Jump to content
This Topic

Recommended Posts

Bon. En lisant tout à l'heure l'excellent billet d'Artplay (https://www.clubpoker.net/forum-poker/blog/208/entry-9162-poker-morale-et-liberté/?st=30#commentsStart), je suis tombé par hasard dans la section blog sur un autre billet plus ancien, celui d'OlivierRP, lequel copiel/collait un lien vers ce thread...

 

Plusieurs remarques, au sujet de thèmes qui reviennent ici, ou dans le blog :

 

LA LASSITUDE : De nombreux pros (ou semi-pros) évoquent souvent la lassitude qu'ils ressentent à force de grinder - ou tout simplement jouer - quotidiennement au poker. Je le lis depuis 2006, date où j'ai basculé vers le côté obscur. C'est un sentiment qui ne date pas d'hier... mais qui m'a toujours laissé de marbre.

 

D'abord parce que la lassitude est un sentiment lié à toute activité professionnelle, et plus prosaïquement à toute activité humaine. A partir du moment où l'on effectue régulièrement la même tâche, la même activité, où l'on répète les mêmes choses, aussi plaisantes soient-elles à la base... et bien il y a inévitablement  des moments où ça nous gonfle.

SI vous vous tapez Monica Bellucci tous les jours pendant 20 ans, le monde entier vous enviera... mais ça ne vous empêchera pas d'avoir, de temps à autre, envie d'aller voir ailleurs. C'est humain ! 

Idem pour les professions les plus prestigieuses. Un médecin entend quotidiennement ses malades se plaindre. Un pilote d'avion se tourne les pouces pendant des heures entre les quelques minutes que lui prennent le décollage et l'atterrissage (bon OK, de temps à autre, il peut se taper l'hôtesse). Même un président de la République, grisé par les fastes du pouvoir, se fait démonter jour après jour par la presse et ses concitoyens.

 

Dans une autre vie, j'avais interviewé Raphaël Jacquelin, alors n°1 français au golf. Cela m'avait marqué. Golfeur pro, c'est un métier de rêve. Vous gagnez des millions, vous êtes adulés (pour les top players en tout cas), vous voyagez dans les plus beaux endroits et créchez dans les plus beaux hôtels... Et pourtant, Raphaël me confiait qu'il en avait souvent marre de taper des balles de golf pendant des heures ou de passer ses nuits dans les 5 étoiles, loin de son lit et de sa famille...

 

Bref, se plaindre que le métier de joueur de poker est parfois lassant, c'est (selon moi en tout cas) se plaindre de vieillir, de dormir toujours avec la même gonzesse, de devoir aller faire ses courses au supermarché, de travailler...

 

LA LIBERTE : Plus étonnant, Artplay semble presque regretter la liberté que lui offre le poker, voire même estimer que cette liberté est toute relative. Cela l'empêcherait d'être plus actif par ailleurs, de mener à bien ses projets...

Le métier de joueur de poker offre pourtant une liberté qui est un luxe incroyable. Peu de gens ont cette chance, la chance de pouvoir faire à peu près ce que l'on veut quand on veut, de travailler quand on veut, de se lever quand on veut, de voyager quand on veut, de sortir quand on veut (hos contraintes familiales évidemment), d'être son propre patron, d'être le maître de son existence. Et je n'évoque même pas l'aspect financier.

 

Beaucoup de gars ici, c'est en tout cas ce que je ressens à travers leurs messages, voient le travail comme une fin de soi, comme un passage obligé vers leur épanouissement personnel. J'ignore s'ils ont torts ou raisons. Perso, je fonctionne de manière totalement différente.

Pour moi, le travail est un moyen, et surtout pas une fin. Et là où je suis sans doute encore plus minoritaire, c'est que je ne me suis jamais épanoui à travers mon taff. Toujours en dehors. A travers mon temps libre, mes loisirs, mes activités sportives, mes lectures, mes voyages, mes amis, ceux que j'aiment, mes promenades avec mon chien, mes sorties. J'ai pourtant longtemps eu la chance d'excercer un métier qui me plaisait (là encore c'est un luxe offert à une minorité d'entre nous).

 

Je me suis toujours épanoui à travers les moments de liberté dont j'ai pu disposer. Cette liberté est une chance incroyable. C'est même, à mes yeux en tout cas, un élément plus important encore que l'aspect financier (à condition évidemment de gagner un minimum requis).

Il y a six ans, je n'étais prêt à quitter mon job qu'en ayant la possibilité de gagner beaucoup plus par ailleurs. Un peu plus n'aurait pas suffi à mes yeux. Aujourd'hui, pour rien au monde je n'aurais envie d'exercer un taf, aussi plaisant ou valorisant soit-il, pour un salaire légèrement supérieur. Quand on gôute à cette liberté, il est très difficile de s'en "libérer" si j'ose dire (vous noterez la figure de style)...

Ce qui me plaît le plus dans le poker, ce n'est pas la pratique du jeu en lui même, mais la possibilité qu'offre ce jeu en terme de gains et, surtout, de liberté.

 

Bref, je ne peux concevoir la liberté du joueur de poker autrement que comme un luxe. Lequel requiert toutefois, évidemment, un minimum de discipline en contrepartie. Car dans le cas contraire, cette liberté peut s'avérer dangereuse.

 

L'ISOLEMENT : C'est une ritournelle, un grand classique dans les critiques que l'on peut lire sur la vie de joueur de poker online. Critique qui peut être fondée si l'on n'a pas de passions ou d'activités par ailleurs. Ou si l'on présente un comportement addictif. Mais dans le cas contraire...

Pour ma part, je bénéficie de bien plus de temps de libre et vois autant de gens qu'avant. La vraie différence, c'est que je vois plus les gens que j'ai envie de voir, et moins les autres. Là encore, je ne vois que des avantages. Et ne peux m'empêcher d'avoir une pensée émue pour les millions de gens qui ont une vie sociale intense et se coltinent quotidiennement des clients ou des collègues de bureau qu'ils ne peuvent pas encadrer.

 

Je ne peux enfin m'empêcher de sourire, quand je lis qu'ArtPlay se définit comme une sorte de misanthope sociable, "emm**dé par 90 % de la population". Car je ressens à peu près la même chose que lui... :-)

 

LA MORALITE :  Vaste sujet.. sur lequel je ne vais pas m'étendre en détail car j'ai déjà écrit un pavé et que j'ai la dalle. Ce qu'écrit Sylvain est intéressant.

J'ajouterai qu'à partir du moment où l'on a affaire à des adultes consentants entre eux, il n'y a pas grand chose d'immoral. Principe qu'on peut appliquer dans tous les domaines, comme la sexualité par ex.

 

Ressens-je une forme de pitié ou de culpabilité quand je gagne de l'argent au détriment d'un autre ? Cela a pu m'arriver, mais cela se compte sur les doigt de la main, et toujours en live (jamais online). Peut-être aussi parce que je ressens insctinctivement de l'empathie pour ceux (enfants, adultes, animaux) qui sont victimes d'une injustice ou d'une souffrance, alors qu'ils ne sont pas responsables de ce qui leur arrive, ou ne peuvent strictement rien faire pour l'éviter. Pour les autres, ça m'en touche une sans faire remuer l'autre comme on dit.

 

Est-ce que l'on reproche à Nadal d'écraser au premier tour de Roland-Garros un gars issu des qualifs alors que celui-ci vit à peine de son sport, le privant ainsi de quelques milliers d'euros qui pourrait lui faire le plus grand bien ? Est-ce que l'on reproche à une entreprise de remporter un appel d'offre au détriment d'une autre entreprise, l'obligeant ainsi peut-être à supprimer quelques emplois... ?

A ce titre autant s'indigner de la notion même de sport et/ou de compétition.

 

 

L'UTILITE SOCIALE :  Je vais être encore plus bref. Le travail n'a pas vocation à être utile socialement. Le travail permet de gagner de l'argent. Point.

Un joueur de poker participe pleinement au développent d'une activité, laquelle crée des emplois (croupiers, services clients, programmeurs, journalistes, etc), au même titre qu'un joueur de tennis par exemple. Tout le monde n'a pas vocation à être pompier ou infirmière, même si ce sont des métiers supérieurement respectables.

Je ne me reconnais donc ni dans dans ceux qui ont une vision idéaliste et naïve du travail (un métier doit être utile socialement), ni dans ceux qui en ont une vision finaliste (le travail est une fin en soi, on s'épanouit avant tout par le travail).

Pour reprendre la phrase d'un de nos anciens présidents : "l'existence humaine ne doit pas devenir l'annexe du travail".

 

Pour conclure, je dirais que le plus difficile dans le métier de joueur de poker, ce n'est ni la lassitude, ni l'isolement... lesquels sont relatifs. Ni le caractère immoral ou inutile socialement du job... lesquels sont infondés. Mais plutôt la difficulté, sur le plan psychologique, de la pratique régulière du poker. Ce jeu est souvent cruel, on ne contrôle pas tout et on doit faire face en permanence à des sentiments d'injustice et de frustration. Ceux qui s'en sortent le mieux et le plus durablement ne sont pas forcément les plus forts techniquement, mais plutôt les plus forts mentalement...

 

Sur ce, bon appétit !

Celui ci est plutot rassurant! ouf il y en a UN! :clap-clap:

Share this post


Link to post
Share on other sites

+1, même si je ne me reconnais pas du tout la dedans, post de qualité

 

Je partage la citation de fin par contre, et à mon sens elle est valable dans le poker comme dans tout un tas d'autres domaines. C'est un peu bateau, mais effectivement vrai.

Share this post


Link to post
Share on other sites

+1, même si je ne me reconnais pas du tout la dedans, post de qualité

 

Je partage la citation de fin par contre, et à mon sens elle est valable dans le poker comme dans tout un tas d'autres domaines. C'est un peu bateau, mais effectivement vrai.

tout a fait d'accord

"avoir un but"

Share this post


Link to post
Share on other sites

Solid post. Ca se termine un peu en eau de boudin. Quel suite? Des projets?

 

 Sur le fond, je me suis un peu reconnu dans le coté passe-temps dont tu ne sais pas où il te mène. La différence étant que je ne me suis pas investi au point d'arrêter les études et que j'ai pris mon bénéf à l'époque ou c'était encore facile d'être gagnant. Il faut reconnaître que le poker est parfois dévorant que ce soit dans le gain ou dans la perte.

 

Aujourd'hui je me contente de lancer 4 mtt quand j'en ai envie et dès que je deeprun un peu, je finis par spew vers la fin du tournoi le maigre edge que j'ai encore sur le tout venant parce que plus de 3 heures de suite devant mon ordi ça me gonfle; après  finalement je ne m'en porte pas plus mal.

Share this post


Link to post
Share on other sites

En direct de la Bolivie, après une pause sans retour pour le moment, j'ai tout lu, et je me retrouve un peu dedans.

Bon courage pour la suite, et désolé pour ce petit post rapide, mais pas le temps de développer, j'essayerais si j'ai le temps à mon retour.

Bien à vous.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Ça fait du bien de voir enfin un regard plus rationnel du poker en général parce que oui beaucoup rêvent d'une vie de grinder ( en l'occurrence pas moi) même si j'avais la technique et la bankroll adaptée , l'aspect mécanique et répétitif me fait peur à dire vrai , donc je parle en tant que récréatif et peut être meme fish à faible dose : vos post devraient être vu par plus d'addicts ça les réveillerait peut être ;et sur le fait que pour moi une des pires choses qui peut arriver a un joueur. Récréatif c de gagner

Share this post


Link to post
Share on other sites

C'est quand même paradoxal de venir post sur le cp pour dire que le poker mène à la solitude.

 

C'est aussi paradoxal de dire que le poker ne t'apprends rien sur toi mais d'écrire un pavé sur ce que t'a appris le jeu sur toi et tes limites (en terme de solitude, répétition des même tâches, un manque de détachement sur la variance, autant de facette que tu pourrais retrouver dans pleins d'activités professionnelles).

 

Tu présente le problème comme s'il était inhérent au poker, comme ci c'était celui-ci qui dictait ta vie. Imho tu deviens un adulte c'est tout et tu te poses les même questions que tous les gens de ton âge qui ont un problème d'aliénation au travail ou tout simplement qui ont fait le tour de leur activité professionnelle après quelques années.

 

Pour ce qui est du poker je ne t'ai jamais joué mais plusieurs passages sont vraiment interpellants et montrent que c'est ton approche du jeu qui ne t'a pas permis de gagner les sommes que tu attendais.

 

En conclusion, solide post pour amener des grinders à se poser de bonnes questions mais j'espère que ton introspection t'évitera de répéter les mêmes erreurs dans une autre vie professionnelle et ce n'est pas le ressenti que j'ai eu en le lisant.

 

GL pour la suite et merci pour le retour d'expérience

Edited by LeGwen

Share this post


Link to post
Share on other sites

Très agréable à lire et instructif.

 

Personnellement, battre des joueurs plus faibles me conforte dans mon approche rigoureuse du jeu. En gros, je tire satisfaction de la discipline que je m'impose pour battre mes adversaires et voit ça entièrement comme une victoire personnelle. 

 

De plus, je ne me sens pas mal à considérer mes adversaires comme de l'argent, ce serait se reprocher de jouer avec sérieux de l'argent à un jeu. Libre à ceux qui vont aux tables pour se détendre et rigoler mais je ne peux culpabiliser de joueur sérieusement et froidement ma cave.

Share this post


Link to post
Share on other sites

J'ai ressenti et je ressens aussi cette lassitude, j'ai beaucoup joué en CG et maintenant je n'arrive plus et n'ai plus envie d'ouvrir de tables, alors je suis passé au mtt (j'en jouais aussi avant mais seulement de tps en tps) mais une nouvelle routine commence à s'installer car pour maximiser ses chances de gagner, se créer une routine permet de se mettre dans de bonnes conditions pour grind.

 

Mais comme le dit Legwen, cette routine s'installe dans tous les domaines de la vie (perso j'adorais mon boulot au début et aujourd'hui il me sort par les trous de nez, pourtant c'est pas  moins intéressant qu'au début mais la différence c'est que j'en ai fait le tour, j'ai l'impression de stagner) , je ne sais pas comment font les autres pour faire la même chose toute leur vie (que soit éboueur ou médecin).

 

Après le poker est quand meme un jeu super intéressant et kiffant, moi je préfère passé bcp de temps à jouer poker plutôt qu'a des jeux vidéos ou regarder des m**des à  la télé.

 

Je pense également qu'être limité au nlh et plo, ça n'aide pas à se diversifier. Perso, dès mes débuts au poker sur le .com, je jouais au plo8 ; stud et compagnie.

Share this post


Link to post
Share on other sites

 

 

Au poker, l'argent provient principalement de ce qu'on appelle les récréatifs ou des addicts et ni l'un ni l'autre ne pratique le poker à un niveau qu'on pourrait qualifier de professionnel.

Les deux profils souffrent de grosses faiblesses: techniques pour le premier et mental/tilt/absence de brm pour l'autre que le reg va exploiter à table.

Je ne crois donc pas qu'il s'agit là d'une compétition « fair » dans le sens où ils finiront significativement perdant sur le long terme.

D'ailleurs, si ils n'existaient pas, je pense que le poker n'existerait pas non plus car tous les grinders un minimum décents se jouant entre eux n'arriveraient pas à battre le rake.

C'est donc parce-qu'il y a des joueurs faibles que le poker existe et qu'on peut y gagner de l'argent, 

 

 

Qu'est ce que cela fait du bien de lire ça. Et beaucoup ne partagent pas cette analyse....

 

Je vais me confier un peu aussi, cela donnera un point de vue différent, d'un petit joueur. 

 

J"ai commencé au Poker en 2006, j'étais au chômage. Un reportage sur la 6, le jeu m'a plu. J'avais du temps à combler. J'ai lu, un peu... Le poker ? C'est quoi ? Les combinaisons, mises,règles etc.... Et surtout j'ai lu : 85% des joueurs sont perdants. 

 

Donc 15% de gagnant, jeu intellectuel. Est ce que je peux faire partir des 15% ? Voila ma question c'était ça.... Juste ça. 

 

J'ai essayé, joué en gratuit, gagné, fait mes 1eres tables shasta. Puis 1er dépot, pan une claque dans la gueule.....

Forte remise en question, t'es vraiment trop con, tu crois que tu vas gagner comme ça ? Et j'ai bossé, Poker Cadillac, des videos, etc etc... 2eme dépot tu le perds c'est fini..... 

 

Et j'ai gagné... Alors certes que en jouant en NL25 ( NL 50 au max ), et j'ai rien fait de l'argent, il est sur un compte à part, puis le Casino, Vegas.... Rien d'extraordinaire mais toujours gagnant.... 

 

Puis la fiscalité a changé, le .fr est arrivé.... D'autres projets, boulots etc... Je me suis éloigné du poker.... Et aujourd'hui, j'ai pris la décision d’arrêter définitivement parce que je m'y retrouve plus.... Bosser ce jeu comme un dingue, ou avoir un winrate degueu m'intéresse pas.... Je le fais à regret, et avec la nostalgie de la période 2006-2009... C'est comme ça, je ne suis pas responsable du contexte externe.... 

 

On doit accepter ce qu'on ne maîtrise pas. 

 

Objectif atteint je fais partie des 15%, et surtout j'ai énormément appris sur moi-même, gestion de soi, émotion, apprendre des autres....

 

Au Casino, en live, tu apprends, tu observes, la plupart du temps, il se passe rien et tout d'un coup, cela bascule....Comme la vie.....

 

C'est un jeu génial. En live. Pas online....

 

Voilà le Poker m'a appris beaucoup plus que l'argent gagné. Et ce forum aussi. Mais en .fr, j'ai plus la force, plus la niak, pas envie de me faire chi** avec un tracker... Etc etc et d'autres raisons perso.

 

Je tourne la page, au passage je remercie certains d'entre vous pour vos échange. Si je pouvais juste dire un dernier mot au Poker, ce serait : MERCI.

 

Bon floop.   

Edited by Riku

Share this post


Link to post
Share on other sites

HugoBoss ne fait pas dans la dentelle, on le savait déjà.....

Plus sérieusement, il fait preuve d'un rare courage et d'une rare lucidité quant à sa situation personnelle. Sa démonstration trouvera sûrement un écho chez beaucoup d'entre nous, et elle corrobore certaines études (sérieuses) menés par des psychologues, qui montrent que beaucoup de joueurs de poker, à l'instar d'autres activités purement intellectuelles, sont des dépressifs chroniques.

 

Ceci étant dit, il effleure la question principale, à mon sens : le poker est-il utile ou vain? Puis-je m'épanouir dans la pratique intensive de ce jeu, tout en le considérant comme inutile/vain (dans le sens où il ne crée rien)?

Si la réponse à cette dernière question est "non", il vaut mieux arrêter, ou essayer d'arrêter avant de sombrer...

 

Personnellement, je suis en plein questionnement, et je n'ai pas encore de réponse définitive à ces questions, mais je crois qu'on devrait tous se les poser. Donc, merci à lui pour son témoignage, qui a le mérite de nous inciter tous à une introspection!

Edited by Tom Larson

Share this post


Link to post
Share on other sites

 

Csb mais aucun rapport avec le thread...

 

Pour en revenir au sujet, je pense que le poker est devenu désuet, et que beaucoup se sont rendu compte de la fausse liberté qu'apportait ce jeu.

 

Pour moi, il y a vraiment plus rien de passionnant dans cette activité, stratégie il n'y en a plus vraiment, c'est clairement une routine de grind dicté par la chance (quelle que soit son importance et sa durée).

 

D'un point de vue professionnel, avec le recul, c'est absolument pas attrayant, j'y vois très peu d'avantage à part le fait de pouvoir travailler n'importe où. Peut-être un sentiment de supériorité par rapport à la plèbe et à son entourage de ne pas avoir fait comme les autres et d'avoir plus d'argent que le péquin moyen, et encore. On pense être libre de jouer où on veut quand on veut, au final pour gagner des sous on est bien OBLIGE de jouer un moment ou un autre. Et pour en vivre, on joue plus de manière ponctuelle, on est forcé d'envoyer du volume.

 

Du point de vue hobby, à part la cupidité je vois pas, franchement y'a rien de passionnant à cliquer sur des boutons pendant des heures seul derrière sont ordinateur. Simplement une activité d'insociable/asociale...pour gagner quelques $ alors qu'ils ont une activité pro qui remplit déjà cette fonction. 

A la limite un passe-temps mais qui s’apparenterait plus à un simple jeu de hasard au final. 

 

Enfin bref, j'ai moi aussi nourri l'envie de devenir un grand joueur, par la suite d'être un modeste joueur pro et maintenant de fuir complètement ce jeu aliénant.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Csb mais aucun rapport avec le thread...

 

Pour en revenir au sujet, je pense que le poker est devenu désuet, et que beaucoup se sont rendu compte de la fausse liberté qu'apportait ce jeu.

 

Pour moi, il y a vraiment plus rien de passionnant dans cette activité, stratégie il n'y en a plus vraiment, c'est clairement une routine de grind dicté par la chance (quelle que soit son importance et sa durée).

 

D'un point de vue professionnel, avec le recul, c'est absolument pas attrayant, j'y vois très peu d'avantage à part le fait de pouvoir travailler n'importe où. Peut-être un sentiment de supériorité par rapport à la plèbe et à son entourage de ne pas avoir fait comme les autres et d'avoir plus d'argent que le péquin moyen, et encore. On pense être libre de jouer où on veut quand on veut, au final pour gagner des sous on est bien OBLIGE de jouer un moment ou un autre. Et pour en vivre, on joue plus de manière ponctuelle, on est forcé d'envoyer du volume.

 

Du point de vue hobby, à part la cupidité je vois pas, franchement y'a rien de passionnant à cliquer sur des boutons pendant des heures seul derrière sont ordinateur. Simplement une activité d'insociable/asociale...pour gagner quelques $ alors qu'ils ont une activité pro qui remplit déjà cette fonction. 

A la limite un passe-temps mais qui s’apparenterait plus à un simple jeu de hasard au final. 

 

Enfin bref, j'ai moi aussi nourri l'envie de devenir un grand joueur, par la suite d'être un modeste joueur pro et maintenant de fuir complètement ce jeu aliénant.

Très bon post. Je me retrouve un peu dans ce que tu dis dans la conclusion.

 

De mon côté j'ai un travail à temps complet mais je consacre beaucoup de temps au poker ( environ 20 H + par semaine ).

 

Les motivations sont clairement financières mais aussi le fait d'avoir des perspectives d'évolution directe et rapide que ne peut pas m'offrir ma carrière. En gros je me dis ouais si dans quelques mois j'arrive à grind la NL400 je gagnerais beaucoup plus donc c'est un gros facteur de motivation pour faire du volume et pour progresser.

 

Un des gros avantage motivant c'est que le poker pourrait me permettre si jamais j'en deviens pro de pouvoir vivre ou j'en ai envie et m'apporter une liberté qu’aucun travail ne pourrait m'offrir.

 

Voila pourquoi je me suis lancé pleinement dans cette activité.

 

Après plusieurs mois de grind "intensif" je remet un peu toutes ces choses en question maintenant.

 

Déjà c'est très loin d’être aussi facile qu'on l'imagine. C'est un jeu de malade et je ne connait aucun travail ou tu te prend de telles décharges d'émotions négatives. Les swings et bad run peuvent être vraiment violent pour le moral et c'est usant de ne pas pouvoir récolter les fruits de son travail. Au dessus de la NL100 c'est franchement compliqué d'être gagnant sans passer énormément de temps à bosser son jeu en plus du temps de grind. Avec tout le temps que j'y passe je n'arrive clairement pas à avoir le niveau des bons regs de la limite. L'écosystème est assez dégueulassasse quand même en NL100 + et c'est la guerre entre les regs pour pouvoir se partager les 30 BB d'un fish qui traîne par là ...

 

Bref après ces quelques mois de grind je me suis posé les bonnes questions qu'est ce que le poker m'apporte dans ma vie ?

 

Je suis vraiment mitigé car quand je pense à toutes les heures que je passe derrière mon écran je me dis que c'est dommage car c'est autant d'heure que j'aurais pu consacrer à ma famille, mes amis, ma copine, sport, bringue .. etc. Bref des activités qui m'aurait surement beaucoup plus épanoui personnellement que cette activité aliénante.

 

Alors oui j'ai un niveau de vie un peu plus aisé car je peux bien arrondir les fin de mois mais au final je commence serieusement à me demander si le jeu en vaut la chandelle ....

Share this post


Link to post
Share on other sites

Enfin bref, j'ai moi aussi nourri l'envie de devenir un grand joueur, par la suite d'être un modeste joueur pro et maintenant de fuir complètement ce jeu aliénant.

En gros, de ta situation d'échec personnelle, tu n'as rien tiré de rien positif sur toi même, mais tout de négatif sur le poker en lui même.

 

C'est assez triste.

Share this post


Link to post
Share on other sites

J’ai commencé à suivre ce thread il y a plus d’un an mais je n’y ai jamais posté donc je vais commencer pas remercier les principaux contributeurs (bobilovic, Artplay, Oryn etc…) pour leurs témoignages.

 

Sans prétention aucune, je vais moi-même témoigner de la façon dont ce jeu de cartes a fortement marqué mon parcours et même influé sur ma personnalité.

 

J’ai commencé le poker en 2005 ou 2006 et y ai assez rapidement monté une bankroll. A l’époque, j’étais étudiant et mes parents subvenaient à mes besoins (financiers, je précise) donc j’avais à la fois du temps de libre et aucune pression financière ni besoin de cash out. Fin septembre 2009, après la validation de mon Master, je m’étais donc constitué une bankroll suffisante pour envisager le poker plus sérieusement.

 

Ces premières années furent plutôt positives. C’est bien entendu difficile à évaluer mais je pense que le poker m’a aidé à améliorer ma logique et mon esprit rationnel (je précise que je vois ça comme des qualités) et je n’ai pas foiré mes études malgré tout le temps consacré au poker.

 

Je suis ensuite parti vivre en Thaïlande, puis à Malte et enfin en Angleterre. Avant cela je n’avais vécu a l’étranger que lors de mon séjour Erasmus en Turquie (et le poker avait là aussi bien aidé). D’une manière générale, j’en retire quelque chose de très positif et je pense que ces expériences m’ont aidé à grandir dans bien des domaines. Il est peu probable que ces années aient été aussi formatrice sans le poker et les opportunités que cela m’a offerts.

 

Cela étant dit, ce jeu m’a aussi beaucoup fait souffrir. Au plus bas, tant financièrement que moralement, j’étais bloqué dans une situation personnelle qui ne me permettait plus de réunir toutes les conditions nécessaires à une pratique sérieuse du poker. Ca a engendré une part de frustration puisque j’ai eu la sensation que j’aurai du faire beaucoup plus quand il en était encore temps et que j’avais déjà fait des choix de vies difficilement compatibles avec la pratique du poker a un bon niveau sans pour autant me résoudre à prendre la bonne décision : arrêter.

 

J’ai sans doute arrêté 6 mois voir 1 an trop tard. Une année assez difficile à vivre avec l’impression d’être dans une impasse, le tout sans avenir professionnel. J’ai eu la chance de retomber sur mes pieds rapidement et ait depuis évolué professionnellement tout en restant dans le milieu du poker mais en m’ouvrant probablement les portes d’autres secteurs si l’envie m’en prenait.

Aujourd’hui, quand je pense à ce que le poker m’a apporté, je pense que la balance penche très clairement du côté positif. J’ai vécu dans différents pays, fait des rencontres enrichissantes, ait fortement développé mon «équanimité », mon esprit logique, ma patience, ma capacité à relativiser (et donc à supporter la pression) et a me concentrer sur les facteurs sur lesquels je peux influer plutôt que de perdre mon temps sur le reste.

 

Dans le même temps, ce jeu m’a amené dans une situation de souffrance qui a certes été formatrice mais aurait pu s’avérer destructrice. Mon post aurait sans doute été diffèrent si je l’avais écrit deux ans plus tôt.

 

De manière générale, quand on décide de consacrer autant de temps a quelque chose (ici, un jeu cartes), et que ce quelque chose n’apporte pas ou plus de réel plaisir immédiat, il est je pense nécessaire que ce quelque chose permette d’améliorer d’autres aspects de sa vie. 

Share this post


Link to post
Share on other sites

@cacahuète : je te trouve très dur avec toi-même et ce jeu. perso, après avoir passé 2-3h/j à jouer aux MMORPGS/diablo II durant plus de 10 ans, ou encore après avoir passé 2-3h/j sur mes motos & mobylettes à l'époque où j'étais fan de mécanique, j'en suis arrivé à la conclusion que je n'arriverai jamais à combler ma vie uniquement avec les sorties, les rencontres, les copines&pots&famille.

Bref, que le fait de faire mon conn**d, seul devant mon PC, à cliquer débilement sur des boutons était un facteur important pour me rendre heureux (c'est dur, mais bon ça m'a jamais fait rater une soirée où un dîner en famille). C'est comme ça, je l'admets aisément (et d'ailleurs quand je fais pas ça je regarde des gens jouer et ça me frustre assez vite), et résultat le poker qui est "juste un jeu ou l'on clique bêtement sur des boutons" correspond parfaitement à mes attentes.

Y'a quand même un paquet de geeks parmi les mecs qui se sont lancés dans le poker, et pour eux ça doit être bien plus supportable, parce que initialement ils faisaient la même chose mais en dépensant des € plutôt qu'en en gagnant.

Share this post


Link to post
Share on other sites

En gros, de ta situation d'échec personnelle, tu n'as rien tiré de rien positif sur toi même, mais tout de négatif sur le poker en lui même.

 

C'est assez triste.

De quoi tu parles? Qu'est-ce qui te permet d'affirmer toutes ces inepties?

 

Je vais pas raconter ma vie avant/après poker on s'en tartine le fion, mais depuis que j'ai arrêté je suis devenu heureux.

 

J'ai trouvé d'autres centres d'intérêt bien plus épanouissants et enrichissants aux antipodes de ce jeu mercantile, et qui me permettront d'en vivre pleinement d'ici quelques années...

Share this post


Link to post
Share on other sites

Je vais pas raconter ma vie avant/après poker on s'en tartine le fion, mais depuis que j'ai arrêté je suis devenu heureux.

 

Justement si ça m’intéresserais de savoir ce qui t'a fait changer d'opinion.

 

Il y a encore pas si longtemps tu avais l'air d'avoir une grande passion pour ce jeu et un bon niveau sur les tables donc je serais curieux de savoir ce qui t'a fait changer.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Ça m'a pas mal intéressé quand j'ai commencé à devenir gagnant en cash game, et non j'ai jamais été bon (gros leaks mentaux), jamais passé la nl50... 

 

Ce qui m'a fait ne plus apprécier ce jeu:

 

-variance

-routine

-solitude

-énervement

...

 

En gros ma satisfaction à gagner n'était pas égale à la frustration lorsque je perdais. Mon entourage ne connaissait pas ce jeu ou était de gros fish, donc difficile d'avoir du soutien/réconfort/compréhension... 

 

Après faut dire que j'étais le pire profil pour s'investir au poker. Pas de boulot, pas de diplôme, pas d'ambition professionnelle ni personnelle. 

 

Grossièrement je sombrais dans l'oisiveté. Maintenant tout s'est inversé!

Share this post


Link to post
Share on other sites

On me dit que je suis HS, je veux bien. 

 

Après j'ai pas lu les 18 pages, pas gagner des milliers d'euros comme certains c'est vrai. Mais quand je vous lis d'une certaine manière, on retrouve la même chose... 

 

Celui qui vient s'amuser au poker, et perdre, ce qui n'est pas notre cas. Bon qu'il se paye un tournoi ou une place de ciné, c'est son choix...

C'est un loisir, et il paye..... On a aucun commentaire à lui faire... ( Cependant, j'ai jamais compris le plaisir qu'on pouvait prendre à perdre du blé sans arrêt même si on est riche... )

 

Maintenant pour gagner,grinder, c'est autre chose; et non ce n'est pas pareil que jouer à Diablo... La variance qui fait mal, les heures de boulot à bosser le jeu... Sans jouer.... 

 

Pour les meilleurs, oui ok sentiment de liberté, de gagner beaucoup d'argent.... SI j'ai bien compris le thread, ils sont peu nombreux à s'épanouir ? ( mes excuses, si j'ai mal compris ).

 

L'argent c'est une fin en soi ?

 

La liberté ? Heu faut jouer quand même et pas à l'heure qu'on veut ( + de monde le week end etc le soir, essayer de lancer des tables à 10h du matin bonne chance... Donc contrainte horaire... )

 

.... L'isolement social, et cela même à mon niveau je l'ai vécu, parler poker quand personne de votre entourage connait le jeu...  

 

Comme je disais, je regrette pas. J'ai appris des choses, etc... Mais tous les vendredis soirs passés à jouer, les dimanches apm, c'est du sport qu'on fait pas, des amis qu'on voit pas etc etc etc...... 

 

Et à la final, ben oui c'est dommage. 

 

De plus, ceux qui ont gagné beaucoup, et félicitations. Ben c'est les meilleurs, et ils peuvent être bons dans plein d'autres domaines ( pour les pros )....

 

Je ne regrette pas d'avoir jouer au poker, je ne regrette pas d'avoir arrêter, j'ai d'autres hobbies aujourd'hui bien plus épanouissant.

Je souhaite à ceux dans mon cas, de trouver d'autres loisirs, sources d'épanouissement, et aux pros ou semi-pros de se réaliser dans un autre domaine ( pour ceux qui le souhaitent ). 

 

Bonne chance à tous :-)  

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now


  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.

English
Retour en haut de page
×