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Le Glaneur

PMO / Pièces et Main d'Oeuvre - Les "anti-progrés"

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Je suis tombé sur cet article aujourd’hui :
 
http://www.slate.fr/france/83845/les-activistes-anti-techno-de-pmo-nous-expliquent-leur-strategie
 
Ça parle d'un groupe d'activistes "PMO" (Pièces et Main d'Oeuvre) qui utilise toutes ses ressources pour empêcher la tenue de débats sur les questions scientifiques et techniques.
Ils sont "invisibles' car ils refusent le principe du débat et s'astreignent à ne pas participer aux émissions télévisuelles et radiophoniques.

 

                          j08w.jpg
 
Le groupe est originaire de Grenoble et s'ils se sont, un temps, contentés de réunions publiques, ils semble qu'aujourd'hui, leur rayonnement dépasse les frontières Iséroises. A tel point que Badinter, Chevènement (encore vivant lui ?), Juppé et Rocard ont récemment signé une tribune commune dans Libération  pour expliquer que :
 
"des minorités constitués autour d'un rejet de celles-ci (il entend sciences et technologie par le "celles-ci'') tentent d'imposer peu à peu leur loi et interdire progressivement tout débat sérieux et toute expression publique des scientifiques qui ne partagent pas leur opinions"

 

La tribune en question :

http://www.liberation.fr/sciences/2013/10/14/la-france-a-besoin-de-scientifiques-techniciens_939430
 
A l'actif de PMO, selon Badinter, l'impossibilité de tenir des débats publics, notamment, sur le site de stockage de déchet de la Cigéo (déchets nucléaires) et en général sur tout ce qui touche les OGM, les ondes électromagnétiques, les nanotechnologies, le nucléaire, le gaz de schiste...

 

Peut-être que je vis dans une grotte mais je n'avais jamais entendu parler d'eux. 

Est-ce que quelqu'un en sait un peu plus sur qui sont ces gens et surtout quant à leurs modalités d'action ? 

Et, de façon plus générale, qu'en pensez-vous ?

 

Autres sources : 

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/les-anti-nano-se-reveillent_851026.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pièces_et_main_d'93uvre

http://www.lemonde.fr/planete/article/2005/06/16/des-activistes-grenoblois-contre-les-necrotechnologies_662822_3244.html

http://www.article11.info/?Pieces-et-Main-d-OEuvre-Quand-on

 

 

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Donc si je résume il y a un groupe d'illuminés qui fait tout pour qu'on ne parle pas d'eux, et ceux qui s'opposent à leurs idées leur font de la pub. Ça me rappelle une autre histoire.

 

C'est quoi ton objectif en ouvrant ce thread, as-tu un avis sur eux (sur ce qu'ils semblent être) ?

Edited by Byshop

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Je ne sais pas si ce sont des illuminés, mais à mon sens l'article de Slate est bourré de contradictions.

 

Si j'ai bien compris, ils ne s'expriment que par écrit, car ils refusent les débats publics, qui ne sont selon eux qu'une forme d'acceptation in fine. Et bon, quand je lis leurs textes, je me dis que le vocabulaire et les concepts évoqués passent au-dessus de la tête de 99% de la population.

 

Et sinon un peu zarbi de faire un site internet quand on crache sur tout ce qui est numérique...

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Donc si je résume il y a un groupe d'illuminés qui fait tout pour qu'on ne parle pas d'eux, et ceux qui s'opposent à leurs idées leur font de la pub. Ça me rappelle une autre histoire.

 

C'est quoi ton objectif en ouvrant ce thread, as-tu un avis sur eux (sur ce qu'ils semblent être) ?

Heuu, j'ai pas d'objectif particulier, j'ai trouvé cette histoire assez bizarre et surtout je n'en avais jamais entendu parler.

 

Je me suis dit que peut-être quelqu'un pourrait éclairer cette histoire qui est quand même plutôt obscure. Si vraiment Badinter & Co les identifient comme un vrai contre-pouvoir c'est bien qu'ils ont des moyens d'action / pression, non ? Que même si ce ne sont que des "illuminés", il arrivent à avoir un poids. Je suis curieux de comprendre comment, c'est tout.

 

e/ Je crois comprendre ta référence. Mais pour le coup ces premiers individus dont tu parles sont loin de tout faire pour rester anonymes. Mais bon c'est pas le sujet.

 

Sinon AllinAl1, effectivement lol@contradictions.

Edited by Le Glaneur

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Quelque part ils sont les héritiers de Jacques Elull et de Bernard Charbonneau. 

Vous auriez torts si vous vous contenteriez de critiquer leurs idées uniquement sur des aspects superficiels, style leur pseudo contradiction sur le numérique. 

Quelque part ils proposent un nouveau modèle de civilisation. On y adhère, ou pas, c'est évidemment un libre choix. Mais peut-être que ce choix n'en sera bientôt plus 1 et qu'il s'imposera de lui même dans un avenir peut-être pas si lointain. 

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^ Hmm vu le discours, et le vocabulaire utilisé, je serais assez surpris si c'était le cas. Si tu veux viser les masses, tu fais pas un site internet où la grosse grosse majorité décroche dès la page d'intro...

 

@Calidris: je suis d'accord avec ce que tu dis, ils disent des choses pas bêtes du tout loin de là, mais il faut reconnaitre qu'ils ont une manière quand même assez particulière de faire passer leur message. Et sur le fond, il y a quand même des points qui me contrarient du genre:

- La société actuelle est pourrie, pourtant avec ce qu'on nous vend du progrès, on devrait vivre au paradis => ouais enfin bon si t'es assez crédule pour croire le message de Mr. Apple sur le dernier iPhone qui va trop changer ta vie (en bien), voilà quoi... A l'heure actuelle faut quand même être naïf pour croire que la technologie améliore nos vies

- On ne propose pas de solutions, on se dit qu'il faut arrêter x trucs qui sont mauvais pour l'espèce humaine, on sait que le résultat ne sera pas parfait mais bon au moins ça sera autre chose => OK mais qui te dit que les gens ont envie ou même besoin d'un tel changement ? Pourquoi je voudrais passer à un autre monde, lui aussi imparfait, juste comme ça ? Pour une promesse qu'avec le temps "économisé" à plus lire facebook, je pourrai prendre soin de mes gamins, parler à mon voisin et regarder des fleurs ? Mouais...

 

Après bizarrement je pense que je serais dans leur camp (si on prend une vision simpliste "avec ou contre nous"), mais si j'en avais vraiment marre, j'irais vivre en autarcie dans un coin paumé et j'essaierais pas de convaincre des gens qui n'en ont pas envie, parce que bon les missions impossibles merci mais très peu pour moi...

(cela dit je comprends aussi l'envie de se bouger le cul et de pas se dire "ouais c'est foutu, tous des cons de toutes façons, tant pis pour eux")

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Le refus du débat publique n'est pas idiot je trouve: à part s'engueuler et polariser les opinions, ça ne sert à rien. Un vrai débat constructif se fait par lettres interposées car cela permet aux intervenants d'être dans une optique de refléxion au lieu d'être dans une optique de combat rhétorique.

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@Calidris: je suis d'accord avec ce que tu dis, ils disent des choses pas bêtes du tout loin de là, mais il faut reconnaitre qu'ils ont une manière quand même assez particulière de faire passer leur message. Et sur le fond, il y a quand même des points qui me contrarient du genre:

- La société actuelle est pourrie, pourtant avec ce qu'on nous vend du progrès, on devrait vivre au paradis => ouais enfin bon si t'es assez crédule pour croire le message de Mr. Apple sur le dernier iPhone qui va trop changer ta vie (en bien), voilà quoi... A l'heure actuelle faut quand même être naïf pour croire que la technologie améliore nos vies

 

Pour bien comprendre le sens de cette idée qu’ils développent, il faut la mettre en perspective avec la pensée d’Ellul et de son disciple Charbonneau dont ils s’inspirent en grosse partie. Que disaient-ils globalement :

 

La technique est ambivalente : elle possède des aspects positifs et négatifs. Ces derniers correspondent à un coût qu’il faut payer. Parmi ce coût, au regard de l’Histoire, figurent la liberté, une diminution des richesses sociales et une dégradation/destruction de l’Environnement. Ceci à travers le fait que la technique forme un système qui, entre autre :

-       n’a aucune finalité ;

-       n’est pas maîtrisé (il s’auto-accroît) ;

-       est anti-démocratique ;

-       ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini ;

-       est imprévisible au fur et à mesure qu’il prend de l’ampleur ;

-       renforce l’Etat

-       uniformise les individus ;

-       est aliénant.

 

Ils partent du principe que la pensée technicienne est incapable de remédier aux propres effets négatifs de la technique. Car ils constatent que la seule réponse qui est trouvée pour remédier à des effets négatifs de la technique c’est l’invention et la mise en œuvre d’une technique supplémentaire, dans le prolongement de l’ancienne, qui elle-même engendre un nouveau coût qui vient s’additionner au coût précédent.

En gros, ils considèrent que si la technique n’est pas démocratiquement contrôlée son développement ne peut se faire qu’au détriment de tout progrès humain et de destruction de l’Environnement.

 

Personnellement, je pense qu’il est évident qu’on est face à un des plus gros paradoxes de l’Histoire de l’Humanité. On est parti d’une situation primitive ou l’existence de l’Homme était uniquement orientée vers un objectif de survie, qui est une forme d’aliénation,  vers un système où nous avons tous les outils (intellectuels + technologiques) pour s’affranchir de cette aliénation afin de conquérir d’autres libertés. Au final, il n’en est rien, c’est tout l’inverse qui se produit. C’est même pire, notre espèce n’a jamais été aussi proche de son extinction potentielle. 

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 le fait que la technique forme un système qui, entre autre :

-       n’a aucune finalité ;

-       n’est pas maîtrisé (il s’auto-accroît) ;

-       est anti-démocratique ;

-       ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini ;

-       est imprévisible au fur et à mesure qu’il prend de l’ampleur ;

-       renforce l’Etat

-       uniformise les individus ;

-       est aliénant.

mouais...

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J'ai pas tout lu mais ils sont très loin d’être débile certains textes m'ont fait penser à Fight Club:

 

Edited by IpromizUHell

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En gros, ils considèrent que si la technique n’est pas démocratiquement contrôlée son développement ne peut se faire qu’au détriment de tout progrès humain et de destruction de l’Environnement.

 

Personnellement, je pense qu’il est évident qu’on est face à un des plus gros paradoxes de l’Histoire de l’Humanité. On est parti d’une situation primitive ou l’existence de l’Homme était uniquement orientée vers un objectif de survie, qui est une forme d’aliénation,  vers un système où nous avons tous les outils (intellectuels + technologiques) pour s’affranchir de cette aliénation afin de conquérir d’autres libertés. Au final, il n’en est rien, c’est tout l’inverse qui se produit. C’est même pire, notre espèce n’a jamais été aussi proche de son extinction potentielle. 

Je pense que le fond du problème se situe là (partie en gras). Et pour moi, ça n'a pas bougé d'un iota depuis des lustres, le problème était déjà là quand la technologie était encore primitive. Comme pour les armes, ce n'est pas l'objet qui est un problème, mais celui qui s'en sert.

 

Donc pour moi croire que ça va aller mieux avec moins de technologie, oui pourquoi pas... mais croire que ça va aller bien, là faut être un doux rêveur quand même...

 

Sinon pas trop d'accord sur l'extinction, je dirais plutôt fin d'une civilisation...

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Personnellement, je pense qu’il est évident qu’on est face à un des plus gros paradoxes de l’Histoire de l’Humanité. On est parti d’une situation primitive ou l’existence de l’Homme était uniquement orientée vers un objectif de survie, qui est une forme d’aliénation,  vers un système où nous avons tous les outils (intellectuels + technologiques) pour s’affranchir de cette aliénation afin de conquérir d’autres libertés. Au final, il n’en est rien, c’est tout l’inverse qui se produit. C’est même pire, notre espèce n’a jamais été aussi proche de son extinction potentielle. 

C'est exact, et le plus important est de repenser le système économique et éducatif qui enferme le peuple dans une spirale infernale de la consommation. A titre personnel, je ne possède pas d'Iphone (vois pas l'intérêt de payer 600e pour ça) mais je ne crache pas non plus sur le progrès qui peut apporter des bienfaits, en médecine par exemple.  

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1 rectification (sorry) : 

 

- est anti-démocratique ; n'est pas démocratique

un oiseau/la philosophie

- n’a aucune finalité ;

- n’est pas maîtrisé (il s’auto-accroît) ;

- n'est pas démocratique ;

- ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini ;

- est imprévisible au fur et à mesure qu’il prend de l’ampleur ;

 

(sauf l'oiseau)

- renforce l’Etat 

- uniformise les individus ;

- est aliénante.

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@ Byshop

Plutôt que j'essaie de synthétiser la pensée d'Ellul, au risque de la trahir, je préfère le laisser s'exprimer (la vidéo est en français) : 

 

 

extrait : 

 

Je ne voudrais pas effectivement que mon discours soit trop pessimiste et trop fermé.

Je voudrais expliquer que l'homme étant encore un peu un homme, ayant encore des besoins humains, étant encore capable d'amour, étant encore capable de pitié, étant encore capable d'amitié, ... et bien cet homme… - Est-ce qu'il va le faire ? Est-ce qu'il ne va pas le faire ? - prendre conscience de cette détermination par la technique, de cette suppression de ces obligations dans lesquelles il est engagé, de ces conditionnements techniques.

S'il prend conscience, alors là commence pour lui la liberté.

 

Parce que c'est lorsque nous prenons conscience de ce qui nous détermine que nous faisons le plus grand acte de liberté. A partir du moment où je suis capable de l'analyser comme j'analyserais un caillou comme j'analyserais n'importe quel objet, où je peux l'analyser ou je peux percer ses orientations à partir du moment où j'arrive à démonter les enchaînements de ce système technicien, et bien, c'est là que commence ma liberté.

Mais aussi, je sais que je suis déterminé, par ce système technicien.

...

Il faut toujours savoir que tout progrès technique se paie. 
Que tout bonheur de l'homme se paie. 
Et qu'il faut toujours se demander quel est le prix que l'on va payer. 

Quand Hitler est arrivé au pouvoir, on a dit "Mais les allemands sont fous.  Ils ont tous été pour Hitler ou presque." 
Bien sûr. 
Hitler a fait disparaitre le chômage rapidement. 
Il a redonné au Mark toute sa valeur très rapidement. 
Il a fait multiplier brusquement la croissance économique très rapidement. 
Comment voulez-vous qu'une population peu informée et qui voit ces miracles économiques se produire, comment voulez-vous qu'elle soit contre ? 
Il suffisait de se poser la question : Quel est le prix ? 
Qu'est-ce  que l'on paye, ou qu'est-ce que l'on va payer en échange de ce progrès économique, de cette amélioration du Mark, de cette suppression du chômage etc. 
Qu'est-ce que ça va coûter ? 
On se serait alors rendu compte que cela risquait de coûter très cher cette réussite là, mais ça, c'est typique de notre société moderne.

 

Alors que dans une société traditionnelle, on pose toujours cette question-là. Toujours. C'est à dire, si je fais ceci qui perturbe l'ordre du monde, qu'est-ce que cela va coûter ?"

Edited by Calidris

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Le refus du débat publique n'est pas idiot je trouve: à part s'engueuler et polariser les opinions, ça ne sert à rien. Un vrai débat constructif se fait par lettres interposées car cela permet aux intervenants d'être dans une optique de refléxion au lieu d'être dans une optique de combat rhétorique.

Dans le même ordre d'idée, j'ai vu récemment les reportages de Pierre Carles sur la connivence des élites politiques et des détenteurs du pouvoir de l'image (chef de rédaction, de chaîne, de service et présentateurs télés). Pierre Bourdieu y apparaît lors de son passage à Arrêt sur Image alors présenté par Schneidermann sur la cinquième.

 

J'ai beaucoup étudié les écrits de Bourdieu pour mes masters mais je n'avais jamais vu ces images.

"Enfin pris" (Merci Mark White, merci ce thread meilleur doc) est instructif même si à mon sens il tourne un peu trop autour de la personnalité de Carles et sa volonté de régler ses comptes. Mais ce reportage permet de mieux comprendre pourquoi Bourdieu s'est, de lui même, tenu à l'écart des émissions de télé suite (entre autre) à son "expérience" sur la cinquième.

 

Ce comportement lui a valu beaucoup de critiques, le faisant passer pour un gourou VRP d'une sociologie  sectaire ne supportant pas la contradiction.

C'est amusant de voir, que durant l'émission, il n'a pas pu contrer les mécanismes qu'il connaissait pourtant très bien pour les avoir étudiés. "Contrer" parce-que justement il n'a jamais été question d'expliquer, Schneidermann se ventait de présenter une émission de télé qui pouvait critiquer la télé. Quand il invite Bourdieu il lui oppose Jean Marie Cavada et Guillaume Durand, ces derniers, rompus à l'exercice, ne le laisseront jamais finir une phrase.

Ce qu'il s'est passé durant cette émission est l'image même de la critique de Bourdieu.

 

Ce qui me dérange n'est pas tant la connivence de deux milieux qui n'ont rien d’étanche (même formation, même milieu, même jeunesse...) mais cette impossibilité de se remettre en question est de critiquer le système dont il font parti, de reconnaître une part de réalité. Dès que l'on touche à ces questions, les tenants du pouvoir médiatique voient rouge et s’énervent (voir le début de Pas vu, pas pris). Parce-que c'est la remise en cause du principe fondateur de leur profession; la sacro-sainte neutralité journalistique.

Amusant d'ailleurs de voir Anne Sinclaire affirmer ne pas voir de problème dans le fait de tutoyer les politiques en off les vouvoyer en live. C'est pas de la schizophrénie, non, c'est juste une mise en scène, du théâtre et elle ne voit pas ou le problème.

 

Tout ça pour dire qu'effectivement, le refus du débat tel qu'il est aujourd'hui mis en scène ne me parait pas / plus un choix si discutable. Le pouvoir de l'image... que vaut Bourdieu face à Scheidermann ou Cavada devant une caméra ? Pas grand chose, pourtant l'oeuvre de Bourdieu est considérable. 

 

Le mal est fait (et la fabrique de l'information n'a pas beaucoup changé). Plus je (re)met le nez la dedans, mieux je comprends ce nouveau prototype d'énergumène fraîchement débarqués.

Ceux qui se défient de tout, de rien, qui critiquent les médias "mainstream" et sont persuadés que tout est mensonge. Les marionnettistes ont tiré des ficelles tellement grosses que le public a fini par les voir.

 

Mais Internet ne résout pas tout et la façon de communiquer aujourd'hui, si elle est plus horizontale induit elle aussi des biais. L’instantanéité, les rapidité de mise à jour, la facilité à répéter des messages brefs et percutants ne me semblent pas participer à la sérénité des débats ni à la constitution d'un esprit critique.

Les références n'existent plus, l'avis l'emporte sur la connaissance. On partage avant d'avoir lu et avant de s'être forgé un avis.

 

L'horizontalité permet aussi et surtout de tout remettre en cause, même les faits établis et vérifiés. L'Histoire elle même peut-être remise en question. La méthodologie, la recherche et la connaissance s'effacent devant l'avis. 

 

Bref [/énorme HS]

 

Je comprends cette volonté de ne pas participer au débat. Ce que l'on peu espérer, c'est que la facilité d'accès aux contenus puisse amener une génération à se poser, lire et réfléchir; se forger un esprit critique sans se vautrer dans la défiance généralisée et la tentation de l’extrémisme comme recours inexploré.

 

PMO :

Les «débats», même radiophoniques et à temps de parole égal, simulent l’exercice d’une «démocratie» entre experts et contre-experts. Cette «démocratie technique» théorisée par les sociologues de l’innovation (voir Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, par Callon, Barthes, Lascoumes) substitue des leurres («forums hybrides», «conférences de citoyens», etc) à la confrontation politique sur le fond. Ces leurres occultent la dissymétrie entre ceux qui ont le pouvoir d’agir et ceux qui sont réduits à la simple expression, entre le loup et la chèvre. Ils ne dupent d’ailleurs plus grand-monde. Chacun voit que la décision, dans la vie réelle, tient au rapport de forces entre le pouvoir et les sans-pouvoir.

Edited by Le Glaneur

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Je comprends cette volonté de ne pas participer au débat. 

Le problème c'est qu'ils ne font pas que refuser les débats, ils les interrompent (l'objet de la lettre de Badinter dans le deuxième article que tu quote).

En gros, ils considèrent que si la technique n’est pas démocratiquement contrôlée son développement ne peut se faire qu’au détriment de tout progrès humain et de destruction de

l’Environnement.

Pas le temps de regarder la vidéo que tu as posté. Est-ce que tu peux préciser ce qu'entend Ellul par "développement technique démocratiquement contrôlé"? Plus précisément, quels sont les mécanismes de contrôle et en quoi le système serait supérieur?

De mon point de vue le développement technique est déjà en partie contrôlé démocratiquement. C'est d'ailleurs par ce que les consommateurs Français préfèrent installer des chauffe-eau électriques plutôt que des combos solaires que nous sommes en retard sur le sujet.

Edited by Guest

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taboulet, le 23 Mai 2014 - 17:53, a dit :

taboulet, le 23 Mai 2014 - 17:53, a dit :

Le problème c'est qu'ils ne font pas que refuser les débats, ils les interrompent (l'objet de la lettre de Badinter dans le deuxième article que tu quote).

Pas le temps de regarder la vidéo que tu as posté. Est-ce que tu peux préciser ce qu'entend Ellul par "développement technique démocratiquement contrôlé"? Plus précisément, quels sont les mécanismes de contrôle et en quoi le système serait supérieur?

De mon point de vue le développement technique est déjà en partie contrôlé démocratiquement. C'est d'ailleurs par ce que les consommateurs Français préfèrent installer des chauffe-eau électriques plutôt que des combos solaires que nous sommes en retard sur le sujet.

Au cas où : quand Ellul parle de la technique il ne parle pas que de la chose matériel-technologique, il l'a définie comme : "La recherche en toutes choses de la méthode absolument la plus efficace."

 

Ca comprends donc aussi la chose politique, qui est aux mains de techniciens de la politique et non pas aux mains du peuple qui ne fait que subir. La technique politicienne est partie intégrante de la technique, l'ensemble s'auto-alimente. Sachant qu'il a une vision assez pessimiste/réaliste du citoyen en matière démocratique, car selon lui :

" tant que celui-ci n'est préoccupé que de sa sécurité, de la stabilité de sa vie, de l'accroissement de son bien être, nous ne devrons avoir aucune illusion, il ne trouvera nulle part la vertu nécessaire pour faire vivre la démocratie. Dans une société de consommateurs, le citoyen réagira en consommateur."

Le contrôle démocratique de la technique ne peut donc se faire que si les citoyens s'engagent, ce qui veut dire prendre des risques, donc aller à l'encontre de la vision sécuritaire qu'ils ont de leur propre existence.

 

Dans ton exemple, le choix n'est qu'un choix de consommateurs, pas celui du choix d'un individu libre de choisir car informé. La technique a choisit le développement du modèle du chauffe eau électrique plutôt qu'un autre type de modèle, sans consulter les citoyens. La technique de l'information et publicitaire le vend aux consommateurs comme modèle de chauffe eau idéal à utiliser, le consommateur suit comme un mouton.

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Les Nouveaux chemins de la connaissance : Emission du 18.04.2014 sur Jacques Ellul :

Et aujourd'hui, place à l'actualité éditoriale à l'occasion de la parution non pas d’un ni deux ni trois, mais de quatre ouvrages, tous de ou autour de Jacques Ellul : La parole humiliée de Jacques Ellul lui-même, A contre-courant, une série d’entretiens de Jacques Ellul, les actes du colloque qui lui était consacré en juin 2012 : Comment peut-on encore être ellulien au XXIème siècle, trois ouvrages parus aux éditions de la Table ronde. Mais aussi Nous sommes des révolutionnaires malgré nous de Jacques Ellul et Bernard Charbonneau paru aux éditions du Seuil. Quatre ouvrages donc qui sont l’occasion rêvée de découvrir ou de redécouvrir la pensée de cet auteur singulier.

Disparu il y a tout juste 20 ans, en 1994, méconnu et marginal, Jacques Ellul est pourtant l’auteur d’une œuvre considérable (pas moins de 48 livres, et de plusieurs centaines d’articles), une œuvre aux dimensions multiples et à contre-courant. Tour à tour juriste, théologien, historien et sociologue, Jacques Ellul se disait par contre très peu philosophe. Il a toutefois l’allure d’un Alexis de Tocqueville, ce juriste croyant, sociologue et voyant de la démocratie, a priori pas vraiment philosophe, et pourtant d’une incroyable lucidité sur le monde et son avenir. Peut-être devons-nous alors, nous aussi, aller à contre-courant, à contre-courant de Jacques Ellul et de ce qu’il disait de lui-même, pour découvrir la sagesse de ses réflexions sur la société technicienne et son attention à en penser les issues par une révolution personnaliste et « à ras-de-terre ».

Et pour faire ce portrait de ce prophète-philosophe qui s’ignorait et dont nous avons tout à apprendre, nous avons le plaisir d'accueillir le spécialiste de Jacques Ellul, Patrick Chastenet.

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-actualite-philosophique-jacques-ellul-2014-04-18

Edited by Le Glaneur

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@Calidris,

Merci pour la réponse.

Dans ton exemple, le choix n'est qu'un choix de consommateurs, pas celui du choix d'un individu libre de choisir car informé... le consommateur suit comme un mouton.

Doit-on donner le pouvoir techniques ou même politique à un random mouton ? Perso je n'y crois pas car beaucoup de débats sont trop techniques. Je laisse d'ailleurs joyeusement les questions d'urbanisme à qui s'y intéresse ; ou plus précisément à celui pour qui je vote.

Le soucis c'est qu'on ne vote qu'une fois tous les 5ans... Un bon compromis reviendrait à désigner un représentant pour chaque projet spécifique, ça se rapproche de la solution proposée par FFunker dans un autre topic.

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@Calidris,

Merci pour la réponse.

Doit-on donner le pouvoir techniques ou même politique à un random mouton ? Perso je n'y crois pas car beaucoup de débats sont trop techniques. Je laisse d'ailleurs joyeusement les questions d'urbanisme à qui s'y intéresse ; ou plus précisément à celui pour qui je vote.

Le soucis c'est qu'on ne vote qu'une fois tous les 5ans... Un bon compromis reviendrait à désigner un représentant pour chaque projet spécifique, ça se rapproche de la solution proposée par FFunker dans un autre topic.

 

Aujourd'hui les parlementaires n'ont aucun pouvoir. Ils sont noyés dans une masse de 600 personnes, sans compter d'une part les sénateurs, mais surtout les membres de cabinets ministériels.

En supprimant le Sénat, réduisant le nombre de députés, et surtout en obligeant chaque député à dire ce sur quoi il est compétent, on se retrouverai à des discussions entre 10-15 personnes maxi. C'est déjà bien suffisant, vous en conviendrez.

 

Ca me fait d'ailleurs marrer ces images de grandes tables rondes où les gens se mettent ensemble pour discuter. Ca doit être un bordel...

Bon, c'est HS. Link pour le post de FFunker ?

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