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[Bilan] Emmanuel Macron : 2017 - 2022

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Le message était clair : massacrez autant que vous pouvez notre jeunesse pour lui faire passer l'envie de faire la fête, on vous couvrira autant qu'on le pourra.

 

Et le pire est à venir, EM nous a prévenu en décembre 2020 : "Peut-être devrais-je faire des choses qui m'empêcheront d'être candidat".

 

 

 

 

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Posted (edited)

Ils ont carrément envoyé le GIGN pour éclater les teuffeurs et leur matériel. 

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/080721/redon-des-notes-de-gendarmerie-accablent-le-prefet-et-le-ministere

 

edit : merci par avance à @survival66 pour le copié-collé de l'article  :)

 

edit 2 : mybad, je l'ai lu ici il y a deux jours  :ph34r:

Edited by Jamiyoyo

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Le 09/07/2021 à 03:09, survival66 a écrit :

Je l'aurais bien posté dans "violences policières" mais je crois qu'on est un peu au délà.

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/080721/redon-des-notes-de-gendarmerie-accablent-le-prefet-et-le-ministere

  Révéler le texte masqué

 

Redon : des notes de gendarmerie accablent le préfet et le ministère

8 juillet 2021 Par  Pascale Pascariello 
 

Les comptes-rendus de la gendarmerie sur les opérations de Redon, obtenus par Mediapart, attestent du fait qu’une antenne du GIGN a participé à la destruction du matériel prévu pour la free party. Ils révèlent que des agents du service des renseignements, infiltrés parmi les teufeurs, ont informé en temps réel leur hiérarchie de l’état du jeune homme qui a perdu sa main, sans qu’aucune décision ne soit prise pour lui porter secours.

 

Mediapart publie des extraits des comptes-rendus de la gendarmerie sur les opérations menées pour interdire la free party près de Redon (Ille-et-Vilaine). Au cours de cette intervention, dans la nuit du 18 au 19 juin, un jeune homme de 22 ans a eu la main arrachée. Ces notes évoquent un dispositif totalement disproportionné et révèlent l’impassibilité, voire l’indifférence des forces de l’ordre, pourtant informées en temps réel de l’état d’urgence vitale du jeune teufeur. 

 

Les gendarmes et les fêtards au lendemain de l’intervention pour disperser la rave party qui s’est tenue dans un champ à Redon, le 19 juin 2021 © Loïc Venance /AFP
Les gendarmes et les fêtards au lendemain de l’intervention pour disperser la rave party qui s’est tenue dans un champ à Redon, le 19 juin 2021 © Loïc Venance /AFP

 

En effet, lorsque celui-ci a la main arrachée, des agents d’un service de renseignement, infiltrés parmi les jeunes, informent leur hiérarchie. Pour autant, aucune assistance ne lui est portée. Quant aux pompiers, comme nous l’avions raconté, interdits d’accès par le préfet, ils sont restés immobilisés à un rond-point, comme retranscrit dans un rapport d’intervention. 

Le 19 juin, « en liaison étroite avec le cabinet du ministre de l’intérieur », ainsi qu’il l’a précisé à la presse, le préfet d’Ille-et-Vilaine, Emmanuel Berthier, a fait intervenir 14 militaires de l’antenne du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (AGIGN) de Nantes pour saccager tout le matériel (enceintes, tables de mixage, groupes électrogènes) prévu pour la fête. Une présence et un rôle pour le moins inattendus. Les militaires du GIGN, qui constituent l’élite de la gendarmerie, sont formés et équipés de moyens et armements spécifiques, très sophistiqués, pour accomplir leurs missions. Ils interviennent généralement pour des faits très graves : terrorisme, prises d’otages, arrestations de dangereux forcenés, émeutes dans les prisons, risques ou menaces sur des intérêts vitaux pour l’État.

 

Le préfet d'Ille-et-Vilaine, Emmanuel Berthier, le 19 juin 2021. © DR
Le préfet d'Ille-et-Vilaine, Emmanuel Berthier, le 19 juin 2021. © DR
Interrogés, le cabinet du ministre Gérald Darmanin, celui du préfet d’Ille-et-Vilaine, ainsi que la direction générale de la gendarmerie nationale, n’ont pas souhaité répondre à nos questions, prétextant les enquêtes en cours. Mediapart revient sur ces deux jours d’intervention qui, tant par les moyens mis en œuvre que par l’absence de plan d’évacuation, accablent la préfecture et le ministère de l’intérieur. 

 

Le vendredi 18 juin, en fin de journée, les gendarmes tentent d’identifier le lieu prévu pour une free party interdite en hommage à Steve Maia Caniço, décédé à la suite d’une intervention de police sur les quais de la Loire, à Nantes, lors de la fête de la musique, en juin 2019.

Pour cela, certains suivent les réseaux sociaux et d’autres, en patrouille, vérifient les véhicules. À 20 h 13, ils localisent « 33 personnes [qui] se rassemblent sur le secteur de Redon » et, quelques minutes plus tard, précisent qu’ils se retrouvent sur le parking d’une grande surface. 

À partir de là et tandis que la surveillance des jeunes réunis sur le parking se poursuit, faisant état à 23 heures de « 300 à 400 véhicules », très vite, trois escadrons, soit près de 250 hommes, sont mobilisés sur l’ancien hippodrome, identifié comme étant le lieu de la fête . Aux alentours de 23 h 47, on note même la présence d’un hélicoptère qui se dirige vers Redon. 

À 2 h 57, la cellule départementale d’observation et de surveillance (CDOS) signale au centre opérationnel de la gendarmerie un « blessé à la main arrachée »

À ce moment-là, impossible d’engager le moindre dialogue avec les gendarmes, comme nous l’ont rapporté plusieurs jeunes, dont les tentatives ont toutes échoué (à lire ici et ).  

Face aux forces de l’ordre, certains se sont même assis en tailleur, refusant tout affrontement, comme le montre une vidéo tournée par le journaliste Clément Lanot (à voir ici). À 23 h 39, le nombre de jeunes est estimé à « 1 200 personnes ». « La tension monte, est-il précisé dans le rapport. Un VL [véhicule léger – ndlr] gendarmerie a été caillassé. »

À minuit trente, les gendarmes, rejoints par un quatrième escadron composé de 55 hommes, opèrent des « tirs nourris de grenades », ainsi qu’il est retranscrit dans le compte-rendu des opérations. 

Alors que les premières interpellations ont lieu, l’usage de grenades lacrymogènes, de désencerclement et de GM2L, est fait massivement et sans interruption. 

Un haut gradé de la gendarmerie nous explique que les grenades GM2L, qui remplacent les GLI-F4, à charge explosive, ont une composition pyrotechnique susceptible d’arracher un membre. Et comme nous l’avons indiqué dans un article (à lire ici), leur bouchon allumeur présente des dysfonctionnements qui ont contraint le ministère de l’intérieur à interdire leur lancer à la main, depuis le 1er juillet. 

Ainsi que le prévoient les instructions du ministère de l’intérieur du 2 août 2017, lors de l’utilisation de la GM2L, après emploi, il faut « porter secours dès que l’environnement opérationnel le permet », « s’assurer de l’état de santé de la personne » et « la présenter à un médecin si nécessaire ».

À 2 h 45, les pompiers reçoivent les premiers appels pour un jeune dont la main a été arrachée. Quelques minutes plus tard, à 2 h 53, les gendarmes sont directement informés qu’un « individu [a été] blessé à la main » par leurs propres agents. Des gendarmes en civil se sont effectivement infiltrés au plus près des jeunes. Ils font partie de la cellule départementale d’observation et de surveillance (CDOS). 

À 2 h 57, ces mêmes agents apportent des précisions au centre opérationnel : « blessé à la main arrachée ». Contre toute attente, les gendarmes ne prennent aucune décision, ni celle de porter assistance au blessé ni celle de procéder à son évacuation en sécurisant l’accès d’une ambulance. 

La préfecture ne les autorisant à intervenir que pour les gendarmes, les pompiers sont toujours, à 2 h 59, bloqués au « au rond-point des Noës », sans pouvoir porter secours ni au jeune en urgence vitale ni à d’autres blessés, comme le signale le compte-rendu d’intervention. 

En revanche, ainsi que le retranscrivent les gendarmes, à 4 h 22, leur passage a bien été sécurisé pour « trois gendarmes évacués par les pompiers ».  

Rien n’a été fait pour secourir ce jeune homme. Néanmoins, les services de gendarmerie sont restés actifs pour fournir des renseignements le concernant.

Après avoir « constaté que parmi les manifestants, l’individu a été évacué », à 4 h 53, « une patrouille actuellement au CH [centre hospitalier] Redon confirme l’hospitalisation d’un jeune homme qui est soigné pour une main qui a été arrachée ». Et son nom et prénom sont donnés mais « pas de lieu de naissance et pas de domicile pour le moment ». Quelques heures plus tard, son transfert dans un autre hôpital, près de Rennes, figure également dans le compte-rendu. 

L’antenne GIGN de Nantes est prévue sur site à 14 h 30.

Compte-rendu des opérations du 18 et 19 juin à Redon, centre opérationnel de la gendarmerie.

La suite de ce rapport interpelle tout autant sur les moyens disproportionnés et les unités engagées pour interdire la tenue de cette free party

Le samedi 19 juin, alors que le matériel a été installé et que, comme le signalent les gendarmes à 9 h 30, « le mur du son diffuse sans trop de puissance », deux hélicoptères sont réquisitionnés, l’un venant de Tours et l’autre de Rennes, pour survoler le site, « équipés de caméra transmission en direct », notamment pour relever les plaques d’immatriculation. 

Le service de renseignement est lui aussi renforcé puisqu’à la cellule départementale d’observation succède à midi le groupe d’observation et de surveillance de Rennes. Un service plus aguerri et mieux doté. 

Mais la démesure des moyens ne s’arrête pas là. « L’antenne GIGN de Nantes est prévue sur site à 14 h 30 ». Et effectivement, à 14 h 31, « 14 militaires » de cette antenne arrivent sur l’ancien hippodrome.  

À Redon, les 14 militaires ont saccagé le matériel des jeunes teufeurs, ainsi que le montre la vidéo que nous publions. 

 

Des militaires de l'antenne du GIGN de Nantes saccagent le matériel de la free party, Redon, 19 juin.

 

Outre l’antenne du GIGN, près de 11 escadrons de gendarmerie se sont relayés, venant notamment de Blois, du Havre, de Satory, de Pontivy ou de Cherbourg, ainsi que trois compagnies de CRS, dont celles de Mulhouse et de Saint-Brieuc. 

Autre fait notable révélé par ces notes, le rôle particulièrement étrange joué par l’Agence régionale de santé (ARS). Alors qu’elle doit venir en soutien dans l’organisation des secours, l’ARS a tenu le rôle d’informatrice pour les gendarmes. Ainsi, le 19 juin, à 16 h 07, le centre opérationnel de la gendarmerie relaye « l’information de l’ARS » qui signale « la présence de teufeurs autour du centre de vaccination de Redon ». La suite du rapport précise qu’une « unité de gendarmerie locale » est sur place pour les contrôler. 

Enfin, si le préfet est resté peu loquace sur la nature des blessures des gendarmes, ce compte-rendu précise qu’il y a « cinq blessés légers ». Trois autres sont également mentionnés pour un nez cassé, un orteil écrasé et une perte de connaissance. Contrairement au jeune amputé, tous ont pu être secourus. 

 

 

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/300621/redon-la-prefecture-empeche-les-pompiers-de-secourir-les-blesses

  Révéler le texte masqué

 

Redon : la préfecture a empêché les pompiers de secourir les blessés

30 juin 2021 Par Pascale Pascariello
 

Lors de la free party organisée à Redon les 18 et 19 juin, les gendarmes ont gravement blessé des teufeurs, dont un a eu la main arrachée par une grenade. Les pompiers, qui auraient pu intervenir pour secourir des jeunes dans un état sanitaire dramatique, en ont été empêchés par la préfecture.

 

«J’ai honte d’être pompier. Un jeune risquait de mourir. Nous le savions. Mais nous ne pouvions pas intervenir. » Lors de la free party qui s’est déroulée les 18 et 19 juin à Redon (Ille-et-Vilaine), un jeune homme de 22 ans a perdu sa main. D’autres ont été gravement blessés. Mais, selon les documents et témoignages recueillis par Mediapart, la préfecture a bloqué les pompiers à l’entrée du site. Mettant ainsi des vies en danger.

Cette nuit-là, responsable de la mise en œuvre des secours, la préfecture motive son refus par le fait qu’aucun plan d’évacuation des blessés n’a été anticipé, et que l’accès au site n’est donc pas sécurisé pour les pompiers. L’argument révèle un très haut niveau d’amateurisme dans la préparation de l’événement, un manque de discernement évident dans l’appréciation de la gravité de la situation. Mais aussi une bonne part de mauvaise foi selon le même pompier, bouleversé : « Quand il s’agissait d’aller chercher des gendarmes blessés à l’intérieur, il n’y avait pas de problème, d’autres gendarmes nous escortaient. »

Ce n’est que le lendemain, le 19 juin, aux alentours de 18 heures, que les pompiers auront accès directement au site afin de secourir des jeunes dont deux, signalés comme « urgence absolue », et « plusieurs tombés à l’eau »

 

Redon, 19 juin 2021. © Loic Venance, AFP.
Redon, 19 juin 2021. © Loic Venance, AFP.

 

Dans la nuit du 18 au 19, 400 gendarmes mobilisés pour empêcher une fête qui n’a pas été autorisée font face à des jeunes venus rendre hommage à Steve, décédé deux ans plus tôt lors de la fête de la musique après une intervention policière. « À partir de minuit, nous avons commencé à recevoir de nombreux appels de jeunes qui étaient sous les tirs de grenades lacrymogènes », nous confie un pompier. « Certains étaient pris de panique, d’autres suffoquaient », poursuit-il. 

« Nous suivions ce qu’il se passait sur les réseaux sociaux. Cela en dit long sur notre absence d’information », précise un autre secouriste. 

À 2 h 45, les pompiers reçoivent un appel pour « un blessé main arrachée par grenade ». Il s’agit d’une « urgence vitale ». Quatorze minutes plus tard, le camion des pompiers arrive à quelques centaines de mètres du site, mais privé d’accès sécurisé, il reste immobilisé sur un rond-point. 

À l’entrée du site sont aussi bloqués depuis minuit deux responsables de l’association Techno+, Ombline Pimond et Sébastien Petit. Près de l’ancien hippodrome, ils suivent à distance la situation de gendarmes qui tentent d’empêcher l’organisation de la fête. 

« Depuis 1995, nous intervenons notamment sur les free parties et les raves. Nous sommes une association reconnue par le ministère de la santé et notre mission consiste à réduire les risques liés aux pratiques festives, à la prise de drogue ou d’alcool. » Cette fois, l’accès leur est donc refusé par les gendarmes. « Nous avons appelé la préfecture du Morbihan, département voisin qui était initialement prévu pour l’organisation d’une free party. Nous avons alors demandé à être mis en contact avec une personne de la préfecture d’Ille-et-Vilaine et nous avons également appelé l’Agence régionale de santé [ARS]. »

Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes

Sébastien Petit, un des responsables de l’association Techno+

Il est 2 h 33 lorsque la personne d’astreinte à l’ARS décroche et découvre alors la situation. « “Je vais appeler la préfecture”, nous a-t-elle dit. Elle n’avait été informée ni de la free party ni de l’intervention des gendarmes », explique Ombline Pimond.  

Alors que les forces de l’ordre intensifient les tirs de LBD, de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de type GM2L (à composition pyrotechnique), les volontaires de Techno+ restent toujours bloqués. 

Quand la situation de la main arrachée se confirme, les gendarmes ne permettent toujours pas aux pompiers d’accéder au site pour secourir le jeune mutilé. Ils laissent passer l’association pour qu’elle aille chercher le blessé. « Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes, selon l’un des responsables de Techno+, Sébastien Petit. C’est une hérésie de nous avoir demandé d’aller le secourir compte tenu de l’extrême gravité de sa blessure », déplore-t-il.

« Tout le monde à ce moment-là autour de nous parlait de cette mutilation. Je ne parvenais pas à imaginer que ce soit possible », rapporte la présidente de Techno+, Ombline Pimond, qui tient cependant à préciser : « Si certains volontaires se forment aux premiers secours, nous ne sommes pas des secouristes. Nous n’intervenons que dans des fêtes et nous ne sommes absolument pas formés à ce genre de blessures ni pour intervenir au milieu de tirs de grenades. » 

À tel point que seuls dix d’entre eux décident d’aller sur la zone des tirs. « Je suis la seule infirmière de l’association sur le site à ce moment-là, donc je n’ai pas hésité, bien sûr. Mais je devais également protéger les autres volontaires de l’association. C’est pourquoi nous avons formé un petit groupe plus aguerri pour aller secourir les jeunes. » 

J’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais

Thomas, 30 ans, venu en aide au jeune mutilé

Le problème est qu’au milieu des gaz lacrymogènes, sans être guidés et sans expérience, les bénévoles de Techno+ ne trouvent pas le jeune mutilé.

Au même moment, Thomas∗, un ingénieur du son de 30 ans venu de Toulouse avec son amie pour faire la fête, se retrouve coincé à bord de son camion, en file indienne derrière d’autres véhicules, sur un petit chemin menant vers l’entrée de l’hippodrome, à quelques dizaines de mètres des tirs des gendarmes. 

« L’air était irrespirable. On y voyait presque rien. » Après avoir mis à l’abri son amie dans la cour d’une ferme, Thomas retourne près de son camion. « Il y a toute ma vie dedans. Depuis le Covid, nous y habitons avec mon amie pour des raisons financières. » Après des tirs incessants de grenades lacrymogènes, « d’autres à fortes détonations explosaient à intervalles réguliers. J’attendais que ça passe avec la boule au ventre. C’était effrayant. » 

Il  retrouve Armel∗, un de ses amis, et ensemble ils patientent alors près du camion. Lorsqu’il entend soudain « quelqu’un hurler “Ne regardez pas” ». Il voit deux personnes en train de soutenir un « jeune qui semblait en état de choc, sonné ,et j’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais. » 

 

Près de l'ancien hippodrome, à Redon, dans la nuit du 18 au 19 juin 2021. © DR
Près de l'ancien hippodrome, à Redon, dans la nuit du 18 au 19 juin 2021. © DR

 

« Au cours de la soirée, certains disaient que les pompiers ne pouvaient pas venir », précise-t-il. Thomas et Armel décident donc de dégager un chemin pour que le véhicule à bord duquel le jeune homme a été installé puisse rejoindre au plus vite la route. « Certains avaient quitté leur voiture en laissant les clefs sur le contact. On en a profité. D’autres non, et nous les poussions à la main. Mais tout m’a semblé rapide, peut-être parce que nous étions dans un état d’une telle urgence que rien d’autre ne semblait exister. »   

Anéanti, Thomas est aujourd’hui encore traumatisé. « Comment peut-on arriver à perdre autant d’humanité ? Détruire une vie pour interdire une fête alors que nous n’étions pas une menace... »

Heureusement, une jeune femme a réussi à conduire le jeune homme mutilé à l’hôpital. Les pompiers l’apprennent à 3 h 30. « C’était un soulagement mais qui n’efface pas la colère », nous raconte un pompier.  À 3 h 48, Sébastien de Techno+ échange à nouveau avec l’Agence régionale de santé sur la situation dangereuse et sur le besoin de faire venir des secours. 

Aux alentours de 4 heures, les volontaires de l’association prennent en charge un premier blessé. Une jeune fille qui a reçu des éclats de grenade à la cheville. « Aidée par une de ses amies, elle a quitté les lieux en empruntant un chemin dans les ronces. Depuis, nous l’avons eue au téléphone. Elle nous a expliqué s’être rendue aux urgences par ses propres moyens. Elle a eu un traumatisme de la malléole et une infection de la jambe due à sa prise en charge tardive », déplore Ombline. 

À 4 h 8, les pompiers reçoivent un appel d’un « gendarme blessé » léger. Deux minutes plus tard, il est pris en charge, et conduit à l’hôpital où il est admis vers 4 h 30. Lorsque les gendarmes sont pris en charge, l’ambulance est parfois « encadrée par un groupe d’intervention de gendarmerie spécialisé dans la récupération des GD [gendarmes] blessés », précisent les pompiers. 

 

Jeune homme blessé, ancien hippodrome de Redon, 19 juin 2021. © Association Techno +
Jeune homme blessé, ancien hippodrome de Redon, 19 juin 2021. © Association Techno +
Vers 6 heures, « alors que le jour se levait, la situation a commencé à s’apaiser et nous avons pu arriver vers une autre partie du site, un autre champ où nous avons pu commencer à souffler », explique la présidente de Techno+. 

 

L’association monte alors une tente pour continuer de venir en aide aux jeunes, mais « il fallait une unité de soins avec des secours ». L’infirmière doit soigner une personne qui « semble avoir reçu un tir de LBD entre les deux yeux. Là encore, ce sont ses amis qui l’ont évacuée. » 

À 7 h 29, puis à 8 h 28 et encore à 9 h 36, l’association réclame à nouveau à l’ARS des équipes de secours. En vain. Pourtant, à 8 h 25, les pompiers sont intervenus. Mais c’était, de nouveau, pour venir soigner un gendarme dont l’état ne nécessitera pas son évacuation. 

Vers 9 h 40, les pompiers s’apprêtent à envoyer des équipes. Ils prévoient de mettre en place un poste médical avancé (PMA) mais aussi, « en prévision d’interventions des forces de l’ordre », ils préparent 3 bateaux ainsi que des plongeurs « pour la fin d’après-midi ».  

Mais à 12 h 12, toujours rien. La présidente de Techno+ demande des précisions au sous-préfet Jacques Ranchère. « “Il faut qu’on s’organise”, m’a-t-il dit. »

À 16 heures, alors que la rumeur d’une nouvelle charge des gendarmes s’amplifie, la présidente de l’association interroge de nouveau le sous-préfet et l’alerte sur les dangers que représente une telle opération, certains jeunes étant alors épuisés, alcoolisés et « le site étant en bordure de rivière ». Mais il la rassure et « lui garantit qu’aucune charge n’est prévue », rapporte-t-elle. Les pompiers, eux, s’y préparent depuis le matin. 

 

Et effectivement, vers 17 heures, des tirs de grenades lacrymogènes recommencent. Une jeune femme reçoit des éclats de grenade au visage. Cette fois sur place, les pompiers la prennent en charge vers 18 h 30 ainsi que « cinq raveurs dont deux en urgence absolue » et « plusieurs personnes tombées à l’eau ». Dix gendarmes seront également pris en charge, « classés urgence relative ».  

Mediapart a pu consulter des documents de secouristes d’Ille-et-Vilaine ainsi que les alertes lancées à la préfecture et à l’Agence régionale de santé (ARS) par l’association de prévention Techno+. Difficile de savoir combien de jeunes ont été blessés puisqu’ils sont nombreux à avoir dû se débrouiller par leurs propres moyens comme ça a été le cas pour le jeune homme dont la main a été arrachée.

L’association Techno+ a cependant réalisé un premier bilan qui chiffre à 22 le nombre de jeunes auxquels elle a pu apporter les premiers soins. Deux étaient en état de détresse psychologique et vingt autres blessés. Parmi les blessures, l’association a notamment relevé une joue transpercée et une mâchoire touchée par des éclats de grenade, des traumatismes, certainement causés par des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD), notamment au front. Sur ces 22 blessés, seuls quatre ont pu être pris en charge par les pompiers, entrés sur le site le 19 juin, vers 18 heures. 

L’un des pompiers que nous avons interrogé reste encore choqué par cette soirée. « Nous ne pouvions pas nous engager en tant que pompiers dans cette zone. C’était trop dangereux. Mais la préfecture comme la gendarmerie n’ont pas réfléchi à la mise en danger qu’ils faisaient courir à ces jeunes. C’est si inquiétant de voir cela. Ce sont nos enfants. » 

« J’ai eu l’impression d’être isolée et enfermée en criant à l’aide sans être vraiment entendue », explique Ombline, qui déplore que le ministère de la santé ne l’ait pas rappelée « alors qu’il nous soutient et nous finance »

 

Contactée par Mediapart, la préfecture d’Ille-et-Vilaine déclare qu’« à 1 h 51, un chef de groupe, un infirmier et une ambulance ainsi qu’un engin-pompe étaient sur place. Des moyens supplémentaires ont été engagés à plusieurs reprises au cours de la nuit pour prendre en charge des victimes, dont certaines s’étaient entre-temps rendues à l’hôpital par leurs propres moyens ». Mais la préfecture n’apporte aucune réponse concernant l’absence de plan d’évacuation des blessés ou d’accès sécurisé pour les pompiers.

Elle ne livre pas plus d’explications sur l’absence de prise en charge de nombreux blessés, parmi lesquels le jeune homme mutilé.

 

 

FDP thread sinon 

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Ah ouais, il y a quelques semaines c'était inenvisageable et aujourd'hui c'est bien fait pour notre gu****

 

«Ils n'avaient qu'à se faire vacciner !»
 

https://francais.rt.com/france/88651-philippot-interpelle-castex-dans-rue-paris-sur-pass-sanitaire

 

 

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Il y a 15 heures, Jamiyoyo a écrit :

Ah ouais, il y a quelques semaines c'était inenvisageable et aujourd'hui c'est bien fait pour notre gu****

 

«Ils n'avaient qu'à se faire vacciner !»
 

https://francais.rt.com/france/88651-philippot-interpelle-castex-dans-rue-paris-sur-pass-sanitaire

 

Florian Philippot insiste auprès du chef du gouvernement en arguant que «cela crée un problème de discrimination entre les gens». Juste avant de mettre un terme à la discussion, le Premier ministre s'exclame alors, selon les sous-titres de la vidéo diffusée par Florian Philippot «Ils n'avaient qu'à se faire vacciner !», bien que l'on n'entende pas distinctement les propos prononcés par le Premier ministre.

 

Donc un faux journal, relate qu'un ex membre du FN s'inquiète des possibles discriminations, et s'indigne d'une phrase que même le faux journal n'est pas en mesure de confirmer. 

 

Le cerveau de Jamiyoyo s'illumine et se dit "il faut que je partage ça direct" 

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il y a une heure, Mrpropre World Peace a écrit :

Le cerveau de Jamiyoyo s'illumine et se dit "il faut que je partage ça direct" 

ben oui, je ne suis pas regardant lorsqu'il s'agit d'être critique vis à vis de ce gouvernement

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Posted (edited)

C'est le moment d'y aller sur les retraites, certains doivent déjà être bien chaud là devant la TV... tu peux charger la mule Manu.

 

edit : relocaliser !!

un peu comme avec les masques et les commandes de l'Etat de masques chinois pendant que les mecs qui ont monté des lignes de prod se retrouvent le bec dans l'eau ?

Edited by survival66

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Montjoie Saint Denis !!!!

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il y a 4 minutes, PoneyTresSage a écrit :

Il est sous coke c’est pas possible autrement.

 

il veut simplement diviser les français. Il n'y a aucune concertation, c'est le fait du Prince et il dit l'inverse de ce qu'il affirmait il y a 100 jours.

Ils vont devoir commander de nouvelles grenades de désencerclement.

 

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