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DeepInYourAce

Chroniques à Krynaco

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Où il est question d'un voleur, d'un volé, d'un féticheur... et d'urine.


[Pour situer le truc, disons que je bosse sur un projet de développement, sur lequel je m'occupe du suivi évaluation. Beaucoup de mission en brousse, donc.]

Aujourd'hui, je me suis fait piquer mon sac. Mon sac historique que je traînais depuis 5 ou 6 ans et que j'adorais. Dedans, il y avait 80€, que j'adorais aussi. Il y avait aussi mes papiers et un carnet où j'aime noter ce qui m'arrive au quotidien. Bref, j'étais bien dég. L'honnêteté voudrait que je précise que c'est un peu ma faute, que je l'avais laissé traîner à un endroit où il ne fallait pas... Mais l'histoire, elle, ne le précise pas. Donc, passons...

Me voilà donc sans sac. Les gardiens sont super remontés pour le retrouver et ainsi laver l'affront: c'est la première fois qu'il y a un vol dans les bâtiments où je squatte, qui sont ceux d'une asso humanitaire. Du coup, comme faut assurer le coup pour être sûr de le retrouver, ils m'embarquent chez un féticheur.
Les gardiens m’expliquent qu’il faut en voir en trois et ne retenir que ce qu'ils ont en commun.

Le premier féticheur est une féticheuse. Elle sort ses cauris, les lance, les ramasse, les relance etc... Et l'enquête commence, remarquable de cliché (en même temps assez représentatif de l’occupation de l’expat moyen) : "C'est une femme, vous avez couché avec une femme cette nuit-là et elle vous a volé." (bon c'était en sousou, j'ai pas tout compris, mais en gros c'est ce qu'elle a dit, le traducteur m'a fait la version soft: "Est-ce qu'il y a une fille avec qui tu t'es bien entendu ces derniers jours?"). Et en sousou il lui explique que non et que de toute façon c’est pas possible parce qu’ils sont gardiens et ils auraient vu entrer la fille… "En tout cas, dit la féticheuse, il y avait une fille c'est sûr, et elle avait un complice, peut-être un homme... ou peut-être une femme." Elle annonce qu’à défaut de sacrifice je ne retrouverai mon sac que dans longtemps, le jour où je verrai de mes yeux un accident de circulation très grave, avec un mort. Sacrifice d'un oeuf à jeter à un croisement de deux chemins, auxquels s'ajoutent quelques grains de maïs à jeter au feu. OK. Je peux faire l'effort.

En route chez le deuxième. On évite de peu un cycliste qui ne sait pas "conduiter" (merci de ne pas oublier que le français est élastique) et perd du temps à attendre l'autre gardien qui, lui, n'en finit pas d'amourer (comprendre dragouiller). Bref, nous voilà chez le deuxième féticheur, qui ressort à peu près le même discours (la femme, l'oeuf au carrefour, les grains à brûler) mais ajouter une noix de cola à donner à une femme à la peau claire, et apporte une délicieuse précision: si je fais comme il dit, le voleur ne pourra plus uriner tant que j'aurai pas récupérer mon sac.

Mouahahaha (rire sadique, genre le méchant d’Inspecteur Gadget), là il m'a décidé, j'imagine déjà mon voleur avec la chaude pisse ou n'importe quoi... Ma vengeance sera terrible. Par contre, s'il y a un random innocent qui fait de la rétention d'eau et se fait accuser à tort... ben c'est ballot pour lui.

Le troisième féticheur est absent, mais en matière de fétichisme, la démocratie fonctionne mieux qu'en politique: comme les deux premiers sont d'accords, pas la peine d'aller voir le troisième.

Achat des oeufs, et des grains. Les oeufs sont déjà cassés, on brûle les grains ce soir.

Si j'étais mon voleur, je profiterais des quelques heures à venir pour pisser un grand coup. Edited by DeepInYourAce

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Da Peter Ritcharde Spirit


Il y a quelques jours, j'ai fait (inintentionnellement) un des trucs les plus drôles de ma misérable existence. Quelque part entre Woody Allen et Pierre Richard...
Sous l'auto radio, dans le 4X4 de mon taf, il y a un petit espace, sorte de mini vide poche. J'y range souvent téléphone, clé, argent, etc...

Hier soir, c'est des billets. Seulement c'était la nuit, le bordel sur la route (circulation à Krynaco>contresens sur l'autoroute en France), et j'ai pas regardé ce que je faisais.

J'avais des billets dans la main, j'ai voulu les mettre dans le fameux mini vide poche, et là... j'ai senti qu'ils y allaient tous seul. Comme si le vide poche les rangeait lui-même.

J'ai trouvé ça bizarre. Par conséquent et au péril de ma vie, j'ai regardé: j'ai mis les billets dans le lecteur CD, qui les a tous gobés. Jusqu'au dernier.

VDM - FML (spécial combo) Edited by DeepInYourAce

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Celui qui ne voulait pas conclure


Découverte du jour: dire à un gay de Krynaco que t'as rien contre l'homosexualité et que l'idée du mariage gay ne te dérange pas, c'est un signal que tu lui donnes qui signifie quelque chose comme "Vas-y Badboy, fais-moi l'amour sauvagemment!!".

On m'avait pas prévenu.

C'est dommage quand il se trouve que ça se passe en pleine mission en brousse et que tu dois partager le lit de l'intéressé.

Femmes harcelées, j'ai arpenté les chemins de votre enfer.
Je souhaiterais que comme moi vous fassiez une vingtaine de centimètres et de kg de plus que vos agresseurs. Je vous promets, ça aide.

JE TE JURE QUE SI TU RECOMMENCES JE T'EN COLLE UNE!! JE JURE QUE JE LE FAIS!!
Edited by DeepInYourAce

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T'es sur que c'est le terme à utiliser "je t'en colle une" ? lol



Ahah effectivement j'avais pas vu ça comme ça... Y a un truc que j'ai pas précisé en plus, c'est où ça s'est passé: on était en mission en brousse, on était hébergé par les villageois dans un coin en mode trou du cul du monde (genre 30 mn de piste pourrie, 20 minutes de pirogue, puis 30 mn de marche à pied) autant dire que je pouvais pas me casser sur un coup de tête, ni le virer et lui dire de se barrer. Bref, on était donc hébergé dans le village et on dormait... dans le même lit. Il m'a effleuré plusieurs fois en mode je fais pas vraiment exprès et quand je lui ai vraiment dis d'arrêter, ce FDP m'a touché le cul (c'est le qu'il a vraiment failli s'en prendre une...). C'est pas vraiment un super souvenir...

De la relation triangulaire et ambivalente entre l'Afrique, les blancs, et la folie


Un autre truc qu'un pote m'a raconté. Il est à peu près dans les mêmes conditions que moi, mais au Ghana. Il a une théorie selon laquelle l'Afrique peut rendre fou. Il m'a donné un exemple: il était dans son salon en train de lire et l'envie l'a pris, d'un coup, de se doucher dans son salon. Il a donc pris une bouteille d'eau, et il s'est douché dans son salon. Il m'a dit "C'était super bizarre, j'étais à fond, ça m'a presque filé la gaule." C'était sur fb, faudrait que je pose le screen shot de la conversation ici tellement c'était priceless. Ce matin, ce même gars m'explique qu'il est allé chez un féticheur. Il avait une sorte de baguette magique qui était... un baton de ski coupé. "Je te dis, ce continent rend fou."

Vis ma vie de médiateur


Sinon, une autre partie de mon taf, c'est de faire de la médiation institutionnelle. En gros, je fais l'interface entre des paysans et des techniciens aménageurs et dois m'assurer que tout le monde dis ce qu'il pense, ce qui dans le coin est à peu près impossible.
Exemple, extrait d'une conversation avec un collègue:

Moi - Faut qu'on aille à chez le chef de secteur, on y a va à pied ou en voiture?

Lui - Comme tu veux.

Moi - Ben je connais pas. C'est toi qui sait ce qui est mieux.

Lui - Non vraiment on fait comme tu veux.

Moi - OK. Donc on a qu'à marcher un peu, on a fait de la voiture toute la journée.

Lui - En tout cas, c'est loin.

Moi - Ah bon?

Lui - Oui.

Moi - Donc on y va en voiture?

Lui - C'est mieux je crois.



...Vis ma vie de médiateur... Edited by DeepInYourAce

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Rimbaud et le trou du cul de Verlaine

Hier, discussion enflammée au sujet d'Oxmo Puccino et son dernier album. Pour les uns il veut s'acheter une réputation clean alors qu'il a écrit des trucs bien crades dans sa jeunesse, pour les autres ça n'empêche rien. Je fais mon intéressant en disant que La Fontaine a écrit des nouvelles porno et que ça l'empêche pas une seconde d'être un auteur de fables qui peuvent être lues à l'école.

Et là un autre gars prend la parole: "C'est comme Rimbaud avec le trou du cul de Verlaine." Je souris avec un petit signe de tête, "C'est pas faux", Perceval style (je suis parti depuis dix mois, j'ai le droit aux vannes grotteuses). Et maintenant que je suis devant mon ordi, je lis ce sonnet, et effectivement, ça dépote. En fait, c'est un pastiche qu'ils ont fait à deux d'un autre type, Albert Mérat.

C'est cadeau:

L’Idole

Sonnet du Trou du Cul

1871 — 1872

Obscur et froncé comme un œillet violet

Il respire, humblement tapi parmi la mousse

Humide encor d’amour qui suit la fuite douce

Des Fesses blanches jusqu’au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait

Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,

À travers de petits caillots de marne rousse

Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;

Mon âme, du coït matériel jalouse,

En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;

C’est le tube où descend la céleste praline :

Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !

Albert Mérat.

P. V. ─ A. R.

C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;

C’est le tube où descend la céleste praline

J'en reste coi. Edited by TitaniumNono

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Mais WTFML???? (What da f*ck my life, spécial combo #2)


Je viens de passer deux journées à la After Hours, où t'as l'impression que Dieu s'acharne contre toi, et qu'à la fin, alors que tu t'étonnes d'être encore en vie, tu vas bosser comme si de rien n'était.

Résumés:

1/ Le Bar à putes

Hier soir: sortie dans un bar à pute, un vrai. On était trois gars et une meuf, tous pareillement exploités par les nouveaux contrats de soliadrité interantionale. Un des deux autres gars est un habitué des lieux. A peine on entre, six meufs sautent littéralement sur chacun des deux noobs, cad mon pote et moi. Deux à ma gauche, deux à ma droite, une devant une derrière, pareil pour l'autre gus. On se fait palper dans tous les sens, c'est pas loin de la fouille au corps. Je suis pas nécessairement un enfant de coeur, mais là j'avoue je suis un peu intimidé. C'est la première fois que je me laisse traîner dans un spot comme ça. Faut dire que le reg des lieux arrêtaient pas de me saouler avec cette boîte, parce que je sors peu, que je reste beaucoup avec mes voisins guinéens... et qu'il faudra bien que je finisse par choper en guinée (s'il savait...). Des mains se baladent partout sur moi. La totale. Impression d'être à nouveau sur youporn, mais cette fois j'ai tapé "lucky man" comme mot clés.
Mais j'ai pas beaucoup plus à détailler pour cette soirée.

Ca m'a insta gavé, à peine entré je pensais qu'à partir, j'ai viré les meufs assez froidement sauf une que je connaissais: c'était la femme de ménage d'une pote à mon boss, qui michetonnait pendant son temps libre. Sa patronne l'a viré quand elle l'a appris. Du coup maintenant elle est pute à plein temps (vgg la meuf qui l'a viré, pauvre conne). C'est d'assez loin la plus belle de la soirée, elle a encore une pointe d'innocence, on croirait presque qu'elle est là pour s'amuser. Elle a encore une sorte de timidité, voire de gêne. Bref, c'est pas encore complètement une pute. Ça lui donne un côté attendrissant. Mais même elle j'ai envie de la gifler quand elle me dit qu'elle à pas de quoi payer son taxi retour. Au bout d'un moment, vu que je suis skillé en somatisation je chope un put**n de mal de tronche. Et on finit par se barrer.

2/ Suicide collectif en solitaire

Il est 1h du mat, on rejoint une autre soirée. Mais elle est en train de finir. On boit deux ou trois coups, rien de notable. Puis tout le monde se barre.
On reste dormir. La flemme et y a la place: le moindre conn**d ici à une baraque de ouf du moment qu'il a la peau blanche. Sauf moi: mon boss (c'est lui qui devait trouver mon logement) avait jugé à mon arrivée qu'il fallait que je sois intégré à la communauté, vu que je bosse en tant que médiateur, faut que je sache à qui j'ai affaire. Y a des moments où c'est chiant (beaucoup en fait), mais au final je l'en remercierais jamais assez pour ça.

On dort là où il y a eu la fête, donc. Pendant la nuit j'entends une grosse engueulade. Très, très violente. Mais vraiment. J'émerge assez vite. Ça hurle assez incroyablement. En fait c'est pas une engueulade, mais un type qui hurle sur un autre type. Je reconnais à peine la voix d'un de mes deux potes tellement il est surexcité. J'arrive dans la salle, il y a un autre gars que je connais pas, et la meuf chez qui on est. L'inconnu est assez amorphe, genre je-m'en-fous-de-toutes-façons-la-vie-c'est-nul. Juste quand j'arrive, comme s'il m'avait attendu, mon pote lui met un coup de coude, comme dans les films, genre on croit que ça va être un coup de poing, et non c'est le coude. J'en avais jamais vu en vrai encore (btw ça a l'air super facile et efficace, je vais m'entraîner ). Le mec tombe mais ne saigne même pas, et a pas l'air sonné, ce con se croit dans Mission Impossible ou je sais pas quel random film d'action où le héros se prend vingt mandales sans même saigner. Par réflexe, je retiens mon champion pour pas qu'il le frappe à nouveau, genre je suis viril, je gère les situations tendues etc... Je sais pas pourquoi j'ai fait ça, la proprio est même pas baisable.

Puis on m'explique: l'inconnu déprime. Assez salement, il est même question de le rapatrier depuis quelques temps, il se fait pas à la vie ici, etc... Et là, ben il a voulu se suicider. Et cette espèce de gros enc**é a rien trouvé de mieux à faire que d'allumer le gaz à fond. En pleine nuit. On sait pas ce qui était le plus dangereux: mourir asphyxiés, ou exploser via un fumeur? Si mon pote s'était pas levé en l'entendant, ben je serai probablement pas là à perdre mon temps à vous raconter tout ça. Dès ce matin, on a posé le suicidaire chez le médecin de l'ambassade. Il voulait pas y aller, mais on lui a pas laissé le choix. Il est dans l'avion en ce moment d'après ce que j'ai compris, possible qu'il fasse un coup de HP en arrivant.
([X] danger pour autrui ou pour lui-même).

J'en ai parlé dans ce thread, j'ai un pote qui a une théorie selon laquelle l'Afrique rend fou. Peut-être qu'il a raison.

3/ Don't make me laught, u motherf*cker

Après ça, au petit matin, tous un peu sur les nerfs, fatigués, etc... on va bosser. Début d'après midi, on se retrouve avec la meuf et le reg du bar à pute pour aller rejoindre une autre pote. En route, on se fait contrôler par les services de l'émigration. Standard. On sort nos papiers. Tous en règle.
Et bim: ils nous font une manip venue d'ailleurs: "Vous avez des visas d'une année?" oui "Vous travaillez ici?" oui "Je veux voir vos permis de travail." On s'est fait avoir comme des noobs. C'est connu de tous les expat qu'à Krynaco il faut avoir son permis de travail sur soi. Problème: en tant que volontaire, on a pas de contrat de travail mais une convention de volontariat. C'est pas un travail (je cotise pour la retraite mais pas pour le chômage par exemple), donc pas besoin de permis. On explique au flic, il nous croit pas, et veut nous embarquer. On fait marcher nos réseaux: ambassades, ministères pour lesquels on bosse... Et le flic appelle son supérieur, qui confirme: on doit nous embarquer. FML. On réussit à avoir le n°2 de l'ambassade (truc de ouf pour les bizuts de volontaires que nous sommes), mon directeur fait intervenir le chef de cabinet de mon ministère de tutelle... Le gars veut rien savoir, et refuse même de parler au téléphone aux gens qu'on appelle (qui ne sont pas n'importe qui, donc). Et il nous embarque.
Il a fallut 4h pour pouvoir partir. On était en mode "Je lâche pas un centime, je dors ici, ou ils me mettent en taule, rien à foutre." Finalement la menace de plainte diplomatique de la part de l'ambassade semble avoir porté ses fruits, et on a finit par être libérés.

4/ Brousse Whine, The Dark Knight Rices

Il est 1h du matin, je suis chez moi, je commence à peine à préparer mon sac, demain je pars à 7h pour pas loin d'un mois. Mes journées consisteront à saisir les données que les enquêteurs auront chopé via des entretiens avec les rizicultures, et à vérifier qu'il y a pas trop de boulettes... Je vais me retrouver à faire un boulot de bureau ultra chiant en pleine brousse. Je mettrai des pics ça devrait être priceless: les pages à saisir, l'ordi, avec la brousse derrière.

5/ Parano

J'ai changé le nom de la ville en Krynaco. Le thread est devenu un peu trop personnel pour que je ne craigne pas que des gens que je connais ici passe par hasard sur ce thread via google. Je voudrais nuire à personne, mais surtout, je voudrais pas qu'on me tombe dessus, j'ai un devoir de réserve dans mon contrat. A mon avis je suis parano mais bon... Google n'est pas toujours ton ami.

6/ No milf anymore

Je reverrai pas la milf. Elle part fin janvier, je reviens début février. Je finis up de quelques € et down de quelques fantasmes. Edited by DeepInYourAce

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Tu peux développer un peu sur tes missions et ce qui t'a amené la bas ? Merci.

\o/... ton post ressemble à: "WTF!? C'est quoi le thinking process qui t'as amené dans cette galère?!"

La réponse risque de manquer de boobs et d'action pour être réellement digne d'intérêt, 1sickstory a pas tort.

Mais en même temps, y a pas beaucoup à raconter: depuis 2005 je suis allé quatre fois au Burkina, toujours de près ou de loin avec une asso locale montée par des comédiens: Wécré. Au fil des années on a monté avec quelques potes français une structure jumelle en France, du côté de Grenoble, qui existe depuis cinq ans maintenant. Pour plus de précisions vous pouvez jeter un coup d'oeil à leur blog (vous le trouverez sur google où je vous l'envoie par mail, j'ai viré le lien pour pas que l'admin tombe sur ce thread, mais c'est trop tard je crois, fml), et si l'envie vous prend d'aller passer quelques semaines avec eux pour un premier contact avec le continent, quelques barres de rire, moments wtf, et autres instants mémorables hésitez pas à me mp ou à les contacter directement. Vous pouvez aussi à faire tourner l'info, ils sont fiables à 100%

Bref, j'ai un cursus double: ciné/docu & socio/éco. En 2010, je m'étais fait financer un petit documentaire au Burkina par un institut de recherche pour mon stage de fin d'études. Mais à mon retour, au moment de commencer le montage du film, je suis tombé malade, bien comme il faut (rien à voir avec le séjour en Afrique). FML. Out pendant une année. Après j'ai pas osé retourner voir les gens chez qui j'avais fais mon stage: j'avais perdu le rythme, rien branlé depuis plus d'un an... J'aurai eu l'impression de mendier un job. J'avais envie de me barrer au plus vite, n'importe où, faire n'importe quoi. Du coup je me suis inscrit sur le site d'une ONG assez connue qui envoie des volontaires un peu partout dans le monde. Et deux mois plus tard on m'a proposé ce boulot.

En gros, je bosse pour une branche du ministère du développement du pays, mon poste est financé par le bailleur d'un assez gros projet d'aménagement de rizières. J'ai deux fonctions sur ce projet:

- médiation entre les techniciens aménageurs et les paysans. Les premiers en ont pas grand chose à foutre des seconds, ils leur font des fausses promesses, leurs mentent etc... et les paysans n'osent rien dire parce que les gars qu'ils ont en face d'eux ont fait des études. C'est caricatural, mais dans l'esprit c'est ça. Pour plein de raisons (compétence des techniciens, honnêteté et compétences des entrepreneurs, qualité des matériaux, budget alloué, etc...) ça a pour résultats des aménagements bien pourris qui dans pas loin de 50% des cas appauvrissent les paysans, dans 30% ne servent à rien, et dans 20% fonctionnent plus ou moins sans forcément satisfaire les paysans (trop de travail d'entretien, pas assez efficace, résultats pas assez bon par rapport aux promesses mirobolante, etc...). Mon poste a été créé pour essayer de remédier à ça.

- Suivi-évaluation: on va sur le terrain, on rencontre les paysans et on fait des études soit quantitatives, soit qualitatives. Là par exemple je suis en pleine brousse à saisir des données sur Access sur une database pleine de bug. Les enquêteurs continuent d'arrivent avec des masses de fiches à saisir, et j'accumule le retard que je devrais rattraper à Krynaco. C'est pour pas péter un cable que j'écris ce post.

Mais en même temps y a pas beaucoup à raconter
encore une fausse promesse, désolé pour le sick pavé sans boobs, blagues, ni même un petit smiley. Pour me faire pardonner, je laisse une petite dédicace. J'ai refait le logo de mémoire sur word, ne me jugez pas... J'ai dl un logo pour la prochaine fois

gallery_54598_760_4031634.jpg

<br />

put**n c'est bon!<br />

Depuis quelques temps, pour qu'on me dise ça, je me fais payer. Pour cette fois ça va.

Edited by DeepInYourAce

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Le Diplomate et Le Glandu


Un petit "moment de vie" comme disent les anciens, toujours pas de boobs (mes plus plates excuses, je promets de courir après tout humain qui n'a pas de bite une fois à Krynaco, début février) ni de combat à mort entre un suicidaire et un mec vénère...

Ça commence hier après midi. Fin d'une journée d'enquête bien usante, tous un peu nazes avec l'envie de se pieuter, il est même pas 20h mais rien à foutre. On passe récupérer un des enquêteurs dans un village. C'est un vieux de la vieille, formé du temps du premier dictateur président du pays, aka Sékou Touré (les moins noob d'entre vous en auront entendu parlé). Il est marrant, mais sans le vouloir. C'est un type lent dans le taf comme j'en ai jamais vu, hyper têtu mais très honnête et rigoureux, à défaut d'être compétent ou efficace.
En d'autres termes, c'est un glandu, d'ailleurs, Glandu, ce sera son nom à partir de maintenant.
Donc, on récupère ce type, et on parle avec lui d'un cas assez fréquent: les vieux qui donnent des âges complètement wtf. Nous lui racontons une partie de l'enquête du jour qui, quasiment au mot près, à donné ça:

Moi: Quel âge avez-vous?

Vieux 1: J'ai 115 ans.

Moi: OK... Et vous?

Vieux 2: Je suis son petit frère, j'ai 5 ans de moins que lui, j'ai 110 ans.

Moi: Bien... Et vous?

Vieux 3: Moi, j'ai 70 ans.

Moi (heureux trouver quelqu'un de raisonnable): Ah! C'est bien!

Vieux 3: Mais je vais vivre vieux, mon père est mort à 140 ans.

Moi (du mal à cacher ma déception) : Oh... D'accord."

Avant que Glandu n'entre, le débat était d'essayer de comprendre pourquoi on nous donne ces âges. (je veux pas vous prendre la tête avec des considérations socio-anthropo-mords-moi-le-noeux, mais à priori les gars se vieillissent parce qu'ils sont chefs grâce à leur appartenance au lignage fondateur du village, alors qu'officiellement c'est le doyen du village qui est censé le diriger. Pour mettre tout le monde d'accord, ils se vieillissent)
Glandu entre donc dans la voiture, avec un tout autre avis: "Peut-être qu'ils ont vraiment cet âge là, moi, par exemple, moi, ma mère est morte à 120 ans."
Gros silence gêné dans la voiture. Tellement tout le monde pense la même chose, on croirait l'entendre: "M**de, en fait il est complètement con."

Diplomatiquement, un des autres enquêteurs essaie courageusement de le faire réfléchir.

Diplomate: "120, tu es sûr?"

Glandu: "Complètement sûr."

Diplomate : "Mais toi-même là, tu as quel âge?

Glandu : "Je suis né le 6 février 1972, j'ai bientôt quarante et un ans."

Diplomate (qui trap) : "..., et ta mère et mère est morte il y a combien de temps?"

Glandu (outplayed) : "10 ans."

Diplomate : ...

Deuxième gros silence. On fait tous le calcul, ça mère avait donc 90 ans quand elle l'a eu. GG à elle. Et à celui qui l'a engrossée, VGG.

Quelques regards, d'amusés à moqueurs, s'échangent entre nous. Et le Glandu, avec un temps de retard digne de Joey dans Friends quand il comprend que l'oie à becté la bague de fiançailles, fait lui aussi le compte, et réalise qu'effectivement, il est complètement con. Il essaie de sauver les apparences:

Glandu: " En tout cas, elle était très vieille."

Troisième gros silence. Personne veut en rajouter, ça serait comme baiser une meuf en plein comas éthylique. Edited by DeepInYourAce

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