des objets à acheter, à vendre, à endetter, à s’enrichir personnellement.

« Tout allait bien pour les entreprises qui s’endettaient, roulaient leurs dettes à l’infini quand les coûts d’emprunt étaient bas. Mais maintenant, le marché n’achète plus rien. Il y a plus de 2 000 milliards de dollars de dettes d’entreprises qui doivent être renégociés cette année. Et tout est gelé. Cela va être un désastre », explique le financier Angus Coote au Guardian.

Des listes de secteurs à risque circulent déjà : les compagnies aériennes, les entreprises de gaz de schiste, des constructeurs automobiles, l’immobilier, les sociétés de crédit. Mais à bien considérer, tout est aujourd’hui à risque. Des faillites peuvent provoquer des effets en chaîne, entraînant dans leur chute des sous-traitants, des fournisseurs, des clients.

En se portant au secours de tout, la FED et les autres banques centrales essaient d’éviter cette avalanche. Mais sera-ce suffisant ? « Les banques centrales se sont parfaitement coordonnées dans leur action, mais pas du tout les gouvernements. Tous y vont en ordre dispersé. C’est un côté inquiétant de ce moment. Il faut une coordination internationale pour répondre à cette crise sanitaire », commente Thierry Philipponnat. Lundi, les ministres des finances du G-20 se sont appelés pour étudier « une réponse concertée » à la crise du coronavirus. Ils se sont promis d’avancer rapidement. Mais pour l’instant, rien n’est arrêté. Même pas une coopération médicale internationale pour lutter ensemble contre le Covid-19.

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
il y a 26 minutes, survival66 a écrit :

 

https://www.mediapart.fr/journal/economie/240320/covid-19-le-spectre-de-la-grande-depression-hante-l-economie-mondiale

  Révéler le texte masqué

 

Covid-19: le spectre de la Grande Dépression hante l’économie mondiale

24 mars 2020 Par Martine Orange
 

Alors que l’épidémie de coronavirus s’étend à une vitesse exponentielle, les conséquences d’une paralysie de l’économie mondiale deviennent chaque jour plus vertigineuses. La bulle de dettes privées est sur le point d’éclater, malgré les tentatives désespérées de la Réserve fédérale américaine.

 

«Whatever it takes. » En quelques jours, le « quoi qu’il en coûte » lâché par Mario Draghi, alors président de la BCE, en pleine crise de l’euro en juillet 2012, est devenu le mot d’ordre de tous les responsables politiques, de toutes les banques centrales. La Réserve fédérale (FED) en premier. Alors que l’épidémie de coronavirus s’étend dans le monde occidental à une vitesse exponentielle, la banque centrale américaine met toute sa puissance de feu pour tenter de maintenir l’économie américaine hors de l’eau et préserver la stabilité du système financier mondial.

Pour la quatrième fois en une semaine, la FED est intervenue. Et cette fois, elle a sorti l’arme ultime : un QE (quantitative easing, rachats de titres) illimité. La Réserve fédérale qui s’était déjà portée au secours du marché monétaire, du marché obligataire d’État, des banques, en leur assurant un accès illimité à la liquidité, est désormais prête à tout acheter, à tout garantir : les bons du trésor, les prêts hypothécaires, les obligations d’entreprise, les obligations municipales, les emprunts à court terme (commercial paper), les crédits à la consommation. Hormis les actions – mais ce ne saurait tarder, prédisent un certain nombre d’analystes tant la pression est forte notamment du côté des fonds d’investissements –, la Réserve fédérale achète tout.

« Alors que de grandes incertitudes demeurent, il devient évident que notre économie va faire face à de sévères ruptures. Des décisions fortes doivent être prises dans les secteurs public et privé pour limiter la perte d’emplois et de revenus, et pour promouvoir un redressement une fois que les ruptures diminueront », a expliqué le président de la FED, Jerome Powell, dans un communiqué, pour justifier cette nouvelle intervention.

 

© Bryan R. Smith / AFP
© Bryan R. Smith / AFP

 

Cette ultime action s’inscrit dans une tension générale. La semaine dernière, la Banque centrale européenne (BCE), la banque du Japon, la banque d’Angleterre, la banque australienne et nombre d’autres se sont toutes alignées pour faire front devant le chaos provoqué par l’épidémie de Covid-19. Toutes ont annoncé un arsenal de moyens monétaires hors norme : abaissement des taux directeurs, assurance d’accès illimité à la liquidité pour les banques, rachats de titres sur les marchés. Tous les instruments à leur disposition sont sollicités. Chacune d’entre elles se dit disposée à aligner des centaines de milliards pour tenter de faire face.

 

Du côté des gouvernements, des milliers de milliards sont aussi annoncés. Donald Trump, après avoir plaisanté sur le Covid-19 pendant des semaines, se dit désormais décidé à tout mettre en œuvre pour le combattre : le gouvernement américain est en plein débat avec le Congrès pour faire adopter un plan de soutien de 2 000 milliards de dollars, pour les entreprises et les ménages.

 

Son plan toutefois a été une deuxième fois retoqué par le Congrès qui l'estime à la fois ni suffisant pour les particuliers ni suffisamment contraignant pour les entreprises auxquelles il n'est demandé aucune contrepartie. Dans un de ces tête-à-queue dont il est familier, Donald Trump se dit désormais favorable à l’« Obamacare pour tous », lui qui soutenait auparavant que la généralisation du système de sécurité sociale à l’ensemble de la population américaine ne pouvait conduire qu’à la ruine de l’économie américaine.

Il n’y a pas que le gouvernement américain qui change brusquement de pied. Jusque-là inflexible, le gouvernement allemand a annoncé son intention de revenir sur sa règle d’or constitutionnelle, le schwarze Null, qui lui interdit de faire zéro déficit budgétaire. L’Allemagne pourrait lancer un programme de 500 milliards d’euros pour soutenir ses entreprises.

Symbole encore plus significatif, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a annoncé le 20 mars la suspension des règles de discipline budgétaire de l'Union afin de permettre aux États membres de dépenser autant que nécessaire pour lutter contre les conséquences économiques du coronavirus. « Aujourd’hui, et c’est nouveau et n’a jamais été fait auparavant, nous déclenchons la clause dérogatoire générale », a-t-elle expliqué. Renoncer aux règles d’équilibre budgétaire telles qu’elles sont définies depuis l’adoption de l’arsenal (two-pack, six-pack) depuis 2012 et même au 3 % de déficit du traité de Maastricht ! Jamais, même aux pires moments de la crise de l’euro, la Commission européenne n’avait envisagé de tels aménagements.

Il est vrai que les gouvernements ne l’ont pas attendue. Dès les premiers jours d’arrêt provoqués par l’épidémie de coronavirus, l’Italie a lancé un plan de 18 milliards d'euros pour venir tout de suite en aide aux entreprises. Le gouvernement italien a prévenu qu’il était prêt à aligner d’autres moyens budgétaires, si nécessaires, indépendamment de toutes les considérations et règles européennes. Le gouvernement français a lui aussi assuré que « quoi qu’il en coûte », il se tiendrait aux côtés des entreprises françaises, sans s’en tenir aux règles européennes. Il a déjà annoncé une enveloppe de quelque 300 milliards pour venir en garantie de l’économie.

Boris Johnson, le premier ministre britannique, a lui aussi promis un plan d’aide de 300 milliards de livres pour soutenir l’économie britannique. Il en va de même pour l’Australie, le Canada… : les gouvernements multipliant un peu partout dans le monde les mêmes annonces.

 

capture-d-e-cran-2020-03-23-a-21-03-50
Pourtant, cela ne suffit pas. Alors que des pays entiers sont déjà à l’arrêt pour tenter d’endiguer la propagation du Covid-19, que certains États américains (Californie, New York, Illinois, New Jersey) ont à leur tour décidé de se confiner, les marchés boursiers sont saisis d’effroi. « Le krach des marchés américains est désormais pire que celui de 1929 », constatait une étude de Bank of America à la fin de la semaine dernière.

 

En dépit des dernières annonces de la FED lundi, la chute ne paraît pas devoir s’arrêter sur les marchés boursiers. En un mois, le Dow Jones, indice fétiche de Donald Trump, a perdu plus de 37 % de sa valeur. Les principales places boursières dans le monde connaissent des déroutes comparables. Toutes les banques, tous les fonds jouent The big short, c'est-à-dire les options à la baisse tandis que d'autres, parfois les mêmes, pris dans des positions à la hausse, et qui doivent répondre à des appels de marge de plus en plus importants au fur et à mesure que les actifs chutent, s'empressent de liquider leurs positions. La baisse s’auto-entretient. 

Le système financier dans son ensemble semble s’être mis en mode liquidation. Rien ne semble résister à cette vague vendeuse. Tous les actifs financiers, même ceux considérés comme des valeurs refuges (bons du trésor américains, or, obligations d’État), sont à la vente. Tout est en baisse. La liquidité s’est évanouie sur tous les marchés, tandis que la volatilité, signe de tensions, est à son plus haut.

« La particularité de cette crise est qu’elle a été provoquée par un facteur exogène inconcevable. Personne n’avait imaginé qu’un virus, le Covid-19, pourrait entraîner la paralysie de l’économie mondiale. Il n’y a plus de repères », constate Éric Dor, directeur des études économiques et professeur à l’IESEG School of Management de Paris et Lille. 

« Tout le monde est dans l’incertitude absolue. Comme on ne sait rien, les gens se mettent en mode survie. Ils cherchent du cash, par tous les moyens », poursuit Thierry Philipponnat, directeur de recherche de Finance Watch et membre du collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

«Le monde n’a jamais vu une telle interruption synchronisée de l’économie»

Des crises, des récessions, des bouleversements, des guerres, le monde en a connu plus que de raison. Mais il n’y a aucun précédent historique comparable à l’épidémie de coronavirus d’aujourd’hui. Du jour au lendemain, tout s’arrête, l’activité économique tombe à zéro, sauf pour les secteurs essentiels. Et cela ne se passe pas que dans un pays mais touche désormais la quasi-totalité de l’économie occidentale et peut-être demain la quasi-totalité des continents. Tout est à l’arrêt pour un temps indéterminé. En tout cas, bien au-delà de quinze jours comme annoncé au départ. Dans une économie mondialisée, interconnectée comme l’est la nôtre aujourd’hui, les conséquences s’annoncent vertigineuses.

Certains observateurs s’essaient à mettre des chiffres sur cet effondrement qui vient. Ils n’en sont même plus à parler de récession. Le secrétaire américain du Trésor, Steven Mnuchin, dit redouter une hausse du chômage pouvant aller jusqu’à 20 % dans les mois qui viennent. JP Morgan prédit une baisse de 14 % de l’économie américaine entre avril et juin, tandis que Goldman Sachs table sur une chute de 24 %. Alors que le gouvernement français a présenté la prévision irréaliste de 1 % de baisse au premier semestre dans le cadre de sa révision de loi de finances, des économistes allemands redoutent déjà une baisse de 5 % du PIB. D’autres économistes britanniques craignent une baisse de 10 % pour l’économie anglaise.

« Le monde n’a jamais vu une telle interruption synchronisée de l’économie depuis des décennies », relève l’ancien chef économiste du FMI, Maury Obstfeld. La comparaison qui lui vient par rapport au moment actuel : la Grande Dépression. C’est aussi à cela que pense le chef économiste du groupe mondial d’assurance Allianz, Mohamad El-Erian. « Quand l’économie et le monde financier se désendettent à l’unisson, la chute peut être sans fin et les conséquences affreuses », prévient-il.

Les inquiétudes des uns et des autres sont d’autant plus grandes que les ravages causés par l’épidémie de coronavirus, déjà sans précédent, interviennent dans un environnement où l’économie réelle ne s’est jamais réellement remise de la crise de 2008, mais aussi où la sphère financière, grâce à l’argent gratuit des banques centrales, s’est livrée à une débauche de crédits, de montages à effet de levier, de spéculations en tout genre.

 

capture-d-e-cran-2020-02-24-a-19-13-25
Depuis plusieurs années, le FMI et la banque des règlements internationaux tirent l’alarme sur ces montagnes de dettes susceptibles de mettre à bas l’économie mondiale et la stabilité du système financier international. Selon l’institut de la finance internationale, le montant total de dettes dans le monde atteignait 253 000 milliards de dollars à la fin 2019, soit l’équivalent de 322 % du PIB mondial. Un record absolu.

 

Et c’est dans ce contexte d’extrême vulnérabilité financière que frappe l’épidémie de coronavirus, provoquant l’arrêt instantané de pans entiers de l’économie mondiale, poussant tous les acteurs à obtenir de l’argent liquide au plus vite, coûte que coûte. Tandis qu’ils liquident tout ce qu’ils peuvent sur les marchés, les grands groupes et les banques rapatrient aussi tous leurs avoirs de l’étranger. Ces trois dernières semaines, le mouvement des capitaux a pris des proportions considérables.

Au cours des huit dernières semaines, la fuite des capitaux hors des pays émergents s’est élevée à 55 milliards de dollars, soit le double des montants qui s’étaient rapatriés aux États-Unis pendant la crise de 2008, comme le note l'universitaire Adam Tooze. Si cette fuite se prolonge, elle peut conduire à la déstabilisation de nombreux pays émergents, dont certains (Nigeria, Algérie, Mexique) sont déjà très affectés par la chute du pétrole, tombé à 22 dollars le baril. Ce qui s’est passé en 2018 donne un avant-goût des risques possibles. D'autant que ces pays risquent d'avoir eux aussi la malchance de devoir affronter le Covid-19, sans disposer des équipements hospitaliers et sanitaires nécessaires.

L’assèchement mondial en dollars, monnaie de tous les échanges internationaux, est tel que la FED a dû mettre en urgence des lignes de swaps (échanges de titres) avec les principales banques centrales occidentales, qu’elle a étendues par la suite à dix-sept autres banques centrales (Australie, Corée du Sud), à l’exception de la Chine, afin d’assurer le financement en dollars de l’économie mondiale. Malgré cette réassurance donnée par la FED qu’elle restait la garante en dernier ressort du système financier international, la demande reste inassouvie : le dollar est au plus haut face à toutes les autres monnaies.

Mais pour de nombreux observateurs, ce déplacement de capitaux n’est que la première partie de ce qui nous menace : une bulle énorme de dette privée plane depuis longtemps sur l’économie mondiale. Alors que l’économie mondiale se paralyse sous l’effet du Covid-19, elle risque à tout moment d’éclater, selon eux.

En octobre dernier, le FMI avait donné l’alerte sur la dette des entreprises privées. Selon ses calculs, celle-ci représentait quelque 19 000 milliards de dollars dans le monde. Quelque 40 % de ces dettes d’entreprises accumulées dans les huit principales économies du monde deviendront irrécouvrables en cas de retournement de la conjoncture, même si celui-ci est moitié moins important que la crise de 2008, avait prévenu le FMI.

La situation s’annonce bien plus grave. « On savait tous que tout le monde est surendetté, plein de risques. On attendait ce qui allait provoquer la crise. Malheureusement, cela prend la forme d’une crise sanitaire », dit Lindsay David, consultant indépendant.

Prévoyant des lendemains catastrophiques, tous les groupes qui ont pu le faire, ont commencé à tirer toutes les lignes de crédit à leur disposition pour faire rentrer de l’argent dans leurs caisses. Quelques rares groupes, comme Coca-Cola, se sont même essayés à lancer des émissions obligataires en acceptant des taux de plus de 4 %, quand deux semaines auparavant ils étaient à moins de 2 %.

Mais le marché du crédit est en train de se geler. Les agences de notation reviennent sur le devant de la scène et dégradent les groupes à tour de bras. Celles-ci annoncent des risques de faillites « inévitables ». Les CDS (Credit default swaps, assurance crédit en cas de faillite) sont à nouveau suivis à la loupe. Le coronavirus est en train de mettre à nu toutes les déviances financières de cette dernière décennie : les effets de levier gigantesques, l’endettement pour racheter ses propres actions, les titrisations à outrance, tout ce monde aussi du private equity qui a détourné les entreprises de leur vocation première, la production, pour en faire des objets à acheter, à vendre, à endetter, à s’enrichir personnellement.

« Tout allait bien pour les entreprises qui s’endettaient, roulaient leurs dettes à l’infini quand les coûts d’emprunt étaient bas. Mais maintenant, le marché n’achète plus rien. Il y a plus de 2 000 milliards de dollars de dettes d’entreprises qui doivent être renégociés cette année. Et tout est gelé. Cela va être un désastre », explique le financier Angus Coote au Guardian.

Des listes de secteurs à risque circulent déjà : les compagnies aériennes, les entreprises de gaz de schiste, des constructeurs automobiles, l’immobilier, les sociétés de crédit. Mais à bien considérer, tout est aujourd’hui à risque. Des faillites peuvent provoquer des effets en chaîne, entraînant dans leur chute des sous-traitants, des fournisseurs, des clients.

En se portant au secours de tout, la FED et les autres banques centrales essaient d’éviter cette avalanche. Mais sera-ce suffisant ? « Les banques centrales se sont parfaitement coordonnées dans leur action, mais pas du tout les gouvernements. Tous y vont en ordre dispersé. C’est un côté inquiétant de ce moment. Il faut une coordination internationale pour répondre à cette crise sanitaire », commente Thierry Philipponnat. Lundi, les ministres des finances du G-20 se sont appelés pour étudier « une réponse concertée » à la crise du coronavirus. Ils se sont promis d’avancer rapidement. Mais pour l’instant, rien n’est arrêté. Même pas une coopération médicale internationale pour lutter ensemble contre le Covid-19.

 

 

Un petit coup de chaud à la lecture de cet article et un grand froid dans le dos en même temps.

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted (edited)

Le coronavirus, la crise et « l’effet Blanche-Neige », par Jacques Sapir

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-coronavirus-la-crise-et-leffet-blanche-neige-par-jacques-sapir/

 
Citation

Activité économique

Ces deux hypothèses font alors apparaître des pertes de production hebdomadaires, et l’on peut comparer les effets des durées de confinement. On constate que l’impact est assez violent, car il s’élève par semaine entre 1,1% et 0,9% de la valeur ajoutée ANNUELLE produite. Ainsi, pour un confinement de 6 semaines, qui est à l’heure actuelle l’hypothèse la plus probable, on aboutit à une perte de valeur ajoutée allant de -5,4% à -6,8%. Ainsi, en admettant que la production reprenne INSTANTANEMENT (ce qui n’est pas une hypothèse réaliste), le PIB de la France reculerait de -4,4% à -5,6%, des niveaux de dépression qui sont supérieurs à ceux de la crise de 2008. Pour un confinement de 8 semaines, qui n’est pas impossible, on arrive à des chutes dans la production qui ne sont comparables qu’aux prélèvements imposés par l’Allemagne durant la période de l’occupation.
 

On dira que ces chiffres restent inférieurs à ceux de la crise de 1929. C’est vrai. Le PIB des Etats-Unis avait baissé de plus de 20%, celui de l’Allemagne de plus de 30%. Mais, cette forte baisse avait eu lieu sur plusieurs années, de la fin 1929 au début de 1932.

Ce qui est exceptionnel, dans la crise actuelle, est que cette chute pourrait être concentrée sur quelques semaines. On revient, alors, au syndrome « Blanche Neige » évoqué en introduction. On a effectivement le sentiment que l’économie entre dans une phase d’endormissement. Plus longtemps cette phase durera, et cette durée ne peut être déterminée économiquement mais uniquement d’un point de vue sanitaire, plus difficile risque d’être le réveil.

 

Citation

Crise budgétaire

Suivant les hypothèses, le « manque à gagner » fiscal pour l’Etat irait, dans l’hypothèse d’un confinement de 6 semaines de 17 à 26 milliards d’euros, et dans le cas d’un confinement de 8 semaines de 22,5 à 34,1 milliards. Si l’on y ajoute les 45 milliards de dépense prévus actuellement on va donc à un écart budgétaire qui serait de 62 milliards (2,7% du PIB) à environ 80 milliards (3,5%). Le budget ayant été calculé, avant la crise, pour un déficit de 2,2%, le déficit réel se monterait alors entre 4,9% et 5,7%.

On resterait en dessous des 7,2% de déficit de 2009. Mais, ces estimations sont certainement trop optimistes. Les dépenses que l’Etat devra engager, pour éviter que des entreprises stratégiques ne fassent faillites ou simplement pour garantir les dettes d’entreprises en difficultés, alourdiront l’estimation initiale de dépense entre 15 et 30 milliards. On pourrait, en ce cas, et pour un confinement de 8 semaines, atteindre une somme de 110 milliards pour les effets immédiats de la crises et les 7,3% de déficit (en tenant compte du déficit initialement prévu et de la contraction du PIB).

L’importance de ce déficit, son caractère « obligé », inviterait alors à reconsidérer les règles de refinancement pour les Etats de la zone Euro. La commission européenne vient de lever les restrictions aux dépenses publiques et les limites au déficit. Cela ne suffira pas. Il faudra, nécessairement, en venir au refinancement direct par la Banque centrale. Si les règles de la BCE étaient modifiées en ce sens, cela poserait un véritable problème aux pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, qui se sont toujours fait les gardiens de l’orthodoxie monétaire. Cela pourrait signifier la mort de l’Euro sous la forme où nous le connaissons actuellement.

Alors que le nombre de cas hospitalisés dans des services de réanimations et le nombre de morts augmentent tous les jours, il n’est plus en notre pouvoir d’éviter à l’économie d’entrer en léthargie, d’éviter « l’effet Blanche-Neige ». Les efforts du gouvernement (et la prime de 1000 euros promise par Bruno Le Maire) n’auront qu’une très faible efficacité. Par contre, il est essentiel que les fonctions vitales de l’économie ne soient pas affectées par cette période de léthargie. Et, comme il n’y a pas de Prince Charmant dans la vie réelle, il est essentiel que l’Etat ait les moyens de financement pour mettre en œuvre les politiques nécessaires pour assurer à l’économie le réveil le plus prompt et le plus souple possible.

Si le confinement dure 2 mois, plus la peine de faire les leçons aux gosses ! Direct à la mine :>'

 

Edited by AssKicker496

Share this post


Link to post
Share on other sites

Je pense qu'il lâcheront jamais sur l'ISF ou n'importe quelle manière de faire payer les très riches. Il préfèreront voir le pays crever.

Je pense que pour les 65 ans et + la lutte est déjà abandonnée.

Je parie qu'il va y avoir une vague de dépressions, violences et suicides chez le personnel soignant.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Avant même le Covid-19, l’Italie traversait une période charnière de son Histoire. La crise migratoire, le développement du populisme et les difficultés structurelles de leur économie conduisaient déjà les Italiens à s’interroger sur leur avenir. Marc Lazar, historien, sociologue et grand spécialiste du sujet, répond à toutes nos questions concernant ce proche voisin de la France, cette Italie « laboratoire » que nous regardons parce qu’elle nous indique souvent ce qui nous attend, nous Français, en léger décalé. Loin d’être pessimiste, Marc Lazar souligne aussi les ressources exceptionnelles que sait mobiliser la nation italienne dans les situations les plus graves.

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted (edited)

Comment les italiens vont t'ils faire sans leur sociaux-démocrates accroupis devant Berlin et l'immigration massive ?! Bouh méchants "populistes" qui ont pas compris la magie libérale.

Du coup leur nouveaux amis chinois et russes les ont aidé contrairement à l'UE. Enfin des alliés sur qui ils peuvent compter.

 

Puisqu'on en est à la question du populisme (anathème utilisée par la gauche libéral pour décrédibiliser toute politique de droite), Trump semble le seul à se soucier réellement des impacts économiques dramatiques de la crise. Chez les sociaux-libéraux, ils veulent tout arrêter et advienne que pourra.

Heureusement qu'il y a Trump à la tête des USA, le monde serait peut-être déjà tomber dans le chaos économique.

 

Edited by AssKicker496

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted (edited)
il y a une heure, AssKicker496 a écrit :

 

Pas du tout de la manipulation cette photo...

2 types dans l'enceinte d'une entreprise privée "Svecom" descendent un drapeau européen pour le remplacer par un drapeau chinois et on trouve des gens pour en tirer la conclusion que :

"LES italiens veulent quitter l'Europe"

 

Mouarf !

 

Je ne dis pas que le chacun pour soit ne pourrait pas être responsable de ce qui pourrait éventuellement se passer, mais simplement que prendre une photo de 2 types isolés, devant d'une entreprise qui retirent le drapeau européen pour mettre un drapeau chinois pour en tirer une conclusion comme celle que l'on peut lire dans ton post ou dans le tweet, c'est au mieux de la mauvaise foi, une tentative de manipulation voir de la bonne grosse connerie que de s'appuyer là-dessus.

 

En plus on ne sait même pas qui sont ces 2 types ?

Patrons de l'entreprise privée ? opposants ? salariés en grève ? simples passants ?

 

Si demain je retire le drapeau français de mon jardin pour y mettre un drapeau raëlien, il y aura bien quelqu'un pour écrire "LA France s'en remet aux raëliens pour sauver le pays du Covid-19 !"

 

Mais ce n'est pas le mieux dans le genre manipulation et que je garde pour la fin, avec l'EXIF de l'image

 

Citation

2017:07:07 13:22:32

Je ne savais pas que le covid-19 sévissait déjà en juillet 2017...


Tu peux le vérifier par toi même si tu veux

http://exif.regex.info/exif.cgi

 

Edited by Holalahola

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted (edited)

C'était plus pour l'image à vrai dire, la symbolique. Mais ca valait le coup d'être précisé, t'as bien fait.

En tout cas, c'est pas nouveau que les chinois et les italiens ont des relations assez étroites depuis quelques temps, avec la russie aussi. Et qu'il y a des tensions ente l'italie et l'allemagne.

Edited by AssKicker496

Share this post


Link to post
Share on other sites

Alors que la pérennité de la Sécurité sociale est au cœur du débat politique, un passionnant état des lieux de la santé en Europe à travers quatre gros plans en France, en Angleterre, en Suède et en Allemagne. Des modèles à suivre ? Comment repenser la manière d'aborder des pathologies invalidantes mais aussi la fin de vie ? Bâtir une meilleure politique de prévention ? Mieux accompagner les malades ? Comment, au bout du compte, permettre à chacun d'être soigné selon ses besoins tout en préservant l'équilibre des comptes publics ? Nourries d'interventions de patients, d'économistes et de professionnels du monde médical sur ces problématiques, l'enquête de Thomas Johnson met en lumière une variété de réflexions et d'exemples qui portent leurs fruits. Un tour d'horizon européen riche d'enseignements. SOS santé pour tous

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

Bonjour , y'aurais t-il moyen de parier sur un printemps européen dans les 2 ans et demi a venir sur un bookmaker anglais ? j'y mettrais ma maison dessus si c'était possible ....

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now


  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.

English
Retour en haut de page
×
PokerStars : Nouveau défi
PokerStars : Nouveau défi