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Incendie à Notre-Dame de Paris

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Rofl plusieurs municipalités rétropédales devant l'afflux des dons pour notre dame et reviennent sur leurs promesses de dons.

Typiquement la gestion de l'argent publique en France... on claque sans réfléchir et on regrette.

Honteux.

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il y a 8 minutes, Auryn a écrit :

Je comprend pas comment on peut laisser une municipalité faire des dons comme bon lui semble. Les mecs sont en roue libre totale sur leur budget...

 

Oui ils sont en roue libre. Tu crois qu'ils font des ronds points, dos d'âne inutiles ou autres pour quoi ? (Pour la sécurité de tous ?:D)

Parce qu'ils ont un budget attribué chaque année et que si il n'est pas dépensé il seras réduit l'année suivante !

Edited by checky
( )

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il y a 8 minutes, checky a écrit :

Parce qu'ils ont un budget attribué chaque année et que si il n'est pas dépensé il seras réduit l'année suivante !

C'est ou était exactement le principe, je ne sais pas si ça a changé depuis et j'espère que c'est le cas.

Il en est de même pour les administrations (ou était), en fin d'année si le budget alloué n'est pas entièrement dépensé, c'est la course aux commandes dans tous les sens pour rendre un budget "bien propre", sinon le risque étant qu'il soit diminué pour l'année suivante ou plutôt celle d'après puisque le suivant est déjà voté.

Une gabegie de finances publiques.

 

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Il y a 1 heure, Maxwell56k a écrit :

Rofl plusieurs municipalités rétropédales devant l'afflux des dons pour notre dame et reviennent sur leurs promesses de dons.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/dons-notre-dame-emotion-passee-nombreuses-mairies-collectivites-retropedalent-1661083.html

 

edit : je vous laisse lire l'article, trop long à intégrer en balise spoiler (nombreux liens FB, twitter)

Edited by Jamiyoyo

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il y a 58 minutes, Holalahola a écrit :

C'est ou était exactement le principe, je ne sais pas si ça a changé depuis et j'espère que c'est le cas.

Il en est de même pour les administrations (ou était), en fin d'année si le budget alloué n'est pas entièrement dépensé, c'est la course aux commandes dans tous les sens pour rendre un budget "bien propre", sinon le risque étant qu'il soit diminué pour l'année suivante ou plutôt celle d'après puisque le suivant est déjà voté.

Une gabegie de finances publiques.

 

Cette façon de procéder est, si elle ne l'est totalement, en passe d'être totalement révolue.

Il faut d'ailleurs y distinguer plusieurs phases : il existait effectivement un temps où les subventions étaient allouées au vu du reliquat des exercices budgétaires terminés, d'où la course aux dépenses avec l'anecdote risible des camions qui tournaient à vide dans les cours de casernes. C'était à une période où les informations avaient du mal à être centralisées, analysées. Puis cette façon de procéder à commencer à disparaitre aux débuts des années 90. Par contre, les administrations ont continué longtemps à dépenser ce qui ne l'était pas dans la peur de voir leur budget réduit l'année suivante.

Cela a quasi disparu pour l'ensemble des administrations maintenant dans la mesure où de plus en plus les subventions (SCSP - Subventions pour Charges de Service Public) sont finement calculées et pondérées au vu des données statistiques ou réelles (ie : nombre moyen de requérants, nombre réel d'habitants, d'étudiants ...) et pour certaines soumises à une justification des dépenses. Ce qui a changé la donne est que la subvention n'arrive le plus souvent qu'en terme de projet. Une notification permet à l'administration d'inscrire le montant à son budget mais finalement elle n'a rien reçu, si ce n'est une "promesse".

Ce process tend vers une rationalisation des dépenses.

Enfin, tout ça pour dire que cette vision est celle de la fin du siècle dernier. Je me garde cependant bien de dire qu'aucune gabegie n'a lieu actuellement même si l'on est plus proche du jeu avec la réglementation, le détournement, le copinage contre renvoi d'ascenseur plutôt que de la mauvaise gestion tel que c'était le cas quand les camions tournaient à vide.

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Il y a 1 heure, KadicK a écrit :

Enfin, tout ça pour dire que cette vision est celle de la fin du siècle dernier.

J'ai pas compris le délire des camions mais je me fais vieux put1 ! /(

Mais finalement ça revient au même ! ;)

 

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il y a une heure, checky a écrit :

Je suppose que c'est un raccourci pour dire cramé l'argent (rond point, dos d'anes etc...)?

Parce que sinon je comprends toujours pas lol

L'essence ou le diesel ne se boivent pas.

Si un régiment a le droit à 100000 litres de carburant pour l'année et que le 23 décembre il n'ont consommé que 95000 litres, ils savent que l'année qui suit, on ne leur livrera que 95000 au lieu des 100000.

Donc pour avoir droit à leur 100000 litres l'année suivante, ils consomment volontairement et pour rien le carburant en trop qui leur restait, en faisant tourner en rond des camions dans la cours.

 

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Il y a 14 heures, Holalahola a écrit :

L'essence ou le diesel ne se boivent pas.

Si un régiment a le droit à 100000 litres de carburant pour l'année et que le 23 décembre il n'ont consommé que 95000 litres, ils savent que l'année qui suit, on ne leur livrera que 95000 au lieu des 100000.

Donc pour avoir droit à leur 100000 litres l'année suivante, ils consomment volontairement et pour rien le carburant en trop qui leur restait, en faisant tourner en rond des camions dans la cours.

 

15 ans de BTP j'ai rencontré beaucoup d'agent municipaux, ont m'en a raconté des pas mal mais celle là je l'avais jamais entendu :>'

é/dsl pour le HS

Edited by checky

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Suite de l'incendie de Notre Dame ...
Tout va bien

https://www.mediapart.fr/journal/france/180719/notre-dame-la-mairie-de-paris-passe-sous-silence-des-contaminations-au-plomb-dans-les-ecoles?onglet=full

 

Une solution alternative serait de remplacer ces écoles par des cours à Tchernobyl pour les gosses, ça pourrait être pas mal :ninja: 

 

Spoiler

Notre-Dame: la mairie de Paris passe sous silence des contaminations au plomb dans les écoles

18 JUILLET 2019 PAR PASCALE PASCARIELLO

Un mois après l’incendie de la cathédrale, le 15 mai, des taux de concentration au plomb, parfois dix fois supérieurs au seuil d’alerte, ont été relevés dans les établissements scolaires proches de l’édifice, selon des documents obtenus par Mediapart. La mairie de Paris n’a effectué aucun nettoyage en profondeur des lieux, affirmant que le plomb ne dépassait pas les seuils réglementaires. Un mensonge jugé « criminel » par la scientifique Annie Thébaud-Mony.

Le 15 avril, la cathédrale de Paris brûlait et près de 400 tonnes de plomb présent dans l’édifice se répandaient en poussière dans les environs. Depuis, l’agence régionale de santé (ARS), la préfecture et la mairie ont effectué plusieurs mesures de concentration en plomb. Alors que ces taux sont supérieurs au seuil réglementaire, les autorités ne les communiquent pas, mettant en danger les riverains et les ouvriers du chantier.

 

Incendie de Notre-Dame, 15 avril, Paris. © Patrick ArtinianIncendie de Notre-Dame, 15 avril, Paris. © Patrick Artinian

 

Après les dissimulations de l’ARS et de la préfecture (à lire ici), c’est la mairie de Paris qui a sciemment menti sur les taux de concentration au plomb relevés dans les crèches, les maternelles et les écoles, exposant ainsi les enfants et le personnel au risque de saturnisme. L'instruction de la Direction générale de la santé (DGS) relative au dispositif de lutte contre le saturnisme infantile et de réduction des expositions au plomb n'a en effet pas été respectée. 

Spécialiste des questions de santé publique et directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Annie Thébaud-Mony juge ce mensonge « criminel »

C’est seulement le 13 mai, soit près d’un mois après l’incendie de Notre-Dame que la mairie de Paris réalise une série de prélèvements dans les établissements scolaires (trois crèches, deux maternelles, trois écoles élémentaires, un collège et une école privée) situés à moins de 500 mètres de la cathédrale. Les poussières de plomb sont particulièrement dangereuses pour les enfants qui peuvent, en cas d’ingestion, être atteints de saturnisme. Cette intoxication peut provoquer des lésions neurologiques irréversibles et d’autres troubles de santé (atteintes digestives, cardiovasculaires, cancéreuses, troubles de la reproduction).

Les résultats des prélèvements dans ces établissements scolaires sont accablants. Sur dix sites, neuf ont des taux de concentration au plomb nécessitant une intervention rapide de décontamination. Selon une instruction de 2016 de la DGS, visant à lutter contre le saturnisme infantile, si des poussières sont retrouvées « au-dessus du seuil de 70 μg/m2, cela signifie qu’il y a un risque d’intoxication au plomb pour les enfants exposés ». 

Une concentration de 25 μg/m2 de plomb nécessite une vigilance et lorsque le seuil de 70 μg/m2 est atteint, les lieux doivent être immédiatement nettoyés en profondeur, voire, en fonction de la nature des surfaces, décontaminés.

 

Taux de concentration en plomb relevé dans une école élémentaire à moins de 500 mètres de Notre-Dame. Rapport du 29 mai, SPSE (Service parisien de santé environnementale), mairie de Paris. Le seuil d'alerte nécessitant une intervention est de 70 μg/m2. Là, le taux de concentration en plomb est de 698 μg/m2.Taux de concentration en plomb relevé dans une école élémentaire à moins de 500 mètres de Notre-Dame. Rapport du 29 mai, SPSE (Service parisien de santé environnementale), mairie de Paris. Le seuil d'alerte nécessitant une intervention est de 70 μg/m2. Là, le taux de concentration en plomb est de 698 μg/m2.

 

Or, sur 196 prélèvements, 31 montrent des taux égaux, voire supérieurs au seuil d’intervention (70 μg/m2), parfois près de dix fois supérieurs. Les poussières de plomb recouvrent certains sols de classes, de cours ou de réfectoires où les enfants peuvent l’ingérer en mettant leur main dans la bouche. 

 

Taux de concentration au plomb relevé dans une crèche à moins de 500 mètres de Notre-Dame. Rapport du 15 mai, SPSE (Service parisien de santé environnementale), mairie de Paris. Le taux d'alerte nécessitant une intervention immédiate est de 70 μg/m2. Il atteint dans cette biberonnerie 95 μg/m2.Taux de concentration au plomb relevé dans une crèche à moins de 500 mètres de Notre-Dame. Rapport du 15 mai, SPSE (Service parisien de santé environnementale), mairie de Paris. Le taux d'alerte nécessitant une intervention immédiate est de 70 μg/m2. Il atteint dans cette biberonnerie 95 μg/m2.
capture-d-ecran-2019-07-15-a-17-34-15

 

Dans l'école privée Sainte-Catherine (maternelle et élémentaire), le taux de concentration au plomb atteint 698 μg/m2, soit près de dix fois le seuil d’alerte de 70 μg/m2. Dans la crèche collective de la rue Lobau, sur le sol du jardin de jeux, « devant une petite maison en plastique », le taux est de 130 μg/m2, soit près de deux fois le seuil d’alerte. « Les enfants sont à quatre pattes pour s’amuser dans cette maison, et ils ont dû ingurgiter des poussières de plomb dispersées devant. C’est catastrophique d’avoir laissé une telle situation perdurer, précise une institutrice travaillant dans l’arrondissement. Sans être alarmiste, il est évident qu’il faut lancer des analyses de sang pour l’ensemble des enfants. Ne serait-ce que par prévention. »

Dans la maternelle de la rue Sommerard, six classes sont contaminées, affichant des taux de concentration au plomb de 85 à 130 μg/m2. On retrouve également des poussières de plomb dans deux dortoirs et la bibliothèque. Dans une autre maternelle, sur le sol en linoléum de la salle découverte, le taux s’élève à 113 μg/m2, bien au-dessus du seuil des 70 μg/m2, déclenchant une mise à l’écart des enfants et une dépollution des lieux.  

Dans l'école élémentaire de la rue Saint-Jacques, les agents chargés des prélèvements précisent que dans des soupiraux situés à environ 20 cm du niveau du trottoir et débouchant au niveau des fenêtres des réfectoires du sous-sol, quotidiennement ouvertes, les taux sont de 4 773 μg/m2. D’ailleurs la concentration de plomb relevée dans le réfectoire est de 78 μg/m2, dépassant le seuil d’intervention rapide.

Le 15 mai, un mois donc après la contamination causée par l’incendie, les premiers résultats connus ne déclenchent pas, étonnamment, de fermeture d’établissement ni de communication de la part de la mairie sur les mesures d’hygiène à adopter. La préfecture de police de Paris décide pourtant de fermer temporairement sa crèche, ayant relevé des taux de concentration de plomb de 40 μg/m2 dans la biberonnerie et dans une classe. Elle procède à un nettoyage approfondi. La mairie, quant à elle, laisse ouverte la crèche de la rue Lobau où le taux de concentration en plomb dans la biberonnerie s’élève à 95 μg/m2.  

Aucune intervention spécifique de nettoyage n’est déclenchée. Pire, les résultats ont été remis aux chefs d’établissement en leur signalant qu’il n’y avait aucun problème. Sur les dix chefs d’établissement, nous avons pu avoir des précisions de deux d’entre eux.

Le premier qui a accepté de nous répondre, sous le couvert de l’anonymat, assure n’avoir rien fait de particulier que le nettoyage prévu habituellement. « La mairie nous a dit que les prélèvements n’avaient pas montré de concentration en plomb anormale. D’ailleurs elle a communiqué dans ce sens », assure-t-il.

Les chefs d’établissement ont effectivement reçu, le 20 mai, un courriel des affaires scolaires et de la petite enfance de la ville de Paris, leur expliquant : « Vous avez été destinataires du rapport du service parisien de santé environnementale de la DASES[Direction de l’action sociale, de l’enfance et de la santé – ndlr] suite aux poussières de plomb produites au cours de l’incendie de Notre-Dame. Les rapports signalent une absence de pollution au plomb dans chacun de vos établissements. Vous pouvez donc rassurer les parents en cas de question sur le sujet. » 

En colère, le même directeur explique avoir fait confiance à la mairie. « Je ne suis pas un expert du plomb. Je n’ai pas pu avoir une lecture plus précise du rapport des prélèvements. Et aujourd’hui, j’apprends que la mairie a laissé des enfants, le corps enseignant et les agents exposés au plomb. »

« Comment ont-ils pu à ce point nous mentir ? »

Un autre chef d’établissement précise pour sa part que la mairie lui a demandé de nettoyer la cour de récréation régulièrement au jet d’eau. En revanche, il n’y a pas eu d’instruction particulière pour l’un des réfectoires, affichant un taux de concentration au plomb supérieur au taux d’alerte. 

 

Rapport de prélèvements sur les taux de concentration au plomb dans les écoles à moins de 500 mètres de Notre-Dame, 16 mai 2019. © Service parisien de santé environnementale, Mairie de Paris.Rapport de prélèvements sur les taux de concentration au plomb dans les écoles à moins de 500 mètres de Notre-Dame, 16 mai 2019. © Service parisien de santé environnementale, Mairie de Paris.

 

Contactée, une enseignante d’une des écoles élémentaires reste perplexe à l’annonce des résultats que nous lui communiquons. « C’est terrible. Comment ont-ils pu à ce point nous mentir », déplore-t-elle. Pourtant, « avec des parents d’élèves, nous avons demandé des précisions lors d’un conseil d’école, mais nous sommes restés sans réponse ». « C’était le flou, poursuit l’institutrice. Nous étions même étonnés que l’école ne soit pas fermée au lendemain de l’incendie. »

Un mois après le feu, lorsque des agents du service de santé environnementale de la ville procèdent aux prélèvements, n’étant pas avertis de leur venue, les enseignants s’interrogent de nouveau. « Lorsque nous avons demandé les résultats, le chef d’établissement nous a dit que la mairie lui avait expliqué qu’il n’y avait pas de plomb. D’ailleurs, aucun nettoyage particulier n’a eu lieu au sein de l’établissement », déplore l’institutrice, attestant n’avoir reçu aucune consigne particulière ni pour les enseignants ni pour les élèves.

Pourtant, dès lors que les taux de concentration de plomb atteignent les 70 μg/m2, les enfants doivent être écartés du lieu pollué afin de procéder à son nettoyage, qui doit être fait avec des pièces humides et jetables.

Or la mairie n’a pas procédé ainsi, se contentant de poster sur son site le message suivant : « Toutes les concentrations surfaciques en plomb dans les prélèvements de poussières réalisés sur des surfaces accessibles aux enfants et/ou aux personnels sont très inférieures à 1 000 μg/m2. »

Première étrange erreur de la part de la mairie : le seuil de 1 000 μg/m2 concerne les bâtiments où des travaux ont été exécutés et où une vérification en fin de chantier s’impose pour s’assurer que le risque d’exposition au plomb a bien été éliminé.

En aucun cas ce seuil ne peut s’appliquer aux dix établissements scolaires, puisque aucun d’eux n’a fait l’objet de travaux récemment. Donc seul fait référence le seuil de 70 μg/m2, qui concerne la contamination des lieux de vie et qui nécessite une intervention immédiate de nettoyage en profondeur.

Mais là encore, la mairie bidouille les chiffres et déclare, toujours sur son site, que « la moyenne arithmétique des niveaux constatés dans des pièces accueillants les enfants est inférieure à 70 μg/m2 ». En faisant une moyenne « arithmétique », la mairie dissimule les taux d’exposition au plomb les plus élevés, dérogeant aux règles de prévention sanitaire.

Contacté par Mediapart, Bruno Courtois, expert en prévention du risque chimique et chargé du dossier « plomb » à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), explique que « c’est une question de bon sens. Faire une moyenne pour des concentrations surfaciques ou atmosphériques, c’est communiquer une information très, même trop partielle, puisqu’elle ne permet pas de tenir compte des fluctuations des concentrations en plomb d’un endroit à un autre. Et surtout, cela ne permet pas de mesurer le risque puisque ne sont pas communiqués les taux de concentration en plomb les plus élevés ».

Au cours de notre enquête, certains parents ont émis l’hypothèse que cette pollution puisse venir des peintures dégradées et porteuses de plomb. Or cette hypothèse est écartée par les ingénieurs chargés des prélèvements. Dans leur rapport, ils ont pris soin de préciser pour chaque établissement si des peintures dégradées au plomb existaient.

Sur dix, seuls deux établissements ont des peintures dégradées contenant du plomb. Et les taux de concentration au plomb supérieurs au seuil autorisé relevés dans ces écoles le sont également dans des espaces dépourvus de peintures polluées. C’est donc bien l’incendie de Notre-Dame qui a provoqué cette pollution.

Interrogée par Mediapart, la mairie de Paris a, dans un premier temps, assuré que les taux de concentration au plomb étaient bien en deçà des seuils d’alerte et donc qu’aucune intervention n’avait été jugée nécessaire dans les établissements. À l’appui de la transparence dont elle se targue, la mairie nous a elle-même adressé les rapports.

Une fois lectures et vérifications faites, nous avons été surpris d’un tel mensonge. Lors d’un deuxième échange téléphonique, le cabinet de la maire Anne Hidalgo a concédé : « Oui, il y a peut-être quelques taux au-dessus des seuils autorisés, mais n’allez pas dire que ces taux peuvent provoquer des cas de saturnisme. »

 

C’est pourtant la Direction générale de la santé qui l’affirme depuis 2016 : à partir d’une concentration de poussières de plomb de 70 μg/m2, « il y a un risque d’intoxication au plomb pour les enfants exposés ».

 

Présidente de l’association Henri-Pézerat, la scientifique Annie Thébaud-Mony, qui alerte sur la situation depuis fin avril, souligne qu’« il n’y a pas de seuil en dessous duquel le plomb serait inoffensif. Toute contamination est dangereuse, pour les enfants en particulier, mais aussi pour les adultes. Il suffit d’imaginer les enfants de 3 à 6 ans dans une classe ou une cour d’école. Leurs déplacements suscitent le ré-envol de poussières, qu’ils respirent alors, sans parler des moments où ils touchent le sol puis portent la main au visage, à la bouche ».

En 2016, en préambule de son instruction visant à lutter contre le saturnisme infantile et la réduction des expositions au plomb, la Direction générale de la santé rappelle que compte tenu des « effets nocifs du plomb sur la santé », en particulier chez l’enfant, le seuil de plombémie (taux de plomb dans le sang) déclenchant la déclaration obligatoire de saturnisme chez l’enfant a été divisé par deux, passant de 100 à 50 microgrammes par litre (μg/L), en juin 2015.

Les ravages de l’incendie ne sont pas que matériels, ils sont aussi sanitaires

Exposés à des concentrations parfois élevées de plomb, les enfants, les enseignants et les agents intervenants dans les établissements l’ont bien été depuis le 15 avril, date de l’incendie et jusqu’au 5 juillet, date des vacances scolaires, soit pendant plus de deux mois, alors même que les autorités connaissaient ce danger et auraient dû ordonner immédiatement une fermeture momentanée des écoles, un nettoyage des lieux et des mesures visant à vérifier que tout danger était écarté.

Comme nous le précise Bruno Courtois, expert chimiste et spécialiste du plomb à l’INRS, « si certains sols, les plus lisses, peuvent être facilement nettoyés, d’autres plus poreux retiennent davantage les poussières de plomb et le nettoyage peut s’avérer plus ou moins efficace ». 

 

Prélèvements dans une école élémentaire à moins de 500 mètres de Notre-Dame, réalisés le 15 mai concernant l'exposition au plomb. Le seuil d'alerte nécessitant une intervention est de 70 μg/m2. Là, le taux de concentration en plomb est de 230 μg/m2. © Service parisien de santé environnementale, Mairie de Paris.Prélèvements dans une école élémentaire à moins de 500 mètres de Notre-Dame, réalisés le 15 mai concernant l'exposition au plomb. Le seuil d'alerte nécessitant une intervention est de 70 μg/m2. Là, le taux de concentration en plomb est de 230 μg/m2. © Service parisien de santé environnementale, Mairie de Paris.

 

 

Prélèvements dans une crèche à moins de 500 mètres de Notre-Dame, réalisés le 17 mai concernant l'exposition au plomb. Le seuil d'alerte nécessitant une intervention est de 70 μg/m2. Là, le taux de concentration en plomb est de 85 μg/m2. © service parisien de santé environnementale, Mairie de Paris.Prélèvements dans une crèche à moins de 500 mètres de Notre-Dame, réalisés le 17 mai concernant l'exposition au plomb. Le seuil d'alerte nécessitant une intervention est de 70 μg/m2. Là, le taux de concentration en plomb est de 85 μg/m2. © service parisien de santé environnementale, Mairie de Paris.

 

Avant publication, la mairie de Paris a tenu à organiser un entretien téléphonique avec la responsable du service parisien de santé environnementale chargé des prélèvements. Elle a reconnu que l’information donnée aux chefs d’établissement n’avait pas été « suffisamment précise » et qu’« aucune campagne de grand nettoyage n’avait été décidée ». Cela malgré les taux élevés de concentration au plomb. 

La responsable santé de la mairie concède que la référence au seuil de 1 000 μg/m2 n’était pas appropriée dans le cas de ces établissements. Dès lors, pourquoi la mairie continue-t-elle à faire figurer dans ses communiqués cette référence mensongère ? Sur ce point, aucun commentaire. Nous n’en obtenons pas davantage lorsque nous rappelons qu'à des taux de concentration au plomb inférieurs, la préfecture a préféré fermer et nettoyer la crèche de ses agents. 

Après un long silence, la responsable santé de la mairie tient à souligner que des « nettoyages humides étaient déjà mis en place lorsque les prélèvements ont été faits ». Loin d'être rassurante, cette précision prouve bien que ces « nettoyages humides »antérieurs aux prélèvements et préconisés depuis ne suffisent pas pour enlever les poussières de plomb. D’ailleurs, la mairie va profiter des vacances pour réaliser « un nettoyage de l’ensemble des établissements » et « des mesures de contrôle avant la rentrée »

Dès lors, pourquoi avoir laissé des enfants exposés aussi longtemps à un risque d’intoxication au plomb ? « Les enfants ne restent pas si longtemps en classe », a osé répondre dans un premier temps la responsable, avant de se retrancher derrière des « calculs de moyenne arithmétique » dissimulant ainsi les taux d’exposition les plus élevés.

La mairie renvoie à un avis de l’agence régionale de santé du 7 juin, selon lequel seules les moyennes des taux de concentration en plomb des espaces fréquentés par les enfants comptent. Contactée par Mediapart, l'ARS a confirmé cette posture, assurant respecter les instructions de la Direction générale de la santé. L'ARS a, semble-t-il, une lecture particulière de cette réglementation. 

Interrogée, la Direction générale de la santé (DGS) tient à rappeler que concernant les taux de concentration au plomb, « 25 μg/m2 est le seuil de vigilance » pris en compte pour les logements mais également pour les lieux fréquentés par les enfants, comme les crèches et les écoles. 

« À 25 μg/m2, il est attendu que 5 % des enfants présentent une plombémie comprise entre 25 et 49 μg/L [25 étant le seuil de vigilance pour la plombémie et 50 déclenchant une déclaration de saturnisme – ndlr]. Au seuil de 70 μg/m2, il est attendu que 5 % des enfants aient une plombémie supérieure à 50 μg/L. »

À ce seuil, il convient donc de « nettoyer souvent les sols avec une serpillière mouillée, de ne pas utiliser de balai et, si nécessaire, de mettre en œuvre des mesures de gestion complémentaires : zone de déchaussement pour limiter l'entrée de poussières, travaux de suppression de l'accessibilité au plomb ».

La DGS explique que « l'utilisation de la moyenne arithmétique revient à attribuer une durée équivalente pour chacun des lieux fréquentés par un enfant ». Or dans le cas d'un établissement scolaire, un enfant ne passe pas le même temps dans l'ensemble des salles.

Par ailleurs, si une classe A est polluée alors que la classe B ne l'est pas, faire la moyenne des taux de concentration en plomb relevés dans chacune d'entre elles serait omettre le risque encouru pour les enfants exposés au plomb dans la classe contaminée. La DGS conclut qu’« au-delà d'un rendu synthétique de résultats, l'interprétation des analyses s'effectue local par local ». Ces précisions confirment la parole des experts : la mairie n'a pas respecté les instructions en vigueur. 

Quant au rectorat, interrogé sur les risques encourus par les enseignants, il nous a répondu « n’avoir rien à dire ». Élisabeth Kutas, secrétaire départementale du syndicat des enseignants des écoles, le SNUipp-FSU Paris, exige qu’un suivi médical soit effectué pour les enfants, les personnels des écoles et de la mairie travaillant dans les établissements. « Pourquoi ne pas avoir fait cette décontamination ? », s’interroge-t-elle.

Après avoir marqué un long temps d’arrêt lorsque nous l’informons des taux de concentration au plomb, elle ajoute : « Pardon, je suis très inquiète. Et les autorités sont responsables, la mairie comme l’académie, de protéger ses agents. Les enfants, les personnels des écoles et les agents de la ville ont été exposés à des risques graves pour leur santé. »

Elle déplore que « les centaines de millions mis pour la reconstruction de la cathédrale ne soient pas utilisés aussi pour préserver la santé des enfants, des ouvriers, des enseignants, des habitants et de toutes les personnes qui travaillent autour du site. Les ravages de l’incendie ne sont pas que matériels, ils sont aussi sanitaires ! Et les enjeux économiques et symboliques de ce chantier ne doivent pas masquer un éventuel scandale sanitaire ».

De nombreux interlocuteurs, spécialisés dans ces questions, nous ont tous expliqué qu’au regard des risques encourus et afin de rassurer l’ensemble des personnels et des parents, le plus logique aurait été de fermer les établissements le lendemain de l’incendie afin de procéder à leur nettoyage. « Cela aurait été simple et surtout primordial pour ne pas exposer les enfants et les adultes. Par la même occasion, cela aurait permis d’éviter qu’un climat de peur ne s’installe dans le doute », nous a confié un ingénieur responsable des questions de sécurité et de prévention.

Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait ? Est-ce que, de la même façon que la préfecture a craint un effet de panique chez les touristes si elle divulguait les données, la mairie a eu peur d'affoler les familles du quartier ? C'est pourtant en n'agissant pas qu'elle risque de susciter aujourd'hui un effet de panique.

Annie Thébaud-Mony et l’association Henri-Pézerat demandent qu’un centre de suivi médical gratuit soit créé d’urgence, « accessible à toute personne, enfant ou adulte, victime de la contamination au plomb provoquée par l’incendie de Notre-Dame ». Elle suggère même « que ce centre soit établi à l’Hôtel-Dieu, proche de la cathédrale, et donc accessible aux riverains comme aux pompiers et travailleurs concernés ».

 

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Posted (edited)

Heureusement que dans l'ensemble, nos dirigeants sont des individus responsables qui savent les conséquences de leurs acte. Anidalgo n'est qu'un cas isolés, ouf. A un moment donné j'ai cru que... mais en fait non ça va, on est bien.

Edited by BenS

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