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Gounot

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Blog Entries posted by Gounot

  1. Gounot
    Une observation rapide des joueurs permet de dresser une typologie tripartite dans laquelle chacun pourra peut-être se reconnaître. On aurait d’abord les joueurs réfléchis, qui gagnent de quoi vivre, et qui sont heureux de leur qualité de vie parce qu’ils maîtrisent leur rapport au jeu. On perçoit bien, ensuite, les joueurs d’agrément, le plus souvent perdants, qui jouent de façon fort épisodique et sans se mettre en danger, de sorte que le bilan fait d’abord ressortir joie et amusement. Puis il y a enfin les vraies victimes de ce jeu, parfois comptablement gagnantes d’ailleurs, celles qui vivent la dépendance et l’isolement, quand la précarité et le surendettement ne rendent pas totale la descente aux enfers. Ceux qui, frénétiques, cherchent à combler une vacuité que seul le jeu semble pouvoir obstruer. Ces boulimiques du carton ressentent bien ce que la pratique compulsive a d’une somatisation, à condition qu’ils aient la lucidité de bien regarder les choses en face.

    De temps à autres, j’étais de ces victimes. Assez honnête avec moi-même, je décidais qu’il fallait arrêter. Je clamais ma décision. Et immanquablement, je jouais à nouveau parce qu’il n’était pas question de volonté mais de besoin. J’abandonnais finalement cette méthode à la fois vaine et vaniteuse. Il fallait un changement profond en moi-même pour accomplir ce détachement.

    Or je m’aperçois que jouer n’est plus, depuis de nombreux mois, une nécessité. La posture morbide a disparu, sans que cela ne procède d’une résolution fermement posée. Je ne sais pas bien pourquoi mais j’ai compris que le changement de comportement a requis une forme de mutation interne assez profonde, tout à fait irréductible à l’exhortation de sa propre conscience morale, culpabilisante et fondamentalement ineffective.

    Voilà, c’est mon brag à 0 €.
  2. Gounot
    Hello le CP ,

    Je vous propose un petit billet technique, à l’usage des joueurs de microstakes (jusqu’à la NL10) qui s’intéressent au jeu deep et qui en ont marre de spew leur beau stack en faisant de belles conneries. Billet sans prétention, avec encore pour idée d’améliorer le propos grâce à des remarques pertinentes de joueurs meilleurs que moi.

    Mes sources :
    Principalement cet article sur 2+2 http://forumserver.t...ng-deep-544405/
    Mais également ce thread

    Plongeons au fond de la piscine


    1) Qu'est-ce qu'un stack deep ?

    Il faut jouer deep (disons arbitrairement au dessus de 200bb) si on pense avoir un edge postflop par rapport aux autres joueurs à table. La position sur les joueurs visés est très importante car on peut les mettre dans des spots très compliqués, engageant de forts montants.
    L’idée est de comprendre quelle value on peut espérer tirer de chaque main. Pour cela, il faut saisir le concept de Stack to Pot Ratio (SPR). Il s’agit du rapport entre un stack et le pot construit préflop. Ainsi, si après l’action préflop, le pot fait 1, et que j’ai encore 10 de stack, mon SPR est de 10 (10/1). On peut à présent définir le concept de deepstack : c’est l’hypothèse où le jeu se déroule entre adversaires ayant un SPR >15 (palier fixer arbitrairement)

    2) Le jeu avec Top Paire Good Kicker (TPGK)

    Quand votre SPR est bas (<7), on peut aisément se laisser aller à stack off flop ou turn avec des mains comme TPGK, ou mieux évidemment, spécialement sur des boards très drawy. A cette profondeur, les mains spéculatives qui cherchent à s’améliorer sur les streets restantes (small et medium pocket paires, draws générés par les suited connectors) ne nous font pas bien peur : au mieux, leur équité est égale à la nôtre, alors autant push et inciter le chasseur de tirage à faire l’erreur de call.
    En revanche, si votre SPR est plus important, il est dangereux de chercher à prendre 3 streets de value avec TPGK : les pros préconisent un peu de pot control, on peut se contenter de 2 streets de value, de façon à ne pas engager notre stack au-delà du raisonnable, avec cette main dont la valeur n’est pas fantastique. Il faut s’assurer que le pot final fait de 4 à 7 fois la taille du pot construit préflop.
    Réciproquement, si vous êtes deep et qu’on met la pression sur votre TPTK par un shove ou un overbet qui mène à la construction d’un pot beaucoup trop gros pour la valeur de votre main, il faut avoir la sagesse de folder. Et c’est difficile lorsqu’on joue bourré ou énervé. Résultat on call, on s’énerve encore plus, puis c’est le lifetilt, c’est être broke en 15 minutes.

    3) Rechercher les mains qui ont une énorme value

    Lorsqu’on est deep, la détermination de notre range d’open et de call préflop doit donc un peu évoluer. On doit rechercher les mains à fort potentiel, celle qui génère les nuts, ou presque : small ou med pocket paire, suited connectors, les Ax suited. Les premières donnent des sets, les autres des quintes ou des flushs. Dès que votre SPR > 13, on ne doit pas folder ces mains : elles rapportent trop.

    Avec ce genre de mains, on peut espérer avoir le jeu nécessaire (ou l’équité nécessaire) pour stack off flop ou turn. Avec un jeu fait, tel qu’un set, on peut espérer l’erreur qui consiste pour l’autre à stack off avec n’importe quoi d’autre qu’un overset.
    Avec un gros tirage, on peut barrel allègrement on se disant qu’entre ce qu’on va faire fold de meilleur chez l’autre d’une part, et les fois où notre équité va se réaliser d’autre part, notre play est hyper EV+. On peut aussi se contenter de call sagement les barrels en étant en pos, avec l’idée de value comme un cochon si on finit par toucher (il faut que notre tirage ne soit pas trop obvious pour réaliser nos implied odds : double gutshot, une backdoor miracle), ou d’outplay vilain si on sent un peu de faiblesse en lui mettant tout dans la bouche à la faveur d’une shadow out (qui fait rentrer un tirage qu’on a pas), ou d’un signe de faiblesse. Pour cela trois conditions : avoir des balls, ne pas le faire contre les CS absolues (parce que ça, c'est jouer comme un con), équilibrer jusqu'à la hauteur de la mise (si on bluffshove, on valueshove dans les spots de value)

    4) Les aménagements de l’action préflop

    On précise aussi qu’il n’est pas spécialement bon de 3bet préflop ces mains à forte value potentielle car ce faisant on diminue le SPR et on rend la situation plus facile pour celui qui touche sa top paire postflop : il a moins de mal à stack off TPGK et ça devient moins rentable, pour nous, de courir après la réalisation de notre tirage. Cependant, pour mixer sa range de 3bet, on peut parfois se laisser aller à jouer avec agressivité préflop les small pp. Cela dit, il est EV+ de les flats le plus souvent, spécialement lorsqu’il n’y a pas de squeezer fou qui parle après nous.
    Encore avec l’idée du manipuler le SPR, on conseille de varier (tout en équilibrant) le montant de ses raises et 3bet préflop : dans l’idée, c’est de faire généralement plus petit avec les drawing hands (PSR supérieur) et plus gros avec les mains qui font TPGK (PSR inférieur).

    5) Le problème des reverses implied odds

    Enfin, un mot sur les reverses implied odds. Supposons qu’on joue contre un reg qui connait ces ajustements et qui, lui aussi, fait évoluer sa range et a bien conscience de l’importance du SPR. Dans ce cas, dans bon nombre de spots, il va jouer le même type de mains que nous : drawing hands, pockets paires, et va push les mains qui méritent de l’être. On risque alors un set up terrible, si on push nos 300bb avec un petit set (contre un plus gros), une basse flush (contre une plus haute). Pour éviter cela, mais simplement lorsqu’on a identifié un reg compétent, on doit retirer de sa range les trop petites pp, et les trop bas suited connector, pour ne pas avoir à call un shove avec un bottom set, ou une flush peu distinguée.
  3. Gounot
    En MTT ou en CG, ce qui m’est souvent fatal, c’est mon action flop lorsque, suite à un cbet, je me fais raise par vilain ip, ou check-raise (c/raise) par vilain oop. Fatigué, titillé, je push les yeux fermés et vilain me retourne les nuts. Next MTT ou insta recave

    Le but de cet article, c’est de trouver les signes permettant de révéler si le c/raise adverse est mergé ou polarisé. J’appelle c/raise mergé, celui qui est réalisé avec une range assez forte (bot ou mid paire, draw acceptable) ou forte (top paire (TP), double paire(DP), gros draw). J’appelle c/raise polarisé, celui qui est réalisé avec air total ou avec les nuts (set ou mieux).
    Comment savoir si ce c/raise, c’est du lard ou du cochon ? Je me propose ici de donner quelques idées que j’intègre dans mon thinking process. Evidemment, je ne prétends pas détenir la vérité (ça serait étonnant pour un joueur de micro-limite) ; j’écris surtout ça pour pouvoir être contredit et bénéficier de regards différents du mien. D’ailleurs, je ne m’interdis pas de modifier le contenu de cette ébauche de synthèse grâce aux remarques qui me seront peut-être faites par des joueurs compétents.

    Si on dispose d’un tracker et d’un sample suffisant, il suffit de regarder le % c/raise flop et les mains montrées au showdown. Easy game. Mais si l’on n’a pas ces deux outils, et cela arrive souvent dans les tournois, comment faire pour se déterminer ?


    Voici les indices qui me semblent faire pencher la balance en faveur d’un c/raise polarisé :
    Board


    - En value : le c/raiser n’a plus que des mains très fortes

    - D’autre part, vilain peut considérer que le cbet est souvent fait avec air ; il voit dans la situation un bon spot de bluff

    * qui ne touche pas votre range d’open : imaginant que votre cbet est souvent fait avec air, vilain aura une propension plus forte à c/raise avec air L’influence des stacksizes, spécialement en tournoi, la différence de stack entre le c/raiser et le cbetter

    * Si au contraire le c/raiser s’attaque à un stack plus volumineux que le sien, il sait ce qu’il risque : il s’agit d’un indice en faveur d’un c/raise en value. Votre fréquence de cbet :

    * Si elle est très faible (<15%), vous vous ferez c/raise nutsé, puisque le c/raiser sera à peu près sûr que vous avez quelque chose de difficile à lâcher. Cela dit, cet argument est réversible : vilain pourrait aussi bien adopter une line c/call flop et turn et c/raise river puisqu’il n’a pas de doute sur votre volonté de value votre jeu. Mais il préférera c/raise dès le flop si, en plus de votre très basse fréquence, le board est dangereux car trop de cartes risquent de paralyser l’action turn et a fortiori river. Le jeu en basses limites, domaine d'élection du c/raise polarisé
    Jusqu'à la NL10, la plupart des c/raise sont polarisés. Les joueurs n'ont pas la compétence suffisante pour value une range mergée. Le c/raise, souvent à la truelle, c'est soit un bluff fantasque (I'm the specialist), soit les nuts qu'on value. Cependant, on relève souvent dans les articles techniques qu'il n'y a pas assez de c/raise bluff en basse limite. Par voix de conséquence, le c/raise cache généralement un monstre.
    Il est vrai que des mains dont l'équité est moyenne, comme certains draws, sont parfois c/raisés. Mais ça me semble être moins fréquent, à ces limites, que le c/raise polarisé (et surtout nutsé d'ailleurs, car les nits sont légions). Mais cette remarque n'est qu'un ressenti.


    Et les indices en faveur d’un c/raise mergé :
    [*]Board qui ouvre pas mal de draws (flush ou quinte)

    * La probabilité que le c/raise soit fait en bluff est plus mince puisqu’il y a plein de mains avec lesquels le cbetter va pouvoir lui revenir dessus avec une équité correcte, voire très bonne. On peut donc écarter l’hypothèse que le c/raise soit fait avec air, mais il peut être quand même être fait avec les nuts, qu’on voudrait protéger et value au maximum
    *Réciproquement, il est fort probable que le c/raiser ait touché quelque chose, ce qui accroit la possibilité d’un c/raise mergé
    [*]Le stack du check/raiser

    Ce facteur est spécialement valable en MTT : on observe qu’un tapis relativement short (entre 20 et 30 BB) aura tendance à merger ses check-raises : il a touché un petit quelque chose au flop, il check et envoie tout, pas le temps d’attendre.
    [*]La fréquence de cbet

    Si elle tourne autour de 50%, le cbetter va se faire c/raise pour value avec un éventail de mains assez large, c’est-à-dire une range mergée, probablement avec toutes les mains qui ont une équité meilleure que TPTK. En revanche, le c/raise bluff est moins probable car on sera souvent payé.



    Sous toutes réserves.
  4. Gounot




    Le poker est un jeu d’ego. Si on peut faire « pleurer » le bonhomme en face, y’a pas à hésiter. Voilà le discours ambiant, ce qui se dit entre joueurs. Insulter, menacer, impressionner, critiquer les plays ou ironiser à leur sujet, gonfler les pecs, jeter des regards agressifs : tout est bon pour faire en sorte que l’autre perde sa lucidité et son calme, que sa prise de décision soit altérée, et qu’on puisse en tirer avantage, « exploiter ce sale donk ». C’est comme ça qu’on pense, et ce n’est pas une blague. Ecoutez les émissions radio du CP, et vous verrez que ce genre d’attitude est accepté, voire plébiscité. Sur le forum, les croupiers ont également témoigné de la manière dont ils sont traités, par des joueurs à qui on laisse croire que tout est permis et qui, de fait, pensent que tout leur sera passé. Parce qu’on est les clients, faut pas déconner.
    D’expérience, à toutes les tables où j’ai joué, il y avait toujours au moins un mec qui avait ce genre de comportement. Les autres joueurs se taisent tant qu’ils ne sont pas victimes de l’agression. Et s’ils le sont, soit ils se rebiffent et ça peut dégénérer, soit ils s’écrasent et, de fait, se font marcher dessus à la fois dans la relation sociale, et à la fois dans le jeu. Ils perdent et se font malmener humainement. Le comportement dégueulasse est très payant. C’est ce que les petits sharks pensent.
    Il est extrêmement rare qu’à la table, les joueurs demandent que le jeu se déroule dans une atmosphère courtoise, qu’on s’explique cartes en main, comme des gentlemen le feraient. Les floors non plus ne se battent pas pour faire respecter une éthique qui dépasse le strict respect des règles relatives aux annonces des relances, aux déplacements des jetons etc. On croit que c’est l’angleshoot qui doit être traqué, alors que le respect de l’éthique des comportements et des règles ELEMENTAIRES de civilité, devraient être la première des priorités. Moi qui suis un gros fish, je ne m’assois plus à ces tables car je me refuse à partager mon temps et à donner mon pognon à ces chiens, qui me chieront dessus à la première occasion. Et pourtant, j’entends plein de joueurs se vanter d’avoir trashtalk – « c’était EV+ », disent-ils. Et bien les gars, ça, c’est un calcul à très court terme. Parce qu’un fish insulté, humilié, menacé, il ne revient plus au casino, sauf s’il est complètement addict.
    Tout le monde gagnerait si les organisateurs de jeu mettaient en œuvre une vraie politique au cœur de laquelle on placerait le respect, strict et sans compromis, des autres joueurs et du personnel. Ainsi, on rendrait les casinos plus fréquentables, on en ferait des endroits où l’on va en se disant qu’on va passer un bon moment, en dépit d’une perte possible (probable). Même les sharks du jeu live devraient réfléchir à l’intérêt de traiter autrui comme une m**de. A moyen et long terme, c’est un calcul évidemment perdant car les poissons n'aiment pas nager en eau trouble. Pourtant les arrogants et les rageux se plaisent et se complaisent à scier la branche sur laquelle ils sont assis. VGG.
    Etre poli, respectueux et courtois, c’est moralement bien. C’est la clé d’une vie de groupe acceptable. Les Parisiens (qui ne jouissent plus du respect de ces règles), lorsqu’ils arrivent en province, s’en rendent bien compte: que la vie semble douce lorsqu'on évolue dans un environnement où les gens, par principe, ont le sourire aux lèvres... Cela dit, à la limite, que ce soit éthique d'être correct, les joueurs les plus cyniques s’en foutent. Mais qu’ils essaient de réfléchir 5 minutes, si ça n’est pas excessif, en terme d’intérêts : respecter les règles de civilité pourrait bien leur être utile.
  5. Gounot
    Bonjour,

    Je publie ici une contribution juridique concernant l'erreur de Pokerstars sur les prize-pool des SNG SCOOP, contribution que j'avais publiée sur le thread concerné. Il me semble nécessaire de lui donner une publicité importante car on lit sur ce sujet beaucoup d'avis passionnés mais peu cohérents et encore moins informés. N'étant pas spécialiste du droit des jeux, mes propos ne sont qu'une opinion, celle d'un très bon juriste, à laquelle j'accepterais volontiers un démenti partiel ou total pas des plus compétents que moi. N'hésitez pas à proposer des positions contradictoires. Comme disait un grand maître du droit, la lumière ne peut venir que de la discussion


    Chaque joueur participe à un contrat d'organisation de jeu avec Pokerstars. Pokerstars fait payer sa prestation en imposant le paiement d'un rake à ses joueurs.
    Pour des raisons promotionnelles, il arrive que l'organisateur du jeu propose un prizepool supérieur aux mises des joueurs, à des fins incitatives évidentes. C'est ce qu'on appelle l'overlay.

    En l'espèce, la situation se présente objectivement comme un overlay:


    PokerStars Tournoi #545181364, No Limit Hold'em
    Super Satellite
    Buy-in : €3.99/€0.21 EUR
    6 joueurs soit 6*3,99= 23,94€
    €20.00 EUR ajoutés au prize pool par PokerStars + 20€ = 43,94€ !
    Dotation totale : €43.94 EUR
    Tournoi cible #2012031012 Buy-in : €18.00/2.00 EUR
    2 tickets pour le tournoi cible


    Néanmoins, Pokerstars indique que ce qui est écrit est contraire à sa volonté dans l'organisation du jeu. On droit, c'est ce qu'on appelle une erreur dans la déclaration: c'est déclarer quelque chose qu'on ne pense pas.
    Il s'ensuit que lorsqu'un joueur accepte le jeu, il n'est pas en réalité tombé d'accord avec Pokerstars. Cette situation, on la nomme , en droit : existence d'une Erreur-obstacle. Elle est considérée comme un "obstacle" à la conclusion du contrat.

    Pour que Pokerstars puisse se prévaloir de l'erreur-obstacle et annuler le jeu, il faut qu'une condition essentielle soit respectée : c'est que le cocontractant (le joueur) ait pu légitimement penser que la déclaration faite par Pokerstars est conforme à sa véritable volonté. Donc, si le joueur sait l'erreur sur la déclaration (parce qu'il joue souvent), le droit français indique que le contrat peut être annulé. En revanche, si le joueur n'est pas un habitué de la room ou des sitandgo, son contrat ne doit pas être annulé.

    Ceux qui savaient qu’il s’agissait d’une erreur et qui l’on exploitée ont été les auteurs d’une réticence dolosive : ils ont gardé le silence sur une information qu’ils auraient du en toute bonne foi communiquer. La réticence dolosive n’est pas à strictement une fraude, laquelle suppose précisément un montage ou un stratagème. En revanche, il s’agit bien d’une activité « malhonnête », donc la saisie des fonds est justifiée en application de l’article 7.8. En revanche, cette saisie est parfaitement illégale si le joueur est de bonne foi, c’est-à-dire qu’il pensait qu’il s’agissait d’un overlay réellement voulu par pokerstars.
    Pour mémoire, l’article en question
    7.8 COMPORTEMENT FRAUDULEUX. Dans l’hypothèse où PokerStars estime qu’un Utilisateur s’est livré ou a tenté de se livrer à une activité frauduleuse, illégale, malhonnête ou inappropriée en utilisant le Service, y compris et ce de façon non exhaustive, en se livrant à n’importe laquelle des activités décrites au présent article 7 ou à toute autre manipulation du jeu, ou bien encore en effectuant un paiement frauduleux, y compris et ce de façon non exhaustive, en utilisant une carte de crédit volée, en faisant du « chargeback » (c’est-à-dire facturation en retour du Service) ou en se livrant à du blanchiment d’argent, PokerStars sera en droit d’entreprendre toute action qu’elle juge appropriée, y compris notamment, conformément aux règlements applicables, de :
    (a) Bloquer immédiatement l’accès de l’Utilisateur au Service ;
    (b) Clôturer le compte de l’Utilisateur ouvert auprès de PokerStars ;
    © Saisir tous les fonds qui se trouvent sur le compte de l’Utilisateur et utiliser ces fonds, conformément au mandat accordé à PokerStars à l’article 9.2 ci-dessous ;
    (d) Révéler ces informations (y compris l'identité de l'Utilisateur) aux institutions financières, aux autorités compétentes et/ou à toute personne ou entité qui serait juridiquement en droit d'obtenir ces informations ; et/ou
    (e) Engager toute action judiciaire, y compris pénale, ou autre à l'encontre del’ Utilisateur.

    Mais en gros, seuls les joueurs de bonne foi sont dans une position de force par rapport à pokerstars qui, à leur égard, a commis un dépassement de pouvoir en saisissant leur bankroll dans un cas où elle n’en avait pas le droit.
    Tout le débat réside dans la preuve de la bonne foi du joueur. En droit, on considère qu’elle doit être présumée. S’il y a litige, ce sera donc à Pokerstars de prouver la mauvaise foi. La firme pourra le faire grâce à des présomptions, notamment la fréquentation plus ou moins assidue de la room par le joueur.
    Concrètement, les regs sont « way behind » ; les joueurs très occasionnels sont en « good shape ». Si j’étais leur conseil, c’est à eux que je conseillerais l’engagement d’un contentieux.

    Voilà ce que dit le droit français sur la validité du contrat. Après, je ne connais pas précisément la législation de l’ARJEL et je n’ai pas le temps de m’y consacrer.

    Gounot
  6. Gounot

















    Dès que les tournois offrent des prize-pools alléchants, les derniers survivants peuvent être tentés de dealer. Le principe, c’est de répartir les gains restants d’une manière différente de celle prévue par les organisateurs du tournoi. Les joueurs estiment que l’écart des gains est trop important eu égard à la place que prend la variance, spécialement lorsque les tapis ne sont pas profonds. Tout va se finir en push or fold et ce n’est pas le plus skillé qui nécessairement l’emportera. C’est la chance qui décidera de l'issue. Voulant en limiter l’impact, les joueurs restants réduisent conventionnellement l’écart des gains, ils décident d’aplatir la structure, pour ce qu’elle a encore à allouer.
    La négociation est libre, chacun fait valoir ses arguments et tente de faire adhérer l’autre à sa proposition. En général, la base de la négociation est soit le deal ICM, soit le deal chip chop, le premier étant à l’avantage des shorts, le second des chipleaders. Après, un bon sharkscope, et l’application des techniques classiques de négociation peuvent aider à tirer le meilleur parti de chaque situation.

    Un deal, ce n’est pas sale. En tout cas, pas plus sale que le jeu lui-même. Dans les tournois live, on explique parfois que ça se fait sous le manteau et en catimini. Comme s’il y avait une nécessité de le dissimuler.
    En vérité, la position du droit à l’égard des deals est la même que celle qu’il adopte à l’égard du jeu : il refuse de prêter son concours à son exécution de la même façon qu’il n’aide pas, en principe, l’exécution d’autres dettes de jeu. Supposons que je fasse un last longer sur le main event des WSOP avec 3 amis. Chacun doit 100€ au dernier survivant. Supposons que je sois le seul à faire la TF (pas de mauvais esprit svp), chacun me doit la somme. On a conclu tous les 4 un contrat de jeu, parfaitement valable mais, comme il s’agit d’une activité traditionnellement jugée comme immorale (associée dans l’inconscient collectif à la fréquentation des tripots de jadis), je dois m’en remettre à l’intégrité de mes amis. J’ai d’ailleurs conclu avec eux car je leur fais confiance.
    Pour les deals en MTT, c’est la même chose : on passe un contrat qui intéresse de l’argent gagné aux jeux. On ne pourra donc toujours pas demander au droit (au juge, à l’huissier et au gendarme), de nous aider à recouvrer notre créance. C’est pourquoi il y a toujours un risque à dealer quand on ne connait pas la personne. Il faut quand même réserver un cas. Celui où l’organisateur du jeu (le site, le casino) organise aussi le deal. Dans ce cas, il versera les gains tels que les joueurs en ont convenu ce qui anéantit, de la sorte, tout risque d’inexécution.
    Parfois, l’organisateur déclare interdire les deals. Il pourrait aussi bien pisser dans un violon. Les joueurs peuvent négocier comme ils le veulent. La seule différence est qu’ils ne bénéficieront pas du concours de l’organisateur qui versera les gains selon la répartition qu’il a initialement fixé. Le runner-up doit alors avoir une grande confiance en la personne du vainqueur car il s’en remet alors à sa moralité et, ce n’est pas négligeable, à la sanction sociale émanant de la communauté des joueurs. Si vous êtes catégorisé comme ne respectant pas les deals, vous êtes immédiatement marginalisé de la communauté et votre vie de paria devient, forcément, moins agréable. Cette sanction relationnelle et sociale, moins efficace que la sanction juridique, est quand même d’un poids considérable et semble assurer une assez bonne régulation des comportements.


    Gounot.
  7. Gounot


    Gagner un tournoi, et finir par se faire dépouiller en cash game. Prendre et rendre, croquer puis tout dégueuler. Chatter 10 flips consécutifs, puis se faire exploser par des gens qui savent jouer un poker ingénieux sur 4 streets. C’est la théorie des vases communicants, une loi nécessaire qui jamais ne se dément. Les semaines qui suivent les SCOOP offrent un terrain propice à la vérification du théorème. C’est fou le nombre de vainqueurs de série qu’on trouve en railant la NL 1000. Et l’armée des regs germano-scandinaves se régale.
    Une fois l’observation faite, les scientifiques ont proposé une hypothèse explicative.
    On sait bien que c’est grâce à une compétence vraiment limitée qu’on peut plus ou moins sauver ses fesses en tournoi. Non pas avoir un winrate de dingo sur les plus hauts buy-in, mais au moins sauver l’honneur : il suffit de savoir jouer sur 2 streets, et avoir des ranges plus ou moins adaptées à la profondeur de son tapis. Le livre Kill Elky offre même une stratégie profitable (je l’ai testée) se limitant à l’exécution disciplinée d’un push or fold préflop. Tout cela n’a évidemment rien de comparable avec un combat épique sur 4 streets, à 100bb deep minimum. La théorie des vases communicants, ce n’est pas chatter un donkament et déchatter en cash game. C’est chatter, se voir beau, et payer le prix d’une incompétence crasse. C’est que l’ivresse des sommets (1000 EUROS !!! lol) fait parfois perdre le sens des réalités. On se sent invincible (P’tain je viens de défoncer un field monumental) puis on se rend compte que l’état de grâce n’était que passager. Selon la sage parole de Maître Yoda, le poisson qui se voit shark reste bien un poisson mais oublie les précautions que devrait lui dicter sa pauvre condition.
    La théorie des vases communicants, c’est l’orgueilleux châtié ; c’est Narcisse qui tombe encore à l’eau.
    Mais se pourrait-il jamais que le chattard d’un soir inflige un démenti à cette loi universelle ? PS a inventé le cash out automatique dès que la bankroll atteint un certain niveau. Voilà qui sauve déjà une partie des gains. L’autre remède serait de rester humble. Et pour une fois la vertu serait mère d’opulence.

    Gounot
  8. Gounot
    Hier était retransmise la TF de l’EPT Campione sur Pokerstarslive. Le studio, dans l’après-midi, était occupé par TV et PonceP. En début de soirée, Benjamin Domenget, alias Bendo, a pris les commandes des commentaires, accompagné de quelques sharks du .fr, notamment onesickstory.
    Le sosie vocal officiel de Nelson Monfort (Canteloup, incline-toi) s’est alors lancé dans un show invraisemblable. Il a semblé, à tout auditeur concentré (auditeur, car on n’avait plus d’image du studio), qu’il était dans un état second, alors même qu’il réclamait du Perrier (lol) à la personne chargée de la technique. Des WAAAAAAA tonitruents, un étrange émerveillement pour le jeu d’un bulgare « qui n’a pas montré ses cartes depuis 1914 » mais qui sort sur un coup assez fishy, un enthousiasme débordant relatif à des faits de jeu qui ne le justifiaient pas nécessairement etc., etc.. On avait déjà eu un avant-goût de ce style si particulier à la faveur du commentaire de je ne sais plus quel event, mais hier soir, c’était paroxystique.
    Au fur et à mesure que la soirée avançait, le thread du CP dédié au suivi de la TF s’est mu en défouloir. On reprochait à BD, en des termes plus ou moins choisis, de n’avoir pas un ton approprié au commentaire d’une TF d’EPT et de n’apporter aucun éclairage technique. Le pôle de toute l’attention était devenu le commentateur. Quant au parcours de Fabrice Soulier, médaille de bronze émérite, il semblait attiser bien moins de passions.
    Sur la valeur ajoutée technique des commentaires de Bendo, il est évident qu’elle est très faible. On apprend pas grand-chose sur le poker en l’écoutant, mais peu importe, car c’est davantage le rôle du consultant. C’est comme si on demandait à Christian Jean-Pierre ou Thierry Roland d’être de grand tacticiens du foot, ou à… Nelson Monfort de distinguer le triple loots, du quadruple boucle piqué. Pokerstiquement, j’ai trouvé onesickstory très pertinent, j’ai compris pas mal de trucs, notamment pourquoi la range de check-raise au flop de Fabsoul était souvent faible ; j’ai compris quelques plays de Busquet etc.. Sur ce point, je trouve donc la critique injuste.
    Sur l’enthousiasme débordant, et probablement mal maîtrisé, le jugement semble devoir être nuancé. Il y a quelque chose de très difficile à faire, c’est d’être naturel à la radio ou à la télévision. Les meilleurs animateurs, ce sont ceux qui arrivent à cet improbable exploit de n’être pas tendu comme un string alors qu’une meute d’observateurs et de juges sont là, alors qu’on est sous le regard de tous. Combien d’animateurs font passer leur stress et leur inconfort ? Je ne les recenserai pas, la télé en est remplie. Il n’est pas question de les accabler, puisque chacun sait que la foule qui écoute n’est pas naturellement bienveillante et qu’il n’est jamais facile de prendre la parole en public. Je comprends très bien le stress et la tension du commentateur, et c’est pourquoi j’admire ceux qui arrivent à s’en départir. Hier, j’ai très souvent ri. J’avais l’impression de regarder la TF avec un pote. Il y aurait peut-être un ajustement à faire, changer parfois de registre (ou de vitesse comme on dit au poker). Alterner folie et sérieux, mélanger, quoi qu’en dise le proverbe, le bon grain et l’ivraie.

    Gounot.
  9. Gounot
    Bonjour,

    Premier billet pour justifier une démarche.
    Depuis une semaine, je ne joue plus. Et j'ai décidé de ne plus jamais jouer.
    Pourquoi ? Certainement pas parce que j'ai un jeu beaucoup trop impulsif pour être bien gagnant ; ni parce que je suis souvent rattrapé par des carences techniques, des bets, des checks ou des raises dont moi-même je n'explique pas le sens : il faut bien faire une action à chaque street ! En effet, la faiblesse de mon jeu ne justifie en rien ma décision. Ca ne me dérange pas de défier la Mathématique, bien qu'il m'en coûte,très probablement. Mais pas tant que ça puisque je suis un joueur légèrement gagnant (dès que je gagne, je reperds presque tout pour regagner, puis reperdre presque tout etc.)
    J'arrête le poker parce que jouer calme mes angoisses, suspend le temps, détourne mon attention de tout ce que le quotidien a de difficile. Mais le jeu, je ne le vis pourtant pas comme un médicament. C'est plutôt un expédient. C'est une solution de court terme, c'est du provisoire, un anesthésiant léger. Au terme de la partie, la violence des maux réapparaît encore plus forte parce qu'au lieu de s'en occuper, on a choisi, par le jeu, de l'esquiver. On a tenté de l'oublier.
    J'en reviens à ce que je disais. Arrêter le poker, c'est donc s'adresser une sommation à soi-même, c'est choisir de s'occuper de sa propre vie, sur le champ, d'entreprendre le projet raisonnable de trouver des solutions aux problèmes que la vie réserve. Mes tourments n'ont rien d'extraordinaire et ne méritent franchement pas d'être contés (d'ailleurs ce n'est pas du tout le lieu). Ils ressemblent à ce que tout le monde rencontre.

    Arrêter le poker, ça sonne pour moi comme une manière de prise en main. Mais, depuis 2005, année où j'ai commencé à jouer, j'ai déjà du arrêter 8 fois (et repris 7 fois).

    Gounot
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