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Liebodar

Mouvements sociaux, grèves, Manifestations ...

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C’est dire si le pouvoir a eu peur. Samedi 8 décembre, certains des blindés de la gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris étaient secrètement équipés d’un dispositif radical, qui n’aurait été utilisé « qu’en dernier recours » : une réserve de liquide incapacitant. Selon nos sources, la pulvérisation de ce liquide sur une foule de gilets jaunes aurait été capable de « les arrêter net, mettant les gens à terre, même avec des masques ». Chaque engin aurait pu « neutraliser » une surface de plusieurs terrains de football… « Heureusement, que l’on n’en est pas arrivé là », ajoute cette source haut placée dans le dispositif policier. 

Je ne sais pas si déjà posté...

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rofl le discours de Macron

 

il fait passer ce qui etait deja prevu comme la defiscalisations des heures supp ou la baisse de la CSG pour les retraites modestes comme des concessions de sa part. Et le francais boeuf va y croire xD

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il y a 4 minutes, Asier a écrit :

C'est même plus nécessaire de parler du crédit de Macron

Il est totalement cerné là.

Ces gens croient réellement qu'ils peuvent faire pression sur les gens pour ne pas aller plus loin. Ces gens sont à l'ouest. Au pire on sortira et eux disparaîtront.

Edited by jou0eur

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il y a 2 minutes, LeeHwak a écrit :

rofl le discours de Macron

 

il fait passer ce qui etait deja prevu comme la defiscalisations des heures supp ou la baisse de la CSG pour les retraites modestes comme des concessions de sa part. Et le francais boeuf va y croire xD

pas sûr, la mécanique semble bien lancée maintenant. Je n'ai pas vu beaucoup de commentaires positifs sur le discours et les annonces.

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Pas l'impression que les chaines info soient très enclines à parler de ça.

Pourtant, ce sont des confrères, liberté d'expression, toussa toussa...

Vous avez dit État Policier ?...

 

 

https://www.nouvelobs.com/societe/20181210.OBS6886/les-syndicats-de-journalistes-denoncent-des-derapages-inadmissibles-de-la-police.html

 

Citation

Les syndicats de journalistes dénoncent des "dérapages inadmissibles" de la police

 


 

Citation

Dénonçant la "gestion calamiteuse des manifestations de samedi par les forces de l'ordre", le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO ont exigé dans un communiqué commun "des explications de la préfecture de police, du ministère de l'Intérieur et du gouvernement sur les consignes qui ont été données pour en arriver à cette situation".

 

 

Citation

"Dès 8 heures du matin, samedi, de nombreux photographes de presse, clairement identifiés comme tels, se sont fait confisquer leur équipement de protection individuel, parfois sous la menace d'une garde à vue. Ce qui a eu pour effet d'empêcher certains reporters de faire leur travail", ont déploré ces organisations syndicales représentatives de la profession.

 

 

 

Citation

Ils citent en outre les cas de deux photographes du "Parisien" visés par des tirs de lanceurs de balles de défense, d'un photographe du "JDD" hospitalisé après avoir été frappé par un CRS, et disent qu'une quinzaine de témoignages de confrères "mis en joue, pris pour cibles parfois intentionnellement, commotionnés ou molestés par les forces de l'ordre" leur sont remontés ces dernières heures.


 

 

Citation

les syndicats demandent .../... à être reçus en urgence par le président de la République".

 

 

Citation

ils ont alerté une deuxième fois le Conseil de l'Europe de la situation, via la plateforme de signalement dédiée à la sécurité des journalistes.

 

Edited by gazelle427

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Je reviens un peu sur ce que coûte ce mouvement a certains citoyens

Citation

Bercy a jusqu'à présent chiffré la baisse générale de l'activité du commerce à au moins 15% pour la grande distribution et jusqu'à 40% pour les petits commerces. 

Il y a un paquet de gens qui ne vont pas avoir de prime de fin d'année cette année, dommage pour eux ça allait être défiscaliser. 

D'un autre côté, yen a qui sont contents 

Citation

Sur le site de commerce en ligne Rakuten (ex-Priceminister), les ventes ont bondi de 65% samedi dernier, comparé au même jour un an plus tôt, et de 50% sur le week end. 

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/12/10/97002-20181210FILWWW00278-gilets-jaunes-bond-de-65-des-ventes-pour-le-site-de-e-commerce-rakuten.php

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Je voulais d'abord répondre à un message privé de @tiresias, mais vu la tartine que j'ai pondue, je me suis dit que ça avait sa place ici. C'est juste du témoignage perso.

J'évite de prendre parti dans les joutes verbales de ce genre; si la langue de bois me gonfle en général, je ne saurais dire s'il s'agit pour autant de novlangue ou pas.
D'Orwell j'ai lu "À Paris et à Londres dans la dèche" - que je recommande en cette période de galère quasi généralisée.

Je n'ai pas participé aux manifs des "gilets jaunes" ces dernières semaines, "ni à nuit debout". Non pas que je pense que je n'y serais pas légitime mais parce que je n'ai pas la force tant physique que morale de m'y rendre.

Les mouvements auxquels j'ai participé sont :

  • Le Larzac (sur les épaules de mon père, à Paris)
  • "Délégué" de classe, ainsi que "délégué" du collège. J'ai lutté à base de pétition pour défendre le droit des élèves de sortir de l'établissement pendant les heures de permanence, que le collège n'était pas une garderie et que notre liberté primait sur la sécurité. (Par rapport aux assurances). L'autorité représentée par la CPE a tout tenté, de la menace d'heures de colle au renvoi de l'établissement. J'ai pu mobiliser suffisamment d'élèves, les parents d'élèves, pour qu'une réunion des élèves, des parents et des enseignants, de la principale et de la CPE soit été organisée dans l'urgence. Il y avait un parfum de révolution, on est rentrés heureux chez nous. Et pour finir, on a perdu - et j'ai redoublé.
    Puis j'ai plaidé (seul) l'année suivante - pour faire sanctionner un prof de musique raciste - à base de citations de Le Pen - de brimades des camarades beurs, de main aux fesses des minettes - bref, une raclure. Ça m'a coûté la plus haute distinction au conseil de classe du 3ème trimestre alors que j'avais de bonnes notes partout toute l'année - sauf ce 0 pointé en musique sur le bulletin, quand le reste de l'année j'avais eu 20. Mais le prof a disparu du collège (muté, pas viré).
  • En 1986, j'étais en 3ème. Plus militant que jamais, j'ai entraîné quelques potes pour manifester dans la cour (en ayant demandé aux profs s'ils étaient d'accord pour qu'on n'aille pas en cours). le but n'étant pas de sécher mais d'espérer faire remonter notre juvénile colère. La loi Devaquet a surtout mobilisé les lycéens pour qui ça représentait une menace imminente, mais je voulais qu'on soit solidaires, et de toute façon, on allait aussi passer tôt ou tard par le lycée.
    Sauf que manifester dans la cour, même si on était une vingtaine - sur un établissement de 350 mômes, c'était dérisoire, quand hors du collège, dans Paris, ça se réunissait par centaines de milliers.
    On a donc demandé à nos parents - sur requête de la principale et après que nos profs nous ont donné leur accord, sinon leur soutien (devoir de réserve etc) - de nous signer une autorisation de sortie.
    Les manifs étaient dingues, on était tassés. On entendait dire qu'on était 1 million dans la rue. C'était chaud, on avait peur mais heureux de participer même si on fermait notre gueule vu notre jeune âge, intimidés par tous ces grands. Mais on était fiers quand même. C'est là que Malik Oussekine est décédé suite à son interpellation violente. C'est là que les "voltigeurs" de Pasqua cassaient du jeune. Ça n'a fait que renforcer notre colère et notre envie de lutter. L'union a fait reculer le gouvernement!
  • En 1995, projet de réforme de la sécurité sociale appelé "Plan Juppé"
    Étudiant à l'époque en arts plastiques à l'université Paris 8  - j'y suis entré en 1994 à 23 ans, on a occupé la fac. Par occupation, j'entends : On dormait sur place, on mangeait sur place, on vivait sur place. Les cours étaient remplacés par des discussions politiques, en petits groupes informels, ou en grandes assemblées dans les amphis. C'était pas le luxe mais on s'en sortait pas trop mal. Chacun participait selon ses moyens, et forcément le sacrifice de nos études. On redoutait que la présidence laisse entrer les flics pour nous déloger. On n'avait pas grand chose à dégrader vu l'état de la maison avant même le mouvement de grève. On était triste que ça s'arrête, on rêvait de révolution. Le slogan que j'ai retenu de cette époque, à la fin :
    "On ne réchauffera pas les tièdes". C'est frustrant comme constat, mais c'est juste. Et on ne peut pas en vouloir aux moins combatifs parce que l'épuisement était là pour tout le monde, et on n'a pas tous la même endurance à l’effort ou à la souffrance en général.
    J'ai mis 3 ans pour valider mon DEUG au lieu de 2. La licence ça a été bien plus laborieux mais c'est pas dû aux manifs et autres activités militantes : J'étais salarié en même temps, et ça plombe sévèrement le temps des études mais l'union a fait reculer le gouvernement!
  • Fin Aout 1996, j'ai marché sur Vincennes vers le camp de rétention administrative suite à l'expulsion à la hache de l'église Saint Bernard dans le 18eme arrondissement de Paris. J'étais en colère, je ne savais pas qui pouvait organiser la protestation efficacement. J'ai appelé la mairie, on m'a répondu "c'est les vacances monsieur". J'ai rétorqué qu'on les élisait pas pour qu'ils prennent des vacances. J'ai appelé les gars de "touche pas à mon pote" (ils faisaient pas encore vraiment de télé à l'époque :ph34r:), qui savaient pas trop mais peut-être, faut voir... Abandonnant tout espoir de voir ces vendus se bouger, je ne sais plus qui j'ai rejoint dans cette marche, mais elle a bien fini par avoir lieu.
    Sur la fin du parcours, un gars a pris une barrière de sécurité et la transportait pour la balancer sur le cordon de flics posé sur le côté du chemin. Je suis intervenu, seul, pour lui faire poser fissa "On n'est pas là pour ces conneries". Je ne me suis pas senti défenseur de l'ordre, ni milicien. Et je suspecte le conn**d d'avoir été un flic - ou au moins un gars du "service de désordre" - qui aurait voulu donner un prétexte au cordon de se défouler sur ceux qui étaient allés jusque là. Parce qu'en effet, à Vincennes, on n'était plus trop nombreux, le gros du cortège étant rentré chez lui depuis Nation.
  • Toujours étudiant donc, en 1997, je prends le train pour Strasbourg tarif plein pot parce que je ne me suis pas rencardé sur les transports organisés par la fac pour participer à la manifestation contre la venue de Le Pen. C'était une époque où on considérait que sa parole ne méritait pas d'être exprimée, avec pour moi et peut-être d'autres l'idée "pas de liberté pour les ennemis de la liberté". J'ai pu rentrer à paris au petit matin en grimpant dans un bus. Durant le trajet de retour, je me suis extasié devant la comète et j'ai ramené un pins' triangle rouge acheté à un gars de "Ras l'Front". J'ai depuis paumé mon pins', j'suis dèg. 10 balles quand même, bordeI!
    En définitive, on a gueulé mais le FN était quand même au 2nd tour des présidentielles en 2002. Qu'on soit contre un truc et le gueuler, même en étant sincère, ça suffit pas pour servir d'argument et convaincre de changer d'avis ceux qui seraient pour.
  • En 2006, mouvement contre le CPE. Au chômage, avec un cursus "Arts Plastiques" puis "Géotechnique" (au CNAM), j'ai du temps devant moi, je crois encore être jeune alors que je suis devenu daron depuis 2 ans, et ce projet affiche clairement qu'il veut qu'on soit contre. Et ça loupe pas! Je suis contre, à fond! Je suis tellement remonté que je file dans le premier cortège qui me tombe sous la main. Violences policières. Recul du gouvernement mais l'union a fait reculer le...! Oups, presque : C'est voté mais ça ne sera pas appliqué. lol Chirac, quel sacré boute-en-train.

J'étais "pour" le mariage pour tous mais pas contre le fait que ses opposants manifestent, même si je les trouvais ridicules et rétrogrades. Et j'avoue avoir ri en voyant Boutin se pâmer comme une diva.
Je n'ai pas participé du coup aux contre manifs éventuelles puisque le débat avait bien lieu à l'assemblée et Taubira s'en sortait très bien - sur ce sujet en tous cas. Par contre j'étais choqué par la tentative d'influence/lobby des évêques de France qui n'a pas été sanctionnée ne serait-ce que par un rappel à la loi sur la laïcité de la part de la justice française.

Ce qui m'inquiète désormais avec le mouvement des "gilets jaune", c'est la récupération qui sera faite non pas du mouvement, mais des militants de partis politiques qui s'y sont associés pour servir des intérêts contraires. Par exemple l'idée de pouvoir faire tomber la Vème : Si c'est pour en fonder une nouvelle, plus démocratique comme semble le réclamer beaucoup (dont moi depuis derrière mon clavier posé le cul sur mon siège), ça me va. Sauf que dans le tas, on en croise quelques uns qui seraient pas contre un retour de la monarchie, ou profiter du chaos institutionnel pour tenter un coup. Ou ne rien changer mais en profiter pour les rênes et devenir calife à la place du calife.

Ce qui me révolte, au moins autant que la misère dans laquelle se trouvent, ou du moins croient se trouver nombre des gens et qui les a amené à manifester leur colère, c'est quand je vois des images d'une police qui tabasse. Si c'est aux ordres de l'exécutif, c'est dégueulasse. Si c'est du zèle, c'est dégueulasse aussi. D'où que viennent ces violences policières, elles sont dégueulasses.

J'en ai rien à foutre de leur état de fatigue. Ils cognent sur des gens au moins autant fatigués qu'eux. Oui, c'est sur des gens qu'ils cognent, qu'ils aspergent de gaz lacrymo. La police ne casse pas les vitrines ni ne brûle des voitures. Elle ne fait pas de barricades avec quelques planches. Non, la police est équipée de pied en cap, armée, dotée de véhicules pour pouvoir tirer sur des gens et bloquer des rues. Au jet d'eau, au flashball, avec des grenades, cachés derrière des boucliers, casqués, genouillères, jambières, épaulières, plastron...

Et sur qui s’exercent ces "démonstrations de force" : Le peuple dans tout ce qu'il a de plus banal, sa diversité. Des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes. Toute sa diversité? Non, car un petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur.

Paris! Paris ne se lève pas, Paris ne se soulève pas. Paris a trop à perdre et perdre ce qui sont trop peu - voire ceux qui ne sont rien - c'est un mal pour un bien. Un bien personnel, un intérêt particulier.

Je fais partie de ce groupe triste des résignés. Je n'ai plus d'espoir après avoir pourtant été longtemps un indigné enthousiaste.

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moins d'impôts, moins de charges ça passe par moins de social les potes, c'est le prix à payer.

par contre si tu cut le droit du travail et que tu reviens sur tout un tas d'acquis, le pays est à feux et à sang dans la seconde.

je pense que malheureusement la France est ingouvernable

 

maintenant je suis assez curieux de voir la suite et la récupération politique qui va s'organiser, les syndicats vont maintenant entrer dans la danse.

c'est assez "marrant" de voir tout ça de l'étranger tbh. 

bref, on est vraiment des clowns.

 

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il y a 45 minutes, gibzed a écrit :

Paris! Paris ne se lève pas, Paris ne se soulève pas. Paris a trop à perdre et perdre ce qui sont trop peu - voire ceux qui ne sont rien - c'est un mal pour un bien. Un bien personnel, un intérêt particulier.

 

Pour abonder, je trouve que le monde culturel (au sens large) est complètement largué sur ce mouvement.

Voire même assez lâche. Ça ne se mouille pas trop, cf F.Dubosc qui se déballonne tout péteux. (je ne lui en veut pas).

En tout cas il fut un temps où les "intellectuels" se mouillaient beaucoup plus.

 

Ça, c'est d'un triste...

 

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Il y a 1 heure, Lazydad a écrit :

 

 

Il aurait pu rajouter salauds de gilets jaunes !

Quel raclure. Digne du "pognon de dingue" de Macron.

Et dire que ça vient du PS...

 

 

Edit : j'avais pas vu que ça datait de 2013... :)

 

 

Il y a 1 heure, anuscopie a écrit :

moins d'impôts, moins de charges ça passe par moins de social les potes, c'est le prix à payer.

par contre si tu cut le droit du travail et que tu reviens sur tout un tas d'acquis, le pays est à feux et à sang dans la seconde.

je pense que malheureusement la France est ingouvernable

 

maintenant je suis assez curieux de voir la suite et la récupération politique qui va s'organiser, les syndicats vont maintenant entrer dans la danse.

c'est assez "marrant" de voir tout ça de l'étranger tbh. 

bref, on est vraiment des clowns.

 

 

Starbucks, Amazon, Apple, Carlos Gohn & co

 

Les tricheurs (voleurs) en col blanc, on en parle ?

Edited by gazelle427

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https://www.mediapart.fr/journal/france/101218/les-arrestations-preventives-ou-la-fin-du-droit-de-manifester

 

Spoiler

 

Les «arrestations préventives» ou la fin du droit de manifester

 

Samedi, les forces de l’ordre ont multiplié les arrestations de manifestants de manière préventive : ceux-ci étaient simplement soupçonnés de vouloir participer à un rassemblement violent. Beaucoup ont terminé en garde à vue. La moitié ont fait l’objet d’un classement sans suite. Il n’y avait rien à leur reprocher.

 

C’est un bilan judiciaire sans précédent pour un mouvement social. Sur la seule journée du samedi 8 décembre, les forces de l’ordre ont interpellé 1 723 personnes participant au mouvement des « gilets jaunes », dont 1 082 rien que sur Paris.

 

Une vague d’interpellations massive dénoncée par de nombreux avocats. « C’est un état d’urgence qui ne dit pas son nom, un détournement de pouvoir au profit du pouvoir judiciaire », s’insurge Me Vincent Brengarth, contacté par Mediapart, qui, avec Me William Bourdon, défend plusieurs gilets jaunes. L’État a-t-il détourné la loi pour empêcher certaines personnes de se rendre sur les lieux des manifestations ? Au regard des suites judiciaires données à ces arrestations, la question se pose.

En effet, selon les chiffres communiqués à Mediapart par le parquet de Paris, sur les 1082 arrestations parisiennes, 820 ont débouché sur des gardes à vue. Et sur ce total, 481, soit près de la moitié, ont fait l’objet d’un classement sans suite, dont 282 avec un rappel à la loi. Soit autant de manifestants interpellés qui, finalement, n’avaient rien à se reprocher mais qui, du fait de leur interpellation, n’ont pu participer au mouvement. Et sur les 264 personnes ayant été déférées au parquet les 9 et 10 décembre, 160 ont écopé d’un simple rappel à la loi du ministère public.

Pour beaucoup, ces arrestations n’étaient en fait que des « arrestations préventives » destinées à étouffer le mouvement. De nombreux témoignages font ainsi état d’arrestations de manifestants en amont des rassemblements, au seul motif qu’ils étaient équipés de matériel de protection ou jugés comme dangereux par les forces de l’ordre.

Ainsi, Jean-Philippe, venu spécialement en bus de Lorient (où nous l’avions rencontré la semaine dernière) avec pas moins de 110 autres personnes, n’a pas pu manifester comme il l’entendait. Les deux samedis précédents, il avait déambulé avec un équipement de protection complet : masque, casque, veste de protection coquée. Samedi 8, cet équipement lui a été confisqué par des policiers, dès 9 h 15, dans une des rues donnant sur l’arc de triomphe. « Je ne suis pas d’accord, mais je peux éventuellement comprendre qu’on m’enlève mon masque et mes lunettes, témoigne-t-il. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on a aussi pris, volé, devrais-je dire, 120 fioles de sérum physiologique, que j’avais apportées pour aider et soulager les gens qui seraient forcément pris dans les gaz lacrymogènes. »

Il raconte aussi l’attitude menaçante d’un des policiers en civil confisquant le matériel de ses compagnons : « Mon ami a demandé pourquoi on nous enlevait nos masques si les policiers y avaient toujours droit. Réponse de l’un d’eux, très menaçant, à deux centimètres de son visage : “C’est pour mieux te casser la gueule.” » Lassé d’avoir assisté à des violences de la part des policiers, dont des tirs de Flash-Ball au visage, à plusieurs reprises, Jean-Philippe s’interroge à haute voix sur la « dictature » que serait en train de devenir la France. « En fait, on te dit de fermer ta gueule, c’est tout », s’indigne-t-il. Il promet néanmoins de revenir manifester le 15 décembre à Paris. Avec de moins en moins l’intention de « rester pacifique, puisque ça ne sert à rien ».

Dans un autre registre, plus violent, Mediapart a également recueilli le témoignage d’une jeune femme, arrêtée samedi alors qu’elle arrivait à une marche en compagnie de son compagnon, de son père et d’une amie. « J’ai laissé ma fille, âgée de quatre mois, avec sa grand-mère en lui promettant de revenir la chercher une heure plus tard. Arrivés sur la place de la manif’, nous avons été arrêtés par un groupe d’individus en civils et le père de ma fille s’est tout de suite fait attraper par le col. On nous a demandé nos papiers d’identité, ont fouillé nos sacs, le ton est monté et en moins d’une minute ils étaient plusieurs sur mon père, à terre, les genoux appuyés sur son dos et ses mains maintenues vers l’arrière, le visage au sol.»

La jeune femme poursuit le récit : « J’ai essayé de le relever, ils m’ont repoussée à plusieurs reprises, m’ont jetée au sol et m’ont mis des coups de matraque télescopique. Ils ont traîné mon compagnon et mon père dans un recoin. Je leur criais qu’il était vieux, qu’ils n’avaient pas à faire ça. Les gens se sont attroupés autour de nous, certains ont commencé à filmer. Rapidement ils les ont mis dans un fourgon et, comme je protestais, ils m’ont aussi emmenée, ainsi que mon amie. Dans le fourgon, mon père s’est plaint d’un mal de tête et de nausées. J’ai commencé à imaginer le pire.»

Cette mère de famille décrit des maltraitances : « J’ai d’abord été auscultée par une médecin, qui m’a dit que pour l’allaitement, comme “toutes les bonnes mères”, j’avais “certainement du lait au congélo”, et que la grand-mère s’en sortirait “très bien”. Puis j’ai été auditionnée rapidement. J’ai découvert qu’on nous accusait d’outrage et de rébellion. J'ai été placée en garde à vue bien que mon avocate a expliqué que j’avais un bébé de quatre mois que j’allaitais. Deux heures plus tard, on m’a annoncé que je resterais en garde à vue, sur décision du procureur. J’ai passé une nuit terrible ; j’entendais les cris de ma fille dans mes oreilles et j’avais le ventre retourné. Je me suis levée toutes les deux heures pour aller sortir mon lait. Le matin, ma mère est venue chercher mon lait pour ma fille et on lui a dit que tout avait été jeté, puisque les flics n’avaient pas de quoi stériliser les contenants. Deux heures plus tard, on nous a finalement fait sortir, avec une convocation pour “violence n’ayant pas entraîné d’ITT”.»

Les autorités assument-elles ces méthodes ? Comme le souligne le site Lundimatin, les gendarmes ont eux-mêmes publié la vidéo d’une arrestation d’un groupe de personnes accusées d’être des « porteurs de cagoules et de matériel de casseur ».

 

 

 

L’exemple le plus médiatisé du week-end est sans doute celui de Julien Coupat et de l’un de ses amis, interpellés dans le XIXe arrondissement de Paris, au seul motif qu’ils avaient, dans le coffre de leur voiture, des bombes de peinture, un masque de chantier et un gilet jaune. Placés en garde à vue, les deux hommes ont finalement été présentés au parquet lundi afin de faire l’objet d’un simple rappel à la loi.

Il était impossible de connaître, lundi 10 décembre, le nombre de personnes poursuivies pour avoir simplement possédé un masque, des lunettes de protection ou un casque. Mais le phénomène semble massif. Il n’est pourtant pas nouveau. Pour procéder à ces arrestations, les forces de l’ordre se basent en effet sur un article bien particulier du code pénal : l’article 222-14-2. Celui-ci sanctionne d’une peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende le fait de « participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ».

Cette infraction avait été introduite en 2010, sous Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la lutte contre les « casseurs » en les interpellant de manière préventive. « C’est ce que l’on appelle une “infraction-obstacle”, dont le but est de permettre l’interpellation d’une personne avant qu’elle ne commette un acte délictueux, explique Vincent Brengarth. Donc, quand Nicole Belloubet dit qu’“il n’y a pas eu d’interpellation préventive”, c’est totalement le contraire même du texte qui vise justement à prévenir des violences. D’ailleurs, on peut souligner que si les actes visés sont commis, l’article 222-14-2 ne peut plus s’appliquer. »

 

 

« La difficulté que posent les dernières manifestations, poursuit l’avocat, c’est que l’élément légal est soumis à une interprétation extrêmement large. Le texte prévoit que “la préparation” des violences doit être “caractérisée par un ou plusieurs éléments matériels”. À l’origine, cela signifiait que l’infraction était liée à des éléments extrinsèques, comme le profil de la personne, si elle est déjà connue des services de police, ou alors les objets retrouvés, comme une batte de baseball. Il y avait en quelque sorte une gradation. Mais celle-ci a totalement changé. Désormais, le simple fait de posséder un masque à gaz ou un casque justifie une arrestation. »

Or, souligne Me Brengarth, « en matière de droit de manifester, le cadre législatif européen est celui des articles 10 et 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui protègent respectivement la liberté d’expression et la liberté de réunion et d’association. Les États ont bien entendu le droit de s’ingérer dans ce droit de manifester. Mais la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme a une vision restrictive de ce que peut être cette ingérence. Elle doit être prévue par la loi et être précise. C’est-à-dire que les citoyens doivent pouvoir prévoir quel type de comportement sera ou non sanctionné. Ce qu’il s’est passé samedi pose le débat de la légitimité de l’ingérence. Certes, il y a objectivement un texte légal qui a servi de base à ces arrestations. Mais l’interprétation est telle qu’elle n’est plus prévisible pour les citoyens ».

Selon lui, nous serions donc bien devant un détournement de l’objectif de la loi. « Ça a diminué la masse de violences, mais à quel prix ? On a inversé la logique du droit de manifester. C’est normalement à l’État de s’assurer que les citoyens puissent exercer leur droit de manifester dans de bonnes conditions. Là, la protection de l’ordre public a pris le pas. On avait beaucoup critiqué l’utilisation des mesures de l’état d’urgence contre les manifestants de la COP21. Il s’agit de la même problématique. Le pouvoir n’assume pas le caractère administratif de ce qu’il s’est passé », estime Vincent Brengarth.

Outre cette interprétation extensive de la loi, les pouvoirs sont également intervenus de manière plus directe en interdisant certaines manifestations et en arrêtant leurs organisateurs. Ainsi, samedi, Florent Compain, président des Amis de la Terre France, a été arrêté, puis placé en garde à vue pour avoir maintenu la marche pour le climat à Nancy, malgré un arrêté préfectoral d’interdiction. Denys Crolotte, militant historique du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), avait subi le même sort et fait lui aussi l’objet d’une enquête préliminaire. « C’était une arrestation punitive », résume le militant, joint au téléphone lundi matin. La Marche pour le climat était prévue de longue date à Nancy et dûment déposée en préfecture. « Vendredi, le préfet m’a appelé, alors qu’il se trouvait avec la procureure de la République et le maire de Nancy. Il m’a demandé d’annuler la manifestation. J’ai refusé. Il m’a aussitôt menacé de poursuites : “Je me tourne vers la procureure qui se trouve à mes côtés : je lui demande de poursuivre.” »

En milieu d’après-midi, la préfecture avait publié un arrêté d’interdiction. Ses arguments ressemblaient à des commentaires politiques généraux : considérant « la radicalisation des gilets jaunes », leur manque d’organisation, « un risque de confrontations directes, de heurts et de troubles à l’ordre public » entre les marcheurs pour le climat et les gilets jaunes, et étant donné que la marche ne pourra être encadrée de façon suffisante, la manifestation est bannie. « L’arrêté interdit la manifestation par crainte de “heurts” avec les gilets jaunes, réagit Florent Compain, mais c’est sans fondement ! Il n’y a rien eu de ce type à Nancy. Samedi, tout s’est passé calmement. Le marché de Noël se déroulait comme d’habitude. L’interdiction de manifester est scandaleuse. C’était pour nous empêcher de rejoindre les gilets jaunes. »

La marche s’est en effet déroulée sans heurts. Mais les deux militants organisateurs ont été conduits à l’hôtel de police, où ils ont été placés en garde à vue. Florent Compain et Denys Crolotte ont été relâchés le lendemain, avec une enquête préliminaire ouverte à leur encontre.

Et les arrestations pourraient bien se poursuivre. Selon nos informations, des consignes ont été données en milieu de semaine aux policiers et gendarmes pour monter des dossiers judiciaires « sur tous ceux qui, sur les réseaux sociaux, incitent à la violence ». Des officiers de police judiciaire ont été mobilisés afin d’assurer des permanences sur la plateforme Pharos, qui permet de signaler les contenus illicites sur Internet. « Pour certains, les réveils vont être un peu douloureux… » souriait un enquêteur à la veille de la manifestation, faisant allusion aux interpellations qui allaient se dérouler au petit matin.

 

 

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Il y a 2 heures, gazelle427 a écrit :

Ça ne se mouille pas trop, cf F.Dubosc qui se déballonne tout péteux. (je ne lui en veut pas).

En tout cas il fut un temps où les "intellectuels" se mouillaient beaucoup plus.

Dubosc ? Intellectuel ? wtf

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