Jump to content
This Topic
dixonn

Analyser le déclin / Anticiper les effondrements

Recommended Posts

@doublejef: je suis moi même originaire du nord de la france, ma famille toujours là-bas. Alors oui cette région est la plus dense d'europe (axe Londres-Lille-Paris-Bruxelles / Pays-bas / Allemagne). Donc déjà si je dois exprimer le fond de ma pensée, si tu penses vraiment résilience (survie?), tu mets pas les atouts de ton côté à vivre dans des régions ultra-denses dépendant d'un apport continu de nourriture de l'extérieur.

Mais du coup oui ca va être plus dur de trouver des terrains à bas prix dans les régions les plus densément peuplées, densément urbanisées, où toutes les terres agricoles sont de toute façon déja monopolisées et surexploitées.

Comme j'ai dit, moi je parle de la montagne, à l'ultra-périphérie, et le 'prix d'accès' à cela est compensé par une accessibilité qui n'est pas la même (concrètement il faut marcher).

Et effectivement, je suis pas relié au réseau. Et aucun problème pour les pierres: dès que je terrasse une zone je récupère plein de pierres, et la terre est ultra argileuse. Ajoute que c'est une zone de forêt et il manque pas grand chose en termes de ressources brutes.

 

Enfin voilà quoi, si tu veux être autonome et que t'as pas trop les moyens, c'est sûr que ça me semble pas la meilleure idée de construire une maison à énergie passive en banlieue liloise, quand tu as tellement d'endroits en Europe ou dans le monde où tu peux acheter de la terre pour pas grand chose. En France ya plein d'endroits où l'hectare ne coûte que quelques milliers d'euros. Et aussi beaucoup d'endroits où il est tout à fait possible de relativement contourner les législations. Ca dépend de fait bcp des maires et 'au cas par cas', question ultra-pertinente pour n'importe qui qui veut un habitat léger du type yourte ou tiny house. Mais quand tu penses au potentiel d'effondrement, pour moi c'est évident qu'il faut contourner tout ce système de permis de construire et de conformité aux régulations, car il est probable que ce système perde prise et contrôle. Bon bref c'est vraiment un sujet complexe selon les endroits, aucun doute que c'est pas quelque chose qui se fait facilement aux Pays-Bas ou en région de Bruxelles, Lille ou Paris, si on exclut les squats urbains. Si tu veux être moins prisonnier de cette matrice, pas le choix, faut aller en périphérie, là où le maillage de contrôle est plus lâche et inopérant.

 

Sur les 500m2 de terrain, on en revient à la question de trouver ça quand on vit dans un centre urbain. En effet, dur. Mais pas dur dans quantité de régions en France dès lors que la densité est plus faible. Pour la productivité alimentaire, je sais pas, je sais qu'il y a plein d'agriculteurs qui déracinent les orties ou pissenlits au lieu de les manger, donc ouais on voit ptet pas la même abondance. Là où je suis (Ariège) ya juste une abondance de plantes sauvages, donc j'ai un potager, mais en fait t'as vraiment qu'à te pencher pour ramasser de la bouffe. C'est sûr que dans notre culture pas tellement de gens se cuisinent des plantes sauvages, mais je dis juste que le végétal, quand tu le laisses un peu faire, il produit de ouf. Quantité d'exemples de culture urbaine, bio-maraichage intensif sur petite surface ou ce que tu veux, qui montrent bien ça. Mais on parle bien de nourrir une famille ici, et il faut considérer que ça veut dire manger tout à fait autrement !!! Genre vraiment, et j'crois que c'est ça qui bloque les gens. Il faut forcément le ptit sucre ou la ptite graisse et le ptit bacon et la tartine beurrée. Mais si t'es ok de manger juste des légumes tout le temps, ben ouais c'est possible de produire asser pour soi sur petite surface j'en suis totalement convaincu. La difficulté de passer du hamburger (ou peu importe) à la soupe fade de topinambours est cependant bien réelle ; mais la soupe te nourrira suffisamment si tu prends l'habitude de ce régime alimentaire. Et j'ajoute, PERSONNE ne mange des orties, mais c'est des légumes gratuits abondants partout, et ultra-résilients. Chataignes, noix, pommes sauvages... un seul arbre produit toujours une tonne et la majorité se décompose sur le sol. J'vois pas grand-monde qui ramasse. Pourtant nos ancètres avaient ce genre d'attitude: glâner toutes sortes de bouffe sans nécessairement aller l'acheter à un producteur.

Non vraiment, on a juste pris l'habitude du supermarché et de la carte de crédit, on a complètement oublié ce que la nature pouvait nous apporter quand on la laisse juste faire.

Sujet complexe du conditionnement :).

Share this post


Link to post
Share on other sites

Je comprends ta vision et ce que tu dis est intéressant mais encore un peu extrême pour moi.

Je suis prêt à faire beaucoup de concessions et j'ai une vue assez précise de la liberté que je peux gagner à chaque fois que j'accepte de perdre en confort et en matérialisme.

Au niveau de la bouffe, j'y consacre déjà énormément de temps, majoritairement par plaisir mais aussi par stratégie. Par contre, c'est impensable pour moi de lâcher le plaisir de manger et de boire donc la soupe fade de topinambour, ça sera pas avant d'y être forcé. Pas que je veux manger du saumon d'Écosse ou du bœuf du japon tous les jours, que du contraire, mais si je me casse le cul à faire des efforts pour manger plus local, homemade et sain, faut qu'il y ait une récompense primaire à al fin.

De manière générale, personne n'a envie de lâcher son confort à moins d'y gagner quelque chose en échange ou d'y être forcé. La base du problème est là je pense, comment on incite les gens pour ne pas qu'ils finissent par être forcés, à mon avis, rien de bien chinois :ph34r: mais il faut un minimum de couillles au niveau des scribouillards qui dictent les lois.

Edited by doublejef

Share this post


Link to post
Share on other sites

Je vais être provocateur, mais si la vision à long terme de notre société c'est une cahute de bois où il fait 12° la nuit, un poêle à bois et une soupe d'ortie, bah on va attendre d'y être vraiment forcé hein. Je vois pas comment on peut convaincre les gens qu'il faut changer de système si la sortie proposée est celle là.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 7 heures, kurtounN a écrit :

Quand on parle d'autonomie alimentaire, c'est illusoire de produire 100%, le défi n'est pas là. Et même en étant "smart", il faut beaucoup de connaissances, d'expérience et de matériel pour pouvoir y tendre. Le défi est plutôt de créer un système beaucoup plus résiliant en commençant certes au niveau domestique, mais aussi et surtout au niveau local (localisme).

Je suis d'accord avec la nécessité de se créer un réseau/communauté etc... pour tendre à l'autonomie.

Du coup la première partie de ton message est plus nuancée, puisque le groupe peut t'apporter ce qui te manque.

 

il y a une heure, Pasdepo(k) a écrit :

Je vais être provocateur, mais si la vision à long terme de notre société c'est une cahute de bois où il fait 12° la nuit, un poêle à bois et une soupe d'ortie, bah on va attendre d'y être vraiment forcé hein. Je vois pas comment on peut convaincre les gens qu'il faut changer de système si la sortie proposée est celle là.

En arrêtant de dresser ce tableau ;)

Share this post


Link to post
Share on other sites
42 minutes ago, Elmo said:

puisque le groupe peut t'apporter ce qui te manque.

Dès que t'es plus de deux personnes tu tombes sur des problèmes de politique habituelle. Qui décide et comment. Quelle est l'orientation à prendre. Est-ce que des choses sont interdites et si oui qu'est-ce qu'on fait pour appliquer les règles.

C'est pas les idées qui manquent à mon avis, ni même les recettes pour décoloniser les esprits. Ce qui manque c'est qu'on aura jamais de réponse unanime à ces questions. Le plus dur à mon avis c'est d'avancer ensemble pas de savoir comment avancer.

Edited by FabD

Share this post


Link to post
Share on other sites
46 minutes ago, Elmo said:

(confort...)

En arrêtant de dresser ce tableau ;)

Oui mais dans le confort débile d'un supermarché qui gaspille une bouffe industrielle déjà débile, il y a aussi les conforts d'une société industrielle où on peut bénéficier de trucs comme la médecine de masse ou la recherche scientifique. Après oui la fuite en avant technique rend malade et tue la planète, mais le bénéfice individuel est réel.

Je dis pas qu'il y a pas d'alternative, je dis juste que passer à une échelle au delà d'une petite communauté c'est plus du tout la même affaire.

Les petites expériences à l'échelle d'un petit groupe ne sont pas applicables à plus grande sans arriver aux questions politiques plus larges (ça inclut la pensée anarchiste)

Edited by FabD

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 6 heures, FabD a écrit :

Le plus dur à mon avis c'est d'avancer ensemble pas de savoir comment avancer.

C'est ton erreur fondamentale sur ce sujet et tous les autres sujets politiques : tu veux forcer les gens à tout le temps tous aller dans la même direction où toi tu irais s'ils te suivent ; et donc il ne se passe jamais rien.

Alors que la solution c'est de laisser les gens expérimenter de nouveaux modes de vie, mais pour ça il faudrait que la politique ne cherche pas à réglementer le moindre aspects de nos vies.

Share this post


Link to post
Share on other sites

C'est ton erreur fondamentale sur ce sujet et tous les autres sujets politiques : tu veux croire que la somme des intérêts individuels fait l'intérêt collectif, alors que sans règle pour orienter la société, c'est l'intérêt des plus forts qui s'impose au dépend du reste de la société.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 17 heures, Pasdepo(k) a écrit :

 

Je vais être provocateur, mais si la vision à long terme de notre société c'est une cahute de bois où il fait 12° la nuit, un poêle à bois et une soupe d'ortie, bah on va attendre d'y être vraiment forcé hein. Je vois pas comment on peut convaincre les gens qu'il faut changer de système si la sortie proposée est celle là.

 

J'ai trouvé ça fun :), tu m'as fait marrer, parce que je sais que je suis extrême, mais en même temps c'est pas une 'contrainte' nécessairement tout ça, c'est juste une autre approche de l'existence !

Je décrivais tout ça comme une réalité que je vis, moi, et que j'apprécie. Je vois pas trop de problème à vivre sans trop d'artifice. Je précise quand même quelque chose sur les orties: c'est délicieux, et c'est plus riches que les épinards. De manière générale de toute façon les plantes sauvages sont infiniment meilleures que la plupart des produits que tu peux acheter = elles ne sont pas pesticidées ou traitées. Elles se sont aussi développées toutes seules comme des grandes sans intrants. J'expérimente tout ça pas du tout en mode 'survie' et perte de confort, perso pour moi c'est ultra-intéressant de découvrir tout ce qu'on peut manger, j'ADORE manger, varié et bon. Il est cependant certain que vu qu'on s'est tous habitués à des cycles de dépendance, on a perdu ce que c'est de se nourrir soi-même, la difficulté de se passer de certains aliments, et l'ignorance des plantes qui nous entourent (entouraient?). Il y a donc beaucoup d'imaginaire à ce niveau-là: si on sort de notre système de mega-transports en flux tendus, on se retrouve à manger des soupes de cailloux !

C'est ne pas prendre conscience de l'infini gustatif que propose le végétal ! Enfin j'sais pas perso ça fait des années que j'me nourris correctement et majoritairement végétarien, donc j'ai pris l'habitude et j'en tire beaucoup de plaisir, mais quand je vois les habitudes alimentaires autour de moi c'est sûr que ça va être difficile pour pas mal de monde de se débrancher !!

Mais la question de la bouffe est ultra-primordiale et intéressante pour l'avenir de notre société sans aucun doute. Typiquement pour moi il ne fait aucun doute que pour collectivement survire, il faudrait peut-être arrêter ce qu'on fait avec la viande et l'élevage. Il est ultra-apparent que tu produis beaucoup plus de bouffe avec du végétal qu'avec de l'élevage animal, pour plein de raisons, mais pour faire simple => on utilise beaucoup de zones cultivables pour produire du grain et nourrir des animaux + le végétal ça pousse très très vite, bien plus vite qu'un poulet ou une vache ; ça serait donc collectivement infiniment plus résilient d'arrêter la viande (je parle pas de l'horreur du système d'élevage en plus).

 

Pour l'aspect 12°... Ma foi il est grand temps qu'on réaprenne qu'avoir une température constante de 20° chez soi n'est pas NORMAL, ni un droit de l'homme. Le normal, c'est de vivre avec les saisons et l'environnement qui nous entoure, et notre corps sait très bien faire ; on se conditionne juste toute notre vie à quelque chose, et donc on grelotte dès que cette matrice est perturbée. Mais j'assure qu'on dort très bien sous une bonne couette avec 12° de température, vraiment aucun problème sauf si on essaye jamais de le faire ! Quand à alumer un feu pour se chauffer, ouep c'est un peu plus de temps qu'allumer un radiateur électrique, mais c'est pas non plus vraiment une contrainte avant qu'on essaye, et il faut aussi voir le CONFORT que c'est d'avoir un feu: moi j'trouve ça juste magnifique un feu, c'est un confort de vie de discuter autour d'un feu. Perspectives ?

 

Et mon point final: chacun tire ces conclusions sur cette dynamique d'effondrement, pour moi c'est certain qu'on va vers un mur, je suis très pessimiste sur nos possibiltiés d'ajustement, donc je pense qu'on va juste continuer jusqu'à ça bloque. Il n'y aura pas d'ajustement progressif. Pas de sortie du système voulue, mais forcée. Que devient notre monde au quotidien quand ça bloque?

Moi je choisis juste d'apprendre à bouffer / gérer mon corps par moi-même (pas été malade / en nécessité d'un médecin depuis de nombreuses années, simplement parce que je bouffe de la nourriture vivante et évite à mort tout ce qui est transformé ou traité. Ah et j'ajoute que ce n'est PAS cher si on apprend comment faire ; typiquement j'achète principalement au marché des super légumes à 2-3€ le kg), parce que je pense que ça m'aidera dans un futur chaotique où les apports du système-supermarché ne sont plus assurés.

Je prends des douches froides parce que c'est important de se connaître ET qu'en le faisant on réalise qu'on peut booster notre système cardio / immunitaire et comprendre qu'un humain, c'est une machine de guerre. On a juste oublié, et du coup on est ultra-fragile. Cherchez Wim Hoff (the Iceman) sur Youtube à ce niveau-là ! Ultra intéressant.

Moi j'explore le concept d'anti-fragile. Je me dis qu'on peut faire naître un monde à la walking dead, manger du rat dans les villes (ou de l'humain hein pourquoi pas), en tout cas que l'humanité est rentrée dans une époque d'auto-dévoration par arrivée sur les limites. Ca m'a longtemps terrorisé mais là j'en sors, j'accepte juste dès maintenant que le futur ne pourra pas être comme maintenant. Je pense à ma fille qui vient de naître et dans quelle monde elle vivra à 20 ans. Donc quelque part je m'y prépare déjà... et j'ai donc investi ma roll poker pour un terrain avec une grande capacité à auto-produire ma bouffe ET produire un surplus facilement pour la communauté qui m'entoure, parce que ça me parait vraiment ma meilleure orientation niveau résilience (la bouffe me paraît le thème central, vivre sans électricité on peut faire, mais si on a rien à bouffer, là ça devient vraiment horrible ; et par ailleurs coopérer avec le collectif au niveau local, et apporter des avantages, ici de la bouffe, à ceux qui m'entourent, est probablement une des meilleures manières de survivre, le groupe se protégeant lui-même).

Mais chacun agit comme il l'entend avec les informations qu'on a, mon attitude est subjective, radicale, assez extême et rare, j'en suis bien conscient, j'ai ptet une certaine parano et un certain dégoût du monde contemporain, et je présente pas ça comme LE truc que tout le monde doit faire. Ca s'aligne juste bien avec moi-même.

Edited by Mr Sneeze

Share this post


Link to post
Share on other sites

 

il y a 15 minutes, Mr Sneeze a écrit :

Je précise quand même quelque chose sur les orties: c'est délicieux, et c'est plus riches que les épinards. De manière générale de toute façon les plantes sauvages sont infiniment meilleures que la plupart des produits que tu peux acheter = elles ne sont pas pesticidées ou traitées.

Ouai mais t'as une chance sur deux qu'il y ait de la pisse de chien donc peut être qu'ils sont délicieux une fois sur deux ! :>'

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

Je cuisine, mais pas des trucs susceptibles d'avoir reçus une goutte de pisse de chien !

Quand je vais cueillir des mures ou des framboises avec ma fille on prends jamais celle du bas.

Faut quand même savoir que la pisse de chien est bien plus nocive que les engrais pesticides etc...

Share this post


Link to post
Share on other sites

Sneeze, j'ai relativement la même vision de ce qui nous attend (c'est peut-être de la parano hein), pour le reste, l'autonomie, se détacher du matérialisme, j'ai vraiment pas les corones, et peut-être le courage je sais pas, pour me lancer là dedans à fond, je suis en région centre, je sais pas ce qu'il est possible de faire, parfois je m'imagine acheter un terrain et faire pousser des trucs, pour moi mais aussi par exemple ma frangine et les petits neveux (qui eux ne sont pas du tout là dedans), pour le jour ou ça commence vraiment à balbutier. Je sais qu'on tend légèrement vers le survivalisme ici, je me considère pas survivaliste, mais forcément quand tu réfléchis à tout ça, que tu vois comment certaines choses peuvent vite basculer, t'es obligé d'y réfléchir un minimum.

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

#Energies

 

Ce matin je tombe sur Jancovici sur France Culture, le mec me suit partout ahah, sans déconner j'ai l'impression de le voir à tous les coins de rue.

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/transition-energetique-avons-nous-encore-le-temps

Voici les grandes lignes :

 

Citation

Alors que Donald Trump s'est félicité ce lundi d'avoir formellement engagé la procédure de retrait de son pays de l'Accord de Paris, vantant au passage les mérites du "magnifique charbon propre" américain, la réussite de la transition écologique et énergétique apparaît de plus en plus incertaine. 

Au centre de ce combat se trouve la question du cocktail énergétique : se passer des énergies fossiles productrices de gaz à effet de serre est urgent, tandis que le nucléaire est décrié comme une impasse par ses détracteurs, qui dénoncent les déchets produits et les dérives  des nouveaux chantiers de la filière, tels que l'EPR ou l'ITER. Dans le même temps, une transition rapide vers des énergies renouvelables tarde à se concrétiser.

 

Citation

A-t-on encore le temps et les moyens pour mener à bien la transition énergétique ? Pour sauver la planète, doit-on se résoudre à accepter des ajustements radicaux de notre consommation énergétique ?

Pour en parler, nous recevons Jean-Marc Jancovici, ingénieur et consultant sur les questions d'énergie et de climat, enseignant à Mines ParisTech et président du think tank The Shift Project.

"Tout ce que nous avons aujourd'hui dans le monde moderne, notre pouvoir d'achat et les retraites, c'est l'énergie qui l'a permis. Donc discuter de l'énergie, c'est discuter de tout ce qui nous entoure aujourd'hui. L'essentiel de ce qui permet ça dans le monde, ce n'est pas du tout le nucléaire, ce sont les combustibles fossiles, c'est à dire le pétrole, le charbon ou le gaz. Il se trouve qu'en France, deux tiers de nos émissions de CO2, c'est à dire ce qui provoque le changement climatique, viennent du pétrole, un quart vient du gaz, 5% vient du charbon, et 0% du nucléaire. Le nucléaire a des inconvénients. Mais ne parler que du nucléaire est quelque chose qui finit par devenir un peu contre-productif." Jean-Marc Jancovici

Sur les engagements de François Hollande puis d'Emmanuel Macron d'abaisser la part du nucléaire :

En ce qui concerne la décision d'Emmanuel Macron, personnellement, je ne comprends toujours pas. Je ne comprenais pas la décision de Hollande, je ne pense pas que baisser le nucléaire à 50% soit une bonne idée. Je pense que c'est dilapider des moyens dans un truc qui n'a aucun intérêt. Jean-Marc Jancovici

"La bonne question c'est pourquoi est-ce que la filière française a perdu de la compétence ? Parce que ça fait 20 ans qu'elle n'a rien construit, mais aussi parce que ça fait 15 ans qu'elle est otage de manœuvres politiciennes à courte vue." Jean-Marc Jancovici

Jean-Marc Jancovici estime que les risques liés au nucléaire sont trop mis en avant dans le débat : 

"Le risque zéro n'existe pas. Par contre, ce qui est dommage aujourd'hui, c'est que dans le public il y a une compréhension du risque nucléaire qui est totalement erronée. Je vais vous donner un premier exemple de faillite médiatique : 80% des Français pensent que le nucléaire contribue au changement climatique. Il peut avoir tous les défauts de la Terre, mais pas celui-là. Les déchets nucléaires font plus peur à la population que, tenez-vous bien, les accidents de la route ou que les accidents domestiques. Les accidents domestiques, c'est 20 000 morts par an. Les déchets nucléaires, c'est zéro. Ça fait plus peur que l'obésité chez les jeunes, ça fait quasiment aussi peur que le tabagisme." Jean-Marc Jancovici

Sur les conséquences du réchauffement climatique et l'exploitation du gaz de schiste : 

"Il faut comprendre que le changement climatique a le potentiel de tuer des milliards de gens, de déclencher la guerre partout sur terre. Le GIEC dit qu'à partir de trois degrés de hausse de la température moyenne, il y aura de l'insécurité alimentaire généralisée sur Terre et l'insécurité alimentaire déclenche une insécurité politique partout. Tout ce qui contribue à la hausse des émissions de CO2 a le potentiel de contribuer à rendre la vie des gens particulièrement infernale. Le fait de consommer plus de charbon contribue à l'évidence à ce potentiel. Par contre, le fait de remplacer du charbon par du gaz, à consommation constante, ça fait baisser les émissions de CO2. Donc, le grand paradoxe de ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis en ce moment, c'est que le forage de gaz de roche mère que tout le monde considère être une catastrophe environnementale, sur le strict plan du CO2, c'est plutôt une bonne affaire." Jean-Marc Jancovici

Pour lutte contre le réchauffement climatique, il est nécessaire diminuer notre consommation d'énergie :

"Globalement, il faut baisser de 4% par an nos émissions de CO2. Alors là-dedans, ni les énergies renouvelables, ni le nucléaire ne permettront de compenser cette baisse pour conserver le confort moderne. Il faut bien comprendre que de lutter contre le changement climatique, c'est de se mettre au régime. [...] Le non-dit politique majeur aujourd'hui, c'est que cela n'est pas compatible avec la croissance économique. Ce n'est même pas compatible avec le maintien de la production économique actuelle.  Donc, cela veut dire perte de pouvoir d'achat, pour être très clair, pour tout le monde, pas juste pour les riches."  Jean-Marc Jancovici

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 9 heures, Pasdepo(k) a écrit :

C'est ton erreur fondamentale sur ce sujet et tous les autres sujets politiques : tu veux croire que la somme des intérêts individuels fait l'intérêt collectif, alors que sans règle pour orienter la société, c'est l'intérêt des plus forts qui s'impose au dépend du reste de la société.

Erreur encore plus fondamentale que de croire que l'intérêt collectif existe, et qu'il faut orienter la société. Croire ça c'est croire au sens de l'histoire.

 

Actuellement les plus forts c'est le pouvoir exécutif. Bien d'accord avec toi pour dire qu'il s'impose au dépens de la Société.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 6 heures, Tete2jay a écrit :

parfois je m'imagine acheter un terrain et faire pousser des trucs, pour moi mais aussi par exemple ma frangine et les petits neveux (qui eux ne sont pas du tout là dedans), pour le jour ou ça commence vraiment à balbutier.

Marrant de lire ça, je revois un reportage sur une actrice tv qui a acheté une ferme pour pouvoir nourrir sa famille quand ça tournera mal. Faut pas rêver, si ça tourne vraiment mal, les voisins peu prévoyants vont pas vous regarder manger en se laissant crever. Si tu veux survivre dans le chaos, c'est pas l'agriculture qu'il faut apprendre mais la rapine et le maniement des armes.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Avoir des compétences que les autres n'ont pas pour assurer les besoins primaires c'est une put**n d'assurance vie comême.

Le jour ou il y'a une pénurie de bière, on braque peut-être les stocks d'Inbev mais on ne bute surement pas le brasseur.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Joseph Tainter - L'Effondrement des sociétés complexes (quelques extraits)

 

 

Citation

« Les sociétés humaines et les organisations politiques, comme tous les systèmes vivants, sont maintenues par un flux continu d’énergie … Au fur et à mesure que les sociétés augmentent en complexité, sont créés plus de réseaux entre individus, plus de contrôles hiérarchiques pour les réguler ; une plus grande quantité d’information est traitée… ; il y a un besoin croissant de prendre en charge des spécialistes qui ne sont pas impliqués directement dans la production de ressources ; et ainsi de suite. Toute cette complexité dépend des flux d’énergie, à une échelle infiniment plus grande que celle qui caractérise les petits groupes de chasseurs-cueilleurs ou d’agriculteurs autosuffisants. La conséquence est que, tandis qu’une société évolue vers une plus grande complexité, les charges prélevées sur chaque individu augmentent également, si bien que la population dans son ensemble doit allouer des parts croissantes de son budget énergétique au soutien des institutions organisationnelles. C’est un fait immuable de l’évolution sociale et il n’est pas atténué par le type spécifique de source d’énergie ».

Citation

« Ainsi, non seulement une population alloue de plus en plus grandes quantités de ressources au soutien d’une société en évolution, mais, après un certain point, des quantités plus grandes de cet investissement produiront de plus petites augmentations de rendement. Nous montrerons que les rendements décroissants sont un aspect récurrent de l’évolution sociopolitique et de l’investissement dans la complexité ».

Citation

« Si l’effondrement n’est pas pour le futur immédiat, cela ne revient pas à dire que le niveau de vie industriel bénéficie également d’un sursis. A mesure que les rendements marginaux baissent (un processus en cours) jusqu’au point où un nouveau subside d’énergie sera mis en place, le niveau de vie dont les sociétés industrielles ont bénéficié ne croîtra pas si rapidement, et pour certains groupes et nations, il restera statique ou baissera … Bien que nous aimions nous considérer comme des êtres spéciaux dans l’histoire du monde, les sociétés industrielles sont en fait soumises aux mêmes principes qui ont provoqué l’effondrement d’anciennes sociétés. Si la civilisation s’effondre à nouveau, ce sera à partir d’un échec à tirer profit du sursis actuel ».

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

Je le recolle ici , la version complète de  Janco sur France Culture, je le remet car ça vaut le détour, le journaliste en face se fait démonter, on a à faire à l'exemple même que les journalistes sont souvent à côté de la plaque, cherchent juste le sensationnel et sont pour la plupart des énormes tocards:

 

 

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now


  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.

English
Retour en haut de page
×