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Ancien joueur de SC1 ou war3 en team sponso, j'ai jamais trop compris les côtés addictifs que ce soit sur les jeux ou le poker. Enfin en général, y a beaucoup de grinder qui aiment se taper 10h de poker par jour ? Quand je me fais des journées poker, j'en chie pour faire 6h dans la journée.

 

Ensuite, pour ce qui est du futur, si on considère que les joueurs pro le sont à partir de la 100, qu'ils font en moyenne 150kh / mois avec en moyenne 1000h / h (12 tables en gros). Faire un mois à 6/7k€ doit être un mois banal, ça fait un winrate autour de 2/3bb + le rakeback.
Quand tu gagnes 6/7k par mois, tu peux bien mettre 40/50k de côté pour monter ta boite, ton commerce, ou je ne sais quoi plus tard si le poker finit par crever.

Donc j'ai jamais trop compris cette "peur" de ne pas trouver de boulot plus tard, si jamais le poker finit par crever, logiquement tout les pro pourront se reconvertir avec de quoi lancer leur activité.

 

Sinon, je confirme ce que bobi dit, les hand races, le rakeback, les statuts etc... C'est vraiment une erreur d'après moi de courrir après, ça fait vraiment faire de la m**de.

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P... de débat, + 1 pour en faire le post de l'année.

C'est hyper instructif si on veut bien laisser de côté la notion de recherche du bonheur qui appartient à chacun.

Il ressort quand même que ceux qui comptent s'y mettre partent dans l'idée qu'ils respecteront une hygiène de vie.

Ceux qui y sont depuis peu, sont enclins à penser qu'ils ont résolu la quadrature du cercle : être gagnants, y trouver du plaisir et conserver une "vraie vie".

Quand on lit les récits de ceux qui sont "arrivés" et en partie "revenus", on pourrait effectivement penser qu'il est des métiers bien plus pénibles et des vies plus ternes.

 

En fait, ce qui importe n'est pas de savoir si tel ou tel a tort ou raison, c'est de prendre conscience du caractère addictif de notre jeu et surtout le fait que nous mentons aux proches et souvent à nous-mêmes.

Quelques génies mis à part qui possèdent vraiment un edge.

Et puisqu'on cause addiction et perte de sociabilité, ce serait assez marrant de donner la parole à ceux qui partagent notre vie.

Nous serions certainement très surpris. Chiche d'essayer sur le nb d'heures que nous sommes persuadés passer devant un écran ?

 

Pour beaucoup comme l'admet Bobi, le revenu c'est souvent  la chasse au statut et la pratique stakhanoviste pour le conserver.

Un article sur Pokernews montrait un pro du CG "jouant" devant trois écrans : un avec les stats preflop et tous les tirages, un autre avec les tableaux de trackers, et le dernier au milieu avec ses 16 tables.

 

Je comprends donc parfaitement que l'initiateur de ce post puisse avoir envie de jouer sur moins de tables et prendre du plaisir simple à prendre le dessus sur ses adversaires.

Et il ajoute qu'il est tenu par l'obligation de nourrir une famille pour avoir "seulement" un BE de tennis de table.

 

Lire  les Skip, Arplay et autres "anciens" doit attirer l'attention de ceux qui en sont à leur débuts (pardon aux autres mais j'ai lu du 1er au dernier commentaire).

Il ne s'agit pas de juger, savoir si ils ont tort ou raison, ils ne disent pas "Faites comme ceci ou cela", ils partagent un vécu.

Au moment de stopper les études avant terme et d'investir sa vie pour obtenir un statut, ça fait partie des éléments à ne pas sous-estimer.

Après, celui qui bat les hautes limites, prend son pied à accumuler des montagnes d'argent en jouant quelques heures par jour, fait du sport et honore sa compagne, et mieux,  change les couches des mômes ou aide aux devoirs et et ... va manger chez bon papa le dimanche, lui je m'incline et le salue en claquant des mains.

Edited by Fronk13

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Quand tu gagnes 6/7k par mois, tu peux bien mettre 40/50k de côté pour monter ta boite, ton commerce, ou je ne sais quoi plus tard si le poker finit par crever.

Il faut se méfier de cette espèce d'idée couramment répandue qu'il suffit d'argent pour monter une boîte qui en rapporte. Nombreux sont ceux qui se disent "au pire je monterai ma boîte", c'est pas si facile une fois qu'il s'agit de s'y mettre. A mon avis dans les mêmes proportions que ceux qui disent "je vais grind sans y passer 10h/jour à devenir dingo" :)

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Il faut se méfier de cette espèce d'idée couramment répandue qu'il suffit d'argent pour monter une boîte qui en rapporte. Nombreux sont ceux qui se disent "au pire je monterai ma boîte", c'est pas si facile une fois qu'il s'agit de s'y mettre. A mon avis dans les mêmes proportions que ceux qui disent "je vais grind sans y passer 10h/jour à devenir dingo" :)

Pour avoir déjà monté une boîte je ne peux qu'appuyer ce commentaire, le nombre d'erreurs du débutant et de pièges qui coûtent très cher qui existent sur cette voie est effrayant.

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Super thread. Jai essaye de faire un post pendant 1 heure sur mes pensées mais tout se melangeait c'etait de la m**de, 1 an et demi de recul suffisent po apparemment.

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nlegend: les forums c est comme le poker , ca sert à rien d y passer trois heures, tu ponds vite fait une truc pourri et tu retournes à de vraies occupations et tout le monde est content , ca fait des trucs à lire quand on va fumer une clope dans le bureau à 23h07 quoi

SALAUD !

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Super thread. Jai essaye de faire un post pendant 1 heure sur mes pensées mais tout se melangeait c'etait de la m**de, 1 an et demi de recul suffisent po apparemment.

Essaye encore plz, t'as clairement un parcours intéressant à raconter imo.

 

Sinon en ce qui concerne monter sa boite, on en avait déjà débattu ailleurs, c'est bien beau d'avoir les fonds, mais sans même parler des "erreurs de débutants" probablement difficile à éviter, derrière il faut l'idée, les compétences et surtout la connaissance du marché voir les contacts nécessaires.

 

Sans une véritable préparation en amont c'est un coup à se retrouver à bidouiller 15h par mois un jeu iPhone et grind le reste du temps, "le temps de monter ma boite".

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Essaye encore plz, t'as clairement un parcours intéressant à raconter imo.

 

Sinon en ce qui concerne monter sa boite, on en avait déjà débattu ailleurs, c'est bien beau d'avoir les fonds, mais sans même parler des "erreurs de débutants" probablement difficile à éviter, derrière il faut l'idée, les compétences et surtout la connaissance du marché voir les contacts nécessaires.

 

Sans une véritable préparation en amont c'est un coup à se retrouver à bidouiller 15h par mois un jeu iPhone et grind le reste du temps, "le temps de monter ma boite".

Ps tellement une question d'avoir l'idée imo, une boîte n'a pas besoin d'être révolutionnaire pour bien marcher ni forcément de contact en fait, pas dur de trouver des fournisseurs etc si tu te sors les doigts du cul mais la connaissance du marché et les compétences sont clairement indispensables et trop sous estimées à mon avis.

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Je n'ai jamais dit que monter sa boite, ça se faisait tranquille sans aucun problème, loin de là, mais avoir les fonds nécessaires permet cette possibilité au niveau d'une reconversion. Après je pense que pour être pas mauvais au poker, faut quand même pas être trop con, donc en se donnant les moyens les exs pro doivent pouvoir réussir cette reconversion.

 

Après forcément, ça change du rythme du grind "quand on en a envie" de se retrouver à devoir bosser 12h par jour pour monter sa boite, pour au final gagner pas grand chose par rapport à ce que ça rapportait de faire du poker.

Mais bon, je parle de ça comme une "roue de secours", je pense qu'il doit y avoir d'autres reconversions possibles, qu'il doit y avoir moyen de se mettre à jour niveau pro et d'accepter un poste en bas de l'échelle et de monter avec le temps. Forcément quelqu'un qui a pas bossé pendant 10 ans et cherche un poste de cadre à 10k par mois pour ne pas baisser de niveau de vie, c'est pas gagné ^^

 

Mais bon, ceux qui se sont lancés dans le poker connaissent les risques et les fails possibles je suppose.

 

Je pense qu'on devrait chercher à faire un parallèle avec les sportifs qui se sont investis à mort dans un sport qui leur a juste permis de vivre bien pendant 10 ans, ou ceux qui ont échoué à devenir un top joueur dans un sport majeur. Que font ces mecs une fois leurs carrières terminées ? La situation qu'ils ont est encore plus précaire que celle d'un joueur de poker, vu qu'ils savent des le début que ça ne durera pas longtemps. Dans les sports mineurs qu'ils ont même aucune chance de gagner "beaucoup" et d'être tranquille pour le futur.

Edited by Lunacy

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Super thread. Jai essaye de faire un post pendant 1 heure sur mes pensées mais tout se melangeait c'etait de la m**de, 1 an et demi de recul suffisent po apparemment.

+1 avec skip, et motives Dromz s'il est encore vivant (j'ose pas demander Nori, trop peur qu'il post un gif de caca)

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Il faut se méfier de cette espèce d'idée couramment répandue qu'il suffit d'argent pour monter une boîte qui en rapporte. Nombreux sont ceux qui se disent "au pire je monterai ma boîte", c'est pas si facile une fois qu'il s'agit de s'y mettre. A mon avis dans les mêmes proportions que ceux qui disent "je vais grind sans y passer 10h/jour à devenir dingo" :)

Tellement d'accord avec toi Artplay.

 

Avoir de l'argent n'est pas le point de depart de l'entrepreneur - c'est plutot le point d'arrivee. La logique de l'entrepreneur est completement differente de celle de l'investisseur. 

 

On considere souvent que : les entrepreneurs disposent de trois types de ressources: 1) La personnalité de l’entrepreneur (qui va l’orienter dans telle direction plutôt que telle autre), 2) Sa connaissance (expertise de base), et 3) Ses relations (qui vont constituer son vecteur). "

 

A partir des ces ressources, il monte un projet qui va attirer differents types de financement selon le stade du projet. Ce sont ces financements qui permettent le developpement progressif de l'entreprise

 

Pour simplifier : 

Stade 1 : Fond propre / famille / amis

Stade 2: Business Angel 

Stade 3 : Venture Capital / Banques

Stade 4: Fonds d'investissement...

 

La regle est que l'entrepreneur investit toujours un minimum financierement dans le projet au depart. Par contre la somme n'est pas obligatoirement importante au contraire. Si le projet est suffisament bon, l'entrepreneur pourra mobiliser des financements pendant l'ensemble du cycle de vie de son entreprise.

 

Pour avoir discute du sujet avec le responsable de la chaire d'entrepreneuriat de l'ESC il considerait selon lui qu'il y avait trop d'aides financieres pour les createurs d'entreprise en France et que cela maintenait en vie des projets mauvais. Sous entendu si vous creez votre entreprise et que vous ne trouvez pas d'argent c'est que votre projet n'est pas bon.

 

Edited by Kai Wall

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Pour la creation d'entreprise, c'est un autre sujet donc je ne veux pas m'etaler, mais je pense pense que deja c'est beaucoup plus difficile qu'on imagine, la pression administrative et fiscale est bien trop importante en france.
 
Je deconseille vivement a ceux qui se sont lance dans leurs etudes d'abandonner pour le poker, meme si ca se deroule super bien pour eux. Profitez de la chance d'etre etudiant pour grinder un max, OUI, mais abandonner un Master de Droit ou autre au mileu du parcours pour "se consacrer au poker", NON.
 
J'avais croise bcp de personnes sur les tables de CG online qui me disaient dans le chat qu'ils etaient etudiant et qu'ils pensaient a lacher. C'est la crise et pas mal de diplomes amenent vers une galere (stage, chomage, un boulot paye au SMIC...) et je peux comprendre que la tentation soit forte pour un etudiant qui grinde depuis chez ses parents, de se dire "je vais me barrer prendre un studio et grinder a plein temps, de toutes facons je vais deja 2.5K par mois j ai pas besoin de taff de jeune diplomes a 1600 eur"
 
Je parle pas des grinders qui crushent Mid et High mais de ceux qui comptent aussi beaucoup sur leur statut, Rakeback, challenges quand le winrate va mal
 
 
Le jour ou tu quittes le cocon familial et que les frais fixes sont a ta charge pour payer loyer& charges + transports + tel & internet + bouffe plutot que d avoir ton billet pour aller acheter des sapes et aller claquer des bouteilles en soiree, tu realises vite a quel point un mois perdant ou break even devient dramatique et peut t entrainer vers la descente aux enfers. Pire encore, envisager un move down alors que tes factures, elles, ne vont jamais degonfler. 
 
Tout ca pour dire qu en tant que grinder, tu t'imposes d'ASSURER UN REVENU MINIMUM, ce qui est quasiment impossible au poker
 
Alors que d'un autre cote, un taf, aussi m**dique et mal paye soit-il, t assureras toujours un revenu minimum
 
Autre chose, eviter de croire qu un petit break pendant les etudes ou une annee a grinder apres le diplome c est sympa, car avec la situation actuelle, si tu cherches un taf parmi tous ces autres candidats, moins t as passe de temps a rien branler, mieux c est. Chaque "trou" dans le CV est tres mal vu et tres difficile a justifier de maniere credible.
 
Bref si vous vous etes lances dans des etudes, allez au bout, eliminez pas 15 ans de vie a aller a l ecole + fac pour arreter 1 an ou 2 ans avant la fin
 
Surtout dans un pays ou le diplome est essentiel pour certains secteurs, malheureusement

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Pour résumer mon post : les gens qui disent que si on travaille pas on a pas de vie sociale, bah je me dis que pour dire quelque chose d'aussi radical et faire de l'entreprise un facteur aussi déterminant il faut soi-même avoir une vie sociale très pauvre.

THIS !

 

Ces mêmes "gens" attendent avec impatience le Week End^^

Paradoxe ?

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J'ai arrêté le poker il y à 3 ans pour me consacrer à mes études/parce que j'étais en lifetilt/parce que le passage en .fr me cassait les couilles.

Aujourd'hui que je viens de finir mes études, je songe sérieusement à rebuild une bankroll et vivre du poker. Le monde merveilleux du salariat m'emm**de prodigieusement. Sérieusement, est-ce qu'il est possible d'être heureux en vendant la chose la plus précieuse au monde (son temps) ? 

Outre le fait d'échapper au salariat, le poker permet d'être libre géographiquement et j'ai du mal à imaginer un lifestyle qui me fasse plus kiffer que de vivre dans toutes les capitales du monde au gré de mes envies.

Je sais la dureté psychologique d'avoir un revenu variance-dépendant mais c'est à mettre en balance avec la dureté psychologique du salariat : vendre son temps, avoir des comptes à rendre, faire des trucs inintéressants. Evidemment il y a quelques jobs qui peuvent être stimulant et jouissif, mais donner ma vie pour avoir l'espoir d' un jour, peut-être - si j'ai de la chance, si j'ai fait du bon travail, si j'ai fait suffisamment de lèche au N+X, si j'ai avalé suffisamment de couleuvres, si j'ai suffisamment sacrifier ma vie privée, si j'ai pas de trou dans mon CV parce-que-les-recruteurs-aiment-pas-ça, si je réponds suffisamment bien aux questions débiles d'un DRH -  décrocher un dream job, non merci.

 

Et pour la socialisation je pense avec Hitmanpoker qu'il faut arrêter de fantasmer le processus. Les études sont idéales pour socialiser passivement. Une fois sortie de celles-ci, la socialisation devient nécessairement une démarche active, qu'on soit salarié ou joueur de poker. Passé 23/24 ans, si on ne se sort pas les doigts du cul pour rencontrer des personnes intéressantes, on n'en rencontrera pas.

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Bon ben je crois qu'il n'y a rien à ajouter!

Ben moi j'ai un peu de mal à comprendre toute la branlette autour de la question du bonheur et de l'épanouissement.
Rien que le fait de savoir que je serais en train de travailler à l'usine 8h par jour pour un salaire misérable si le poker n'était pas là, ça me fait relativiser. Je me branle de savoir si je suis heureux ou pas, savoir que ça pourrait être bien pire me suffit et j'aurais vraiment l'impression de faire l'enfant gâté si je me lamentais sur mon sort. 
 
Après, ma situation est particulière dans la mesure ou j'avais rien à perdre avant de me lancer.
Je me suis déscolarisé en seconde après un parcours scolaire d'une rare déchéance, j'ai découvert le poker dans la foulée et tout s'est enchaîné assez rapidement. 
Je me souviens de cette bouffée de bonheur en 2007 lorsqu'un pote m'avait parlé de club poker et que j'étais tombé sur les graph à 30k+ des Cuts, TaLL, renaud & cie qui postaient à chaque fin de mois. Je connaissais rien à ce jeu, même pas les règles de base, mais j'étais heureux d'avoir enfin trouvé ce que j'allais faire de ma vie. A aucun moment l'idée m'est venue que je pourrais ne pas y arriver, tout de suite j'ai décidé que j'allais m'y investir à fond pour réussir à faire comme eux, et 2 ans plus tard j'y étais.
J'ai passé une année enfermé chez moi à jouer 12h par jour, à n'avoir plus aucun contact avec mes potes et seulement des appels téléphoniques avec ma meuf de l'époque à qui je me contentais de dire qu'on se verrait finalement "pas aujourd'hui mais demain, mais cette fois ci vraiment demain hein". Malgré ça j'étais heureux, heureux de voir que je progressais vers la réussite de l'objectif que je m'étais fixé, heureux de pouvoir envisager un avenir meilleur que celui de prolétaire, et même si aujourd'hui je me vois évidemment pas revivre de la même façon je suis quelque part nostalgique de tout l'enthousiasme et la passion de cette époque. Aujourd'hui mon but est atteint dans la mesure où j'ai un confort financier qui me permet de jouer quand je le veux et où gagner/perdre plusieurs dizaines de milliers d'euros n'influe pas sur mon rythme de vie au quotidien.
C'est vrai qu'être le CEO de Goldman Sachs serait une meilleure situation, mais sinon, expliquez-moi quel métier je devrais faire pour être plus heureux ?
 
Après faut pas non plus se mentir, c'est évident qu'on vit des moments difficiles, que parfois j'en ai plein le cul de ce jeu d'enc**é, que je suis jaloux quand HITMANPOKER vient me dire qu'il a pris 20k sur sa session alors que c'est ce que je suis down ce mois ci, que le même fish m'a hitnrun pour la 3ème fois en 3 jours, que je me demande si je vais pouvoir regagner un jour, que cette pauvre m**de de ohsosick prend toutes les tables de 10/20, que des conn**ds en soirée me demandent "Alors comme ça tu joues au poker ? Mais c'est que du bluff non ?", mais qu'au final la tête froide je me dise que tout ça est supportable comparativement à ce que doivent endurer 90% des gens qui se font réveiller chaque matin par une sonnerie à la con pour aller se casser le cul au boulot.

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Au final ça dépend beaucoup des gens et de leur environnement,non ?


Pour être un peu caricatural j'ai l'impression que les gens qui viennent de familles aisées et qui ont fait les études nécessaires pour obtenir un job relativement bien payé en foutant pas grand chose (ou plutôt en faisant rien de compliqué) n'auront peut-être pas le même plaisir dans le jeu et la même appréhension face aux swings (l'aversion au risque est quelque chose d'assez répandu, je pense, dans les milieux aisés puisque l'objectif n'est pas de faire mieux mais de faire pareil que ce qu'on a vécu étant enfant).

 

A contrario, pour ceux qui ont été en difficulté scolairement où encore qui n'ont pas eu une jeunesse où tout ce qu'ils voulaient leur était accessible, ceux là, voient bien plus facilement ce "rêve" de vivre grâce au poker comme un réelle solution. Ils auront peut-être plus la motivation et la force mentale pour résister aux aléas de ce jeu, justement parce qu'ils savent que sans ça ils n'auront peut-être pas ce dont ils rêvent.

 

Par ailleurs, il y a une chose qu'on ne dit pas assez et qui me semble très importante : beaucoup de ceux qui sont "en haut" aujourd'hui ont commencé ce jeu il y a un paquet d'années. Durant cette période, les tables étaient bien plus soft, l'edge bien plus grand et les mois à 20/30k nombreux (je me rappelle des dernières pages de la section high stakes du CP qui sont remplies de graphs comme ça).

Aujourd'hui, il n'y a pas un reg du .fr (SH/FR en tout cas) qui peut annoncer une moyenne de 20k/mois, et cela sans compter sur le fisc.

Bref, le poker est devenu comme la pêche (marrant que le parallèle aille aussi loin), aujourd'hui il ne suffit plus de lancer un filet à la mer pour remplir les cales, l'écosystème est branlant et l'edge se réduit à vitesse grand  V (du surtout au nombre de regs à toutes les limites).
Résultat, il est encore possible de monter jusqu'à la NL200, mais dans quelle optique ? Certainement pas dans l'optique d'en faire une solution durable pour vivre (ça, ça a été le cas de ceux qui jouent désormais aux plus hautes limites AVEC le pécule presque nécessaire à vivre même s'ils arrêtaient aujourd'hui), pour les autres l'avenir n'est pas aussi radieux.
Je pense que beaucoup en sont conscients (surtout ceux qui ont plus de dépenses/responsabilités que le simple fait de se nourrir/loger peu importe ou dans le monde), et ça ne m'étonne guère que ce soit Bobilovic qui ait lancé ce thread quand on lit la situation dans laquelle il est (situation à la fois enviable et pourtant tellement précaire).

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Ben moi j'ai un peu de mal à comprendre toute la branlette autour de la question du bonheur et de l'épanouissement.
Rien que le fait de savoir que je serais en train de travailler à l'usine 8h par jour pour un salaire misérable si le poker n'était pas là, ça me fait relativiser. Je me branle de savoir si je suis heureux ou pas, savoir que ça pourrait être bien pire me suffit et j'aurais vraiment l'impression de faire l'enfant gâté si je me lamentais sur mon sort. 
 
Après, ma situation est particulière dans la mesure ou j'avais rien à perdre avant de me lancer.
Je me suis déscolarisé en seconde après un parcours scolaire d'une rare déchéance, j'ai découvert le poker dans la foulée et tout s'est enchaîné assez rapidement. 
Je me souviens de cette bouffée de bonheur en 2007 lorsqu'un pote m'avait parlé de club poker et que j'étais tombé sur les graph à 30k+ des Cuts, TaLL, renaud & cie qui postaient à chaque fin de mois. Je connaissais rien à ce jeu, même pas les règles de base, mais j'étais heureux d'avoir enfin trouvé ce que j'allais faire de ma vie. A aucun moment l'idée m'est venue que je pourrais ne pas y arriver, tout de suite j'ai décidé que j'allais m'y investir à fond pour réussir à faire comme eux, et 2 ans plus tard j'y étais.
J'ai passé une année enfermé chez moi à jouer 12h par jour, à n'avoir plus aucun contact avec mes potes et seulement des appels téléphoniques avec ma meuf de l'époque à qui je me contentais de dire qu'on se verrait finalement "pas aujourd'hui mais demain, mais cette fois ci vraiment demain hein". Malgré ça j'étais heureux, heureux de voir que je progressais vers la réussite de l'objectif que je m'étais fixé, heureux de pouvoir envisager un avenir meilleur que celui de prolétaire, et même si aujourd'hui je me vois évidemment pas revivre de la même façon je suis quelque part nostalgique de tout l'enthousiasme et la passion de cette époque. Aujourd'hui mon but est atteint dans la mesure où j'ai un confort financier qui me permet de jouer quand je le veux et où gagner/perdre plusieurs dizaines de milliers d'euros n'influe pas sur mon rythme de vie au quotidien.
C'est vrai qu'être le CEO de Goldman Sachs serait une meilleure situation, mais sinon, expliquez-moi quel métier je devrais faire pour être plus heureux ?
 
Après faut pas non plus se mentir, c'est évident qu'on vit des moments difficiles, que parfois j'en ai plein le cul de ce jeu d'enc**é, que je suis jaloux quand HITMANPOKER vient me dire qu'il a pris 20k sur sa session alors que c'est ce que je suis down ce mois ci, que le même fish m'a hitnrun pour la 3ème fois en 3 jours, que je me demande si je vais pouvoir regagner un jour, que cette pauvre m**de de ohsosick prend toutes les tables de 10/20, que des conn**ds en soirée me demandent "Alors comme ça tu joues au poker ? Mais c'est que du bluff non ?", mais qu'au final la tête froide je me dise que tout ça est supportable comparativement à ce que doivent endurer 90% des gens qui se font réveiller chaque matin par une sonnerie à la con pour aller se casser le cul au boulot.

il est FORT 

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J'avais promis un pavé, le voilà. Je ne suis pas (encore) un expert de ce dont je parle, mon explication risque d'être brouillonne. Je m’en excuse par avance.

 

Tout d'abord, la bonne nouvelle, c’est que le bonheur ça se travaille. Ça tombe bien car le nombre de dépressifs dans nos sociétés occidentales est impressionnant. Statistiquement, on a une chance sur 10 de devenir dépressif dans l'année qui vient. Et ça peut toucher tout le monde. On peut avoir réussi dans la vie professionnellement, réussir sa vie affective selon la norme actuelle (être marié, avoir des enfants), et tomber dans la dépression. L’inverse est vrai.

 

La principale raison est que notre cerveau ne voit qu'une interprétation de la réalité. Celle-ci correspond souvent à un schéma de pensée bien ancré depuis des années.

 

J’ai un exemple pour illustrer mon propos : des chercheurs ont choisi d’observer le bonheur des agents de nettoyage d'un hôpital. 50% étaient heureux, 50% dépressifs. Ils se sont rapidement aperçus que les personnes heureuses étaient celles qui pensaient que ce qu'elle faisait c'était cool, que leur mission c'était d'aider les gens malades en améliorant l'hygiène de l'hôpital. Les autres au contraire (les dépressifs) pensaient avoir un boulot de m**de qui consistait juste à nettoyer le sol. Concrètement, les deux groupes faisaient pourtant la même chose.

 

Alors, comment arriver au bonheur ?

 

Il y a plusieurs théories qui ont le vent en poupe, et qui s’appuient sur des observations rationnelles du cerveau. Leurs noms sont variés, ACT (Acceptance & Commitment Therapy), Mindfulness-Based stress réduction, elles tournent autour de techniques millénaires bouddhistes revisitées par la science moderne (pour simplifier). C’est également lié à la plasticité neuronale (découverte il y a 10 ans en gros).

 

Ces chercheurs ont observés que dans nos sociétés modernes, nous utilisons trop une partie du cerveau, celle qui sert à « faire des trucs », « planifier » et pas assez celle liée à « ressentir le moment présent ». Ils parlent de « doing mode » vs « being mode ». Globalement, on ne passe que 25% de notre temps en moyenne dans le « being mode ». Le reste du temps, on pense au passé, au futur, nos pensées (souvent négatives) tournent en boucle et on est sur l’autopilote. On est pas vraiment là quoi. Ils ont également observé que plus on passait du temps dans le « being mode », plus notre bonheur augmentait. Ces techniques apprennent également à se dissocier de nos pensées. Et à comprendre que nos pensées sont des événements mentaux et ne forment pas un bloc solide avec notre personne. Ce qui permet ensuite de comprendre qu’elles ne sont que des interprétations de la réalité.  Inversement, le « doing mode » a tendance à générer stress, angoisse et dépression.

 

De manière générale donc,

- Nous ne vivons pas assez dans le présent

- Nous sommes trop liés à nos pensées

- Nous n’acceptons pas les pensées négatives, nous luttons avec. Ce qui rend la situation encore pire.

 

Attention, le « doing mode » est bien évidemment utile, mais le but est de retrouver un certain équilibre. Par exemple, le passé et le futur sont des concepts hyper puissants qu’on a le droit d’utiliser, mais il faut se rendre compte qu’on ne vit que dans le présent. La seule réalité, c’est le présent. Ça ne sert à rien de vouloir être heureux demain, il faut apprendre à être heureux MAINTENANT.

Et pour faire le parallèle avec le poker, comme le dit Tommy Angelo dans Elements of Poker, "le bad run n'existe que dans notre tête, la seule main qui est importante, c'est celle qu'on joue maintenant"

 

Les exercices pour s’ancrer dans le présent.

 

La partie du cerveau qui utilise le « being mode » est atrophiée pour la plupart des gens, et donc il faut la muscler. Les exercices de base sont des méditations ou en général on se concentre sur sa respiration (ancrage dans le présent) et ou on observe qu’on se déconcentre pour s’évader dans des pensées (je comprends que mes pensées sont des évènements mentaux que je ne contrôle pas totalement). C’est aussi faire des choses en mode « pleine conscience » en débranchant l’autopilote (genre l’exercice du raisin : http://www.mindfulnessinfo.com/exercise-2-the-raisin/). C’est aussi se forcer à sortir de la routine. C’est un travail, un entrainement et les résultats s’observent sur une IRM. En gros on prend un mec avant 6 mois de méditation et après, il n’a pas la même gueule (neuroplasticité). Je tiens à rappeler que toutes ces théories ne sont pas nées dans la tête d’un mec qui aurait fumé un joint de trop mais par des scientifiques avec des PhD. C’est extrêmement rationnel.

 

Accepter ses pensées négatives, ça veut dire quoi et pourquoi ça rend heureux ?

 

Imaginons que vous soyez dans un bad run. Votre cerveau va être bombardé de pensées « Je suis en bad run ». Pas vraiment agréable. Tout joueur de poker a lutté avec cette pensée. Ou a passé 1h à whiner avec qui voulait bien l’écouter (« Toute ma vie »). Pourtant personne n’est sorti de cette lutte grandi ou plus heureux. Au final, ce n’est pas le bad run en lui-même qui rend malheureux, c’est la lutte avec ce flot de pensées, cette rumination. Qui au passage ne va pas augmenter votre BR. La solution est contre intuitive, il faut embrasser cette pensée, cette émotion, noter son existence « j’ai actuellement une pensée qui me dit que je suis en bad run » et l’accepter sans se juger et avec compassion. La regarder avec le sourire. Attention, ce n’est pas de la résignation. Au contraire, dans ce cas précis, cette remise en question va juste accélérer le processus vers la solution à notre problème : « je suis incapable de gérer le côté hasardeux du poker à court terme et il vaut mieux que j’arrête », « je vais bosser mon jeu pour diminuer la variance », etc…

 

Et s’il n’y a pas de solutions, et ben ça veut dire que ce n’est pas un problème.

 

Sinon, en psychologie moderne, certains spécialistes parlent des 3 types de bonheurs nécessaires à notre bien-être :

  1. Hedonic Life (ex : bouffer dans un bon restau)
  2. The Flow http://en.wikipedia.org/wiki/Flow_(psychology)  
  3. Meaningful Life

The Flow

Le poker est typiquement une activité qui peut permettre d’être dans le flow. Ça demande pas mal de skills et on se confronte à un gros challenge. Quand ça marche, on est dans le flow. D’ailleurs, beaucoup de joueurs arrêtent car le challenge ne les intéresse plus, supprimant une source de bonheur.

      

Meaningful Life

Pour le coup, c’est ce qui manque au poker. Du coup, pour être heureux en tant que joueur de poker, il faut reverser la moitié de ses gains à des orphelins au Bengladesh :D. Ou de manière plus modeste, faire vivre une famille comme Bobilovic est peut être suffisant. Personnellement, je sais que c’est une partie qui manque à mon bien être et j’envisage de devenir prof de Math à mi-temps (CSB) ou faire complètement autre chose à moyen terme.

 

Conclusion : peut-on être heureux en tant que joueur de poker ?

 

Ça ne dépend que de vous, chaque histoire est différente, et surtout chaque interprétation de votre situation est différente. Nori va être heureux car il va trouver un challenge intellectuel qu’il n’aurait trouvé nulle part ailleurs.  Et le moyen de gagner assez pour se faire plaisir (Hedonic life). Certains vont se lasser du challenge ou trouver que leur vie manque de sens. D’autres vont ruminer des pensées négatives (le poker est un fort générateur) et être incapable de les gérer.

 

Je pars du principe que le joueur de poker en question est capable de gagner assez pour payer son loyer, s’acheter à manger et se faire raisonnablement plaisir. Au-delà d’une certaine somme les € en plus n’achètent pas du bonheur en plus.

 

Quelques liens utiles :

Un des "gourous" de mindfulness dans une vidéo

Un bon bouquin pour s’entrainer au mindfulness : http://www.amazon.com/dp/1427217165

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[Pavé très pertinent sur le mindfulness]

J'ai commencé à m'y intéressé il y a un an et c'est vrai que c'est bluffant. Mais attention, ça ne vient pas comme ça. Là aussi, ça demande un peu de travail et, personnellement, je suis encore loin du but (accepter les mauvais coups, au poker ou ailleurs, notamment).

Ce que j'aime particulièrement avec ce truc, c'est que même si ça parle de méditation, c'est vraiment déconnecté de toute religion ou autre rituel (musique, bougies, etc.). C'est un truc qu'on peut faire n'importe où, n'importe quand. Et c'est même conseillé.

Pour ceux que ça intéresse, plein d'autres info sur ce site que vous connaissez sûrement : http://www.kill-tilt.fr/

Edited by Robloche

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Manque les définitions de hedonic / flow / meaningful, mais sinon c'est cool.

Clairement pour moi le flow commençait à stagner du fait du marché limité sur le .fr et il me manquait (assez fortement) le meaningful.

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