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MuffinMan

Traduction du blog de Chuck Bass

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Petit coup de main à MuffinMan

 

Chapitre 5 : un tour de montagnes russes, et le bet sur le défrocage de Patrick Antonius

 

Le mois de Mai arriva. En Finlande, le 1er mai, nous avons quelque chose qui pourrait être décrit comme notre Fête nationale de la beuverie. J’ai eu une énorme gueule de bois le 2 mai, comme à peu près tout le monde ici. Je suis allé au McDonald’s le plus proche, j’ai fait la queue pendant 30 minutes pour commander un menu hangover. Après avoir fini mon burger je n’avais rien à faire, je me suis donc décider à grind.

 

J’avais un petit peu plus de 20k$ de bankroll online. Je n’avais jamais rencontré un jour de perte jusqu’à présent (ndt : en cash game HU), et toujours aveuglé par ma fausse hypothèse qu’un bankroll management de 20 buy-in était standard, je tentais mon premier shot à une 5/10. En fait je ne peux pas vraiment le décrire comme un shot puisque pour moi il s’agissait de la prochaine étape logique de mon ascension. Je pensais que crush la 5/10 serait aussi facile que crush la 2/4 et la 3/6.

 

J’ai défié un reg suédois. J’ai perdu mon premier buy-in après un violent bad beat où ma flush s’est faite craquée par son runner runner full. Je ne me souviens pas de la façon dont j’ai perdu mes quelques buy-in suivant. Tout est arrivé assez vite. A chaque fois que j’essayais de value bet thin, il me relançait me forçant à fold. A chaque fois que j’avais les nuts, il se couchait. Et bien sûr à chaque fois que j’ai tenté de bluff, il m’a snapp-call. Il m’a totalement own, et il a aussi gagné tous les flips. Sans l’aide du deck, je lui ai rapidement lâché 10k$. Encore un peu étourdi à cause de la nuit précédente, j’ai à peine remarqué la somme que j’étais en train de perdre. Mon jugement a toujours été faible, mais en cette nuit il était encore plus faible que d’habitude.

 

La perte de 10 buy-in contre ce type a bien entendu heurté violemment mon ego. Je pensais être invincible après tout, alors perdre contre quelqu’un était horrible. Je lui ai demandé de jouer à une plus grosse limite, on est donc passé sur une 10/20. Cela ne m’a pas pris longtemps pour perdre le reste de ma roll. J’ai quasiment tout perdu contre lui en ayant également un run dégeulasse en 10/20. Il ne me restait alors plus que quelques k$ sur ma roll. Il m’a hit and run quand il ne me restait plus 4k$. J’étais énervé et je voulais juste me débarrasser du reste de ma roll, malgré le fait que cette somme qui me restait représentait à peu près 80% de mes revenus nets, et j’ai donc cherché un moyen pour m’exécuter. Je me suis installé sur une 25/50, mais pour une raison qui m’échappe, tout le monde a alors refusé de me jouer.

 

Je me suis promené dans le lobby de la room. Si personne voulait me donner de l’action en high stakes quelle serait le moyen le plus facile pour perdre mes 4 derniers K$ restant ou alors revenir au 20K$ de départ ? C’est comme ça que j’ai découvert le casino en ligne. J’ai fait quelques roulette flips à 1K$, j’ai pas touché et c’en était fini de ma roll. De rien, Whitebet casino.

 

Note à part, j’ai su plus tard que le joueur contre qui j’ai perdu avait été impliqué dans un scandale de superuser account. Il connaissait des gens des hautes sphères du réseau Ongame, et pouvait leur faire faire à peu près ce qu’il voulait. Beaucoup de regs prétendaient avoir été trompé par lui de plusieurs façons différentes. Je ne me suis jamais penché sur ma partie contre lui, mais même si j’avais été amené à le découvrir j’aurai quand même pensé avoir perdu d’une façon équitable. Ça a juste quelque chose de marrant de voir que ma première grosse perte en cash game HU s’est faite contre un tricheur reconnu. Vis et apprends (Ndt : Live and Learn).

 

Les jours qui ont suivis ont été difficiles. La première chose dont je me souviens est ce sentiment confus, un mélange de paralysie et de liberté. J’avais perdu 20k$, quasiment le montant des salaires de ma mère en un an, en moins d’une heure comme un degen (Ndt : « degening it up » dans le texte original). Mais je savais aussi que j’étais libéré du stress, et ce n’était pas plus mal dans un premier temps. Je pensais pouvoir battre facilement et rapidement toutes les limites de nouveau avec mon prochain dépôt. Je pensais pouvoir être de retour à cette limite en peu de temps. Cependant je n’avais plus de travail, et je ne savais pas comment j’allais donc faire pour pouvoir déposer de nouveau.

 

J’ai ensuite ressenti de la culpabilité. Je me sentais mal à cause de mon historique pas très glorieux (Ndt : référence aux crédits contractés en Australie pour assouvir sa gambling-addiction), et je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer différents scénarios des réactions de mes proches si ils apprenaient ce que je venais juste de faire. Et puis, ça a été le désespoir. Après quelques jours en étant pas en mesure de reprendre le grind, je voulais tellement revenir que je continuais à jouer des parties en play money. Au moment où je considérais de nouveau à avoir recours à des crédits rapides, j’ai reçu un versement important de rakeback. Je n’avais pas idée que le rakeback pouvait être aussi important. En 2008, cela prenait du temps pour recevoir les versements de rakeback, et j’avais un deal à 60% de rakeback avec Whitebet. J’ai reçu essentiellement tout le rakeback que j’avais gagné en jouant mes « aventures » en HU en un seul versement, cela représentait près de 2k$. Il était temps de retourner au grind.

 

Les semaines suivantes j’ai joué comme un dingue. Je jouais jour et nuit. Mes résultats n’étaient pas aussi bons que la dernière fois parce que la variance me rattrapait, mais je continuais de gagner. J’ai beaucoup étudié également, et je regardais quasiment toutes les vidéos de HU que je pouvais trouver sur CardRunners. Ces semaines là constitue la première fois où je pensais vraiment que je jouais assez bien pour battre les parties aux limites où je jouais (de la 0,5/1 à la 2/4). Cela ne suffirait plus pour battre ces limites aujourd’hui, mais en 2008 jouer de la même manière que celle des pros dans les vidéos était suffisant, il n’était pas nécessaire de développer un raisonnement propre. Je n’avais toujours de tracker, et je ne pouvais toujours pas expliquer la manière dont je jouais un coup si quelqu’un me le demandait, je cliquais juste sur ma souris. De temps à autre, je m’arrêtais au cours d’une main pour me poser des questions du genre « Qu’est-ce que ferais Brian Hastings à ma place ? ». Je passais du temps à réfléchir sur certains spots, et même si je le faisais de la bonne manière (en réfléchissant sur les ranges), j’ai d’une façon ou d’une autre semblé prendre les bonnes décisions la plupart du temps. Il y avait clairement beaucoup de regs meilleurs que moi dans ces parties là, mais j’étais assez bon pour avoir ma part du gâteau.

 

Quand j’ai transformé mon rakeback en à peu près 10k$, j’ai recommencé à grind la 2/4 à nouveau, et j’ai de nouveau connu un très bon run. J’ai trouvé J.Braddock sit à une table, et je lui ai pris 5k$ en ayant un run indécent. J’espère qu’il ne lit pas ce billet, parce que j’ai dû avoir un winrate d’à peu 30BB/100hands contre lui. C’était ridicule. Il doit me haïr. En juin, ma bankroll était revenue à 20k$.

 

En juin, une série d’évènements arriva. Tout d’abord ma grand-mère s’est vue diagnostiquer un cancer. Elle vivait dans le nord de la Finlande, à 800km de là où j’habitais avec ma mère. J’avais déjà pensé à emménager de mon côté quelque part, mais je n’avais jamais eu le temps de le faire avant que ma mère ait à partir. Elle est infirmière/gériatre (le genre de docteur qui soigne les personnes âgées), et elle a donc immédiatement quitté son job pour être auprès de ma grand-mère. Elle dormait sur le canapé de mes grands-parents, elle avait tout laissé derrière elle… juste comme ça. Je l’admire toujours pour le courage dont elle a fait preuve.

Donc à présent j’avais la maison pour moi seul. Ce n’était pas chic, mais j’avais naturellement planifié de rester là le temps où ma mère serait absente.

 

L’évènement suivant était la seconde fête Pokerisiviut.com. Pour la première fois ils organisaient aussi une fête en plein été afin de célébrer la série de tournois « The Midnight Sun » qui avait lieu à Helsinki. J’étais une nouvelle fois invité, et cette fois ci il y avait encore plus de pression sur ma présence à l’évènement. Mon blog venait d’atteindre un peu plus de un demi-million visites et de plus en plus de gens commençaient à remettre en cause mon existence réelle. Certains suggéraient que je n’étais en fait qu’un random nerd vivant dans un placard et qui s’inventer une vie. J’étais accusé de pas mal de choses. Par exemple quand j’ai parlé de mes 20k$ swings, les gens me demandaient des graphs pour prouver que ce que je racontais était bien vrai. Je leur ai dit que je n’avais pas de tracker et ils n’ont alors pas cru le fait que quelqu’un puisse jouer à ces limites sans en avoir un. Je pense que j’ai en fait essayé une fois d’installer Pockertracker 2, mais c’était trop difficile pour moi à cause des trucs de PostrGreSQL.

 

J’ai essayé de tout faire pour ne pas être encore une fois malade, mais devinez quoi, je suis quand même tombé malade. Ça en devenait ridicule, j’étais invité à ces soirées deux fois par an et ce depuis Janvier 2008, pour un total de 8 soirées qui avaient toujours lieu aux mêmes dates. 8 fois sur 8 j’ai été malade pendant la soirée ou juste avant. En juin 2008, j’ai été assez chanceux d’attraper la grippe quelques jours avant la soirée, je pouvais donc m’y rendre. J’ai pris un gros paquet de serviettes (mouchoirs ?) avec moi, et je me rappelle m’être senti légèrement ivre après mon premier verre de vodka parce que j’avais pris quelques antalgiques pour lutter contre les symptômes, puis je me suis rendu à la soirée.

 

Je ne connaissais personne. A ce jour, je n’avais aucun ami que j’avais connu grâce au poker. Je n’avais jamais rencontré de finlandais qui jouaient au poker, mis à part mes deux anciens collègues de travail qui étaient des joueurs de micro limites et qui ne connaissaient pas mon identité. C’était assez dur. Je n’étais pas aussi sociable que je le suis aujourd’hui, et j’étais terrifié à l'idée de parler aux gens. En règle générale, je n’étais pas effrayé de parler à des étrangers, mais comment étais-je censé commencer une conversation ? « Salut random personne. Je suis ce type qui s’appelle Interpol (mon pseudo de bloggeur). Tu peux me regarder, ou même me toucher, pour te rendre compte que je suis bien réel ». J’ai décidé de prendre quelques verres de vodka.

 

J’ai repéré l’acteur, celui qui s’appelle Jasper, et qui avait posté un commentaire sur mon blog auparavant. Je savais aussi qu’il était impliqué dans l’organisation de ces soirées. Il m’avait envoyé un email où il m’avait demandé de me montrer et où il m’avait dit qu’il voulait faire ma connaissance, j’ai donc pensé que je devais commencer par faire connaissance avec lui. Je me suis donc dirigé vers l’acteur le plus connu de l’histoire du cinéma finlandais et je me suis présenté. Il était vraiment sympa, et malgré ma timidité j’ai réussi à gérer la situation. Il m’a présenté à d’autres personnes, dont notamment quelques grinders assez connus, dont certains avec qui j’ai pu parler une bonne partie de la soirée. Je n’avais pas idée qu’il y avait autant de gens qui partageait la même vision que moi du poker et de la vie. La plupart m’ont dit qu’ils avaient vécu à l’étranger pour quelques mois ou une année, quelque chose que je voulais vraiment faire. Un grinder m’a même invité à le rejoindre en Thailande l’automne d’après pour qu’on grind ensemble. J’ai fini par être complétement saoul et j’ai vraiment passé un très moment.

 

L’un des types à qui j’ai parlé était Jens « Indigenous89 » Kyllönen, qui moins de 9 mois après allait remporter l’EPT Copenhague pour un peu plus de 1,1 Million de dollars. J’allais être la personne qui écrirait un article de 12 pages sur lui dans un magazine, et tous les deux nous allions être impliqués dans une histoire avec une star blonde de la télé-réalité dans divers magazines people, prétendant que nous lui avions proposé de l’argent pour du sexe (comme vous pouvez le deviner, je reviendrais sur cette histoire un peu plus tard). C’est marrant de voir comment l’univers fonctionne. Des choses arrivent par hasard, et toutes les petites choses que l’on peut faire (comme aborder un inconnu à une soirée) peuvent entrainer plus tard des choses complétement folles.

 

Jens avait déjà gagné online le Main Event des ECOOP pour 200k$ et il jouait en 10/20 et 25/50 6-max où il avait de très bon résultats. Quand la fête s’apprêtait à se terminer, nous allions nous retrouver moi, Jens, Jasper et d’autres personnes dans le même after. Patrik Antonius était aussi présent. Il avait déjà déménagé aux Etats-Unis, et il était juste de passage en Finlande pour rendre visite à sa famille. C’était quelque chose d’énorme que Jasper et d’autres personnes de chez Pokerisiviut.com ait réussi à l’attirer à la soirée.

 

A l’after nous avons discuté avec Jens d’un pari consistant à baisser le pantalon de Patrik Antonius. Nous étions d’accord sur le fait que si l’un d’entre nous le faisait, l’autre devrait lui donner 500 euros. Jens avait déjà une fortune de près d’un demi-million de dollars, alors que j’avais seulement 20k$. J’étais vraiment très proche de le faire. Je suis content de ne pas l’avoir fait parce que je pense que PA m’aurait botté le cul, je me serais fait jeter de la soirée, et tout le monde aurait pensé que j’étais qu’un idiot. Beaucoup de choses auraient pu ne pas se passer si j’avais fait l’imbécile en baissant le pantalon du joueur finlandais de poker ayant le mieux réussi de tous les temps. Jens ne l’a pas fait non plus, et donc Patrik a pu garder son pantalon sur ses hanches. Faute de quoi Jens a écrit cette nuit-là un post sur 2+2 suggérant que, après avoir vu PA parlé à une inconnue qui était aussi à l’after, Patrik pourrait avoir une aventure malgré le fait qu’il soit marié (pour info, aucun de nous n’a vu quelque chose réellement se passer, mais étant bourré on a pensé que c’était une bonne idée de faire ce post). J’ai essayé de chercher ce thread mais je l’ai jamais retrouvé, c’est fort probable que Jens (2+2 pseudo Jeans) l’ai supprimé. On s’est retrouvé avec la gueule de bois pour un déjeuner le lendemain, et je me rappelle que Jens était inquiet du fait que PA puisse lui botter le cul. A ma connaissance, cela n’a jamais eu lieu.

 

Quelque temps après la soirée j’ai reçu email de Jasper me disant qu’ils allaient lancer un nouveau magazine de poker. Il voulait que j’écrive une colonne régulière dans le magazine. C’était un rêve qui devenait réalité. J’aurai un véritable travail d’écriture, et j’aurai à écrire sur mon sujet favori sur terre, le poker. Je n’ai jamais répondu à un email aussi rapidement, et je me rappelle que lors de l’écriture de celui-ci mes mains tremblaient littéralement. Cela lui a pris un jour ou deux pour me répondre, et pendant ce temps je me rappelle que j’étais incroyablement inquiet et parano. Peut-être avaient-ils trouvé quelqu’un d’autre ? Peut-être qu’ils avaient décidé que j’avais plus un profil de joker (ndt : « wild card » signifie joker dans le sens d’invité/remplaçant) ? Heureusement pour moi, ce n’était pas le cas. L’email qui suivi venait de leur rédacteur en chef, me demandant de le rencontrer.

 

Je suis le genre de personne qui est tout le temps en retard, mais ce rendez-vous représentez quelque chose de tellement important pour moi que je refusais d’y arriver en retard. Le trajet pour m’y rendre était d’à peu près 20 minutes, je suis donc parti 40 minutes avant. On s’est retrouvé dans un café de grand standing, et je n’avais aucune idée de ce que j’allais dire pendant le rendez-vous. Je ne savais pas s’il connaissait quelque chose à mon sujet, je ne savais pas s’il voulait que j’écrive des articles de stratégie ou autre. Je ne savais pas si c’était une affaire conclue ou si j’allais passer un entretien d’embauche. Juste au cas où, j’ai imprimé quelques pages de mon blog pour les lui montrer.

 

Rien de tout cela n’a été exigé. Il m’a tout simplement dit qu’il était impressionné par mon blog, que je pouvais écrire sur ce que je voulais. Plus mes articles porteraient sur des sujets controversés, le mieux se serait. Il m’a dit que le premier numéro sortirait dans deux mois, et il m’a donné un mois pour me présenter avec mon premier article. La première contribution dans un magazine de toute ma vie.

 

J’ai fini par écrire sur les prostitués dans le poker, et le titre de l’article était « SuckMyAAs ».

pokermag.JPG
Mon premier article dans un magazine, publié dans Pokerisivut 1/2008. La photo a été prise quand j’avais 20 ans et j’avais encore à cette époque mon piercing au sourcil.

 

J’ai fini par me rendre à Las Vegas quelques semaines après la soirée. C’était en partie pour participer à mes premiers WSOP, en partie pour découvrir la ville et faire la fête, et en partie pour trouver de la substance à mon premier article.

 

Ce voyage nécessite son propre post, je vous en dirai donc plus une prochaine fois !

Edited by WoodyWeetos

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Super boulot Woody, et Muffin.

 

Par contre, "NDRL" ça n'existe pas :) on dit NDLR (Note De La Rédaction). Sinon "NDT" c'est mieux : Note Du Traducteur

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Note_de_la_rédaction

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Note_du_traducteur

Thanks! Je vais corriger ça... ;)

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Petit coup de main à MuffinMan

Chapitre 5 : un tour de montagnes russes, et le bet sur le défrocage de Patrick Antonius

Le mois de Mai arriva. En Finlande, le 1er mai, nous avons quelque chose qui pourrait être décrit comme notre Fête nationale de la beuverie. J’ai eu une énorme gueule de bois le 2 mai, comme à peu près tout le monde ici. Je suis allé au McDonald’s le plus proche, j’ai fait la queue pendant 30 minutes pour commander un menu hangover. Après avoir fini mon burger je n’avais rien à faire, je me suis donc décider à grind.

J’avais un petit peu plus de 20k$ de bankroll online. Je n’avais jamais rencontré un jour de perte jusqu’à présent (ndt : en cash game HU), et toujours aveuglé par ma fausse hypothèse qu’un bankroll management de 20 buy-in était standard, je tentais mon premier shot à une 5/10. En fait je ne peux pas vraiment le décrire comme un shot puisque pour moi il s’agissait de la prochaine étape logique de mon ascension. Je pensais que crush la 5/10 serait aussi facile que crush la 2/4 et la 3/6.

J’ai défié un reg suédois. J’ai perdu mon premier buy-in après un violent bad beat où ma flush s’est faite craquée par son runner runner full. Je ne me souviens pas de la façon dont j’ai perdu mes quelques buy-in suivant. Tout est arrivé assez vite. A chaque fois que j’essayais de value bet thin, il me relançait me forçant à fold. A chaque fois que j’avais les nuts, il se couchait. Et bien sûr à chaque fois que j’ai tenté de bluff, il m’a snapp-call. Il m’a totalement own, et il a aussi gagné tous les flips. Sans l’aide du deck, je lui ai rapidement lâché 10k$. Encore un peu étourdi à cause de la nuit précédente, j’ai à peine remarqué la somme que j’étais en train de perdre. Mon jugement a toujours été faible, mais en cette nuit il était encore plus faible que d’habitude.

La perte de 10 buy-in contre ce type a bien entendu heurté violemment mon ego. Je pensais être invincible après tout, alors perdre contre quelqu’un était horrible. Je lui ai demandé de jouer à une plus grosse limite, on est donc passé sur une 10/20. Cela ne m’a pas pris longtemps pour perdre le reste de ma roll. J’ai quasiment tout perdu contre lui en ayant également un run dégeulasse en 10/20. Il ne me restait alors plus que quelques k$ sur ma roll. Il m’a hit and run quand il ne me restait plus 4k$. J’étais énervé et je voulais juste me débarrasser du reste de ma roll, malgré le fait que cette somme qui me restait représentait à peu près 80% de mes revenus nets, et j’ai donc cherché un moyen pour m’exécuter. Je me suis installé sur une 25/50, mais pour une raison qui m’échappe, tout le monde a alors refusé de me jouer.

Je me suis promené dans le lobby de la room. Si personne voulait me donner de l’action en high stakes quelle serait le moyen le plus facile pour perdre mes 4 derniers K$ restant ou alors revenir au 20K$ de départ ? C’est comme ça que j’ai découvert le casino en ligne. J’ai fait quelques roulette flips à 1K$, j’ai pas touché et c’en était fini de ma roll. De rien, Whitebet casino.

Note à part, j’ai su plus tard que le joueur contre qui j’ai perdu avait été impliqué dans un scandale de superuser account. Il connaissait des gens des hautes sphères du réseau Ongame, et pouvait leur faire faire à peu près ce qu’il voulait. Beaucoup de regs prétendaient avoir été trompé par lui de plusieurs façons différentes. Je ne me suis jamais penché sur ma partie contre lui, mais même si j’avais été amené à le découvrir j’aurai quand même pensé avoir perdu d’une façon équitable. Ça a juste quelque chose de marrant de voir que ma première grosse perte en cash game HU s’est faite contre un tricheur reconnu. Vis et apprends (Ndt : Live and Learn).

Les jours qui ont suivis ont été difficiles. La première chose dont je me souviens est ce sentiment confus, un mélange de paralysie et de liberté. J’avais perdu 20k$, quasiment le montant des salaires de ma mère en un an, en moins d’une heure comme un degen (Ndt : « degening it up » dans le texte original). Mais je savais aussi que j’étais libéré du stress, et ce n’était pas plus mal dans un premier temps. Je pensais pouvoir battre facilement et rapidement toutes les limites de nouveau avec mon prochain dépôt. Je pensais pouvoir être de retour à cette limite en peu de temps. Cependant je n’avais plus de travail, et je ne savais pas comment j’allais donc faire pour pouvoir déposer de nouveau.

J’ai ensuite ressenti de la culpabilité. Je me sentais mal à cause de mon historique pas très glorieux (Ndt : référence aux crédits contractés en Australie pour assouvir sa gambling-addiction), et je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer différents scénarios des réactions de mes proches si ils apprenaient ce que je venais juste de faire. Et puis, ça a été le désespoir. Après quelques jours en étant pas en mesure de reprendre le grind, je voulais tellement revenir que je continuais à jouer des parties en play money. Au moment où je considérais de nouveau à avoir recours à des crédits rapides, j’ai reçu un versement important de rakeback. Je n’avais pas idée que le rakeback pouvait être aussi important. En 2008, cela prenait du temps pour recevoir les versements de rakeback, et j’avais un deal à 60% de rakeback avec Whitebet. J’ai reçu essentiellement tout le rakeback que j’avais gagné en jouant mes « aventures » en HU en un seul versement, cela représentait près de 2k$. Il était temps de retourner au grind.

Les semaines suivantes j’ai joué comme un dingue. Je jouais jour et nuit. Mes résultats n’étaient pas aussi bons que la dernière fois parce que la variance me rattrapait, mais je continuais de gagner. J’ai beaucoup étudié également, et je regardais quasiment toutes les vidéos de HU que je pouvais trouver sur CardRunners. Ces semaines là constitue la première fois où je pensais vraiment que je jouais assez bien pour battre les parties aux limites où je jouais (de la 0,5/1 à la 2/4). Cela ne suffirait plus pour battre ces limites aujourd’hui, mais en 2008 jouer de la même manière que celle des pros dans les vidéos était suffisant, il n’était pas nécessaire de développer un raisonnement propre. Je n’avais toujours de tracker, et je ne pouvais toujours pas expliquer la manière dont je jouais un coup si quelqu’un me le demandait, je cliquais juste sur ma souris. De temps à autre, je m’arrêtais au cours d’une main pour me poser des questions du genre « Qu’est-ce que ferais Brian Hastings à ma place ? ». Je passais du temps à réfléchir sur certains spots, et même si je le faisais de la bonne manière (en réfléchissant sur les ranges), j’ai d’une façon ou d’une autre semblé prendre les bonnes décisions la plupart du temps. Il y avait clairement beaucoup de regs meilleurs que moi dans ces parties là, mais j’étais assez bon pour avoir ma part du gâteau.

Quand j’ai transformé mon rakeback en à peu près 10k$, j’ai recommencé à grind la 2/4 à nouveau, et j’ai de nouveau connu un très bon run. J’ai trouvé J.Braddock sit à une table, et je lui ai pris 5k$ en ayant un run indécent. J’espère qu’il ne lit pas ce billet, parce que j’ai dû avoir un winrate d’à peu 30BB/100hands contre lui. C’était ridicule. Il doit me haïr. En juin, ma bankroll était revenue à 20k$.

En juin, une série d’évènements arriva. Tout d’abord ma grand-mère s’est vue diagnostiquer un cancer. Elle vivait dans le nord de la Finlande, à 800km de là où j’habitais avec ma mère. J’avais déjà pensé à emménager de mon côté quelque part, mais je n’avais jamais eu le temps de le faire avant que ma mère ait à partir. Elle est infirmière/gériatre (le genre de docteur qui soigne les personnes âgées), et elle a donc immédiatement quitté son job pour être auprès de ma grand-mère. Elle dormait sur le canapé de mes grands-parents, elle avait tout laissé derrière elle… juste comme ça. Je l’admire toujours pour le courage dont elle a fait preuve.

Donc à présent j’avais la maison pour moi seul. Ce n’était pas chic, mais j’avais naturellement planifié de rester là le temps où ma mère serait absente.

L’évènement suivant était la seconde fête Pokerisiviut.com. Pour la première fois ils organisaient aussi une fête en plein été afin de célébrer la série de tournois « The Midnight Sun » qui avait lieu à Helsinki. J’étais une nouvelle fois invité, et cette fois ci il y avait encore plus de pression sur ma présence à l’évènement. Mon blog venait d’atteindre un peu plus de un demi-million visites et de plus en plus de gens commençaient à remettre en cause mon existence réelle. Certains suggéraient que je n’étais en fait qu’un random nerd vivant dans un placard et qui s’inventer une vie. J’étais accusé de pas mal de choses. Par exemple quand j’ai parlé de mes 20k$ swings, les gens me demandaient des graphs pour prouver que ce que je racontais était bien vrai. Je leur ai dit que je n’avais pas de tracker et ils n’ont alors pas cru le fait que quelqu’un puisse jouer à ces limites sans en avoir un. Je pense que j’ai en fait essayé une fois d’installer Pockertracker 2, mais c’était trop difficile pour moi à cause des trucs de PostrGreSQL.

J’ai essayé de tout faire pour ne pas être encore une fois malade, mais devinez quoi, je suis quand même tombé malade. Ça en devenait ridicule, j’étais invité à ces soirées deux fois par an et ce depuis Janvier 2008, pour un total de 8 soirées qui avaient toujours lieu aux mêmes dates. 8 fois sur 8 j’ai été malade pendant la soirée ou juste avant. En juin 2008, j’ai été assez chanceux d’attraper la grippe quelques jours avant la soirée, je pouvais donc m’y rendre. J’ai pris un gros paquet de serviettes (mouchoirs ?) avec moi, et je me rappelle m’être senti légèrement ivre après mon premier verre de vodka parce que j’avais pris quelques antalgiques pour lutter contre les symptômes, puis je me suis rendu à la soirée.

Je ne connaissais personne. A ce jour, je n’avais aucun ami que j’avais connu grâce au poker. Je n’avais jamais rencontré de finlandais qui jouaient au poker, mis à part mes deux anciens collègues de travail qui étaient des joueurs de micro limites et qui ne connaissaient pas mon identité. C’était assez dur. Je n’étais pas aussi sociable que je le suis aujourd’hui, et j’étais terrifié à l'idée de parler aux gens. En règle générale, je n’étais pas effrayé de parler à des étrangers, mais comment étais-je censé commencer une conversation ? « Salut random personne. Je suis ce type qui s’appelle Interpol (mon pseudo de bloggeur). Tu peux me regarder, ou même me toucher, pour te rendre compte que je suis bien réel ». J’ai décidé de prendre quelques verres de vodka.

J’ai repéré l’acteur, celui qui s’appelle Jasper, et qui avait posté un commentaire sur mon blog auparavant. Je savais aussi qu’il était impliqué dans l’organisation de ces soirées. Il m’avait envoyé un email où il m’avait demandé de me montrer et où il m’avait dit qu’il voulait faire ma connaissance, j’ai donc pensé que je devais commencer par faire connaissance avec lui. Je me suis donc dirigé vers l’acteur le plus connu de l’histoire du cinéma finlandais et je me suis présenté. Il était vraiment sympa, et malgré ma timidité j’ai réussi à gérer la situation. Il m’a présenté à d’autres personnes, dont notamment quelques grinders assez connus, dont certains avec qui j’ai pu parler une bonne partie de la soirée. Je n’avais pas idée qu’il y avait autant de gens qui partageait la même vision que moi du poker et de la vie. La plupart m’ont dit qu’ils avaient vécu à l’étranger pour quelques mois ou une année, quelque chose que je voulais vraiment faire. Un grinder m’a même invité à le rejoindre en Thailande l’automne d’après pour qu’on grind ensemble. J’ai fini par être complétement saoul et j’ai vraiment passé un très moment.

L’un des types à qui j’ai parlé était Jens « Indigenous89 » Kyllönen, qui moins de 9 mois après allait remporter l’EPT Copenhague pour un peu plus de 1,1 Million de dollars. J’allais être la personne qui écrirait un article de 12 pages sur lui dans un magazine, et tous les deux nous allions être impliqués dans une histoire avec une star blonde de la télé-réalité dans divers magazines people, prétendant que nous lui avions proposé de l’argent pour du sexe (comme vous pouvez le deviner, je reviendrais sur cette histoire un peu plus tard). C’est marrant de voir comment l’univers fonctionne. Des choses arrivent par hasard, et toutes les petites choses que l’on peut faire (comme aborder un inconnu à une soirée) peuvent entrainer plus tard des choses complétement folles.

Jens avait déjà gagné online le Main Event des ECOOP pour 200k$ et il jouait en 10/20 et 25/50 6-max où il avait de très bon résultats. Quand la fête s’apprêtait à se terminer, nous allions nous retrouver moi, Jens, Jasper et d’autres personnes dans le même after. Patrik Antonius était aussi présent. Il avait déjà déménagé aux Etats-Unis, et il était juste de passage en Finlande pour rendre visite à sa famille. C’était quelque chose d’énorme que Jasper et d’autres personnes de chez Pokerisiviut.com ait réussi à l’attirer à la soirée.

A l’after nous avons discuté avec Jens d’un pari consistant à baisser le pantalon de Patrik Antonius. Nous étions d’accord sur le fait que si l’un d’entre nous le faisait, l’autre devrait lui donner 500 euros. Jens avait déjà une fortune de près d’un demi-million de dollars, alors que j’avais seulement 20k$. J’étais vraiment très proche de le faire. Je suis content de ne pas l’avoir fait parce que je pense que PA m’aurait botté le cul, je me serais fait jeter de la soirée, et tout le monde aurait pensé que j’étais qu’un idiot. Beaucoup de choses auraient pu ne pas se passer si j’avais fait l’imbécile en baissant le pantalon du joueur finlandais de poker ayant le mieux réussi de tous les temps. Jens ne l’a pas fait non plus, et donc Patrik a pu garder son pantalon sur ses hanches. Faute de quoi Jens a écrit cette nuit-là un post sur 2+2 suggérant que, après avoir vu PA parlé à une inconnue qui était aussi à l’after, Patrik pourrait avoir une aventure malgré le fait qu’il soit marié (pour info, aucun de nous n’a vu quelque chose réellement se passer, mais étant bourré on a pensé que c’était une bonne idée de faire ce post). J’ai essayé de chercher ce thread mais je l’ai jamais retrouvé, c’est fort probable que Jens (2+2 pseudo Jeans) l’ai supprimé. On s’est retrouvé avec la gueule de bois pour un déjeuner le lendemain, et je me rappelle que Jens était inquiet du fait que PA puisse lui botter le cul. A ma connaissance, cela n’a jamais eu lieu.

Quelque temps après la soirée j’ai reçu email de Jasper me disant qu’ils allaient lancer un nouveau magazine de poker. Il voulait que j’écrive une colonne régulière dans le magazine. C’était un rêve qui devenait réalité. J’aurai un véritable travail d’écriture, et j’aurai à écrire sur mon sujet favori sur terre, le poker. Je n’ai jamais répondu à un email aussi rapidement, et je me rappelle que lors de l’écriture de celui-ci mes mains tremblaient littéralement. Cela lui a pris un jour ou deux pour me répondre, et pendant ce temps je me rappelle que j’étais incroyablement inquiet et parano. Peut-être avaient-ils trouvé quelqu’un d’autre ? Peut-être qu’ils avaient décidé que j’avais plus un profil de joker (ndt : « wild card » signifie joker dans le sens d’invité/remplaçant) ? Heureusement pour moi, ce n’était pas le cas. L’email qui suivi venait de leur rédacteur en chef, me demandant de le rencontrer.

Je suis le genre de personne qui est tout le temps en retard, mais ce rendez-vous représentez quelque chose de tellement important pour moi que je refusais d’y arriver en retard. Le trajet pour m’y rendre était d’à peu près 20 minutes, je suis donc parti 40 minutes avant. On s’est retrouvé dans un café de grand standing, et je n’avais aucune idée de ce que j’allais dire pendant le rendez-vous. Je ne savais pas s’il connaissait quelque chose à mon sujet, je ne savais pas s’il voulait que j’écrive des articles de stratégie ou autre. Je ne savais pas si c’était une affaire conclue ou si j’allais passer un entretien d’embauche. Juste au cas où, j’ai imprimé quelques pages de mon blog pour les lui montrer.

Rien de tout cela n’a été exigé. Il m’a tout simplement dit qu’il était impressionné par mon blog, que je pouvais écrire sur ce que je voulais. Plus mes articles porteraient sur des sujets controversés, le mieux se serait. Il m’a dit que le premier numéro sortirait dans deux mois, et il m’a donné un mois pour me présenter avec mon premier article. La première contribution dans un magazine de toute ma vie.

J’ai fini par écrire sur les prostitués dans le poker, et le titre de l’article était « SuckMyAAs ».

pokermag.JPG

Mon premier article dans un magazine, publié dans Pokerisivut 1/2008. La photo a été prise quand j’avais 20 ans et j’avais encore à cette époque mon piercing au sourcil.

J’ai fini par me rendre à Las Vegas quelques semaines après la soirée. C’était en partie pour participer à mes premiers WSOP, en partie pour découvrir la ville et faire la fête, et en partie pour trouver de la substance à mon premier article.

Ce voyage nécessite son propre post, je vous en dirai donc plus une prochaine fois !

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On se régale, encore !!!

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UUUUUUUUPPPPPPPP !!!!

 

Si une bonne âme...

 

:D

J'ai commencé la traduction des chapitres 6 et 7. Je vais essayer de finir ça pour la semaine prochaine.

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+1 à toi pour ton geste en faveur de la branche déglingo de la communauté CP, heu en fait +PLEIN !

Et oui si on ressent de l'admiration voire de la jalousie pour l'aventure de Chuck Bass, c'est qu'on a aussi ce petit diable en nous ...

Celui qui nous dit de ne pas faire ce qu'il faut faire mais plutôt ce que l'on a envie de faire !

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pas eu le temps de finir la traduction du chapitre 6 cette semaine... mais ça arrive avant vendredi prochain c'est promis.

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"j’avais à écouter des couples baiser pendant 8h toutes les nuits. Ça doit être agréable d’avoir autant d’endurance. Peut-être qu’ils tournaient un porno."

 

Mouarf, j'ai rigolé :D
Enorme le récit

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La suite (chapitre 7) la semaine prochaine ;) .

 

EDIT: j'en suis à la moitié du chapitre 8, je vais pas avoir le temps de finir ça avant Noël, trop de travail cette semaine et participation au FPS Etudiants le weekend prochain.

Edited by WoodyWeetos

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