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Guest touareg

Le thread des faits divers

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Puisqu'il faut vraiment expliquer:c'est la +grosse saisie de 2018 hein..égalité avec Marseille je crois.

https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/les-actualites-de-18h-angers-saisie-record-de-plus-de-2-5-tonnes-de-cannabis-7796109809

Citation

C'est tout simplement la plus grosse prise de l'année 2018 ! La drogue a été découverte jeudi 27 décembre dans des valises entreposées dans un fourgon a-t-on appris mercredi auprès du parquet d'Angers et de la police. Des dizaines de "valises marocaines" ont été saisies, contenant chacune 30 kilos de résine dans un fourgon de 12m3 garé dans un quartier du sud d'Angers.

 

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je ne connaissais pas cette affaire : la prise d'otage de la Cour d'assises de Nantes en 1985

 

Spoiler

pas trouvé de lien YT, je post un lien de stream

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à l’instant, FabD a écrit :

put**n l'antismétisme c'est vraiment le fond de l'humanité.

Les mecs se lancent des concours de FDPuterie.

 

http://www.leparisien.fr/paris-75/un-tag-antisemite-sur-le-portrait-de-simone-weil-11-02-2019-8009301.php

Spoiler

Une enquête de police a été ouverte, ce lundi matin, après la découverte de croix gammées taguées sur le visage de Simone Veil peint sur deux boîtes aux lettres de la mairie du XIIIe.

 

«Immonde, abject et surtout lâche ! ». Le maire (DVG) du XIIIe, Jérôme Coumet, n’a pas mâché ses mots ce lundi matin.

Les élus et les habitants qui passaient place d’Italie (XIIIe), sur le parvis de la mairie, ont découvert que les deux boîtes à lettres avaient été taguées probablement dans la nuit de... croix gammées. Une enquête de police pour «dégradations volontaires aggravées» et «provocation à la haine raciale» a été ouverte par le Parquet de Paris.

 

 

Il ne s’agit pas de n’importe quelles boîtes à lettres. Ces deux boîtes jaunes, propriétés de la Poste, ont été officiellement confiées à l’artiste de street art C215 qui a réalisé un portrait hommage à Simone Veil, l'ancienne femme d’Etat, rescapée des camps de la mort, décédée le 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans. Ces deux portraits ont été commandés dans le cadre de la Panthéonisation de Simone Veil, l’été dernier.

« Ce n’est pas la première fois que l’une de mes œuvres est dégradée, regrette l’artiste Christian Guémy, alias C215. Mais là, ce qui est choquant, c’est que Simone Veil a souffert de la Shoah. C’est très vil. Cette femme incarne des valeurs de combat. Elle a défendu l’Européanisme, les droits des femmes, la mémoire de la Shoah et sa judéité. C’est tout cela qui est bafoué, de la pire manière qui soit, puisqu’elle est défigurée d’une croix gammée. »

D’autres faits dénoncés

C215 annoncé qu’il ira « les restaurer, soit ce mardi après-midi, soit mercredi.

« Ce n’est pas un acte isolé, poursuit Jérôme Coumet. On voit quand même tout une série d’actes antisémites dans Paris. Je ne pensais pas voir se réveiller la bête immonde ».

Ce week-end, une autre enquête de police a été ouverte suite à la découverte du tag «Juden» («juifs », en allemand, vestiges du vocabulaire nazi, NDLR) tracé à la peinture jaune sur la devanture d'une enseigne Bagelstein de l'Île Saint-Louis (IVe).

Ce lundi encore, un tag «truie juive » a été découvert boulevard de la Chapelle (XVIIIe).

Robert Ejnes, directeur exécutif du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a annoncé «vraisemblablement porter plainte ». «Il y a à Paris une série de tags et de dégradations qui nous laisse interrogatifs et ne peuvent que nous inquiéter ».

Ce lundi, Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, a annoncé que l'Hôtel de Ville, de son côté, allait également porter plainte. « Soyons tous mobilisés contre la haine », a-t-elle lancé.

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il y a une heure, jou0eur a écrit :

la suite est pas mal non plus : interpellés puis relâchés, en rentrant Mme jette ses hamsters par la fenêtre. :sos:

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https://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Elle-avait-des-relations-sexuelles-avec-son-jeune-eleve-devant-un-autre-ado-1609507#xtor=AL-23

 

Citation

 

Elle avait des relations sexuelles avec son jeune élève… devant un autre ado

Paris Match | Publié le 01/03/2019 à 10h38 |Mis à jour le 01/03/2019 à 11h23

Brittany Zamora.

Brittany Zamora.Maricopa County Sheriff's Office

Les autorités américaines ont dévoilé de nouveaux détails sordides dans l’enquête sur l’enseignante ayant eu des rapports sexuels avec son élève de 13 ans.

De nouveaux détails sordides. Un rapport de police dévoilé par «Arizona Republic» revient sur la relation entretenue par une enseignante et son élève de 13 ans. Brittany Zamora, âgée de 28 ans, travaillait au collège de Goodyear, en Arizona, lorsqu’elle a fait la rencontre de l’adolescent. D’après le rapport de police, les deux pratiquaient des actes sexuels alors même que les autres élèves étaient dans la classe en train de travailler. Le jeune garçon a raconté que sa professeure lui «touchait parfois les parties intimes» lorsqu’il venait à son bureau. Elle prétendait alors devoir chercher quelque chose par terre. L’élève lui passait en outre des petits mots dans lesquels il lui disait à quel point elle était sexy.

 

Il a également expliqué aux autorités lui avoir envoyé des photos de lui nu. Brittany Zamora, elle aussi, lui transmettait des photos d’elle nue ou en lingerie. «Un jour, elle m’a dit qu’elle voulait me faire une fellation et que mes parties intimes étaient très grosses», a fait savoir l’élève.

"C'était très gênant"

C’est une nuit au cours de laquelle le mari de la professeure n’était pas chez eux, qu’elle a invité l’adolescent à la rejoindre, pour lui «montrer à quel point elle l’aimait». Ils ont eu leur premier rapport sexuel ce soir-là. Quelques jours plus tard, c’est dans une classe que les deux ont «fait l’amour». Le garçon se trouvait avec un camarade avec qui il devait préparer un futur spectacle. Brittany Zamora les a tous les deux retenus, embrassant l’adolescent de 13 ans et demandant à l’autre de surveiller la porte «pour s’assurer que personne ne les voit avoir des rapports sexuels dans la classe». «Ils étaient en train de le faire, c’était très gênant», a décrit à la police le second adolescent. «C’est trop bizarre qu’une personne de 27 ans aime faire ça avec un garçon de 13 ans. Ce n’est pas quelqu’un de bien», a-t-il encore dénoncé.

Brittany Zamora a été arrêtée en mars 2018. Les parents du garçon ont appris cette histoire en fouillant dans le téléphone de leur enfant, se servant de mots clés pour faire leurs recherches. Après avoir trouvé notamment des SMS inappropriés entre la professeure et lui, ils ont prévenu le principal de l’école qui a de son côté appelé la police. «Les parents doivent être vigilants sur les activités en ligne de leurs enfants. Les applications pour les surveiller et les protéger sont très importantes», a déclaré à l’époque Lisa Kutis, porte-parole de la police. Poursuivie pour agression sexuelle et inconduite sexuelle sur mineur, elle a plaidé non coupable. Elle est aujourd’hui incarcérée à la prison du comté de Maricopa et sa caution a été fixée à 250 000 dollars. Les parents de l’adolescent réclament 2,5 millions de dollars de dommages et intérêts.

 

 

Edited by jou0eur

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https://www.20minutes.fr/societe/2474627-20190317-lyon-couple-jeunes-femmes-tres-violemment-attaque-ados-pleine-rue

 

Citation

Lyon: Un couple de jeunes femmes très violemment attaqué par des adolescentes en pleine rue

Citation

S’est ensuivie une pluie de coups de poing. La plus jeune des victimes a reçu un coup de cutter au visage. « Elle a été balafrée. L’estafilade commence sous l’œil gauche et finit sous l’oreille », précise une source proche de l’affaire au Parisien.

 

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Le 28/01/2019 à 21:56, Jamiyoyo a écrit :

je ne connaissais pas cette affaire : la prise d'otage de la Cour d'assises de Nantes en 1985

 

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Georges Courtois a été retrouvé mort la semaine dernière dans l’ncendie de son appart .

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Il y a 13 heures, Touareg a écrit :

Georges Courtois a été retrouvé mort la semaine dernière dans l’ncendie de son appart .

Je sais pas si c'est ce reportage mais y'en a eu un y'a 2-3 mois qui est passé sur France3 avec Broussard en face et les 2 se remémoraient l'affaire, c'était pas mal.

Prise d'otage assez lunaire.

Edited by survival66

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Il y a 4 heures, survival66 a écrit :

Je sais pas si c'est ce reportage mais y'en a eu un y'a 2-3 mois qui est passé sur France3 avec Broussard en face et les 2 se remémoraient l'affaire, c'était pas mal.

Prise d'otage assez lunaire.

c'est ce reportage

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Le ‎12‎/‎03‎/‎2019 à 01:33, Jamiyoyo a écrit :
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Le ‎12‎/‎03‎/‎2019 à 15:55, donmerlot a écrit :

C'est pourtant quelqu'un de brillant.

GAV de Yassine Belattar prolongé !

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Il y a 5 heures, checky a écrit :

Je lisais un article sur lui hier... pas du tout étonné.

 

https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/260319/menaces-de-mort-harcelement-yassine-belattar-en-garde-vue

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Menaces de mort, harcèlement: Yassine Belattar en garde à vue

26 mars 2019 Par Dan Israel
 

L’humoriste et animateur radio a été placé en garde à vue ce mardi au commissariat du Ve arrondissement de Paris. La procédure a été déclenchée par une plainte pour menaces de mort, déposée le 24 janvier par le producteur et auteur Bruno Gaccio. Depuis plusieurs années, de nombreux témoignages, recueillis par Mediapart et par les policiers, l’accusent de comportements inappropriés dans un cadre professionnel ou para-professionnel.

 

Yassine Belattar, humoriste, animateur radio et membre du conseil présidentiel des villes, a été placé en garde à vue ce mardi 26 mars au commissariat du Ve arrondissement de Paris, selon Le Parisien et l’AFP. La procédure a été déclenchée par une plainte pour menaces de mort, déposée le 24 janvier par le producteur et auteur Bruno Gaccio.

Selon nos informations, trois autres hommes issus du monde du spectacle, dont l’humoriste Kevin Razy, ont témoigné de menaces de violences physiques de divers ordres devant les policiers. L’un d’eux a fait écouter aux enquêteurs l’enregistrement de menaces de mort explicites proférées par Yassine Belattar en juin dernier.

« Que je menace des gens, c’est un fait. Il y a plein de gens qui en menacent d’autres. Mais moi, je ne suis jamais passé à l’acte », avait déclaré Yassine Belattar à Mediapart moins de deux semaines avant sa garde à vue.

Nous republions ci-dessous notre enquête du 16 mars sur les accusations visant Yassine Belattar, portant sur des menaces, du harcèlement, mais aussi des allusions sexuelles à destination de jeunes femmes qui l’avaient approché dans un cadre professionnel.

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Le 14 février, une poignée d’internautes bien informés ont dû tousser en visionnant le sketch relayé par Radio Nova sur les réseaux sociaux. On y voit l’humoriste et animateur Yassine Belattar rire de bon cœur devant Thomas Barbazan, son complice depuis 15 ans, et l’humoriste Laura Domenge, en pleine parodie de la comédie musicale Starmania, dans leur émission « Les 30 Glorieuses ». Les auteurs ont décidé d’évoquer les dérives de la « Ligue du LOL ». Paroles acerbes à l’appui : « Qui est-ce qui harcèle les filles, les menace dans des tweets, qui les pousse au suicide ? C’est nous, les gros conn**ds. » ; « On trolle tous les gens qu’on veut. On s’en fout d’savoir si c’est du harcèlement », chantent les imitateurs devant un Yassine Belattar ravi.

 

 
 
La ligue du LOL présente : BâtardsMania | Les 30 Glorieuses © Radio Nova

 

Cette critique des agissements sexistes et humiliants d’un petit groupe de journalistes et de communicants est bien sentie. Mais elle résonne étrangement pour qui sait que, depuis plusieurs années, des accusations tournent autour de Yassine Belattar sur ce même registre. Des allégations portant sur des menaces de mort ou de violences physiques, des coups de gueule brutaux, des humiliations répétées, voire des gestes violents. Une quinzaine de personnes évoluant dans l’univers des médias ou dans celui des humoristes ont témoigné de ces pratiques auprès de Mediapart.

Une grande partie de ces témoins les ont aussi rapportées ces derniers jours au commissariat du Ve arrondissement de Paris (l’auteur de ces lignes a également été entendu, voir notre Boîte noire). À notre connaissance, quatre personnes ont décrit sur procès-verbal des menaces directes, une demi-douzaine de personnes au bas mot ont évoqué des relations professionnelles difficiles et deux jeunes femmes ont raconté des conversations dérivant vers des sous-entendus ou des allusions sexuelles alors qu’elles étaient à la recherche de travail. Selon nos informations, la procédure devrait déboucher dans les tout prochains jours sur la convocation de Yassine Belattar au commissariat.

 

yb-affiche-ingerable
 
L’animateur et humoriste, qui s’autoqualifie d’« ingérable » – le titre de son spectacle – et affiche fièrement sa proximité avec Emmanuel Macron, récuse la plupart de ces accusations. Son comportement est pourtant au cœur d’une enquête. Comme l’a aussi révélé Marianne, qui dispose en partie des mêmes informations que Mediapart, celle-ci a été déclenchée par une plainte déposée fin janvier par l’auteur, producteur et comédien Bruno Gaccio, cible de menaces de mort de la part de l’humoriste. Le parquet, qui dirige les enquêtes de police, a pris les choses au sérieux et a demandé aux policiers d’auditionner un maximum de ceux qui ont eu à se plaindre de leur rencontre avec l’humoriste dans un cadre professionnel ou para-professionnel. La procédure en cours cible un homme qui, au-delà de son influence, laquelle lui permet d’accélérer ou de ralentir des carrières dans le milieu artistique, est devenu un symbole.

 

Yassine Belattar se fait connaître à partir de 2003 pour ses chroniques sur la radio Générations, puis est passé aux médias nationaux dès 2006 : la télévision, avec Canal+, France 4 et Comédie, et la radio, dont le Mouv’, la radio jeune du groupe Radio France, et Radio Nova depuis 2016. Parallèlement, il s’impose dans le monde des spectacles de stand-up. Dans ce petit milieu professionnel, il est aujourd’hui considéré comme ayant une place importante et décrit comme un soutien de poids pour ses poulains. Peu de jeunes comédiens prennent le risque d’afficher un désaccord avec lui, de peur de voir trop de portes se fermer devant eux.

À coups de prises de paroles enflammées sur les plateaux ou de controverses sur les réseaux sociaux, Yassine Belattar s’est aussi peu à peu attribué une place de porte-parole officieux des habitants des quartiers populaires, puis des musulmans de France. C’est cette place qu’il occupe en acceptant un débat avec Éric Zemmour, mardi 19 mars, sur CNews ou en organisant, le 13 avril, un rassemblement contre l’islamophobie, place de la République à Paris.

C’est cette place aussi qui lui vaut la détestation d’une partie du monde politique et médiatique, au point d’être devenu la cible de polémiques musclées, qu’il ne rechigne pas à alimenter lui-même. Mais cette position lui a aussi permis de se faire une place de conseiller officieux auprès du président de la République, avec lequel il échange force SMS, et qui l’a nommé au conseil présidentiel des villes en mai 2018. Vanity Fair a raconté comment il a contribué au printemps à marginaliser Jean-Louis Borloo, censé jeter les bases d’un grand plan banlieue qui a finalement fait long feu.

Mediapart a longuement interrogé Yassine Belattar, à deux reprises et à un an d’intervalle, sur les accusations rassemblées par les policiers. S’il conteste toute accusation de « harcèlement » dans le cadre du travail, il ne se cache en revanche pas d’être coutumier des mots destinés à effrayer ses interlocuteurs. « Que je menace des gens, c’est un fait. Il y a plein de gens qui en menacent d’autres. Mais moi, je ne suis jamais passé à l’acte », souligne-t-il, assurant que, dans son tempérament, « ça monte aussi vite que ça redescend ».

 

Chez Thierry Ardisson, en septembre 2018.
Chez Thierry Ardisson, en septembre 2018.

 

Cédric Delport, un producteur audiovisuel qui l’accompagne régulièrement sur ses projets, partage cette vision des choses. « Yassine a le sang chaud. Quand quelque chose lui fait péter un câble, il est capable de dire n’importe quoi, concède-t-il. Maintenant, il n’a jamais tapé qui que ce soit, ou fait taper qui que ce soit. Il n’a jamais mis ses menaces à exécution. Il n’a jamais envoyé quelqu’un faire pression sur de gens. » Bruno Delport, frère du producteur et patron de Nova quand l’humoriste y est arrivé en 2016, juge que « Yassine est avant tout un artiste », et qu’« il a donc à peu près tous les travers des artistes », « sujets à des emportements », « plus à fleur de peau que les gens raisonnables et raisonnés ».

Bruno Gaccio a cependant porté plainte au commissariat le 24 janvier. Il a réitéré ses accusations lors d’une seconde audition le 28. Selon nos informations, trois autres hommes issus du monde du spectacle ont témoigné de menaces de violences physiques de divers ordres devant les policiers. L’un d’eux a fait écouter aux enquêteurs l’enregistrement de menaces de mort explicites proférées par Yassine Belattar en juin dernier. Et un collaborateur de ce témoin a attesté d’un coup de fil passé à son bureau par Yassine Belattar pour menacer de brûler les lieux. Ce dernier se défend en affirmant que ce témoin a de son côté « menacé tout Paris » par le passé.

L’humoriste Kevin Razy est l’un de ceux qui ont témoigné. En mars 2017, il avait ironisé sur Twitter quand Thierry Ardisson avait invité Yassine Belattar dans son émission après des querelles publiques. « Suite à ce message, qui ne le visait pas directement, Yassine a écrit sur Facebook à mon auteur, en lui disant qu’il allait m’envoyer des gens pour me “traumatiser” », indique Kevin Razy à Mediapart.

En 2015, sur Comédie, le clash avec Gaccio

Concernant Bruno Gaccio, les faits démarrent tôt, le 24 janvier, par un échange sur Twitter qui dégénère rapidement. L’ex-auteur star des « Guignols de l’info » dans les années 1990 se désole du dépôt annoncé d’une liste de « gilets jaunes » aux élections européennes. Le macroniste Belattar rebondit en se moquant de celui « qui a failli devenir président de sa République sans bouger de Saint-Germain-des-Prés ».

Les deux hommes se connaissent et leur inimitié professionnelle n’est pas un secret dans le milieu. Durant l’été 2015, ils ont tous deux participé à la relance de « La Grosse émission » sur la chaîne Comédie (groupe Canal+). Les deux hommes se sont brouillés durant les quelques mois où Yassine Belattar a animé l’émission et où Bruno Gaccio en pilotait en partie la conception. Tous deux ont été remerciés fin 2015-début 2016.

Plus de trois ans plus tard, sur Twitter, la tension ne s’est pas apaisée. Gaccio conseille à Belattar de jouer « dans [sa] catégorie ». Son interlocuteur l’accuse alors d’être « un pointeur avec les femmes ». L’allusion est grave : « pointeur » est un terme d’argot habituellement utilisé pour désigner les violeurs et Bruno Gaccio a donc déposé une plainte supplémentaire, pour diffamation, sur ce point. Interrogé par Mediapart, Yassine Belattar indique qu’il faisait référence à un article du Monde datant de 2000, où la journaliste raconte comment elle s’est sentie menacée par Bruno Gaccio au cours d’une interview qui a « dérap[é] ». L’auteur et producteur lui avait répondu une semaine plus tard dans le même journal.

 

Sur LCI, en septembre 2018.
Sur LCI, en septembre 2018.

 

Les échanges entre Belattar et Gaccio passent ensuite par SMS, puis par téléphone. Selon le récit fait par Bruno Gaccio aux policiers, et confirmé à Mediapart, Yassine Belattar enchaîne alors en quelques minutes des insultes sexistes, le menace de violences physiques, lui et sa mère, dont il cite la ville de résidence, et se livre ensuite à des menaces de mort répétées envers le producteur, sa compagne et ses enfants. « Un délire verbal, résume Bruno Gaccio. Je ne pensais pas vraiment qu’il allait mettre ses menaces à exécution, mais j’ai porté plainte parce que je voulais laisser une trace. » Il explique : « Pour moi, ces procédés sont supportables. Pour d’autres avec qui il s’accroche régulièrement sur des questions politiques, cela passe peut-être. Mais Yassine reproduit aussi ce mode opératoire dans un cadre professionnel. Et ça, c’est insupportable. »

Bruno Gaccio fait référence à leur collaboration en 2015 : « À l’époque, quatre femmes, dont ma compagne, étaient venues me voir pour se plaindre de son comportement. » Le 28 janvier, face aux policiers, le producteur a en effet évoqué des épisodes de harcèlement moral et même des menaces physiques, à l’encontre de certains membres de l’équipe de « La Grosse émission ».

Ces accusations sont connues de Mediapart depuis de longs mois. Début 2018, nous en avions rassemblé certaines au cours de notre enquête, puis contacté Bruno Gaccio, qui en avait confirmé la véracité. Lors de notre premier rendez-vous avec Yassine Belattar, nous lui avions fait part de ces témoignages. Il les avait contestés avec force, en apportant des explications détaillées pour chaque cas. À l’époque et après plusieurs semaines de travail, nous avions décidé de ne pas publier d’article, car nous n’avions pas réussi à étayer suffisamment les récits – par nature de l’ordre du ressenti et sans preuves formelles – de celles et ceux qui se disaient victimes.

Ces premiers échanges ont apparemment laissé un goût amer à Yassine Belattar. Il explique que c’est en ayant ces accusations en tête, ainsi que leur confirmation par Bruno Gaccio, qu’il s’en est pris verbalement à ce dernier en janvier. « Supputer que j’ai une affaire comme ça sur le dos, c’est très grave. Ça fait un an que je vis avec ça, je suis ulcéré », déclare-t-il aujourd’hui. Et, paradoxalement, sa rancune a contribué à relancer notre travail : elle a déclenché la plainte pour menaces de mort et l’enquête policière, qui sont venues s’ajouter à de nouveaux témoignages et à des précisions que nous avions récemment recueillies.

Plusieurs récits de comédiens et humoristes ayant eu à souffrir du comportement de Yassine Belattar se concentrent dans ce second trimestre 2015 qui a vu se relancer « La Grosse émission ». À l’époque, Bruno Gaccio avait d’abord été séduit par Yassine Belattar. « Lors de toute la phase préparatoire de l’émission, pendant les semaines d’été, il était gentil, disponible, fédérateur. Un agent d’ambiance incroyable, dans la séduction, l’humour en permanence, décrit-il. Il était évident qu’il devait prendre la place de meneur de l’équipe. Mais dès l’instant où on lui a donné le pouvoir, il a changé. Il est dans l’incapacité d’exercer le pouvoir d’une façon équilibrée. »

L’ex-auteur des « Guignols » estime que l’humoriste « a un problème avec les femmes » : « Il est incapable d’avoir un rapport simple, professionnel, avec elles. Quand il y a un souci, il ne sait pas le dire. Il faut qu’il humilie la personne, qu’il l’empêche de bosser. Suite à un accrochage sérieux avec une femme de l’équipe, j’avais décidé d’arrêter avec lui. Nous avions commencé à lui chercher un remplaçant. Mais le projet d’émission aurait été trop déstabilisé, nous l’avons donc gardé. » Jusqu’à ce que la société de production de Cyril Hanouna reprenne l’émission dès début 2016 et se sépare des deux hommes.

Yassine Belattar a une autre lecture de son différend avec Bruno Gaccio, assurant avoir découvert par hasard que ce dernier avait négocié sans le prévenir pour être maintenu dans l’équipe de la saison suivante, version Hanouna, alors que lui-même serait écarté. Il certifie aussi que Gaccio lui en veut d’avoir refusé que sa compagne, la comédienne et metteure en scène Anne-Laure Gruet, fasse partie de l’équipe de « La Grosse émission ». « Il a d’abord essayé de me remplacer pour la présentation. Après il a voulu nous imposer sa femme », assure l’humoriste. Selon plusieurs récits recueillis par Mediapart, Yassine Belattar a signifié publiquement à plusieurs reprises pendant la préparation de l’émission qu’il trouvait Anne-Laure Gruet mauvaise professionnellement.

La tension entre les deux hommes était telle qu’en septembre, le groupe Canal a missionné un nouveau producteur, Nicolas Ancelin, pour faire tourner la machine. Il indique « avoir fait en sorte que cette troupe d’une vingtaine de personnes puisse travailler dans la même pièce tous les jours entre 9 heures et 20 h 30 » et avoir obtenu la constitution d’un « fort collectif » pendant quelques mois. Il glisse que Bruno Gaccio « n’allait pas toujours dans le sens de ce collectif ».

« Dans dix ans, j’aurai viré 200 personnes. »

Les propos de l’ex-auteur des « Guignols » recoupent quoi qu’il en soit les témoignages d’une demi-douzaine de femmes recueillis par Mediapart. Toutes ont eu à se plaindre de leur collaboration professionnelle avec Yassine Belattar. Face à leur récit, l’humoriste dénonce des « calomnies » et des « mensonges ». Il revendique d’« avoir du caractère » et de « ne pas se laisse faire », mais il récuse la « calomnie gravissime » du harcèlement, qui, « par les temps qui courent, n’est pas anodine ». Il affirme notamment n’avoir « jamais humilié une femme ».

« J’ai eu des embrouilles depuis le premier jour de ma carrière » il y a 15 ans, reconnaît-il, tout en affirmant avoir mené des relations de travail normales dans « 90 % des cas ». Il estime n’avoir été mis en face de rien « de répréhensible » dans ce domaine lors de nos entretiens. « Il a un tempérament que l’on peut qualifier de sanguin, qui peut décider que vous êtes avec lui ou contre lui, atteste Mathieu Levielle, le directeur financier du groupe de presse de Mathieu Pigasse, propriétaire de Nova. Mais des histoires de harcèlement, je n’en ai jamais vu le concernant et je ne note aucun problème de comportement avec les femmes. »

 

Thomas Barbazan et Yassine Belattar, figures de Radio Nova.
Thomas Barbazan et Yassine Belattar, figures de Radio Nova.

 

Yassine Belattar attribue les témoignages accusatoires à des « egos blessés » et à « l’ingratitude » d’artistes qu’il n’a pas jugés à la hauteur et qu’il a écartés au fil des années. « Moi, quand je vois un artiste, je ne suis pas un type apaisé », confie-t-il, se décrivant « comme un sculpteur » considérant « les artistes comme une matière ». « Si vous venez me voir dans dix ans, j’aurai viré 200 personnes, assure-t-il. Parce que, pour 200 personnes virées, j’en aurai trouvé une bonne. Mais personne n’a jamais autant donné sa chance à des gens que moi. »

« C’était un ego contre un autre »

Aujourd’hui animatrice à Europe 1, Émilie Mazoyer a travaillé aux côtés de Yassine Belattar en 2010, lorsqu’il est arrivé au Mouv’. Elle considère que cela s’est très mal passé. « J’ai un ego solide, mais quelque chose d’aussi violent, c’est la seule fois que ça m’est arrivé en 15 ans de carrière, déclare-t-elle. Il ne m’a jamais mis un coup de poing, jamais touchée, mais la violence était là quand même. » Comme de nombreux autres l’ayant côtoyé dans le cadre professionnel, elle décrit un homme très agréable dans un premier temps : « Quand il se présente à vous, il est dans le charme total. Mais une fois qu’il a séduit tout le monde, il sait installer la terreur. Il a une très belle couche de vernis, mais elle se craquelle vite. »

À l’époque, l’animateur a été directement choisi et mis aux manettes de la nouvelle matinale du Mouv’ par Jean-Luc Hees, PDG de Radio France. « Il traitait directement avec lui et affichait sa proximité avec le PDG », se remémore un de ses anciens collègues. « Yassine était le pilier de la nouvelle matinale. Moi, j’étais son accompagnatrice, j’étais là pour faire tourner la machine : respecter les horaires, annoncer les disques, la météo, confirme Émilie Mazoyer. La veille de la rentrée, nous avons fait un “numéro 0”, qui s’est un peu mal passé. Yassine a “savonné” et je l’ai aidé à l’antenne, sans doute un peu lourdement. En sortant, il a hurlé dans le couloir : “Elle me sabote, qu’est-ce qu’elle fait ?” Et ça a été sa stratégie tout du long : l’échec, c’était de ma faute et de celle d’une personne de la technique. »

Après ces débuts tendus, la situation empire rapidement, selon le récit d’Émilie Mazoyer : « Au bout de trois jours, il ne me parle plus hors antenne. Puis, il me cantonne à un journal de la culture de 4 minutes, sur 3 heures de présence dans les studios. » Jusqu’aux menaces : « Quelques jours après le début de l’émission, il me dit : “Il n’y a personne ici. Si je te casse la gueule, personne ne le saura.” Et juste après, il m’accuse auprès de la direction d’être raciste et dit que c’est pour cela que ça ne marche pas entre nous. À ce moment, j’étais prête à claquer ma démission. C’est la direction qui m’a permis de continuer, ailleurs. »

Yassine Belattar dément catégoriquement toute menace envers son ancienne collègue. Mais il confirme une forte mésentente entre eux, qu’il explique par deux raisons. « Une blessure d’ego », d’abord, de la part de celle qui était « l’animatrice principale pendant des années au Mouv’ » jusqu’à son arrivée . « C’était un ego contre un autre », assure l’animateur, qui reconnaît prendre beaucoup de place sur ce terrain.

Mais surtout, avance-t-il, « j’ai très vite compris qu’idéologiquement ça n’allait pas marcher entre nous ». Jugement confirmé par Thomas Barbazan, lui aussi de l’aventure du Mouv’ : « Je l’ai aussi senti tout de suite. Un trio de radio, ça ne se crée pas du jour au lendemain. » Selon leur récit, plusieurs réactions de l’animatrice envers des invités noirs ou arabes les auraient convaincus de son « racisme ».

Pour étayer leur opinion sur leur ancienne coanimatrice, Yassine Belattar et Chloé Juhel, autre fidèle collaboratrice, citent Latifa Zoubir, une jeune femme qui a raconté son parcours dans un livre à clef paru en 2009. Elle y décrit notamment son passage difficile par Le Mouv’ et raconte comment une animatrice, qu’elle ne nomme pas, a ri à l’antenne des mots « Aïd Mabrouk » célébrant la fin du ramadan, les comparant à « un nom de chien ». Belattar et Juhel assurent que la jeune femme visait Émilie Mazoyer. Renseignement pris auprès de sources bien informées, ce n’est en fait pas le cas.

« Dès le départ, la stratégie de Yassine Belattar a été de dire qu’il ne pouvait pas travailler avec moi parce que j’étais raciste », souligne l’animatrice. Elle juge cette justification « inacceptable, au nom de tous les hommes qui souffrent du racisme structurel en France, à qui on refuse des appartements et des jobs justement parce qu’ils s’appellent Yassine ». « Cela fait bientôt 18 ans que je travaille à la radio et à la télévision. Yassine Belattar est le seul à me traiter de raciste, insiste-t-elle. En revanche je ne suis pas la seule à l’accuser de harcèlement. »

L’humoriste assimile en effet régulièrement les critiques qui lui sont faites à une défiance vis-à-vis de ce qu’il représente ou de ses origines. « Je suis un mec engagé, je sais que chaque faux pas est repris, instrumentalisé, et surtout racialisé », assure-t-il. La stratégie peut être efficace : plusieurs personnes que nous avons contactées n’ont pas souhaité réagir pour ne pas donner l’impression d’attaquer le symbole qu’il est devenu.

« Chaque faux pas est instrumentalisé et racialisé »

Il est vrai que, dans sa bouche, les accusations de racisme ne tardent généralement pas. La première fois que nous l’avons appelé en mars 2018, il nous a ainsi adressé pas moins de 13 fois des reproches sur ce thème, en moins d’une demi-heure de conversation : « Vous ne feriez pas ça avec quelqu’un d’une autre origine », « On fait payer à des gens comme moi leur arabité », « Vous êtes dans une posture racialement condescendante », a-t-il par exemple lancé. « Est-ce que vous feriez cet article sur Christophe Dechavanne, sur Arthur, sur Nagui ? » a-t-il ensuite interrogé lors de nos rencontres, estimant qu’à nos yeux, « la parole du Blanc domine celle de l’Arabe » et croyant déceler dans notre travail l’influence du Printemps Républicain, ce groupe de laïcistes durs menés par Laurent Bouvet.

Les choses ne se sont pas passées autrement au Mouv,’dont il a été remercié au printemps 2011 à l’arrivée d’une nouvelle équipe de direction. Il assure avoir dû quitter son poste parce qu’il lui avait été reproché de prendre trop « d’Arabes à l’antenne » : « Le patron de l’époque, Patrice Blanc-Francard, m’a dit qu’on n’était pas sur Beur FM» C’est déjà cette explication qu’il avait donnée à Libération juste après s’être fait écarter. Le directeur de la station Patrice Blanc-Francard soutenait de son côté qu’il était « vraiment difficile de travailler avec lui » et qu’il refusait de collaborer avec la rédaction. « Qu’on soit jaune ou beur ou à pois rouges, il faut être professionnel », affirmait Patrice Blanc-Francard.

Un salarié travaillant pour la programmation musicale en est encore amer : « Cet homme vous insulte, puis se présente comme persécuté si vous vous défendez, et finit par dire que vous êtes raciste. » Il affirme avoir « été la cible de Yassine plusieurs jours d’affilée » parce qu’il avait défendu Émilie Mazoyer face à lui. « La direction du Mouv’ m’a incité à écrire une lettre à la présidence de Radio France pour me défendre et justifier que mes choix de morceaux n’étaient pas racistes, comme Yassine le disait », assure ce salarié. L’humoriste, lui, dément cet épisode.

À Radio France, il a laissé des souvenirs contrastés. Directeur des programmes du Mouv’ en 2010 et aujourd’hui directeur d’antenne de Ouï FM, Jean-François Latour déclare « ne pas avoir de griefs envers Yassine Belattar », malgré leurs relations notoirement tendues à l’époque : « J’encourage la controverse. À l’époque, nous étions dans un échange d’idées, pas dans la confrontation de personnes », dit-il. « On nous a signalé quelques fois un comportement qui n’était pas acceptable. Tout le monde était soulagé qu’il parte », affirme pour sa part une syndicaliste du groupe public.

« Je ne peux plus travailler au Mouv’, j’en suis conscient. Je sais quel garçon j’y ai été », convient Yassine Belattar, qui estime qu’avoir été imposé par le PDG n’a pas facilité son intégration dans une rédaction majoritairement hostile. Ses proches appuient sa position. « Vous évoquez des gens qui ne sont pas habitués à s’engueuler ouvertement, dans un milieu où d’habitude tout se fait par derrière, avance Thomas Barbazan. Yassine, c’est quelqu’un qui éclate, mais sans pour autant faire des choses répréhensibles. »

Chloé Juhel interroge quant à elle les motivations des femmes critiquant le comportement de son ami : « Il peut y avoir des témoignages sincères, qui resurgissent du passé et qui étaient trop douloureux à l’époque pour s’exprimer. Mais il y a aussi le fait de surfer sur la vague #MeToo, et d’en profiter pour régler ses comptes, avec peut-être des motifs professionnels déguisés derrière. »

 

Sur BFMTV, en février 2019.
Sur BFMTV, en février 2019.

 

Côtoyée par Yassine Belattar bien des années après Émilie Mazoyer, Nathalie* (le prénom a été modifié, voir en Boîte noire) livre pourtant un récit très proche du sien. « Il ne supporte pas qu’une femme lui tienne tête et comme je lui avais fait comprendre que je me fichais de sa notoriété, il a essayé de me faire craquer, dit-elle. Pendant des mois, il a tout fait pour que je parte : des réunions où on oubliait de me convoquer, venir jouer au foot une heure non stop à côté de moi pendant que je travaillais… »

Et dans ce récit aussi, des menaces : « Un jour, il m’a pris à part et m’a dit : “C’est toi ou moi.” Il m’a clairement menacée de dommages physiques. Immédiatement, je suis allée voir mes supérieurs pour leur dire qu’ils devaient me protéger de lui. Cinq minutes après, il est venu à son tour leur dire que j’étais fragile et qu’il faudrait se séparer de moi. » Là encore, l’humoriste dément fermement toute menace ou pression, et admet seulement qu’il ne disait pas bonjour à la jeune femme, qu’il estimait plus proche de la direction que de son équipe : « Je ne t’aime pas, je ne vais pas te faire la bise… », justifie-t-il.

Mélanie*, auteure à la télévision pour Yassine Belattar il y a plusieurs années, décrit elle aussi un homme « tyrannique dans le travail, dont le comportement dépasse les limites ». Elle dispose du témoignage d’un de ses ex-collègues, prêt à confirmer devant les enquêteurs si besoin. « Yassine est beaucoup dans la violence, comme un enfant-roi », dit-elle.

« C’était une époque où je débutais et j’étais demandeuse d’une certaine reconnaissance. Il l’a bien compris », analyse-t-elle aujourd’hui. Au point de se permettre régulièrement des comportements problématiques. « Il a reçu des jeunes femmes dans son bureau en me disant qu'il cherchait à me remplacer. Il m’a aussi appelée après le travail pour me dire que j’étais virée, puis a fait comme si de rien n’était le lendemain », énumère la jeune femme. « Il me faisait souffrir, pour voir comment je réagissais », résume-t-elle, citant aussi « des remarques régulières sur son poids au son physique.

 

Interrogé sur le cas de Mélanie*, Yassine Belattar dément avoir cherché à la déstabiliser. Il estime qu’« elle fait plus preuve d’ego mal placé qu’autre chose ». « Elle n’avait pas le talent nécessaire pour rester dans mes émissions, assure-t-il. C’est plus facile pour elle de vous dire que travailler avec moi l’a perturbée, plutôt que de se dire qu’à l’époque, elle n’avait pas les ressources artistiques pour rester. » Malgré ce qu’il assimile à un manque de talent, il s’enorgueillit de l’avoir fait travailler plusieurs années d’affilée, preuve, selon lui, qu’elle n’était « pas harcelée ».

Le récit de la jeune professionnelle ne s’arrête pas là. Elle mentionne aussi des atteintes physiques, tout en précisant qu’elle ne pense pas que l’humoriste ait eu conscience de passer les limites et qu’elle ne le lui a jamais dit clairement. « Comme un chien fou qui ne sait pas quoi faire de la violence en lui, il lui arrivait de me plaquer au sol, pour rire. Et moi, j’acceptais ça », glisse-t-elle. « Une seule fois, il y a eu un jeu de mains, jeu de vilain », indique Yassine Belattar : « On chahutait par terre sur le plateau, hors antenne et devant dix personnes. Je n’ai pas vu qu’elle le prenait mal, elle me l’a signalé ensuite, je me suis excusé et ça s’est arrêté là. »

Autre souvenir cuisant pour Mélanie* : « Un jour, il m’a convoquée dans son bureau parce que j’avais osé parler à l’invité du jour, ce qu’il n’aimait pas du tout. Dès que je suis entrée, sa chaussure a volé vers moi… » Un épisode démenti avec force par l’humoriste, tout comme par son collègue et ami Thomas Barbazan. Ce dernier évoque même « un sketch » sur ce thème qui aurait pu être tourné à la même époque.

« Il cherche à exercer une emprise »

Dans les récits rassemblés par Mediapart, un aspect ressort fréquemment. « Yassine cherche les points faibles des gens et il s’en sert ensuite pour taper là où ça fait mal, analyse une humoriste l’ayant côtoyé quelques semaines. Quand il a quelqu’un dans le nez, il peut le détruire. » Et cela commence à se savoir dans le milieu : « Au moins trois personnes m’avaient déconseillé de travailler avec lui. » La comédienne Maud Givert, qui a travaillé un court moment pour « La Grosse émission », peut témoigner de cette propension à retourner des éléments intimes contre ceux qui les ont confiés. Elle fait partie des femmes qui s’étaient plaintes à Bruno Gaccio en 2015.

« Avec Yassine, notre relation est passée du chaud au froid glacial, suite à un dîner d’équipe chez Gaccio, où j’étais un peu pompette. Il n’a pas du tout aimé et me l’a bien fait comprendre, raconte-t-elle. Il m’a fait me sentir comme une m**de parce que j’avais bu cinq verres à un dîner, dont je n’étais pas sortie plus saoule que les hommes. Deux jours après, il m’a appelée pour me dire qu’une femme qui boit, “c’est vraiment très moche”, et qu’il ne pouvait plus me faire confiance pour l’émission. Il m’a aussi demandé si je voulais finir comme mon père, qui était décédé un mois plus tôt. Je le lui avais raconté parce qu’il m’avait raccompagnée sur un bout de chemin plusieurs fois, en me faisant parler de moi. »

« Je ne suis pas un prédateur »

De son côté, Yassine Belattar se remémore avoir mis la comédienne « dans son Uber » ce soir-là, mais présente les faits sous une autre lumière, expliquant qu’elle était alors fragile, professionnellement et psychologiquement : « Elle n’allait pas bien à cette période, alors que nous étions en flux tendu professionnellement. Elle a un don de comédienne, mais elle n’était pas en capacité morale de tenir pour une émission quotidienne. »

« Sous forme de gentillesse ou de bienveillance, il cherche à exercer une emprise, estime Lucie*, autre comédienne l’ayant croisé. Tant qu’il exerce son pouvoir, pas de problème. Mais quand la personne sort des rails qu’il veut imposer, il peut basculer dans la violence verbale. Et si tu te montres agressif, il te le renvoie, en disant que tu pètes les plombs. » La jeune femme souligne qu’« il se vante de connaître tout le monde dans le milieu et qu’il est bien placé dans le système ». Conséquence directe : « On craint de le dénoncer. »

C’est cette crainte qui a en effet longtemps empêché de parler Jessie Claire. Cette jeune animatrice radio et télé (passée par la chaîne CStar, elle a aussi fréquenté quelques semaines le plateau de « Touche pas à mon poste » sur C8 en 2017) a pourtant fini par déposer devant les policiers. Elle a indiqué avoir été incitée à mener des conversations intimes avec Yassine Belattar, alors qu’elle souhaitait que leurs échanges se cantonnent au registre professionnel. Selon nos informations, une seconde jeune femme a témoigné devant les policiers d’une situation proche, qui serait intervenue au printemps 2016.

Ces éléments ne cadrent pas avec le discours d’un homme qui répète régulièrement être « le père de trois enfants », dont deux filles, et qui se déclare intransigeant sur les questions de harcèlement. Il rappelle aussi avoir été très choqué lorsque le producteur de ses spectacles, le Québécois Gilbert Rozon, a été accusé de harcèlement sexuel à l’automne 2017 (il a depuis été inculpé pour viol). « J’ai été produit par Gilbert Rozon, je sais ce que c’est, la culpabilité d’avoir travaillé avec quelqu’un en sachant qu’il a peut-être fait cela », déclare-t-il. Il assure faire désormais « très attention » à ces thématiques et glisse qu’aujourd’hui, cela le « traumatise d’être avec une femme » dans un cadre professionnel. À titre d’exemple, il dit ne plus faire la bise aux filles à Nova. « Je ne suis pas un prédateur », insiste-t-il : « Je n’ai jamais fait un truc sexuel inapproprié. Pour moi, c’est inimaginable. »

 

Jessie Claire, sur CStar en septembre 2016.
Jessie Claire, sur CStar en septembre 2016.

 

Jessie Claire met en doute ces déclarations. Elle explique à Mediapart avoir rencontré l’animateur à l’été 2015, en prenant un verre avec un duo d’humoristes proches de lui. Lors des discussions, elle croit comprendre qu’il cherche une coanimatrice pour sa future émission sur Nova. Elle lui propose sa candidature et ils échangent leurs contacts. Quelques jours plus tard, elle le relance sur Facebook. S’ensuivent une dizaine de jours d’échanges, par SMS, téléphone ou via la messagerie privée de Facebook. Des échanges que l’animatrice juge aujourd’hui « des plus inappropriés » : « C’est une des pires expériences de harcèlement professionnel que j’ai vécues », affirme-t-elle.

« Yassine Belattar était une personne pour qui j’avais du respect et de l’admiration. Je savais qu’il était dans la provocation, et j’ai malheureusement mis beaucoup de temps à réaliser qu’en fait, nos échanges n’étaient pas seulement de la provoc’, explique la jeune femme. Aujourd’hui, en relisant nos propos, cela me paraît évident, j’ai même honte de m’être livrée autant. Mais tout au long de nos discussions, je ne voulais pas croire qu’il était malsain, je pensais qu’il allait accepter ma candidature et qu’il testait ma répartie. »

Elle assure que l’animateur la contactait « à n’importe quelle heure de la journée ». Ce dernier dément formellement toute ambiguïté. « C’est elle qui m’approche et pour moi, nous ne sommes pas dans un cadre de travail », pointe-t-il. Il se remémore « une nana totalement délurée, exubérante », voire « provocatrice » lors du verre qu’ils partagent. « Cette fille n’est pas artiste, elle me demande le graal de la coanimation », mais « je n’ai jamais cru que j’allais bosser avec elle », dit-il. « Je ne connais pas cette fille, je l’ai vue une seule fois, je lui envoie des messages sous forme de vannes », décrit-il pour résumer leurs échanges. Mais Jessie Claire a conservé leur conversation sur la messagerie de Facebook, parfois nocturne, et l’a confiée aux policiers.

Dans ce dialogue, l’animateur entre très vite dans un registre privé et intime, au prétexte qu’il « privilégie l’humain » et le « temps passé ». Il lui demande si elle « a quelqu’un », la provoque régulièrement, la qualifiant de « madame not sexy », de « coincée à deux balles », de « nonne ». « T’es nulle en provoc’ », dit-il à celle qu’il incite à se livrer sur sa vie personnelle, voire sur ses goûts sexuels. Les relances se font de plus en plus claires : « Ne recule pas surtout », « On va continuer… J’aime l’idée qu’on se connaisse par cœur. […] Ne dors pas. […] Jessie si on commence ça va très très mal finir peu importe les limites ».

L’animateur demande aussi à la jeune femme si elle a « des copines folles et marrantes » et lui enjoint de lui présenter « les plus barrées… celles qui foncent ». « Tu nous fileras les michtos » (une « michetonneuse » est une prostituée occasionnelle ou une femme vénale), intime-t-il.

« Je peux comprendre que sur Facebook, où le ton est impersonnel, on ne sache pas si ce sont des vannes ou non, mais oui, je la chambre », assure aujourd’hui Yassine. « Si elle a cru que c’était de la drague, je m’excuse », dit-il. Quelques instants plus tard, il convient néanmoins que cela pourrait ressembler à une « dragouille totalement désintéressée, puisqu’à la fin, je ne bosse pas avec elle et je ne couche pas avec elle ».

Pour Jessie Claire, pas de doute, « Yassine Belattar fait partie des professionnels qui utilisent leur position de force pour aborder des sujets inappropriés ». Elle affirme avoir « sans cesse tenté de le ramener » à ce qu’elle pensait « être un entretien d’embauche ». La discussion sur Facebook prend fin lorsqu’il accepte la demande d’entretien de la jeune femme. Il lui propose alors un rendez-vous à minuit, en lui demandant son adresse personnelle. Quand Jessie Claire lui donne plutôt rendez-vous dans un lieu public, il semble déçu et relance le dialogue :
« Moche cette fin.
— Ah mince tu voulais qu'on se la joue romantique ? »
— Oui.
— Je te laisse voir ça avec ta femme.
— Ahahahaha, tu recules vraiment mal. »

Yassine Belattar maintient sa position. « J’ai vu plein de femmes dans ma vie. En seize ans, aucune ne peut attester qu’il y a une corrélation entre le fait que je la drague et le fait qu’elle travaille chez nous », affirme-t-il. Il devrait avoir rapidement l’occasion de le répéter devant les policiers.

 

edit : bug mise en page, la 3ième fut la bonne.

Edited by survival66

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