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Mouvements sociaux, grèves, Manifestations ...

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Il est facile le jeu, pas de RIO, une cagoule et c'est open bar.

 

https://www.rue89strasbourg.com/exclu-tir-lbd-lilian-16-ans-strasbourg-plainte-mere-classee-163408

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[Exclu] Tir de LBD sur Lilian, 16 ans : la plainte de sa mère classée sans suite

Selon une source proche du dossier, le parquet de Strasbourg a classé sans suite la plainte contre X concernant le tir de LBD ayant touché le jeune Lilian qui sortait d’un magasin de vêtements un jour de manifestation des Gilets jaunes en janvier 2019. Sa mère, Flaure Diesse, dénonce une « décision lamentable ».
Par Guillaume Krempp publié le 05/11/2019 à 15h14
1 885 VISITES 5 COMMENTAIRES

Encore une violence policière impunie. Le parquet a classé sans suite la plainte de Flaure Diesse, concernant le tir de Lanceur de balles de défense (LBD) qui a touché son fils le 12 janvier 2019 lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Strasbourg. Selon une source proche du dossier, ce classement sans suite trouve son origine dans l’enquête de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) sur l’affaire Lilian, du nom du jeune de 16 ans gravement blessé à la mâchoire, alors qu’il ne manifestait pas… Puisque l’auteur du tir de LBD n’a pas été identifié, il n’est pas possible pour le parquet de poursuivre au pénal.

Lilian Diesse : « C’est lamentable »

Un seul élément de l’enquête de l’IGPN donne satisfaction à Flaure Diesse : l’institution reconnait que le jeune Lilian ne participait pas à la manifestation. Pour le reste, la mère nous a partagé sa colère, la gorge nouée :

« Je suis révoltée par ce classement sans suite. Lorsqu’un Gilet jaune commet une violence, même cagoulé, on le retrouve. Mais quand c’est un policier non, même s’il y a des caméras de vidéosurveillance. C’est lamentable… »

flaure-630x448.jpg « Lorsqu’un Gilet jaune commet une violence, même cagoulé, on le retrouve. Mais quand c’est un policier non, même s’il y a des caméras de vidéosurveillance. C’est lamentable… » (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg)

Une nouvelle épreuve

L’enquête de l’IGPN établit aussi de manière certaine que c’est bien un tir de LBD qui a percuté le visage de Lilian. D’après le code de la Sécurité intérieure le tireur « vise de façon privilégiée le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs […] la tête n’est pas visée ». Selon une source proche du dossier, les recherches policières prouvent que « l’usage du LBD dans ces circonstances était justifiable d’un point de vue purement légal parce que des manifestants étaient violents à l’égard des forces de l’ordre. Il y a donc légitime défense. »

Une nouvelle épreuve attend donc la mère de Lilian. Selon nos informations, Flaure Diesse compte maintenant engager une action en responsabilité de l’État au tribunal administratif. « Il faut que l’État rembourse les frais que ça a engendré pour nous », nous confiait l’ancienne conseillère en vente, en juin dernier.

Flaure Diesse est parfaitement consciente de ses chances au niveau pénal :

« Au niveau pénal, c’est un combat perdu d’avance m’a dit mon avocat. On trouvera jamais le policier qui a tiré, ils se couvrent entre eux, regardez les autres cas de violences policières… »

Des vies brisées

Flaure Diesse sort épuisée de cette longue épreuve. La décision du parquet a mis près de 11 mois à arriver. Et puis, Lilian ne vit plus avec elle. Traumatisé, il avait besoin de quitter Strasbourg. Le lycéen a repris sa scolarité dans une autre région de France, après avoir déménagé chez son père. Pour la mère, une chose est sûre : rien ne sera jamais plus comme avant.

 

 

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Comment la police protège les siens
https://www.mediapart.fr/journal/france/051119/comment-la-police-des-polices-protege-les-siens?onglet=full

 

 

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Comment la police des polices protège les siens

5 NOVEMBRE 2019 PAR PASCALE PASCARIELLO

À Marseille, le 8 décembre 2018, en marge d'une manifestation des « gilets jaunes », des policiers ont fracassé le crâne de Maria, 19 ans, lui blessant gravement le cerveau. Notre enquête sur ces violences révèle, preuves à l’appui, la partialité de l’IGPN, la police des polices, et sa volonté d'enterrer les faits et nier les responsabilités.

Blanchir les policiers. Dédouaner les responsables. Et ne retrouver sous aucun prétexte les auteurs du tir et des coups qui ont changé la vie de Maria, 19 ans, qui rentrait chez elle après sa journée de travail à Marseille, le 8 décembre 2018, samedi de mobilisation des « gilets jaunes » et de manifestation contre les logements insalubres. À la lecture des pièces du dossier, que Mediapart a pu consulter, ce sont les seuls objectifs que semble s’être donnés l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices.

Le 30 avril, le procureur de la République de Marseille a ouvert une enquête préliminaire pour « violences aggravées » par trois circonstances : elles auraient été commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique, en réunion et armées. Dans ce cadre, l’IGPN a été saisie, puis son enquête versée à l’information judiciaire enclenchée fin juillet.

Il y a quelques jours, le 31 octobre, le ministère de l’intérieur vantait encore la transparence de l’IGPN en annonçant que sur les 313 enquêtes judiciaires pour violences policières pour lesquelles elle avait été saisie, la police des polices avait transmis les deux tiers à la justice. Mais transmis quels éléments ? Après quelles enquêtes ?

Aucune mesure n’a à ce jour été prise à l’encontre du moindre policier. Cet été, déjà, la cheffe de l’IGPN, Brigitte Jullien, réfutait « le terme de violences policières » et déclarait au Parisien que s’il n’y avait pas de policier suspendu, c’était « parce qu’aucune enquête n’a[vait] permis de conclure que la responsabilité d’un policier était engagée à titre individuel ».

À la lecture de « l’enquête » menée à Marseille, on comprend mieux comment il est possible de ne jamais aboutir.

Le fait que ce soit la section marseillaise de l’IGPN qui ait été saisie et non une antenne délocalisée (comme celle de Paris ou de Lyon) a-t-il accentué ce manque d’empressement à identifier les responsables ? Pour rappel, c’est déjà à Marseille que tout a été fait pour que le policier ayant causé la mort de Zineb Redouane le 1er décembre 2018, une semaine avant le drame de Maria, ne soit jamais identifié (à lire ici).

Dans le cas de Maria, l’autoprotection des policiers a commencé par une obstruction. La jeune femme de 19 ans se serait d’abord vu opposer deux refus de dépôt de plainte dans deux commissariats en décembre, à sa sortie de l’hôpital. Elle n’a pu le faire qu’en avril. (voir et entendre ici son récit complet).

L’IGPN est alors saisie. Mais près de cinq mois après les faits, les images de vidéosurveillance de la ville ont été écrasées selon les délais d’usage, de même que les écoutes des échanges radio de la police (Acropol), qui sont, elles, conservées deux mois. 

 

Maria à terre entourée de policiers, aux alentours de 18 h 40, le 8 décembre.Maria à terre entourée de policiers, aux alentours de 18 h 40, le 8 décembre.
L’IGPN dispose donc seulement de deux vidéos et de quelques photos prises par des témoins.

 

Le problème est que d’autres preuves, qui auraient pu être exploitées par la justice, ont disparu : le précieux rapport informatique faisant état de l’ensemble des mouvements et des interventions des policiers la journée du 8 décembre a été tronqué entre 14 h 37 et 23 h 21. Plus un mot de disponible.

Auditionnée sur ce dysfonctionnement majeur, la fonctionnaire en charge de ce logiciel policier nommé Pegase, n’en revient pas : « C’est particulièrement étonnant. Cela fait deux ans que je suis au CIC [centre d’information et de commandement – ndlr] et c’est la première fois que je vois une fiche avec un tel défaut. Je ne suis jamais tombée sur une fiche qui présentait un tel “trou” dans les commentaires ». Selon cette fonctionnaire, il ne peut en aucun cas s’agir d’un bug informatique. Seulement d’une intervention humaine.

Pourtant la conclusion que l’IGPN livre au procureur de la République est radicalement différente : le « rapport de synthèse Pegase […] apparaissait comme tronqué sur la tranche horaire 14 h 37-23 h 21 en raison d’un dysfonctionnement informatique, incident s’étant produit ponctuellement par le passé ».

Interrogée par Mediapart sur cette contre-vérité, l’IGPN est restée silencieuse sur ce point, se réfugiant derrière « un nombre important d’auditions et d’actes d’enquête ». Comme si le volume du dossier d’enquête pouvait en masquer les incohérences. 

D’autres dysfonctionnements apparaissent vite. Alors que Maria a reçu un tir de LBD dans la cuisse, Philippe Combaz, le commissaire divisionnaire, qui supervise les opérations sur le terrain, concède n’avoir « peut-être même pas fait de sommations » ce samedi 8 décembre. Selon le code de la sécurité intérieure (ici et ) et le code pénal, il lui incombe pourtant impérativement de le faire avant que la force ne soit employée. Seule exception, si les policiers sont violemment attaqués et en danger – cas de figure qu’exclut la vidéo de Maria.

Au cours des auditions, les responsables de police disculpent les agents placés directement sous leur commandement. Plusieurs d’entre eux rejettent la faute sur des policiers appartenant aux « compagnies de marche ». (lire ici notre article Un dispositif de « guerre »). Reconstituées à l’occasion des mouvements des gilets jaunes, ces brigades sont composées de huit à dix agents, en tenue ou en civil et recrutés dans différentes unités, comme la brigade anticriminalité (BAC), le service de sécurité des transports en commun, des fonctionnaires de bureaux, ou de la sûreté départementale. 

Certains policiers portent donc un brassard et un casque identifiable. D’autres n’ont ni insigne ni brassard, ont le visage masqué et sont affublés de matériels non réglementaires comme des casques de skate. Leur hiérarchie va se dire incapable de les authentifier.

Lorsqu’il est auditionné, l’ami de Maria∗ rappelle qu’il a essayé de lui venir en aide, lorsqu’elle était rouée de coups, à terre, mais que d’autres policiers « l’ont poussé contre le mur […] et [lui] ont donné un coup de genou dans la tête ». Quand il a enfin pu porter secours à son amie, « consciente. Elle tremblait. Elle était pleine de sang, sa veste était pleine de sang. On voyait qu’elle était blessée gravement. Aucun policier n’est venu pour l’aider […] ou pour appeler des secours ».

Il précise que si « les trois policiers du début qui donnent des coups de pied étaient en civil […] portaient des jeans, certains avec des rangers, d’autres des chaussures normales », ils ont ensuite été rejoints « par des policiers » identifiables à leur casque qui, eux aussi « ont frappé » Maria.

Une partie des difficultés est là : certains des policiers ont sciemment masqué leur visage et ne portaient aucun signe indiquant leur appartenance à la police comme les y oblige pourtant le Règlement général d’emploi (RGE) de la police nationale. 

Faire porter la responsabilité aux « compagnies de marche » est dès lors pratique pour la haute hiérarchie policière.

Loin de les disculper, les principaux chefs d’unité répondent souvent « je ne sais pas ». Impossible, par exemple, de savoir s’ils avaient des casques personnels. Ni de quel type d’armes ils disposaient. « C’est possible qu’ils aient été porteurs de grenades, mais je n’en suis pas sûr du tout. »

Un policier frappe avec sa matraque contre le mur en éructant

La description et le profil des policiers peuvent cependant également correspondre à la prestigieuse Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Le 7 juin, le chef de la BRI, Pascal Bonnet, interrogé par la commissaire de l’IGPN Laurène Capelle, ne fournit aucune preuve de l’innocence de ses hommes. 

Bonnet reconnaît que ses hommes se situaient dans le périmètre au moment des faits. Mais aucune précision ne lui est demandée sur leur nombre. Oui, deux de ses hommes étaient munis de lanceurs de balles de défense (LBD), mais il se dit « incapable de dire qui était porteur ce soir-là ». Pas de relance de Laurène Capelle.

Alors qu’elle en a fait la demande aux autres unités de police, la commissaire de l’IGPN n’exige pas non plus du chef de la BRI qu’il lui transmettre les fiches dites TSUA, qui permettent de suivre l’usage des armes avec l’heure, le lieu et l’auteur.

Laurène Capelle se contente de se fier aux affirmations de Pascal Bonnet.  « On a vu quelques hordes de jeunes qui semblaient à la recherche de casser quelque chose. On a dissuadé par mal de faits parce que dès qu’ils nous voyaient arriver, ça partait en courant en sens inverse », affirme-t-il à plusieurs reprises. 

Concernant les casques que portaient ses hommes, la description que donne le chef de la BRI est pétrie de contradictions. Tantôt il s’agit de casques légers, appelé « SWAT » dans le jargon, tantôt de casques plus lourds avec une visière. Cela n’attise pas plus la curiosité de la commissaire de l’IGPN. Pourtant, comme le montre une vidéo, la description faite par Bonnet correspond à celle de certains policiers casqués présents autour de Maria.

Dix jours plus tard, le 17 juin, la commissaire de l’IGPN Laurène Capelle envoie un courriel à Pascal Bonnet pour pouvoir formellement disculper ses policiers : « Suite à ton audition […] pourrais-tu me faire parvenir via WhatsApp […] les photos de tes effectifs prises le jour des faits ? Je me charge de flouter les visages […] cela permettra de les discriminer formellement au vu de leurs tenues vestimentaires le jour des faits ? » Pourquoi flouter ces visages ?  

Non sans cynisme, Pascal Bonnet, le chef de la BRI répond : « Tu trouveras les photos personnelles que j’avais prises le 8/12/2018 pour immortaliser ce “grand moment” de police judiciaire… » 

 

Échange de mails du 17 juin entre le chef de la BRI et la commissaire de l'IGPN en charge de l'enquête.

 

Seulement, les photos transmises ne prouvent rien : elles ne sont pas datées. De plus, certains agents de la BRI portent des tenues similaires à celles de policiers entourant Maria au moment de son agression. Et contrairement aux propos de Pascal Bonnet, aucun n’a de brassard police.  

Pour certains policiers que nous avons sollicités, ces échanges démontrent une « proximité dérangeante entre la commissaire et le chef de la BRI » et comportent des « propos particulièrement déplacés » de la part de ce dernier.

Il révèle surtout « une pratique absolument pas justifiée de la part de l’IGPN, à ce stade de l’enquête pour mettre hors de cause des agents. Certes, les policiers de la BRI comme le RAID, peuvent avoir leur identité protégée, mais dans le cadre d’une enquête judiciaire devant permettre l’identification des auteurs de violences, flouter les visages soulève une grande incohérence ».  

D’où leur questionnement : Laurène Capelle est-elle « proche de ce commissaire divisionnaire » ou « trop déférente voire impressionnée » par le chef de cette unité « prestigieuse » ? 

La BRI n’est cependant pas la seule à être épargnée. La commissaire ne relève pas non plus les dérives rapportées par le responsable adjoint de la BAC nord de Marseille, Mathieu Fayemendy, qui rapporte que la BAC tire dans des « cibles en mouvement », alors que les policiers doivent éviter de tirer dans une foule en mouvement, en s’assurant, selon le code de sécurité intérieure ainsi que la doctrine d’emploi des LBD que « les tiers éventuellement présents se trouvent hors d’atteinte afin de limiter les risques de dommages collatéraux ».  

« Un certain nombre de cibles [ont été] impactées sûrement, mais je n’ai pas de souvenir précis. Il faut dire que les cibles étaient en mouvement, donc c’est particulièrement difficile à repérer. Des interpellations suite à des impacts n’ont pas été réalisées », poursuit le responsable adjoint de la Bac nord. 

Maria aurait-elle fait partie de ces cibles ? Ce n’est pas dans ces termes que l’IGPN pose la question à Mathieu Fayemendy : « Est-ce que vous avez le souvenir d’un jeune couple qui aurait pu être provocateur sur ce secteur et sur ce créneau horaire ? » 

Le responsable de la Bac, devenu amnésique en visionnant la vidéo de l’agression, ne répond pas tout en précisant : « À ce moment de la soirée […]. Il devait rester sur place les irréductibles. » 

Alors même que ce policier a reconnu que certains de ses collègues ont pu tirer dans le tas, ce qui est interdit, et porter des casques non réglementaires « mais c’est vraiment à la marge », la commissaire de l’IGPN ne retient aucune de ces informations et dédouane la BAC qui pourtant fait partie du casting des « compagnies de marche » présentes sur les lieux au moment de l’agression. 

Sur l’une des photos prises par un témoin, le chef de la BAC nord est d’ailleurs immortalisé avec son LBD. 

 

Policiers présents dans le périmètre où Maria a été agressée, 8 décembre 2018.Policiers présents dans le périmètre où Maria a été agressée, 8 décembre 2018.

 

 

Même traitement de faveur pour les policiers de la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI).  Pourtant, certains sont intervenus en civil. « Le but du jeu [étant] de se fondre dans la masse », explique le major Rodolphe Lloret, qui a le commandement des unités de CSI en civil.

Présents dans le périmètre où Maria se fait agresser, deux d’entre eux portaient des casques de type « skate » et avaient retiré leurs brassards orange police « pour être plus discrets ». Ce que confirme le major et ce qui correspond au profil de ceux qui ont entouré Maria. Ils ne seront pourtant ni auditionnés ni mis en cause par l’IGPN avant que le dossier soit transmis au procureur. 

L’IGPN n’auditionne pas non plus l’auteur d’un tir de LBD appartenant à la sûreté départementale. Pourtant, sa localisation et l’heure de son tir correspondent au moment où Maria est touchée à la cuisse par la même arme. La police des polices préfère se fier aux propos du commissaire à la tête de cette compagnie selon lequel le tir n’aurait pas atteint sa cible.

Les méthodes d’interpellation du 8 décembre sont par ailleurs décrites par le major Lloret, qui évoque le cas d’un jeune homme de 17 ans, qui s’apprêtait selon lui à jeter une pierre :  « Nous lui portons un coup de bâton télescopique de défense au niveau du haut des épaules. Constatons que le bâton glisse sur le haut de l’épaule venant impacter son visage. Constatons que cet individu chute ensuite au sol. Disons que lors de sa chute au sol, ce mis en cause tape violemment la tête au sol, lui occasionnant une grosse plaie saignant au niveau du front. » 

Pris de malaise et perdant son sang, ce jeune homme, au casier judiciaire vierge, est pris en charge par les pompiers. Malgré l’invraisemblance du récit du major de police, et la nature des violences commises sur ce jeune, l’IGPN ne demande pas plus d’explications. Sur une note manuscrite jointe au dossier, concernant cette interpellation, l’inscription « coup télésco » est rayée et remplacée par « chute au sol » en dessous…

Au cours des investigations concernant Maria, deux noms de policiers ressortent néanmoins. Identifiés sur les photos des témoins, ils officient habituellement dans la sécurité des transports en commun. L’un a été trahi par l’attelle qu’il porte à sa main gauche. L’autre a eu le malheur d’entendre son prénom cité sur l’une des vidéos. 

 

Photo d'identification d'un des policiers mis en cause dans les violences commises à l'encontre de Maria, le 8 décembre, Marseille.Photo d'identification d'un des policiers mis en cause dans les violences commises à l'encontre de Maria, le 8 décembre, Marseille.

 

Sur les images, on les voit déambuler, accompagnés de trois autres policiers, dans la ruelle où Maria a été rouée de coups. L’un des deux hommes dont l’identité a pu être retrouvée a recouvert son visage d’« un masque de couleur blanche de type “masque de bricolage” » et sa tête d’un « bonnet de couleur noire ». Muni « d’une matraque télescopique. Il frappe avec sa matraque contre le mur qu’il est en train de longer, en éructant », précise l’enquêteur de l’IGPN en charge d’exploiter les vidéos. 

Qu’en dit Didier Delacolonge, le commandant divisionnaire à la tête de leur service ? S’il précise que trente de ses agents, dont neuf en civils, participaient aux opérations ce jour-là, il se dit dans l’incapacité d’apporter des précisions sur ces neuf policiers. 

Et les deux principaux concernés ? Plus de dix mois après les faits, ils n’avaient toujours pas été entendus par l’IGPN. Pour trouver l’adresse de l’un de ces deux agents, que le pôle des ressources humaines avait déjà transmise, l’IGPN a pris le temps de consulter le système d’immatriculation des véhicules et le fichier national des permis de conduire…

L’IGPN identifie formellement le premier policier le 11 juillet, mais dès le lendemain, l’arrêt maladie de ce policier, qui avait débuté le 5 juillet, est prolongé. Les enquêteurs décident d’aller chez lui pour une perquisition. Mais lorsqu’ils arrivent à son domicile, situé à 150 km de Marseille, ils trouvent porte close : l’intéressé est parti en vacances en Lozère dans sa résidence secondaire, à quelques kilomètres de là. L’IGPN ne poursuit pas plus loin.

 

Photo d'identification d'un des policiers mis en cause dans les violences commises à l'encontre de Maria, le 8 décembre, Marseille. © IGPNPhoto d'identification d'un des policiers mis en cause dans les violences commises à l'encontre de Maria, le 8 décembre, Marseille. © IGPN
Au terme de l’enquête préliminaire ouverte le 30 avril pour « violences aggravées par personnes dépositaires de l’autorité publique, en réunion, avec arme », le procureur de la République de Marseille a requis, le 25 juillet, l’ouverture d’une information judiciaire pour que soit saisi un juge d’instruction. Cette instruction a aussi été ouverte pour « non-assistance à personne en danger » et « violences aggravées ».

 

Brice Grazzini, l’avocat de Maria, n’est pas rassuré pour autant. Il souhaite que les investigations ne soient plus menées par l’IGPN. « Quand on entre dans le détail, on s’aperçoit que les questions qui fâchent ne sont pas toujours posées, que les personnes “ambiguës” ne sont pas toujours interrogées ! Après avoir essuyé deux refus de plainte, une enquête partiale de l’IGPN, il faut continuer à se battre même au niveau judiciaire. J’ai dû de nouveau porter plainte pour tentative de meurtre contre les policiers… »

Interrogé par Mediapart, le ministère de l’intérieur est catégorique : « L’IGPN déploie toutes les investigations pour faire la lumière sur cette affaire. » Le ministère assure aussi que l’IGPN a pris des mesures administratives sans préciser lesquelles.

Des sanctions peut-être ? Le chef d’état-major Jean-Marc Luca, principal responsable de ce dispositif, en salle de commandement au moment des faits, a bien connu une évolution de carrière au cours de l’enquête. Mais pas celle qu’on aurait pu imaginer. Il a été promu directeur départemental de la sécurité publique du Vaucluse, le lundi 3 juin, en cours d’enquête.

 

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La victime.

Comme le jeune de 16 ans, elle n'avait rien à voir avec les gilets jaunes et les manifestations, comme le jeune de 16 ans il n'y a pas de responsables.

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/051119/maria-les-policiers-m-ont-enleve-ma-vie

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Maria: «Les policiers m’ont enlevé ma vie»

5 novembre 2019 Par Pascale Pascariello
 

Rouée de coups de pied par des policiers, Maria, 19 ans, a eu le crâne fracturé et le cerveau atteint. Dix mois plus tard, à Marseille, elle reste sous surveillance médicale. Dans un entretien à Mediapart, elle revient sur les conséquences physiques et psychiques de ces violences et sur les suites judiciaires.

 

Samedi 12 octobre, n’étant pas d’astreinte, Maria, 19 ans, nous attend au foyer pour jeunes travailleurs où elle vit avec son ami, dans le centre-ville de Marseille. La jeune fille prépare son baccalauréat commerce et travaille en alternance dans un magasin. Comme nous le révélions (à lire ici), le 8 décembre 2018, alors qu’elle regagnait son domicile à l’issue de sa journée de travail, la jeune femme a eu le crâne fracturé et le cerveau atteint par les coups des policiers, en marge de la manifestation des « gilets jaunes ».

 

Maria, le 4 novembre 2019, à Marseille. © Samuel Saada
Maria, le 4 novembre 2019, à Marseille. © Samuel Saada
 
À la suite de sa plainte, le 30 avril, une enquête préliminaire, suivie d’une information judiciaire, a été ouverte pour « violences aggravées par personnes dépositaires de l’autorité publique, en réunion, avec arme » et « non-assistance à personne en danger ». 

 

« Je vais avoir 20 ans dans quelques jours et la situation empire. Si je reviens sur les faits, ce n’est pas pour qu’on pleure sur moi, mais je veux juste que ces policiers entendent ce qu’ils ont fait », prévient Maria avant de commencer l’entretien accordé à Mediapart. 

Dans le cadre de la plainte, vous avez eu 30 jours d'incapacité totale de travail (ITT) au sens pénal, sous réserve de complication. Un expert précise qu'il faut attendre deux ans pour que votre état soit consolidé. Près de dix mois après les faits, où en êtes-vous ? 

Maria : Après mon opération, je suis sortie de l’hôpital le 19 décembre et j’ai dû interrompre mes études pendant huit mois. Et j’ai dû également changer de travail parce qu’en tant que vendeuse, je ne parvenais plus à me rappeler ce que les clients me disaient et j’appréhendais le contact avec les autres, alors que j’adorais cela avant. Aujourd’hui, je travaille toujours dans un magasin mais je range des cartons. 

En fait, cela fait presque un an et c’est de pire en pire. Au niveau physique, je suis encore sous surveillance médicale pour ma tête. Par chance, mes cheveux ont recouvert ma cicatrice, qui fait 18 centimètres. J’ai encore des restes d’un hématome sous le crâne qui provoque des maux de tête quasi quotidiens. Je dois passer des IRM de contrôle. J’ai encore des douleurs à la cuisse où j’ai reçu un tir de LBD [lanceur de balles de défense – ndlr].

Mais les douleurs physiques, même si elles sont importantes, sont presque plus supportables que mon état psychique pour lequel je suis suivie par une spécialiste. 

 

 © Mediapart

 

© Mediapart

 

 Quel souvenir gardez-vous du 8 décembre ? 

Ce samedi, j’avais terminé plus tôt mon travail. Je suis vendeuse en alternance dans le cadre de la préparation de mon bac. Mon patron avait décidé de fermer plus tôt parce qu’il y avait la manifestation des gilets jaunes. J’ai rejoint mon ami et avant de rentrer au foyer où nous habitons, nous voulions acheter de quoi dîner. C’était la fin des manifestations mais sur le Vieux-Port, dont nous étions loin, il y avait des affrontements entre manifestants et policiers. 

Nous étions dans la rue Saint-Ferréol, une rue commerçante, assez calme à ce moment-là. Lorsque des lacrymogènes ont été lancés. Je n'ai jamais participé à une manifestation. J’ai pris peur et j’ai donc couru lorsque j’ai reçu un tir de LBD dans la cuisse. Je me suis écroulée au sol. J’ai juste entendu mon ami qui tentait de venir m’aider mais des policiers l’ont alors retenu et frappé. 

 

© Mediapart

 

Vous avez été auditionnée par l’IGPN dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte le 30 avril. Comment s’est passée votre audition ? 

Avant d’aborder l’audition, je souhaite revenir sur les délais de ma plainte pour répondre au ministre de l’intérieur, monsieur Castaner, qui mettait en doute ce qui m’était arrivé parce que j’avais déposé plainte en avril 2019 pour des violences commises en décembre 2018.

Voici pourquoi : j’ai, dès le 19 décembre, signalé à l’IGPN, sur leur plateforme, les violences que j’avais subies. Ma mère est venue et m’a aidée, lorsque j’étais hospitalisée, à constituer mon dossier. Il y a au moins sept personnes que je ne connais pas qui ont témoigné et l’une des témoins, qui a été très choquée, m’a convaincue, avec ma mère, de le faire. Ma mère est allée déposer plainte une première fois au commissariat. Du moins, elle a essayé parce que le policier a refusé en lui disant : « Vous croyez qu’on va prendre une plainte contre nous ? »  

Elle n’a pas osé m’en parler parce que j’étais encore très mal physiquement. Elle m’a juste dit d’y aller une fois remise. C’est ce que j’ai fait deux semaines après ma sortie d’hôpital. C’était dans un autre commissariat. La policière a appelé son chef. Et là, il m’a prise pour une idiote en me disant que le signalement que j’avais fait sur la plateforme de l’IGPN suffisait. Je lui ai dit que non. Il a refusé ma plainte. Vu mon état, je n’ai pas insisté. Après j’ai surtout essayé de surmonter mon état physique et mon traumatisme avant de trouver un avocat pour faire les démarches. 

Je me battais pendant les cinq mois pour aller mieux et ma priorité était mon état de santé. On a finalement déposé plainte en avril et au début du mois de mai, j’ai été auditionnée par l’IGPN. 

 

© Mediapart

 

L’enquête préliminaire est terminée. Le procureur de la République de Marseille a requis l’ouverture d’une information judiciaire. Un juge d’instruction vient d’être nommé. Quel regard portez-vous désormais sur la police ? 

Je me demande sans cesse : pourquoi ? Pourquoi m’avoir frappée à terre ? Ces hommes ont-ils encore une conscience pour être aussi violents gratuitement ? 

 

© Mediapart

 

J’appréhende un peu la suite parce que depuis que mon affaire a été rendue publique, j’ai lu sur les réseaux sociaux des réactions très violentes à mon encontre et des mensonges effrayants. On a dit que je portais un couteau ou que je méritais ce que j’avais eu. C’est très dur d’entendre cela. 

La seule chose que j’avais, et je l’ai tout de suite précisé, c’est des « claque-doigt » qui, comme leur nom l’indique, sont des petits pétards pour enfants avec lesquels on s’amuse les soirs de match. 

Et ce soir-là, je m’en suis débarrassée bien avant de me faire taper. Aucun policier n’était présent lorsque je les ai jetés par terre parce qu’avec mon ami, on ne voulait justement pas avoir d’histoire, on voulait rentrer tranquillement et on savait que sur le Vieux-Port, c’était la panique. 

D’ailleurs, si j’avais fait quelque chose, pourquoi ne pas m’avoir arrêtée le soir même, lorsque j’étais à terre ? 

J’ai découvert que lorsqu’on se fait taper par la police, on se retrouve finalement accusé soi-même. Je me sens obligée de déballer tout mon passé, c’est une deuxième violence. 

J’ai eu des problèmes quand j’étais mineure, j’ai fait quelques bêtises. Et c’est aussi pour cela que je ne veux plus avoir de souci. Cela fait trois ans que j’ai repris mes études et tout se passe bien. Je vis à Marseille, dans un foyer pour jeunes travailleurs. Je me débrouille toute seule et je fais tout pour m’en sortir. Alors, lire certains commentaires m’accusant de tous les maux, alors que des policiers se sont acharnés sur moi, sans raison, cela est difficile à dépasser. 

Qu’attendez-vous de la justice ? 

Je veux y croire bien sûr, même si je lis tous les jours que les violences policières restent impunies. Ce n’est pas l’argent qui me rendra ma vie, hélas. Mais que les responsables soient identifiés et punis, cela me semblerait normal dans un pays qui se dit démocratique. 

J’espère qu’il y aura un procès, même si j’en doute. Et en même temps, j’ai peur de croiser le regard de ces policiers, de leur réaction ou des représailles. C’est terrible d’en arriver là. 

 

 

 

 

Edited by survival66

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Marseille a toujours eu un fonctionnement limite mafieux, j'avais lu un bouquin sur l'affaire de la bac nord, c'était vraiment un système de corruption généralisée et qui n'a au final abouti à aucune véritable sanction judiciaire. Dommage qu'elle ait attendue si longtemps pour porter un plainte, on peut le faire en écrivant direct au procureur de la république.

Edited by TASSIN

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petite question en hommage à Christine Boutin : Comment se fait-il que l'on puisse se marier entre cousins  mais pas avec l'enfant de son ex femme/mari ?

Je parlais de ça tout à l'heure et j'avoue que j'étais un peu bouche bée. 

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il y a 7 minutes, Jamiyoyo a écrit :

je post ici point barre

fyp

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il y a 28 minutes, Ferris Bulleur a écrit :

fyp

Il manque mon commentaire, j'ai  copié le lien par dessus.

Je réagissais sur la première partie de l'interview et le concept de laïcité extrême que je ne connaissais pas. Je vous demandais quelles pourraient-être les conséquences au quotidien, s'il y en aurait d'autres que le port d'un signe religieux.  

edit : pour le choix du thread, je pouvais peut-être le mettre dans religion mais comme le thème portait sur la manif contre l'islamophobie, je l'ai mis ici.

Edited by Jamiyoyo

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Il mérite son trèd à lui tout seul imopoint barre.

Edited by Ferris Bulleur

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Elle valide la doctrine Schiappa ?

 

 

Les mecs sont en roue libre.

 

Les mecs sont passés également en gazage préventif.
Manif autorisée qui devient interdite à 14h quand les gens sont déjà sur place, résultat : nassage, gazage, interdictions de sortir...

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