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Article L'OBS "Maman est joueuse professionnelle de poker"

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sima l'a posté sur son FB

 

EDIT: 

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-obs-du-soir/20150915.OBS5861/maman-est-joueuse-professionnelle-de-poker.html

 

 

Cheveux noirs tirés en chignon, une paire de créoles aux oreilles et un rouge léger sur les lèvres, Sima quitte son appartement parisien pour aller bosser. Il est 22 heures et il fait encore très chaud en cette soirée de juillet. D'un petit coup sec de la main, elle sort une cigarette de son étui. La première d'une longue série. Détendue, elle marche dans les rues quasi désertes comme si la ville lui appartenait. Son téléphone sonne. Un ami passera la chercher pour se rendre avec elle au Cercle Clichy-Montmartre, dans le 17e arrondissement de Paris. "Ma deuxième maison, mon chez moi".
Ses deux plus jeunes filles – 7 et 9 ans – sont couchées, veillées par son compagnon et sa fille aînée de 22 ans. “En période scolaire, je pars tous les soirs vers 21 ou 22 heures, après avoir fait des câlins et souhaité de beaux rêves. Elles savent que je vais jouer. La petite m'embrasse en me disant : ‘Tu vas gagner, ma maman, n'aies pas peur de tous ces hommes...' Je rentre le lendemain vers 6 heures. Je peux préparer leur petit-déjeuner, les conduire à l'école, et me rendormir jusqu'à 14 heures.” Comme si de rien n'était.

Tous les soirs, quand Sima part jouer, sa fille lui dit : “Tu vas gagner, ma maman”. 
Sima a trois filles de deux pères différents. Joueuse professionnelle de poker depuis quatre ans, elle vient d'intégrer la Team Ladies de Roger Hairabedian, dit “Big Roger”, le seul Français détenteur d'un double titre de champion du monde. Ses gains au jeu constituent actuellement son unique revenu, avec lequel elle paye son loyer, remplit le frigo et gâte ses filles. Au milieu des années 1990, quand elle est arrivée d'Arménie avec son premier mari, cette quadragénaire diplômée en sociologie, capable d'émailler sa conversation, avec un accent à couper au couteau, de longs extraits de littérature russe, perse et française, a d'abord travaillé comme vendeuse et serveuse. Avant qu'un staphylocoque doré ne la cloue plusieurs semaines à l'hôpital et manque, dit-elle, lui arracher une partie de sa mémoire.
Elle a aussi tenté de monter une association pour donner des cours d'échecs à des enfants défavorisés mais n'a jamais pu obtenir de local. La séparation d'avec son deuxième mari l'a finalement conduite un soir place de Clichy, avec la ferme intention d'y gagner sa croûte.


200 euros chaque soir
“Ce sont mes amis joueurs d'échecs qui m'ont parlé du poker. Je suis entrée au Cercle pour voir, j'ai commencé à apprendre en observant les autres. Celui-là, il faisait partie de mes objets d'étude”, dit-elle en désignant un dandy qui s'avance vers elle. “Lui, il a fait tous les cercles de Paris. Il me faisait tellement peur au début, avec son jeu agressif”, poursuit-elle avec son rire un peu cassé.

Sima est devenue joueuse professionnelle de poker il y a quatre ans. Ses gains au jeu constituent actuellement son unique revenu. 
Aujourd'hui, c'est elle que certains joueurs expérimentés craignent, même si elle fait mine de l'ignorer.
Ici, il y a de vrais maîtres, mais on forme tous une communauté. Et ce n'est pas parce que je sais jouer que je ne peux pas être un “fish” un jour. On est tous le fish de quelqu'un !
Le fish ? Celui qui “qui paye tous les coups”, qui surenchérit systématiquement, et qu'il est facile de plumer. Le poker a ses codes et ses anglicismes, pas toujours évidents à traduire pour le néophyte : le “all in” ou “tapis”, quand on mise tous ses jetons d'un coup ; les petites et grosses “blinds” – prononcer “blaindes” en français mais penser “blind”, comme aveugle en anglais, pour les premières mises, lorsque l'on n'a pas encore de visibilité - ; le “bluff”, un classique ; le “sizing”, pour ajuster sa mise ; ou le “bankroll”, la somme dont dispose le joueur. Un montant que Sima affirme gérer en bonne mère de famille. Comme tous les soirs, elle ne part de chez elle qu'avec 200 euros, son paquet de cigarettes et son téléphone portable.
Je suis une petite joueuse. Je ne dépasse pas la limite de 200, 300 euros... Je sais que je n'ai que ça à perdre, je ne peux pas aller au delà.
Devant le 84 de la rue de Clichy, un bâtiment à colonnades surmonté de grandes cartes multicolores, des joueurs – des hommes, pour la plupart – grillent une cigarette sous le regard attentif d'un vigile. Sima écrase la sienne avant d'entrer. Impossible de la suivre. Les journalistes ne sont pas les bienvenus cet été.
Le Cercle Clichy-Montmartre est, avec le Club Anglais – bien plus fermé –, le dernier survivant du monde légal des jeux parisiens. Depuis la loi de 1919, les casinos n'ont plus droit de cité dans la capitale. Les cercles sont autorisés, mais sont curieusement considérés comme des associations à but non lucratif. Ils sont désormais très surveillés, et même en sursis depuis que Bernard Cazeneuve a décidé, mi-juin, de les remplacer à partir de 2016 par des clubs à l'anglaise.

Il y a foule ce soir-là dans la belle brasserie XIXe reconvertie en salle de jeux. Sima attendra donc, comme d'habitude, qu'une table se libère. De jour, derrière la porte vitrée à double battant, on distingue les dix tables rondes qui reçoivent les “petites limites”, les portefeuilles à 50 ou 100 euros. Les gros joueurs, eux, sont dirigés vers une salle VIP, bien cachée.

Le Cercle Clichy-Montmartre et le Club Anglais sont les deux dernières salles de jeux autorisées à Paris. 
Avec son immense verrière et ses hautes glaces gravées, l'endroit ressemble à un salon de thé de la Belle Epoque. Loin des scènes de films, de “l'Arnaque” ou de “Casino royale”. “Il n'y a pas de lumière tamisée ou d'ambiance interlope et je n'ai pas le visage pâle ou le regard désespéré, rit Sima. Rien à voir avec ‘la Peau de chagrin'. Tu sais, la scène où Raphaël perd sa dernière pièce dans un salon de jeu. C'est sérieux, ici. Les règles sont très strictes. On ne peut pas s'énerver, ou même parler fort. Si deux joueurs s'insultent, le croupier le signale immédiatement.”
Boulot ordinaire
Mais la mère de famille reconnaît que ses nuits au cercle sont une addiction. Ils sont environ 200 comme elle à s'y rendre tous les soirs de la semaine, comme d'autres vont au bureau. Pour des “cash games”, comme aujourd'hui, ou des tournois, étalés sur deux à trois jours, “de vraies compétitions sportives où, si l'on veut atteindre la table finale, il vaut mieux être en pleine forme”.
Dans ce petit monde qu'elle nomme sa “Clichy family”, Sima a ses habitudes. Entre deux parties, ou lorsqu'elle attend une table, elle s'assoit au bar et sort un petit jeu d'échecs en ivoire, “un cadeau de la maison.”
Je les connais tous, les croupiers, les directeurs, les joueurs réguliers. Quelques-uns sont des amis. J'ai dit un jour au patron que si je quittais le cercle, je lui prendrais un de ses miroirs. J'ai passé tant de temps à me regarder dedans.
Utile pour jouer des apparences ou traquer les faux-semblants de l'adversaire en dissimulant ses émotions. La base du poker. Que sa pratique ancienne des échecs – elle dit avoir toujours en tête les positions des pièces d'un championnat perdu à l'âge de 8 ans en Arménie – lui a permis d'affiner.

“La seule question que l'on doit se poser en jouant, c'est pourquoi l'autre joueur paye ta relance.”
“Quand on joue aux échecs, quand on fait des compétitions, on apprend ce langage du corps. Ce que l'on ne retrouve pas du tout sur les sites de jeux en ligne. Il y manque la lecture de l'adversaire, son portrait psychologique... La seule question que l'on doit se poser en jouant, c'est pourquoi l'autre joueur paye ta relance. Mais il ne faut pas oublier que le poker est aussi un jeu de hasard”, rappelle-t-elle en avouant le montant de sa plus grosse perte – 1.000 euros – un soir où les autres joueurs avaient des cartes quelconques ...
Il me restait 60 euros. Le lendemain je suis repartie avec ces 60 euros et j'en ai récupéré 500. Le surlendemain, j'ai pris à nouveau 60 euros et j'en ai gagné 800.
Un mode de vie “sur le fil” qu'elle tente de considérer comme un boulot ordinaire. Sans salaire fixe à la fin du mois. En début d'année scolaire, sa fille a expliqué à sa nouvelle enseignante du cours préparatoire que sa maman était “joueuse de poker”. “Ce n'est pas une profession”, lui aurait rétorqué l'institutrice. La gamine, vexée, a interrogé sa mère. “Je lui ai expliqué que sa maîtresse restait debout huit heures par jour pour lui donner des leçons. Et que moi, je restais assise le même nombre d'heures à une table de jeu pour gagner ma vie. La plupart des joueurs que je connais n'osent pas dire à leurs enfants ce qu'ils font.” Le bluff, cette mère poule le réserve à ses adversaires de jeu.


Corinne Bouchouchi

Edited by Loorent

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Live donc ~30 mains/heure, ~5h/nuit (entre les trajet, l'attente, etc). Si elle joue 365 jours/an ça fait ~50k mains à l'année. Joueuse pro depuis 4 ans donc  ~200k mains... J'espère pour elle que la variance va continuer à lui sourire ! Keep up the good work :up)

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pro = ne fait que ça

Et oui on est loin de la vie rêvé d' Elky, Negréanu, Ivey, Mercier et autres stars qu' on nous vend dans les reportages !!!

Mais tellement le classique, je pense, de la plupart des joueurs de poker qui attendent leur "One time"

J' ai croisé plusieurs fois cette femme au CCM, très sympa, bonne joueuse et très intelligente.

Moi je ne peux pas faire ce que font ces "petits joueurs Pros", sérieux, humilité, positivité, pas de spew, gestion de bankroll …alors j' admire.

Après je ne sais pas combien il faut en moyenne gagner par jour pour pouvoir vivre du poker…100€ - 150€ ? Car à coté de ça tu dois pouvoir toucher les allocs, pas d' impôts, mais pas d' assurance maladie ou de fiche de paye non plus...

Edited by ben92120

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Très risqué d'un point de vue fiscal cette itw ... Bonne chance à elle cependant !

Je suis venu sur ce thread pour dire ca. Aucun doute que le fisc va lui mettre le maximum comme á nous tous, á moins qu'elle ne soit enregistrée comme joueuse pro, ce dont je joute vu le profil et les montants.  

Ce passage lá me fait sourire...

Quand on joue aux échecs, quand on fait des compétitions, on apprend ce langage du corps. 

Les joueurs d'échecs ne se soucient que tres peu du language du corps car toute l'info dont on a besoin est sur l'échiquier. Mes connaissances sur le sujet m'ont permis d'avoir une idée plus précise de l'évaluation d'une position en tant que spectateur, mais en cours de partie ca ne sert vraiment á pas grand chose. 

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Encore une smicarde du poker... Elle doit avoir une gestion de BR tendu comme un string.

J'ai déjà joué en MTT une fois avec elle, je n'aurai pas cru qu'elle était "pro".

Bonne chance à elle car n'avoir que cela comme revenu pour élever ces enfants c'est triste.

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Elle peut toucher 3k de chômage d'un boulot qu'elle vient de perdre ou peut être qu'elle a touché un héritage ou autre.

Et elle fait ça soit pour passer le temps et arrondir les fin de mois, parce qu'elle ne trouve rien en attendant soit pour tenter une vraie carrière.

 

Pourquoi tout de suite rsa et misère sociale ?

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en diagonale j'avoue :)

J'ai fait un peu pareil à la base. ;) ... c'est tellement risible comme +90% des articles de poker traités par la presse généraliste, ceci dit c'est déjà souvent le cas avec la presse spécialisée.

 

lol @ intégration de la team Biggy.

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je vous trouve bien critiques les gars... Combien d'entre vous arrivent à sortir tous les mois de quoi régler le train de ville d'une petite famille? Moi avec les 100 + nuits d’hôtels que je dois payer chaque année pour faire les tournois j'ai du mal...

certes elle ne fait pas des swings de 1M à la isildur, mais à la fin du mois visiblement elle arrive à payer son loyer et financer son train de vie en jouant low variance ... donc c'est une pro qui a une gestion de BR solide!

bonne chance à elle à Marrakech.

@manub : n'hésite pas à aller au CCM défier Sima aux échecs, c'est une joueuse redoutable.

 

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Et oui on est loin de la vie rêvé d' Elky, Negréanu, Ivey, Mercier et autres stars qu' on nous vend dans les reportages !!!

Mais tellement le classique, je pense, de la plupart des joueurs de poker qui attendent leur "One time"

J' ai croisé plusieurs fois cette femme au CCM, très sympa, bonne joueuse et très intelligente.

Moi je ne peux pas faire ce que font ces "petits joueurs Pros", sérieux, humilité, positivité, pas de spew, gestion de bankroll …alors j' admire.

Après je ne sais pas combien il faut en moyenne gagner par jour pour pouvoir vivre du poker…100€ - 150€ ? Car à coté de ça tu dois pouvoir toucher les allocs, pas d' impôts, mais pas d' assurance maladie ou de fiche de paye non plus...

Elle attend son one time en NL30

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Mouais, dire qu'elle est pro en venant avec juste de quoi caver 100bb sur elle, puis à la fin de l'article ou elle parle de 60e qu'elle cave parfois. Ici pro veux bien dire ne faire que ça.
Perso je connais Sima et je pense qu'elle est plus proche d'even, et je sais qu'elle reçoit de l'argent autre que du poker.

On voit bien en filigramme le discours d'un "livetard smicard" : "traquer les faux-semblants", pas de maths, etc.

Article pour accompagner son entrée dans l'équipe féminine de Big Roger mais ça apporte quoi comme avantages au juste ?

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Pas de mauvaises interprétations à avoir, seulement qu'elle reçoit de l'argent de temps en temps de sa famille ou ami d'un autre pays.

 

Si tu parles de blanchiement d'argent, je ne pense pas qu'elle aurait donné une interview ou qu'elle s'exposerait à être "team pro". Mais bon j'interprète ton message caché :)

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