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Koddo

Sujet libre sur la poésie et son univers

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La poésie étant un art majeur et la mère subtile de la philosophie, je me permet d'ouvrir un petit topic à son sujet.

 

A quoi va t-il servir concrètement ?

 

Aucune idée pour le moment. Si ce n'est la possibilité pour vous de partager avec d'autres ce que la poésie peut engendrer de plus beau dans l'esprit humain. N'étant pas un extrémiste, et encore moins un censeur, la laideur est bien évidemment aussi conviée à ces réjouissances purement humaines.

 

Je me suis aussi dit que certains d'entre-vous étaient peut-être des poètes ou même des poètes sans le savoir. Car oui, la poésie s'apprivoise, comme toute chose. Et comme je suis du genre partageur, ce serait un plaisir pour moi d'éveiller de nouvelles passions.

 

Vous aussi partagez les poèmes qui vous ont marqués, les poèmes que vous avez écrits, ou encore les anecdotes méconnues concernant des poètes ou des poésies particulières. A vrai dire, partagez tout ce qui vous passe par la tête sur le sujet. Je n'ai pas vocation à interdire quoi que ce soit.

 

La poésie se trouve partout, il suffit de savoir regarder

 

Et pour ouvrir le bal des mots qui dansent, quoi de préférable qu'une bénédiction de Baudelaire ?

 

 

I. Bénédiction

 

 

Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié :

- " Ah ! que n'ai-je mis bas tout un noeud de vipères,
Plutôt que de nourrir cette dérision !
Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
Où mon ventre a conçu mon expiation !

Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
Pour être le dégoût de mon triste mari,
Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,

Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable
Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,
Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés ! "

Elle ravale ainsi l'écume de sa haine,
Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
Elle-même prépare au fond de la Géhenne
Les bûchers consacrés aux crimes maternels.

Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,
L'Enfant déshérité s'enivre de soleil,
Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.

Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s'enivre en chantant du chemin de la croix ;
Et l'Esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,
Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,
Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
Et font sur lui l'essai de leur férocité.

Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
Ils mêlent de la cendre avec d'impurs crachats ;
Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,
Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.

Sa femme va criant sur les places publiques :
" Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,
Je ferai le métier des idoles antiques,
Et comme elles je veux me faire redorer ;

Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe,
De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un coeur qui m'admire
Usurper en riant les hommages divins !

Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,
Je poserai sur lui ma frêle et forte main ;
Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
Sauront jusqu'à son coeur se frayer un chemin.

Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
J'arracherai ce coeur tout rouge de son sein,
Et, pour rassasier ma bête favorite,
Je le lui jetterai par terre avec dédain ! "

Vers le Ciel, où son oeil voit un trône splendide,
Le Poète serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l'aspect des peuples furieux :

- " Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés !

Je sais que vous gardez une place au Poète
Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
Et que vous l'invitez à l'éternelle fête,
Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.

Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
A ce beau diadème éblouissant et clair ;

Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs ! "

 

 

A vous.

Edited by Koddo

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Adieu - Une saison en Enfer - Rimbaud

 

L'automne, déjà ! - Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, - loin des gens qui meurent sur les saisons.

L'automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le pain trempé de pluie, l'ivresse, les mille amours qui m'ont crucifié ! Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d'âmes et de corps morts et qui seront jugés ! Je me revois la peau rongée par la boue et la peste, des vers plein les cheveux et les aisselles et encore de plus gros vers dans le coeur, étendu parmi les inconnus sans âge, sans sentiment... J'aurais pu y mourir... L'affreuse évocation ! J'exècre la misère.

Et je redoute l'hiver parce que c'est la saison du comfort !

- Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie. Un grand vaisseau d'or, au-dessus de moi, agite ses pavillons multicolores sous les brises du matin. J'ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J'ai essayé d'inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J'ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d'artiste et de conteur emportée !

Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan !

Suis-je trompé ? la charité serait-elle soeur de la mort, pour moi ?

Enfin, je demanderai pardon pour m'être nourri de mensonge. Et allons.

Mais pas une main amie ! et où puiser le secours ?

¯¯¯¯¯¯¯¯

Oui l'heure nouvelle est au moins très-sévère.

Car je puis dire que la victoire m'est acquise : les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais !

Il faut être absolument moderne.

Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.

Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.

Que parlais-je de main amie ! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas ; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps.

Edited by tiresias

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N'oubliez pas de citer l'auteur, ou bien l'oeuvre dont est tiré l'extrait. (ce n'est pas une obligation)

Certains pourraient avoir envie d'en lire plus, si ils ont appréciés. Et puis, ça participe à l'échange de connaissances.

 

 

L'éclair lucide

 

Le foudroiement a retenti, je l'ai entendu de ses yeux.
Ils se sont mis à rougir; les pupilles aux éclats de tempête.
C'est courtoisement appesanti que l'air sans pendule s'est fait voeu.
D'une insomnie assouplie, ce sourire d'omerta qu'elle chantait.

L'atmosphère magnifiait les gestes simples en oeuvres d'art.
Sa main sculptant sa chevelure sous mon regard photographique,
J'abrogeais par millièmes le reste de jungle en fleurs de ouate.
Jasmin durant, la devenue fit donc de moi un cosmos fragile.

 

Ery Mills

Edited by Koddo

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 En passionné du jeu de GO,

 

 

El Go

 

Hoy, 9 de septiembre de 1978,
tuve en la palma de mi mano un pequeño disco
de los trescientos sesenta y uno que se requieren
para el juego astrológico del Go,
ese otro ajedrez de Oriente.
Es más antiguo que la más antigua escritura
y el tablero es un mapa del universo.
Sus variaciones negras y blancas
agotarán el tiempo;
en él pueden perderse los hombres
como en el amor o en el día.
Hoy, 9 de septiembre de 1978,
yo, que soy ignorante de tantas cosas,
sé que ignoro una más,
y agradezco a mis númenes
esta revelación de laberintos
que ya no exploraré...

Jorge Luis Borges

 

 

Et la traduction :

 

 

Le Go

 

Aujourd'hui, 9 septembre 1978
J'ai tenu dans la paume de ma main un petit disque
Parmi les trois cent soixante et un que demande
Le jeu astrologique du Go
Ces autres échecs de l'Orient
Il est plus vieux que les plus vieilles écritures
Et son plateau est une carte de l'univers.
Ses variations noires et blanches
Épuiseront le temps
En lui peuvent se perdre les hommes
Comme dans l'amour ou dans la lumière du jour
Aujourd'hui, 9 septembre 1978
Moi qui ignore tant de choses
Je sais que j'en ignore une de plus
Et je remercie mes muses
Pour cette révélation de labyrinthes
Que je n'explorerai plus...

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À Ninon

 

Avec tout votre esprit, la belle indifférente,
Avec tous vos grands airs de rigueur nonchalante,
Qui nous font tant de mal et qui vous vont si bien,
Il n'en est pas moins vrai que vous n'y pouvez rien.

Il n'en est pas moins vrai que, sans qu'il y paraisse,
Vous êtes mon idole et ma seule maîtresse ;
Qu'on n'en aime pas moins pour devoir se cacher,
Et que vous ne pouvez, Ninon, m'en empêcher.

Il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de vous-même,
Quand vous dites un mot vous sentez qu'on vous aime,
Que, malgré vos mépris, on n'en veut pas guérir,
Et que d'amour de vous, il est doux de souffrir.

Il n'en est pas moins vrai que, sitôt qu'on vous touche,
Vous avez beau nous fuir, sensitive farouche,
On emporte de vous des éclairs de beauté,
Et que le tourment même est une volupté.

Soyez bonne ou maligne, orgueilleuse ou coquette,
Vous avez beau railler et mépriser l'amour,
Et, comme un diamant qui change de facette,
Sous mille aspects divers vous montrer tour à tour ;

Il n'en est pas moins vrai que je vous remercie,
Que je me trouve heureux, que je vous appartiens,
Et que, si vous voulez du reste de ma vie,
Le mal qui vient de vous vaut mieux que tous les biens.

Je vous dirai quelqu'un qui sait que je vous aime :
C'est ma Muse, Ninon ; nous avons nos secrets.
Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, c'est vous-même ;
Pour que je l'aime encor elle vient sous vos traits.

La nuit, je vois dans l'ombre une pâle auréole,
Où flottent doucement les contours d'un beau front ;
Un rêve m'apparaît qui passe et qui s'envole ;
Les heureux sont les fous : les poètes le sont.

J'entoure de mes bras une forme légère ;
J'écoute à mon chevet murmurer une voix ;
Un bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère ;
Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois ;

Ô mon unique amour, cette douleur chérie,
Ne me l'arrachez pas quand j'en devrais mourir !
Je me tais devant vous ; - quel mal fait ma folie ?
Ne me plaignez jamais et laissez-moi souffrir.


Alfred de Musset
Premières poésies

Edited by Marla Singer

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Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue,
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
 
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irais loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.
 
Sensation d'Arthur Rimbaud (1870).
 
​-------------
 
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;
Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !
 
If de Rudyard Kipling (1910) traduit de l’anglais par André Maurois (1918). 
 
-------------
 
Bonus :
 

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Victor HUGO   (1802-1885)

 

Amour secret

 

 

Ô toi d'où me vient ma pensée, 
Sois fière devant le Seigneur ! 
Relève ta tête abaissée, 
Ô toi d'où me vient mon bonheur !

Quand je traverse cette lieue 
Qui nous sépare, au sein des nuits, 
Ta patrie étoilée et bleue
Rayonne à mes yeux éblouis.

C'est l'heure où cent lampes en flammes 
Brillent aux célestes plafonds ; 
L'heure où les astres et les âmes 
Échangent des regards profonds.

Je sonde alors ta destinée,
Je songe à toi, qui viens des cieux, 
A toi, grande âme emprisonnée, 
A toi, grand coeur mystérieux !

Noble femme, reine asservie, 
Je rêve à ce sort envieux
Qui met tant d'ombre dans ta vie, 
Tant de lumière dans tes yeux

Moi, je te connais tout entière 
Et je te contemple à genoux ; 
Mais autour de tant de lumière 
Pourquoi tant d'ombre, ô sort jaloux ?

Dieu lui donna tout, hors l'aumône 
Qu'il fait à tous dans sa bonté ; 
Le ciel qui lui devait un trône 
Lui refusa la liberté.

Oui, ton aile, que le bocage, 
Que l'air joyeux réclame en vain, 
Se brise aux barreaux d'une cage, 
Pauvre grande âme, oiseau divin !

Bel ange, un joug te tient captive, 
Cent préjugés sont ta prison, 
Et ton attitude pensive, 
Hélas, attriste ta maison.

Tu te sens prise par le monde 
Qui t'épie, injuste et mauvais. 
Dans ton amertume profonde 
Souvent tu dis : si je pouvais !

Mais l'amour en secret te donne 
Ce qu'il a de pur et de beau, 
Et son invisible couronne, 
Et son invisible flambeau !

Flambeau qui se cache à l'envie, 
Qui luit, splendide et clandestin, 
Et qui n'éclaire de la vie 
Que l'intérieur du destin.

L'amour te donne, ô douce femme, 
Ces plaisirs où rien n'est amer, 
Et ces regards où toute l'âme 
Apparaît dans un seul éclair,

Et le sourire, et la caresse, 
L'entretien furtif et charmant, 
Et la mélancolique ivresse 
D'un ineffable épanchement,

Et les traits chéris d'un visage, 
Ombre qu'on aime et qui vous suit, 
Qu'on voit le jour dans le nuage, 
Qu'on voit dans le rêve la nuit,

Et les extases solitaires, 
Quand tous deux nous nous asseyons 
Sous les rameaux pleins de mystères 
Au fond des bois pleins de rayons ;

Purs transports que la foule ignore, 
Et qui font qu'on a d'heureux jours 
Tant qu'on peut espérer encore 
Ce dont on se souvient toujours.

Va, sèche ton bel oeil qui pleure, 
Ton sort n'est pas déshérité. 
Ta part est encor la meilleure, 
Ne te plains pas, ô ma beauté !

Ce qui manque est bien peu de chose 
Quand on est au printemps vermeil, 
Et quand on vit comme la rose 
De parfums, d'ombre et de soleil.

Laisse donc, ô ma douce muse, 
Sans le regretter un seul jour, 
Ce que le destin te refuse 
Pour ce que te donne l'amour !

Edited by safet_susic

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La magnétie de l'ouragan

 

 

Dans la concavité d'une fluette soirée, mes doigts tamisent des traductions.
En la langue d'artiste fier, la jugulaire déployée étoile la nuit de traditions.

Architecte du mot, j'intellectualise le verbe,
J'interfère puis appuie de faits l'arbitraire du monde.
Un manifeste se pose. Simple essai du baril de craie
Adressé créatif, je mène un pachyderme de course.

Dans un jonglage d'idées, d'ubuesques croisés se césarisent au gré des intuitions.
D'un tendre allant dynastifié, la vue du ciel dévoilée, j'exclame ravi mes inductions.

Je manie les boutons, déconceptualise le vrai
Indécelé d'où jaillit cette scène arrimée de hublots.
Je déclassifie l'étude longue, mes sommets de pluralisme guettent
L'index secret. Une source limpide de sphères calcifiées

Je suppose.

 

 

M.

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Un couple céleste rencontré lors de mes contemplations.

 

 

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III. La détente

 

 

De la détente, la chance des innocents,
C'est exigu dans les travées de la société,
Pour ma défense, la trempe de l'éloquence,
Les vestibules changent de paquets à satiété

Comme l'encre qui s'écoule et se tait
Courant se figer sous le buvard,
La Provence du fait-tout par ses herbes
supplante le vivier sans simulacres.

Lisez la baguette qui guide invisible
les importances de vue s'anticipant.
Peignez l'aquarelle du cycle traduisible,
De l'abondance, le luxe de la facilité.

J'entendais alors un récital complexe
Un récit rare, complet, de sentences saines,
Un Héritage hors-pair, longuement pensé
Sans inévitables promesses autrement tancées.

L'âme de l'homme a parfois besoin de crier
Me dis-je tout penaud de mes pamphlets
Le charme fort a un carquois de pointes cirées,
Me glissent les doux échos de la détente même.

Dois-je consoler ou dégainer ?
Dans le doute, je dégaine pour consoler !
Puis je suis inconsolable d'avoir dégainé.
Quelle idée d'avoir étayé,
Maintenant je tente de me dépêtrer !

Les sourcils sont circonflexes
Les regards circonspects.
Des broutilles, ces visions vaines !
Des fourmis, le dictionnaire !

Le rire retenu retient tous les tenants
Les aboutissants se pressent en masse.
Sur ce fil très ténu, le chemin du maitre tangue
comme l'assouplissant de l'être en marge.
 

 

M.

Edited by Koddo

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Khalil Gibran ,du receuil le prophète.

 

                                       Des Enfants.

 

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, 

Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, 
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, 
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance 
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

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Khalil Gibran ,du receuil le prophète.

 

                                       Des Enfants.

 

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, 

Parlez-nous des Enfants.

Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, 

pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, 

mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance 

pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;

Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

J'ai lu pas mal de trucs de lui.

Il y a même une nana qui m'avait fait ses lectures, autant te dire que j'ai tout de suite accroché.

 

Si tu ne le connais pas (ce dont je doute) il y a celui sur la souffrance qui est un must, un de mes préférés.

 

Cela me fait plaisir que tu le cites. Merci à toi, et pour les autres.

 

(le fait qu'il se dise prophète me fait quand même un peu chi**, je n'aime pas utiliser ce mot à la légère.)

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Pensées solaires pour papier fin

 

J'aime le crayon de papier.  Je le trouve noble et humble.

Conscient des propres erreurs qu'il peut commettre, il est doté d'une certaine sagesse.

Il se laisse l'opportunité de revenir sur ses dires et n'est jamais définitif dans sa pensée.

 

Les stylos sont des cons. En plus d'être prétentieux.

Déjà et d'une, ils ne changent pas d'avis.

Et quand bien même ils le font, ils ne peuvent s'empêcher de crier sur le papier en se prenant pour des pinceaux.

 

Le crayon de papier est un sage.

Le stylo, un beau parleur prenant la subtile encre en otage.

 

Et je ne vous parle pas des marqueurs.

Des sourds avec un mégaphone, manifestant en permanence.

Les marqueurs sont des syndicalistes invétérés.

Je ne les aime pas. Je n'aime pas la politique.

 

M.

Edited by Koddo

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J'ai lu pas mal de trucs de lui.

Il y a même une nana qui m'avait fait ses lectures, autant te dire que j'ai tout de suite accroché.

 

Si tu ne le connais pas (ce dont je doute) il y a celui sur la souffrance qui est un must, un de mes préférés.

 

Cela me fait plaisir que tu le cites. Merci à toi, et pour les autres.

 

(le fait qu'il se dise prophète me fait quand même un peu chi**, je n'aime pas utiliser ce mot à la légère.)

Ce texte m'a fait penser à toi et à un précédent post de ta part dans une autre section  ;)

Merci à toi pour ce thread .

 

Ainsi parlait Zarathoustra (1885), Friedrich Nietzsche :

 

 dans le désert le plus reculé se fait la seconde métamorphose : l'esprit ici se change en lion, il veut conquérir sa liberté et être le maître dans son propre désert [...].

Créer des valeurs nouvelles — le lion lui-même n'en est pas encore capable, — mais conquérir la liberté pour des créations nouvelles — voilà ce que peut la puissance du lion.

Créer sa liberté et opposer même au devoir le « non » sacré : à cette fin, mes frères, il est besoin du lion.

Prendre le droit de créer des valeurs nouvelles — c'est la conquête la plus terrible pour un esprit accoutumé aux fardeaux et au respect. A la vérité cela lui paraît être de la rapine et l'affaire de bêtes de proie.

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C'est un mec que j'ai beaucoup étudié.

Je me suis rendu compte de certains des "symptômes" qu'il décrivait bien avant d'avoir à le lire.

Cela a éveillé ma curiosité, j'ai alors creusé pas mal de ses locutions.

 

Citer Nietzsche en dehors de son oeuvre est quelque chose de très dangereux tant ses idées peuvent-être destructrices pour le Moi.

 

Néanmoins, j'ai lu le bouquin d'où tu as tiré cet extrait. ( ça va tu n'as pas choisi le pire : )

 

Il peut permettre de définir certaines parties de l'être encore mal perçue par l'ectoplasme de conscience dont nous sommes habités avant de nous rendre compte de la valeur des valeurs humaines. (je sais c'est space, dit comme cela)

 

Là où nous nous devons d'aller en douceur, concernant Nietzsche, c'est sur sa tendance à l'extrémisme philosophique. Il prône la destruction de l'être pour ensuite insinuer sa philosophie. (ni dieux, ni maitres) C'est assez dangereux pour l'âme qui n'est pas avertie.

Quand je l'ai lu, j'te dis pas ce que je me suis pris dans la tête. Le mec est brillant, je dis pas, mais reste à voir quelles sont ses fins. Les hommes intelligents sont souvent les plus vicieux. Et de la raison, la déraison grandissante.

 

Pour le paraphraser (il est malin le bougre):

 

"Il faut (devoir) qu'un professeur mette ses disciples en garde contre lui-même. Cela fait partie de son humanité."

 

Toutes ses leçons ne sont pas à prendre au pied de la lettre, sinon, il y a de quoi se foutre en l'air. Et mentalement, et physiquement. Sa philosophie peut laisser des traces.

 

Néanmoins cela reste un philosophe très intéressant et un très bon écrivain.

Zarathoustra est un véritable recueil poétique, si nous regardons l'aspect littéraire de l'oeuvre.

 

Avis à ceux qui veulent s'y mettre; faites attention à vous et soyez prêts à être passé au crible par un allemand à moustache.

Edited by Koddo

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Sur la mortalité, le temps qui passe, la vieillesse, les regrets :

 

 

 

Ozymandias

BY PERCY BYSSHE SHELLEY

 
I met a traveller from an antique land,
Who said—“Two vast and trunkless legs of stone
Stand in the desert. . . . Near them, on the sand,
Half sunk a shattered visage lies, whose frown,
And wrinkled lip, and sneer of cold command,
Tell that its sculptor well those passions read
Which yet survive, stamped on these lifeless things,
The hand that mocked them, and the heart that fed;
And on the pedestal, these words appear:
My name is Ozymandias, King of Kings;
Look on my Works, ye Mighty, and despair!
Nothing beside remains. Round the decay
Of that colossal Wreck, boundless and bare
The lone and level sands stretch far away.
So We'll Go No More a Roving
BY LORD BYRON (GEORGE GORDON)
So, we'll go no more a roving
   So late into the night,
Though the heart be still as loving,
   And the moon be still as bright.

For the sword outwears its sheath,
   And the soul wears out the breast,
And the heart must pause to breathe,
   And love itself have rest.

Though the night was made for loving,
   And the day returns too soon,
Yet we'll go no more a roving
   By the light of the moon.
 
When You Are Old
BY WILLIAM BUTLER YEATS
When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read, and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how Love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.
 
 
Edited by JulianKane

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Un homme, un genou sur son nuage, apprivoisant un oiseau de paradis.

 

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VIII. Rêves et mots


Avec tes rêves et mes mots
Nous bâtirons
Un parfait céleste de ce monde.

Un palais d'ébène et de ronces
Pour pavillon
Avec des lettres de songes

Un abécédaire de réponses
Et d'amidon
Et Avec respect nous dormirons.

Puis nous rirons de ces choses
comme l'addiction
Ou l'adn de l'omicron

Oui, avec mes rêves et tes mots
Nous partirons
Après cette brève scénette de papillons.


M.

Edited by Koddo

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 Veillée d'avril

 

 

Il doit être minuit. Minuit moins cinq. On dort.
Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves,
Et moi, las de subir mes vieux remords sans trêves,
Je tords mon cœur pour qu'il s'égoutte en rimes d'or.

Et voilà qu'à songer me revient un accord,
Un air bête d'antan, et sans bruit tu te lèves
Ô menuet, toujours plus gai, des heures brèves
Où j'étais simple et pur, et doux, croyant encor.

Et j'ai posé ma plume. Et je fouille ma vie
D'innocence et d'amour pour jamais défleurie,
Et je reste longtemps, sur ma page accoudé,

Perdu dans le pourquoi des choses de la terre,
Ecoutant vaguement dans la nuit solitaire
Le roulement impur d'un vieux fiacre attardé.

 

Jules Laforgue

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la laideur est bien évidemment aussi conviée 

Dommage, ça commençait bien.

 

 

 

Mallarmé au sommet (ou au fin fond) de son agnosticisme :
 
 
Le sonneur
 
Cependant que la cloche éveille sa voix claire 
À l'air pur et limpide et profond du matin 
Et passe sur l'enfant qui jette pour lui plaire 
Un angélus parmi la lavande et le thym, 
 
Le sonneur effleuré par l'oiseau qu'il éclaire, 
Chevauchant tristement en geignant du latin 
Sur la pierre qui tend la corde séculaire, 
N'entend descendre à lui qu'un tintement lointain. 
 
Je suis cet homme. Hélas ! de la nuit désireuse, 
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal, 
De froids péchés s'ébat un plumage féal, 
 
Et la voix ne me vient que par bribes et creuse ! 
Mais, un jour, fatigué d'avoir en vain tiré, 
Ô Satan, j'ôterai la pierre et me pendrai. 

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XI. Le suicide du réverbère

 

 

L'aube se lève entre mes lèvres fumantes;
Je la vois porter un glaive tendre sur des chênes suant
Leurs grossesses de ténèbres hurlantes.

Elle dépose le rêve dans ses sèves gluantes,
Et sur la corde raide où s'ensuque mon encre
J'aperçois le modèle d'un réverbère se tuant.

M.

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Annabel Lee

 

It was many and many a year ago,
In a kingdom by the sea,
That a maiden there lived whom you may know
By the name of Annael Lee;
And this maiden she lived with no other thought
Than to love and be loved by me.

I was a child and she was a child,
In this kingdom by the sea;
But we loved with a love that was more than love-
I and my Annabel Lee;
With a love that the winged seraphs of heaven
Coveted her and me.

And this was the reason that, long ago,
In this kingdom by the sea,
A wind blew out of a cloud, chilling
My beautiful Annabel Lee;
So that her highborn kinsman came
And bore her away from me,
To shut her up in a sepulchre
In this kingdom by the sea.

The angels, not half so happy in heaven,
Went envying her and me-
Yes!- that was the reason (as all men know,
In this kingdom by the sea)
That the wind came out of the cloud by night,
Chilling and killing my Annabel Lee.

But our love it was stronger by far than the love
Of those who were older than we-
Of many far wiser than we-
And neither the angels in heaven above,
Nor the demons down under the sea,
Can ever dissever my soul from the soul
Of the beautiful Annabel Lee.

For the moon never beams without bringing me dreams
Of the beautiful Annabel Lee;
And the stars never rise but I feel the bright eyes
Of the beautiful Annabel Lee;
And so, all the night-tide, I lie down by the side
Of my darling- my darling- my life and my bride,
In the sepulchre there by the sea,
In her tomb by the sounding sea.

 

Edgar Allan Poe

Edited by Marla Singer

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Demain, dès l'aube...

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

 

 

Victor Hugo

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Place aux femmes  :)

d.gifPleurant amèrement mon douloureux servage, 
d.gifQui tient mon corps malsain, mon esprit en souci, 
d.gifLe cœur comblé d’amer, le visage transi, 
d.gifCachant l’ombre de vie en une morte image. 
d.gif  
d.gifJe cherche vainement qui l’esprit me soulage, 
d.gifLe Médecin du corps j’éprouve vain aussi, 
d.gifD’un front Saturnien, d’un renfrogné sourcil 
d.gifJe trouve tout ami en amitié volage. 
d.gif  
d.gifVoyant donc mes malheurs croître en infinité, 
d.gifN’éprouvant rien qu’ennui, peine et adversité, 
d.gifUn céleste désir élève ma pensée, 
d.gif  
d.gifDisant, il ne faut plus en la poudre gésir, 
d.gifIl faut chercher au Ciel le bienheureux plaisir, 
d.gif„ N’espère pas salut en une nef cassée. 

 

 

Madeleine Des Roches .

 

et 

 

La subtile(fake?) lettre de Georges Sand envoyée à De Musset : 

 

Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre

Edited by chez roger

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Aucune idée de la véracité de cette lettre.

L'idée reste tout de même très bonne et très bien réalisée. Qu'elle soit vraie ou fausse.

 

 

Et pour rester avec les femmes. Gainsbourg.

 

 

La nuit d'octobre

 

Honte à toi qui la première m'a appris la trahison,
Et d'horreur et de colère m'a fait perdre la raison,

Honte à toi femme à l'oeil sombre, dont les funestes amours,
Ont enseveli dans l'ombre mon printemps et mes beaux jours,

C'est ta voix, c'est ton sourire, c'est ton regard corrupteur,
Qui m'ont appris à maudire jusqu'au semblant du bonheur,

C'est ta jeunesse, c'est tes charmes qui m'ont fait desespérer,
Et si je doute des larmes c'est que je t'ai vu pleurer,

Honte à toi, j'étais encore, aussi simple qu'un enfant,
Comme une fleur à l'aurore mon coeur s'ouvrait en t'aimant,

Certes ce coeur sans défense, pu sans peine être abusé,
Mais lui laisser l'innocence était encore plus aisé,

Honte à toi, qui fut la mer de mes premières douleurs,
Et tu fis de ma paupière jaillir la source des pleurs,

Elle coule sois en sûr et rien ne la tarira,
Elle sort d'une blessure qui jamais ne guérira,

Mais dans cette source amere, du moins je me laverais,
Et j'y laisserais j'espère ton souvenir abhorré,

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