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jou0eur

Journalisme et révolution de l'information

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Sur les "bienfaits" de la colonisation je recommande à tous le très bon documentaire d'Arte (4 épisodes de 1h) :

Entre autres il montre très bien la dimension de l'industrie de la traite (plusieurs millions de personnes déportées), comment la colonisation en est la suite (au prétexte de contrôler que l'abolition est respectée) et comment le racisme se construit pour justifier le travail forcé.

 

 

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Il y a 4 heures, gazelle427 a écrit :

On arrive lentement mais surement à Brazil.

 

FYP (?)

 

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On en parle de la femme tabassée par des Afghans ce WE à Dijon parce qu'elle portait un décolleté? Une déclaration de nos politiques? Des grands médias nationaux?

 

Parlons-en. Je trouve que c'est un excellent exemple pour ce thread. J'ai pas la prétention de savoir ce qui s'est passé réellement pendant ce fait divers mais le traitement "journalistique" est plus que confus.

 

J'ai pris quelques liens au hasard réferencés dans Google. 

Le figaro: "ils devront répondre en octobre devant le tribunal correctionnel de "violences en réunion" dans le cadre d'une convocation par officier de police judiciaire (COPJ), selon le parquet, qui précise qu'il "n'y a pas eu de coup et (que) la victime ne présentait aucune blessure".

Valeurs actuelles "Des demandeurs d’asile afghans insultent et frappent une femme avec un décolleté... Les deux hommes ont alors commencé à l’insulter, avant d’essayer de la faire descendre de force du train en gare de Dijon (Côte-d’Or) et de lui porter des coups aux jambes"

AlertesInfos "Dijon : 2 réfugiés musulmans d’Afghanistan lynchent une Française en raison de son décolleté... ont insulté la jeune femme, tenté de la faire descendre de force en gare de Dijon et l’un des deux lui a porté des coups contre ses jambes.

France Soir "les deux agresseurs, qui résident à Dole dans le Jura, auraient "insulté" la jeune femme, une Dijonnaise d’origine égyptienne, et l’auraient poussée "pour qu’elle décroise ses jambes... Il n’y a pas eu de coup, la victime ne présentait aucune blessure", a expliqué le parquet ".

Ouest France "Ils auraient « insulté » la jeune femme, une Dijonnaise d’origine égyptienne, et l’auraient poussée « pour qu’elle décroise ses jambes ...selon le parquet, qui précise qu’il « n’y a pas eu de coup et (que) la victime ne présentait aucune blessure »

Le Parisien "Ils auraient «insulté» cette femme de 33 ans, une Dijonnaise d'origine égyptienne, et l'auraient poussée «pour qu'elle décroise ses jambes.... selon le parquet, qui précise qu'il «n'y a pas eu de coup et (que) la victime ne présentait aucune blessure ».

voiceofeurope.com (lol la photo) "A 33-year-old woman was severely beaten by two Afghan asylum seekers last week, France’s Valeurs Actuelles reports. ... The woman was kicked and beaten until she fell to the ground.

 

Conclusions:

  • Le fait divers a bien été rapporté par les grands médias nationaux (principalement de droite), et ignoré (peut-etre volontairement) par ceux de gauche 
  • Apparemment aucune declaration politique quel que soit le bord (mais j'ai pas trop cherché)
  • Le discours des médias établis (Figaro, Ouest France, France Soir, Le Parisien) font état de la déclaration du parquet sur l'"absence de coups"
  • Le discours des médias plus proches de l'extreme droite: au mieux elle a éte "frappée aux jambes", au pire "lynchée", "sauvagement battue"

 

Je n'ai aucune idee de ce qui s'est reellement passé dans ce train entre ces gens mais il est intéressant de regarder comment l'info est traitée. Un détail, mais qui a sans doute son importance vu qu'on parle de traitement journalistique, est de distinguer les médias traditionnels qui utilisent les guillemets pour indiquer que les propos sont rapportés par une source. Les sites plus classés "fachosphere"  omettent les guillemets et traitent la meme déclaration comme un fait objectif. 

@Retrogamer

Pour affirmer que cette femme a été "tabassée" et que ca n'a pas été rapporté par les "grands médias nationaux", t'as pas du chercher beaucoup. A ta place je me poserais des questions sur la qualité de mes sources d'info.

 

Edited by manub

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Il y a 16 heures, manub a écrit :

 

Parlons-en. Je trouve que c'est un excellent exemple pour ce thread. J'ai pas la prétention de savoir ce qui s'est passé réellement pendant ce fait divers mais le traitement "journalistique" est plus que confus.

 

J'ai pris quelques liens au hasard réferencés dans Google. 

Le figaro: "ils devront répondre en octobre devant le tribunal correctionnel de "violences en réunion" dans le cadre d'une convocation par officier de police judiciaire (COPJ), selon le parquet, qui précise qu'il "n'y a pas eu de coup et (que) la victime ne présentait aucune blessure".

Valeurs actuelles "Des demandeurs d’asile afghans insultent et frappent une femme avec un décolleté... Les deux hommes ont alors commencé à l’insulter, avant d’essayer de la faire descendre de force du train en gare de Dijon (Côte-d’Or) et de lui porter des coups aux jambes"

AlertesInfos "Dijon : 2 réfugiés musulmans d’Afghanistan lynchent une Française en raison de son décolleté... ont insulté la jeune femme, tenté de la faire descendre de force en gare de Dijon et l’un des deux lui a porté des coups contre ses jambes.

France Soir "les deux agresseurs, qui résident à Dole dans le Jura, auraient "insulté" la jeune femme, une Dijonnaise d’origine égyptienne, et l’auraient poussée "pour qu’elle décroise ses jambes... Il n’y a pas eu de coup, la victime ne présentait aucune blessure", a expliqué le parquet ".

Ouest France "Ils auraient « insulté » la jeune femme, une Dijonnaise d’origine égyptienne, et l’auraient poussée « pour qu’elle décroise ses jambes ...selon le parquet, qui précise qu’il « n’y a pas eu de coup et (que) la victime ne présentait aucune blessure »

Le Parisien "Ils auraient «insulté» cette femme de 33 ans, une Dijonnaise d'origine égyptienne, et l'auraient poussée «pour qu'elle décroise ses jambes.... selon le parquet, qui précise qu'il «n'y a pas eu de coup et (que) la victime ne présentait aucune blessure ».

voiceofeurope.com (lol la photo) "A 33-year-old woman was severely beaten by two Afghan asylum seekers last week, France’s Valeurs Actuelles reports. ... The woman was kicked and beaten until she fell to the ground.

 

Conclusions:

  • Le fait divers a bien été rapporté par les grands médias nationaux (principalement de droite), et ignoré (peut-etre volontairement) par ceux de gauche 
  • Apparemment aucune declaration politique quel que soit le bord (mais j'ai pas trop cherché)
  • Le discours des médias établis (Figaro, Ouest France, France Soir, Le Parisien) font état de la déclaration du parquet sur l'"absence de coups"
  • Le discours des médias plus proches de l'extreme droite: au mieux elle a éte "frappée aux jambes", au pire "lynchée", "sauvagement battue"

 

Je n'ai aucune idee de ce qui s'est reellement passé dans ce train entre ces gens mais il est intéressant de regarder comment l'info est traitée. Un détail, mais qui a sans doute son importance vu qu'on parle de traitement journalistique, est de distinguer les médias traditionnels qui utilisent les guillemets pour indiquer que les propos sont rapportés par une source. Les sites plus classés "fachosphere"  omettent les guillemets et traitent la meme déclaration comme un fait objectif. 

@Retrogamer

Pour affirmer que cette femme a été "tabassée" et que ca n'a pas été rapporté par les "grands médias nationaux", t'as pas du chercher beaucoup. A ta place je me poserais des questions sur la qualité de mes sources d'info.

 


Le fait divers des 2 afghans est un exemple parmi d'autres qui sert à illustrer un propos.
La question n'est pas de savoir quel est le degrès de violence subit par la jeune femme (simples insultes ou coups) mais quels sont les faits divers qui sont mis en lumière par les médias et quel est le message véhiculé.

Choisir de traiter systématiquement un type de sujet plutôt qu'un autre est aussi de la désinformation.

On a vu qu'un acte héroique d'un migrant fait la une des médias pendant 3 jours, avec un message subliminal à peine voilé "Il faut accueillir des migrants". Mais qu'en revanche leurs actes delictueux ou criminels sont peu voir pas du tout relayés.

  • Et non ça n'a pas été rapporté par les "grands médias nationaux" de la même manière. Un article du Figaro ou de France Soir n'a pas du tout le même impact qu'un sujet traité dans les JT TV.

 

 

 

 

 

 

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A défaut d'un thread adéquat je poste ça là, les fanboys d'Asselineau seront heureux de le voir invité à nouveau

 

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Le bon petit storytelling du jour des m**dias.

BFM nous apprends qu'en Irlande, les pratiquants cathos sont passés de 88% à 73% entre 1960 et 2016... et que cela s’explique par... les scandales de pédophilie. :poke: On a une vague générale en Europe de recul de la religion catholique mais ces nigots sont capables d'expliquer qu'en Irlande, c'est la pédophilie qui a fait reculer la religion. Quelle bande de gros menteurs diaboliques. -_--_-

C'est incroyable ce niveau de propagande pour enfants de 10 ans sur BFM, elle est répugnante cette chaine. 1984 en vrai. ^^ Le pire c'est que ca marche sur les plus fragiles (suivez mon regard).

Edited by AssKicker496

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Pour sa première édition, Interdit d'interdire s’attaque au libéralisme. Frédéric Taddeï en débattra avec l’essayiste Emmanuel Todd, la bloggeuse Coralie Delaume, l’économiste Nicolas Baverez et Ferghane Azihari, analyste en politique publique.

 

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c'est pas tout jeune mais du Lordon chez ASI ça n'est jamais démodé

Après la crise de 2008, Lordon sur les conditions de parole dans les médias

Edited by Lazydad

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Je vous ai sélectionné un moment rigolo avec du Apathie, du Pujadas, du Lhomme et Davet mais évidemment que le reste est à regarder

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un peu de politique partisane : pour ceux qui l'ignoreraient, Raphaël Gluscksman, le compagnon de Léa Salamé qui fait en ce moment le tour des plateaux pour présenter sa plateforme "Place de la République" était la plume de Benoit Hamon lors des dernières présidentielles

Edited by Lazydad

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Il y a 10 heures, Lazydad a écrit :

Je vous ai sélectionné un moment rigolo avec du Apathie, du Pujadas, du Lhomme et Davet mais évidemment que le reste est à regarder

Je l'ai maté hier soir.

"Moi je me suis fixé une règle, ne jamais rencontrer un homme politique, ne jamais partager une table avec lui..." xD

 

Il semble assez bon comme journaliste lui aussi, c'est un peu le Mr Météo du Monde, il fait la pluie et le beau temps de ses concurrents :

 

Impossible de trouver l'émission en entier (1h15mn) mais juste le début  (18min) : https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/decodex-on-sengage-dans-une-guerre-contre-les-fake-news

Joli pédalage dans la semoule de l'invité.

Edited by survival66

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https://www.helloasso.com/associations/extra-muros/collectes/reflets-investigations

 

Citation

Soutenez une émission d'investigation sur le site Reflets.info

 

Présentation du projet

Cette collecte sert à financer un premier reportage vidéo d'investigation de 26 minutes. Il sera diffusé sur le site d'information Reflets.info, en accès libre et sur la chaine YouTube ThinkerWiew.

Cette première enquête portera sur des questions d'argent public et de conflits d'intérêts. Impossible de vous en dire plus pour le moment pour ne pas compromettre la surprise nécessaire à l'enquête. Nous espérons que ce sera la première d'une longue série. Nos sujets de prédilection abordent la gestion des finances publiques, la corruption, le lobbying, les multinationales, la surveillance de masse, l'environnement...

Pour mener à bien ce projet, Reflets.info et le collectif de journalistes indépendants Extra Muros s'associent pour co-réaliser ce documentaire. Reflets.info est un journal d'investigation créé en 2011 par un journaliste et un hacker. C'est un site totalement indépendant, sans publicité, et qui appartient à ses journalistes. Il a par exemple révélé la vente d'un système d'écoutes global de l'Internet libyen au dictateur Kadhafi par la société française Amesys. Le collectif Extra Muros regroupe de son côté une vingtaine de reporters expérimentés et plurimedia.

Origine du projet

Journalistes spécialisés dans l'investigation, nous constatons qu'il y a de moins en moins d'émissions d'enquête à la télévision. L'investigation sur les sujets politico-financiers est quasiment absente de TF1 ou des chaines de la TNT, Bolloré a supprimé l'investigation sur Canal+ en mettant un terme à l'émission Spécial Investigation. Dans ce contexte, pourquoi ne pas répondre à l'attente du public qui souhaite un journalisme d'investigation, et réaliser nous-mêmes nos reportages ?

A quoi servira l'argent collecté ?

Une enquête, c'est du temps de travail, des frais de déplacement et de location de matériel spécialisé (caméras, micros, drone). L'argent servira en partie à cela.

Vos dons serviront aussi aux frais de montage du film et aux frais techniques liés à la diffusion du documentaire.

Notre équipe

Membres du collectif de presse Extra Muros, nous sommes une équipe rassemblant des journalistes de la presse écrite, des photographes, des réalisateurs de documentaires télés et des journalistes reporters d'images. Pour ce premier documentaire, six membres du collectif sont impliqués.

Lizzie Treu est réalisatrice pour la télévision et cameraman. Elle travaille régulièrement pour France Télévision. Elle a réalisé plusieurs documentaires, notamment pour Complément d'enquête (France 2) et Zone Interdite (M6).

Antoine Champagne est journaliste et co-fondateur du site Reflets.info en 2011. Il publie aussi dans Le Canard Enchaîné, Mediapart, Marianne ou encore Paris Match.

Stéphanie Fontaine est journaliste d'investigation et spécialisée dans les sujets de sécurité routière. Elle publie régulièrement dans Caradisiac, Le Canard Enchaîné, L'Express, Mediapart...

Jacques Duplessy est journaliste spécialisé dans l'investigation. Il travaille régulièrement pour différents journaux (Le Canard Enchaîné, Mediapart, Paris Match, Marianne, Sang Froid, Reflets.info) et participe à des documentaires télés (Pièces à conviction, Envoyé Spécial, Enquête Exclusive). Il est aussi l'auteur avec Guillaume de Morant du "Tour de France de la corruption" (éd. Grasset, 2016).

François Robineau est photo-reporter et pilote de drone. Il est notamment spécialisé dans la photo aéronautique. 

Juliette Loiseau est journaliste multimédia. Elle travaille depuis 5 ans en radio, en presse écrite, ainsi qu'en vidéo (Le Monde des Ados, La Vie, les Haut-Parleurs, radio Nova...). Ses sujets sont essentiellement liés à la jeunesse et à l'éducation, aux combats et droits des femmes, et de manière plus générale aux inégalités sociales. Elle prépare actuellement un webdocumentaire sur le tabou des règles Rougir Sang Honte.

 

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https://www.mediapart.fr/journal/france/240419/civils-tues-au-yemen-le-secret-defense-contre-le-journalisme

Spoiler

 

Civils tués au Yémen: le «secret défense» contre le journalisme

24 AVRIL 2019 PAR FABRICE ARFI ET MATTHIEU SUC

Deux journalistes, animateurs du collectif Disclose à l’origine de révélations sur l’emploi massif d’armes françaises dans la guerre au Yémen, qui fait depuis 2015 d’innombrables victimes civiles, sont convoqués par la DGSI pour « compromission du secret de la défense nationale ». Une enquête judiciaire a été ouverte après un dépôt de plainte du ministère des armées.

 

 

C’est une déclaration de guerre contre le journalisme et l’information libre des citoyens. Deux journalistes, animateurs du collectif Disclose à l’origine de révélations sur l’emploi massif d’armes françaises dans la guerre au Yémen, qui fait depuis 2015 d’innombrables victimes civiles, sont convoqués par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour « compromission du secret de la défense nationale ».

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris à la suite d'une plainte déposée par le ministère des armées, selon une source judiciaire.

 

Geoffrey Livolsi et Mathias Destal doivent être entendus, en mai prochain, par des enquêteurs du service de renseignement intérieur sous le statut de « suspects libres », selon la convocation dont ils ont été les destinataires. L’officier de police précise dans cette même convocation que le délit reproché aux journalistes est « puni d’une peine d’emprisonnement », en l’occurrence cinq ans de prison (et 75 000 euros d’amendes).

Leur « crime » ? Avoir fait leur métier. Plus précisément : avoir rendu public le 15 avril dans plusieurs médias français, dont Mediapart, un rapport classifié de la Direction du renseignement militaire (DRM) faisant l’état des lieux exhaustif des armes françaises employées au Yémen par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis contre des rebelles, dans un conflit particulièrement meurtrier pour les populations civiles.

 

Extrait du tableau complet des armes françaises, mais aussi américaines, anglaises, britanniques ou allemandes, figurant dans la note «Confidentiel défense». © DiscloseExtrait du tableau complet des armes françaises, mais aussi américaines, anglaises, britanniques ou allemandes, figurant dans la note «Confidentiel défense». © Disclose

 

Avec au moins 10 000 morts déplorées depuis quatre ans et des millions de civils yéménites au bord de la famine, la guerre au Yémen a été qualifiée par les Nations unies de pire crise humanitaire actuelle sur la planète.

La note de la DRM, qui a été transmise à l’exécutif français en octobre dernier, est capitale : elle vient contredire les déclarations récurrentes du gouvernement français qui assurait jusque-là que les armes françaises vendues à Riyad et Abou Dhabi n’étaient utilisées que de manière défensive et « pas sur une ligne de front ».

Or, le rapport du renseignement militaire obtenu par Disclose montre qu’une cinquantaine de canons Caesar, fabrication de l’industriel français Nexter, ont été déployés le long de la frontière séparant l’Arabie saoudite et le Yémen pour « appuyer les troupes loyalistes, épaulées par les forces armées saoudiennes, dans leur progression en territoire yéménite », selon la note.

Des navires français participent également au blocus naval qui freine le ravitaillement des civils et au moins l’un deux contribue, toujours selon le même rapport confidentiel, « à l’appui des opérations terrestres menées sur le territoire yéménite ».

Par ailleurs, une carte de la DRM annexée à ce rapport évalue à près de 450 000 le nombre de personnes civiles placées « sous la menace des bombes » et « potentiellement concernées par de possibles frappes d’artilleries ».

 

Extrait de la note «Confidentiel défense». © DiscloseExtrait de la note «Confidentiel défense». © Disclose

 

En résumé, les révélations de Disclose ont permis de documenter de manière irréfutable un mensonge d’État : le rôle des armes françaises dans la sale guerre menée au Yémen par la coalition des armées de l’Arabie saoudite et des Émirats.

Ainsi que Mediapart l’a indiqué dans la « Boîte noire » accompagnant les articles de Disclose, nous avons décidé de publier le rapport de la DRM pour deux raisons : 

1) son contenu est d’intérêt public ; 
2) sa publication n’est aucunement susceptible de mettre en danger l’armée française, ses engagements ou ses militaires – il y est seulement question de l’utilisation par des pays tiers d’un matériel d’armement qui leur est vendu par la France.

Contacté, un haut fonctionnaire du ministère de l’intérieur informé de l’enquête contre les journalistes a déclaré : « Pas de commentaire sur la procédure. Juridiquement, personne ne peut contester, je crois, qu’une note secret défense a été consultée et publiée par quelqu’un qui n’est pas habilité. »

 

Des canons Caesar en Arabie saoudite. © DRDes canons Caesar en Arabie saoudite. © DR

 

Un journaliste de la cellule investigation de Radio France, Benoît Collombat, associé aux révélations de Disclose, a également été convoqué par la DGSI pour le même délit supposé.

« Cette procédure pénale n’a d’autre objectif que de tenter de connaître nos sources », s’insurge Geoffrey Livolsi, l’un des animateurs du collectif Disclose. « C’est de fait une atteinte à la liberté de la presse qui suppose le secret des sources. Le pouvoir exécutif a donc choisi de répondre à nos révélations par la menace juridique », ajoute-t-il. Selon nos informations, l'enquête a été ouverte le 13 décembre 2018 – soit quatre mois avant que les révélations de Disclose soient rendues publiques – du chef de « compromission par personne dépositaire et compromission par un tiers »

Mediapart apporte évidemment son soutien plein et entier aux journalistes de Disclose, victimes d’un nouvel épisode de « criminalisation » du journalisme en dehors du cadre légal prévu à cet effet, à savoir la loi du 29 juillet 1881. Un contournement du droit de la presse qui n’a qu’un objectif : assécher les sources d’un journalisme qui, parfois, dérange [voir par ailleurs sous l'onglet Prolonger de cet article le communiqué des rédactions partenaires de Disclose].

Les révélations de Disclose ont déjà eu plusieurs conséquences. La ministre des armées, Florence Parly, sera entendue par la commission de la défense de l’Assemblée nationale le 7 mai prochain, à la demande de plusieurs députés. Et une dizaine d’ONG, dont Human Rights Watch, Amnesty International ou la FIDH, ont diffusé un appel communpour réclamer l’arrêt immédiat de tout transfert d’armement français à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

À Mediapart, ce n’est pas la première fois que le « secret défense » est utilisé contre l’information du public. En 2016, notre collaborateur Clément Fayol avait révélé un rapport du Secrétariat général de la défense nationale (SGDN) montrant la complaisance et les compromissions géopolitiques de la France avec le dictateur Idriss Déby, au Tchad.

Le journaliste, ainsi que le directeur de la publication de Mediapart, Edwy Plenel, avaient été entendus comme suspects, en présence d’un avocat, pour « compromission du secret de la défense nationale ». L’affaire s’est close, le 2 octobre 2018, pour Clément Fayol par un rappel à la loi du parquet de Paris.

Dans le document final d’enquête, il lui a été rappelé par le procureur de l’époque, François Molins, aujourd’hui procureur général de la Cour de cassation, qu’il lui était interdit de récidiver dans les six prochaines années, faute de quoi il pourrait être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour y être jugé. Ou comment affaiblir le journalisme par le glaive de la loi.

 

 

On est bien Tintin... :S

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