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Slipipils

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Je les aime

Je ne les aime pas trop


Ils m'aiment

Ils ne m'aiment pas trop

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    Slipipils reacted to ArtPlay for a blog entry, Ma vie en Oz'   
    Salut cher lecteur,

    Tu t’es peut-être demandé pour quelle raison, bien qu’étant désormais installé en Australie depuis un peu plus de trois mois, je n’avais toujours strictement rien publié ici sur ma palpitante nouvelle vie.

    Je déconne, on sait tous très bien que personne ici n’attend désormais plus rien de mon légendaire dilettantisme. Mais à dire vrai, cette question, je me la suis moi-même posée. Comment, pourquoi n’ai-je pas encore trouvé le temps ou la motivation de délivrer un petit point sur ma nouvelle vie aux antipodes ?

    On pourrait s’imaginer que je sois trop occupé à découvrir les quatre coins du pays, ce qui me prendrait pas mal de temps, l’Australie étant un put*ain de grand bazar. On pourrait à défaut croire que je me consacre corps et âme à des projets révolutionnaires. De manière plus réaliste (soyons sérieux), il serait facile de penser que je végète dans une espèce de marasme glandeur comme j’ai si bien pu le faire par le passé.

    Rien de tout ça en fait. Ma nana a un job, ce qui m’empêche de courir le pays sous peine de castration, j’ai pas mal regrind donc reporté mes projets de domination mondiale à Q3 2015, et je n’ai pas le sentiment de perdre mes journées.




    Une des activités de mes premiers jours à Sydney. Je ne perds pas mes journées.


    Ce qui me bloque en réalité c’est que tout est différent ici, sans pour autant que ma vie ait réellement changé d’un iota. Certes les gens parlent anglais, sourient, et sont à peu près tous asiatiques. Certes, je vois des gratte-ciel de ma fenêtre. Eh oui, Sydney c’est pas Antibes, le scoop. Mais malgré ça, ma vie est la même. Ma nana fait rigoureusement le même job, quant à moi je ne fais pour l’instant rien de nouveau non plus. Il ne s’est donc pas présenté d’événement ou de situation si extraordinairement surprenants que je me sois senti obligé de venir vous les raconter.

    Pourtant j’en aurais des choses à partager sur ma découverte de ce pays (enfin ma découverte de Sydney pour l’instant, n’allons pas trop vite en besogne). C’est d’ailleurs ce qui motive l’écriture de cet article : m’y mettre enfin.
    Mais avant ça, comme nous sommes sur un site de poker, et que je me suis remis au poker tranquillement, avec une motivation un peu retrouvée (enfin qui commence déjà à s’étioler sans quoi je ne serais pas en train d’écrire mais en train de jouer), un petit point.


    Reprise du poker Et puisqu’il n’y a que ça qui vous intéresse, telles les filles pour Dany Brillant, le graph :



    J’ai eu la chance de run assez good en début d’année alors que je n’avais pas joué depuis 6 mois. Il faut dire que le décalage horaire joue fortement en ma faveur : à 10h chez moi il est 2h chez vous, la seule chose que vous soyez encore en état de faire à une table de poker c’est souvent de me filer votre fric.

    Petite semaine de semitilt en mars après avoir run un rien moins good. Ça m’a remis les pieds sur terre et me voici revenu dans le bon rythme : j’ai confiance en mon jeu tout en trouvant des situations qui méritent réflexion très régulièrement, je suis convaincu que c’est à peu près le meilleur état d’esprit dans lequel on peut se trouver au poker.

    Vous avez été plusieurs à pas mal me harceler gentiment « et le .com du coup ???? c dur ou pas ???!! ». J’ai mis longtemps à m’y mettre pour des raisons de transfert de fonds et de dégel de compte. Actuellement j’alterne en gros à 50/50 les tables du .fr et la Zoom 200 où je me monte tranquillou une BR (je reste un nit, ne l’oubliez pas, puis c’est chiant de transférer du fric). Mon sample n’est pas colossal (30kh) mais je run pour l’instant à un confiant 4ptBB/100.

    Bref niveau poker tout va bien. Je twitch à l’occasion des reviews de session sur http://www.twitch.tv/artplaie , n’hésitez pas à vous abonner.

    Pour autant j’avoue ne pas me voir jouer des années durant : pour la petite histoire je me renseigne un peu pour faire du volontariat dans des assos à but caritatif. La bonne blague c’est que même en cherchant à travailler gratuitement personne ne me répond. Je sais pas si c’est les vacances de Pâques ou quoi, mais j’ai l’impression que le monde de l’entreprise ne veut pas de moi. Prochaine étape je leur propose de l’argent pour m’employer, j’aurai peut-être au moins la chance d’avoir un mail de refus.


    Découverte de l’Australie Comme je l’ai dit tout est très différent ici. Je ne peux donc pas tout aborder de front, et vais devoir choisir mes sujets.




    Bondi Beach, la plage emblématique de Sydney.



    Stéréotyes Quand je suis allé en Italie pour la première fois de ma vie je m’attendais à voir des bruns propres sur eux qui disent « ma che » assez fort en agitant leurs mains. Une fois que j’y ai effectivement mis les pieds j’ai vu des bruns relativement propres sur eux qui disaient des tas de trucs très forts et agitaient leurs mains.

    En arrivant en Australie je m’attendais à voir des descendants d’Anglais ayant appris le surf. En gros des rouquins cramés au soleil. Quand je suis arrivé, tout ce que j’ai vu, c’est des put**ns de Chinois à perte de vue.
    Je le dis comme je l’ai ressenti, je sais bien que pour être politiquement correct il faut dire « des Asiatiques ». Bon. Je sais jamais dire d’où ils viennent exactement mais pour moi ça restera des Chinois.

    Alors il y a quand même bien quelques rouquins, que tous les Skips de ce monde se rassurent. Mais d’abord ils ne font que rarement du surf : leur carnation fragile supporte mal le soleil brûlant, tout excité de pouvoir filer le cancer à un maximum de monde au travers du trou dans la couche d’ozone. Ils brûlent plus vite qu’Edward Cullen se transformerait en diamant scintillant.

    En bref si vous vous attendez à retrouver en Australie un morphotype moyen proche de celui de la perfide Albion vous vous trompez, en tout cas si vous mettez les pieds à Sydney. On parle souvent, en Europe, de l’Australie en tant que colonie pénitentiaire britannique, mais on n’a en fait aucune idée des flux migratoires constants qui ont fait l’histoire du pays qu’ils soient européens ou depuis 1950, asiatiques.

    Et pour une raison qui m’échappe, tous les asiatiques ont apparemment décidé d’habiter Sydney. Non pas que ça me dérange, la bouffe asiat’ est de bonne qualité un peu partout et très abordable. C’est bien le seul truc abordable à Sydney, d’ailleurs. La bouffe est généralement assez chère. Mais bien sûr ça n’arrive pas à la cheville de l’immoblier. Pour rire, je paye 680$ par semaine de loyer. Et encore mon 3 pièces est une sacrée affaire en ratio taille/distance du centre.







    Autres Je pourrais vous abreuver de tirades quasi-raciste ou anti-roux pendant des pages et des pages. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.
    Au menu des choses que je développerai probablement ultérieurement, dans des billets sûrement plus courts mais plus fréquents :
    L’Australie en fait c’est tout vert, c’est pas vraiment un désert géant
    Pourquoi les français sont souvent des cons
    Pourquoi les administrations françaises sont des parasites dysfonctionnels et incompétents. Avec des vrais morceaux d’URSSAF dedans.
    Mon premier kangourou (enfin plutôt le quatrième, parce que les trois premiers étaient morts écrasés au bord de la route)
    Les Australiens sont plus amicaux que ces cons de français
    Le cricket, sport nul
    Les « Blue Moutains », ni bleues, ni des montagnes, mais sympa quand même
    La bouffe
    … et plein d’autres trucs put*ain.




    J'appelle ça des collines vertes moi ...


    Bref. Si jamais vous ne l’avez pas encore deviné, rien n’a vraiment changé, mais je m’y plais dans ce pays géant plein de petits Chinois.

    Cheers !
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    Slipipils reacted to icounet for a blog entry, Si proche et pourtant si loin...   
    Il y a plusieurs adjectifs à ma "perf" d'hier... : Frustrant, excellent, rageant, jouissif, déprimant, etc...

    Il faut que je vous en parle. Je suis sûr que certain se reconnaitront là-dedans. Le tournoi auquel je veux vous parler, c'est le main event des micro series.

    J'ai joué mon meilleur poker pendant 99% du temps! Mais je ne vais pas vous parler de ça.
    Je veux vous parler du fait qu'il reste 1% de coup moyennement bien joué dont ce dernier coup.
    A kid with a dream.

    Ambiance :
    "Il est environ 1h30 du matin et je suis toujours in. Nous étions 6525 joueurs au départ. Je suis dans les 25 derniers joueurs de MON main event. Celui qui peut changer ma vie de grinder. Ce one time, qui peut me remettre dans le flow du poker, qui peut me redonner foi dans les MTTs.
    Je joue d'une façon excellente je trouve depuis le début! J'ai pris des spots de NYBR light et ça a marché. Je domine mes tables de la tête et des épaules. Je suis dedans... Je suis grave dedans là, il faut que ça continue.
    Un joueur TAG relance à 300K (BB à 120K) en début de parole. J'ai 9-9 au bouton avec 25 blindes. Punaise... Qu'est ce que je fais? Je vais 3bet, comme ça je vais montré de la force. Allez 605K! BIM! Haha qu'est ce tu vas faire maintenant? ... Oups... METZMAGNY cold 4bet en BB à 1.2M. Le relanceur initial fold.
    Put**n qu'est ce que je fais? Je vais fold, il me reste 20BB... Tsss... Mais je suis persuadé qu'il prend le spot. Il me connait un tout petit peu, il sait que je suis capable de move... Il me perturbe, il me sort de ma zone de confort... Bon allez, c'est décidé, il prend le spot. Je 5-bet shove!
    Il snap... JJ. Je suis out, 24ème...
    Voilà j'ai dominé tout le tournoi et je sors sur UN COUP qui change tout. Je suis dégouté. Gagner plus de 10K pour moi c'est énorme. Ca change tout, ça veut dire que je vais pouvoir grind profitablement.
    Mais non, mon one time, ça ne sera pas ce soir...
    J'ai m**dé put**n... J'ai joué mon A-game tout le tournoi et je sors sur un coup où j'ai fais n'imp.
    Pourquoi... POURQUOI??? Je vais donc m'allonger sur le canapé pendant une bonne quinzaine de minutes en ne lâchant pas un mot.

    Tandis que je ressassais mes pensées, je pensais à ce qu'aurait changé 18000€ pour moi... C'est dur comme jeu. Très dur... Trop dur. J'ai plus la foi. Si loin et pourtant si proche...
    "GG" me dit un pote. "Sick game" me dit un autre. Ils ont raison. C'est d'ailleurs pour toutes ces émotions que m'a procuré ce MTT que je joue au poker. Et pourtant... je n'ai plus envie de jouer là. Pokerstars, winamax... C'est fini pour moi.
    Enfin bon je dis ça... j'ai quand même bien joué tout le long du tournoi... C'était jouissif. Et puis demain est un autre jour. Est-ce-que ce sera le jour du "ONE TIME"?! Je ne sais pas... Pour l'instant je ne suis qu'un homme déçu.
    Je me lève, je vais sur mon balcon fumer une clope. Je regarde le ciel sans pouvoir l'admirer, le regard vide, la clope au bec... J'ai laissé passer ma chance... J'espère qu'elle se représentera à nouveau mais honnêtement, ce soir, je n'y crois plus... Demain, j'y croirais peut-être. Qui sait?"


    PS : GG à METZMAGNY qui a ship le MTT du coup. Il a déroulé. Bravo monsieur!
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    Slipipils reacted to Torino for a blog entry, Day 2 : 13 juin 2014. Planet Hollywood   


    Day 2 : 13 juin 2014. Planet Hollywood




    Benz m'avait prévenu dormir à Vegas c'est pas facile, mais je ne l'avais pas compris comme ça, après plus de 60 heures de périple sans réel sommeil on s'est retrouvé à dormir seulement 4 heures. Il parait que c'est à cause du trop plein d'oxygène dans les chambres qui te monte au cerveau instantanément à la première grosse inspiration. Je vais rester rationnel et seulement penser que j'ai juste vraiment très envie de me cagouler.
    Petite douche, appel à la famille, et oui ça fait 10 ans aujourd'hui que je suis avec ma femme et je suis à Vegas alors quand même j'essaye de la contacter. Mes parents prennent bien soin de la petite quand Elise travaille, et cuisinent comme des chefs. Tout va bien, c'est super, je me sens chaud pour le tournoi qu'on va jouer.
    Chaud mais pas trop, on a finalement décidé de pas jouer le 600 $, et de se rabattre sur le 200 $. Une décision sage à Vegas, de temps en temps c'est bien.
    Bon allez direction Planet Hollywood, le ventre vide, boom, dehors c'est l'enfer il doit faire à peu près aussi chaud que dans un sauna, j'ai les narines qui me brulent et la lumière me met ko. Mais on décide quand même de remonter le strip à pied, faut pas déconner.
    J'avais prévu de prendre des photos magnifiques pour concurrencer les plus grands photographes, mais je supporte assez mal la chaleur donc je prendrai en tout et pour tout 4 photos et c'est bien parce qu’il y avait des feux rouges et qu'il fallait bien s'occuper à ces moments là.

    Remontons le strip :


    Les petites gondoles devant le Venetian


    Le Mirage et ses palmiers.


    Benz qui remonte le strip like a boss, avec motivation et une envie d'en découdre à tout épreuve.


    Et le Venetian sous un nouvel angle


    Bon on arrive au ph, l'ambiance est plus sombre, plus moderne que le Venetian, après on y retrouve toujours les mêmes choses, machines à sous, tables de black jack, craps, speed poker et assimilés, bars, restaurants mais quelque chose me frappe c'est que les croupières et les serveuses sont relativement toutes très jolies et plutôt jeunes. On ne m'avait pas menti le Planet Hollywood sait y faire de ce coté-là.
    Bon avec Benz on se met en quête d'un endroit où l'on peut manger rapidement avant d'aller jouer le 200 $



    On se rabat donc sur Meatball Spot, un truc du PH qui a l'air de servir bien vite. Ça c'est si la vendeuse avait été motivée, fin bref on finit par récupérer notre bout de pizza qu'on engloutit, on fait notre carte du groupe Caesar pour participer à notre tournoi, ils font obv une faute à mon nom donc je devrai la faire corriger plus tard (quand je m'en rendrai compte)

    Donc on monte à la mezzanine du PH. Je sit à ma table et pose mon stack et j'ai de bonnes sensations, je suis plutôt à l'aise en MTT donc ça devrait le faire.



    Ma table :



    Siège 1 et 2 sont des serrures absolues, c'est assez marrant c'est les deux plus jeunes de la table.
    Siège 3 est un dégen Hongrois, assez chiant à jouer à part si tu hit top paire lol.
    Siège 4, peu d'info il joue peu, spew beaucoup ou gagne beaucoup. Un bon tag a priori.
    Siège 5, c'est moi, un sacré shark, tout le monde me craint et prie pour que la table casse.
    Siège 6, dat casquette, rentre dans beaucoup de coups et fold si il ne touche pas, très facile à jouer, mais c'est pas à lui que tu prendras plus de 10 blindes.
    Siège 7, le joueur bling bling, montre en or, arrive 1 heure après le début du tournoi, a toutes les pauses du bon joueur mais semble vraiment pas très bon dans le jeu.
    Siège 8 et 9, les Papis font de la résistance, deux joueurs très sympas et bavards qui jouent très large et hésitent pas à prendre des lines chamarrées, et oui le jeu évolue et eux s'adaptent.

    Il me semble que la structure c'est 12 000 de stack, des blindes qui commencent à 25/50 et des level de 30 minutes, quelques paliers de blindes qui sautent mais c'est globalement pas mal au vue du buy in de l'event. Le seul hic c'est que le payout est dégueulasse et que t'es obligé de deal.
    ça fait un truc comme :

    1er 10k (garanti youhou)
    2eme 4k
    3eme 3k
    4eme 2k
    5eme 1 k
    et après du caca.

    Bon j'ai quelques coups, dans les premières mains du tournoi, je suis au bouton avec , papi chemise verte limp et un autre s'invite, je décide de raise vu que j'ai la position, juste papi chemise verte call.
    Il va donkbet sur , je vais me contenter de flat.
    Turn briquette, il va check, je vais donc prendre le lead, et il va tank call.
    River , il recheck et je vais checkback.
    Il show et je muck donc, bon c'est cool je prends de l'info et je perds pas grand chose.

    On est sage pendant le tournoi encore, je commande quelques bouteilles d'eau pendant le tournoi et des corona light avec un citron.

    Je vois pas grand chose de cool mais j'arrive à un peu monter des jetons. Overbet river quand les deux draws ont bust et je me fais call par top pair no kicker alors que j'ai top two.



    A un moment il y a un truc rigolo, je joue contre papi numéro 1, sur board j'ai , et je 3 barrel, papi show et a l'air dépité, le croupier a dû être induce par cet air dépité et pousse les jetons vers moi, personne ne réagit, pas un sourcil se lève. Je sors mon super ricain banlieusard :

    "Hey what happens bro ? this is just a split, 2 pair kicker K for both"
    .
    .
    .
    Silence de 30 sec
    .
    .
    .
    "oh you are right dude, you are a so nice guy, rly thank you blablabla"

    Du coup je passe pour le gentil petit gars à la table et papi chemise verte à l'air limite amoureux de moi. Bon j'espère que mon karma en sera renforcé car je vais commencer à avoir besoin de main à un moment.

    J'ai un stack réglo donc je vais call 9 bb d'un short avec , il a et va hit un river.

    Quelques orbites plus tard level 8, je 3 bet de bb vs bouton.
    Et le flop arrive comme dans un rêve

    Je vais cbet, il va raise, je vais sortir mon meilleur acting like a boss et vais me contenter de call, turn , ça part a tapis et il show , waou j'ai vraiment eu chaud, j'aurais bien pris cher la dessus.

    Je vais perdre un autre flip malheureux avec cette fois contre le de mon adversaire, malgré un flop les 9 vont hold et je vais me retrouver beaucoup moins bien :



    Bon c'est pas trop grave on va se mettre en mode fougère et attendre maintenant, je suis assez patient jusqu'à ce que je trouve en sb, Black Bling Bling limp utg, et joueur actif raise 4 bb pour isoler notre ami bling bling. Je trouve mille raisons comme quoi le spot est bon pour moi, et j'oublie les raisons qui me feraient fold, et je décide de shove mes 18bb. Bling Bling utg man va tanker des plombes et finir par call, le raiseur initial fais une comédie me pose pleins de questions et je réponds seulement avec un sourire colgate (btw je comprends rien à ce qu'il raconte avec son accent hongrois) Et fold.
    Bon je pense être crush complet par le limp call de bling bling man mais la il show loul, le pot de 40 bb avec cette main ! Yes ! Malheureusement les cartes ne seront pas de mon coté et le board va me crucifier, je garde le smile, salue tout le monde et souhaite bonne chance aux gens. Papi chemise verte me lance un :
    "thats rly nice, you keep your smile with this hand boy, good luck for the end of your trip"

    Bon forcément un peu déçu mais bon c'est le jeu du tournoi c'est comme ça. Benz est toujours in lui, donc je demande au tournament director si je peux prendre quelques photos et il me dit oui mais sans flash, alors c'est partis :


    mon bourreau dénommé BBB the black bling bling.


    Le virage avec papi chemise verte vraiment très très sympa. Vraiment le poker c'est exceptionnel pouvoir s'assoir autour d'une table, avec des gens de tout horizon, tellement différent rassemblé pour jouer au carte c'est vraiment magique, hésitez pas à essayer si vous vous ennuyez !


    Une petite serveuse de dos, j'ai mieux par la suite mais là j'étais encore plutôt timide.

    Bon dinner break, Benz est toujours in mais plutôt short, on décide de pas manger tout de suite car on voudrait aller manger chez Gordon Ramsay Burger et il y a la queue, on va donc prendre l'apéritif chez Yolos Mexican, et ben PLUS JAMAIS :



    Alors on dirait pas mais ce qu'on mange là c'est vraiment evil, la sauce du milieu coté Benz a failli me tuer, j'ai transpiré comme jamais, ma gorge en feu, et ce manipulateur de Benz à réussi à me convaincre de retremper une chips dedans et d'en manger une deuxième, pour arrêter mon run dégueulasse du moment et repartir sur des bases saines. Je vous jure c'est le truc le plus épicé que j'ai pu manger dans ma vie.


    Bref dinner break fini, Benz repart jouer je prends quelques dernières photo de la mezzanine du PH et je rencontre un français qui me demande à quoi sert la carte rewards qu'on lui a délivré pour jouer le 100 $ du soir, on discute un peu et il viendra me raconter tous ses coups chamarés pendant que je mate les matchs de la coupe du monde sur l'écran géant de la pièce.

    A 4 tables left, il n'y a plus que quelques joueurs à bust pour faire de la maille, mais malheureusement Benz va bust à la presque bulle.

    Bon tan pis, pas de sousous en tournois aujourd'hui.

    On décide d'aller manger comme prévu Chez Mr Ramsay burger même si il est un peu tard et qu'il y a toujours la queue.

    (pick sur le net vu que j'ai eu la flemme d'en prendre sur place, c'est la vitrine)
    Bon comme d'hab cocktail vin burger. Comme d'hab on nous demande quand est-ce qu'on veut le cocktail, quand est-ce qu'on veut le vin. Et on commence à patienter et ma foi c'est assez long, on a vu sur le casino donc c'est rigolo, on voit pas mal de belles prostituées passer et un mec complétement ivre qui ne tient vraiment pas du tout (et croyez moi c'est assez rare, lui il en tient vraiment une couche.)
    S'en suit un dialogue de légende quand un serveur demande à Benz :

    Serveur : "did you order water ?"
    Benz : "yes, its for us"
    Le serveur pose 2 verres d'un liquide translucide avec une rondelle de citron, et benz commence à boire.
    Benz : "tain mais y a que de la flotte c'est pas possible"
    Moi : "ben en même temps tu viens de lui dire que tu avais commandé de l'eau"

    Avec la fatigue il ne nous en a pas fallu plus pour que ça nous tienne le repas. On nous emmène nos vrais cocktails, on picole tranquillement quand la serveuse me demande :
    "are you ready for the dinner, can i take your glasses ?"
    "yup we are ready, but i will keep my cocktail, it's not finish"
    Alors je sais pas ce que j'ai dis, si j'ai insulté sa mère ou autre mais elle prendra quand même mon cocktail alors qu'il devait rester 2 gorgées dedans. On continue à se marrer (oui oui on est bon enfant) car cette fois ci ils font quelques progrès ils nous ont emmené la bouffe qu'après nous avoir repris nos cocktails. Bon c'est globalement bon mais ça ne casse pas 3 pattes à un canard, et c'est un poil cher.
    On split le repas et je donne un tips quand un truc étrange se passe :

    serveuse : "oh, its for me ?"
    Moi : "yea, its for you" bah ouai quoi un tips quoi.
    Serveuse : "oh are you rly sure its for me ?"

    Mais omg qu'est ce qu'elle est en train de me faire, j'ai un mauvais pressentiment tout à coup lààààà, je jette un œil à sa main ou elle tient le billet, et mother of god elle a un billet de 100 balles dans la main.

    Moi : "oh god, i am so sorry, i don't want to give you this, but just ten bucks, oh god iam so sorry, rly sorry, apologize... zjtfrlqhglhegleq rend moi mon blé, rly sory blblablabla"

    Serveuse : "don't worry thats ok, thats a lot and i understand you won't give me that"

    Bien évidemment je me sens complétement honteux, encore plus que d'avoir soutenu l’Italie contre l’Angleterre, (Zidane pardon mon amour !), c'est vraiment infâme comme situation et en plus de ça j'ai l'impression que tous mes efforts pour améliorer mon karma sont en train d'être réduit à néant.

    Bref c'était le day 2 à Las Vegas car on décidera de pas enchaîner sur du cash, Benz était chaud bouillant, mais moi bien trop fatigué à avoir rail 2-3 heures avec si peu de sommeil, et puis bon un peu réticent à me poser en cash tout de suite.

    Demain, buffet au Wynn, 300 dolls du samedi au PH, suivi d'une drunk session au Flamengo.
    Hésitez pas à laisser un commentaire et/ou un like ça fais toujours plaisir, et si vous voulez faire part de vos critiques n'hésitez pas.
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    Slipipils reacted to Torino for a blog entry, Préambule : Faut vraiment avoir envie de se cagouler   


    Préambule : Faut vraiment avoir envie de se cagouler




    Après un mois d'attente interminable, on y est, je ne sais pas si je l'ai déjà dis mais c'est ma première fois à Vegas, et je peux vous dire que ça a été vraiment très dure de penser à autre chose qu'à ça, heureusement le week end avant le départ a été bien arrosé du coup c'est passé assez rapidement pour finir. J'ai quand même réussi à m'imaginer gagner des centaines de milliers d'euros, être le king de vegas tout ça tout ça, j'étais déjà prêt à organiser le voyage de ma femme et de ma fille pour qu'elles me rejoignent et viennent me suivre pendant la table finale des wsop (l'event 5k de préférence que j'aurais cash in après avoir détruit les tournois au ph et au Wynn).

    Bref il était tant que je parte, mais je vous rappelle que j'habite au fin fond de la Corrèze et que chaque voyage se révèle être toujours un périple de tous les instants, et cette fois ça ne va pas changer. C'est parti.

    On est le 10 au matin, il est 5 heures, ma fille est pas d'humeur pour dormir plus, bon c'est pas bien grave, je suis pour le moment chez mes parents à 2h30 de chez moi. J'allume la télé car je suis bien entendu le seul levé, ma femme est déjà partie embaucher en se tapant 2h30 de route en pleine nuit. Et là une petite surprise pour bien commencer le trip, la SNCF décide de faire grève, mmmh, j'ai deux trains à prendre le 11 et un train sur trois circule, la question c'est est-ce qu'on va commencer à chatter ses 33 % de chance de gagner ? On verra bien.
    L'après midi, voir le soir la sncf met en place un système permettant de voir si les trains que l'on doit prendre sont maintenus ou non. Et boom mes deux trains ne passeront évidemment pas, je trifouille un peu à gauche à droite mais j'ai pas de solution super cool. (trajet de bus de 7 heures pour faire USSEL-Limoges, alors qu'il faut 1h30 en caisse) Je me lance pour la première fois de ma vie dans le covoiturage sans grand espoir vu que j'habite quand même un endroit légèrement reclus Et là chatte de ouf comme dirait Mr Nassif, un mec part pour limoges et habite à 5km de chez moi. Snap call et c'est parti pour la première expérience covoiturage de ma vie. Et honnêtement c'était pas triste, le mec part 2 heures plus tôt finalement (donc 9 heures du mat sinon c'est pas drôle) il roule dans un espace des années 90, il a 19 ans et conduit comme un dingue, dans tous les virages un peu serrés les pneus crissent et j'ai même la sensation que de temps en temps on est sur deux roues, btw il se plante 3 fois de route. On arrive dans le centre ville de Limoges, à un feu une mère de famille nous klaxonne pour qu'on ouvre la fenêtre, je m'exécute :

    - Votre voiture fume énormément, vous devriez faire attention.
    - Merci madame, je suis presque arrivé et vivant finalement yeaaaaaaa !
    - No soucis c'est normal. Nous sort ce pilote de l'extrème.

    Tans mieux si c'est normal il tombera en panne 3 minutes après.

    - Bon ben salut hein.

    Je me taille à la gare, arrivé là bas le train est bien annulé, j'appelle Benz oui je voyage avec Benz mais lui il est encore au taff. Je lui dis que ça semble compromis le train que y en a juste aucun qui circule au départ de Limoges pour Paris, encore une fois on matte à gauche à droite comment monter à panam, mais cette fois je n’émets pas d'hypothèse covoiturage. Finalement on dira non au plan caisse, et on choppera un train qui apparaitra vers 20h15.
    Il est 11h00 du mat, j'appelle 2-3 potes pour aller bouffer en ville et passer l'aprem à jouer à la console, finalement tout s'arrange, et heureusement qu'on avait prévu large niveau timing pour l'avion, on prend la machine volante le lendemain à 11h00. On est censé dormir chez la tante de Benz, alors je pars acheter du vin pour la remercier, un petit argentin de plutôt bonne qualité et un bon Bordeaux feront bien l'affaire.

    Ça y est Benz débauche et passe me chercher pour filer à la gare, j'ai reçu quelques offres de stacking de dernière minute, c'est gentil de la part des coupains, le pote courtier va passer à la gare me filer le cash.

    Arrivé à la gare le train aura minimum 2 heures de retard, il est donc 18h30 et il partira minimum à 22h00, pour une arrivée probable à Paris à 01h30 du matin. Très vite on abandonne le plan dormir chez tatie Benz quand on entend parler d'une gréve des taxis qui a bloqué l’aéroport aujourd'hui + les rer qui ne circulent pas des masses. Le plan ça va être de passer la nuit à l’aéroport.

    Bon on a du temps à perdre avant le départ en train, donc on s'assoit au bar de la gare et on se met à discuter de tout et de rien avec l'ami Benz et Nasri le courtier, puis là on croise un pote qui doit monter à panam également et qui deviendra notre compagnon de galère.

    On décide de se mettre bien :



    Allez on bouge, on a pas de billet pour le train mais on nous a dis de nous assoir où on voulait, j'opte donc pour la première classe, on essaye de motiver Nasri à faire enfin un truc fou dans sa vie, à sauter dans le train et venir à Vegas, mais btw, il est prof et a un devoir moral. La blague.

    On vient donc se poser tranquillement, le train à l'air moitié vide, bon ce qui est chiant c'est qu'on est bien chaud pour continuer la fête mais on a pas de tire bouchon, mais voilà, Francis, le chariot ambulant passe et on lui soudoie un tire bouchon, il a l'air bien attaqué alors on l'invite à boire un coup, il va ranger son chariot et nous rejoindra boire 2-3 verres pour balancer un peu sur la sncf.

    On commence les choses sérieuses, je défonce le hu en omaha, pour être franc c'était du flash omaha une main mais c'est gagné ! Je vais arriver plein de confiance à vegas c'est bon ça ! Là on commence à faire des tours de magie (retenez bien notre passion pour la magie, on en reparlera par la suite). Et 3 petites nanas passent devant notre wagon et nous voient en train d'improviser un spectacle digne des plus grands talents mondiaux, on sympathise et elles s'installent avec nous, nos tours sont abracadabrants et on se met à jouer au kems (que je vais obv gagner).



    Bon notre chere demoiselle de droite se met dans le trip de retrouver le blog qu'elle tenait à 14 ans elle dit que c'était un truc comme Xx-lalie-xX. je vous laisse faire les recherches hein... Mais elle ira quand même jusqu’à filer son pass mail à Benz pour qu'il l'aide à le retrouver et il a maintenant accès à son entière life, ça va que Benz est un bon mec et qu'il s'en fou royalement, cette jeune fille ne se fera donc pas scam.


    Bref on arrive à Paris vers 01h30, et maintenant faut trouver un taxi pour l’aéroport



    Y a la queue et les taxis sont en gréve, y en a un qui passe toute les 20 mins (sans exagérer) un rapide calcul nous fera dire que ça va pas le faire, benz se rappelle qu'ils font gréve à cause des "vtc", un concurrent déloyal, bon ben c'est un call, appli smartphone -> commande vtc -> 5 min après vtc est là. On félicite l'association des taxis parisiens qui font de la pub pour leur concurrent déloyal. De plus les vtc proposent un service de très bonne qualité avec des chauffeurs plus que courtois, je pense que les taximan se tirent un peu une balle dans le pied et il va falloir qu'ils revoient leur service pour pas sombrer ou devenir à leur tour vtc. Benz pose 1 milliard de questions au chauffeur, j'ai l'impression qu'il veut écrire une thèse à ce sujet, perso je lâche l'affaire. On arrive à l'aeroport vers 2h30, puis on va essayer de dormir à l’aéroport. Ben je peux vous dire que tout est fait pour pas dormir dans cet aéroport, tout est calculé au centimètre près pour que ce soit assez inconfortable pour pas dormir, bravo pour les calculs savants, il manque juste 4-5 centimètres à une combo fauteuil + table pour que ce soit confortable et obv tout est scellé. Tans pis on dormira demain dans l'avion. Je fais mes 150 tours d’aéroport au milieu de mes semblables et j'ai des flashs de Tyler Durden quand je rentre dans les chiottes, ça fait flipper.

    Boom l'avion est là il est temps de prendre notre fly, CDG-Charlotte première partie du voyage, j'ai pas perdu mon passeport (chose qui arrive à chaque fois que je sors d'Europe).



    Le plan est obv de dormir dans l'avion, mais j'ai fait une erreur de débutant, je suis en short, t-shirt et je me les caille grave malgré deux couvertures (très fines) impossible de fermer l’œil, surement la combo, froid, excitation, et siège inconfortable et n'oublions pas les 2 bébés brailleurs . Bon c'est pas grave 1 heure de sommeil en 48 heures pour arriver à Vegas pour 6-7 jours de grind, y a mieux comme préparation mais c'est les aléas de la vie.

    La correspondance Charlotte-Vegas se passe plutôt bien également mais quasi sans dodo et on y est. J'arrive à sin city non sans mal et je suis prêt à pousser des jetons ! 18h10 heure locale, il est temps d'aller poser les affaires à l’hôtel avant de commencer la première session !




    Je suis bien conscient que ce premier post est pas passionnant, mais j'ai décidé de faire un report assez complet, et ça aide à mettre dans l'ambiance la première partie : voyage.

    A demain pour la suite.
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    Slipipils reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Crazy monkey   
    http://www.youtube.com/watch?v=bulibjyaQ0s

    L'esprit est un singe fou. Le poker nous offre une bonne opportunité d'étudier le singe qui est en nous .

    Après être sorti du tournoi Club Poker Series, je marche un peu dans Paris, et inévitablement, la main de mon élimination me revient en tête. D'autres mains reviennent aussi. Est-ce que j'ai vraiment joué mon A-game? Qu'est-ce que j'aurais pu faire différemment?
    Ou encore, j'aurais dû (faire X, ou Y). Quand j'ai commencé à trop penser au conditionnel, je me suis forcé à m'arrêter, et de là de meilleurs choses sont apparues.

    C'est très facile de se remettre en question après avoir bust un tournoi. C'est vrai aussi après une session de cash game perdante, bien que moins intense. J'ai beau avoir de l'expérience, savoir que je vais bust avant la TF dans 95% des MTTs que je joue, j'ai systématiquement un choc après avoir bust d'un tournoi. Même online, alors que j'ai encore 6 tables running! Sortir d'un tournoi, c'est souvent une défaite personnelle.
    Pareil après une session de cash difficile (parfois, remise en cause même après une session gagnante, si ya par exemple un coup que je pense avoir mal joué).

    Quand je lis des posts de joueurs de poker, ou que je les écoute parler, j'observe le même genre de réaction que chez moi: le fameux j'aurais dû. J'aurais dû shove le flop, j'aurais gagné le coup. J'aurais dû attendre de voir le flop, il aurait foldé AK plutôt que toucher son A river! Selon le niveau des joueurs, le 'jaurais dû' sera plus ou moins évolué, stratégiquement parlant. Les 'j'aurais dû' d'un bon joueur seront généralement plus sensés que ceux d'un joueur moins aguerri ; par exemple, un bon joueur pourra se dire qu'il aurait dû quitter la table plus tôt, parce que la fatigue l'a empêché de prendre une bonne décision. Il peut y avoir une leçon à tirer du conditionnel, des choses à travailler pour éviter qu'elles ne se reproduisent.


    Bon donc, alors que je marchais, je me suis rendu compte: quoi qu'il arrive, à chaque fois qu'une session de poker ne se passe pas aussi bien que je l'espère (ce qui va arriver très souvent, le poker étant ce qu'il étant), mon esprit va s'activer et chercher à se rassurer (ou à s'inquiéter, jsuis pas tellement sûr ). C'est là qu'est le singe fou. En permanence en train de naviguer entre passé et futur, il n'arrive pas à se contenter du présent. Pourtant, le présent, c'est la seule chose réelle. J'étais dans le tournoi avant le dinner break, je ne l'étais plus après. De même que je n'étais pas dans le tournoi avant qu'il commence. Pourquoi être affecté par une perte qui n'en est pas une? Certes j'ai perdu le buy-in, mais ça je le savais dès le début non?
    C'est aussi simple que cela.

    Le singe fou, c'est aussi l'attachement. Par exemple, j'ai un gros stack, je vais ship ce tournoi! Wait, il reste 60 joueurs, être chip leader maintenant c'est cool, mais ça garantit pas grand chose. Certains joueurs veulent être big stacks aussi vite que possible, alors même qu'avoir 3 fois l'average au bout de 2h ne garantit même pas d'être ITM, loin de là.

    Situation hypothétique de CG: vous gagnez une tonne. Vous êtes très vite up de 3 ou 4 caves. A la fin de votre session, vous n'êtes plus up que d'une demi-cave. Si on regarde dans l'absolu, c'est certainement un très bon résultat, dépendant de la durée de la session. Pourtant, pour quasiment tout être humain, ce résultat sera perçu comme une défaite. 'Man, j'étais up de X€! Maintenant je ne gagne 'que' Y€ '. Comparez cette situation avec un joueur qui perd plusieurs caves en début de session et finit up de juste 3 big blinds. Sa session lui paraîtra comme une victoire. 'Yes, j'ai remonté la pente!'.
    L'un se sentira mal, l'autre bien. Les 2 ont pourtant torts. Ils ont laissé le singe fou prendre le contrôle, ils se sont laissés séduire par l'attachement, chacun de manière opposée. L'un en s'attachant à la victoire, l'autre à la défaite, considérées en termes de résultat. Nous savons tous que le succès au poker ne dépend certainement pas des fluctuations journalières. Ca n'empêche pas d'être attaché à ces dernières! Même avec de l'expérience.
    On s'attache aussi à d'autres choses. 'put**n combien de temps va durer mon bad run!' Well good news, ce run n'est pas le tien. Il n'appartient à personne, il n'existe même pas, il n'y a que l'illusion de l'attachement. La seule chose qui existe, c'est la main en cours. Ce qui est arrivé la main précédente, ou les 3 millions de mains précédant, n'est pas à vous.

    Accumuler une pile de jetons ne vous garantit rien dans un tournoi. Gagner 3 caves en cash game ne vous rend pas propriétaire de ces caves, en tout cas pas avant que vous quittiez la table (et même en la quittant, l'argent reviendra sûrement au jeu le lendemain, et vous pourrez perdre ces 3 caves à ce moment là!). L'argent en jeu n'est plus à nous, et pourtant il y a cette maladie universellement répandue de l'attachement. De là les montagnes russes émotionnelles du poker. Le singe fou s'amuse de ces montagnes russes, il s'en enivre, il est prompt à l'addiction.
    Mais qui a véritablement envie de se libérer de l'addiction, du high du poker? Il faut savoir ce que l'on veut, et une fois qu'on le sait, se plaindre de la souffrance qu'on alimente devient sans fondement.


    La pensée au conditionnel, la pensée qui cherche à changer le passé ou à se projeter dans le futur ('dans le futur, jamais je spew!), c'est l'ego, la volonté de contrôle. C'est aussi l'enfer. Je ne dis pas qu'il ne faut pas apprendre de nos erreurs, ou anticiper l'avenir. Mais cette compulsivité à remodeler un passé qui nous dérange (par exemple un passé où on perd), c'est l'enfer. Cette tendance n'a pas de limite, chacun l'alimente ou la calme à sa manière, dans la mesure de sa liberté et de son pouvoir.

    'Si seulement j'avais pris la caisse X au supermarché, je serais rentré plus vite chez moi.'
    'Si seulement j'avais parlé plus tôt à cette fille, peut-être que j'aurais eu une chance'.
    'Si seulement je pouvais ne jamais me tromper, je serais un mec génial ! '
    'Si seulement j'avais autant de chance que cet abruti, je gagnerais des millions au poker ! '
    'Si seulement j'étais riche....'

    A ce stade je pense que vous voyez bien à quel point le singe se réveille dès qu'on joue au poker. Mais il est là partout, dans tout ce qu'on fait. Il est chez tout le monde. Qu'on soit joueur ou non-joueur, homme ou femme, français ou indien, pauvre ou riche, en pleine santé ou non.
    Certains travaillent à le discipliner. Certains parviennent à l'observer, d'autres croient qu'ils sont le singe, il s'identifient à ses humeurs. Prendre un pas de côté par rapport à ce qui nous traverse, c'est le premier pas pour sortir de l'ignorance. Cette ignorance n'a rien à voir avec ce qu'on sait, ou ce qu'on ne sait pas. Ce n'est pas une question de connaissance, mais de vision juste.


    Pour ce qui est de mon singe, après qu'il ait commencé à parler au conditionnel, je me suis rendu compte que la remise en cause était sans fondement. Evidemment que j'aurais pu jouer des coups différemment. Evidemment que je fais des erreurs quand je joue. Tout le monde en fait, tout le temps. Evidemment que j'aimerais jouer parfaitement chaque jour, être une sorte de demi-dieu clairvoyant, jamais en proie à l'humiliation et l'impuissance de la défaite. Evidemment que je préférerais gagner tous les coups que je joue (wait, what? ).

    Autant dans le poker que dans la vie en général, j'aurai ce singe qui viendra me parler, et qui cherchera à remodeler passé ou futur, qui cherchera à m'éloigner de la paix du moment présent ; et je serai tenté, à chaque fois. Mais chaque fois que je décide de laisser passer, de me dire 'ce qui est, est', je deviens plus libre. Plutôt que de tourner en boucle, mon corps-esprit s'apaise, et les choses deviennent plus claires. Pas de regret, pas de remords. J'ai fait de mon mieux, et oui, mon mieux est perfectible. Et parfois, je ferai aussi mon pire. C'est ça être humain, nous sommes des créatures fragiles et perfectibles. Est-ce que je vais laisser mon mieux me tourmenter? Mon pire? La variation de mes états? La variation du monde qui m'entoure? Ce que pensent les gens? Le succès qui m'arrive? Les difficultés et échecs que j'affronte?

    Je ne possède rien de tout cela.

    L'impermanence est la réalité de toute chose, le défi de la réalisation pour un humain est d'accorder cette réalité avec le mouvement infini de résistance (l'ego, le refus de notre mortalité, de notre finitude) qui nous anime. C'est cela, être en phase avec l'univers.
    Si le poker m'apprend chaque jour à me libérer, comment aurais-je un jour envie d'arrêter?
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