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Marsou

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  1. Thanks!
    Marsou reacted to DIVICO for a blog entry, Profiling II : Utilisez la méthode Belbin   
    Profiling: Utilisez la Méthode Belbin Ce qui m'intéresse le plus en poker, c'est la dimension psychologique de ce jeu et c'est le sens des billets de mon blog.

    Outre les compétences de base à acquérir concernant les probabilités et leur calculs, il reste la dimension humaine et toute sa complexité face au choix, au risque, au changement, aux émotions et surtout à soi et aux autres.
    En 2012, j'avais écrit un billet relatif au profiling selon la méthode DISC de Marston (Lien ici) qui proposait un outil assez complet permettant d'établir le profil de vos adversaires. Je proposais une catégorisation tenant compte des forces, limites, besoins, motivations et peurs de chaque type de profil.
    Une fois ce travail fait, je vous proposais dans un autre billet (L'art du tilt : lien ici) d'appliquer les leviers qu'offraient ces profils pour les faire tilter.
    Fidèle à l'esprit de mes billets précédents, je vous propose dans ce billet de découvrir un nouvel outil de profiling simple, issu du management que je détourne pour l'utiliser à une table de poker: le modèle de Belbin.
    Meredith Belbin (né en 1926) est un psychosociologue britannique spécialiste du management d'équipe et créateur d'un inventaire de comportements qui met en évidence les neuf rôles clés nécessaires au bon fonctionnement d'une équipe. Il analysa les personnalités et leur influence sur les processus de groupe.
    Vous trouverez de nombreuses explications sur le net, la méthode est commercialisée au service des entreprises et des managers.
    Ce que je vais essayer de faire ici, c'est d'illustrer les comportements typiques de joueurs et d'utiliser la classification de Belbin pour les profiler.
    Il ne faut pas oublier que cet outil cherche à valoriser les compétences des différents rôle en équipe. En lisant ces descriptifs, essayer de garder à l'esprit ce qui se dégage de la dynamique de votre table, les  traits les plus saillants, les réactions, les attitudes et surtout ce qui vous touche ou vous agace spontanément.
    Ce sont d'excellents indicateurs intuitifs et instinctifs que votre corps vous émet auxquels vous devez être attentifs.
    Neufs profils répartis en 3 groupes d'orientation: Action, communication et savoir
    Les profils orientés vers l'action: n° 1 à 3
    1. Organisateur (Exécutant): Met les projets à exécution
    2. Propulseur (Réalisateur): Aime les défis
    3. Perfectionneur (Finisseur): S'assure que le travail est bien fini
    Force:
    1. Discipliné, fiable, efficace, ordonné, méthodique
    2. Dynamique et fonceur, travaille bien sous pression, courage et capacité de surmonter les obstacles
    3. Consciencieux, à la recherche des erreurs et omissions, a le souci de la perfection
    Faiblesse:
    1. Peu conciliant ou flexible, lent à réagir dans les nouvelles opportunités
    2. Peut provoquer les autres et être parfois blessant mais sans attention malveillante
    3. Enclin à s'inquiéter pour chaque détail, a des difficultés à déléguer Idées d'exploitation:
    C'est évident, mais le principal ennemi de ces 3 profils est précisément l’inaction ! Vous observerez les signes de lassitude, d'ennui ou d'impatience. Vous avez tous en tête également ces joueurs pinailleurs qui ne supporteront pas les choses désordonnées. Ils vous feront des remarques sur votre stack mélangé, votre absence de cache-card ou encore contrôleront que vous avez bien posé vos blindes ou donneront des indications de retour de monnaie avant même le croupier. Ils préféreront de loin prendre les choses en main plutôt que de dépendre d'un tiers. Cela se manifestera d'ailleurs dans le self-dealing si votre tournoi se déroule sans croupier. Ils feront le maximum pour accélérer l'action et ne supporteront pas les "a peu près".
    Leur indicateur d'inconfort se manifestera lorsque vous  ferez un move inattendu ou inhabituel, cela les perturbera ils pourraient devenir un peu agressif ou sec.
    Il deviendront irrités et pourraient prendre comme irrespectueux votre lenteur, imprécision, créativité "non standard" qu'il pourraient interpréter à tort comme de l'amateurisme.
    Personnellement j'ai un petit truc tout con pour les révéler: si c'est à mon tour de dealer, je pose les cartes du board de manière inhabituelle (sur le côté, en
    carré, en fleur ,en escalier ...) et ce type de joueur ne peut pas s’empêcher de réagir sur le côté non-académique de la chose. Les profils orientés vers la communication: n° 4 à 6 Descriptif:
    4.Coordinateur: Mature et confiant
    5.Soutien (coéquipier): Sociable et coopératif, posé, sensible et conciliant
    6.Promoteur (pionnier): Extraverti et enthousiaste, communicatif
    Force:
    4. Attentif aux autres et diplomate. Clarifie les objectifs et fait progresser les prises de décision
    5. Attentif aux autres et à leurs besoins, est plein de tact
    6.Explore les opportunités et développe des contacts à l'intérieur et à l'extérieur
    Faiblesse:
    4. Parfois perçu comme calculateur ou manipulateur. A tendance à déléguer le travail personnel qu'il n'aime pas faire
    5. Indécis, souvent mal à l'aise dans les situations cruciales ou de crise. facilement influençable
    6. Trop optimiste. Manque de réalisme et peut se désintéresser des projets après l'enthousiasme initial Idées d'exploitation:
    Là aussi, le principale ennemi de ce type de profil est de les priver de lien, les frustrer de communication, les ignorer.
    Vous repèrerez ces joueurs par leur tendance spontanée à tempérer d'éventuels conflits à table par une dédramatisation ou une reformulation de ce qui a été dit pour éviter une escalade ou de l'incompréhension. Vous les verrez aussi de temps à autre révéler leurs cartes pour qu'on les prenne au sérieux si cela fait plusieurs coups qu'ils gagnent de suite. Comme pour se rassurer en pensant que les autres ne pensent pas mal d'eux. ils chercheront beaucoup à briser la glace à table par des gags ou des commentaires positifs ou constructifs après un coup bien joué. Ils seront compréhensifs et  compatissant auprès de joueurs ayant subit un badbeat et ne seront pas à l'aise de l'infliger. Ils chercheront l’approbation de la table et la reconnaissance. Il sera facile de leur mettre la pression dans des situations ou la décision à prendre n'est pas facile et il sera facile de les influencer en jouant sur le procurer ou leur enlever du lien ou de l'attention.
    En self-dealing, si c'est à eux de tourner les cartes et qu'ils sont engagés dans un coup à décision difficile, vous les verrez volontiers demander le retournement des cartes à une autre personne. Le côté optimiste du promoteur le fera venir dans plus de coup à tirages et cela malgré les cotes défavorables pour y trouver le moment enthousiasmant et intense qu'il attends. Les profils orientés vers le savoir: n° 7 à 9
    Descriptif:
    7. Concepteur (inventeur): Créatif, imaginatif et anticonformiste
    8. Observateur (priseur): Modéré, stratégique
    9. Expert (spécialiste): Déterminé, autonome, concentré vers un seul objectif
    Force:
    7. Peu orthodoxe, propose de nouvelles idées et des solutions originales
    8. Fait preuve de discernement et envisage toutes les options. Évalue les idées avec précision
    9. A une source de connaissances et de compétences utiles à l'équipe
    Faiblesse:
    7. Tend à négliger les détails pratiques. trop absorbé pour se soucier de communiquer
    8. Perçu comme manquant de dynamisme. Peut être trop rationnel et parfois trop critique
    9. Possède un champ de compétences généralement étroit. A tendance à négliger la "vision globale" Idées d'exploitation
    Je suis sûr que vous avez tous en tête ces joueurs "je sais tout" qui s'empresse de donner des explications complexes dans un jargon hyper technique. Leur approche du jeu est majoritairement logique, calculée, orientée résultat et EV+. Ce genre de joueur est donc sensible à la critique et se fera une joie de tomber dans le panneau de la justification pour démontrer leur intelligence et raisonnement. Par conséquent ils ne donneront du crédit qu'à leur semblables. Ils seront capables de vous raconter des coups avec tous les détails utiles et nécessaires. Ce sont donc des bons clients au bad beat et il faut au maximum éviter de leur donner la moindre information ou justification. Mais si vous démontrer quelques capacités d'analyse justifiée auprès d'eux, vous pourrez ensuite jouer plus largement avec des mains aléatoires et ils surestimeront plus facilement vos mains. Leur créativité et stratégie est avant tout technique et le profiling qu'il feront de leurs adversaires ne se fera pas ou peu sur le terrain psychologique. Ceci illustre le côté négligent de la "vision globale". Attention toutefois à faire la distinction entre le concepteur qui fera preuve de créativité et d'imagination pour piéger ses semblables et l'observateur plus modéré et plus prévisible.
    Un truc simple pour les repèrer est de lancer une discussion sur un coup récemment médiatisé et de lancer la discussion ouvertement. Vous verrez que ceux qui mordront à l'hameçon seront  les profils orienté savoir. Si vous voulez les bluffer et que vous n'êtes pas de ce type de profil, préparez vos arguments !
      Conclusion:
    Inévitablement vous allez vous questionner sur votre propre profil et cela vous permettra aussi de réfléchir à la manière de réduire vos faiblesse, d'être attentif à vos mouvements et raéctions spontanées pour pouvoir les identifier, accepter puis les contrôler autant que possible.
    Ce profiling permet aussi de réfléchir à l'influence que cela a sur vos processus de décision, les critères prioritaires que vous mobilisez pour trancher.
    C'est pourquoi mon prochain billet traitera des différentes catégories de pensées qui influencent le processus de décision, leur séquençage et ordre.
    Cela permettra de faire le lien avec les profils et d'avancer vers la prise de conscience de ce qui influence nos décisions ou nos absences de décision.
    Merci pour votre attention et commentaires éventuels.
    DIVICOMEBACK !
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    Marsou reacted to Superantox for a blog entry, 10k year ou + !   
    Hello la communauté ! 
     
    Je vais essayer de faire simple, court et efficace
    Objectif :
    500€ --> 10k€ jusqu'au 31 décembre 2019.
    Contexte :
    Ancien joueur régulier avec un sharkscope à +110K€ sur 3 années de grind complet.
    J'ai un travail, une femme et une situation très stable avec en guise de cadeau la naissance de ma fille le 9 janvier 2019.
    N'ayant plus le temps de grind de part mon métier et de mes nouvelles occupations je décide de me lancer un objectif personnel. J'ai toujours trouvé de la motivation en me fixant des objectifs.
    Challenge : 
    Cash in de 500€ sur winamax. J'ai décidé de monoroom pour le début du challenge avant de mixer avec PS et PMU si le challenge se déroule bien.
    Je vais principalement jouer des mtt 1/2/5€ et quelques sat pour des mtt à 10/20€. Je mixerai avec quelques double or nothing à 2/3/5€.
    Le maître mot de mon challenge va être le BRM, je ne jouerai jamais en dessous de 100 buy in que ce soit en mtt ou sng.
    Au niveau du volume, c'est un peu l'inconnu pour le moment mais je table sur 3/4k games/an. J'essayerai de poster assez régulièrement avec les courbes SS à l'appui pour vous faire suivre ça.
    J'appréhende un peu, car j'ai été habitué à jouer plus cher durant les années précédentes mais bizarrement j'ai rarement été aussi motivé.
    Wait and see.
    La bise
     
     
     
     

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    Marsou reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Free ride: session live MTT   
    Salut!
    Il y a deux jours je me suis dit que j'allais record une petite session nocturne de grind MTT. C'est comme un Twitch, mais en différé du coup, et sans donner de l'argent à Amazon.
    Juste du poker, le grind 'tel que vécu' au quotidien. Commentaires en live, busts en live (hey j'ai quand même fait TF du petit 109$ au final!), et exposition de thinking process.
     
    Jespère que ça vous plaira, la vidé est trouvable ICI. (mettez en HD)
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    Marsou reacted to smir85 for a blog entry, Bilan de mes objectifs 2015   
    Salut les amis ,
    j'espère que vous avez passé un joyeux noël de mon côté çà été plutôt pas mal :)!
     
      Cela fait déjà la 4 ième année de suite que je viens vous faire part de mon bilan et de me objectifs et résolutions de l'année écoulée et je ne vous cache pas que cette année fût assez difficile sur tous les plans ! En tout début d'année le 10 janvier j'ai perdu mon père des suites d'un cancer alors qu'il venait de fêter ses 50 ans 1 mois avant , je savais qu'il allait partir mais le jour j à été bien plus dur que je le pensais ...
     
      Dans un premier temps j'ai fui et spew dans un peu n'importe  quoi tout en continuant de grind le tout avec un mélange de colère et de haine face à cette injustice !  Dans les premières semaines qui ont suivit sa mort j'ai continué mon good run  sur ma lancé de fin 2014 en shippant 2/3 petits MTTs tout en passant très près de reship le cocktail "9eme"! Puis à partir de début février alors que je devais me préparer pour la finale du WiPT fin février une grosse fatigue suite à pas mal de nuits blanche du à ma colère couplé à  une tristesse et une démotivation s'empara de moi ceux qui me força à ralentir et me reposer un peu tout en m'aérant l'esprit comme par exemple faire du bois avec un de mes oncles ! Cela me fit du bien tant physiquement que moralement par contre je n'étais plus du tout focus poker alors que le WiPT arrivait à grand pas !
     
     Jour J WiPT final à Clichy Montmartre j'y arrive clairement pas dans les meilleures dispositions mais j'essaie tout de même de faire de mon mieux !
    Ce tournoi ne se passera pas de la meilleure des manières ! Juste 2/3 tips je perd un pot de 10K juste avant le dinner break avec AA vs AKo au blinds 100/200 contre le plus nit de la table ; détails du coup : limp en EP de 3 joueurs , iso à 900 du nit de 35/40 ans au hj ,au Btn je découvre AA je décide de 3 bet chéro a 2700 vs sa range nity " JJ+ AK " espèrant qu'il ai KK et qu'il décide de me 4 bet , finalement il flatt , flop Kxx rbw il check je décide de cback pour plusieurs raisons : - il a encore KK dans sa range et pas envie d'avoir un mal de crane s'il me CR sur ce board , de plus je ne prendrais pas mass value sur JJ QQ en cbettant ce board vs ce profil alors qu'en delayant je peux peut -être lui prendre 2 streets , le seul hic c'est que je perds mass value vs AK ! Turn : x qui ne change rien il lead a 3200 je flatt river doublette du K pas la pire carte en soit mais pas la meilleure non plus même si çà ne laisse plus qu'un combo de KK çà donne trips à AK , je bats encore QQ JJ ; il bet 4800 je tank 2 bonne minutes en me disant qu'il ferait çà aussi bien avec QQ qu'avec AK donc 6 combos de QQ vs 4 de AK et décide de call il me show AK ! ma line n'est peut -être pas la meilleure mais je pense perdre quasi le minimum sur ce coup sans être trop RO ! Après je descendis à 12k puis remonte à 14/15 k avant le dinner Break !
      Au retour le siège vide ne l'était plus pris par un invité de marque Mr Kool Shen assez fun quoi ; j'en profitai pour lui faire signer une petite griff pour une petite cousine grande fan de son son  et du perso depuis fort longtemps sur un de ses  album solo "dernier round pour les connaisseurs " ce qu'il accepta avec plaisir en rajoutant un petit mot sympa en plus de sa signature "! Au retour quand je lui donna son cd signé elle était si contente que j'eus l'impression de lui donner un énorme cadeau , ce qui reste toujours plaisant à voir!
     Ensuite je fis le yoyo avec mon stack avant de changer de table ou je réussis à me maintenir grâce à quelques resteal et open pendant 1/2 h avec mes 13/14K pour finalement busto ; détails : Aux blinds 250/500 un joueur assez TAG que j'avais déja resteal à l'orbite précédent open à 1300 en mp , HJ et CO flatt 2 joueurs assez CS et du BTN je décidai de PUsh mes 13k soit 26 BB av TT il tanka un peu et finit par call faisant snapp fold les 2 autres et montra AQo ; flip pour revenir un peu dans la course à quasi 30K et pouvoir recommencer à jouer au poker mais pas de suspense le croupier retourna direct une Q sur le flop et pas de miracle turn river . Il était environ 3/4 h du mat je retourna à l'Hôtel un peu dépité mais pas complètement étonné de busto aussi vite au vu de ma non préparation !
     Le lendemain donc samedi j'en profitai pour faire un peu de tourisme(Musée, palais, sacré coeur...) chose que je n'avais jamais pris le temps de faire quand je venais à Paris ; je fis pareil le dimanche et je dois avouer que ce fût assez agréable !
     Le lundi matin en me réveillant j'hésitais entre partir ou tenter un dernier petit side pour essayer de finir sur une belle note et aussi pour me faire un  p'tit plaisir le jour de mes 30 ans ??? j'ai donc décidé de rester influencer aussi par le fait qu'un pote du Dijon poker Steven Guidar était au day 3 du WIPT à 60 left , il finit finalement 14 ème pour 6k5 en ayant perdu un 80/20 assez important pour espérer se positionner pour la TF av QQ vs 99 dommage mais un gros VGG à lui !
     De mon côté j'avais décidé de faire le p'tit 50€ de l'aprèm pour le fun et me faire plais , le field fut de 150 joueurs et je fis 5 éme pour 300€ ceux qui me fis un peu de bien moralement plus que financièrement obv ! Je suis content de mon jeu sur ce petit MTT j'ai su jouer tight et lag quand il le fallait avec des sick fold PF et des push très light d'autre fois ! Un peu avant ce MTT j'avais discuté avec Mr Sneeze qui était in au day 3 du WiPT final et je dois dire que ce mec est vraiment sympa et donne de bons conseils , merci à lui çà m'a aidé à ne pas trop me level dans certains spots !
    Le soir on à fêté la semi perf du poto Steven dans les bars puis on est partis faire dodo sagement avant de rentrer en Bourgogne !
     
     En rentrant Mes proches me fit un petit aniv surprise ce fût assez sympa et touchant !
    Ensuite j'ai quasi pas jouer de tout le mois de mars pour souffler un peu et aussi car pas trop l'envie ! J'ai repris sérieusement en avril sans faire un volume de fous non plus juste le dimanche et le lundi mais le good run de fin d'année 2014 était bel et bien partit !
     Les deepruns on commencé à revenir un peu en mai sans se concrétiser par une perf ! En juin sentant mon jeu revenir proche de son Agame j'ai reperfé un peu et ship un petit MTT :)!
    En juillet j'ai continuer sur ma lancé de juin et cela à faillit payé j'ai fait un très beau deeprun sur le main des MS ou je passe très près de la grosse perf ainsi qu'une nouvelle demi sur le 5 majeur 13ième alors que j'étais top 3 à 15 left en perdant un flip pour être quasi chip leader  ! Je reste très satisfais de mon niveau de jeu sur ce mois mais un peu frustré de ne pas avoir concrétiser par une grosse  perf !
     Aout j'ai quasi pas joué profitant du soleil et des soirées barbec !
     
    Pour le reste de l'année j'ai continué dans le même sens que juin et juillet en faisant quelques perfs sur des p'tits MTTs !
     D'autre part j'ai encore fais une demi sur le 5 majeur en perdant un 70/30 à 13 left pour me replacer top 5 ainsi qu'un gros deeprun sur le Sunday surprise ou jétais top 3 à 25 left avant de commencer à perdre tous les coups allin PF  contre les shorts pour finir par une frustrante 16ième place !
    Pour les chiffres çà donne çà :
    -environ 1 000 MTTs  joué (volume de moineau) similaire à l'an passé mais par contre un profit en baisse  de 50% qui est de seulement "2 500€ " mais qui reste convenable au vu de ce faible volume et qui avec un peu plus de réussite sur 2/3 majeurs aurait put être bien plus important !
    Le point positif est que j'ai effleuré et sentis plusieurs fois que j'étais vraiment capable et de plus en plus proche de shipper mon voir plusieurs one time sur ces gros events en terme de PP et de fields et çà çà reste super motivant pour ne plus les effleurer mais enfin les ships dans les années à venir !
     
    Concernant les SNGs ou je m'étais fixé des objectifs dans la lignée des années précédentes mais comme l'année dernière et de manière encore bien plus significative j'ai du stoppé à l'insu de mon plein gré cette discipline dû à un traffic devenu de plus en plus désertique , l"'effet des spin and go s'est clairement accentué pour quasiment anéantir ce format !
    Pour les chiffres j'en ai joué environ 450 soit 3 x moins qu'en 2014 ce qui est ridicule(çà rep environ 1 mois de grind quand je les grindais à l'époque ou çà tournait pas mal , c'est à dire avant l'arrivée des spin and go  )  pour un profit minable de 210€ !
     
    En c'qui concerne le reste c'est à dire le sport , l'hygiène de vie , les voyages , les projets ... c'est clairement un échec , j'ai vraiment négligé mon hygiène de vie , j'ai fait très peu de sport , pas pu voyager autant que j'aurais voulut dût à des spews idiots dans des conneries inutiles et hors de prix ; je ne suis clairement pas content de mon comportement dans ce domaine et j'en ferais un de mes objectifs principal en 2016 !
     
    Passons enfin  à l'évaluation détaillé des mes objectifs et résolutions :
     
    SPORT et HYGIENE de VIE (VItal pour play son Agame et aussi pour la santé,le moral et le mental !):
    -Faire plus de vélo qu'en 2014 PEUT MIEUX FAIRE
    -Faire plus d'exercice d'étirements et d'assouplissements avant et après .ECHEC
    -Faire un peu de muscu (abdos, pompes,machine )surtout du haut du corps 2 fois/ semaine (pour éviter les maux de dos et arrèter de fondre )ECHEC
    - Mieux dormir Y A DU MIEUX
    - Manger plus sain Y A DU MIEUX
    - Faire plus de trucs à coté et ralentir les séries entre 2 sessions trop chornophage ( c'est bon pour le moral ) Y A DU MIEUX
    - Travailler le mental (Trouver le temps pour lire le livre de Jared Tendler parait qu'il est pas mal ) PAS LU ECHEC
    -Trouver le temps pour me remettre un peu plus au tennis, ping pong , pétanque ECHEC
    -faire de nouveaux trucs comme le saut en parachute , le yoga , la méditation , pourquoi pas le théatre .... Y A DUMIEUX
    -voyager régulièrement ! ECHEC
     
    EN SNG (pour le KIFF et le rapport bénef/temps). Les objectifs reste inchangés mais cela dépendra du traffic !
    -M'installer en 5€ + sur Wina en super Turbo( car c'est rentable et j'aime ce format )
    -Continuer de m'améliorer à la bulle , 3 left , et en HU ...
    -Faire des sessions d'1h/1h30 max et prendre des bonnes pauses entre chacune d'au moins 5/10 min pour bien se restaurer .(ça évite les maux de tête toujours désagréable et c'est bon pour mes p'tits yeux )
    -Faire des reviews (replayer et SNG wizzard) et analyser régulièrement le jeu des autres reg pour s'adapter et les own .
    Comme l'année passé Je ne ferais pas de bilan détaillé sur cette section étant donné que la fréquentation désertique m'as poussé vers la sortie à l'insu de mon plein gré !
     
    EN MTT :(Pour la gloire , le rêve et l'argent)
    -Continuer d''être gagnant sur les 5/10€ + ( Le niveau reste très faible et il y a des tonnes à se faire en étant sérieux et appliqué !) PEUT MIEUX FAIRE
    -Après mes perfs en 2/5€ perfé sur les 10€+ en 2015 ou j'ai trop souvent semi spew en 2014 en late game (le taf mental sera décisif dans ces moments!) ECHEC
    -Travailler mon jeu via les forums,vidéos,reviews mutuel avec d'autres grinders motivés, groupe skype ainsi que les rails pour se motiver et progresser ...PEUT MIEUX FAIRE
    - Allez ship un majeur du dimanche Type classico,Sunday surprise, Cinq majeur , coctail ,Big Ten , Big 5 ! ECHEC
    -Allez ship un voir plusieurs majeurs à 5/10k + à la win ! ECHEC
    -Allez ship un W-Séries ou Micro Séries ! ECHEC
    - Continuez de privilègier les sessions à partir de 19h+ (je joue et me sens mieux le soir , ça à toujours été en ce qui concerne le poker ) ATTEINT
     
    C'est un échec cuisant car je n'ai atteint qu'un objectif et qui plus est était plus une résolution , cette année est clairement la pire depuis bien longtemps en c'qui concerne les objectifs et résolutions que je m'étais fixé !
    Contrairement à l'année passé je n'ai pas assez travaillé mon jeu avec mon chan avec qui l'on a fait bien trop peu de reviews de MTTs  sauf quelques une de pulsar mais en c'qui concerne mes MTTs cela a été bien trop rare pour m'apporter quelques choses  de vraiment positifs par rapport à 2014  , beaucoup était plus pris que l'an passé entre twitch les cours ... donc difficile de mettre en place des reviews qui prennent également beaucoup de temps !
    Je me suis également laisser aller sur tous les plans , une flemme et une démotivation générale y sont la principale cause de ce cuisant échec ! Si j'veux en atteindre un maximum l'année prochaine je devrais vraiment me réveiller et me bouger l'cul et moins spew dans des conneries ou quand je me réveille le lendemain je m'en veux  !
     Au final j'ai donc atteint aucun 1 seuls de mes 17 objectifs et résolutions , eu 9 échecs, 3 que je dois améliorer et 4 ou j'ai progressé ! J'ai eu 2 fois plus d'échecs que l'an passé  réalisé 1 seuls objectifs vs 5 l'an passé et le seul point positif est que j'ai progressé dans 2 domaines de plus !
     
    Mon objectif principal pour l'année prochaine sera clairement de prendre plus au sérieux cette liste et d'essayer de la relire plus souvent pour me recadrer !
     
    Bon voila pour mon bilan de cette année écoulé qui fût assez horrible j'espère que le vôtre fût plus glorieux !
     
    Je repasserais dans les prochains jours pour vous faire part de mes nouveaux objectifs et résolutions de l'année 2016 en attendant Merveilleux voeux à toutes et à tous
    Smir85
     
     
     
     
     
     
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    Marsou reacted to cesautica for a blog entry, Variance, tilt, bonus, coup de gueule... et travail !   
    Cette semaine j'ai au moins 15 sujets qui me tiennent à coeur dont j'aimerais parler.
    Je vais essayer de faire un résumé en une ligne de ma semaine précédente, pour ceux qui auraient pas la motivation de tout lire :

    Fin de la bataille des planètes sur PS => TILT => tous les regs partis => games faciles => variance => déchatte => TILT = >on se reprend => on rechatte.

    Bankroll : 297,90e
    En image c'est assez parlant :



    Si on dézoom on a quelque chose d'assez standard.






    Pour le moment rien de bien affreux non plus. L'échantillon de parties que j'ai, est juste ridicule pour en conclure quoi que ce soit. Ne sachant même pas si je suis gagnante en sng 5e ( -2.6% de ROI sur 800 parties) je continue car je m'amuse bien plus qu'à des limites plus basses, que le niveau n'est pas très différent avec les 3e, que je gère "pas trop" mal les swings, et que je sais redescendre de limites. Je suis toujours partie du principe qu'on s'améliorait plus vite avec meilleur que soi. C'est peut être une erreur d'ailleurs, peut être devrais je mieux dérouler aux limites inférieures, acquérir de bonnes bases et remonter par la suite ? à voir.
    C'est un autre débat, je voulais aborder particulièrement la variance propre au sng.
    Il est habituel de dire qu'il n'y a pas beaucoup de variance en sng. C'est vrai, c'est là où il y en a le moins, mais il y en a déjà énormément, et ce, même pour les top regs avec un gros volume de jeu.

    Pourtant étant assez avertie sur le sujet de la variance, j'ai eu un choc en allant me promener sur les sharkscope des plus gros multitableurs dans le leaderboard ( .com.fr etc...) Je n'avais pas bien conscience du nombre fou de parties qu'il fallait atteindre pour avoir une idée de son ROI de manière assez précise. J'estimais grosso modo qu'à quelques milliers de parties on pouvait commencer à se faire une idée assez précise de son niveau réel, mais quand on regarde sur 100 000 games, c'est assez fréquent que sur 5k games certains soient totalement à l'équilibre... J'ai commencé à me pencher sur les calculs d'estimation de son ROI réel... et ça fait peur. Je conseillerais vraiment aux joueurs débutants d'aller s'imprégner de tout ça, parce que c'est tellement abstrait pour la plupart d'entre nous.

    D'autres paramètres rentrent en compte pour voir les conséquences d'un badrun, on ne sait absolument pas, si sur ces 5 000 parties ils ont joué leur Agame ou pas. Ils ont très certainement tilté, leur jeu s'est très certainement dégradé mais ça laisse songeur, non ?




    joueur de sng turbos (leaderboard Sharkscope, mêmes limites)

    Peut être la variance est elle plus folle en turbo ? Très certainement mais quand même...
    A l'inverse, j'ai vu des stats de regs de sng regular et on a des lignes droites parfaites. Il y a un peu de tout qui existe. Ca reste long quand même 5000 parties. Même si t'en fais 100 par jour, ça fait 50 jours de grind dans le vent, encore faut il s'appeler crazypix pour pouvoir te les enquiller. Là on comprend pourquoi il n'y a pas véritablement de joueurs pros en sngs, car il y a bien à un moment donné où le joueur va badrun, et même s'il est très bon mentalement, j'en connais pas beaucoup qui arriveraient à garder leur Agame après s'être pris 10 bulles d'affilé. Je pense avoir suffisamment joué pour dire que parfois c'est indécent, et j'ai un profond respect pour tous ceux qui ont passé ces épreuves. Quand j'entends dire que les sngs ne sont pas tiltants, j'ai envie de les emplâtrer lol.

    Pour les joueurs sngs de micros, les challenges leurs permettaient de compenser ces périodes moins fastes, et de mettre un peu de beurre dans les épinards, ce n'était pas négligeable. Certains petits smicards du poker, vivaient même là dessus. Pour des joueurs breakeven, dans lesquels je me situe, ça les faisait jouer plus longtemps clairement. Ceux là vont se broke plus rapidement. En même temps, je dois dire que ce n'est pas super valorisant de passer sa vie à aller grinder des bonus à 50e. Je ne dis pas ce qui est bien ou pas, mais il y a une révolution complète en ce moment qui se fait et personne n'en parle. Ca affecte vraiment directement très peu de joueurs, une vingtaine je pense, mais par contre ça affecte tous les autres indirectement. Pokerstars n'en a eu visiblement rien à faire de prévenir ses joueurs réguliers, j'ai été extrêmement déçue sur ce plan là. Ca a eu pour effet radical d'avoir un trafic totalement réduit et beaucoup de regs partis sur la room concurrente, winamax. Si j'étais revenue sur Pokerstars c'était clairement pour l'attrait de la bataille des planètes, mais bon... je vais quand même rester puisque c'est pas mieux ailleurs et que ma roll est là. Malheureusement, tout ça ne donne qu'une envie, s'en aller sur le .com, mais avouez que ça serait un peu con d'aller le crier sur la place publique... On est dans l'attente, en espérant que quelque chose se débloque au niveau national.

    Cette histoire a quand même eu des aspects positifs, car le ratio de fish par table a augmenté, et toute une nouvelle population de joueurs arrive. En gros peu de tables, mais des tables très juteuses. Une chose à ce propos, c'est qu'il y a une masse de joueurs qui ne vont pas s'inscrire s'il y a un reg ou 2 préinscrit en attente...S'ils voient un joueur qui joue sur toutes les tables, tous les jours, ils croient que c'est un bot. D'où l'intérêt d'aller parler dans le chat d'ailleurs... j'encourage tous les joueurs réguliers à le faire de temps en temps, ça rassure beaucoup les autres, et ça crée une ambiance plus sympathique ! Si vous voulez que le poker aie une belle image c'est à l'ensemble de la communauté de faire des efforts, ROOMS et JOUEURS, les deux. Les efforts individuels au quotidien comptent clairement.

    Au boulot !!!




    Ne travaillant absolument pas mon jeu, le trafic étant dégueulasse, mes horaires de boulot pas adaptés au grind, je vais essayer utiliser ce temps de non jeu pour faire d'autres choses, qui me serviront évidemment plus tard.
    chercher les routines classiques d'un joueur de sng pour bosser ( replay, sng wizard etc... de quelle manière pour être efficace le plus rapidement possible )
    mater 1 vidéo de sng tous les 2/3 jours avec grosses prises de notes à l'appui. Gratter la moelle de la vidéo

    [*]regarder les plays d'1 adversaire par jour


    Si vous avez des suggestions de bonnes vidéos techniques je suis totalement preneuse.
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    Marsou reacted to ArtPlay for a blog entry, No money Zoom Poker, everyone's a bot   
    No money Zoom Poker, everyone’s a bot
    Ces dernières semaines, un scandale de botting s’est fait jour sur PokerStars.com. Non seulement en Pot Limit Omaha, mais également en No Limit Hold’em, les tables de small et middle stakes semblent infestées de bots crushers indestructibles.

    Pour de nombreux joueurs c’est sûr, cette histoire est un signe de la fin des temps du poker en ligne. C’est d’ailleurs probablement pour ça qu’on gagne tous beaucoup moins depuis quelques années.

    Heureusement rassurez-vous, je suis là pour vous mettre un peu de baume au cœur. On peut toujours gagner au poker en ligne. Et je peux même vous affirmer qu’on peut carrément gagner sur les tables de Zoom poker de PokerStars.com, vous savez, celles qui sont infestées de bots invincibles (qui voient très probablement nos cartes et peuvent pirater le RNG les jours impairs).

    Premier Bilan PokerStars.com
    Voici mon graphe sur PokerStars.com depuis que j’y ai cash-in :




    65k premières mains en Zoom 200, 35k dernières en Zoom 500

    En guise de premier bilan sur ces tables par rapport à celles de PS.fr je dirais que la comparaison n’est pas simple à établir. Le ratio fish/reg y est énormément plus faible, mais j’ai l’impression que les regs sont rarement brillants.

    Ils ont à mon sens quasiment tous au moins un segment de leur jeu qui va rendre beaucoup de décisions face à eux assez simples. Je ne pourrais pas détailler car ça peut pas mal varier d’un joueur à l’autre, mais c’est assez récurrent. Et de nombreux « regs » ont carrément des leaks énormes et me font me demander pendant 1000 mains s’ils sont qualifiables de « regs » ou non.

    Les joueurs récréatifs, en revanche, sont moins nombreux, et souvent moins mauvais que sur PS.fr. Par ailleurs, ils sont plus difficiles à exploiter au mieux étant donné qu’en raison du format Zoom, on ne reste jamais à la même position par rapport à eux et qu’on est très loin d’apercevoir tous les showdowns comme c’est le cas sur nos tables franco-françaises où c’est de toute façon la seule chose qu’on puisse faire pour tromper l’ennui, avec 4 tables de 1/2+ qui tournent en moyenne passé minuit.

    Dans l’ensemble je me suis ajusté à la différence de field en jouant globalement plus tight, en particulier au bouton, et en mettant en place une stratégie de limp de ma small blind contre les regs qui défendent suffisamment bien BB vs SB. Le rake y est par ailleurs tellement plus faible qu’on est beaucoup moins pénalisé à jouer de nombreux petits pots.

    On ne peut pas, comme sur PS.fr, se permettre de raise n’importe quoi tout le temps sans faire attention parce qu’on sait pertinemment qu’il doit bien y avoir un fish quelque part sur la table qui va call moins bien quoi qu’il arrive. Paradoxalement je crois bien que je me retrouve à bien plus moduler mes ranges d’ouverture en fonction de la composition de la table que ce n’était le cas sur PS.fr, où j’ouvrais en général un peu n’importe quoi comme un robot.
    Bref pour l’instant le format me satisfait pleinement. Mon jeu est plutôt bien calé, même si j’ai, ces derniers jours, commis quelques erreurs fâcheuses. Bon, je m’éclate toujours pas à jouer, mais c’est un autre problème qui est pour l’instant bien compensé par le fait de voler tout leur argent aux Russes.


    Voir le verre à moitié plein




    Voilà, comme lui.

    Pour tous ceux d’entre vous qui s’inquièteraient des bots et de la fin du poker en ligne, je n’ai absolument aucun doute qu’on a tous devant nous encore une marge de progression énorme. A titre personnel je n’ai jamais trop cru en la théorie du « ouhlala les games sont plus dures que jamais ça devient trop chaud d’être gagnant, tout ce qui nous reste à faire c’est d’être des rakeback whores ». D’abord parce que j’ai toujours trouvé 100% de mes adversaires nuls, mais c’est mon complexe de supériorité qui parle.

    Mais également parce que face à ce genre de problématique, deux types de joueurs émergent. Ceux qui jouent deux fois plus longtemps et deux fois plus mal pour gagner moitié moins, et ceux qui se sortent les doigts du cul pour réfléchir à ce qu’ils font et évoluer dans la bonne direction. Face à cette affaire de bots vous avez un choix. Soit vous estimez que le poker en ligne est mort et enterré et que de plus en plus de botters vont apparaître, et vous décidez d’embrasser une carrière d’équipier au McDo de Franconville. Soit vous réalisez que si des bots russes probablement codés par des Igor & Grichka alcooliques arrivent à gagner au poker alors que vous galérez, c’est probablement que quelque chose vous a échappé. Parce qu’ils ont beau être gagnants, ils ne sont pas géniaux pour n’importe qui doté d’une capacité d’adaptation supérieure à celle d’un poisson rouge.

    Si vous parvenez à voir ces nouvelles de cette façon, il devrait vous être facile de considérer la prochaine disparition probable de quelques-uns de ces bots comme une opportunité plutôt que comme une calamité. Mais bougez-vous le cul sous peine de finir comme ce brave kangourou :




    Je veux dire mort, pas sur un poteau au bord d'une route.

    Cheers !
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    Marsou reacted to Dicomaniaque 💉 for a blog entry, CP Radio aura-t-elle lieu ?   
    En hommage aux animateurs et invités de CP Radio au cours des 300 premières émissions.

    http://www.dailymotion.com/video/x2tqlu4_cp-radio-n-300-la-radio-aura-t-elle-lieu_sport

    Texte de la chronique (à lire après avoir écouté la chronique, pour éventuellement découvrir d'autres pseudos subliminaux)



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    Marsou reacted to Aethir for a blog entry, Présentation   
    Bonjour à vous !

    Premier billet de mon premier blog, faut bien commencer un jour.

    Je vais commencer par me présenter rapidement et au cours de cet article je vous montrerais un peu de quoi on va parler dans les billets suivants

    Je m'appelle donc Axel, 19 ans depuis peu et habitant à Toulouse. Fan de sport et de jeux-vidéo j'ai décidé il y a un mois de me mettre au poker. J'ai découvert ce jeu avec mon grand père à l'age de 8 ans. Je ne comprenais pas ce que je faisais, je ne comprenais pas les enjeu, la seule chose que je savais c'est qu'a l'issue de la partie, que je gagne ou que je perde, j'avais droit à une glace donc au pire c'était worth.
    Et puis le .fr est sorti quand j'étais pré-ado, on avait de jolies pubs a la télé, un Chabal costumé et un petit matraquage médiatique donc bon après tout pourquoi pas m'y mettre .... mais mince j'ai que 13 ans !
    Du coup je me souviens avoir farmé le play money, recréant un compte à chaque fois sur Full tilt quand le mien était fermé parce que je n'avais pas envoyé les documents. J'ai fait ça pendant 1 an et je m'amusait bien

    Entre temps j'ai découvert le rugby à un niveau régional correct et surtout ... World of Warcraft
    On apprend le gout de la compétition sur le pré vert, on apprend à grinder l'avancée PvE sur WoW et c'est il y a peu que je me suis rendu compte que je pouvais combiner les deux dans le poker.

    J'ai donc stop WoW après un début d'extension catastrophique de ma part ( je traduis en langage poker, en fait c'est un peu comme si j'avais totallement perdu mon niveau de jeu et que j'étais broke ) et je décide de me lancer dans le poker. C'était en janvier 2015.

    Sauf que problème : les partiels ! Eh oui ça prend du temps de réviser, les institutions internationales et les modalités de la preuve ça s'apprend pas tout seul ( du coup oui certains auront devinés que je suis en droit ). Du coup j'ai reporté mon début dans le poker. Et j'ai reporté, et encore et encore. Un coup parce que l'argent est passé dans les boissons d'après partiel, l'autre parce que j'ai pas le temps, l'autre fois parce que flemme de me lancer dans un jeu complexe aussi près des second partiels

    Du coup je commence maintenant ! J'ai acheté le livre d'Artplay et je suis actuellement dans la phase de travail du livre. Etant à peine sorti des seconds partiels j'ai encore la tête dans les fiches et j'ai donc décider d'avoir un approche très scolaire du poker : Fiche pour apprendre --> Application théorique des fiches en regardant des vidéos ---> Jeu

    Actuellement je commence l'application théorique et d'ici la fin de la semaine je pense pouvoir me jeter à l'eau


    Mais donc si j'ai bien compris, ici il n'y aura ni défi, ni grosses sommes ni rien qui ne puisse faire rêver ?

    Eh bien non ! L'objectif de ce blog est double :
    - Dans un premier temps il me servira d'exhutoire, un endroit où je pourrais me lacher totallement, laisser crier ma joie ou sortir toute ma haine d'un badbeat
    - Ensuite je pense que ça peut être intéressant pour un joueur expérimenté, non pas d'un point de vue technique mais peut être qu'en lisant les billets qui vont suivre il pourra se dire " ah mais c'est vrai j'étais comme ça avant " et donc laisser sortir un peu de nostalgie, sentiment si fort chez les français qu'on a même une radio dédiée à ça !

    Alors du coup tu vas faire quoi dans le poker ?

    Bah pour l'instant je viens de déposer 30€ et je vais commencer en NL2
    Je n'ai pas d'objectif précis si ce n'est celui de suivre mon BRM. J'ai calqué ce dernier pour monter de limite quand j'aurai 20 caves de la limites suppérieure et descendre à 10. Classique en soi. J'ai juste rajouté pour l'éventuel passage de NL2 à NL5 un critère de main, puisqu'il me faudra 20 caves de NL5 et 10.000 mains de NL2 pour aller voir plus haut.
    J'ai fais ça tout simplement pour éviter de s'enflammer au départ. Parce que en effet ce que je recherche au poker c'est n'est pas gagner de l'argent c'est juste gagner en fait. Jouer correctement, me rendre compte que j'ai bien jouer et donc intrinsèquement me rendre compte pourquoi j'ai mal joué et savoir le corrigé. L'argent n'est pas mon leitmotiv principal puisque je sais qu'avec le niveau de jeu et un peu de patience la récompense pécunière viendra.

    Cette peur de s'enflammer est quelque chose de très fort puisque je veux vraiment rester terre à terre avec le jeu et garder cette notion de jeu c'est pourquoi je vais articuler ma " carrière " autour de de trois axes qui me semblent importants :

    - Le respect : Ce n'est pas parce que je vais jouer en NL2 et que j'entend beaucoup de joueurs expérimenté dire qu'il y a beaucoup de mauvais joueur que je vais les traiter de cette sorte. Je suis à leur niveau actuellement

    - L'humilité : Ca va de paire avec le respect, ce n'est pas parce que j'ai lu un bouquin de poker que je suis le roi du pétrole. Un joueur en NL2 à le droit d'avoir mieux jouer que moi et j'ai le droit de perdre, suffi simplement d'avoir le recul nécessaire pour gommer ces erreurs

    - L'envie : C'est ce qui va me pousser. L'envie d'apprendre, l'envie de voir de nouvelles choses, l'envie de jouer des coups différents et de savoir les gérer, l'envie de gagner ... Si j'arrive en me disant " on va voir ce que ça donne " je sais très bien que ça va donner droit dans le mur


    Voilà pour la petite présentation de moi et de ce que je vais écrire, vous aurez donc droit à un récit de mes début pokeristiques en espérant que ça dure le plus longtemps !

    Merci de m'avoir lu, et rendez vous pour le prochain billet très bientôt

    Poutou !
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    Marsou reacted to corillaz for a blog entry, Ca c'est un mec bien   



    J'ai reçu un ticket et ce petit mot après m’être fait craquer les AA sur un énorme pot

    Bravo et merci pour ton geste jahxav

    pour la petite histoire j'ai gagné mon DoN.
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    Marsou reacted to ArtPlay for a blog entry, Ma vie en Oz'   
    Salut cher lecteur,

    Tu t’es peut-être demandé pour quelle raison, bien qu’étant désormais installé en Australie depuis un peu plus de trois mois, je n’avais toujours strictement rien publié ici sur ma palpitante nouvelle vie.

    Je déconne, on sait tous très bien que personne ici n’attend désormais plus rien de mon légendaire dilettantisme. Mais à dire vrai, cette question, je me la suis moi-même posée. Comment, pourquoi n’ai-je pas encore trouvé le temps ou la motivation de délivrer un petit point sur ma nouvelle vie aux antipodes ?

    On pourrait s’imaginer que je sois trop occupé à découvrir les quatre coins du pays, ce qui me prendrait pas mal de temps, l’Australie étant un put*ain de grand bazar. On pourrait à défaut croire que je me consacre corps et âme à des projets révolutionnaires. De manière plus réaliste (soyons sérieux), il serait facile de penser que je végète dans une espèce de marasme glandeur comme j’ai si bien pu le faire par le passé.

    Rien de tout ça en fait. Ma nana a un job, ce qui m’empêche de courir le pays sous peine de castration, j’ai pas mal regrind donc reporté mes projets de domination mondiale à Q3 2015, et je n’ai pas le sentiment de perdre mes journées.




    Une des activités de mes premiers jours à Sydney. Je ne perds pas mes journées.


    Ce qui me bloque en réalité c’est que tout est différent ici, sans pour autant que ma vie ait réellement changé d’un iota. Certes les gens parlent anglais, sourient, et sont à peu près tous asiatiques. Certes, je vois des gratte-ciel de ma fenêtre. Eh oui, Sydney c’est pas Antibes, le scoop. Mais malgré ça, ma vie est la même. Ma nana fait rigoureusement le même job, quant à moi je ne fais pour l’instant rien de nouveau non plus. Il ne s’est donc pas présenté d’événement ou de situation si extraordinairement surprenants que je me sois senti obligé de venir vous les raconter.

    Pourtant j’en aurais des choses à partager sur ma découverte de ce pays (enfin ma découverte de Sydney pour l’instant, n’allons pas trop vite en besogne). C’est d’ailleurs ce qui motive l’écriture de cet article : m’y mettre enfin.
    Mais avant ça, comme nous sommes sur un site de poker, et que je me suis remis au poker tranquillement, avec une motivation un peu retrouvée (enfin qui commence déjà à s’étioler sans quoi je ne serais pas en train d’écrire mais en train de jouer), un petit point.


    Reprise du poker Et puisqu’il n’y a que ça qui vous intéresse, telles les filles pour Dany Brillant, le graph :



    J’ai eu la chance de run assez good en début d’année alors que je n’avais pas joué depuis 6 mois. Il faut dire que le décalage horaire joue fortement en ma faveur : à 10h chez moi il est 2h chez vous, la seule chose que vous soyez encore en état de faire à une table de poker c’est souvent de me filer votre fric.

    Petite semaine de semitilt en mars après avoir run un rien moins good. Ça m’a remis les pieds sur terre et me voici revenu dans le bon rythme : j’ai confiance en mon jeu tout en trouvant des situations qui méritent réflexion très régulièrement, je suis convaincu que c’est à peu près le meilleur état d’esprit dans lequel on peut se trouver au poker.

    Vous avez été plusieurs à pas mal me harceler gentiment « et le .com du coup ???? c dur ou pas ???!! ». J’ai mis longtemps à m’y mettre pour des raisons de transfert de fonds et de dégel de compte. Actuellement j’alterne en gros à 50/50 les tables du .fr et la Zoom 200 où je me monte tranquillou une BR (je reste un nit, ne l’oubliez pas, puis c’est chiant de transférer du fric). Mon sample n’est pas colossal (30kh) mais je run pour l’instant à un confiant 4ptBB/100.

    Bref niveau poker tout va bien. Je twitch à l’occasion des reviews de session sur http://www.twitch.tv/artplaie , n’hésitez pas à vous abonner.

    Pour autant j’avoue ne pas me voir jouer des années durant : pour la petite histoire je me renseigne un peu pour faire du volontariat dans des assos à but caritatif. La bonne blague c’est que même en cherchant à travailler gratuitement personne ne me répond. Je sais pas si c’est les vacances de Pâques ou quoi, mais j’ai l’impression que le monde de l’entreprise ne veut pas de moi. Prochaine étape je leur propose de l’argent pour m’employer, j’aurai peut-être au moins la chance d’avoir un mail de refus.


    Découverte de l’Australie Comme je l’ai dit tout est très différent ici. Je ne peux donc pas tout aborder de front, et vais devoir choisir mes sujets.




    Bondi Beach, la plage emblématique de Sydney.



    Stéréotyes Quand je suis allé en Italie pour la première fois de ma vie je m’attendais à voir des bruns propres sur eux qui disent « ma che » assez fort en agitant leurs mains. Une fois que j’y ai effectivement mis les pieds j’ai vu des bruns relativement propres sur eux qui disaient des tas de trucs très forts et agitaient leurs mains.

    En arrivant en Australie je m’attendais à voir des descendants d’Anglais ayant appris le surf. En gros des rouquins cramés au soleil. Quand je suis arrivé, tout ce que j’ai vu, c’est des put**ns de Chinois à perte de vue.
    Je le dis comme je l’ai ressenti, je sais bien que pour être politiquement correct il faut dire « des Asiatiques ». Bon. Je sais jamais dire d’où ils viennent exactement mais pour moi ça restera des Chinois.

    Alors il y a quand même bien quelques rouquins, que tous les Skips de ce monde se rassurent. Mais d’abord ils ne font que rarement du surf : leur carnation fragile supporte mal le soleil brûlant, tout excité de pouvoir filer le cancer à un maximum de monde au travers du trou dans la couche d’ozone. Ils brûlent plus vite qu’Edward Cullen se transformerait en diamant scintillant.

    En bref si vous vous attendez à retrouver en Australie un morphotype moyen proche de celui de la perfide Albion vous vous trompez, en tout cas si vous mettez les pieds à Sydney. On parle souvent, en Europe, de l’Australie en tant que colonie pénitentiaire britannique, mais on n’a en fait aucune idée des flux migratoires constants qui ont fait l’histoire du pays qu’ils soient européens ou depuis 1950, asiatiques.

    Et pour une raison qui m’échappe, tous les asiatiques ont apparemment décidé d’habiter Sydney. Non pas que ça me dérange, la bouffe asiat’ est de bonne qualité un peu partout et très abordable. C’est bien le seul truc abordable à Sydney, d’ailleurs. La bouffe est généralement assez chère. Mais bien sûr ça n’arrive pas à la cheville de l’immoblier. Pour rire, je paye 680$ par semaine de loyer. Et encore mon 3 pièces est une sacrée affaire en ratio taille/distance du centre.







    Autres Je pourrais vous abreuver de tirades quasi-raciste ou anti-roux pendant des pages et des pages. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.
    Au menu des choses que je développerai probablement ultérieurement, dans des billets sûrement plus courts mais plus fréquents :
    L’Australie en fait c’est tout vert, c’est pas vraiment un désert géant
    Pourquoi les français sont souvent des cons
    Pourquoi les administrations françaises sont des parasites dysfonctionnels et incompétents. Avec des vrais morceaux d’URSSAF dedans.
    Mon premier kangourou (enfin plutôt le quatrième, parce que les trois premiers étaient morts écrasés au bord de la route)
    Les Australiens sont plus amicaux que ces cons de français
    Le cricket, sport nul
    Les « Blue Moutains », ni bleues, ni des montagnes, mais sympa quand même
    La bouffe
    … et plein d’autres trucs put*ain.




    J'appelle ça des collines vertes moi ...


    Bref. Si jamais vous ne l’avez pas encore deviné, rien n’a vraiment changé, mais je m’y plais dans ce pays géant plein de petits Chinois.

    Cheers !
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    Marsou reacted to icounet for a blog entry, Il y a des soirs comme ça...   
    Haaa... Je n'en sais rien. Ce soir, je ne sais pas ce qui s'est passé.

    Voilà ça faisait une semaine que j'avais pas fait de session MTTs. En général, quand je fais une session, je lance mes tournois par 12 (d'où le titre du blog, cqfd).

    J'étais super motivé au début de ma session à 19h. Je voulais arracher les tripes de tout le monde, je voulais sortir grand vainqueur de ma soirée. Je voulais me dire : "Voilà put**n!! Evidemment que c'est un call! Il a jamais l'as ici!" (situation familière n'est-ce pas?). Ou encore dire : "Les projos ce soir! Ca fait plaisir!". (il y a une variante quand tu run very good c'est : "Aie aie aie! Les projos 2 fois ce soir!" Et quand tu run gold c'est... Non je vais arrêter là quand même) Mais non, je ne sais pas ce qui s'est passé...

    J'ai pourtant commandé un truc à manger à 18h55 pour ne rien avoir à préparer. Ca devait arrivé à 19h35, c'est arrivé à 20h15... je sais pas, ça m'a peut-être mis en tilt. Et puis bon, l'interphone qui sonne alors que tu as AK sur une table et QQ sur une autre, alors que juste avant tu étais card dead... Enfin je veux dire ça va 2 minutes quoi! Du coup, obligé de C-Bet vite fait parce que tu sais que tu vas devoir payer ta commande donc voilà... C'est bien! Ils ont tous fold! Il y aurait peut-être eu moyen de prendre value max. En attendant c'est "speed burger" qui a pris value max en me soutirant 15 balles...
    Mais non, c'est pas ça... Je sais toujours pas ce qui s'est passé.

    Non franchement, voilà j'étais bien quoi. J'étais zen, relaxé, posé sur ma petite table devant mon double écran. Comme d'hab quoi! Et puis quand sur un tournoi, un mec a relancé UTG, l'autre a 3bet au bouton avec 25BB, que j'ai cold 4bet shove pour 20 blindes en BB avec AK, que le relanceur initial a fold et que vilain a call 5-3s pour finir flush et m'a par le même coup éliminé... (très longue phrase, je le conçois)... Et bah les mecs! Vous savez quoi? J'ai rien dit... Nada! J'ai fermé la table et focus les autres MTTs.
    Mais non c'est pas ça encore...

    Mais je sais pas... Après, j'étais en phase de digestion intensive. Les effets du burger commençaient à se ressentir... Je manquais de discernement, je manquais d'analyse, je manquais de tout ce qu'il faut. J'ai voulu bluff un fish, ça n'a pas marché. Ça par contre messieurs dames... j'ai pas apprécié. Il y a un travail à faire là-dessus. Est-ce qu'on doit bluffer un fish alors que tu sais qu'il va toujours call à ce moment précis du coup? NON JAMAIS! Level time...

    Du coup, au lieu de 12 tournois j'en ai joué 8. J'ai unregister ceux qui devaient se lancer après et evidemment j'ai fait aucun ITM. Mais bon fallait s'y attendre ce soir. La volonté n'y était plus. J'étais sur le logiciel sans y être. J'étais dans mes tournois et j'errais sur la plus énorme toile du monde que l'on appelle internet. J'étais plus concentré à mater des vidéos qu'à check raise en value si vous voulez vraiment savoir... Et puis c'est pas mon AA contre KK à tapis PF où le mec fait brelan turn qui m'aura aider mais bon... Que voulez-vous?

    Non franchement je sais toujours pas ce qui s'est passé... Surtout pour écrire ça ici.
    Je supprime ou je supprime pas ce que je viens d'écrire? Oh puis non... J'aurais bien d'autres choses à vous raconter quand j'en aurais envie.
    Et puis vous savez-quoi? Ça m'a fait du bien de dire ça ici. Tiens je vais monotabler sur un 4-max et je vais arracher les tripes de tout le monde d'ailleurs (en toute amicalité)!
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    Marsou reacted to The_obv for a blog entry, Brand new blog   
    J'ouvre ce blog,

    Et comme introduction, aujourd'hui je vais parler des streaming de poker online.

    Quoi vous ne le saviez pas des gens stream leurs parties ! Quoi ? faut vraiment être con !

    AkA, salut voila comment je joue ...

    En gros des joueur de poker diffusent leurs parties en vidéo avec un délais bien sur ! Souvent 180sec mais j'ai vu certains streaming avec des délais bien plus importants, les enjeux aussi...

    Ces gens la sont soit extrêmement exploitables, soit pas du tout (ou quasi peu), certains joueurs souhaitent de l'action via leurs stream.


    Hier soir encore j'étais en train de rail:

    - un russe sur wina/ps/ipoker (MTT PRO), solide. pokahru http://www.twitch.tv/pokahru
    - un anglais avec accent ricain, show incroyable en tf sur wina , trés drole ( low buy in). late nigth poker show par eddyvegas. http://www.twitch.tv/latenightpoker/b/569569522
    des barres de rire, le mec joue des sons quand il push all in ,etc..
    - pleins de randoms fr en tfs, bourrés de leaks mais plein d'audace !


    Je vous encourage a jeter un coup d’œil aux streams sur twitch.tv
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    Marsou reacted to CRAC00 for a blog entry, Suite et fin   

    Bonjour à tous.

    Après plus de 4 ans de poker sur le .fr il est tant de faire un petit bilan comme on les aimes.
    Déjà pour commencer, je voudrais juste dire quelque chose sur le rapport qu'ont beaucoup de joueurs comme moi à ce jeux. Je pense que, même quand on joue des tournois à petit buy-in (de 5 à 20 € dans mon cas) on rêve tous malgré tout de gagner gros. Si nous sommes capable de passer 6 heures ou plus derrière notre ordi, pour gagner quelques dizaines ou centaines d'euros la plupart du temps (non en fait perdre du temps et de l'argent la plupart de temps) c'est qu'on se dit que c'est qu'une étape, une étape vers plus de Bankroll, vers des tournois plus gros et donc plus de gains, plus d'argent. On se dit tous qu'on finira par gagner gros.
    J'ai donc joué beaucoup de mtts pendant ces 4 années, en espérant finir par gagner gros et voilà le résultat...



    D'un premier abord on peu se dire que c'est pas trop mal. Mais à y regarder de plus prêt, ça le fait pas trop...

    Le temps passé.

    Pour gagner cette somme, j'ai passé des centaines d'heures. Des centaines d'heures à jouer, à regarder des vidéos, des forums... Il faut se rendre compte clairement des choses. Avoir une vrai visibilité de l'argent qu'on peu gagner à ce jeu, quand on est pas un de ces génie du poker.
    On se dit toujours pourquoi pas moi? J'ai cru pendant longtemps que je pouvais vraiment gagner de l'argent. Pas devenir pro (quoi que) mais en tout cas après mes premier gains, j'avais toujours le sentiment que les prochains seraient plus gros et ainsi de suite. Au final vous voyez le résultat par vous-même sur la courbe. La progression n'a pas été exponentielle comme imaginé.

    Les frustrations.

    Il faut être honnête, en mtt, la quasi totalité de vos sessions vous apportera de la frustration. Car comme vous le savez, seul la première place vous satisfait totalement. A la limite un top 3 pour les gros mtt vous suffira. Mais le reste du temps, c'est à dire 99% du temps, vous allez être frustré.
    La malédiction des pots important qu'il ne faut pas perdre. Les pots qui vous mettent cheapleader à 12 left et que vous perdez systématiquement, vous allez voir à force, ça fatigue...

    Aujourd'hui, je n'ai plus la motivation de jouer à fond. J'aime toujours énormément ce jeux, mais j'ai beaucoup de mal à rester concentré et motivé pendant des heures devant des mtts. J'ai donc décidé de tout cash out. Plus de bankroll. Je suis devenu un joueur récréatif qui cash in de temps en temps les sommes qu'il veut jouer. Bref j'ai arrêté. Beaucoup trop de temps consacrer à une activité au final peu lucrative.
    Rendez-vous compte du temps que vous allez perdre si vous décidez de continuer ou de vous lancer dans "l'aventure" du grind mtt online. Juste une dernière par rapport au grinder, à ceux qui gagnent gros. Regardons manub_ pros de chez winamax. Il affiche 100K de gains en mtt depuis l'ouverture du .fr. Oui c'est beau. Mais ça fait des clopinettes ramené à un salaire mensuel sur plus de 4 ans...(je parle juste de ses gains mtt online)


    Mes erreurs

    Les cash-out.

    La où j'ai vraiment déconner dans ma courte vie de joueur de mtt, c'est avec les cash out. J'ai trop retirer mes gains, beaucoup trop. Il y a très peu de joueur de poker dans mon entourage. Mes amis, ma copine, m'ont toujours à l'époque incités à retirer l'argent que je gagnait. Si bien que je n'ai jamais eu plus de 3 500 euros sur mon compte winamax. Le gros soucis c'est que du coup, je n'ai jamais pu m'attaquer aux mtt à 50€ ou plus (bankroll management stricte pour moi). Très grosse erreur. Car c'est a partir de ces buy-in que les field se réduissent, que les joueurs qui fond nimp sont un peu moins nombreux etc...
    Le fait de n'avoir jamais vraiment jouer les "gros tournois" du online .fr sont certainement une grande cause de ma lassitude et de ma décision d'arrêter le grind.

    La concentration.

    Je vais pas m'étaler, mes nous avons tous spew pleins de mtts. Rester concentré sur 10 tables pendant 8 heures plusieurs jours par semaines, faut le faire... Faire du gros volume me semble indispensable pour gagner en mtt.



    Dans tout les cas, je voudrais avertir les joueurs débutant qui se lance plein d'illusions dans ce jeu. L'escuse de gagner un peu d'argent nous déculpabilise d'y passer autant de temps. Mais n'y a-t-il pas mieux à faire que rester derrière sont ordi, pour ganer quoi, 1 ou 2 euro de l'heure en moyenne? ( en contant l'étude du jeu, video etc...)

    Bref j'aime ce jeux, et j'y étais totalement addict pendant plusieurs années, mais aujourd'hui les illusions sont tombées. J'ai juste l'impression d'avoir consacrer beaucoup de temps, trop de temps à ce jeux. Parce que l'illusion de l'argent, le sentiment qu'on peu maîtriser un jeux, peu vous brouiller un peu la vue.

    Sans rancunes
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    Marsou reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Le blues du joueur de poker, ou pourquoi il ne me touche pas   
    J'écris en référence au et au sujet du forum. Ca va être long, et si ça vous saoule RAF. Parfois il faut prendre le temps, la culture zapping ne permet pas vraiment d'aller loin dans la vie.

    Je tiens à dire d'abord que le poker est un jeu extrêmement difficile, pesant émotionnellement et mentalement. Très peu peuvent devenir pro, encore moins peuvent le rester plus que 2-3 ans (le nombre d'étoiles filantes est impressionnant, que ce soit parce que les joueurs surestiment leur niveau ou parce que le poker finit par les drainer). Etre pro de poker implique un stress phénoménal, de profonds moments de doutes. Le fait est qu'on est absolument responsable de nos résultats, et qu'on est aussi tout seul là-dedans ; les gens qui sont les plus aptes à nous aider sont aussi nos adversaires. Il y a une compétitivité incroyable dans le poker, comparable au sport de haut niveau, et pourtant au poker plus qu'ailleurs on est seuls (on a pas une équipe de kinés et coachs derrière nous pour nous guider et encadrer, non il faut faire ça nous même).
    Donc gagner sa vie au poker est difficile ; beaucoup en rêvent, peu y arrivent. Ceux qui y arrivent réalisent souvent (tel Artplay) que ça n'en vaut pas forcément la peine, que le poids du jeu est trop important.

    Cette difficulté est massive. La plus grande difficulté au poker selon moi, c'est de naviguer à travers les illusions que nous créons à travers l'intermédiation du jeu. La première des illusions, fondamentale, partagée par récréatifs et pros (et la raison qu'il y a de l'argent dans le jeu), est qu'il est facile de gagner de l'argent en jouant à un jeu. Beaucoup d'argent même, et il suffit de jouer pour ça! Je vous renvoie à ?p=3406006 que j'avais déjà écrit il y a plusieurs mois. Pas de secrets, il faut travailler pour gagner au poker.
    Je vais essayer d'énumérer quelques illusions que les joueurs mettent dans le poker. Pour moi, la 'désillusion' vient de la non-compréhension de l'illusion initiale, ou de la compréhension tardive. Comprendre l'illusion et s'en garder, c'est ainsi éviter la désillusion du poker.
    Il est facile de fantasmer sur l'argent que gagnent certains joueurs, sur une période significative ou du fait d'un one-time. La réalité est que le succès est toujours plus visible que l'échec, et que pour un top pro qui amasse des millions (ou moins, on s'en fout), il y a 100 joueurs qui ont tenté et qui se sont cassé la gueule, ou en tout cas qui ont eu des résultats beaucoup plus modestes. Voir les 'success stories' dans le poker ne nous indique pas le nombre de 'fail stories'. L'industrie du poker, via les joueurs sponsorisés et le marketing des MTTs (notamment, mais aussi des grosses parties de cash game télévisées, ou le rail des high stakes games), alimente cette illusion de facilité, et c'est bien compréhensible puisque c'est ce qui convainc les joueurs de tous niveaux d'investir leur argent dans un jeu de carte.

    L'illusion de la liberté. En réalité ce n'est pas une illusion: le poker plus qu'une infinité d'autres activités nous offre une vaste liberté d'action. Pas de boss, pas d'obligation de jouer si on ne veut pas, pas d'obligation de se réveiller le matin ; en bref on peut jouer au poker et vivre à notre convenance. Mais c'est là que ça bloque: une grande liberté implique une grande responsabilité. On ne peut pas prendre la liberté d'un côté et manquer de responsabilité de l'autre (c'est là l'illusion de beaucoup). Rien ne vient facilement dans la vie. Vu qu'on est libre de nos actions dans le poker (personne viendra nous gronder, et personne viendra nous aider non plus), on est libre de faire n'importe quoi, d'adopter des comportements malsains et destructifs. Ce que font beaucoup de joueurs: vu qu'ils n'ont plus de barrières, ils se laissent aller, mangent mal, se gèrent mal, jouent dans les pires conditions, et très vite leur winrate s'effondre, le poker devient un labeur, un grind journalier nécessaire. Le grind devient ce qui leur permet de financer leurs mauvaises habitudes!!! Et ainsi la liberté offerte par le poker devient la pire des prisons. mais ce n'est pas le poker qui emprisonne, c'est nous-mêmes.

    Hier soir mon maître de méditation zen a dit, citant un moine Chinois du 7ème siècle (courant du Chan): 'Je suis libre de moi, donc libre de tout'. AD: Erreur dans ma citation, il s'agit de Shunryu Suzuki, un maître zen contemporain, aujourd'hui décédé, qui enseignait en Californie dans les années 70. La racine de la pratique reste la même cependant (elle traverse les âges, depuis 2500 ans), et l'idée a toujours sa place ici.
    L'illusion des êtres humains, c'est de chercher la liberté à l'extérieur d'eux-mêmes. Dans l'argent, ou dans la reconnaissance, dans la non-contrainte en fait. Mais la contrainte existe partout, elle est corolaire de la liberté. Se contenter de peu c'est être riche. On peut avoir tout l'argent du monde et être misérable, et c'est là une forme de stupidité / cupidité avancée. Le poker nous promet la liberté, mais en fait il nous mets en face de nous-même: arriverons-nous à nous libérer de nous-mêmes dans ce jeu où toutes nos pulsions ressortent si facilement? Arriverons-nous à naviguer au milieu de nos pulsions en gardant la tête froide? Arriverons nous à nous gérer? A nous comprendre et à travailler sur nos tendances? Ce n'est pas quelque chose qui viendra sans efforts, et si on ne le comprend pas très vite, alors oui le poker enfermera, le poker nous bouffera.
    L'espace de liberté qu'offre le poker laisse nos pulsions inconscientes totalement libres. Le jeu, par sa fureur et sa nervosité, peut faire de nous des addicts, des esclaves, de différentes manières.

    En ce qui me concerne, cela fait un bon moment que j'ai décidé de considérer le jeu comme 'réalisation' (voir d'autres billets du blog), et donc comme une opportunité de me connaître, de me gérer et d'évoluer. Je vois la liberté comme pratique ; c'est quelque chose qui se travaille.


    En tout cas ce qui se passe, c'est que les joueurs se font prendre par l'illusion. Dans la vie, l'accumulation d'argent et de reconnaissance est une illusion. Tout cela meure avec nous. Vous pouvez gagner 100k tous les ans (ou 100M), faire tous les projets que vous voulez, chercher à vous réaliser dans ces projets, ces 'rêves' ; de fait vous pouvez mourir demain, et à chaque seconde de votre vie. La vie est fragile, et elle ne nous appartient pas. S'illusionner de l'argent, vouloir s'enivrer du pouvoir que procure celui-ci, ou de la puissance ressentie dans le jeu, ce sont des attitudes de contrôle, la recherche de conjurer la mort. Je ne dis pas qu'on peut éviter ces 'désirs', mais clairement on peut choisir de ne pas les alimenter, de les laisser à leur place ; ils viennent, et ils partent, comme ils sont venus.
    Quand je vois des joueurs (comme l'exprime Artplay), qui dit continuer à jouer au poker pour l'argent qu'il en tire, bien qu'il considère parfois cela comme 'un jeu de m**de', ma foi la désillusion est évidente et inévitable. On ne tire aucune liberté, aucune connaissance, aucune maîtrise, et aucune réelle fierté, dans l'accumulation d'argent en soi. L'argent c'est de la matière morte, de la matière fécale pour prendre des termes psychanalitiques. Dans notre monde, tout le monde célèbre pourtant l'argent, son pouvoir d'échange, d'usage, et son pouvoir symbolique. C'est là pour moi une illusion, et de l'illusion nait la désillusion (la médiocrité que ressent un joueur gagnant 100k / an, parce qu'il est maintenant désillusionné, et l'outrage que cela crée chez ceux qui sont pris dans l'illusion, et qui croient que s'ils gagnaient 100k il seraient forcément plus heureux).


    Ce n'est pas ce que je fais. Je n'aime pas l'argent, je le méprise. Je n'aime pas la reconnaissance non plus, en tout cas j'essaie de faire attention à ce qu'elle ne me bouffe pas.
    Je ne gagne pas 100K/an (cette année peut-être, mais pas les années précédentes). Et pourtant je suis riche. Très riche. La raison est que je me contente de peu, je n'alimente pas trop mes désirs, j'essaie de garder mon ego à sa place, en contrôle. Je peux aisément vivre avec 1000€ par mois et être le plus heureux des hommes. Alors quand je gagne 3 fois cette somme ou plus, qu'est-ce que je vais me casser le cul à gagner plus?

    J'adore le poker. Evidemment je suis passé par toutes les sortes de doutes, le jeu m'a souvent obsédé et rendu très mal ; il a fréquemment perturbé mon sommeil et aussi l'harmonie de mes journées. Mais je n'ai jamais été désillusionné. Et d'ailleurs le jeu m'obsède beaucoup, beaucoup moins qu'avant.
    Je ne joue pas au poker pour l'argent. Je joue parce qu'il me passionne.
    Je joue au poker pour ce qu'il m'apprend. Pour ce qu'il révèle. Il fait sortir tellement d'états, et avec une telle intensité et profondeur, que j'en fais une pratique de connaissance de soi. En travaillant des leaks dans mon mental game, pour améliorer mon jeu, j'ai aussi déraciné des tendances à la colère et à la puissance qui s'exprimaient dans bien d'autres aspects de mon existence. Grâce au poker, j'ai appris à dompter la bête qui était en moi. Et la bête est toujours là, il faut la dompter chaque jour.
    Le poker m'offre une gestion totale de mon temps. Il m'offre du temps libre, mais encore faut-il le prendre! (ce que beaucoup de gens ne peuvent faire, complètement angoissés à l'idée de ne rien faire)

    De fait dans ma vie, j'ai progressivement abandonné toute volonté d'exister. Je n'ai pas de réel projet de vie, je n'ai pas envie d'accomplir quelque chose. Vivre est suffisant, sans laisser trop de traces. Ce qui me mène, c'est le 'Connais-toi toi-même', cette sagesse qui remonte à l'antiquité. Il ne s'agit pas d'être égoiste. Permettez-moi de citer Maître Dogen, un japonais du XIII ème siècle:
    'Apprendre la voie du boudhisme, c'est s'étudier soi-même.
    S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même.
    S'oublier soi-même c'est être certifié par toutes les existences du cosmos.
    Etre certifié par toutes les existences du cosmos, c'est dépouiller son propre corps-esprit et celui des autres'.

    C'est là la Voie que je suis. On en revient à la liberté: 'je suis libre de moi, donc libre de tout'. Se libérer de soi-même, c'est de là que vient la véritable liberté, la véritable joie, la véritable connaissance aussi (on peut avoir toutes les connaissances du monde mais être ignorant, car prisonnier de soi-même, de ses conditionnements).

    Je cherche donc en premier lieu dans le poker une connaissance de moi. Une connaissance de mes états, de mes pulsions, de mes failles et de mes forces. Et une connaissance du détachement vis-à-vis de tout cela. La connaissance que ces états, ces tendances, ne sont pas figées dans le marbre. Que toute cela ne m'appartient même pas, mais est fruit des circonstances et des conditionnements passés.
    Le poker apprend à laisser passer tous les attachements, parce que quand on joue, quantités d'émotions et de pensées absurdes vont nous saisir. On devient comme des singes dans le jeu. Il y a là un potentiel d'enfermement, mais du même coup un potentiel de libération, par apprentissage de la contrainte.
    La plupart des joueurs voient l'adversité comme quelque chose de désagréable, quand en fait l'adversité est le meilleur maître. On apprend en tombant. Le poker nous offre une adversité illimité. Et je ne parle pas de la compétition avec les adversaires, bien que cela fasse partie du tout, mais de la lutte contre nous-même qui se déploie dès qu'on s'assoie à une table de poker. Cette adversité là n'a pas de limite. Les meilleurs joueurs le savent. Les médiocres pensent qu'ils luttent contre les autres.

    Par ailleurs, le poker m'apporte argent et temps. Laissez-moi vous dire ce que je fais de mon temps, ce que j'aime à faire de ma vie. L'an dernier, à la fin de l'hiver, je suis parti seul dans un trou paumé des montagnes ardéchoises, dans une ancienne maison de berger loin d'être correctement isolée. Je suis parti seul, une semaine, avec une température nocturne intérieure de 0 à 5°C. Ma seule nourriture fut: un sac de haricots et un sac de farine, ainsi que quelques noix. Je n'ai pris aucun divertissement, pas de musique, pas de livre, si ce n'est l'oeuvre complète de Tchouang-Tseu, un penseur Chinois ayant vécu il y a 25 siècles (le genre de bouquin dont on ne peut pas lire plus de quelques pages d'un coup, tant c'est profond. On lit 3 pages, et on les laisse infuser une après-midi. Impossible à lire compulsivement).
    Je devais me laver dans de l'eau glacée. Je devais marcher 25km tous les jours simplement pour maintenir ma chaleur corporelle. Le midi, je ne mangeais que quelques noix. Je m'alimentais du souffle, et des éléments de la nature. J'ai ressenti des angoisses incroyables, des sensations de vertige, de grandeur et de petitesse. J'ai observé la folie de l'esprit, sa tendance à s'accrocher à tout. Pendant une journée (entière) j'ai eu une chanson dans la tête. Indélogeable. Au milieu des arbres et du silence. Je n'ai croisé personne en une semaine, en tout cas je n'ai parlé à personne. Après ces quelques jours, après avoir traversé une myriade d'états et de peurs, mon esprit s'est apaisé. Je suis revenu à la ville un nouvel homme.

    C'est ce que j'aime faire quand j'ai du temps. La semaine prochaine je vais marcher dans les Vosges, avec une tente, un de mes meilleurs amis, et pas grand chose d'autre. Je suis fondamentalement un anti-balla.
    J'ai beaucoup voyagé au Maroc, mais j'y vais pas pour squatter dans un Ryad à Marrakech, non je marche dans l'Atlas, je dors à la belle étoile dans les forêts de cèdres avec les chiens sauvages qui aboient à quelques kilomètres et me font dormir d'un seul oeil.
    Je me suis toujours senti mal à l'aise dans le fait d'être 'servi', ou de payer pour trop de services. Je préfère autant faire le max par moi-même, y compris me faire à manger.

    Qu'est-ce que le poker me permet de faire? Il me permet d'avoir du temps de contemplation. Je ne vais pas trop développer ici parce que l'extrême majorité des gens ne comprennent pas du tout la nature de la contemplation. Ils croient qu'il s'agit d'une admiration béate devant l'univers, quelque chose d'un peu stupide et de pas très intéressant. En réalité la contemplation c'est faire silence. Quand on trouve le silence, alors on commence à entendre, et à voir. Quand on se libère de soi-même, on voit la vie qui se déploie à travers nous. On voit la vie au-delà de soi.
    La contemplation, ce n'est pas la paresse. C'est un travail incessant, un travail de lâcher-prise. Quelque part, le plus confrontant des travaux, parce qu'on s'attaque directement à l'ego. C'est l'acceptation absolue de ce qui est. L'acceptation absolue de l'interdépendance, et de l'impermanence. L'acceptation que notre vie est comme une cascade, elle coule, jaillit, et très vite elle rejoint la grande rivière ; très vite on vit et très vite on meurt. S'attacher à nos possessions (l'argent, mais aussi nos diverses identités), c'est l'ego qui résiste à la réalité de l'Etre. Cette tension qui nous traverse, tous, entre ego et Etre, depuis des millénaires, c'est le mouvement de la vie humaine.
    Ma vie, c'est plonger dans cette connaissance, plonger dans cette liberté. Remonter à la racine. Accepter la tension comme caractéristique de notre être, et trouver une paix dans cette tension même. Voir que l'angoisse est ce qui nous met en mouvement, plutôt que de compulsivement chercher à fuir l'angoisse (plus on fuit, plus on est poursuivi....).

    Alors ma vie tourne autour de certaines pratiques. La méditation zen et le kung fu me nourrissent et me libèrent. Mais je dois pourtant toujours me forcer à pratiquer. Quelque chose résiste toujours en moi, comme chez tout le monde. C'est normal, c'est ça être Homme (plutôt qu'arbre par exemple. Bien que l'homme puisse beaucoup s'inspirer des arbres pour se réaliser!). Le poker lui-même devient une pratique de réalisation. L'argent que j'y gagne me permet surtout de continuer à jouer, donc continuer à pratiquer ce jeu qui apprend tant sur nous et sur les hommes en général. Evidemment que je ressens du stress et des difficultés dans le poker. Mais j'aime ces difficultés.

    J'aime profiter de mon temps pour faire à manger. J'aime beaucoup manger, mais j'aime aussi la simplicité. Je vais ramasser des fruits quand je peux, sinon je trouve des graines et des légumes et je me fais des soupes de paysan, toutes simples, toutes bonnes, extrêmement nutritives et saines. Hier je me suis fais des falafel maison. Une seule boulette nourrit suffisamment pour aller faire une aprem de randonnée.
    Je profite de mon temps pour travailler l'énergétique. Evidemment j'explore cela dans le kung fu par exemple, mais aussi dans tout. Tout tourne autour du souffle (le Chi, l'énergie vitale fondamentale), rien n'est plus important dans notre vie, et pourtant bien peu sont ceux qui connaissent ce mystère. Surtout à notre époque! Mais l'énergie c'est en fait tout ce dont on s'alimente. Donc la nourriture. Un simple bol de graines préparé en conscience nourrit plus profondément qu'un steak de boeuf servi dans la plupart des restaurants. Mais personne ne me croira là-dessus, et ça ne me pose aucun problème, je suis suffisamment heureux d'avoir pu entrer en contact avec ces 'secrets' millénaristes. Ceux qui veulent s'intéresser à cela, je peux vous en dire plus. Mais vous pouvez aussi trouver par vous-mêmes, les gens qui cherchent ne manquent pas.

    L'autre jour, j'ai fait mon propre dentifrice, et mon propre déodorant. Naturels, extrêmement économiques, et écologiques. J'avais déjà mon propre produit vaisselle, non-polluant. J'aime trop la nature pour rejeter des m**des dans mes tuyaux. Mon empreinte sur le monde est minime. J'ai une machine à laver manuelle, que j'ai volontairement préférée à une machine électrique. Cela semble stupide, une perte de temps, que de devoir essorer ses habits à la main, à l'ancienne. Pour moi c'est une hygiène de vie, une gestion de moi-même. Quand je fais la lessive, ou la vaisselle, c'est un moment de pratique physique, de concentration et d'oubli de moi-même. Je prends volontairement du temps pour pratiquer, et c'est tout l'inverse de la perte de temps. C'est par la pratique, par l'usage du monde, que l'on apprend. Je parle là de la maîtrise de nous-mêmes et de notre environnement, le type de maîtrise que les arts martiaux enseignent depuis des millénaires. La maîtrise, c'est la pratique, et faire la vaisselle peut être une pratique de réalisation, de même que marcher sur du sable. On peut faire n'importe quoi et en apprendre, de fait, il suffit de mettre sa conscience en éveil sur ce qu'on fait, ici et maintenant. Faire la vaisselle, ce n'est pas 'perdre du temps de vie', c'est une occasion de pratique de conscience. Le poker en est une aussi, mais si on néglige certaines pratiques au profit d'autres, si on cherche uniquement le plaisir, le divertissement et qu'on fuit la contrainte, très vite le déséquilibre et la disharmonie s'installent.
    Dans notre monde, tout le monde veut toujours gagner du temps, foutre un croque-monsieur industriellement préparé au micro-ondes, et se dépêcher de se jeter dans un divertissement quelconque. Il n'y a pas de fin dans ce mouvement, pas de répit, pas de paix. Ca ne mène à rien. Chercher à gagner du temps, c'est le plus sûr moyen de passer à côté de sa vie.
    Aussi, gagner du temps a généralement un coût (par exemple s'acheter de la bouffe pré-préparée dégueu), et il faut alors travailler pour financer ce 'gain' de temps. Où est le gain au final, quand on est obligé de travailler plus? Je cherche très peu à gagner du temps, et donc j'ai très peu besoin de travailler.

    Quand je vais dans un endroit nouveau, je ne prends pas les transports. Je ne prends pas de cartes, je ne visite rien de spécial. Je marche, je me laisse guider par l'intuition et les sens. Je prends le temps de vivre, même s'il n'y a pas une direction précise.
    Le poker m'offre cela, parce que si je veux je peux prendre le jour off. Evidemment, je fais moins de volume que la plupart des 'pros'. Mais je m'en fous, je suis riche, et je suis assez bon et assez passionné pour continuer à gagner ma vie avec ce jeu. Je ne suis pas le meilleur, mais ma pratique est apaisée et profonde. Très loin de moi l'idée de gagner le plus possible pour arrêter et faire autre chose. Non, je veux juste continuer à vivre comme cela autant que possible, et si les circonstances changent, ma foi je changerai avec elles. C'est cela que m'apprend le poker également: l'environnement change, chaque situation est unique, il faut toujours s'adapter. La vie c'est pareil.



    Je me suis laissé aller à parler librement. J'ai choisi de le faire parce que mon approche est contraire à la plupart des gens, à la plupart des pros, et pourtant je sens que j'en tire le meilleur. J'essaie de vivre ma vie avec conscience, à chaque instant, chaque inspir, chaque expir, chaque pas, chaque action, chaque pensée et émotion. Je vie le poker pareillement, et le poker est à dire vrai un excellent maître dans la connaissance de soi. Je n'ai jamais eu le blues du poker. Je ne me suis jamais questionné sur mon utilité sociale. Il faut bien voir que le monde des hommes est toujours changeant: la réussite sociale ne veut rien dire, car elle dépend des circonstances et de la chance ; les principes de réussite changent à chaque génération. Ils ne dépendent de personne, et notre réalisation n'a certainement rien à voir avec tout cela, de mon point de vue tout le moins.
    Mon référentiel, c'est l'Univers. Le monde des hommes c'est une chose, et évidemment j'en fais partie. Mais la vie est partout, sous une infinité de formes, et la grandeur de l'homme c'est de pouvoir contempler la vie au-delà de lui-même (au delà de la société, mais aussi au delà de sa propre individualité, de sa propre identité, son propre ego).

    Homo Sapiens Sapiens. L'homme qui 'sait qu'il sait'. Dans le mouvement du 'savoir qui se connait lui-même', il y a quelque chose d'illimité. C'est notre liberté et même notre devoir d'explorer la connaissance cyclique qui nous est ainsi offerte. S'abîmer dans l'existence en courant après les illusions, c'est malheureusement le quotidien de la majorité des hommes depuis toujours, mais la vie ne nous l'impose pas, c'est nous-même qui refusons de nous accorder avec le Réel.


    A ceux qui sont allés jusqu'au bout, bravo à vous, merci d'avoir pris le temps, et à une prochaine.
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    Marsou reacted to ArtPlay for a blog entry, Poker, morale et liberté   
    Poker, morale et liberté
    Disclaimer !

    Je ne prétends pas que mon ressenti soit universel. Je le communique à titre strictement personnel, mais je vais pas m’emm**der à exprimer à chaque fois « à titre personnel gnagnagna »

    Je n’ai jamais réellement adoré jouer au poker. En 2007 ce n’était encore qu’un prétexte pour me saouler la gueule autour d’une table avec quelques amis. Et si depuis 2008 je m’y suis pleinement investi, ça a toujours été avant tout pour une question d’argent. L’étude du jeu me fascine, mais le jeu de la carte en tant que tel m’a toujours blasé : trop de hasard, trop d’injustice, trop de frustrations.

    C’est faute d’une orientation de carrière dont la perspective ne me rendît pas totalement dépressif que je me suis tourné vers le poker en quête d’argent facile et d’une grande liberté d’action et d’organisation.

    Il semblerait bien que ces objectifs soient atteints sans problème. De janvier à juillet j’ai joué en tout et pour tout 400h, soit environ 2 fois moins qu’un salarié français, avec une flexibilité totale et en gagnant très bien ma vie.

    Pourtant aujourd’hui et depuis plus d’un mois j’ai totalement arrêté de jouer. On pourrait s’attendre à ce que ce soit à la suite d’un tilt ou d’un gros bad run. Bien que j’aie vaguement breakeven en juin ce n’est pas le cas. J’ai simplement été frappé par la réalisation que ma soi-disant liberté était en fait illusoire, et que passer mes journées à faire quelque chose qui ne me plait pas n’était pas le moyen le plus épanouissant d’avancer dans ma vie.

    Une liberté illusoire
    Tout ceci pourrait fort bien ressembler à un caprice d’enfant gâté. Je pense que ce n’est pas le cas, et plus je réfléchis à mes désirs et à ma situation ces années passées, plus je m’en convaincs.





    Moi j'voulais des pâtes, ils sont dégueulasses tes haricots


    Oui j’ai bénéficié d’une grande liberté. Chaque jour où je souhaitais glander en slip au lieu de grind je pouvais le faire. Je faisais même généralement les deux à la fois. Chaque soir où j’ai voulu sortir m’abrutir d’alcool sans réfléchir à arriver au bureau entier le lendemain j’ai pu le faire. Chaque fois que ma copine a trouvé un job dans un nouvel endroit j’ai pu la pousser à accepter et déménager sans souci.

    Si toutefois je me penche en détail sur ce que j’ai pu accomplir grâce à cette liberté le bilan est assez maigre. Je me suis toujours fixé des objectifs en termes de développement personnel (apprentissage de nouvelles choses, investissement, réalisation de projets), et ai toujours été le premier à dire « le poker oui, mais il faut songer à une reconversion ».

    A bien y réfléchir pendant ces années je n’ai jamais réussi à profiter de la liberté accordée par le poker pour m’atteler à tout ça. J’ai appris des bribes dans de nombreux domaines sans jamais avoir le courage de creuser en profondeur (je me suis inscrit à de nombreux nombreux MOOC sans jamais aller au bout d’un seul). J’ai lancé un projet de site de coaching vidéo qui m’aura certes beaucoup appris en gestion mais qui restera un échec parce que je n’ai pas su suffisamment m’y investir. J’ai eu des tonnes d’idées d’écriture sans jamais jeter la première ligne d’un roman ou d’un essai.

    De manière plus étonnante encore, même lorsque j’étais sous contrat avec PokerStars, je n’ai jamais été réellement proactif pour leur proposer des challenges, promos ou autres qui auraient pu tourner autour de ma personne. Alors que j’aurais eu tout le temps du monde pour en designer, et tout intérêt à le faire.

    Mon unique accomplissement au cours de ces années reste finalement l’écriture du Poker Apprivoisé. Paradoxalement je ne l’ai absolument pas rédigé lorsque je jouais au poker, mais à 90% lors mes trajets quotidien de RER durant les trois petits mois de ma vie où j’ai exercé un emploi salarié en 2010.





    Pourquoi donc, alors que le poker m’a offert l’argent et la liberté nécessaires à monter et à mener n’importe quel projet à bien n’ai-je jamais réussi à accrocher le train de la motivation ?


    Raisons
    Mon sentiment est que le poker professionnel n’offre finalement, si on n’y prend pas garde, qu’une illusion de liberté. Il y a encore trois mois je disais à un ami suite à une après-midi de grind difficile « pff, quel jeu de mer*de ». Lorsqu’il me répondit « arrête. » je me surpris à ânonner « impossible, je gagne trop d’argent ».

    La vérité est que la pression et l’incertitude fiscale, ainsi la perspective de ne peut-être plus pouvoir gagner sous 2 ou 3 ans, m’ont tout simplement fait abandonner l’idée d'entreprendre d’autres projets que celui de jouer au poker pour gagner le plus d’argent possible, le plus rapidement possible. Ceci alors même que ma situation en l’état ne le nécessite absolument pas, et qu’il est sûrement bien plus judicieux à l’heure actuelle de me concentrer sur mon développement personnel.

    On pourrait par ailleurs imaginer que j’organise mon quotidien de sorte de mener le poker et d’autres projets de front. Mais cela m’a également été rendu psychologiquement extrêmement difficile. En effet les jours où je perdais j’étais extrêmement motivé par le poker et par la volonté de redresser la barre. Les jours où je gagnais, généralement des sommes de l’ordre de 1000 à 2000€, il m’était aussi extrêmement difficile de me motiver : essayez de vous bouger le cul à vous lancer dans un cours en ligne ou dans l’écriture d’un début de roman (vraisemblablement voué à l’échec) alors que vous pouvez tranquillement filer à la plage et siroter un mojito en vous reposant sur les lauriers d’une journée productive. Ou jouer à Hearthstone ouais …

    De manière générale que je gagne ou que je perde le poker est de toute façon une activité mentalement épuisante et je n’ai que rarement eu la volonté d’engager davantage de travail, même d’une autre nature, à la fin d’une session. Toutes ces raisons m’ont finalement rendu esclave d’un job qui semble pourtant fort ressembler à un des plus beaux du monde






    Les meufs menottées à poil se sentent étonnamment esclaves elles aussi

    Morale
    Eh oui ce billet n’a pas fini d’être long et chiant c'est le quart d'heure introspectif. Dans la même période de temps où j’ai commencé à prendre conscience de mon absence de liberté j’ai également eu une révélation tout à fait troublante pour moi qui me suis toujours considéré comme le pire des misanthropes : j’apprécie les gens et leur compagnie.

    Alors rassurez-vous, pas celle de n’importe qui, je continue d’être emm*erdé par un solide 90% de la population. Mais j’ai réalisé que je ne pouvais pas réellement vivre seul, et plus important (et dérangeant pour quelqu’un qui s’est toujours considéré comme un enc*ulé solitaire) je ne peux pas non plus vivre sans une certaine reconnaissance des gens. C’est probablement une des raisons pour lesquelles j’ai démarré ce blog. Enfin, ne nous mentons pas, la raison principale était « je deviens connu et je me fais sponsoriser, » (Antho, tu me dois 1000 balles que tu as sûrement intégralement fumés en beuh).

    De manière tout à fait coïncidente, probablement en raison de la récete sortie de Daniel Colman, c’est également le moment qu’ont choisi plusieurs personnes pour me poser ces questions particulièrement chiantes que j’avais étonnamment rarement entendues en tant que poker pro : Ça te gêne pas de prendre l’argent de mecs qui se ruinent au jeu ? Ça te gêne pas d’être une grosse mer*de qui contribue pas à la société ? T’en as pas marre de passer tes journées à te gratter les cou*illes en calbar tout seul devant ton PC comme un geek ?

    La dernière n’a rien à voir avec notre problématique mais elle m’a souvent été posée, quoi qu’en des termes moins triviaux. Sur les deux premières je ne m'étais jamais vraiment interrogé parce que, non, ça ne me gênait absolument pas. Mais puisque ces questions intéressent au moins trois personnes distinctes, je vais donner et étayer un peu mon avis.


    Pouiller les misérables addicts

    En préambule, j'ai souvent lu l'argument suivant : "les fishs veulent se divertir, les pros ont un rôle d'accélérateur de trafic". C'est ça. On est les joyeux-gentils clowns d'une industrie aussi rose que celle de la barbe-à-papa. Cet argument est à mon avis d'une hypocrisie totale, le brandir c'est se voiler la face et ne considérer que les joueurs récréatifs au comportement totalement sain. Ceci étant écarté, passons aux choses sérieuses.

    Bien sûr la perspective de contribuer à la ruine de personnes ayant potentiellement un gros problème avec le jeu ne m’a jamais particulièrement enchanté. Pour autant, à part lors des rares occasions où je me suis retrouvé face à mes « victimes » autour d’une table de casino, je n’ai jamais ressenti le moindre malaise non plus.

    J’ai essayé de rationaliser le pourquoi de mon désintérêt émotionnel. De manière très claire je pense que c’est parce que je ne m’identifie absolument pas à ces personnes et à leur malheur. Je déteste les jeux d’argent (oui, oui), j’ai un cerveau jusqu’à maintenant très résistant à toutes les addictions, bref sur le plan émotionnel l’addiction au jeu m’est aussi étrangère que pourrait l’être un arc-en-ciel à un aveugle de naissance.

    Comme j’ai quand même un cœur (oui, oui) j’ai tenté de réfléchir à la question de l’impact que peut avoir mon activité sur le volume des pertes d’un joueur récréatif. Ma conclusion, simple mais réaliste, a été de me dire « si ce n’est pas moi qui lui prends son fric, ce sera un autre. Autant que ce soit moi ». J’applique très régulièrement et très volontiers ce genre de raisonnement, mais j’admets que d’un point de vue philosophique ce n’est pas très malin. Je me fais régulièrement rattraper par la brigade de la bien-pensance quand j’essaie notamment d’expliquer que le fait que je vote ou non a une utilité strictement nulle.

    Pour éviter ce problème je vais ici généraliser l’hypothèse : quel est l’impact de l’activité de tous les regs « éduqués » sur les comportements addictifs ? En d’autres termes si on supprime les joueurs « éduqués » qui tentent de générer un profit en jouant au poker, améliore-t-on le quotidien des addicts ?

    Il n’est malheureusement pas possible de répondre de façon totalement tranchée à cette question, mais j’ai malgré tout mon opinion. On pourrait se dire que la disparition des gagnants réguliers diminuerait l’attrait du jeu et que parmi le pool de perdants certains deviendraient gagnants et les autres perdraient moins vite : tout benef pour les perdants. Mais ce serait oublier que l’attractivité du poker n’est pas du tout constituée des regs online, mais bien par premières places des gros tournois et par les joueurs sponsorisés mis en avant par les rooms.

    J’aurais donc personnellement tendance à penser que le marché engloutirait toujours des sommes d’argent comparables : oui certains perdants du passé deviendraient gagnants. Oui certains perdraient moins et moins vite. Mais à un jeu si facile où des amateurs complets parviendraient à sortir durablement gagnants on verrait peut-être alors apparaître une nouvelle frange de joueurs, des « super-fishs » qui n’auraient pas forcément été attirés par le poker technico-rébarbatif pratiqué actuellement sur les tables de poker online.

    Bref disons qu’à tout le moins la question, même en partant sur une hypothèse générale finalement absurde, n’a rien d’évident. Donc non, que ce soit rationnellement ou émotionnellement, je ne me sens pas mal de prendre l’argent des addicts.





    Je manque officiellement d'idées pour aérer mon texte



    Inutilité sociale
    Cette question-là m’a également fait réfléchir à plus d’un titre.

    D’abord parce que c’est une question extrêmement désagréable à poser à quelqu’un et qu’on aimerait bien avoir une réponse cinglante toute prête à donner qui commencerait par « pauvre fils de pute » et qui s’achèverait par « , conn**d ». Mais je ne vis malheureusement pas dans un sketch de Jean-Marie Bigard et je me contente donc généralement de répondre :

    « c’est vrai, mais tu sais y’a plein de métiers qui servent à rien socialement voire qui sont néfastes, le mec qui t’appelle pour te vendre des options binaires, le mec qui se pointe chez toi pour te vendre un aspirateur foireux, ton conseiller bancaire … Est-ce que tu demandes à ton conseiller bancaire si ça le fait chi** de faire un job de con inutile quand tu vas le voir et qu’il essaie de te fourguer une assurance vie avec 1.5% de frais de gestion ? Non tu lui fous la paix …. » … je m’égare.

    Donc pour répondre à la question : oui je réalise pleinement ma totale inutilité sociale. Mais j’ai un problème avec la façon qu’ont les gens de formuler cette question. Ils semblent bien souvent partir du principe qu’embrasser un job inutile est un comportement d’égoïste. Ils oublient en revanche totalement qu’un certain nombre de métiers sont inutiles, et que par ailleurs et indépendamment de cela, 90% des gens qui exercent un métier utile ne le font de toute façon pas pour leur utilité intrinsèque mais bien pour gagner du fric.

    Personne ne va aller casser les couilles à la caissière de Carrefour parce qu’elle ne réalise pas que son boulot est utile socialement. Il l’est, mais elle ne le fait que parce qu’il lui apporte un salaire pas pour remplir un besoin de la société de consommation. Même chose pour un taxi, un éboueur ou un tourneur-fraiseur. Malheureusement il semble que pour beaucoup de gens gagner de l’argent doive nécessairement s’accompagner de culpabilisation et d’une nécessité de faire amende honorable. Lâchez-moi la grappe.

    Malgré cette diatribe je ne suis pas entièrement un fils de pute égoïste. Car si cette question de l’utilité sociale me gêne, c’est bien souvent davantage par sa forme généralement culpabilisatrice et moralisatrice que par son fond. Couplée à ma récente réalisation que j’avais besoin pour m’épanouir des gens et de leur reconnaissance, j’ai également pris conscience du fait qu'avoir une utilité sociale me manquait. Je veux pouvoir collaborer à une société, je veux pouvoir faire profiter les gens de mes compétences.

    Si la forme de cette question n’était pas culpabilisatrice mais au contraire constructive voire pleine de pitié (n’exagérons rien, OK, mais je ne trouve pas comment le formuler là, de suite, et après 2440 mots j’en ai marre de chercher) elle serait beaucoup plus acceptable. La caissière, le taximan, l’éboueur (!!) qui ne réalisent pas que ce qu’ils font est utile sont à plaindre – au-delà de leurs conditions salariales j’entends. Votre conseiller bancaire qui vous ouvre un compte-titre à la con, le mec qui vous appelle pour essayer de vous escroquer avec des options binaires, le joueur de poker, ça ne sert à rien de les faire culpabiliser et de les critiquer, ils s’en branlent. Ça ne devrait pas vous empêcher d’essayer de leur faire réaliser que peut-être ils peuvent obtenir plus de satisfaction personnelle autre part ou en ajoutant une autre composante à leurs activités quotidiennes. Mais par pitié de façon intelligente et raisonnée.

    Pour ma part vous l’aurez compris j’ai résolu de changer un peu d’activité. J’ai plusieurs choses que je souhaite réaliser dans un futur proche, en particulier redonner un peu de coaching et écrire un second bouquin de poker, destiné aux joueurs avancés celui-ci, non plus aux débutants. Cela me permettra de conjuguer à nouveau deux passions, l’enseignement et l’écriture. J’ai par la suite d’autres projets plus ambitieux et hasardeux, hors poker, dont je vous toucherai peut-être un mot dans le futur. Je n’exclus absolument pas de reprendre le grind quand les circonstances seront plus favorables (l’accès au .com et au format Zoom me ferait le plus grand bien)

    J’ai terminé d’échafauder des plans pour « l’après-poker » : je m’y mets tout de suite.
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    Marsou reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Crazy monkey   
    http://www.youtube.com/watch?v=bulibjyaQ0s

    L'esprit est un singe fou. Le poker nous offre une bonne opportunité d'étudier le singe qui est en nous .

    Après être sorti du tournoi Club Poker Series, je marche un peu dans Paris, et inévitablement, la main de mon élimination me revient en tête. D'autres mains reviennent aussi. Est-ce que j'ai vraiment joué mon A-game? Qu'est-ce que j'aurais pu faire différemment?
    Ou encore, j'aurais dû (faire X, ou Y). Quand j'ai commencé à trop penser au conditionnel, je me suis forcé à m'arrêter, et de là de meilleurs choses sont apparues.

    C'est très facile de se remettre en question après avoir bust un tournoi. C'est vrai aussi après une session de cash game perdante, bien que moins intense. J'ai beau avoir de l'expérience, savoir que je vais bust avant la TF dans 95% des MTTs que je joue, j'ai systématiquement un choc après avoir bust d'un tournoi. Même online, alors que j'ai encore 6 tables running! Sortir d'un tournoi, c'est souvent une défaite personnelle.
    Pareil après une session de cash difficile (parfois, remise en cause même après une session gagnante, si ya par exemple un coup que je pense avoir mal joué).

    Quand je lis des posts de joueurs de poker, ou que je les écoute parler, j'observe le même genre de réaction que chez moi: le fameux j'aurais dû. J'aurais dû shove le flop, j'aurais gagné le coup. J'aurais dû attendre de voir le flop, il aurait foldé AK plutôt que toucher son A river! Selon le niveau des joueurs, le 'jaurais dû' sera plus ou moins évolué, stratégiquement parlant. Les 'j'aurais dû' d'un bon joueur seront généralement plus sensés que ceux d'un joueur moins aguerri ; par exemple, un bon joueur pourra se dire qu'il aurait dû quitter la table plus tôt, parce que la fatigue l'a empêché de prendre une bonne décision. Il peut y avoir une leçon à tirer du conditionnel, des choses à travailler pour éviter qu'elles ne se reproduisent.


    Bon donc, alors que je marchais, je me suis rendu compte: quoi qu'il arrive, à chaque fois qu'une session de poker ne se passe pas aussi bien que je l'espère (ce qui va arriver très souvent, le poker étant ce qu'il étant), mon esprit va s'activer et chercher à se rassurer (ou à s'inquiéter, jsuis pas tellement sûr ). C'est là qu'est le singe fou. En permanence en train de naviguer entre passé et futur, il n'arrive pas à se contenter du présent. Pourtant, le présent, c'est la seule chose réelle. J'étais dans le tournoi avant le dinner break, je ne l'étais plus après. De même que je n'étais pas dans le tournoi avant qu'il commence. Pourquoi être affecté par une perte qui n'en est pas une? Certes j'ai perdu le buy-in, mais ça je le savais dès le début non?
    C'est aussi simple que cela.

    Le singe fou, c'est aussi l'attachement. Par exemple, j'ai un gros stack, je vais ship ce tournoi! Wait, il reste 60 joueurs, être chip leader maintenant c'est cool, mais ça garantit pas grand chose. Certains joueurs veulent être big stacks aussi vite que possible, alors même qu'avoir 3 fois l'average au bout de 2h ne garantit même pas d'être ITM, loin de là.

    Situation hypothétique de CG: vous gagnez une tonne. Vous êtes très vite up de 3 ou 4 caves. A la fin de votre session, vous n'êtes plus up que d'une demi-cave. Si on regarde dans l'absolu, c'est certainement un très bon résultat, dépendant de la durée de la session. Pourtant, pour quasiment tout être humain, ce résultat sera perçu comme une défaite. 'Man, j'étais up de X€! Maintenant je ne gagne 'que' Y€ '. Comparez cette situation avec un joueur qui perd plusieurs caves en début de session et finit up de juste 3 big blinds. Sa session lui paraîtra comme une victoire. 'Yes, j'ai remonté la pente!'.
    L'un se sentira mal, l'autre bien. Les 2 ont pourtant torts. Ils ont laissé le singe fou prendre le contrôle, ils se sont laissés séduire par l'attachement, chacun de manière opposée. L'un en s'attachant à la victoire, l'autre à la défaite, considérées en termes de résultat. Nous savons tous que le succès au poker ne dépend certainement pas des fluctuations journalières. Ca n'empêche pas d'être attaché à ces dernières! Même avec de l'expérience.
    On s'attache aussi à d'autres choses. 'put**n combien de temps va durer mon bad run!' Well good news, ce run n'est pas le tien. Il n'appartient à personne, il n'existe même pas, il n'y a que l'illusion de l'attachement. La seule chose qui existe, c'est la main en cours. Ce qui est arrivé la main précédente, ou les 3 millions de mains précédant, n'est pas à vous.

    Accumuler une pile de jetons ne vous garantit rien dans un tournoi. Gagner 3 caves en cash game ne vous rend pas propriétaire de ces caves, en tout cas pas avant que vous quittiez la table (et même en la quittant, l'argent reviendra sûrement au jeu le lendemain, et vous pourrez perdre ces 3 caves à ce moment là!). L'argent en jeu n'est plus à nous, et pourtant il y a cette maladie universellement répandue de l'attachement. De là les montagnes russes émotionnelles du poker. Le singe fou s'amuse de ces montagnes russes, il s'en enivre, il est prompt à l'addiction.
    Mais qui a véritablement envie de se libérer de l'addiction, du high du poker? Il faut savoir ce que l'on veut, et une fois qu'on le sait, se plaindre de la souffrance qu'on alimente devient sans fondement.


    La pensée au conditionnel, la pensée qui cherche à changer le passé ou à se projeter dans le futur ('dans le futur, jamais je spew!), c'est l'ego, la volonté de contrôle. C'est aussi l'enfer. Je ne dis pas qu'il ne faut pas apprendre de nos erreurs, ou anticiper l'avenir. Mais cette compulsivité à remodeler un passé qui nous dérange (par exemple un passé où on perd), c'est l'enfer. Cette tendance n'a pas de limite, chacun l'alimente ou la calme à sa manière, dans la mesure de sa liberté et de son pouvoir.

    'Si seulement j'avais pris la caisse X au supermarché, je serais rentré plus vite chez moi.'
    'Si seulement j'avais parlé plus tôt à cette fille, peut-être que j'aurais eu une chance'.
    'Si seulement je pouvais ne jamais me tromper, je serais un mec génial ! '
    'Si seulement j'avais autant de chance que cet abruti, je gagnerais des millions au poker ! '
    'Si seulement j'étais riche....'

    A ce stade je pense que vous voyez bien à quel point le singe se réveille dès qu'on joue au poker. Mais il est là partout, dans tout ce qu'on fait. Il est chez tout le monde. Qu'on soit joueur ou non-joueur, homme ou femme, français ou indien, pauvre ou riche, en pleine santé ou non.
    Certains travaillent à le discipliner. Certains parviennent à l'observer, d'autres croient qu'ils sont le singe, il s'identifient à ses humeurs. Prendre un pas de côté par rapport à ce qui nous traverse, c'est le premier pas pour sortir de l'ignorance. Cette ignorance n'a rien à voir avec ce qu'on sait, ou ce qu'on ne sait pas. Ce n'est pas une question de connaissance, mais de vision juste.


    Pour ce qui est de mon singe, après qu'il ait commencé à parler au conditionnel, je me suis rendu compte que la remise en cause était sans fondement. Evidemment que j'aurais pu jouer des coups différemment. Evidemment que je fais des erreurs quand je joue. Tout le monde en fait, tout le temps. Evidemment que j'aimerais jouer parfaitement chaque jour, être une sorte de demi-dieu clairvoyant, jamais en proie à l'humiliation et l'impuissance de la défaite. Evidemment que je préférerais gagner tous les coups que je joue (wait, what? ).

    Autant dans le poker que dans la vie en général, j'aurai ce singe qui viendra me parler, et qui cherchera à remodeler passé ou futur, qui cherchera à m'éloigner de la paix du moment présent ; et je serai tenté, à chaque fois. Mais chaque fois que je décide de laisser passer, de me dire 'ce qui est, est', je deviens plus libre. Plutôt que de tourner en boucle, mon corps-esprit s'apaise, et les choses deviennent plus claires. Pas de regret, pas de remords. J'ai fait de mon mieux, et oui, mon mieux est perfectible. Et parfois, je ferai aussi mon pire. C'est ça être humain, nous sommes des créatures fragiles et perfectibles. Est-ce que je vais laisser mon mieux me tourmenter? Mon pire? La variation de mes états? La variation du monde qui m'entoure? Ce que pensent les gens? Le succès qui m'arrive? Les difficultés et échecs que j'affronte?

    Je ne possède rien de tout cela.

    L'impermanence est la réalité de toute chose, le défi de la réalisation pour un humain est d'accorder cette réalité avec le mouvement infini de résistance (l'ego, le refus de notre mortalité, de notre finitude) qui nous anime. C'est cela, être en phase avec l'univers.
    Si le poker m'apprend chaque jour à me libérer, comment aurais-je un jour envie d'arrêter?
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    MARS 2014 :

    J'ai commencé le mois par quelques sessions sur la 1-3$ du Caesar.
    C'est amusant comme 1$ de blind peut très vite changer la taille du pot de façon rapide.
    Je me suis pris à avoir des sueurs en allant chercher mon dernier coeur au turn.
    Un soir j'ai joué avec un ukrainien que j'avais déjà croisé pendant le 6 handed du circuit WSOP. Je lui avais fait faire deux gros fold alors qu'il était dans le chiplead, mais n'ai pas eu le temps de le croquer m'étant fait sortir dans le niveau suivant (f*ckin' set of Js...).
    Sur un coup, il me met un 3e barrel un peu en dessous du pot (4/5?). Je prends mes jetons pour payer puis arrête mon geste un instant pour finalement raise bluff en utilisant mes jetons et non ma voix.
    C'est un petit move qui peut passer sur certains joueurs tard le soir, je ne pense pas que ça peut passer. Mais je le vois difficilement avec le jeux max, et je sais que je l'ai déja fait folder 2 fois sur de gros pots, alors allez Vegas Baby.
    J'ai la fâcheuse tendance à adorer fixer mon adversaire droit dans les yeux dés qu'on est sur de grosses raises. Il fold, mais me demande si on se connait. Je lui demande s'il a déja joué en France, et lui fait conclure qu'on a joué ensemble aux séries WPT d'Amneville il y a X années.
    ça a l'air de passer. J'aurai pu me trahir avec le regard. Mais alors pourquoi je me casse le cul avec cet ukrainien au fait ?!
    Bien entendu, j'ai un read. Le garçon a un chiptrick de faiblesse.
    Enfin de ce que j'avais vu, et de ce que je constate ce soir, ça marche. Il ne touche pas souvent ses jetons, quand il fait son truc classique il doit être content de sa main globalement. Enfin je pense. Mais quand il fait la version chaloupé saut carpé doradé passement de jambes cross over et qu'il finit avec le coup du Caribou (ouai je n'y connais rien en chips tricks en fait) ben là il est pas serein le garçon ! Et il fold ! C'est beau.
    Ce sera ma seule vrai bonne session de plaisir dans cette room. On se croirait dans une cafeteria. En plus c'est plein de vieux flippants, et on ne sait pas vraiment où l'on met les pieds. Rien qu'à voir leur daily tournements, les structures sont ultra dégueulasse pour le prix que tu payes. Alors que tu peux faire une meilleur structure pour moins cher de l'autre côté de la rue au même moment.
    Le Caesar est à mes yeux clairement devancé par le Flamingo, vis à vis de la Maison M du groupe éponyme. Et de plus, le Flamingo a ce cachet historique, cette clientèle particulière, mais tout est mieux en fait. Bon niveau serveuse, pas difficile de devancer le Caesar Palace, et le Flamingo ne sort pas le grand jeux non plus. Mais elles sont toutes de vraies femmes de Vegas, et débarque avec une sérénité et une efficacité hors pair.
    Pour la poker room, je préfère la 1-2$ du Flamingo et ses papys pleins d'histoires, qui partent se refaire sur la Limit avant de revenir avec une cave en NL. C'est juste génial, c'est Vegas bordel. Quand tu remontes ce couloir entre les tables de Craps, la cashier, que tu vois ces lumières roses, que tu vois la poker room en face, que tu y vas tout droit... Tu te sens perdu dans le passé, prêt à vivre les belles années cet ville magique.
    Tout ça pour en venir aux faits des défauts de la Poker Room du Caesar Palace. L'ambiance glauque est plus adapté à un robot casque lunettes qu'aux joueurs de live. En tout cas pour la 1-3$. Le rapport (Chips*Buyin)/Level(min) des daily tournaments est ridicule comparé aux concurrents autour.
    Aucun plaisir dans cette room, pourtant maison mère de Total Rewards que j'ai décidé de privilégier au vu des comps et cadeaux. Ils sont bien plus généreux que Mlife. Bon bien entendu, le gros souci est que les poker rooms des Mlife sont souvent bien plus appréciables que les Total Rewards.
    Mais la room du Caesar ne me servira qu'aux tournois officiels qui s'y joueront.


    Mais au milieu du mois, je suis rattrapé par ma BR Management à nouveau. Et je sais que ce n'est pas la dernière fois si je ne fais pas une grosse perf ou un bon weekend.
    L'autre soir, je me tape 6h au Planet pour repartir avec ma cave initial et sans avoir jamais vraiment pu construire un stack. Je préfère éviter le tilt et part en voiture me détendre devant le lac Mead.
    Un petit joint, une bière, juste de quoi décompresser avec le superbe Payback de James Brown comme fond musical.
    Quelques heures plus tard sur le retour, je ne peux m'empêcher de voir le totem du Green Valley et décide de tourner le volant.
    Je reprends mes 200$ et suis bien décidé à les doubler avant d'aller me coucher.
    Funny fact, 20min après moi débarque une de mes croupière preferé du PH. Cette femme n'est pas capable de sourire je crois, mais ça n'enlève rien à sa beauté.
    C'est amusant d'avoir comme adversaire une croupière qui t'as donné les As la nuit precédente.
    J'étais très curieux de voir son level, et j'aimais le fait qu'elle vienne jouer dans cette room géniale.
    Après 2 C-bet de suite sur moi que je fold, je ne peux m'empêcher de lui faire remarquer que je l'ai déja assez tipsé comme ça plus tôt. J'ai eu le droit à un sourire en plus.
    Il fallait forcement qu'elle soit en train de jouer au poker pour faire quelque chose d'aussi surprenant.
    On a même eu notre petit headsup avec des sous au milieu.
    J'ouvre les 7s au CO 4BB, elle call BB.
    flop A73o
    je cbet 3/4 pot et elle min raise assez rapidement. -
    Je prends un moment, l'air de douter du kicker de mon As.
    Turn 5
    Elle bet pot. Je pense qu'elle a double pair.
    J'aime pas trop toute les m**des qui peuvent encore rentrer river, surtout avec l'as et le 5 de coeur.
    Je préfère raise tout de suite, ça fait plus bluff catcher que value car j'aurai payer avec les 7s normalement pour attraper ensuite.
    Et là elle me dit "didn't I... already gave you 7s earlier?" c'était fort possible. J'ai pris deux gros pots avec les 7s la nuit dernière. C'est fort possible qu'elle m'en ai offert un.
    J'étais un peu sur le cul qu'elle se rappelle de ça en fait, quand on voit le nombre de mains qu'elle deal et l'importance qu'elle semble y accorder.
    Mais j'ai envie d'y croire, donc j'y crois. Elle fold face up A3.
    Je montre un 7 et lui propose de parier 5$ sur mon autre carte. Il reste un 7 contre deux As à tirer en fait. Et je lui propose un double up, elle devait choisir l'As, mais elle choisit le 7.
    C'est le genre de moment qui me fait aimer le CG de Vegas plus que tout. Surtout hors strip ou ce genre de truc arrive souvent.

    Enfin ça n'a pas beaucoup arrangé ma BR cette histoire. Mais le Harrah's du samedi soir m'a sauvé. Il m'a fallu une grosse chattasse à partir du 4 handed pour dégommer les 3 autres en moins d'un level alors que j'étais short. Mais la chattasse de compet là. J'ai touché comme un porc et eux ils touchaient en dessous. Chip la win du samedi soir, belle win, un peu d'air, ça mérite d'aller fêter ça.
    J'ai pris une chambre au Planet avec mes comps, et ai profité du Samedi soir. Je me suis enfilé les Cuba Libre au Rockbar à regarder les coquines du samedi faire joujou avec le taureau mécanique. Le tout depuis la terrasse avec un bon 25° qui tient. Qui passe à 27° quand la voisine te fait un sourir.
    C'est cool la vie.
    Au final, je suis parti fumer sur Harmon Ave avant d'aller me prendre un burger compsé au Planet Dailies, to go to the room. Mais j'ai rencontré une fille en fait. Elle a rigolé en sentant mon herbe. Je lui ai proposé de fumer, on a parlé banal. Je comprends que c'est une escort qui va chercher son bonheur sur le strip. Elle fait la gueule, il lui manque des sous pour aller se coucher. Et elle a un cocard. Elle a pas l'air bien en point en fait. Je me sens tout mal en fait. Et je l'aime bien en plus, elle n'a pas été superficiel comme elle l'est avec un client. Elle me demande si je suis intéressé bien sur. Mais non, c'est pas mon truc. Et quitte à payer, je me prends le Real le mardi soir, pas le FC Seville un jeudi. Surtout que l'Europa League à Vegas t'as pas besoin de payer pour rentrer avec.
    La C1 c'est d'entrer dans le dernier carré.
    Ouai le foot me manque.
    Finalement je lui ai payé une pizza, et on est retourné fumer un joint. Et elle est parti. C'était marrant.
    Et j'ai regretté de ne pas me l'être tapé. Puis j'ai remarqué qu'elle m'avait piquer mes lunettes.
    Là je me suis sentit dépouillé d'une pizza et de mes lunettes.
    Comme quoi on peut être local et encore se faire avoir.

    Laissez moi maintenant vous parler d'un tournoi atypique du strip. Celui que je nomme le "Highly Drinky Donkament".
    Le principe est simple, le dernier tournoi de la journée sur le strip est au Flamingo pour 50$ à minuit et demi.
    Et là c'est la foire à la saucisse. 5k level 20' mais avec du débutant mauvais dont certains sont trop ivres pour comprendre ce qu'ils font ici, d'autres n'ont jamais joué au poker.
    Et globalement de tout en fait. Entre 10 et 20 joueurs, la table finale est une boucherie à cause des niveaux et des indiens genre calling 'center' qui mettent 1min à se décider genre "je fais les World Series". Génial en turbo.
    J'avoue que si la journée s'est mal passé, et que je n'ai pas de quoi caver à minuit... Je fume un peu d'herbe, fais ce tournoi avec une Newcastle, et je me rassure sur mon niveau tout en laissant la chatt... pardon, la Variance faire son boulot au vu de la structure.
    L'objectif du tournoi est d'arriver aux alentours de la bulle pour proposer un chop qui raviera tout le monde car ils ont peur de toi à ce moment en fait.
    Finalement, aussi surprenant que cela puisse paraître, je suis légèrement EV+ sur ce tournoi depuis Janvier en le faisant au moins 1 fois par semaine.
    Mais au delà de ça, quand on est broke, c'est une partie de poker marrante avec des personnages, eux aussi sont broke, alors tu bois une bière, tu level et laisse les flips te maintenir en vie.
    Je recommande vivement aux touristes pour sentir le Vegas moyen sans véritable pression mais avec toujours un Price Pool descend.


    J'en viens à mon problème le plus important si je pouvais dresser un bilan de mes 3 mois : La gestion de BR bien sur.
    Ma BR ne peut se permettre d'être rigoureuse. La table la moins cher de Vegas a beau être à 25c/50c, elle se fait sur ecran au Plaza. Et croyez moi, même pour le fun, c'est pas marrant.
    Alors c'est la 1/2, mais la 1/2 ça cave 200$, ce qui, en étant gambler, reviendrait au moins à une bankroll de 10'000$. Ce que je n'atteint pas.
    Malgrés de bons résultats globalement, en étant prudent bien sur, je n'arrive pas à combattre la variance. Je posterai surement sur forum pour ça.
    Mais il est très difficile d'encaisser plusieurs sessions négatives d'affilés et de voir ta BR plonger dangereusement. Je finis toujours par rebondir mais pour combien de temps...?
    Les tournois sont trop chers pour avoir une structure descente, et les rares intéressants à moins de 125$ (Monte Carlo 18h 65$ 8k L20'; Mirage 19h 80$ 10k L20' ; PH daily 75$ 5K L20' MAIS OVERLAY GPP1500)
    ne sont pas assez lucratifs et offres surtout des levels de 20'... C'est vraiment court avec 5k.
    Sinon on passe dans les 125$ intéressants car 10k ou 12k pour level 30'.
    Mais quand tu arrives vers la bulle, le level est bien supérieur à une table de 1/2 je trouve.
    Alors qu'être patient en CG et attraper les gros pots disponibles, ça rapporte de façon plus régulière.
    Ma seule solution serait de basculer en Limit de temps en temps. Mais je ne sais pas jouer au limit Hold'em. Je ne fais que le poker fermé en limit, et surtout le deuc27 SDraw... Si vous avez déja pratiqué cette variante sans limite de cave ou de mise dans un endroit privé, vous comprendrez pourquoi.

    Le mois prochain, je me lancerai peut être dans le limit pour voir si ça peut être assez EV+ pour construire des caves pour ensuite aller sur la 1-2. ça pourrait être intéressant, mais ça semble long et hasardeux sur ces tables absolument pas sérieuses.
    Mais le mois prochain, c'est surtout le HU Tournament des PHamous Series, une apparition à un deepstack des séries du Venitian, et surement une review du Rio vu que je viens d'emménager à deux pas.
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    Marsou reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Keep rising   
    Le poker est un environnement changeant. Le jeu a beaucoup changé au 21ème siècle, et on peut clairement se rendre compte d'évolutions de tendances d'un mois à l'autre, si on grind régulièrement.
    On peut regarder les vidéos de 2008 des meilleurs joueurs de l'époque, et s'inspirer de leur talent et intelligence, mais si on se contente d'imiter leurs stratégies, on n'aura certainement pas le niveau de succès qu'ils ont eu. Parce que jouer en mid / high stakes en 2014 n'est pas du tout la même chose qu'en 2008.

    La réalité est que tout le monde progresse, parce que l'information se diffuse, les stratégies gagnantes sont émulées, etc.
    Ca effraie pas mal de regulars (parce que leurs stratégies se révèlent avec le temps moins efficaces), mais perso je trouve ça super de participer par mes efforts à l'évolution collective du jeu. Quand on grandit en tant que joueur de poker, par la compétition, on fait aussi grandir le jeu, à une autre échelle.


    Une grande erreur serait de considérer le poker comme un système, comme quelque chose qu'on peut résoudre. Chaque situation est toujours nouvelle, et unique. Tout change tout le temps.

    J'expérimente très souvent des nouvelles stratégies. Mais aucune n'a une utilité absolue ; il faut développer un éventail de tours, évaluer les paramètres critiques, et prendre une décision. Et je suis convaincu que pour être un vrai killer, il faut être ouvert à tout, absolument tout. Il faut être capable d'avoir toutes les vitesses imaginables. Jouer comme un nit un spot, et comme un pur maniac une autre ; de même d'un jour à l'autre, d'un mois à l'autre, d'une table à l'autre, on peut avoir tous les styles. Plutôt qu'avoir un style, mieux vaut prendre la forme qui convient, comme l'eau qui prend la forme du récipient qui la contient.


    Les joueurs intermédiaires veulent être 'agressifs', ou 'LAG'. (C'est plus rare de vouloir être un nit !) Ils veulent se prouver des choses, ou alors prouver aux autres.
    Seuls les grands joueurs comprennent la juste mesure, l'agression sélective. Et c'est tout un art que de trouver les bons spots. Ils ne forcent pas les choses, ils pêchent. Quand le bon spot se présente, ils n'abandonnent pas.
    Ils évitent les mauvaises situations.
    En bref, ils se donnent la possibilité de minimiser leurs propres erreurs (inévitables!) et de maximiser celles des autres. C'est là une approche très différente que celle du wannabe-LAG, qui veut gagner tout, tout de suite, et agresse tous les spots possibles sans faculté d'arbitrage. Au final il fait des big moves, certains réussissent, certains échouent. Dans le lot, la marge d'erreur et de tilt est assez grande.

    J'ai longtemps été un spewtard. Capable de sortir un pur bluff n'importe quand (et du coup un peu trop souvent). Ce qui fait de moi un meilleur joueur que jamais, ce ne sont pas les gros bluffs ou gros calls que je fais. C'est plutôt ce que je ne fais plus, ce que je réfrène. Je célèbre mes folds beaucoup plus qu'avant. Je célèbre le fait de jouer nitty quand c'est approprié. Je ne suis plus aussi frustré qu'avant par le fait de ne faire que fold à une table juteuse si c'est ce qui se révèle le mieux.
    Je célèbre aussi les sessions qui se passent mal, mais où je n'essaie plus de faire que ça aille bien. C'est une grande victoire pour moi que d'être capable d'accepter (pas en théorie, je parle à un niveau émotionnel profond) qu'une session peut être perdante, que c'est la réalité de ma pratique.
    J'attends les bons spots, si yen a pas tant pis, j'arrête ma session et je reprends le lendemain. C'est ok de ne pas gagner tout de suite. Rien ne presse. C'est aussi ça penser sur le long terme (adopter la mentalité du pêcheur).


    Il y a également un aspect social dans le poker, la communauté. Les joueurs s'imitent en permanence les uns les autres. C'est assez splendide comme processus. Tout se diffuse. Cependant, je pense que beaucoup de personnes sont trop attachées à ce que la communauté considère comme juste ; ils sont pris dans le regard social: il est psychologiquement plus intuitif pour l'Homme (profondément grégaire) de copier la majorité plutôt que de faire quelque chose de différent. Ainsi, il peut être difficile pour certaines personnes de sortir du 'dogme'. Et pourtant dans le poker il n'y a pas d'institution véritable!
    C'est une pure méritocratie ; pas de patron, pas de guide absolue. Pour vraiment passer un palier, il faut être autodidacte. Car il n'y a pas de règle sur ce qu'on est autorisé à faire: on le voit bien à la table, tellement de stratégies gagnantes cohabitent. Rien ne vous empêche de minraise le flop, même si c'est un move de fish. Rien ne vous oblige à multibarrel. Alors ne pas oser faire un truc contre-nature parce que personne le fait, c'est quelque part brider son potentiel, à mon sens en tout cas.
    J'ai beaucoup expérimenté tout seul, indépendamment des sites de coaching ou forums. Je prends un maximum de ces ressources, mais je n'en suis pas dépendant. Je suis sûr que plein de regs considèrent que je fais souvent nimps. C'est ça d'expérimenter. Ca veut dire faire des erreurs, voir ce qui marche et ne marche pas.

    Ne pas faire cela, c'est rester prisonnier d'un système de pensée, c'est se refuser la possibilité de vraiment arriver au top. Evidemment cela implique des échecs, des revers et difficultés. Mais qui n'est pas prêt à affronter ça ne peut pas survivre longtemps dans le poker.
    Le meilleur talent au poker est l'adaptation. Il faut une grande souplesse d'esprit, une grande aptitude à la remise en cause, pour évoluer. Et qui n'évolue pas meurt.



    Ainsi, pour survivre dans cet environnement hyper-compétitif, il faut accepter de trébucher parfois. La différence entre les joueurs au top et les joueurs moyens? Les premiers ont avalé leur ego. Ils ont compris qu'il fallait totalement se détacher des résultats monétaires, et aussi se détacher des processus d'essais et d'erreurs.

    Pour simplifier: les joueurs faibles tilt quand ils perdent de l'argent.
    Les joueurs plus avancés peuvent encore tilter quand ils perdent de l'argent, mais deviennent surtout fous quand ils font une erreur.
    Les joueurs accomplis acceptent de faire des erreurs chaque jour. Ils ont digéré cet aspect des choses. Ils ont compris qu'ils allaient expérimenter une dose importante de frustration du fait des fluctuations, qu'il fallait à chaque instant tirer le meilleur enseignement possible de la situation, mais ensuite immédiatement s'en détacher.

    S'ils perdent une main, ils jouent la suivante. Point.

    Pour être bon au poker, il suffit de prendre les meilleures décisions possibles. Pourtant, quel travail mental il faut accomplir afin de se donner les moyens de prendre les meilleures décisions possibles aussi souvent que possible!
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    Marsou reacted to Mr Sneeze for a blog entry, De l'incapacité à gérer la variance.   
    Aujourd'hui je vais essayer de parler de la variance au poker. C'est un sujet complexe, maints fois abordé, et pourtant toujours abondant. Je pense que l'incompréhension de ce qu'est la variance constitue l'un des plus grands leaks à la fois chez les joueurs récréatifs et chez les regs gagnants.

    Avez-vous cette tendance à suivre vos résultats? Il semble quasiment impossible à quiconque de ne pas se soucier s'il est positif ou négatif sur une session. Paradoxalement, ce sentiment semble plus fort en live. Pourtant, après 5 h de jeu, vous aurez peut-être joué 100 mains. Quiconque est habitué au online sait que les résultats au bout de 100 mains sont assez inconséquents. Pourquoi vouloir se refaire, pourquoi ce soir, pourquoi pas demain, pourquoi pas dans un an?
    Mais les joueurs de online vont être affectés après une journée négative ou une journée positive. Ils vont regarder leur courbe, fantasmer les mois à venir (positivement ou négativement). Tant de joueurs pensent inconsciemment que la variance a des comptes à rendre. Rien n'est plus faux, la variance n'a pas de mémoire. A tous les joueurs obsédés par leur courbe EV, je vous donne un conseil: oubliez-la. C'est un gros leak que vous avez, une incompréhension assez fondamentale de la nature chaotique du poker.

    L'état d'esprit idéal est : il n'y a que la main que je joue maintenant. Ma bankroll est à tel niveau, peu importe ce qu'elle était hier, ou il y a un an. Ma bankroll n'est même pas à moi, elle n'est qu'un facteur limitant mes choix stratégiques potentiels.
    Les joueurs gagnants s'attendent à ce que leur bankroll augmentent assez régulièrement. Or tel n'est pas le cas. Le jeu bouscule toujours nos attachements. Pouvez vous atteindre l'état de libération intérieure où perdre n'a aucun impact pour vous? C'est un état très subtil, car évidemment il ne s'agit pas de se désensibiliser à la perte au point de ne même plus chercher à gagner, auquel cas on deviendrait un simple gambler. Pouvez vous atteindre l'état de libération où vous savez qu'après une grosse session gagnante, l'argent ne vous appartient pas (puisqu'il va retourner au jeu)? Et qu'il ne préfigure rien sur l'avenir?
    Avez vous déjà ressenti cette joie de gagner 10 caves en une soirée, avant d'en perdre 12 le lendemain? Qu'avez vous ressenti? L'attachement à ce qui n'est pas à nous est cause de souffrance.

    Vous jouez une session en live. Vous avez un tirage que vous jouez agressivement. Vous êtes callé mais touchez votre tirage. Vous finissez la session à +Xbb.
    Même situation, mais vous perdez la course, vous manquez votre quinte. Vous finissez la session à - Ybb. Je suis prêt à parier que la plupart des joueurs auront tendance à se dire qu'ils ont bien joué après la session positive, mais vont par contre cogiter et décortiquer pourquoi ils ont perdu dans la session négative. Pourtant leur jeu est le même! Mais l'incompréhension de la variance nous fait croire que nous maîtrisons nos résultats. Evidemment, tout le monde peut comprendre ce que je dis, théoriquement. Ce n'est pas la question. Tout le monde comprend et pourtant tout le monde tombe dans le piège. Les mouvements sont inconscients, plus subtils. A différents degrés et de différentes manières, tout le monde s'attache à ses résultats, que ce soit en tâchant de se refaire, ou en s'attendant à gagner comme la veille. Tout cela amène les joueurs, bons ou mauvais, à revenir à la table, généralement avec un mindset biaisé dès le départ.

    De même si l'on fait un gros bluff, vilain nous snap avec les nuts. Très peu de joueurs auront la clarté d'esprit d'analyser la situation correctement et de réaliser que leur bluff était peut-être génial, qu'ils sont juste tombés sur le top de la range adverse (qu'ils ne prévoyaient de toute façon pas de faire fold). De même pour un gros bluff qui passe. Est-ce que cela en fait un bon bluff? Impossible à dire sans les vrais éléments pertinents, qui ne sont pas les résultats. Quand on joue au poker, il y a quelque part cette incertitude quantique : on joue sans voir les cartes, jusqu'à ce qu'on les voie. Vu que tout le monde oublie ça en permanence, il y a pour l'instant un edge infini pour qui est prêt à prendre cette route tumultueuse qui consiste à naviguer les orages de l'inconscient. Car la variance n'est pas orageuse, elle est neutre, vide, elle est structure du jeu, illusion au fond. Ce sont les émotions suscitées par cette vacuité qui sont réelles, au sens où elle change notre vision du monde (du poker).

    Rendez vous compte que la différence entre une session positive et négative repose sur la réussite ou l'échec de quelques C-bet, ou de quelques steals. Vous le savez n'est-ce pas? Et pourtant j'oserais dire que vous ne le savez pas ; vous le savez dans l'intellect, mais pas dans la chair ; votre chair en souffre encore.


    Certains joueurs blâment la variance pour leurs résultats (incompréhension fondamentale de où vient la circulation monétaire dans le jeu).
    Certains justifient leurs plays avec la variance: genre le pire nit de l'univers me 3b et j'ai QQ, standard stack off, c'est un cooler, etc. L'autre jour j'ai open QQ, me suis fait 3b dans un spot où vilain avait pour moi KK-AA uniquement, avec peut-être 10% de marge d'erreur, j'ai call preflop pour juste check-snapfold un flop 832r. Et ça ne m'empêche pas de call down super light dans d'autres spots. Vous êtes autorisés à faire ce que vous voulez au poker. Vous avez le droit de folder KK pour 30bb en MTT si vous avez un sick read. Vous avez le droit d'open fold AA preflop, même si c'est évidemment une erreur technique, de façon à vous préparer mentalement à faire des folds difficiles (Tommy Angelo parlait de ça).
    Si vous êtes du genre à penser que des situations sont standards, et qu'il faut toujours stack off AK ou QQ pour 100bb en NLHE 6max, vous êtes un fish. Si tout vous indique que votre adversaire vous bat, que vous le sentez profondément dans votre bide, mais que vous mettez quand même l'argent au milieu parce que 'c'est comme ça', ou 'je me fais exploiter si je fold QQ preflop', cooler, standard bro, et bien vous laissez de l'argent sur la table, et vous justifiez votre paresse par la variance. Les top joueurs font des sicks calls, des sicks bluffs, et des sicks folds. Ils font tout en fait. Rien ne leur est impossible. Ils savent caller avec bottom pair parfois, ils savent fold 2nd nuts parfois. Ils formulent un read et le suivent. La variance n'est pas utilisée pour créer un flou artistique leur autorisant à faire des calls ou des folds paresseux.

    Les maîtres:
    ;
    Je ne dis évidemment pas de fold souvent QQ preflop, à mon avis l'idée est claire. Ce que je dis n'est pas facile à appliquer. Si je le formule, c'est précisément parce que je m'attèle à faire mon maximum, et à augmenter mon maximum, et que je vois à quel point c'est compliqué. Je spew à 100%. Mais c'est une chose de faire des erreurs, une autre de les entretenir.


    La variance a beaucoup d'autres facettes. Vous ressentirez la variance dans les mains que vous recevez et l'évolution du board, dans les actions de vos adversaires. Mais il y a aussi variance dans nos états mentaux. Certains jours on misplay complètement, d'autres on est 'in the zone'. Il est facile d'oublier que notre cerveau peut juste bugger, ou plus exactement notre conscience peut se faire prendre par des forces diverses (l'inconscient est un océan), et sans prévenir, nous faire oublier un facteur primordial pour la décision.
    Si on oublie que des choses de ce genre arrivent tout le temps, on oublie le chaos de l'Esprit (et de la matière, suffit d'avoir un peu mal au bide pour que notre comportement s'en trouve profondément altéré). Beaucoup de joueurs ne parviennent pas à comprendre ce décalage entre ce qu'ils peuvent faire dans leur optimum et ce qu'ils font parfois quand leur concentration lâche ; comme s'ils étaient 2 personnes différentes. Cela peut sembler tellement absurde que peu cherchent même à comprendre, encore moins à travailler pour réduire l'intensité et la fréquence de leurs explosions cérébrales.

    Il y a variance parce qu'on s'attache à l'évolution de notre stack en MTT (voire même en cash game à vrai dire). Si on est chip leader on se dit qu'on mérite la TF. Absurdité complète.
    Il y a variance dans les reads: parfois on prend une décision qui nous paraît bonne et notre adversaire nous call avec une main qui contredit complètement notre read. Est-ce que ça signifie que notre read était mauvais? Souvent, oui, et il faut alors reformuler un read à partir des infos obtenues, mais il est aussi fréquent qu'on prenne la meilleure décision possible avec les infos qu'on avait. Et fatalement, on remettra en cause notre read et notre jugement, alors même qu'il étaient bons au moment où on les a formulés! Il y a toujours incertitude, on est contraint de faire avec, sans s'attacher, seulement avec la volonté d'apprendre de ce qui se présente. C'est la zone grise, pour reprendre un terme maintenant bien connu utilisé par Tommy Angelo et Manub.
    Il y a variance parce que nos adversaires sont peut-être bourrés certains soirs et pas d'autres, peut-être qu'ils se sont disputés avec leur femme, ou qu'ils ont mangé un poulpe.


    Le point principal où j'essaie assez maladroitement d'arriver, est en fait un point multi-facettes:
    1- beaucoup de choses sont hors de notre contrôle
    2- beaucoup de choses sont floues et impliquent une marge d'erreur immense
    3- malgré 1) et 2), peu sont ceux capables de voir qu'ils ne contrôlent rien, et que leur contrôle sur les choses est absolument foireux (généralement trop rigide ou trop réducteur). Il en découle souvent une frustration immense, frustration dont semblent se nourrir la majorité des joueurs de poker
    4- peu sont capables de garder la tête froide et de gérer d'une part leur volonté de contrôle, d'autre part la résonance chaotique du poker (ou de la vie à vrai dire) qui va parfois récompenser leur volonté de maîtrise, et parfois la punir, sans qu'une véritable logique se dégage de tout cela.
    5- il est facile d'utiliser les points 1) et 2) pour justifier nos erreurs, ou pour ne pas changer nos faiblesses, parce qu'on peut se reposer là-dessus pour oublier ce qu'on contrôle effectivement, c'est-à-dire la direction qu'on prend, la posture (de même qu'un marin ne contrôle pas le vent, il peut cependant orienter ses voiles. S'il blâme le vent parce qu'il n'avance pas, il refuse d'assumer la posture juste)

    Ainsi, paradoxalement, on trouve des grinders profondément malheureux (parce qu'ils ne savent pas gérer la dialectique de la volonté et du chaos), attachés à leurs résultats, dépendants même de leurs résultats pour leur existence égotique (investissement des forces inconscientes de réalisation dans la pratique du poker) ; ces mêmes grinders évolueront toutefois péniblement, stagneront, incapables de vraiment corriger leurs leaks techniques et mentaux, précisément parce que l'environnement pokéristique leur donne quantité de matériaux pour justifier leur incapacité. Ces matériaux naissent de la variance, de l'énergie qu'on y met, et pourtant je le répète la variance reste vacuité, elle n'est que pur phénomène et n'a absolument aucune importance qui ne soit pas illusion.


    Bravo à ceux qui ont eu le courage de tout lire, des éléments complémentaires à ce sujet viendront peut-être, c'est vaste (et dur à conceptualiser!!).
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    Marsou reacted to M€LJA for a blog entry, Et toi Melja, qu'est-ce tu deviens ?   


    Salut chers lecteurs même si je doute que vous soyez encore nombreux après plus d'un an sans publier .




    Je dois l'avouer,si tout irait bien et que j'aurais 4 tables qui tournent en ce moment , je n'aurais probablement pas pris le temps de revenir poster sur ce blog .




    Vous l'aurez remarqué, je ne suis pas une lumière en orthographe mais je vais essayer de faire du mieux possible pour vous raconter ma vie pokéristique et la vie du poker en général durant cette année passée .




    Commençons par le commencement , mon BAN des casinos français et des sites ARJEL suite à une altercation dans un casino .




    La plupart d'entre vous connaissent déjà l'histoire donc je vais éviter de revenir dessus même si il faut bien dire que cette sanction m'a quand même mis un gros frein dans ma vie de joueur de poker .




    Juillet 2012 : Suite à l'altercation du mois de mars , Je suis convoqué à la PJ de Lille où l'on me signifie l'arrêté ministériel qui m'interdit d'entrer dans tous les casinos de France et surtout de jouer sur tous les sites français agréer par l'ARJEL pour une durée de 2ans .




    La nouvelle est dure à accepter même si je m'y attendais après avoir eu des échos par des gens du milieu . Je décide dans un premier temps de m'expatrier en Belgique pour jouer sur le .com mais ma gestion de bankroll désastreuse va vite me résoudre à rentrer en France au bout de deux mois sans vraiment avoir pu m'installer sur le .COM.




    De retour chez moi complètement broke , je décide d'ouvrir des comptes sur les sites de poker français sur le nom d'amis qui ne sont pas joueurs .



    Winamax détecte assez vite la supercherie et me clôture mon compte . Aucun recours à faire, passons .



    J'ouvre ensuite trois autres comptes sur d'autres rooms qui me permettent encore à l'heure actuelle de jouer .




    Mais le soucis quand on joue sur le compte d'un autre, c'est qu'il faut être très discret ce qui veut dire ne pas parler de ses perfs publiquement, (assez chiant pour un bragueur comme moi) mais aussi faire très attention avec les cash out pour ne pas "déranger" trop souvent l'ami qui me sert de prête nom ni sa banque qui n'aime pas forcémment le poker ...




    Même si je réaliserais un gros hiver sur Barrière (+20k€) et quelques coups d'éclats en MTT (notamment la win d'un SCOOP et d'un HR sur pokerstars), mes sessions sont souvent dominées par le sentiment de ne pas être moi et surtout par ce tilt récurrent depuis des années qui m'empêche d'avoir une bankroll stable . Je me suis fait à l'idée qu'il ne me quittera d'ailleurs jamais .




    Pour ce qui est des tournois live, j'en ai disputé qu'un, le WPT Bruxelles à 1650€ en Février ou j'ai spew comme un cochon et bust au bout d'une heure . Pas de quoi raviver ma flemme pour le live !




    [idea=Et maintenant, on fait quoi ?][/idea]




    Je suis dans une période ou je me demande combien de temps vais-je encore avoir l'envie de jouer au poker ...




    Oui, j'ai gagné beaucoup d'argent ces dernières années (environ 150k€) mais tellement irrégulièrement qu'il m'arrive de rouler dans une belle Audi 6 mois et de prendre le métro les 6 mois d'après ...




    Croyez moi ou non, Il m'est arrivé cet hiver de dépenser en une après midi 10 000€ en liquide dans un café sur des courses PMU à coup de 1500€ gagnant par cheval . C'etait un samedi . Je me souviens que tout le monde me regardait échanger mes billets violets contre un vulgaire récépissé .




    Mes amis présents ce jour là et qui sont pour la plupart en galère avaient envie de gerber ...



    Et bien pas moi .



    L'idée que j'ai eu pour me refaire ? Miser le lendemain les 5000€ qui me restait sur un match de tennis féminin dont j'ai oublié le nom de la joueuse, je sais qu'elle avait un nom de russe qui m'avait inspiré confiance et qu'elle avait une cote de 1,75 . ma joueuse a facilement gagnée le 1er set 6-1 mais quand elle a perdue le second , je savais déjà au fond de moi que mes derniers 5000€ ne m'appartenaient déjà plus .



    S'en suivra quelques mois de galère où j'ai même du faire de l'intérim pour pouvoir payer mes factures .




    Comme beaucoup de joueurs donc, je suis un flambeur/spewtard dans l'âme et les rooms de poker l'ont bien compris : avec la mise en place depuis 2 ans des hyper turbo et déglingos, je suis tout simplement break even en HU, j'ai eu la chance de trouver une certaine réussite en MTT qui m'a permis de pouvoir encore gagner .



    C'est donc très difficile mentalement de toujours repartir jouer au poker et d'ouvrir des heads up à 10 balles ou pire encore bosser pour 70€ par jour à l'usine quand on a claqué 15k€ le mois d'avant ...




    C'est la principale raison qui me pousse à réfléchir à mon avenir car je me dis que finalement, l'argent du jeu n'appartiendrais t'il pas au jeu ?



    Mais ce n'est pas la seule raison qui me fait me poser des questions sur l'utilité de continuer au poker ...




    Le niveau des joueurs sur le .FR augmente de plus en plus , le FISC guette, mais surtout la lassitude du jeu et la fatigue mentale devient de plus en plus dure à gérer , je m'en expliquais sur un thread sur le CP qui parlait du blues du grinder il y a quelques mois :




    "Je ne parlerais pas des périodes de bads run car je pense que l'on vit tous à peu près la même chose dans ce cas, mais plutôt du mal être du joueur de poker même quand tout va bien :



    C'est vrai que je me sens privilégié face à mes amis qui galèrent à se lever à 6h du mat tous les jours pour un smic mais parfois , j'échangerais bien les rôles une petite semaine par mois . Je m'explique : Ne rien faire d'autre que jouer au poker sur son PC tous les soirs , parfois même le jour est vraiment lassant au bout d'un moment . Parfois j'ai vraiment envie d'avoir une vraie vie professionnelle avec des rapports humains etc (sauf à France Telecom
    ) ... Comme beaucoup l'ont dit , être joueur de poker nuit aussi à une bonne hygiène de vie (repas avalés à la hâte etc ..) et créer un décalage avec la vraie vie comme le fait de terminer une session à l'heure où d'autres se lèvent pour aller au travail .



    Il m'est arrivé de me sentir mal en rentrant d'un cash game live en casino à 6h du matin en croisant les enfants qui partent à l'école , même en ayant gagner un SMIC en 5 heures de session . Il m'est aussi arrivé de ne pas avoir envie de commencer ma session du soir mais de me sentir obligé de la faire , comme par manque ou par appât du gain .




    Pour être un joueur de poker épanoui , il faut être un bon gestionnaire (ce que je ne suis pas du tout) , et avoir un mental à toute épreuve . Il faut apprendre à aller se coucher à l'aube en ayant perdu 1K contre un mongolien qui comprend rien au jeu alors qu'on sait qu'en principe on aurait du lui prendre 2k ou encore perdre en 1 soir le bénéfice qu'on a mis 1 semaine à gagner , parfois plus . A part l'expérience rien d'autre ne peut apprendre à accepter ce genre de trucs .




    Ce que je trouve dur aussi c'est qu'il faut constamment apprendre à repartir de rien ou presque , nous jouons au poker pour gagner de l'argent . On part d'un petit dépot puis on grind pendant des mois jusqu'à atteindre une certaine somme et là on a l'envie de s'acheter quelque chose (ou de simplement payer ses factures pour ceux qui jouent à des limites plus basses) et on cash out et devons repartir de plus bas . Cet éternel recommencement est fatigant mentalement et c'est encore plus vrai en cas de brokage . Ce problème ne concerne pas ceux qui ont une gestion de bankroll parfaite mais je pense que l'on est très peu dans ce cas .




    On parle aussi beaucoup de la liberté de ce mode de vie mais je me souviens avoir refusé plusieurs fois des sorties avec des amis car "ce soir c'est dimanche et c'est jour de tournoi" ou " non ce soir j'ai 500€ à rattraper" sans parler des évènements de plus en plus fréquents ( FCOOP,SCOOP,WS etc...) qu'on a pas envie de louper et qu'il faut financer . On a beau être libre sur les horaires , ce jeu est notre gagne pain si on ne joue pas on ne gagne pas . ça demande énormément de temps et un joueur de poker travaille beaucoup plus qu'un salarié aux 35h et souvent 7 jours sur 7 .




    Pas de soucis donc avec le fait de gagner beaucoup plus d'argent que Mr Tout le monde car comme tout métier qui paie , il faut non seulement bosser beaucoup mais surtout avoir les compétences , voire un talent , ce qui n'est pas donné à tout le monde .




    Malgré tout ces inconvénients , Je suis d'accord avec ceux qui disent que réussir à gagner sa vie grâce au poker est une véritable chance mais il y a un dicton que j'ai entendu qui est on ne peut plus vrai : " Le poker est l'argent facile le plus difficile à gagner " . Cette phrase résume à peu près tout ."




    Et oui , ce n'est pas tous les jours facile et Chaque jour, on apprend la retraite prématurée d'un joueur et on sent dans le discours de tous que l'augmentation du niveau, la menace du FISC et surtout la pénibilité mentale du "métier" pèsent de plus en plus dans les esprits .



    [learn=Le poker, une perte de temps ?][/learn]



    Cette photo de moi à côté d'Arnaud Matern pendant l'EPT Deauville il y a déjà 4 ans illustre vraiment bien ce que j'exprime dans ce billet . Pourquoi ?








    Rappelons nous . à l'époque, je suis un jeune ramdom qui prend plaisir à jouer l'attention whore sur un forum de poker et qui rêve de faire une grande carrière de joueur de poker sponsorisé .



    Arnaud Matern est lui l'un des joueurs les plus reconnus dans le poker français partageant l'affiche de Pokerstars avec Elky .



    Ou en est-on aujourd'hui ? Pour moi on vient d'en faire le tour et rien de bien folichon .



    Mais pour Arnaud Matern, c'est encore plus terrible puisqu'il a perdu son sponsor et que çela fait maintenant 17 mois qu'il n'a pas fait ITM alors qu'il dispute encore de nombreux EPT .




    C'est donc ça la vie de rêve ?




    Et Elky il est encore là me direz vous ?



    En effet , il continue à parcourir le monde sous les couleurs de Pokerstars mais si Hendon mob lui retirerait les buy in de tous les tournois qu'ils disputent sans faire ITM, je pense qu'il ne lui resterait que la moitié de ses 10 millions de gains en live . et oui ça va vite quand on fait des one drop à 1M$ ou des super high rollers à 100k$ .




    Mais bon, tout le monde n'est pas Elky et nombreux sont les joueurs qui ont disparu du circuit soit parce qu'ils se sont broke même en ayant gagné des tonnes auparavant, (je pense à Kzouls qu'on ne voit plus sur aucun tournoi depuis plus d'an même si je ne sais pas si il est broke mais c'est fort probable) ou d'autres comme Tristan Clémençon .



    Rappelez vous il y a 6 ou 7 ans , le petit prodige malmenait ses adversaires sur les tables de Poker770, aujourd'hui, celui qu'on surnommait le PDG quand il était chez Winamax a finit par vraiment le devenir en investissant ses gains pendant son sponsoring dans la création d'une entreprise . Peut être le plus malin de nous tous ?




    J'ai donc l'impression que par les temps qui courent, la tendance est au déclin .




    Mais paradoxalement, les chiffres en terme d'affluence sur les tournois live sont très bons . On vient de battre le nombre de participants du circuit WPT à Marrakech et les WSOP-E d'Enghien sont dans la même lignée que l'année dernière malgré la perte du glamour de la Côte d'azur .




    Mon discours n'est-il alors pas trop alarmiste ou trop personnel ?



    Peut être est-ce juste la fin d'une génération de joueurs dont je fais partie que la routine et les frustrations des 80/20 décisifs perdus ont finit par lasser ? Réponse dans quelques années .




    Mais quand on regarde ce que sont devenus les précurseurs en la matière, il y a de quoi penser que le poker ne fût pour eux, comme pour beaucoup, qu'une brève illusion ... Rappelez vous : Pascal Perrault, Thomas Fougeron, que je me souviens avoir croisé il y a 2 ans à St Amand, cherchant désespérément un stacking pour jouer le 500 deepstack .



    Je ne cherche pas à me moquer de ses joueurs mais ils représentent pour moi le début du poker Français et je ne peux m'empêcher de les citer .




    Mais pas de panique, Il y aura toujours de nombreux candidats prêts à se lancer et à rêver de gagner sa vie au poker pour, pourquoi pas un jour, ship un gros tournoi live qui changerait leurs vies.





    Car, si les années passent, emportant avec elles les exploits et les souvenirs d'anciennes gloires , il y en aura toujours de nouvelles pour faire rêver le joueur comme Quentin Lecomte, qui du haut de ses 20 ans, ferait mourir d'envie tout ramdom qui bosse pour le SMIC toute l'année et qui vient de découvrir le poker .



    Le petit 2balla n'a jamais aussi bien porté son nom : en 2013, il a déjà encaissé 200 000€ et, cerise sur le gâteau, vient de trouver un sponsor à l'heure ou la majorité des joueurs perdent le leur . Mais le plus dur reste à faire : rester positif sur le très long terme .




    En fait, ce que je veux résumer de tout ce billet c'est que peu importe votre niveau, le poker, c'est des gains , des pertes puis des gains puis des pertes .



    Au final , tout cela commence à ressembler à une perte de temps pour moi et pour les stars mondiales de ce jeu, c'est la même chose comme le
    montre cet article datant d'aujourd'hui .



    Et
    Gus Hansen, ce "Dieu" du poker qui semblait maîtriser les cartes, comment se passe sa vie de joueur pro ?



    Je vous laisse chacun réfléchir à votre sort, quand à moi, je n'ai aucune idée de ce que demain sera fait . Peut être vais-je tenter de me faire stacker un petit montant pour jouer online car il est possible que jouer avec l'argent des autres me responsabilise dans ma gestion du tilt et de ma bankroll .




    Ah oui, au fait ... comme Gus, je viens de me broke . Contre ce fameux mec décrit plus haut, celui qui comprend rien au jeu, mais qui utilise la part de hasard à merveille . Cette même part de hasard qui finira un jour par lasser les meilleurs d'entre nous ...




    EDIT : La lassitude, Roger Hairabedian en faisait justement part lors d'une
    interview à Live poker hier :



    " """Mais j'avoue ressentir aujourd’hui une grande fatigue car toute une saison de tournois est très difficile et les jeunes sont plus affûtés physiquement que moi. Douze mois de poker en live à une cadence intense est très fatigant surtout vu mon âge et mon poids. il faut voyager toute l’année et cela peux coûter physiquement. Il faut aller au charbon. Je ressens aujourd’hui une lassitude après neuf mois de tournois. Quand les cartes vont bien tout est plus facile, mais quand elles se ternissent il est très difficile de tenir mentalement"




    Quelques heures plus tard , il remportait le second bracelet WSOP-E de sa carrière et les 150 000€ qui vont avec .



    De quoi relativiser et se dire qu'avec du talent, on finit toujours pas être récompensé un moment ou un autre et terminer ce post un brun nostalgique par une note d'espoir .

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    Marsou reacted to Bandecdc for a blog entry, La bulle à mille euro (et autres petites décéptions)   
    On est passé SI PROCHE que s'en est très frustrant !
    Après nous être fait dépassé par la dirtyteam à la 8éme ronde, la dernière allait être absolument décisive pour nous tous. J'ai bust en premier en ayant à moitié tilté/spew contre un joueur peu expérimenté qui a touché beaucoup de jeu contre moi (dont un limp/call shove ~18bb avec Q7 quand j'avais AQ pour toucher le 7 river notamment, beurk.). Maad est sorti peu après, suivi de Muffin qui avait pourtant gagné trois HUs avant de bust sur le 4éme.
    Il restait donc Palmzz qui à la suite de la réception (avec grand plasir) d'un grand nombre de livraisons et quelques hh de légende où il a own ses adversaires de façon épique, se retrouvait à la place du chipleader assez huge entre 13 et 10 left de son tournoi, avec trois fois la moyenne. Un rapide calcul et coup d’œil sur les résultats des joueurs des équipes adverses (lol non je déconne, on était fixé dessus comme des traders devant un discours présidentiel sur la guerre du golf) nous a amené à cette conclusion :
    "Palmzz, si tu finis 2éme ou mieux, on gagne le package ! Si tu finis 3éme, on perd à un point près. No pressure."
    Puis est venu un coup extrêmement sick où il perd un coup énorme à tapis contre le second en jeton qui ne jouait que 2 cartes dans le paquet à la turn (88 vs QQ sur 8xxx) et qui a malgré tout remporté le coup. En gagnant ce coup, il aurait commencé la table finale avec 5 fois la moyenne et 3.5 fois plus de jetons que le deuxième. Comme quoi des fois...
    Un peu déstabilisé, card dead pendant toute la tf et rattrapé par la structure, son avance a complétement disparue. Comme l'a fait remarqué Muffinman, jamais nous n'avions été autant comme des fous devant le rail d'un mtt à 2€ tout pourri.
    Tombé à 9bb en bataille de blindes contre un joueur très serré en bb qui n'en avait plus que 7, il demande notre avis sur un push avec 42o. Je lui conseille de push en précisant que c'est close mais pour faire 2éme ou mieux c'est la solution optimale, ce qu'il fait, et ça passe. Un tour plus tard, il trouve et push cette fois sans avoir à se poser la question. Vilain en face snap call avec et nous gratifie d'un petit "LOL PAS DEUX FOIS C TRO" dans le chat.
    Bravo jeune homme, tu viens de hero call 6 blindes avec un as en bvb, félicitation pour cet éclair de génie. Évidemment la main tient jusqu'au bout, omg ce tilt. OMG CE TILT. On y a tous cru encore quelques secondes quand la main d'après il nous annonce sa main sur skype "AK PAPA ! UNE FOIS !" mais c'était seulement pour tomber sur 22 en face qui touche brelan au flop.
    Bilan de la soirée : on termine à 96 points quand l'équipe gagnante, malgré un zéro pointé ce soir-là, termine à 101. Bravo à eux, c'était entièrement mérité. (pas d'ironie, je suis dégouté mais bon perdant).
    On ramasse donc un ticket à 100€ sur Winamax chacun. Muffinman, encore lui, a proposé qu'on se joue mutuellement en HU sng et qu'on split le mois prochain quand on se verra. Meilleure façon de prendre 95€ 100% du temps, je pense que c'est aussi une solution sage. En quelque sorte on peut dire que cette seconde place nous paye l'entrée à un des sides event. C'est toujours ça de pris.
    Pour la petite finale qui aura lieu demain, à nous 4 on dispose de 10% de chance de ship un package (puisque 40 joueurs), donc on discutera peut-être d'un éventuel swap ou d'un quelconque stacking en fonction du résultat. Wish us luck !
    Mais ce n'est pas tout, j'ai également joué toute l’après-midi et toute la soirée à ce jeu, en lançant un total de 40 games pour 335€ de buy-in cumulés.
    Après un début très difficile comme en témoigne
    je parviens à récupérer 100T€ sur un satellite, puis me hisse en TF du 3€1R1A et d'un petit 5€ KOP SH. Bien que je sorte très tôt sur ces tournois, douloureusement d'ailleurs, je complète avec deux seconde places sur des sng 27 joueurs, respectivement à 6€ et 12€. Puis en fin de soirée, alors que j'ai bien deeprun le main event des freeroll séries et le sunday full KO, je sors prématurément sur des énièmes coups à tapis, dont les deux derniers peuvent donner des hauts le cœur ( < suivi de < pour les 5 dernières bb arfff).
    Bilan de la soirée : +103€... Pour une session de 12h...

     

     


     


     
    Alors certes c'est l'équivalent d'une grosse journée de travail payée au smic et c'est ma 11ème session positive d'affilée, mais il n'empêche que j'ai du mal à ne pas être déçu de ces "demi-bons résultats". Le joueur de tournoi me comprendra.
    Au final au niveau de tous ces chiffres, je n'ai pas réellement à me plaindre. Je pense toujours être du bon côté de la variance après ces 1.6k-ish games. J'ai tenté quelques shoots sur les limites supérieures en SNG. Mais je pense que clairement ce n'est pas encore pour moi. Je suis bien plus à l'aise en micro-stakes pour le moment, que ce soit en MTTs ou en HUs. Entendez par là qu'on ne devrait plus me reprendre à chercher un adversaire en hu 50€+ avant quelques mois au bas mot. D'ailleurs si j'y suis positif sur ces stakes, c'est que - admettons-le modestement - j'ai run good.
    Dernier mot en ce qui concerne la projection que j'avais fais en début d'année sur mes résultats 2013 : j'avais prévu 10k de gain net en un peu moins de 400h de jeu. Je suis actuellement à 9270€ (rakeback inclu) pour moins de 300h et encore 3 mois avant fin novembre. Donc dans l'ensemble je suis plutôt confiant. Comme je l'ai dis dans mon précédent billet, mon objectif est de réaliser 500€ net avant le 25 du mois. Si l'on compte les 103€ d'hier soir et les 95€ que le HU avec mes équipiers va m'apporter, c'est déjà presque 200€ de réalisé. Il me reste donc un dernier petit effort (et/ou coup de pouce de dame chance) pour atteindre ce chiffre. (inb4 trois sessions à -250€ lol).
    Voilà voilà, à bientôt pour de nouvelles aventures !
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    Marsou reacted to hyune for a blog entry, Qualifié pour le cuts killer freeroll   




    Lundi soir après le boulot je rentre chez moi et je me lance dans une petite session de NL2 en attendant ma femme pour manger (bon on s'en fou un peu mais c'est pour le contexte). J'ouvre 4 tables et c'est parti !

    Sur une des tables je reçois sur ma première main, depuis la big blind. Ça fait toujours plaisir, d'autant plus qu'un gugus part à tapis direct, avec une cave complète. Je ne réfléchis pas trop (pas du tout en fait) et je call. Il montre (WTF ?) et je prends ça cave.

    Bon début de session. Sur la même table, main suivante au small blind . C'est sympa le poker des fois, d'autant plus que le même gugus repart à tapis . Bon je paye, il montre et je lui prends une seconde cave. Y a des jours comme ça. Je fais encore quelques mains, ma femme rentre et j'arrête de jouer.

    Ce matin au café, un pote me parle du challenge en cash game micro limite de cuts sur winamax:

    Je me rends sur la page du challenge et je vois que cuts c'est tapé la NL2 lundi soir, vu que j'ai fait une petite session je vais voir le classement. Cuts n'ayant pas été au niveau je me retrouve 92éme de ce classement, et par conséquent qualifié, en ayant joué que 173 mains, la classe !

    Rendez-vous donc dimanche soir pour le freeroll à 5k€, fais bien attention à toi cuts, je suis chaud bouillant !
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    Marsou reacted to olivierp for a blog entry, Mon poker   
    Bobi mon amour <3...





    Salut Bobi ! Ca va ?


    Y'a pas bien longtemps maintenant, j'ai eu un message de Bobi qui me demandais de participer à un thread qu'il avait initié, soit disant parce que parait-il que j'ai déjà joué pas mal de main à ce jeu de carte qu'est le poker. Le thread en question :

    Je sais pas si vous connaissez Bobi, mais faut le dire tout de suite, c'est 100kg de muscles () et un caractère ultra agressif. Donc bon, ça a beau avoir l'air d'être un message anodin, ce n'en est pas un... Et puis en plus je l'aime bien et j'ai envie de lui faire plaisir

    Par contre je suis un peu emm**dé, malgré ce que j'ai dit au-dessus, je ne vois pas bien quoi ajouter directement à la conversation. Donc j'ai décidé de feinter, de ne parler que de moi. Et vu qu'un blog c'est fait pour ça normalement, ben je vais le poster ici.

    Donc voilà, j'ai pris la décision de parler ma relation ( <3) avec le poker depuis que j'y joue. Ca fait un bout de temps maintenant, et je suis passé par pas mal de phases différentes. Avec du bien et du moins bien. Je vais forcement parler pas mal de ma vie autour et de ce qui a influé sur les décision poker, mais le but du jeu, c'est quand même de parler principalement de mes états psychologiques vis à vis du poker.

    Le poker : un coup de bol et un exutoire





    La galère


    Il y a très longtemps, dans une ancienne vie, j'étais en thèse. Et franchement c'était quand même bien la galère. Pas la thèse hein (quoique...), c'est vraiment un milieu qui me convenait bien et j'avais eu la chance de trouver un laboratoire avec des chercheurs extrêmement compétents et des étudiants avec qui je m'entendais très bien, bref y'avait tout ce qu'il fallait pour me plaire.

    Sauf que... J'avais quelque soucis de santé et j'allais pas super super. Disons que parmi les chose qui m'étaient difficile à faire pendant les quatre ans qu'ont durés cette expérience, y'avait : tenir debout (ça m'est arrivé un certain nombre de fois de m'écrouler dans la rue, comme ça sans raisons...), et arriver à faire une phrase en entier passé midi. J'étais un poil fatigué, tout le temps.

    En plus de ça j'avais un directeur de thèse que je considérais énormément, mais qui avait une petite tendance lunatique... Et manque de bol, il était en phase terminale d'un cancer à ce moment là, ce qui donnait une ambiance de thèse un peu particulière...

    Bon disons que l'un dans l'autre ça allait pas trop, que je passais beaucoup beaucoup de temps chez moi à ne pas faire grand chose, et une grande partie de ce temps sur mon ordinateur.






    Un coup de bol


    Ca a quand même pris un petit moment, mais c'est à ce moment là que j'ai trouvé le poker. Et j'ai vraiment tout de suite accroché. Et en plus de me passionner, j'ai eu la chance de pouvoir monter assez rapidement en 2/4 sans avoir ni un winrate fantastique ni un niveau délirant.

    Outre le fait d'y trouver une passion (ce qui est toujours sympa), à ce moment là le poker m'a surtout permis de penser à autre chose. Dans la vrai vie j'étais vraiment tout en bas, au fur et à mesure des mois qui passaient je faisais des croix sur les différentes voies qui s'offraient à moi pour mon futur. Parce que bon tenir debout et arriver à articuler des phrases cohérentes toute une journée durant c'est quand même quelque chose qu'il faut en général savoir faire.

    Le coup de bol là aussi, c'est que j'étais capable de jouer au poker à des moments où je n'étais pas capable de faire quoi que ce soit d'autre (parler par ex...), et même d'être un peu gagnant sans faire des efforts démesurés. Je jouais sur Doyle's room à l'époque, ceci explique certainement cela ...

    Je crois bien qu'à ce moment là, le rôle principal du poker a été de me permettre d'avancer. Je ne suis pas sûr du tout que j'aurais pu finir ma thèse si je n'avais pas réussi à "m'évader" grâce au poker. Ca m'a permis de ne pas trop penser à moi à un moment où ça allait pas trop, et où je ne pouvais pas faire grand chose pour que ça aille mieux.

    Bon en tout cas à un moment donné j'ai rendu ma thèse, je l'ai même soutenue. On m'a demandé ce que j'allais faire plus tard... J'avais fait un croix sur toutes les carrières "classiques", je n'étais très clairement pas en état pour les envisager. Et un truc sympa quand même, c'est qu'après avoir fait des croix sur tout, il me restait le poker. Je gagnais déjà un peu de sous, et j'adorais ça, y'a quand même bien pire comme voie de garage...

    Les circonstances auraient été différentes, je suis à peu près sûr que je ne me serais pas lancé dans le poker "à temps plein", pour tout un tas de raison. Mais en tout cas, les choses étaient ce qu'elles étaient, et j'ai encore aujourd'hui l'impression d'avoir eu un bol fou de découvrir le poker à ce moment là. C'est quelque chose que je garde encore en tête aujourd'hui.

    Le poker compétition





    Sky 10/20 is the limit


    Tout juste sorti de ma thèse, j'avais deux objectifs relatif au poker :
    Me servir de mon nouveau rythme de vie de pouvoir regagner en forme
    Progresser au poker

    Pour me mettre dans l'ambiance quand même, je commence par un bad run incroyable (pour moi à l'époque) d'un mois. Un vrai hein, pile ce qu'il faut pour être en confiance...

    Ca se passe assez rapidement mieux quand même, et je regagne en forme petit à petit. Donc bon, le premier objectif se réalise doucement, reste à progresser. Quatre-cinq mois après la fin de thèse, je met enfin l'engrenage en route : je joue énormément en heads up. En plus de ça j'avais trouvé deux américains motivés pour progresser. On enregistres des vidéos de nos matchs, on les commente. Ça et le heads up, c'est le top absolu pour apprendre le poker.

    Je n'avais pas l'ambition de monter toutes les limites en HU, ça se passait bien, mais j'avais comme objectif de retourner au short handed ensuite. C'est ce que j'ai fait. Passé quelques réadaptations, je pouvais monter en 5/10 et me débrouiller très bien sur ces tables.

    Dans le même temps j'essayais d'autres variantes, le HU PLO en particulier où j'ai joué pas mal de mains. En tout cas je prenais énormément de plaisir à apprendre.

    J'essayais de passer en 10/20, je me cassais les dents.

    Je réessayais de passer en 10/20, je me cassais les dents à nouveau.

    ...

    Bref, j''avais du mal à monter plus haut, mais j'avais passé quelques mois "à fond" poker, en progressant et en regardant vers le haut : c'est vraiment une période que j'ai beaucoup apprécié. J'avais vraiment l'impression de faire partie d'une compétition mondiale. Je cherchais à monter les divisions, une à une, et j'y arrivais en partie. C'était vraiment bon.

    Clicking buttons




    Pas très bien dormi cette nuit...


    Et puis je suis retourné sous cortisone. C'est incroyable comme ça rend nerveux ces conneries... Au bout d'un mois à quatre heures de sommeil par nuit, je commençais à me sentir super limite en 5/10, trop fatigué. Et pour en rajouter une couche, je ressentais le besoin de canaliser la nervosité du moment.

    C'est là que j'ai commencé à vraiment mass multitabler, je me suis dit que c'est ce qui correspondait le plus à mon humeur / niveau effectif du moment. Je suis descendu en 2/4, je jouais 16 tables (limite de FT à l'époque). Si je me sentais encore plus limite, je descendais encore d'un cran, en 1/2, pour me sentir à l'aise.

    Ça dure un bon moment comme ça. Et puis le .fr est arrivé.

    Y'a un truc horrible avec le multitabling, c'est que c'est terriblement difficile de revenir en arrière quand on y a gouté...

    Donc je continue.

    Début août, ma femme se retrouve alité pour au moins deux mois. Donc bon, la vie sociale à ce moment là est plutôt en stand by. Alors je décide de me fixer un objectif : faire sne en quelques mois. Je joue une tonne en nombre d'heures et de tables, et trois mois après c'est plié : j'ai fait mon million de mains.

    Ça peut paraitre très bourrin, mais au final j'en ai un bon souvenir. J'étais motivé par un objectif, j'ai passé beaucoup de temps en couple, on attendait un petit. Un petit coup de mou quand même au milieu où j'ai eu mon pire bad run en terme de set up / flips. Si je me souviens bien, au bout de 100k mains début octobre, quand je prenais mon tracker, la première main avec laquelle j'étais gagnant c'était AQo... La bonne nouvelle quand même, c'est qu'à ce rythme, 100k mains ça dure dix jours...

    Papa





    Mon ptit


    Et puis je suis devenu papa. Au niveau poker, ça a marqué la fin d'une période où je jouait énormément de mains en prenant du plaisir.

    J'ai aussi déménagé en même temps, emménagé dans un appart en travaux, et fait une partie de ceux-ci... Quand est venu la fin du congé maternité de ma femme, je me suis occupé de mon petit, en attendant la crèche qu'on ne devait avoir qu'à la rentrée. Et puis avec les histoires d'adaptations, de travaux dans la crèche voisine... La rentrée en fait c'est fin octobre. Et fin octobre c'est le début des épidémies, et le p'tit avait pas encore fait ses défenses immunitaires... Donc bon, malade tout le temps, je continuais à le garder très souvent, fatigué par ses non nuits en plus...

    Au milieu de ça j'essayais de jouer au poker... Je l'ai vraiment très mal vécu. J'essayais de jouer dès que j'avais un moment de libre, donc forcément fatigué, nerveux, pas dans de bonnes conditions. Mes sessions duraient souvent moins d'une demi-heure, et pour arriver à faire des mains, je me retrouvais souvent sur trente tables....

    C'était complètement con, je n'arrivais simplement pas à accepter que je ne pouvais pas avoir le même rythme de jeu dans ces conditions. Et j'empirais la situation en voulant le forcer à tout pris.

    J'arrive quand même à faire un bilan en fin d'année (après avoir fini SNE avec une gastro à Noël chez mes beaux parents...) : je fais de la m**de. Et pire que ça, je le vis terriblement mal. Je décide de prendre du recul avec les résultats, et surtout de ne plus me donner d'objectifs poker. Je joue quand je me sens de jouer et j'essaie au maximum de ne rien forcer.

    Un aparté quand même, autant j'ai très mal vécu ma gestion du poker, autant j'ai eu la chance de participer à CPR à ce moment là, et j'y ai pris énormément de plaisir. Je crois que ça a énormément compensé le coup de mou lié au jeu en lui même.

    On arrive à l'an dernier, et j'ai déjà pas mal parlé de ces périodes dans mon blog.

    Quelque chose dont je suis assez content, c'est que j'ai plutôt bien vécu ma pire année poker. J'ai fait (beaucoup) moins de volume, et je pense avoir relativement bien joué pendant une grosse première moitié d'année. J'ai delete mes databases pour éviter de trop les regarder, mais de mémoire, j'étais 5bb/100 en dessous en ev au bout de six mois et 350k mains. Tout en étant gagnant.

    J'ai voulu faire une revanche contre ohsosick, j'aurais certainement du éviter... Je perds vraiment énorme et je crois que c'est la première fois depuis que je joue au poker que j'ai été incapable de reprendre la souris pendant deux ou trois semaines après m'être fait démonter... Ça je ne l'ai pas bien vécu.

    Et puis de septembre à décembre, j'étais vraiment très bas physiquement. Incapable de remonter la pente. J'ai très peu joué, et quand j'ai joué, j'ai très mal joué...

    Mais encore une fois, je crois que la seule chose que j'ai mal vécu niveau poker c'est le HU contre ohsosick. Je me suis pas mal détaché du reste, et c'est quand même beaucoup plus facile à vivre comme ça. Je vis quand même les hauts et bas liés au poker, je ne pense pas qu'on puisse totalement les éviter, mais au moins ça ne me mine pas plus que ça.

    Je pense que c'est un peu mon état d'esprit actuel, je suis explosé à peu près tout le temps, et si y'a un truc qui m'affecte, c'est bien ça. J'essaie de gérer ma forme, ma famille, mes amis, et je galère pas mal là dessus. Le poker vient après, et il a son importance.

    Deux choses pour finir :

    Quelque chose qui me surprend au fur et à mesure du temps qui passe : je prends toujours du plaisir à jouer. Alors bien sûr, les raisons de ce plaisir ont évoluées au fur et à mesure du temps, mais je pense que ce n'est pas le cas de tout le monde et que ça change absolument toute la relation que l'on peut avoir avec ce jeu.
    Ma relation au futur à complètement changé avec le poker. Avant, j'avais l'habitude d'essayer de me projeter à 5/10 ans pour savoir où je voulais être. Je ne le fais plus, je ne vois pas bien comment le faire en jouant au poker. J'ai d'ailleurs l'impression de m'y habituer plutôt pas mal. Depuis que je joue j'ai l'impression que ça peut s'arrêter du jour au lendemain. Un jour ça s'arrêtera...
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