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natanoj

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    natanoj reacted to FishyDoui for a blog entry, Hors sujet: La dureté du poker live   
     
    Juste un petit post pour revenir sur le week end que j'ai passé et la violence psychologique que peut parfois apporter le poker ... 
     
    Pour re-situer la chose, je suis partit du jeudi au dimanche à Lyon pour jouer le FPO avec deux potes.
     
    Jeudi :
    Arrivé à l'hotel, je fais un sat à 100€. Une boucherie, je saute ! 
    18h je buy-in le Main en tardif (600€) Je gagne pas un coup... Bust rapidement ! Retour à l'hotel pour attendre les copains... 
     
    Je sens déjà les premières sensations de frustration mêlés à de la jalousie ! Jalousie car un de mes potes se qualifie au Day 2 et l'autre chip le sat du Main...
    Mais bon rien de grave, demain il y a un autre Day 1 on est motivé et on avait prévu le budget.
     
    Vendredi:
    Il est 12h32 et le tournoi commence à Midi. Rien de grave puisque la structure est belle. Mon pote dort toujours et on avait convenu d'y aller ensemble. Mais je ne tiens plus en place... Il faut absolument que je joue ! 
    Je prend un Uber, je mange en speed et GO pour grind !
    Enfin grind c'est un grand mot... Des que mon pote arrive dans le tournois (~1h30 plus tard) j'ai déjà perdu 1/3 de mon stack !
    On ne me verra plus dans le tournoi après la prochaine pause... A quoi cela serve que je raconte mes coups c'est toujours "Ce fameux fish qui chatte tout... Il y en a toujours un et ça tombe sur ma gueule !" (La variance)
     
    Je retourne à l'hotel pour rejoindre mon pote qui s'était qualifié pour le jour 2. Le troisième nous rejoins pendant le dinner break et nous apprend qu'il a très peu de jetons. 
    Le pote déjà qualifié pour le day 2 décide de faire un sat pour le High Roller (20h), mon pote va reprendre son tournoi (20h15) et c'est maintenant que nerveusement ça va se gâter... Car en parallèle j'apprend que d'autres potes vont à une soirée se mettre une cuite et voir des filles.... Ils profitent des plaisirs simple et peu couteux pendant que moi j'ai déjà dépensé 1 300€ (Hors frais annexes) pour rester assis avec des inconnus (que j'ai finit par détester au final) et me voila maintenant tout seul dans cet hôtel miteux à 20h...
    Je vrais vraiment resté dans cet hôtel m**dique ?
    Hors de question, Nique sa Maman, je retire presque tout le plafond de ma carte et j'emprunte 100 balles à un pote et je fais l'ultime jour 1 du main (Un turbo ou j'apprendrais plus tard qu'en réalité je n'avais pas le droit de le faire...) 
    Début du tournoi 21h ! Une table ultra facile, les mecs sont claqués ils ont pas le temps: PARFAIT !
    On ne me verra plus à la première pause.... (Pour la petite histoire, si j'avais survécue à la pause, on aurait retiré mes jetons et remboursé le tournoi car je ne pouvais pas participer à 3 day1...)
     
    J'attend mon pote qui finit lui son Day 1 de midi. Il me dit qu'il termine avec un stack énorme... Il m'invite au resto... J'essaye de faire bonne mine et le féliciter, d'écouter ses coups... 
    Mais j'ai envie de vomir... J'ai pas faim... Pour la première fois de ma vie, j'ai frôlé la dépression... Perdre autant de temps et d'argent pour ça... Je me met soudainement à penser à mon neveu et ma nièce.. Leurs sourires et leurs joies simple... Je pense au fait que je n'ai pas de copine et que je passe beaucoup de temps enfermé dans ce casino, dans un monde faux... 
    Je me rend compte que j'ai pris 2 jours de congés et une grosse sommes d'argent pour en réalité passer un week end à déprimer...
    Pis finalement, je finis par me remettre les idées en places! Je rentre me foutre sous la couette, un film... Demain est un autre jour ! 
     
    Samedi:
    J'apprend au réveil que mon pote à chip le sat High Roller... Ils ont tout les deux leur day 2 qui commencent à midi... Et moi je suis la, Broke ! 
    Enfin broke, pas totalement, il doit me rester 200€ de plafond. Y'a un 300€ qui commencent à 14h... 300€ ça ne représente plus rien pour moi ! La notion d'argent j'ai zappé!
    "T'a 100€ à me prêter?" et Bim me voila inscrit !
    Ce fut le moins pire de mes tournois ! j'ai même pris beaucoup de plaisir à jouer j'ai cru que j'allais finir énorme mais un mec qui ne devait s'en doute pas m'apprécier à décider de 5bet shove AQo après mon NewYork Back Raise avec KK. Parfait, un pot à 140K pour 30K de starting: Alons voir un board... AS....
    Je termine la journée avec 111K. Structure boucherie, 15bb à 12 places des payés.
    Un de mes potes à fait ITM sur le main pour 1.2K€ et il décide de faire le HR avec mon autre pote.
    Ils font day 2 parfait, on sera 3 à joué demain ! 
     
    Dimanche:
    J'emmène mes deux potes à leur day 2 (12h). Et je retourne me reposer à l'hôtel et prendre une douche, mon day 2 ne commençant qu'à 14h. 
    J'arrive dans la salle et j'apprend que pour eux tout se passe bien, ils montent des jetons sur le HR. A moi de jouer ! 
    Malheureusement, je ne trouverais aucun spot favorable pour doubler mon stack. Je ne réussirait même pas à prendre les blindes une fois... 
    Le directeur annonce que nous jouerons le main par main jusqu'a la prochaine élimination. Il me reste 2BB et je suis de BB.... QTs... On y va ! 
    BubbleMan !
     
    Et la c'est devenue tendu... Mais vraiment tendu... Je savais que j'allais devoir attendre mes potes pendant très longtemps... Sans nul part ou aller (Nous avions rendu la chambre) seul avec moi même... Dans ce casino.... 
    Je n'ai même pas honte de le dire: j'ai eu envie de pleurer ! Ce jeu que j'aime tant est en train de m'anéantir ! Je suis en train de réaliser que les joies qu'il apporte ne sont rien comparé aux souffrances... 
    Je vais fumer, je vais dans la voiture, je joue à un jeu m**dique.. Je regarde le week end des gens sur les réseaux sociaux... Je finit même par claquer 20€ sur une machine à sous débile.... Seul, ça tourne plus très rond dans ma tête.... 
    En fait, je suis seul sans être seul... Nous sommes une centaine à errer, refaire les coups ou fumer clope sur clope dans le froid... Personne ne parle à personne... Chacun reste enfermé dans son désespoir... Comme la plupart du temps on est entré dans ce casino la tête rempli de rêves et on y est maintenant enfermé et rattrapé par la réalité ! 
     
    La réalité que j'ai gâché plus d'un smic et 2 jours de congés,  pour les passer loin de ceux que j'aime et prés de ceux qui me haïssent... Car oui, les connaissances du poker ne sont qu'éphémère et l'amitié y est impossible ! 
    Après quelques heures de solitude.... Un pote finit pas bust . Un zombie de plus dans cette enfer... Mais au moins un zombie avec qui discuter !
    Mon autre pote finira par sauter également... On prendra la voiture peut de temps plus tard... Et au bout de 20 min de route, les sourires reviennent et la vie reprendra son cours comme si de rien n'était.... 
    On a qu'une seule idée en tête: Quand est-ce qu'on retourne faire un tournoi?! 
     
     
     
    A tête reposer et quand on lit ces lignes on peut se dire que c'est une histoire classique du poker ! Et c'est malheureusement vrai... C'est l'histoire de 95% des joueurs de poker ! Des perdants qui perdent leur temps et leurs argents pour écrire quelques belles histoires... Mais pas la leur ! 
    Un quotidien dont finalement peut de gens parlent ! J'avait vu une seule fois un joueur pro, briser le silence et dire qu'il avait fait une dépression l'ayant mené jusqu'a une tentative de suicide.... 
    Car pour moi, aussi douloureux qu'est été ce week end, j'étais dans un bon état d'esprit en partant, j'ai un travail et l'argent que j'ai utilisé ne m'était pas vitale.
    Mais que ce passe-t-il pour quelqu'un qui est dans un mauvais état d'esprit, qui n'a plus une thune et qui n'a pour unique revenue que le poker ? 
     
    Pour clôturer ce post et comme il vient de sortir je vous invite à regarder le reportage Un jour viendra . Il retrace en grande partie le sentiment de ce post...  Les témoignages y sont poignant car gorgés de réelles expériences ! 
    Evidemment, je retournerai jouer en live et évidement ce jeu est magnifique !! Mais si vous donnez à ce jeu trop d'importance par rapport au reste de votre vie, si vous comptez uniquement sur ce jeu pour vous construire et générer vos revenues.... Vous serez parmi une foule d'une centaine de personnes dont un seul aura le ticket gagnant ! 
    J'ai eu la chance une fois de gagner 19 000€ dans un tournoi... Un One Time qui finalement ne sert qu'a tenir peu de temps... On rêve, on profite, on profite, on recommence... Et mince... C'est plus notre tour ! 
     
    Je sais que j'ai pas beaucoup de lecteur de ce blog, mais je rappel que ce blog est avant une manière pour moi de faire ressortir mes émotions. C'est mon journal intime 
    Ca m'aide à dédramatiser . 
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    natanoj reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Session Zoom 200   
    Salut les copaings.
     
    Vu que je me prépare à faire un twitch MTT incessemment sous peu, j'ai décidé de tester mes configs et d'enregistrer une petite session de Zoom 200 NLHE sur ps.eu.
    J'ai fait quasiment que des mtts cette année, mais je me remets au cash game ce mois-ci. Pas déçu de mes sensations, je sais encore à peu près ce que je fais.
     
    Voici le lien.
     
    Enjoy!
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    natanoj reacted to olivierp for a blog entry, Une introduction aux "solveurs"   
    J'ai dans les tiroirs un article que j'avais écris pour (feu) so poker n°3, je me dit que tant qu'à faire, autant le poster sur le cp :
     
     Une introduction aux solvers
    A haut niveau, le poker façon grand mère est révolu depuis un petit moment. Les recettes de cuisine que l'on pouvait utiliser en s'inspirant des mooves de Durrrr dans High Stakes Poker sont un peu passées de mode...
    Les joueurs progressent d'années en année et une approche plus équilibrée ("GTO") est désormais la norme.
    Une révolution récente qui a permis à cette approche de faire des pas de géants est l’apparition de solveurs. Il s'agit de logiciels permettant de calculer des équilibres entre adversaires : on rentre un certain nombre de paramètres initiaux (éventails de main, taille des tapis, taille du pot, mises utilisables, etc...), le logiciel mouline et nous propose une stratégie à adopter qui est sensée être « inexploitable ».
     
    Ces logiciels se heurtent à plusieurs limites. En effet, il ne sont utilisables qu'en situations de heads up et les résultats obtenus sont en général très complexes à mettre en œuvre et donc difficilement exploitables.
    Ils permettent aussi de dire tout un tas d’âneries si l'on ne fait pas bien attention à ce que l'on fait.
     
    Prenons un exemple pour éclaircir tout ça (si tout se passe bien ) 
    La situation J'ai pris comme point de départ une vidéo de Ben Sulsky (Sauce123) sur RunitOnce où il analyse une situation UTG+1 vs Btn sur un flop  à l'aide de Piosolver (un des solveur existant sur le marché).

     
    Pour résumer la vidéo, l'idée est d'étudier les profils de continuation-bet de nos adversaires et de s'y adapter correctement.
    Bon, il ne s'agit ici évidement pas de faire un résumé de la vidéo, mais de voir assez rapidement comment « marche » un solveur, je ne parlerais que de la situation au flop.
     
    Les ranges C'est le premier paramètre que nous allons devoir rentrer dans le solveur. Je ne me contenterai que de reprendre les ranges proposées par Ben Sulsky (ci-dessous). C'est en général un bordel noir de les définir correctement dans une bonne partie des situations. Simplement parce qu'en fonction des joueurs, celles-ci peuvent évoluer une tonne (et que ça va avoir ensuite un effet monstrueux sur les stratégies proposées).

    range de relance utg
     

    range de call au bouton
     
    Pour lire ses ranges, le chiffre en dessous des mains correspond à la proportion de ces mains présentent dans les ranges respectives. C'est assez simple pour UTG qui va simplement relancer ou coucher, donc en règle général des 0 et des 1, mais ça devient plus dur à définir quand les joueurs ont aussi l'occasion de 3-bet.
    Par exemple Bouton paye 50% des ses suité parce que sa range est certainement construite avec une partie de relance et une partie de call (c'est standard de split ses ranges dans beaucoup de situation pré flop).
     
    Les ranges proposée par Ben Sulsky sont notablement plus large que ce que l'on rencontre habituellement. Pour donner une idée, UTG relance un peu plus de 20% de ses mains. Aux tables en moyenne limite, les ranges d'open varient globalement entre 13 et 20%. Bref, c'est large, mais pas fou non plus. Idem pour la range de call au bouton, qui pour le coup va encore plus varier en fonction des joueurs...
     
    Les paramètres Il faut aussi rentrer les paramètres de mises : quels montants par street, possibilité de raise, de donk etc...
    Compte tenu de la taille des arbres de calculs, on est assez vite limité en nombre de sizings, en plus d'avoir un résultats qui sera tout à fait inexploitable.

    paramètres entrés pour la simulation
     
    Pour le coup, les paramètres rentrés sont au plus simple : une seule taille de mise par street. Ca permet tout de même en général de donner une bonne idée de ce qu'il faut faire.
    Une approche classique est de lancer une simulation avec plusieurs sizing (disons 3, par ex 1/3 - 2/3 - 150% pot au flop) pour ensuite sélectionner le majoritaire selon Pio (s'il y en a) et relancer une simulation plus simple ensuite.
     
    Le calcul Sur notre ordre, Piosolver mouline. Une fois la précision demandée obtenue (c'est paramétrable aussi), il nous explique ce que l'on doit faire au flop. Commençons par la fréquence de mise d'UTG+1 :

    stratégie proposée pour  UTG+1, en vert les checks, en rouge les mises
     
    Verdict :
    il faut check quasiment tout le temps ! Pour être précis, les fréquences proposées sont miser 6,5 % / check 93,5 %. Cela va pas mal à l'encontre des habitudes que l'on peut voir aux tables...
    Cette stratégie est assez simple finalement, voyons ce qui est proposé ensuite pour le Bouton :

    stratégie proposée pour  le Bouton, en vert les checks, en rouge les mises
     
    Verdict :
    Cette fois ci, la stratégie proposée est plus compliquée : 50% check / 50% bet, et pas mal de mains peuvent à la fois miser ou checker, pratique...
    Nous pouvons avoir des informations sur la manière dont Piosolver partage les mains en fonction des couleurs des cartes, il suffit de lui demander. Prenons deux exemple : 88 et T9s :
                                                             
    proportion de check / bet en fonction des couleurs des cartes pour 88 et T9s
    Dans le cas de T9s, un thème se dégage : nous allons miser les mains avec des tirages flush backdoors. Dans le cas de 88, le thème c'est qu'on en mise une partie, pas particulièrement de logique qui ressort en fonction des couleurs de nos cartes.
     
    Pour pouvoir appliquer les stratégies proposées par les solveurs « dans la vraie vie » il va nous falloir simplifier les résultats. Par exemple dans le cas du bouton à qui UTG+1 à check :
    Les pocket pairs : check 66-TT, miser les nuts (brelans et overpaires 44-55-JJ-QQ) Les As suités : miser les plus petits as sans paires (A2s, A3s, A6s et A7s) + AJs, checker les autres As (ils ont plus de showdown value, donc moins intéret de faire fold des mains en face)
    Miser KTs, T9s, T8s, 98s avec les backdoor flush draws
    Au niveau des paires de valets : check les plus mauvais valets (JTs, J9s) et miser tous les autres
    Deux mains méritent certainement d'être partagées entre miser et checker pour se couvrir si une overcard arrive au turn ou à la river : AQ et KQ (Pio nous propose à peu près du 50/50 entre les deux options)
    Pour partager leurs mains, certains joueurs utilisent des « randomize », c'est un logiciel qui affiche un nombre entre 0 et 100 lorsqu'on le lui demande.
     
    Bref à chaque situation que l'on étudie, il faut en tirer des résultats qui soient applicables ET mémorisables, pas évident .
     
    Dans cet exemple, une seule taille de mise a été envisagée d'ailleurs.
    Pour information si laisse l’opportunité au bouton de miser 33%, 66% ou 150 % du pot, le solveur n'utilise quasiment que la mise de 66% du pot donc on est pas mal au niveau de nos résultats.
    Ce n'est pas toujours le cas, et ça augmente évidement la complexité des situations.
     
    On change un truc pour voir ? Un des commentaires sur cette vidéo est assez intéressant : en gros il dit que beaucoup de joueurs réguliers ont tendance à ne pas payer les pocket paires trop petites pré-flop, idem pour les connecteurs assortis.
    Cela risque d'avoir un effet extrêmement fort sur les stratégies vu que si l'on enlève 44-55-66-54s-56s de la range du Bouton, on lui enlève une énorme partie de ses nuts (brelans, double paire).
     
    Dans ce cas la stratégie proposée par Piosolver au flop change drastiquement (LOL) :

    Euh, le plan c'était pas de check 100% plutôt ??
    Cette fois ci, le solveur nous propose de miser 90% du temps ! Autant dire tout le temps... Alors que précédemment la situation était tout à fait inversée.
    Le résultat est logique, la présence / absence de nuts dans les ranges des joueurs est extrêmement important au niveau du déroulement de la main.
    D'ailleurs certains joueurs de relance pas non plus les plus petites pocket pairs et connecteurs pré flop UTG+1 ...
     
    Conclusion : L'idée de cet article était de donner une idée de ce qu'était l'utilisation des solveurs, et aussi de montrer leurs limites (en particulier au niveau de la définition des ranges des joueurs).
    Les résultats obtenus sont toujours très complexes à mettre en œuvre, et arriver à tirer des enseignements généraux demande à chaque fois pas mal de travail supplémentaire.
     
    Un petit conseil pour finir quand même : si vous jouez une main contre Jean-Michel Random qui joue 100% de ses mains et arrive pas à lâcher une paire post flop, rangez les solveurs au placard et jouez un bon vieux poker exploitant, l'approche « GTO » n'a d'intérêt pour faire simple que contre des joueurs de très bon niveau (ou inconnus ET qui ont l'air d'à peu près tenir les cartes).
     
     

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    natanoj reacted to NICEBET for a blog entry, Le Run Rose [PART 1]   
    Mes chers lecteurs,
     
    Voici déjà quelques temps que je rêve de faire des articles qui mêlent vie de tous les jours et poker. La tâche n'est pas simple car je suis un gros flemmard. Mais aujourd'hui, je vous poste mon premier essai. Je tire ma première cartouche.
    Vous comprendrez cette subtile allusion si vous continuez un peu plus bas.
    Depuis que je suis célibataire, je tiens à le rester. Mais surtout je tiens à faire du volume. "Devenir supernova".
    Pour vous et rien que pour vous, voici le résumé de mes conquêtes féminines. J'ai appris beaucoup de choses et je me dois de partager tout ceci. De plus, vous serez les plus à même pour comprendre les dynamiques lexicales de ce billet car vous pratiquez ce jeu magnifique qu'est: la vie quand on a sait jouer au Poker.
    C'est parti !
     
    K, 25 ans, serveuse: L'action se passe 1 jours après avoir quitter mon appartement avec la libellule. Je viens de poser mes cartons dans mon petit studio, je n'ai même pas encore l'électricité que je me retrouve à boire des bières avec K dès 16h. K c'est cette nana avec qui tu sens une tension sexuelle mais que tu ne vérifies jamais car tu es (était) en couple. Cette même meuf sur laquelle tu fantasmes, mais que tu ne touches jamais. C'est l'heure de vérifier si Mlle à ses papiers.
     
    On finit le premier pack de 12 et je snap call quand elle me suggère d'aller en acheter un tout neuf. Dans ses gestes gentiment ivre et son regard je sens que si on continue on ira à l'abattage. On va au spar, on rigole tout le trajet et sur le retour devant la porte du petit immeuble mes voisins du premier étage bet une bière et je raise immédiatement en leurs disant qu'on vient d'acheter un pack de 24. Il accepte.
    On rentre et grimpe au premier étage, le mec m'attend à la porte- sourire sur le visage. Ils sont 6 dans le studio par cette chaude après-midi d'été à Montpellier et quand je propose une bière, je me rends compte que tout le monde boit du tipunch sauf notre hôte qui est tranquillement au skycoca. OKLM. L'ambiance est vraiment cool, on se raconte nos life, les gars sont hyper intéressant. Ils ont beaucoup voyagé et font des études d'ingés. Ils sont Martiniquais et ayant eu une ex Martiniquaise avec qui je suis resté 4 ans et demi, ils s'espantent que je baragouine deux trois mots en créoles. On rigole vraiment bien, mais la cadence est violente. Il nous fait goûter une bonne partie des 20  bouteilles de rhum arrangé maison, fièrement exposé sur la table basse du salon. On boit un shot toutes les deux minutes, je vous laisse imaginer l'état de Papa. Prêt à gambler comme jaja.
    Deux bonnes heures plus tard, je passe le palier de sa porte avec K complètement saoule et je dois avouer que j'en mène pas large . Ivre mais joyeux-la sensation d'avoir value le voisinage, maintenant faut value la petite !
    On monte chez moi avec K et on continue à la bière... Comparé à la structure hyper turbo des tipunch ça fait du bien d'être à nouveau deep. L'éclairage se fait à la bougie car comme dit plus haut je n'ai pas encore l’électricité, ambiance propice pour du ponçage dans les règles de l'art.
    A partir de là mes souvenirs sont plus vagues mais je me souviens que la scène est assez unique. Nous deux assis sur mon lit, Boris Breja en fond sonore, au milieu des cartons et des cadavres de bières. Ça aurait fait une belle photo avec la lumière produites par la dizaine de bougies. On s'embrasse assez rapidement mais sans trop savoir pourquoi je ne suis pas très aggro et mes mains restent sages. Probablement due à ma récente rupture.  Une fois emballée, on parle beaucoup. Elle me réconforte car elle connait ma situation récente. On finit le pack vers 1h du mat et on se met sous la couette. On baise malgré une demi molle peu prometteuse. 
    Grosse déception. Ce n’était pas terrible, et ma performance fut bien médiocre. Moi qui avait imaginé la scène milles fois, je n’ai pas été à la hauteur-  elle non plus d'ailleurs. Je me suis sentis bizarre le lendemain. Sur le coup j'avais pensé à "Une incompatibilité sexuelle". En revoyant la main je me suis dis que c'était n'importe quoi de faire ça comme un gitan et je m'en suis beaucoup voulu. Il ne s'est rien repassé de plus avec elle par la suite malgré le fait qu'on  a continué à se voir en tant qu'amis. J'ai surtout compris que "ce genre de fille" est une chimère qui va et vient dans notre esprit mais qui en réalité est décevante quand on l’obtient car son désir n'a d'essence que dans l'imaginaire. Parfois il est meilleur que les fantasmes restent des fantasmes.
     
    O, 22 ans, étudiante en Pharma: Je l'ai rencontré sur adopte- Une des rares que j'estime encore. Une fille vraiment bien, qui mérite de trouver quelqu'un qui l'aimera et qui prendra soin d'elle.
     
    Je la rencontre dans un bar à bière hors de l'hyper centre de Montpellier (couleur de bière). Bonne nouvelle, elle est vraiment jolie. Elle a un truc qui me plait. Les cheveux mi longs, ondulés, des lunettes qui lui donne à la foi un air intello et coquine. Elle a un visage harmonieux et une voix douce. 
    Le bar ou on se voit est un lieu assez fréquenté du coup on doit s'asseoir sur le trottoir mais c'est directement cool et le courant passe bien. On fait connaissance et certains regards lorgnent un peu. Quand elle va chercher une recharge, elle se lève, passe derrière moi et je ne peux m'empêcher de me retourner dans la seconde pour mater ses fesses. Elle se retourne pile à ce moment et esquisse un petit sourire. Belle estimation de la range adverse me dis-je.
    En plus d'avoir eu un petit frisson du fait de m'être fait snapcall, j'ai la validation qu'elle à un bon tarma.
    Elle revient, toute pimpante, toujours adorablement maladroite et visiblement inquiète de l'état de déshydratation de mon jean. Elle renverse la moitié du verre sur mes cuisses et je lui dis "d'essponger" comme dans les visiteurs "avec tes petites mains", pour rigoler. Ce qu'elle fait immédiatement. Y'a toujours de l'EV à demander des trucs un peu osé avec un air léger #Astuce
    On finit les verres et au bout de 3 pintes chacun, elle me dit qu'elle connait un endroit rigolo. On arrive dans un petit bar aux beaux-arts, infesté d'étudiants en quête de détente à base de shooter et d'ambiance un peu beauf. Elle connait le patron qui nous snap paye des coups gratuit et qui nous autorise à rester alors que le rideau est fermé. Les premières paroles du taulier quand elle commande deux shooters me sont adressés et sont si délicate: "Ce soir tu baises champion". Elle raise en lui disant qu'il est con car elle est gênée mais au fond elle le prend en rigolant. Il nous offre les deux suivant "pour sa peine" mais me fait un clin d'oeil qui affiche clairement mon statut de "GOSS BO". put**n toi mon con t'as du en bourré des meufs ! Après les 4 shooters on commande une pinte pour aller s'asseoir au fond. On se prend une table à 2 avec banquette face à face mais elle vient à côté de moi. Y'a un  easy spot de 3 bet allin. Le son est très fort, on tente de parler sans trop de succès. Très vite ça me gave et je décide de suivre mon plan  de shove river. Lorsque je me lance, elle se recule-me regarde-sourit  et finalement m'embrasse. Pas très bien de mémoire, ou plutôt maladroitement mais j'ai aimé cette réaction, elle a du chien. On s'embrasse comme au collège pendant je ne sais combien de temps et je savoure ma première "vraie" conquête depuis mon ex. On rentre chez moi mais run better plz, elle à ses règles bien qu'elle soit chaude comme la braise. Je me souviens d'avoir pensé à l'anal mais sur le coup c'était un peu trop gamble de proposer direct la voie de l'ombre. On passera donc la nuit à se chauffer et à respectivement mouiller nos dessous. Elle me sucera pas et je me lèverais avec les couilles bien lourde mais satisfait de la soirée et de la personne. 
    Notre première fois se fera chez elle et j'avoue avoir était un peu déçu. Mais bon, toujours mieux qu'avec K et les fois suivantes c'était vraiment cool.
    Pendant deux semaines c'est un peu ma meuf jusqu'au jour où elle me dit qu'elle est finalement pas prête et que (surtout) son ex re frappe à la porte. Sortant d'une relation (vraiment) similaire à la sienne je ne la retiens pas et lui souhaite bon courage. En lui disant que si un jour elle voulait me revoir je n'y verrais pas d'inconvénients. C'est ce qu'elle fera 6 mois après mais j'ai dis que ces billets seront chronologique, donc tu attendra mon petit. Bref, ça m'a appris à ne jamais se lâcher en mauvais terme uniquement par fierté. Car sur le coup j'étais vraiment tilté et j'ai eu envie de spew. J'ai préféré tank fold, et l'attendre dans un meilleur spot...
    La petite anecdote drôle de son annonce  c'est le "timing  intéressant" lorsque elle me dit que finalement c’est compliqué pour elle, cela tombe le jour même ou j’avais passé la journée à Toulouse avec mon ex afin de nettoyer l’appartement qu’on avait ensemble. Il ne s’était rien passé entre nous mais la journée avait été intense en émotions et sur le coup mon seul réconfort était de pouvoir voir O quand je rentrerais. Même si on est bien en jetons, faut jamais croire qu’on va gagner le tournoi facilement.
     
    Alice- 25 Ans, étudiante en droit.
    Ce n'est pas une conquête. A la limite une conquête level collège mais pas plus. Cependant, il m'a semblé important de consigner cette expérience. Un bon gros value cut des familles.
     
    Je rencontre Alice sur Happn. Je me lève vers 10H et check l'appli, je like et "Je match". Toujours une petite sensation de run good quand le premier like match au réveil. ELLE m'envoie le premier message et nous discutons en coupure via l'appli toute la journée. En début de soirée, je bouge chez un pote à la campagne.
    Arrivé chez lui Alice refait surface et je lui donne mon numéro de téléphone. On continue par message mais la conversation change de ton. On se lance des compliments (elle est divinement faite) et s'en suit une escalade de messages très chaud à tel point qu'on envisage de se voir car elle en peut plus. Elle m'envoi des photos d'elle en string de dos pour me "montrer l'effet du sport" qu'elle fait tous les soirs. Je spot direct le piment tatoué sur sa fesse gauche, c'est une super coquine.
     Pour finir, mon pote n'étant pas au top de sa life à ce moment je décide de rester avec lui et on se donne rendez-vous le lendemain. On se rencontre vers le jardin des plantes pour partager un café. Le matin, on s'était dit la chose suivante. On craignait mutuellement et officieusement de s'être un peu emballé la veille. Du coup on se dit qu'on boit un café l'après-midi et que si ça match se revoit le soir. J'arrive un peu en avance et elle à l'heure. En plus d'être à l'heure, je la trouve classe avec son poncho parisien. Cheveux courts, une voix de femme et un parfum qui me parle. On s'assoie, commande et nous discutons les yeux dans les yeux. On parle de tout et de rien, mais clairement dans les yeux. On boit le café, fume un clope et lorsque je lui demande si elle veut autre chose, elle me dit :"Non c'est bon, mais si tu veux on peut boire un thé chez moi". Elle habite à 100 Mètres, c'est parti ! Je paye, sourire aux lèvres et cette fois le barman ne me dis pas que je vais baisais et que je suis un champion et je me satisfais d'un simple "votre monnaie". Le plat s’annonce pimenté.
    On arrive dans son appart qu'elle partage avec sa sœur, qui d'ailleurs à l'air surprise de me voir. Sa sœur c'est l'étudiante médecine qui à pas le temps d'être cool parce qu'elle doit bosser. On parle à trois de tout et de rien, et à un moment donné je m'imagine les prendre toutes les deux sur le canapé. Je suis coupé court dans mon élan quand elle annonce qu'elle part à la fac. Bon, j'en prendrais au moins une sur ce canapé me dis-je.
    Une fois tous les deux, on va dans sa chambre car elle veut me montrer une vidéo sur son Mac, qui se trouve sur son lit. Elle met la vidéo en question (la grand-mère, la soucoupe et le perroquet- j'aime ce choix). J'attends une minute de vidéo et tente de l'embrasser. Je dis bien tente, car elle me met un refoule, elle me dit "attend la fin de la vidéo". Je sais pas trop quoi penser donc  je réponds placidement "OK" mais je pense "wtf???".
    La vidéo se finit et elle m'embrasse langoureusement immédiatement. Sa respiration s'accélère, les mains se baladent partout et je me dis que je m'apprête à la chopper la comme ça en pleine après-midi alors que je la connais depuis 30 minutes. L’homme qui à était trop longtemps en couple trouve ça chelou,bizarrement. Je crois qu'elle se dit la même chose car on n'arrête de s'embrasser pour discuter.
     Elle me parle de tout et de rien, on roule un bédo qu'on fume vraiment vite et on se remet à s'embrasser. Sauf que je sens un malaise, mon 7ème sens détecte quelque chose. Je ne tente pas de la niquer sur le coup, me disant que j'ai plus de classe que ça et que j'aurais un spot bien mieux ce soir. En réalité je suis mal à l'aise et je ne sais pas trop pourquoi. On se quitte sur son pas de porte, et lui je fais l’erreur de lui envoyer un message dans la foulée pour lui dire que c'était cool- Pas de réponse.  Je sens le plan galère arrivé.
    En fin d'après-midi, toujours pas de réponses. J'insiste comme un fish, et elle me répond finalement à 22h00 "Oui désolé, en fait j'ai du monde qui est venu à la maison". Je reste poli parce qu'elle est vraiment bonne mais j'aurais dû lui dire f*ck à ce moment-là.  Je la laisse respirer pendant 48h et lui renvoi un message pour lui proposer un verre. "Oui pourquoi pas, demain si tu veux?". Great ! Le lendemain, quelques minutes avant que je parte je renvois un message "je décolle". Elle répond direct qu'en fait elle ne peut pas pour je ne sais plus quel raison. De là, je me dis ok bon t'es une connasse qui sait pas ce qu'elle veut. Mais je suis quand même deg de pas avoir pris le spot quand j'étais encore sur son lit. Comme une sensation de pas avoir value comme il fallait.
    2 Semaines après, elle me renvoi un message pour me demander de lui vendre de la beuh, ce que j'accepte bien que je trouve la demande suspicieuse. Je lui dis de venir chez moi car je ne me déplace pas et surtout pas pour elle. J'ai à peine le temps de ranger un peu et de me dire que "ça y est, là, je la baise", qu'elle est en bas de chez moi. Elle monte, enlève son manteau mais quand je lui propose un verre  elle me dit qu'elle doit conduire. Je lui demande donc ce qu'elle veut (oui exactement comme ça, en mode sous-entendu bien gras). Je rêve qu'elle me réponde "toi" mais je dois me contenter d'un très très très médiocre "un 10 euros stp", je réponds que je fais pas de 10e, minimum 5 grammes. Elle les prend, à crédit donc, ce qui implique de se revoir. C'est mon plan turn. On discute deux minutes mais elle est bizarre, je n’ose pas l'embrasser- j'aurais peut-être dû, mais après l'échec d'il y'a deux semaines j'étais un peu traumatisé. Pour finir, elle partira tranquillement et je me retrouve une deuxième fois, bien dégoûté. Mais je me dis qu'on va se revoir. En effet je la revoit deux jours après. Elle m'a donné mes sous en trente secondes chronos à la terrasse d'un café  et je ne l'ai pas revu pendant plusieurs mois.
    Je finis par la recroiser par hasard dans les rues de Montpellier, genre 7 mois après tout ça. Je suis avec plein de pote et quand je passe devant elle, elle est avec deux mecs. Je la regarde, petit sourire mais ne je ne vais pas la voir. On s'assoie avec mes potes en terrasse et je reçois un message "Et bin alors, tu ne viens pas me dire bonjour? Tu vas bien, ça fait un moment" - LOL, elle est tarée. Je réponds parce que j'ai faim, et elle me dit que ce soir elle est crevé, mais que demain oui carrément. Vous devinez la suite, elle annule via non réponse à mon message de validation, quelques heures avant le rendez-vous.... Pour finir je n'aurais jamais compris ce qui s'est passé dans sa tête. Je lui ai envoyé un dernier message il y'a quelques semaines lui disant que je partais bientôt et que si elle voulait qu'on se voit, c'était maintenant ou jamais. Pas de réponse, et une amère sensation d'échec. Je l'avais entre les pattes put**n !!!!
    La leçon que j'en ai tiré, c'est qu’il ne faut pas trop en dire par message, évité de se chauffer avant de se voir, favoriser la légèreté et surtout ne pas précipiter les choses car c'est effrayant. J'ai également appris à interpréter des signaux de plan galère. Je crois que ces meufs là partagent toutes des tells identifiables.
    Quand ça ne sent pas bon, il ne faut pas aller mettre son nez dedans pour vérifier que c'est de la m**de.
     
    C'est tout pour aujourd'hui mes conos ! Mais l'action n'est pas finit, il y'a 14 autres demoiselles qui ne demande qu'à rentrer dans ce blog. Pourvu qu'elles ne tombent jamais dessus.
     
    Gentlemanement votres,
     
    H
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    natanoj reacted to DonLimit for a blog entry, La créativité au poker   
    Hey,

    Je loge en ce moment au mandarin oriental qui doit être le meilleur hôtel que j'ai fais n'importe où dans le monde. Tout est vraiment incroyable que ca soit le personnel, le cadre, déco, services et tous les petits détails qui sont vraiment bien pensés. Les hôtels sont globalement assez cher à Macau par rapport à Vegas par exemple. Enfin si vous allez à Macau et que vous voulez les nuts en hôtel je vous conseille vivement celui-ci. http://www.mandarinoriental.fr/macau/
    Je discutais avec Gohanounet et Moirhums qui vont peut-être bientôt me rejoindre et ils me demandaient l'état des parties. Je leur disais ce que je racontais dans la précédente entrée que de nouveaux joueurs américains étaient arrivés ie Andrew Robl et David Benefield. Rui me disait que Robl était vraiment très bon en live. Les deux sont d'excellents joueurs qui ont eu de très bons résultats en high stakes mais ils ont une approche du jeu et un style assez différent.

    Avant de continuer, je vous encourage à regarder cette vidéo. Elle dure moins de 20min et vous devriez passer un bon moment à la regarder.

    http://www.dailymotion.com/video/xsah2i_sir-ken-robinson-nous-explique-en-quoi-l-ecole-tue-la-creativite_webcam

    Quel rapport avec le poker? De très bonnes vidéos ont été publiées ces dernières années en français qui ont été vues par nombre d'entre vous mais j'ai l'impression que ça a un peu tué la créativité de chacun. Vous avez vu un style de jeu gagnant en regardant ces vidéos. Certaines sont meilleures que d'autres et l'on a tous essayé de reproduire ce que l'on voyait faire par des joueurs que l'on respectait. C'est comme ça que j'ai commencé et certainement comme ça que vous avez commencé aussi. C'est un gain de temps énorme que d'écouter quelqu'un dire "tu dois faire ça, par contre tu perds de l'argent à faire ça." plutôt que de le trouver par soi-même. Mais imaginez la première personne qui a eu l'idée de faire un cbet avec rien du tout? de 2nd barrel? de 3bet light? de 4bet light? d'overbet les rivers? alors pourquoi pas les turns? Pourquoi pas ne pas miser 1/10 du pot river? Pourquoi ne pas tenter le fameux triple check raise? etc etc vous voyez l'idée.

    Sur winamax par exemple il y a un joueur qui a un style de jeu à part. C'est devenu une running joke. Il va tous nous broke. Ce joueur a de grosses lacunes techniques mais il compense par justement une créativité supérieure par rapport à bon nombre de ses adversaires. Si vous avez déjà joué avec lui, vous avez déjà vu des showdowns complètement improbables ou tout du moins des choses que l'on ne voit pas dans des vidéos. Alors je ne cautionne pas son style de jeu non plus mais force est de constater que tout le monde s'attendait à ce qu'il soit broke au bout de 2semaines et 2ans après il est toujours là en train de gagner. Il doit faire quelque chose de bien et mieux s'adapter à ses adversaires qu'on lui donne crédit.

    Pour en revenir à Macau, je pense que David Benefield est justement un joueur très créatif. Il n'hésite pas à sortir des sentiers battus, s'amuser avec les bets sizings, limper preflop ou prendre simplement des lines funky. Et c'est ce qui le rends si bon. Isildur est un autre exemple d'un joueur extrêmement créatif par exemple.
    Ca vous viendrait pas à l'idée de limper preflop? Tout le monde vous a dit que c'est mauvais. C'est vrai dans la majorité des cas mais quelque fois ca peut valoir le coup de limper preflop ou au contraire d'open à 50bb preflop.
    Je me souviens d'une main que j'avais joué sur FTP il y a 2ans. Je n'ai plus la hand history mais elle s'était passée comme ça:
    Blindes 5/10, on a 150bb effectif.
    Le joueur au cutoff est clairement un monstro fish qui n'aime pas folder preflop. Il limp 10$, j'iso raise à 500$ au bouton avec AA … et il call. Il a call tellement vite que j'étais déçu de pas avoir fait encore plus cher
    Vous voyez la différence de winrate entre un joueur qui open à 3bb au bouton et un autre qui open a 50bb quand le résultat sera le même? ie il ne foldera pas préflop, il a pas envie de folder.
    Et la bonne nouvelle c'est que je vais peut-être enfin revoir ces 500$ et le reste aussi

    Un autre exemple, vous relancez au cutoff à 30$ en 5/10 un joueur qui vous avez qualifié de straighforward pas très créatif vous 3bet à 100$ au big blind. On call.
    Flop (205$) monocolore. Il check.
    Au lieu de bet 120$ comme vous le faites d'habitude, pourquoi ne pas bet 40$? il va faire quoi avec son de toute façon?

    J'ai pas mal discuté stratégie poker avec chob sur de nombreux aspects du jeu et notamment comment exploiter certains type de joueurs.
    Je me souviens d'une main qu'il avait joué contre un joueur qui pot control de trop.
    Un joueur open au cutoff, tout le monde fold jusqu'à chob en BB qui call avec
    flop (65$) check, vilain check back.
    turn (65$) chob check, vilain mise 50$, chob check raise à 300$, vilain call
    river (665$) chob shove, vilain call JJ.
    Le pot control consiste à garder le pot petit avec une main marginale. Ici on peut voir que son plan n'a pas marché comme prévu ahaha.
    Beaucoup de monde à sa place aurait bet turn et bet river en ayant pris genre 12bb de value? il en a pris 100.

    Les meilleurs joueurs ont un excellent bagage technique mais sont aussi capable de surprendre leurs adversaires et les sortir de leur zone de confort. Vous pouvez voir que ca marche quand un joueur qui d'habitude prends toujours ses décisions très rapidement commence à tanker quand vous avez bet super petit ou très gros, que vous l'avez double check raise par exemple. Tout le monde commence à savoir gérer l'agressivité que ca soit préflop ou postflop. Vous avez été 3bet des milliers de fois, vous vous êtes fait check raise le flop autant de fois et vous savez gérer ce type de situations plus ou moins bien mais vous n'êtes pas surpris et vous n'allez pas faire de grosses erreurs. Par contre mettre son adversaire dans une situation nouvelle là ca devient beaucoup plus intéressant et fun d'ailleurs.
    Je me rends compte que je suis peut-être entrain de créer une armée de spewtards mais comme le dit Sir Ken Robinson il ne faut pas avoir peur de se tromper, vous allez certainement perdre des buy in en faisant n'importe quoi mais c'est comme ca que l'on apprends et que l'on devient meilleur.

    Je vous laisse, je vais aller overbet des chinois.
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    natanoj reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Le poker est réalisation (2ème partie)   
    Ce billet constitue la suite du je vous invite donc à le lire avant.

    Donc j'ai avancé l'hypothèse que le poker constituait un terrain d'expression de nos pulsions de puissance, et en même temps un jeu qui punit ces mêmes pulsions.

    Je vais essayer de voir maintenant, plus positivement, comment je pense qu'il est possible de se réaliser dans la pratique du poker.
    La réalisation est un concept compliqué. Souvent, se réaliser consiste plus à lâcher prise qu'a accomplir quelque chose, et c'est de ce fait assez contre-intuitif à comprendre. Pour moi, se réaliser, c'est suivre la Voie. Ca veut dire apprendre de chaque expérience, et s'incarner dans le moment présent à la lumière de l'expérience accumulée. C'est exprimer notre potentiel de vie, et faire grandir la conscience. Ca demande à la fois une grande volonté, et en même temps un abandon de la volonté.

    Se réaliser dans une pratique comme le poker implique partiellement de 'réussir'. Mais pas forcément nécessairement, et surtout pas uniquement. Un des dangers du poker est que l'argent compte comme points: il est l'indicateur de la réussite. Ceux qui gagnent le plus d'argent sont ceux qui réussissent le mieux à ce jeu. Mais l'argent est une matière morte. Consacrer sa vie à l'argent, c'est renoncer à vivre, c'est mourir.
    Dans le même ordre d'idée, réussir dans le poker veut dire être bon, reconnu par ses pairs, craint même peut-être. La compétition est au coeur du jeu: ainsi arriver au sommet de la pyramide, jouer parmi les meilleurs, constitue un facteur de réussite. Mais ce n'est certainement pas une réalisation, si cette réussite n'est pas canalisée et harmonisée. Ainsi il existe beaucoup de joueurs très talentueux, mais qui ont quelque part consacré leur vie au jeu, ce qui est un peu moins mortifère que de consacrer sa vie à l'argent, mais tout de même pas très vivant.
    Leur bonheur dépend de leurs résultats, et ils font ainsi une double erreur de conscience de mon point de vue: la première est de céder aux sirènes de leur ego, en cherchant du pouvoir. La réussite compétitive alimente notre satisfaction égotique, et ce n'est certainement pas une mauvais chose en soi ; cependant, ça le devient si notre ego prend toute la place, cad qu'on veut seulement vaincre et dominer, et qu'on utilise un jeu de domination pour cela. La seconde erreur est d'oublier la nature chaotique du poker, comme je l'ai déjà souligné dans d'autres articles, qui conduit à des moments de satisfaction ou de souffrance sans lien (direct en tout cas) avec le talent et le travail.

    Je tiens à noter encore une fois que le poker privilégie certaines pulsions et caractères: les caractères obsessionnels, les personnalités très compétitives, auront certainement beaucoup plus d'aptitude à affiner leur jeu et à progresser dans cet univers où, au fond, il s'agit avant tout de survivre.
    Mais mon idée est que la réalisation ne saurait se limiter à la simple réussite dans le poker ; si on limite la réalisation à cela, alors elle est au fond similaire à n'importe quelle activité qui amène du 'succès', de la 'reconnaissance', et du 'pouvoir'. Tout cela oublie une réalité fondamentale, qui est que l'on vit, que l'ont meurt surtout (autrement dit que notre vie ne nous appartient pas, et donc encore moins ce qu'on réalise. Or on s'attache à nos réalisations comme si elles pouvaient conjurer notre finitude), et que l'on est doué de conscience. Nous avons quelque part une responsabilité à faire émerger cette conscience, et ainsi à ne pas se retrouver dévoré par nos pratiques, sinon celles-ci deviennent stériles.

    Donc la réalisation, ce n'est pas la réussite. Si l'on confond les deux, alors on fuit (ou on court après quelque chose, ce qui revient au fond au même). On peut être joueur de poker et ne plus être heureux, ça semble même assez commun. Quantité de grinders ont commencé le poker avec une passion, et finissent avec un job. Etre un 'sad grinder', c'est être esclave du poker, esclave de l'argent. Il n'y a pas de réalisation, parce que la réussite se fait sans conscience et sans joie (pas de volonté d'apprendre du jeu).


    Bien, on arrive à mon hypothèse principale: si le jeu donne la possibilité d'exprimer nos désirs, pulsions, obsessions, il ouvre en même temps la porte à une élévation (permanente) de conscience. Comme je l'ai dit, le poker nous séduit, révèle nos pulsions, et les punit. Si on veut dominer, on finira par perdre (= notre énergie se retournera contre nous). Si on veut ressentir de l'adrénaline, on finira par perdre (= on va forcer les choses).
    Mais de la même manière, le poker récompense ceux qui se connaissent. Le poker est réalisation parce qu'il nous encourage à nous connaître à un niveau très intime. En cherchant à progresser dans le poker et à survivre en étant pro, on se rend compte que tout ce qu'on fait dans notre vie influence notre jeu. Ainsi si l'on mange mal, si l'on dort mal, on limite énormément notre marge de progression, la persistance de notre A-game, et aussi, très important, le plaisir qu'on a à jouer. Si l'on ne connaît pas intimement nos pulsions, alors on ne détectera pas le tilt quand il viendra, on aura du mal à prendre un break quand il le faut, à ne pas jouer quand les conditions sont mauvaises, ou au contraire à se forcer à jouer dans d'autres situations ; bref on rester le jouet des forces inconscientes, et je pense que ces forces finissent d'une façon ou d'une autre par nous confronter à des revers, dans la matrice du poker.
    Je suis convaincu de ce que j'avance, en tout cas en ce qui me concerne, parce que j'avais il y a quelque temps des blocages dans mon jeu, que j'ai réussi à identifier (des leaks). Cependant, ce que je n'arrivais pas à comprendre, c'est pourquoi ils étaient toujours là. Parfois je jouais tellement mal sans comprendre pourquoi, ça semblait tellement loin de ce que j'étais censé connaître en théorie. Alors j'ai remonté le fil dans mon esprit, j'ai vraiment essayé de m'écouter, d'identifier (sans jugement) ce que je ressentais quand je faisais des moves que je savais évidemment mauvais. Je me suis étudié moi-même, en prenant de la distance et en même temps en plongeant complètement dans mes entrailles. En remontant le fil, j'ai fait émerger des contenus en moi, des tissus d'émotions, qui bien que souterrains voulaient s'exprimer, et trouvaient que le poker était après tout un endroit particulièrement privilégié. Petit à petit, en ayant fait émerger ces émotions, les gros leaks que j'avais (surtout du tilt incompréhensible en fait) ont disparu. Je me suis senti mieux dans ma vie, parce que j'avais accepté d'écouter ce qui voulait parler en moi, et je jouais mieux, parce que je n'étais plus surpris par mes démons.

    Ca a été un moment décisif dans mon rapport au jeu, qui m'a fait passer des paliers importants sur lesquels je bloquais. A terme je pense que tous les joueurs arrivent à des paliers insurmontables, et ils restent bloqués tant qu'il ne se sont pas trouvés (eux-mêmes, rien à chercher à l'extérieur, il s'agit de s'écouter).

    Depuis lors, il n'y a plus de différence pour moi entre le poker et le reste de la vie. J'ai la même approche: tout est expérience, tout est présence, tout est conscience. Chaque instant de ma vie est l'occasion d'affiner ma conscience, et d'être plus honnête avec moi-même.
    De même, chaque instant dans le poker peut être un apprentissage. Et quand on voit les choses comme ça, alors le jeu prend une autre dimension, et la passion ne meurt pas.

    Le poker est créateur de moultes frustrations => je vois ça comme un exercice. Je ressens de l'exaspération, de l'impatience, de l'agressivité? de la confiance excessive? un manque de motivation?
    Très bien, je respire, j'écoute, je laisse s'exprimer ce qui doit s'exprimer. Ainsi je me connais mieux, et plus je me connais, mieux je joue au poker. Et je dois naviguer dans ce tissu de frustrations, dans le fait d'être impuissant par rapport aux cartes que je reçois (et d'autres facteurs aussi, impliqués par le fait d'être entouré d'être humains qui ont des idées, des volontés et l'usage de la parole) d'avoir des mauvaises passes, essayer de ne pas me créer des illusions sur mon niveau de jeu, garder la confiance, etc.
    Il est si facile de se mentir au poker. Blâmer la variance. Croire qu'on maîtrise des choses qu'on ne maîtrise pas. Si facile de perdre confiance. Si facile de dérégler son jeu, ou au contraire de ne pas réussir à le faire évoluer. Il est facile de devenir obsédé par les cartes, les résultats, l'agression qu'on prend dans la gueule. Toutes ces choses, de par leur violence et leur complexité, nous enseignent à garder notre racine, garder notre base. Faire silence à l'intérieur, et écouter ce qui se passe, autour de nous et en nous. Et à partir de là prendre les meilleures décisions possibles, sur une multitude de plans (tactiquement, stratégiquement, dans une main, dans une session, à la table, ou en dehors, etc). Et savoir qu'on va quand même se tromper! C'est pas grave, l'échec aussi fait partie de la Voie. Certainement pas la chose la plus facile à accepter, surtout pour les gens un peu perfectionnistes, ou qui ont des attentes pour eux-mêmes. C'est là toute la problématique du poker: comment faire le mieux qu'on peut dans le moment présent, tout en sachant que ce faisant, on va quand même échouer sur une base régulière? Qu'on va quand même encore se mentir, mais de manière plus subtile à chaque fois?
    Et qu'il faudra retourner au front avec la même passion, la même innocence et gravité mêlées?

    Le poker est réalisation parce qu'il nous oblige à écouter ce qui doit être écouté, et à faire taire ce qui doit être tu. Il nous oblige à cesser l'usage du mensonge à notre propre égard. Dans pas mal de boulots, on peut faire illusions vis à vis de ses collègues, de son boss, de ses clients. Dans le poker, on peut mentir autant qu'on veut, ça marchera pas. Grand paradoxe pour un jeu qui paraît basé sur la conquête d'information et le fait d'en dissimuler!


    Vous connaissez ce grand mystère du poker: il faut penser sur le long terme, mais pour cela il faut complètement être dans le moment présent. Il n'y a pas de 'good run' ou 'bad run'. Seulement la main que je joue actuellement. Il faut faire le mieux qu'on peut dans la main en cours. C'est tout ce qu'il y a à faire! Pas si simple, n'est-ce pas?
    La seule manière de vraiment jouer sur le long terme est de ne pas être affecté par le chaos permanent du poker. Il faut oublier le long terme pour concentrer son énergie sur l'absolu du moment présent. Alors le long terme se réalise de lui-même.

    Le poker est réalisation parce qu'il nous enseigne à vivre dans le moment présent.

    La seule façon de faire ça est d'être le plus conscient possible. Pour être concentré sur le moment présent, il faut faire taire toute la m**de qu'on a dans la tête, et qui veut nous ramener dans le passé (mécanisme du regret) ou fantasmer sur le futur. Pour être bon dans la main en cours, il faut donc trouver des moments d'apaiser le mental. C'est pour moi un énorme exercice de conscience que nous amène donc le poker: il nous oblige à discipliner notre mental, à canaliser les forces qui le mouvent à chaque instant. Se concentrer sur le moment présent à la table de poker nous aide à connaître le fonctionnement de notre corps-esprit (faut arrêter avec cette division à la con ).


    Donc, pour bien être clair: je dis que le poker récompense ceux qui se trouvent, et je dis aussi que le poker fait émerger des situations d'apprentissage (qu'on ne peut pas saisir si on est obnubilé par l'argent ou la réussite!). Pour éviter tous les pièges créés par nous-mêmes et par le jeu, il faut faire un véritable effort: c'est cet effort qui est réalisation. Le poker nous guide donc sur la voie en nous enseignant la souffrance. En apprenant à ne pas entretenir la souffrance impliquée par le poker, on devient plus libre de soi-même, et on devient un meilleur joueur. L'ego prend cher, mais la réalisation n'est plus le règne de l'ego. C'est le règne de la Voie. La Voie, c'est accepter de mourir sans renoncer à vivre.



    La réalisation dans le poker, c'est se rendre compte que le poker est un maître spirituel, parce qu'il nous apprend à vivre dans la liberté et la vérité. Si on ne se libère pas de nos pulsions, le jeu nous punit. Si on refuse de se regarder en face, le jeu nous punit. Je rappelle que le jeu peut punir d'une infinité de façons. Vous pouvez perdre, ne plus avoir le succès que vous aviez, ou le succès escompté. Vous pouvez aussi avoir du succès mais devenir une coquille vide en dehors du poker. Vous pouvez vous détruire la tête parce que vous devenez obsédé par le jeu et/ou l'argent.



    Ce n'est pas excessivement clair, j'en suis désolé, mais ce sont des choses difficiles à exprimer, surtout qu'à ma connaissance très peu de gens ont le même genre d'approche que moi dans le poker. J'ai d'ailleurs très peu d'amis dans le monde du poker, et ai donc assez peu l'occasion d'affiner mes idées et de les confronter avec d'autres joueurs conscients de la beauté de leur pratique.
    Je complèterai possiblement cet article, peut-être me faudra-t-il préciser la notion de réalisation. Sinon, je donnerai des méthodes pratiques que j'utilise pour développer ma conscience, dans le jeu et en dehors.
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    natanoj reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Le poker est réalisation (1ère partie)   
    WARNING: cet article est long. Et c'est que la première partie.

    Intro
    Drôle de jeu. Un jeu où on prend cher, en permanence, et de plein de manières. Avez-vous remarqué que le poker privilégie les caractères obsessionnels ? Il y a les gambleurs, les accrocs à l'adrénaline. Il y a les 'pros' aussi , c'est-à-dire ceux qui ne viennent pas (seulement ?) pour se détruire... mais qui sont tout de même souvent très junkies (poker junkies) Quand je suis à une table, je vois des jambes qui tremblent, des mains qui s'agitent, des chip tricks et shuffles, des tics, des yeux grand ouverts ; je vois et sens de la nervosité qui traverse l'espace comme un courant électrique. Gambleurs ou pros, il y a souvent de l'obsession. Les corps penchés sur la table, tremblements, les mains qui jouent avec les jetons, frénétiquement. Tout le monde se fait prendre par ça.
    Même online, je ressens très souvent une excitation assez violente dès que je commence une session ; ça se calme parfois au fur et à mesure, mais pas toujours. Au point d'en avoir du mal à dormir parfois, la tête encombrée d'un mélange d'émotions et de données brutes (l'enchaînement cyclique du même ; toujours des mains, des cartes, des actions, et le chaos qui ordonne, si vous permettez l'expression). La transition entre 'vie normale' et poker est parfois brutale et teinte d'étrangeté.

    Quelle est cette énergie que les gens cherchent dans le poker ? Cette énergie qu'ils cherchent, ils l'alimentent aussi, et le jeu leur permet de se 'brancher'. De quoi nous, joueurs, nous nourrissons-nous dans notre pratique ? Certes il y a l'adrénaline, l'excitation, la compétition. Mais est-ce vraiment tout ? Est-ce qu'on supporte la folie du jeu (et des gens qui y jouent) simplement parce qu'il nous donne notre dose hormonale ? Il doit y avoir autre chose.



    Puissance et castration (première partie)

    Je dis 'le poker est réalisation', car telle est mon approche. Je sais que tous les joueurs ne la partagent pas, et quasiment tous obéissent quelque part à des pulsions destructrices. Il faut bien voir le poker pour ce qu'il est : une grande machine à laver qui, du simple fait de la force centrifuge, plaque tout le monde sur les bords jusqu'à la gerbe.
    Qu'est-ce que le poker ? La grande castratrice. Je m'aventurerais à dire que le poker ressemble parfois à une réunion d'impuissants (volontaires?). Je ne dis certainement pas ça comme un jugement, mais plus comme une catégorisation psychique. Je vais développer, en incorporant mon expérience personnelle à ce sujet.
    L'expérience du jeu est du domaine de la castration, parce que le mouvement chaotique des cartes devient un cadre d'expression de notre Désir. Le nombre d'aspirations que les humains peuvent mettre dans le poker est assez phénoménal. Autant d'illusions ! Fatalement, le poker nous brise, souvent, sans prévenir, ou en prévenant. Le poker nous rend impuissant. Ce peut être parce que la river anéantit nos espoirs dans une main, ou bien parce qu'on tombe aux portes d'une table finale, ou bien parce qu'on jouit de faire coucher nos adversaires par notre agressivité, avant que cette dernière ne se retourne contre nous-même, et que le jeu lui-même nous dévore. A ce niveau là, chacun aura son expérience.
    Le jeu nous dévore. Pourquoi cherchons nous à nous faire dévorer ? Est-ce pour tester nos limites ? Un jeu avec le destin, symbolisé par le hasard des cartes ? Pourquoi cette obsession des joueurs de poker à revenir chaque jour prendre cher, de façon très répétitive et en même temps toujours neuve ? Sommes nous des adeptes de la torture ?

    J'avais déjà parlé du live dans d'autres posts, mais comment expliquer ce mystère des grinders qui viennent chaque jour pour se plaindre qu'ils n'ont pas 'touché de jeu depuis 3 h', et qu'ils sont damnés ? Qu'ils mériteraient que les cartes leurs soient plus favorables ? Est-ce qu'ils ont vraiment pas pigé que le poker est intrinsèquement frustration ? Pourquoi reviennent-ils, si c'est pour toujours se plaindre ?
    Pourquoi joue-t-on à ce jeu jusqu'au dégoût ? Qui n'a pas connu l'expérience de rentrer chez lui lessivé, sans énergie et sans argent, bref, réduit à l'impuissance par un jeu ?
    Quand est-il des gens qui se réalisent dans le jeu, au sens où ils ont un certain succès, ils ont de l'argent et de la reconnaissance, mais qui ne parviennent pas à trouver l'harmonie dans leur vie, en tout cas pas en dehors des tables ? C'est quelque chose que je sens me menacer (se retrouver envahi par le jeu), et j'ai vu de nombreux joueurs vidés comme des truites par les cartes. Leur vie, c'est le poker. Pas de copines, pas d'amis en dehors. Les cartes, matin et soir, au goûter, et à la pause clope. Ils se consument, ils brûlent à l'intérieur au rythme du tabac fumé et des revers infligés par le poker.

    Une des raisons, à mon sens, de notre volonté à toujours retourner au combat, est que le poker offre des armes. Evidemment, il finit par nous les retirer. Mais pendant un moment, on peut expérimenter la puissance. Un exemple qui me semble significatif, et un travers que peu évitent : j'ai vu quantité de joueurs claquer leurs mains monstres sur la table, comme s'ils étaient fiers d'avoir touché un carré ou quelque chose comme ça. Toucher un carré, c'est le genre de sentiment de puissance qu'on peut ressentir. Ce sentiment est à mettre en relation avec celui du vide, le désert de cartes, ces moments où on n'arrive pas à toucher des mains, ou alors on les perd.
    Si ce genre de sentiments (la fierté de toucher une couleur, et la montrer avec un petit sourire) est plutôt l'apanage des joueurs récréatifs (d'ailleurs ça semble parfois plus important pour eux de toucher des 'belles mains' que de gagner des gros coups), la même chose existe sous un mode un peu différent chez les joueurs plus expérimentés. Un bon joueur pourra se sentir infiniment puissant quand il est 'in the zone', que toutes ses décisions sont précises et justes, qu'il sent ce qui se passe et ne se laisse pas prendre par la nervosité ambiante. Et il se sentira tout aussi misérable quand il n'arrivera pas à se concentrer, ou qu'il perdra des tonnes à une table de fishs, qu'il fera des moves affreux, etc. En général, plus on progresse, plus la frustration est lié à la qualité de notre jeu plutôt qu'aux cartes. Mais peu importe, le mouvement est similaire : une dialectique entre exercice d'un pouvoir, d'une certaine domination, et d'autre part le corollaire : frustration, impuissance. Echec.

    Qu'on y songe : dans une très large mesure, bien qu'on puisse (et doive) prendre les meilleurs décisions possibles à chaque instant (sur beaucoup d'aspects d'ailleurs!), on se retrouve quasiment tout le temps dépendant des mains qu'on reçoit (et du board, et des actions aléatoires qui vont se tisser autour de nous, etc). Qu'on y songe : quand on joue au poker, on se bat contre ses voisins. Mais on se fout pas des uppercut ou des coups de savate. Non, on se bat avec des mains. Pas les nôtres, celles qu'on reçoit. Ces mains nous donneront parfois la puissance d'un titan, d'un colosse, golem, ou magicien. Et parfois les mains nous réduiront au rang d'insecte se débattant dans la bouche d'un merle.

    Une situation que j'ai vécue au casino en décembre. NL1000 au casino de Lille, la table est composée de regs que je commence à connaître, et de joueurs faibles, globalement une table dont tout pro pourrait rêver. Beaucoup d'argent à la table, et des joueurs qui n'ont pas peur de gambler, donc les jetons volent, ya un pot de 1000€ ou plus tous les 5 mains (pour caricaturer). Je suis limité dans mes actions par la structure de la table (je peux pas vraiment bluffer les gambleurs fous, et vu qu'ils sont tous à ma gauche, je peux pas non plus jouer trop large). Je monte un stack, je suis content de mon jeu. Il y a ce reg asiatique, très mauvais (mais il ne le sait apparemment pas), dans le genre tight weak super évident dans son jeu. Je le lis comme s'il retournait ses cartes. C'est aussi le genre à avoir peur du board et du croupier : par exemple après avoir mis sont argent au milieu avec un set, il regardera son adversaire avec angoisse et demandera 't'as la couleur ?', avant de prudemment retourner sa main monstre, évidemment gagnante.
    Un moment, alors qu'il limp et que je le relance, je remarque qu'il me regarde avec agacement et frustration, et je sens alors son sentiment : il m'en veut. Déjà que la table est folle avec des mauvais joueurs qui ont pas peur de mettre plein d'argent au milieu (ce qu'il déteste faire, à moins d'avoir les nuts, et encore), mais en plus il y a moi, un joueur agressif qui n'a pas peur d'abuser ce weak-tight, ni de perdre son argent. Et un moment j'ai eu cette sensation très étrange : en me demandant pourquoi ce gars venait très souvent jouer alors que son expérience à la table était principalement la peur (de se faire craquer, de perdre de l'argent, etc), j'en suis arrivé à la conclusion qu'il voulait se faire punir. Quelque chose dans sa personnalité voulait souffrir. De fait, même dans les situations normalement les plus jouissives du poker (comme se retrouver all-in avec une main monstre), ce joueur souffrait de la possibilité de perdre. Je me suis donc dit que c'est ça qui l'excitait. Il voulait prendre cher, se sentir impuissant et ballotté par les forces des cartes et des autres joueurs.

    A partir de là, alors que je jouais avec ma pile de jetons qui commençait à devenir imposante, j'ai un moment ressenti une grande puissance, comme si mon stack était un phallus (= non pas un pénis, mais un objet de pouvoir), et que mes jetons étaient des armes, que je pouvais utiliser pour faire souffrir mes adversaires, en jouant mieux qu'eux. Alors je me suis dit, 'ok ce gars veut souffrir ? J'vais lui donner ce qu'il attend'. Remarquez qu'en ressentant ça, je me rendais bien compte de ce qui se passait, ce qui est à dire vrai assez troublant.Si certains mettent leurs pulsions masochistes dans le jeu, il est assez logique que d'autres y mettent leurs pulsions sadiques, leurs pulsions de domination. Je pense à vrai dire que le rapport le plus fréquent au poker est celui du sadisme, et non pas du masochisme, mais tout cela s'entrecoupe.

    Bref, le point est que je me sentais puissant. J'avais des jetons, j'étais up, je jouais bien, des joueurs me craignaient, yavait du fish. Finalement, dans un pot avec option, je perds 2500€ sur un coup contre les gambleurs fous, un spot assez inévitable où je fais très vite grossir le pot avec KK et me retrouve contre des ranges tellement wide que je suis contraint d'engager mon tapis avec seulement une overpaire. Je n'ai pas, je pense, mal joué. Juste un coup où j'ai un monstre à une table folle où personne ne fold, et où nécessairement il va y avoir des swings. Et c'est ça le poker. C'est la castration. Plein d'espoir et d'attachement, pour au final tout s'évapore sur une main.
    Un exemple de castration télévisée :

    Le poker c'est ça. On monte un tapis, on se voit déjà au sommet du monde, et là, paf. C'est fini, comme c'est venu. Il y a un investissement libidinal phénoménal et fascinant des joueurs dans les cartes. Le visage de Matt Affleck, et sa réaction, sont à ce titre très instructifs : on voit sa force, sa confiance et jouissance de se retrouver all-in avec AA contre l'autre big stack. Il se voit déjà gagner le coup, il se voit déjà avec le bracelet. Et bam, river, tout s'effondre. Mais rien n'existait avant qu'il n'entretienne ses illusions ! Le titre était encore loin. mais déjà dans son esprit. C'est le poker.

    Je prends juste un moment pour vous raconter un détail de cette main où je perds 2500 et décide de quitter en trombe le casino. On est 4way au flop, avec les 3 spots de la table et moi premier de parole (j'ai relancé 110€ preflop avec une option à 20€, le pot est donc déjà de 450€ au flop). Le tye à ma gauche a plus de 3000€ devant lui, et je me dis qu'il faudra faire gaffe à pas forcément spew contre lui, vu comment il est deep... ironique que je perde mon stack contre lui après cette pensée XD !
    Le flop est 235r. Je c-bet, et le joueur à ma gauche flat (à noter qu'il allait limper preflop, et qu'il a finalement call rapidement mon big raise. Sa range est très wide : any pair, any broadway, et plein de cartes avec un A dedans ou deux cartes suitées) ; le second joueur shove pour 900€ (un total touriste qui tire une fierté de son indifférence à l'argent... par exemple il tire un sentiment de puissance dans le fait de ne pas avoir 'peur' de suivre n'importe qu'elle relance preflop). Bon donc j'ai un easy call, et l'autre call aussi assez rapidement. A ce stade on a pas loin de 3000€ dans le pot, et il me reste genre 1350€. La turn est un 3. La situation pue un peu, parce que le premier vilain peut tout à fait avoir A4s, ptet 46s, et aussi any set. Il peut aussi avoir AJ, QQ (oui il limperait ça), A5, 54. Donc assez clairement soit il me crush, soit il a une main avec une certaine équité, et qui va toujours check behind si je check. Vu que le pot est déjà énorme et que j'ai souvent la meilleure main, je shove.
    Chose intéressante, alors que j'empile mon stack et commence à faire mine de l'avancer, vilain fait la même chose que moi, comme s'il allait call si je mise. Ce tell me conforte dans ma décision (je vois généralement ce tell comme une tentative de décourager une mise ou relance). Donc, confiant que la probabilité qu'il ait les nuts diminue, j'avance mon stack. Et il se met à réfléchir pendant bien 2 min. Jsuis content, ça veut dire que ma main est bonne, vraisemblablement. Finalement il call, l'autre vilain demande qu'on retourne, je dis ok, je montre mon KK, il montre AKo, et le vilain qui avait tank ne retourne pas sa main mais dit qu'il a AA. Ok, f*ck, je commence à mettre mon manteau, c'est la vie jvais perdre un gros coup. La river est un 2, et là vilain retourne sa main sur la table (en la claquant) et en criant : 'carré' ! Et il montre 22. Je n'ai aucune explication pour l'attitude de vilain. Ni pour son tell, ni pour son tank/call turn, ni pour le fait qu'il dise qu'il a AA et ne montre pas, ni pour le fait qu'il jouisse autant de toucher un carré dans un spot où il a concrètement chatté, indépendamment de ses maigres qualités pokéristiques. A noter que vilain est du genre à se plaindre fréquemment, et à haute voix, quand le board vient J22 et qu'il avait J22. 'Tu te rends compte, j'avais full ! J'ai vraiment pas de chance'. Ce coup où il touche un carré n'est sûrement pas pour lui un coup de chance, plus quelque chose qu'il mérite pour toutes les fois où il fold 93o et ne touche donc pas une suite.
    En bref, je trouve cette histoire très intéressante pour ce que j'essaie de développer.

    Ce qui m'a beaucoup marqué c'est de ressentir successivement cette puissance (dans ce que je pouvais faire avec mes jetons à la table) et cette impuissance (perdre un énorme pot sans pouvoir y faire grand chose, et en plus souffrir de la stupidité ou perversité de mon adversaire). En rentrant chez moi je me suis dit : 'ok poker, c'est bien toi le maître, je m'incline devant ta puissance, à l'avenir j'éviterai de trop me sentir sur un nuage parce que je gagne des coups'. Le poker ne tolère pas ce genre de sentiments très longtemps, et les brise implacablement.

    A ce stade, on est comme au départ de cet article dans un épais brouillard. Il y a ce jeu, dans lesquels les joueurs mettent une énergie gigantesque, qui menace de tous les dévorer un par un, et qui les brise, tous en même temps, chaque jour, tout le temps. Comment un jeu peut-il concentrer autant de frustration et de violence, et pourtant avoir un tel succès ? Qu'on soit récréatif ou pro, on prend cher. Même avec l'expérience, on continue à prendre cher parce qu'on reconfigure de nouvelles illusions.

    Je formule ici une hypothèse : de toutes les manières imaginables les humains sont guidés par la volonté de puissance. C'est le désir d'exister. Exister, c'est-à-dire savoir qu'on vit et qu'on meurt. La réalité est que toute vie retourne à la poussière, et que toute l'identité qu'on cherche à polir et à renforcer n'est qu'une parmi des milliards, et des milliards de morts avant nous. On peut faire ce qu'on veut dans notre vie, accomplir quoi que ce soit, accumuler tout, peu importe, on va quand même mourir, et le soleil va mourir, et les galaxies s'effondrent et renaissent, etc. Bref, on est un petit rien doué de conscience et qui veut défier son destin. A ce titre le poker est une pratique psychiquement grandiose : le Désir d'existence de l'Homme peut s'y incarner, sous toutes les formes imaginables ; la jouissance, à portée de main. Et en même temps, la Faucheuse. La réalité du poker, c'est une hécatombe. Des amputations, des défaites et des pertes. Des joueurs qui se brisent, financièrement et psychologiquement. Des pros qui jettent l'éponge, ou développent tellement de mauvaises habitudes qu'ils en deviennent fous, des résidus d'humains. Au fond, jouer au poker c'est vivre nos mouvements profonds de manière condensée, avec une effectivité et une brutalité assez uniques. Donc l'hypothèse : on joue au poker parce que le poker résonne avec ce qui est peut-être le plus fondamental dans nos vies : la dialectique entre désir et réalité. On éprouve cela, et on se sent totalement vivant. Parfois plus vivants que dans le sexe.

    Est-ce que vous commencez à voir où je veux en venir, quand je dis 'le poker est réalisation' ? Jpense qu'il y a déjà assez à digérer pour maintenant. Ce qui est sûr, c'est que je continuerai ce long article plus tard, dans une seconde partie.
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    natanoj reacted to Mr Sneeze for a blog entry, " I don't work! I play poker! "   
    Jouer au poker, c'est la possibilité de gagner sa vie sans travailler. Un beau rêve n'est-ce pas ? Peut-être moins vrai maintenant, ne nous faisons pas d'illusions.
     
    Il y a finalement très peu de temps, l'argent circulait gaiement, l'abondance était accessible, avec son corollaire, l'espoir de l'argent facile. A quiconque prêt à affûter un tout petit peu sa stratégie, un potentiel de succès financier bien plus élevé que beaucoup d'activités professionnelles. Le tout sans vraiment travailler, donc.
     
    Regardons aujourd'hui le tableau du poker : l'écosystème se casse dramatiquement la gueule. A tous les niveaux. Le rêve de l'argent facile est mort, pour la plupart des joueurs. Donc il faut certainement, maintenant, travailler. Je préfère continuer à dire dire jouer cependant, le terme est plus riche, car jouer, c'est par exemple, jouer avec des structures, des paramètres, remettre en question, bousculer des manières de faire. Travailler est trop linéaire. On peut aussi dire pratiquer, au lieu de jouer.
     
    Il n'y a pour moi aucun doute que l'environnement est cappé : l'argent disponible dans le système pour chaque joueur est lié d'une part aux limites qu'il joue et d'autre part à son edge sur chaque limite. Hors les high stakes ne tournent plus, même les midstakes tournent moins. Les joueurs high stakes d'il y a juste quelques années grindent maintenant en dessous de la 5/10 online, simplement parce qu'il n'y a pas assez d'action au dessus, ou que l'action est fournie uniquement par des joueurs encore meilleurs. Le mouvement est visible en live également.
    A mesure que les joueurs expérimentés et talentueux descendent de limite pour 'manger', les joueurs médiocres ou faibles se font rétamer la gueule beaucoup plus vite, rendant progressivement la limite moins 'fishy', et forçant petit à petit les mauvais réguliers vers la sortie, ou en tout cas vers une existence beaucoup plus tendue et incertaine.
     
     
    Ce mouvement est irrémédiable. Il peut être compensé à certains moment par de l'afflux d'argent frais dans un sous-environnement. Reste que les joueurs perdants, pour la plupart, ne vont pas s'entêter à perdre des années à ce jeu. Il y a tellement d'autres manières de s'occuper dans une vie (et limite, tellement d'autres manières de s'abîmer, autant faire preuve de créativité).
     
    Il faut accepter que les barrières à l'entrée ont augmenté dans le poker : le jeu s'est complexifié, il faut maintenant pas mal d'expérience pour s'asseoir à une table de poker (peu importe où, dans un casino, ou online) et espérer ne pas se broke en 3 orbites, tellement tout le monde a progressé.
    De fait l'intensité du jeu, le fait qu'on ait tenté de le légitimer comme un sport, avec la compétition des tournois, tout le monde a bien compris que c'était quelque chose de sérieux et pas vraiment comparable avec d'autres jeux de gambleurs. Les gambleurs ont arrêté de gambler dans le poker parce que le jeu est progressivement devenu moins fun pour eux. Sans eux, beaucoup, beaucoup moins, d'argent en circulation.
     
    Beaucoup de reguliers n'ont plus le même enthousiasme qu'avant, car sans aucun doute il faut être bien plus fort qu'avant pour gagner de l'argent. Ils voient la variance les impacter plus, la difficulté à se remettre de gros revers, à conserver une bankroll solide. Ils voient moins de fishs les livrer 'facilement'. Car oui, les 'fishs' progressent également.
    L'erreur de jugement ici aura été de croire qu'il y a une stratégie pour gagner de l'argent au poker, et qu'une fois trouvée, il n'y avait rien d'autre à faire que de grind. L'erreur est de considérer l'environnement comme statique. Précisément, le déploiement des stratégies par les joueurs changent la nature même de l'environnement. Les considérations sur le jeu évoluent. Les gens n'ouvrent pas les mêmes sizings qu'avant. Ils ne considèrent pas les mains et les situations de la même façon.
     
    Donc pour faire simple, faire comme hier et espérer que ça marche demain, ne peut pas marcher dans un environnement évolutif.
     
    Quand un joueur progresse, il oblige ses adversaires à progresser, à s'adapter. Inconsciemment, même si personne ne travaille réellement bien son jeu, le simple fait de jouer fait évoluer les stratégies, et les tendances du pool.
     
     
    Des stratégies sont naturellement validées par l'environnement, et d'autres rejetées. Certaines stratégies se développent, d'autres disparaissent. Si on considère le no-limit hold'em, il est incontestable que les stratégies preflop s'alignent, tout le monde joue plus ou moins pareillement un nombre important de situations. Les erreurs preflop sont moins importantes qu'avant. Et l'edge potentiel bien moindre. Il faut bien réaliser qu'il n'y a pas si longtemps un joueur gagnant faisait la plupart de son blé sur des erreurs catastrophiques des joueurs sur les premières streets. Moins vrai de nos jours, et même en live les pots restent plus petit, beaucoup moins de joueurs qu'avant open à 8x ou autre fanfaronneries. L'environnement dans sa globalité a simplement compris qu'une bonne manière de gagner à ce jeu était de s'armer de patience et commencer par jouer des ranges tight. Et ne pas trop s'exposer.
     
     
    Vu que tout le monde choisit de jouer le waiting game (qui consiste à jouer tight et laisser l'impatience des autres s’empaler sur nos mains décentes), un équilibre se crée dans l'environnement, où certaines stratégies ne peuvent juste plus fonctionner. C'est pour cette raison que le jeu preflop s'uniformise, tant dans les fréquences que dans les sizings. Il y a un point d'équilibre, mais ça ne signifie aucunement qu'on approche là d'un jeu 'GTO'.
     
     
     
     
    GTO, le terme est lâché. La communauté en parle beaucoup, c'est un peu son graal, trouver LA stratégie ultime, une stratégie où on ne peut plus perdre, où on n'est pas exposé, pas vulnérable. Etant un grand partisan de la vulnérabilité comme force, j'ai clairement choisi de ne pas donner trop de crédit à toutes ces sornettes.
    Car dans le pool des joueurs français ET internationaux, je suis clairement plus avancé que la moyenne en termes de 'range thinking' et de GTO. Mais quand la communauté parle de GTO, ou tente de trouver des 'solutions' GTO à certains spots, souvent il y a erreur. Parce que le jeu que vous jouez n'est pas GTO du tout. Vous utilisez seulement le terme pour décrire un point d'équilibre dans un environnement donné.
     
    Peut-être que les meilleurs joueurs de cash game du monde jouent un jeu très équilibré et bien construit à tous les étages : leur bataille devient ainsi une bataille principalement mentale, une bataille de déploiement de leurs choix stratégiques ; c'est à qui résistera le mieux à la pression en fait (c'est ce qui différencie les high stakes du reste du poker d'ailleurs).
    Mais pour ce qui est des joueurs en dessous de la 5/10 online (en live, c'est toutes les limites, tous les joueurs), PERSONNE n'est équilibré totalement, loin de là.
     
     
    Le field croit être équilibré et s'approcher du GTO. C'est là une totale erreur basée sur plusieurs illusions.
     
    La première : contrairement à ce qu'ils croient, très peu de joueurs sont en réelle maîtrise de leur jeu. Ils ne possèdent pas leur jeu. Comme je l'ai évoqué, il y a une sélection naturelle des stratégies qui s'opère dans le jeu : à mesure du jeu, naturellement, certaines stratégies sont évincés. Donc beaucoup de joueurs qui gagnent à un moment gagnent parce que leur stratégie est 'validée'... à ce moment là, à cet endroit là. Qu'ils essaient dans un autre environnement, ou qu'assez de temps passe, et leur stratégie ne sera peut-être plus adaptée du tout. Ce type de joueurs va tendre à s'attacher énormément à ce qui marchait, va lutter pour évoluer, et assez naturellement sortir du jeu un moment ou à un autre.
    S'il n'y a pas de flexibilité stratégique, il n'y a pas réelle maîtrise.
     
    Etre en maîtrise de son jeu, c'est déjà sortir du mode majoritaire d'apprentissage dans la communauté : l'imitation. Tout le monde fait ça. On regarde des meilleurs joueurs que nous jouer, et on copie ce qu'ils font, car forcément ce sont les meilleurs.
    Mais il n'y a pas de compréhension de pourquoi ceci est bien et ceci moins bien. Il n'y a pas de perspective, seulement de l'imitation. Untel fait ça, je vais essayer ! Les sites de coaching suivent ce format, pyramidal, où pour grimper les échelons il s'agit d'observer les meilleurs.
     
    Quelque part, ce mode d'apprentissage est extrêmement limité. Déjà, il est passif. Ensuite, il provoque des énormes erreurs dans la mise en place. Par exemple, après avoir observé que pas mal de très bons joueurs défendaient leurs blindes très loose en MTT, une bonne partie des joueurs de MTT s'est mis à défendre les blindes loose. Ils voient un bon truc, et du coup se mettent à le faire, évidemment sans discernement pour les positions relatives, le fait d'être heads-up ou multiawy, les stack sizes, etc. Donc ils font n'importe quoi et croient mieux jouer 'parce qu'ils font comme Untel'. Ben non, c'est pas aussi simple que ça d'être un très bon joueur. Un très bon joueur comprend l'intéraction des ranges entre elles, des boards, et des streets entre elles. Il comprend aussi l'intéraction des joueurs, leur états émotionnels ou faiblesses psychologiques. Ainsi il peut jouer certaines situations comme il le fait.
     
    Si on imite seulement, on copie quelque chose qui marche, mais sans la structure qui la sous-tend, sans la solidité derrière qui permet de prendre des bonnes décisions. C'est ce que fait la communauté avec le GTO. Tout le monde se met à user majoritairement de certaines lignes et sizings, de certaines tendances. Le jeu preflop devient doucement de plus en plus comme les ouvertures aux échecs : une manière d'entrer la confrontation. L'edge diminue preflop mais il reste très présent turn et river.
     
    Tout le monde reste extrêmement déséquilibré turn et river notamment.
     
     
     
     
    Seconde illusion liée au GTO : 'pourquoi' chercher le GTO. Je veux dire, quelles sont les motivations ? J'y vois une claire tendance à la paranoia, la crainte d'être 'exploitable', donc la volonté de se protéger. Et quelque part de devenir imbattable, derrière une belle armure polie et dorée. C'est la volonté de maîtriser.
     
    Selon moi, penser vraiment GTO, c'est penser en termes d'intéractions de ranges les unes vis à vis des autres et par rapport au board et à ses ramifications. C'est donc extrêmement complexe et subtil. Quand on rentre là-dedans (l'intéraction de ranges, la 'texture' des boards, dans un sens profond), on est facilement dépassé : il y a juste trop de situations au poker pour que l'esprit humain les maîtrise sans un certain nombre de répétitions et d'expérience consciente (et inconsciente, le corps apprend presque, on sent les spots).
     
    La réalité du GTO est très loin d'une stratégie 'fixe', implacable. Le 'vrai' GTO, dans un sens, est le jeu optimal. Ce que cela signifie c'est de déployer les meilleurs stratégies possibles en fonction de ce que nous propose l'environnement. Ce n'est pas quelque chose de 'résolu', ou 'résolvable', c'est un équilibre qui se crée entre les stratégies des joueurs et leurs tentatives de s'exploiter les uns les autres.
    De fait, un joueur a un edge sur un autre lorsqu'il gagne au jeu de l'exploitation, quelle que soit sa forme (l'exploitation dominante de nos jours est clairement une exploitation passive : on exploite en ne s'exposant pas, en ayant un jeu très tight et value-oriented, en bluffant très peu mais espérant que nos adversaires callent tout de même). En cherchant à 'devenir inexploitable', le pool a limité l'intéraction joueur à joueur, car la défense (inexploitabilité) a pris le pas sur l'attaque (exploitation des faiblesses de jeu structurelles, ou psychologiques, de nos adversaires).
     
     
    Collectivement, les joueurs de poker créent des paradigmes, des manières de faire et de jouer, qui se rapprochent d'un équilibre dans un environnement donné, à un moment donné. Cet équilibre, ou une multitude de sous-équilibres, évolue constamment à mesure que des joueurs innovent pour trouver ce que j'appellerai des 'puits de profitabilité'. Ils cherchent des zones du jeu où ils peuvent trouver un edge. L'edge vient d'une plus grande maîtrise de certaines situations, et une tentative d'inviter nos adversaire sur notre terrain de maîtrise.
    Heureusement que ces joueurs existent! Parfois ils font de la m**de, mais parfois, dans leur exploration du chaos ils trouvent des puits de profitabilité qu'ils seront les seuls à exploiter pendant un moment.
     
     
     
     
    Il faut bien comprendre la dynamique intéractionnelle du poker, et c'est en cela que c'est un jeu : vos choix intéragissent avec les choix des autres. La solution n'est donc en soi jamais fixe, mais relationnelle, dépendante de paramètres particuliers.
     
    En fait, je pense que derrière ce GTO bullshit, il y a en fait une réelle crainte de la communauté face à la complexité du pok. Et donc une tentative de simplification des données, des 'manières de faire'. Plutôt que vraiment chercher le play optimal, on se contente de solutions EV+ (ce qui n'a aucune importance par rapport à la solution la plus EV+). En fait on bâtit surtout des approches permettant de limiter notre exposition. Mais c'est un jeu d'exploitation. Si on ne s'expose pas, on limite notre capacité d'exploitation (ou alors exploitation passive comme mentionnée auparavant).
     
    Le GTO, malgré son langage complexe (certains diraient, 'complexifiant'), me semble en réalité une simplification du jeu. Une forme d'auto-justification d'un paradigme plutôt qu'un réel travail sur ce qui marche, ou non. Il n'y a pas d'exploration des possibilités du no-limit hold'em, bien plutôt une réduction des possibles.
    Exemple : trop peu de joueurs utilisent des sizings inférieurs à 30%, alors que beaucoup de situations créent des stratégies de bets minuscules excellente ; trop peu de joueurs overbet alors qu'on peut overbet beaucoup de situations pour pas mal de raisons. La communauté dans sa majorité reste cantonnée à des approches simplifiées des possibilités offertes par ce jeu, et puisque la majorité suit cette route, de fait cela donne l'impression qu'on arrive vers une 'résolution' du jeu.
    Mais ce n'est pour moi qu'un point d'équilibre, mouvant, une sorte de transition vers autre chose.
     
     
     
    Pourquoi je parle de tout cela ? J'ai avancé l'idée que l'environnement devenait plus compétitif, cappé quelque part (on peut évidemment être bon à ce jeu, mais ça implique de devenir meilleur à un rythme plus élevé que la compétition. Personne n'est bon 'en soi', il s'agit toujours juste d'être meilleur que nos adversaires. S'ils changent, on doit changer aussi, donc chaque jour qui passe rend la tâche plus exigeante 'dans l'absolu').
    J'ai avancé quelques idées sur le GTO, enfin cette tendance qu'a la communauté à chercher à résoudre le jeu. Je pense que ce qu'on appelle GTO est en fait une tentative collective de conserver un paradigme, une manière de faire, de jouer, qui marchait avant. La crainte évidente de ne plus parvenir à gagner à ce jeu dans le futur (les marges diminuent, sans aucun doute, pas la place pour tout le monde) conduit à la tentative, désespérée presque, de justifier qu'il y a une bonne manière de jouer au poker. 'En soi'.
    Comme je l'ai dit, c'est pour moi bullshit car la seule bonne manière est relationnelle, et non statique. La bonne manière n'est juste jamais la même, elle change chaque jour, à chaque table.
    Si on ne voit pas ça....
     
     
    Ainsi on en arrive à une question : qu'est-ce au fond une approche exploitative ? Est-ce l'opposé d'un jeu GTO ? Non. Pour moi, l'approche exploitative EST le GTO. C'est simplement la meilleure méthode, c'est aussi une méthode plus dangereuse et subtile que le GTO dont parle la communauté. La sécurité est souvent privilégiée (il faut entendre, la sécurité du paradigme actuel de la communauté, les notions qui la rassurent).
     
    Je l'ai dit avant, le GTO 'réel', c'est appréhender le jeu dans son intéraction même. Visualiser comment les ranges s'affrontent sur tel ou tel texture, et telle ou telle position relative, à tel ou tel momentum, etc. En bref, c'est une vision globale, une certaine perspective.
    Quand la communauté parle de GTO, ça va être par exemple pour parler de fréquence de défense minimum, comme si les adversaires attaquaient suffisamment. PERSONNE n'est suffisamment équilibré turn et river. En très grande majorité, les gens jouent leur main (attachement à certaines mains, sizings transparents, etc), ils barrellent seulement avec de l'équité, ils jouent la force absolue ou moyennement relative de leur main plutôt que ce que dicte réellement la situation. Ils over-bluffent et under-bluffent certains spots.
     
    Quand on joue 'GTO' au sens de conscience globale, des ranges, du board, etc, on réalise très bien qu'il y a des situations où notre adversaire bluffe trop, ou pas assez, par exemple. On peut donc, et on doit donc, faire un play explo. Il n'y a pas de fréquence de défense minimum contre quelqu'un qui ne bluffe pas assez. Peu importe son sizing. L'inverse s'applique dans le cas opposé.
     
    Le poker est un jeu situationnel. Le jeu explo consiste à attaquer les situations qui nous sont présentées. Une bonne approche est d'étudier les tendances du pool qu'on affronte. En somme, quel est le 'langage' qui se parle, dans mon environnement. Comment vais-je 'parler' à mes adversaires.
    Ensuite, quelles sont les situations où une faiblesse structurelle est visible. Il s'agit de creuser pour ces situations. Considérer des lignes alternatives tant pour manœuvrer notre équité optimalement que pour mettre nos adversaires dans des situations d'inconfort (où les erreurs les plus massives naissent).
     
    L'équilibre qu'on recherche n'est pas un équilibre absolu, mais la meilleure 'solution' à un environnement donné. Plus un joueur est compétent, plus il sera capable de rapidement trouver des stratégies optimalement exploitantes. Et il peut très bien en avoir une grande diversité.
     
     
     
    Je ne suis pas sûr où je veux en venir. Tout ce que je dis est peut-être biaisé parce que je suis autodidacte dans mon apprentissage depuis longtemps. Simplement une description de tendances que j'observe. Je pense que la plupart des regs galèrent dans l'environnement actuel, et selon moi c'est principalement parce qu'ils ne parviennent pas à faire évoluer leur paradigme de 'ce qu'est le pok'. Seulement cela.
     
    Le jeu évolue. Evoluez avec lui! Ou bonne chance, et au revoir sous peu.
     
     
     
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    natanoj reacted to NICEBET for a blog entry, THINKIN WTF PROCESS   
    Nimes, 5h31.
    Je ne sais pas quel jour on est, une vague idée tout au plus. Mardi, Jeudi? Qu'importe en réalité, mon esprit est déjà ailleurs et connaitre le jour exact, est une préoccupation de personne active. Professionnellement et socialement parlant j'entends. Ce n'est pas- plus mon cas. Je ne suis ni actif professionnellement, ni actif socialement.
    Pour la première fois de ma vie, et pourtant j'ai passé un an au chômage, je suis vraiment à l'envers de tout. C'est déroutant, mais c'est un bon "entrainement" avant le grand départ. 
    Les souvenirs, bons et mauvais de c'est derniers mois refont surface lorsque le mental plonge. Les cheveux d'or de Jane brille, ses yeux noisette, sa peau vanille, son parfum léger m'éblouissent, m'affame et m'enivre...
    Mais je m'égare, nul besoin pour le moment de vous décrire cette divine créature Berlinoise, qui à su éveiller des sentiments enterés de ma dernière longue relation. C'était dingue Jane, et c'est pour cela que ça n'a pas durée. Trop intense, trop utopique. Le poisson que je suis est fait pour les grands espaces marin, et ne peut pas rester éternellement hors de l'eau. L'association avec la reine des animaux n'est pas viable, de toute façon la lionne ne veut pas mouiller ses petites papatte. Dommage. (en référence à nos signes astrologique #vismaviedefragile)
    De toute manière, je ne suis pas capable d'être sérieux sur le long terme. J'envie la rigueur de certaines personnes autant que je les plains. Je dois vraiment évoluer la dessus. Je pense simplement que l'heure d'être sérieux n'est pas arrivé. C'est ce que je me dis pour me rassurer, mais à 26 ans, il serait temps d'avoir un peu plus que des belles paroles.
     
    Dans ce billet, je me livre (un peu), car de toute évidence je n'arrive pas à le faire en face d'Humain, si proche de moi soient-ils. Je n'arrive jamais à me dévoiler complètement- c'est quand même très étrange quand on sait que j'ai un très bon cercle d'amis/ famille. Je me sens obligé de "me sentir seul" je crois.
    L'écriture pourrait être un bon moyen de retranscrire toutes les émotions que je ressens, mais je ne m'y applique pas avec sérieux. J'ai beaucoup de mal à me motiver. J'ai arrêté de fumer 10 joints par jour depuis une semaine, ça devrait me rebooster non? Oui, en théorie. Sauf que je sors de 10 jours de grind intensif ou j'ai vu ma BR monter à 2K pour finalement finir à 0,80 cts. Donc question motivation/ mental je dirais que je suis en bas pour l'instant. L'idée même d'aller me coucher pour me lever demain vers 15-17h, et n'avoir RIEN A FAIRE, m'angoisse. Il va me falloir au moins quelques jours pour réorganiser mon quotidien, dans cette ville à durée limité. Il va falloir que je me trouve un "train train" à durée limité. Etrange.
    Vous me direz alors : Tu n'a qu'à préparer ton voyage. Oui, certes mais pas trop quand même. D'après le récit de beaucoup on SUR-prépare son voyage car on angoisse. Pas d'angoisse ici, juste l'envie de partir. Je vous rassure quand même, j'ai un minimum préparé mon voyage, j'ai le visa, le billet, le sac à dos, les fringues, une lampe frontale, 10 000€, ma bite et mon couteau ! Tout ce qu'il faut quoi ! 
    En vérité, je ne vous le cache pas j'ai peur. Je n'ai pas peur de partir à l'autre bout du monde, ça m'excite au moins autant qu'une veille de gros live- j'ai peur de moi même. De l'éternel mais talentueux spewtard que je suis. Honte sur moi si je n'arrive pas à gérer mon argent, si je ne tiens pas le coup mentalement ou si je n'arrive pas à m'acclimater au pays- si j'arrive pas à comprendre la dynamique "de la table".
    Je n'ai jamais voyager, et comme premier voyage je pars à l'autre bout du monde. C'est comme débuter au poker en cash game 5/10, de suite, c'est plus compliqué. En suis-je capable? Pas dit que j'arrive à doubler, mais si je survis c'est déjà beau. Je lance d'hors et déjà un message à tous les requins Australien: Je me nourris essentiellement de nems, grec, pizza et autres junk food depuis un an et je n'ai jamais mangé l'un des votres ! Je vous vois arriver avec votre aire de squale, mais non, détrompez vous, je ne suis même pas gros. Je suis même plutôt taillé. Dans tes 2000 dents morfale ! Je ne suis pas un met de choix, donc s'il te plait va plutôt manger Chang, éternel tyran de ton espèce et laisse moi surfer en paix ! Si vous pouvez passer le message a vos copains les croco de mer, c'est cool. 
     
    Alala ! Australie, Australie... Je rêve de toi toutes les nuits, quand je ne reve pas de mes nuits torrides du passé. Deux mois sans sexe, ça travaille ! Ne me montrez pas du doigt ! 
    Je pense que la prochaine qui aura l'honneur que je l'honnore, va plus savoir ou elle ha-bite pendant quelques jours, tant je vais la secouer. Je m'imagine déjà avoir un succès fou sur place, alors qu'ici je ne prends même plus la peine de me raser ou de me coiffer. Je crois que j'ai pas mis de déo depuis 1 semaines, mais je prends des douches au moins une fois tous les deux-trois jours. En même temps, cela fait 10 jours que je passe mes journées torse nu, alternant les shorts de sport mais surtout, sans bouger de ce "put**n" d'appart (les connaisseurs reconnaitront la citation tiré d'un film culte). 
     
    Le pays d'Asterix me manquera, mais pour l'instant j'ai plutôt envie de boire du ROME sur des plages paradisiaque ! Loin des préoccupations quotidiennes des Français actif. No offense à ceux qui bosse, mais comme j'ai moi même déjà bosser, je peux critiquer si je veux. C'est comme quand t'es juif- tu peux faire des blagues sur les juifs, c'est autorisé, on a le droit! 
    Que rajouter si ce n'est que je n'ai pas envie de retoucher ce que je viens d'écrire. De toute façon je doute que quelqu'un lise mes articles en entier. Pourtant quand je me relis, parfois je trouve qu'il y'a quelques phrases bien senties. Mais bon, je fais d'abord cela pour moi- pour vous, mes futurs enfants.
    D'ailleurs, pour mes rares lecteurs, vous lisez peut être les tout début d'un futur grand auteur de livre de voyage et de romans ! Car c'est bien ça mon projet. Ecrire. 
    J'ai toujours eus des envies de "métier" <très réalisable>. A l'école je voulais devenir Informaticien pour créer des jeux vidéos, sauf que je détestais les maths. J'ai ensuite voulu faire skateur pro, grand chef cuisto, chef d'entreprise, joueur de poker, et maintenant écrivain. OK Hugo, dit comme ça c'est pas du tout flippant. En gros, j'ai toujours voulu des trucs compliqué à avoir, sans réellement me donner les moyens de le faire. Hyper rassurant comme constat. Si seulement je pouvais croire en moi, autant que mes proches le font... Mon plus gros soucis et qu'à chaque fois, les paroles des gens m'ont mis des barrières fictives. Barrière qu'aujourd'hui je peine à ôter. (cf "les 4 accords toltèques"). Pour profiter de mon voyage, il était nécessaire d'en faire sauter un maximum, et pour le coup je suis pas mal. Je suis en total roue libre, je m'en bats royalement les testicouilles et je suis comme je veux être. Si j'ai envie de 3 bet light une meuf et de fold 12bb deep sur son 4 bet, je le fais. (gné?)
     
    Bref, message à mon moi du futur quand je relirais ce billet: 
    Ou en es-tu mon grand ?
    Ou es-tu?
    Ca va mieux? Ca se passe à l'autre bout du monde ?
    Autant de questions que mon moi du futur répondra dans les commentaires. 
    Je trouve l'idée sexy, je pense que je vais bien me marrer quand je relirais tout ça et ça sera non sans une pointe de nostalgie que je repenserais aux conditions d'écriture de ce billet. Il est 06h08 à Nimes, et je vais bientôt avoir le luxe de me faire un pti dej a base de pain au chocolat tout chaud. Prend ça moi du futur, en Australie t'auras pas de pain au chocolat !
    Vraiment WTF ce billet, ça reflète bien mon état d'esprit du moment. J'ai trop de pensées, trop d'envies, trop d'attente. J'ai envie d'exploser, de crier sur tous les toits que depuis longtemps je n'ai pas été aussi heureux, mais tout le monde s'en fou finalement. Les gens se foute des gens heureux. Pire, ça doit en agacer certains quand tu baignes dans le bonheur et que eux non. En même temps t'avais qu'à pas faire des choix de m**de et enfanter à 20 ans sale pute. Maintenant ton mec c'est un canard et tes vacances c'est 15 jours l'été à Barcelone ou  Palavas les flots, et à peine commencer tu penses déjà à ton retour au bureau. Je me fais des films tout seul, je pense n'avoir personne comme cela dans mon entourage, mais je trouvais la phrase drôle. Ca m'a fait rire. Ou en étais-je? Ah oui, je suis vraiment heureux ! Donc, A part mes couilles qui touchent par terre et mon récent brokage, je suis bien dans ma vie, c'est pas tous le temps qu'on peut en être aussi certain. 
    Je veux de l'authenticité. Des gens authentiques, des paysages authentiques, des FEMMES authentiques, des moments simple... Et authentique ! 
    Just do it bro, just do it !! 
     
    Aller il se fait tard, et si je continue je vais perdre le peu d'entre vous qui se demande quand est-ce que ça finira. Ayé, j'ai finis.
     
    Bisous

    Hugo
     
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    natanoj reacted to NICEBET for a blog entry, Jeune et vivant   
    Montpellier. 
    Ma ville natale, pleines de souvenirs bons et mauvais. Centre névralgique de mon réseau social, familiale. Un arbre planté dans une plaine qu'on appel la France. C'est un petit arbre, mais j'y tiens et parfois je m'effrais d'avoir à ce point peur à l'idée de partir et de laisser tout ce petit monde, mon monde derrière moi pour plus d'un an.
    J'aspire à m'enfuir pour découvrir d'autres horizons, m'ouvrir l'esprit, écrire, découvrir, et partir en quête de quelque chose d'aussi important qu'impalpable: Mon identité.
    Cependant j'ai une peur bleue de ce que cela implique. A l'heure actuelle, j'ai l'impression de n'être guidé que par des besoins que j'ai n'ai pas réellement choisis . Mon âme d'enfant ne brille plus de la même façon, et l’âme d'adulte tape à la porte depuis un peu trop longtemps. Le problème, c'est que les solutions en France ne m'attire pas. Pire, me dégoutte. Quand je vois que certaines connaissances, voir anciens amis se posent dans leurs vies, ça m'interpelle. Avant, j'aurais pu vous écrire que je trouvais ça bien, après tout le modèle "familiale" classique offre de bonnes perspectives de stabilité. Des enfants, une femme, une situation pro confortable - tout ceci constitue "une bonne situation", du point de vue de notre société. Et c'est là, que je trouve tout ceci bancale. Comment faire si je ne me retrouve pas dans ce schéma? Suis-je un marginal si je ne me plie pas à cette idée ? Je ne suis pas le seul dans ce cas là, à vrai dire, tous mes amis très proche sont pour la plupart, dans ma situation. 
    Je ne sais pas ce que je ferais demain, mais vous savez-quoi? Je ne m'en soucie plus. 
    J'essaye depuis plus d'un an, de me détacher de tout ça - de me détacher des désirs des autres et de la société. 
    J'essayer de mener ma barque et évidemment ça n'est pas très confortable ni très stable, mais c'est la mienne- c'est moi. Pour ceux qui suivent, j'avaient une situation très confortable depuis 5 ans. J'ai moi même saboté mon gros yacht de beauf, pour descendre en gamme et prendre une simple pirogue, taillé à même mon arbre. Je parcours pour l'instant les mêmes eaux, mais je vous garantis que les sensations sont différentes. Après avoir quitté mon travail, ma petite amie, et la ville qui m'a accueilli pendant les 3 dernières années, j'ai ressenti un petit vent de liberté. 
    Rapidement rattrapé par un petit vent de "get back dans ta gueule", qui à largement soufflé jusqu'en Janvier 2016. Durant ces 7 mois j'ai vraiment dégusté.
    -"Ça y est Bobby, tu y es - Tu l'as toujours voulu ta liberté, maintenant tu l'as, voyons comment tu vas t'en sortir" -
    Je vous épargne le suspense. Mal. Mal, mais terriblement pédagogique.
    J'ai dépensé sans compter, m'accablant de dettes et ne pensant pas au lendemain. Ma seule motivation étant de rencontrer des nouvelles filles et sortir faire la fête tous les soirs,  je vous garanti que ça coûte cher ! Je crois que j'avais vraiment besoin de me sentir "jeune" à ma façon, de me prouver quelque chose. J'ai bien réussi ma mission, j'ai fais la fête pendant 7 mois environ et la résultante de tout ça, c'est une addiction prononcé voir maladive pour Marie Jeanne, une addiction naissante pour l'alcool et surtout un stress immense pour mon futur passage de test MST. Moi, l’Hypocondriaque de toujours- Surtout "con" en fait, j'ai jamais fais d'hyppo et ces connes de 'DriaQUes'* sont perfides. (*dryades).
    {Edit: les tests se sont révélés négatifs !! Champagne ! }
     
    Le départ est prévu dans un peu plus d'un mois, et je traverse une période très étrange, ou plus rien ne m'excite. L'idée même de voir des gens m'angoisse, moi qui ne pouvait pas rester seul plus de 24H, cela fait 17 jours que je vis en hermite, reclu dans mon appartement. La fenêtre du bureau donne sur deux bars et chaque soirs j'observe le lot de déchet qui erre dans la rue. Quant aux filles, moi qui les aient tant chassé cette année, j'ai complètement lâché l'affaire depuis 1 Mois. Je ne fais plus aucuns effort et malgré un bon ROI sur les matchs Tinder, l'idée même de devoir leurs parler régulièrement, de devoir rentrer dans la case de la séduction me débecte. Je n'en peux tout simplement plus, elles recherchent toute l'Homme parfait qui leurs dira ce qu'elles veulent entendre. Allez tous vous faire foutre bande de connasses, j'en ai ma claque !
     
    Edit: j'ai écris cela il y'a quelques semaines, je sens encore la rage et l'angoisse dans ce texte. Ca m'a fait du bien de l'écrire, j'espère que vous aurez du plaisir à le lire ! 
     
    Hugo
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    natanoj reacted to Mr Sneeze for a blog entry, The Fire of Nevada   
    3 jours que je suis ici, ou 3 nuits, je sais pas quelle heure il est en fait.
     
    J'ai commencé doucement le poker du coup, je joue pas au top. Fais un mtt hier où je joue assez meeh mais survis tout de même au day 2 avec stack de départ. Voulu joué en cash tranquille aujourd'hui. Perdu 300bb, 100 en 1/3 et 200 en 2/5. Joué " à l'européenne ". Ya un temps d'adaptation. Je l'accepte. Ca fait chi** mais je commence à remarquer ce pattern: quand je développe un jeu explo dans un sous-environnement pokéristique particulier (un endroit surtout), dès que j'arrive dans un nouveau environnement le radar est un peu off.
     
    Ca fait chi**, mais je commence à remarquer ce pattern qu'on fait souvent les choses pas au top, nous joueurs de poker 'cherchant à gagner'. Mais c'est juste un trait humain.
    En tout cas je réalise un truc, qui me diffère de beaucoup de 'collègues' (ou amis, ou rivaux, ou autre chose, le poker c'est spécial) : I take full responsibility for my actions. I don't blame variance, or luck. I know and accept my destiny (which is, ultimately, to die). Therefore I accept to make mistakes.
     
    Pourquoi blâmer la variance, ever? La variance, c'est la roulette de l'argent qu'on appelle poker. C'est l'ingrédient du cocktail en somme. Alors la blâme pas, ta mère nouricière. A laquelle tu es addicte au passage.
     
    La seule variance, c'est nous. C'est notre attitude par rapport au game. Au jeu 'Poker', et aussi au game en général, if you know what I mean. On est faibles, tous, faut pas se leurrer. Et un peu fous aussi, une bande de primates qui s'amuse avec des lumières. Avez-vouz déjà remarqué le toit rouillé du Rio. Ou les gens qui vivent dehors, dans la ville, à différents endroits. Avez-vous songé à l'absurdité énergétique, au gachis que crée se lieu. Pour que nous 'hommes du monde' puissions battre les cartes et l'argent. C'est n'importe quoi.
     
    Bon. Tout cela stimule mon instinct de combat, et je sais que je vais le mettre à la table. Sur la table en somme. Mais alors je risque de jouer à l'européenne. Ou à l'asiat après tout, j'ai souvent du metagame avec les asiats. On ne sait pas tout simplement.
     
     
     
    "Full responsibility"
     
     
    A la table de poker, c'est vous qui créez votre monde, votre réalité. Votre attitude, votre posture même, font partie de l'équation. Tout en fait. Si vous êtes plus occupés à mater des culs (ou des nuques, en l'occurrence) qu'a jouer un poker de qualité, faut pas s'étonner de randomly spew. Parce que nos émotions nous mènent, tous autant que nous sommes. Nous réagissons simplement différemment, tous, à ces mêmes émotions -qui nous mènent.
    Désir / rejet. Bien / mal. Ca sent bon / ca sent pas bon.
     
    Accepter la responsabilité totale, c'est accepter la maîtrise. De se mettre sur cette voie, où toute action est perfectible. Chaque erreur est à accepter, pas à rejeter sur un objet extérieur. Je fais ça dans ma vie courante depuis quelque temps maintenant, et c'est assez délicieux je dois vous dire. De ne plus se blâmer.
    Ah bon, dans un processus d'apprentissage, il faut faire des erreurs?! Bon, voilà, un des secrets du poker: le processus ne s'arrête pas. Donc erreurs, tout le temps, tout le monde. Tout le temps. Quand on y réfléchit vraiment, tout le monde est la moitié du temps en semi-tilt à une table live. C'est assez intéressant. Ca ouvre des pistes en termes d'edges à développer.
     
    Etre humain, c'est être traversé d'irrationalité. J'ai fait le drôle de choix de l'accepter, et de ce fait (on en revient à: se permettre de faire des erreurs), mon processus d'apprentissage du poker est rigoureux. Car j'apprends de chaque main, réellement. Au final c'est même pas un effort. C'est l'Art du poker, qui depuis le début m'a fasciné.
     
    Au poker, on apprend à se connaître par l'erreur. Ne craignez pas de suivre vos reads. Affinez-les ainsi. Ne craignez pas d'être pris pour un fish. Car c'est la meilleure image du monde pour développer un poker profitable, et indétectable. Pour un temps.
     
    Full responsibility = Freedom from guilt
     
    Bien à vous, à plus.
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    natanoj reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Perceived range   
    J'ai beaucoup réfléchi à ce que je pourrais continuer d'écrire sur ce blog.
     
    J'adore théoriser, penser poker, et donc écrire poker aussi, car malgré l'effort que ça demande, sur le long terme ça structure mon apprentissage et renforce mon attitude à la table. Cependant, j'ai beaucoup grandi, et il m'apparait de plus en plus évident que la vie est multiple, complexe, et certainement pas uni-dimensionnelle. Ainsi, prodiguer des conseils ou des attitudes profitables 'dans le jeu du poker' a quelque chose de potentiellement assez inutile.
     
    Pourquoi cela? Parce que le poker est un jeu de maîtrise, et cette maîtrise est complexe, potentiellement totalisante (elle prend et incorpore beaucoup d'aspects de la vie d'une personne, au point parfois de l'engloutir) ; cette maîtrise est aussi bâtie sur l'experience, et surtout sur une pratique attentive et conscientisée.
    Quels que soient les aspects de votre jeu que vous voulez travailler, le poker n'accepte pas de réponse définitive, de réponse toute faite. Je dis ça, et dans le même temps, je suis assez d'accord avec Daniel Negreanu qui disait je ne sais plus où (un podcast mental game je pense): le poker est un jeu beaucoup plus simple que tout le monde aime à le penser.
    Mais il n'y a pas de recette magique, il n'y a pas 'une bonne manière'.
     
    Ainsi de plus en plus, je réalise que ce qui fonctionne pour moi n'a pas de raison particulière de fonctionner chez les autres, car c'est lié à comment j'ai mené ma vie jusqu'à ce point précis, cet instant précis. Beaucoup de mes attitudes changent avec le temps, mes certitudes également. Beaucoup de joueurs talentueux ont d'autres approches. Ce n'est pas facile de gagner sa vie au poker, ce n'est pas facile de 'faire ça bien' (sur tous les plans, y compris un équilibre psychologique. Car de fait, on rencontre des joueurs talentueux mais malheureusement pour eux un peu perdus dans leur vie). Mais même si ce n'est pas facile, il y a beaucoup de manières différentes d'y arriver et de l'entretenir.
     
    Facteur décisif déjà: être bon au poker n'a aucune, strictement aucune influence sur nos résultats futurs. Evidemment, ya la variance des cartes, oui ya ça. Mais c'est tellement rien en comparaison de la variance dans la qualité de jeu des joueurs, leur focus, leur attitude. Donc ouais, contrairement à beaucoup de domaines, on ne fait jamais ses preuves dans le poker, ou alors on fait ses preuves potentiellement à chaque main qu'on joue, et voilà, c'est tout.
    Donc on en revient à ce point crucial: la maîtrise, ce n'est pas quelque chose qui s'obtient. Ce n'est pas 'savoir la bonne réponse'. La bonne réponse n'est jamais la même en fait.
     
    Quelle est la bonne attitude à avoir? Cela dépend. Quelle sont les meilleures décisions possibles dans cette main particulière? Dans ce tournoi? A cette table de cash? En tant que joueurs (cherchant à gagner), nous sommes fondamentalement des décideurs, nous devons donc devenir experts en décision, et ces décisions sont à TOUS les étages. Beaucoup gagneraient à introduire plus de flexibilité dans leur decision-making. Personnellement, je gagne à renforcer ma solidité, résister à ma tendance naturelle à être 'trop' flexible. Mais clairement la tendance générale dans toute tentative de maîtrise d'un domaine, c'est de manquer de flexibilité et de s'attacher désespéremment à nos forces (mais ce qui marchait un moment.... ne va pas toujours marcher). Tant de gens ont un mal fou à questionner leurs paradigmes, visions des choses. Je suis dans la tendance opposée, mon travail est donc fondamentalement différent du travail d'un autre (et pas forcément plus facile).
     
    Le matériau qui nous permet de décider et investir sur ces décisions, c'est nous-même. Notre corps, notre esprit. Et tout ce que ça implique en terme de fluctuance.
    Le poker, ET la vie, apportent tellement de situations qui vont nous sortir de notre zone de confort. C'est en cela que la maîtrise est subtile et difficile.
    Evidemment quand tout marche pour nous, on peut naviguer sans trop de problème. Un moment ou un autre cependant, personne n'est épargné par les vents de l'existence (toutes les manières sont possibles). On ne compte plus les gens abbatus par un coup de bâton de trop, dans leur vie ; dans le poker de même, ne ne compte plus les étoiles filantes (ont connu du succès, le succès temporaire a amené l'échec au final). Le facteur déterminant de sélection des bons joueurs au poker va plutôt être leur capacité à se relever de leurs propres débacles. Et des débacles, des perditions, il y en a dans le monde du poker. C'est seulement que les 'vainqueurs' d'un moment sont beaucoup plus visibles que tous ceux qui 'échouent' (vrai sur d'autres aspect, l'écriture de l'Histoire par ex).
     
    Quelle attitude donc? Ca dépend. Mais mieux vaut être flexible, mieux vaut ne pas s'accrocher trop à ce qui ne marche plus. L'écosystème est perpétuellement changeant, personne ne joue aujourd'hui comme il y a seulement quelques années. De nouvelles stratégies deviennent populaires, plus de joueurs ont gagné en solidité et résilience mentale. C'est juste plus dur, donc il n'est plus temps pour les recettes toutes-faites.
    Ainsi, la bonne question n'est pas: comment être bon au poker, comme un fait général, absolu et définitif, mais plutôt : le poker crée une infinité de situations perturbantes et nouvelles, comment les naviguer?
     
     
    J'écoutais un podcast récemment sur le sujet du talent, et du travail.
    L'auteur suggérait que les meilleurs niveaux de performance dans tous les domaines étaient construits sur les attitudes suivantes:
    A) Se mettre autant que possible dans des situations à ' la pointe de nos compétences ', autrement dit risquer de faire des erreurs, parce que nous sommes à la limite de notre skill, là où il n'est pas encore bien intégré, bien maîtrisé. C'est ainsi que le savoir est renforcé, par la mise à l'épreuve. Il faut plonger un peu la tête dans le feu, voir ce qui se passe, et en tirer les meilleures leçons.
    B) Sentir, accepter de sentir, accepter tout court, les erreurs, malgré la douleur et frustration que cela crée pour quiconque dans une approche compétitive. Il n'y a pas de réelle progression sans lutte. La sensation de 'chi**' dans un domaine qu'on investit, est extrêmement difficile à dépasser pour un être humain. Usuellement, en réaction, les humains vont principalement éviter ces situations d'inconfort. Il y a cette tendance fort naturelle à préférer faire ce qu'on sait faire plutôt qu'à s'exposer à s'humilier aux yeux des autres (si on donne de l'importance à leur regard), et juste s'exposer à se sentir mal parce qu'on a fait une erreur. On se juge, tellement facilement, et le jugement amène aussi les attentes / aspirations, la peur, et une diminution du courage global. Dans le poker, c'est extrêmement présent. Très peu de joueurs sont prêts à explorer la compexité du jeu en No-limit parce qu'ils ne veulent pas risquer de chi** lamentablement dans leurs expérimentations. Sans aucun doute une de mes plus grandes forces en tant que joueur est d'avoir donné et redonné dans l'expérimentation de ce qu'on pouvait faire avec ce jeu.
    S'exposer aux erreurs, les comprendre non pas comme des erreurs justement, mais des nécessités, est difficile mais crucial. On pourrait aussi bien dire: s'exposer à des situations marginales. Le meilleur dans un domaine sera plus facilement celui qui est sorti de sa coquille pour évoluer dans des situations confrontantes. L'expérience bâtie est simplement exponentiellement plus grande.
    C) Incarner notre apprentissage dans un processus conscientisé. Cela veut dire digérer notre processus de travail et de progression en le mettant constamment en perspective et en questionnement. Qu'est-ce que je pourrais faire d'autre, de mieux? Quels sont les présuposés que j'ai qui peuvent être subtilement erronés? Quelles sont les émotions qui bloquent un apprentissage libre et fluide? Il est nécessaire d'opérer des temps de recul et de contemplation, plutôt qu'être la tête dans le guidon, car c'est alors qu'on peut faire évoluer nos structures (= nos manières) mêmes d'apprentissage. A ce sujet, trouver des moyens de créer du feedback (des moyens de mesurer l'évolution de notre apprentissage), est également crucial. Il s'agit de pouvoir faire des hypothèses, les tester, et ensuite avancer vers des conclusions, qui sont aussi des nouvelles hypothèses.
     
    Exemple simple et courant chez pas mal de joueurs gagnants au poker, symptomatique d'un processus d'apprentissage non conscientisé, sans vraie prise de recul : l'incpacacité à sortir d'un système, ou d'un format de jeu, pour s'exposer à de nouveaux apprentissages. Principalement parce que le temps de la prise de recul n'est pas pris, il n'y a pas de possibilité de réelle évolution. Ainsi, pas mal de joueurs gagnants vont gagner avec consistance pendant un moment (par exemple sur un format précis), puis le jeu les éjectera naturellement, car le point de rupture sera atteint: ils auront résisté efficacement avec leur méthode face à un écosystème changeant, mais un moment ils n'auront pas les compétences de la remise en cause et de l'adaptation profonde, réelle (on ne parle pas ici, de seulement incorporer des nouvelles manières d'accumuler des jetons, c'est plus vaste).
    J'ajouterai un point très important à ce sujet: la totale intéraction, dépendance même, entre nos idées, nos émotions, et nos actions. C'est sûrement un peu cela que j'implique quand je parle d'attitude. Changer d'attitude peut passer par exemple par une gestion de nos émotions (clairement ce que j'ai le plus travaillé depuis deux ans dans ma pratique du poker), qui à son tour va créer des cycles vertueux dans les pensées que nous produisons et les actions / réactions que nous choisissons. On peut aussi changer nos actions (nos habitudes au quotidien: assez diabolique d'efficacité, mais très difficile en pratique) afin que nos 'états' changent.
    => Incarner son apprentissage, c'est prendre en compte cette multi-dimensionnalité, et ça n'implique pas du tout d'aller dans sur-complexité. C'est plutôt, se considérer et se sentir à la fois comme Un (un individu formant un tout, tout est lié) et comme Multiple ( 'je' est traversé par de multiples choses, potentiellement paradoxales ou en conflit. Comment équilibrer tout cela?).
    Juste, ce fait: nous sommes humains, et basiquement un humain arrive pas à grand chose s'il ne se gère pas bien sur ces différents aspects (entremêlés).
     
     
    Donc ouais, clairement, ne croyez pas aux recettes magiques si vous avez de l'ambition dans le poker. Croyez en vous, en ce que vous pouvez faire à partir du matériau qui est votre vie. Ce que vous voulez faire, aussi. Dans le même podcast, le sujet de la motivation (afin de travailler ces états de haute performance) était abordé: plutôt que quelque chose d'interne, qui viendrait du fond de nous, peut-être s'agit-il en fait de quelque chose d'externe. Par exemple observer la réussite de nos pairs: si lui peut le faire, pourquoi pas moi? Que puis-je faire pour le rejoindre?
    En partant de là, l'efficacité de se visualiser dans le futur comme 'la personne qu'on veut être' est très importante. Cela crée une direction dans l'apprentissage.
     
     
    Il faut bien noter aussi, qu'en adoptant cette approche du poker comme une activité athlétique, on maximise aussi nos compétences pokéristiques sur un plan plus large: on développe la capacité à se dépasser, se développer, et tout basiquement la capacité d'apprendre. Les conditions si perturbatrices du poker peuvent créer chez certains joueurs cette attitude d'exigence vis-à-vis d'eux-mêmes qui certainement leur servira dans d'autres aspects de leur vies, ou autres domaines de compétence (d'autres fields).
     
     
    Je me permets de me recentrer sur ma petite personne d'1m90: j'ai énormément bossé depuis quelques mois. Et j'ai principalement bossé sans jouer, car j'ai surtout travaillé à laisser des mutations s'opérer. Ce qui marchait bien pour moi avant dans ma vie s'est mis à moins fonctionner. Nécessité de changer de paradigme, s'ouvrir au nouveau. Quelque part, arrêter de s'entêter dans les conneries.
    Ce travail a été très fructueux dans le sens où j'ai mieux compris quelle forme de travail je devais fournir : il s'agit de 'faire avec' ma sensibilité (extrême), ma permabilité aux éléments qui m'entourent, et aussi me traversent. Pourquoi cela? parce que j'ai fait le choix, indépendemment du poker, d'ouvrir les portes de la perception dans mon existence, c'est ma poutre, ma structure vitale. Me sentir vivant, ressentir. (Ma technique est simple, elle tourne entièrement autour de la respiration. Je suis plus conscient qu'avant, car avant je ne me sentais pas autant inspirer et expirer. En revenant à la respiration, ma vie a pris une densité démentiellement plus importante, chaque jour est vaste.)
    Fondamentalement, cela m'a posé des obstacles assez évident dans le poker, qui n'ont rien à voir avec mon niveau technique (exemple tout simple: une tendance à chercher trop, si cela est possible, les situations marginales justement. Je dois quelque part ralentir le processus que j'ai décrit au dessus, car chez moi il opère naturellement, trop facilement).
    Mais ça m'a aussi ouvert des portes. Depuis facilement 2 ans, je travaille mon jeu complètement de façon auto-didacte, et mon apprentissage est totalement orienté sur mes ressentis, et sur les propres hypothèses que je formule. Et c'est bien pour cela qu'il est difficile de transmettre ce qui marche pour moi, car cela marche pour des raisons précises et définies. Je travaille (avec succès) à faire de ma sensibilité une arme. A une table de live, en tout cas c'est ce qu'on m'a dit, je parais parfois comme un 'radar', qui capte manifestement plus d'informations que la moyenne (et ainsi se retrouve parfois surchargé d'informations et d'émotions, c'est là l'inconvénient, enfin la faiblesse à gérer).
     
    Sur un plan personnel, j'ai décidé de renoncer à des 'idéaux' que j'avais pour m'exposer beaucoup plus à la confrontation avec l'altérité: ça s'est incarné dans mon déménagement pour Amsterdam, qui a eu lieu il y a un mois.
    Sans aucun doute, les conditions pokeristiques sont meilleures ici qu'en France :). Mais en vérité j'suis surtout venu ici pour avoir le plaisir de voir 50+ jolies filles par jour. Etant un peu un renard solitaire, vivre dans une capitale est évidemment confrontant. Mais j'ai réalisé que c'était exactement ce qu'il me fallait. Le ressenti est toujours là après un mois de vie dans la ville du spliff et des fietsen.
     
    En termes de résultats, mon premier mois en Hollanderie est un des meilleurs de ma carrière, bien aidé par une perf dans un Scoop (3ème d'un 100€ du dimanche, et surtout une énorme satisfaction dans la qualité de jeu déployée tout au long du tournoi). Mais aussi cohérent avec le travail pokéristique que j'ai fait ces derniers mois, en premier lieu le réel questionnement que j'ai eu pendant mes 3 mois de break: ai-je toujours envie de jouer? ne suis-je pas en train de me perdre dans ma vie?
    Bah j'me suis retrouvé.
    Après le break j'ai arrêté de faire le con. J'ai pris au sérieux des stakes moisies. Pendant plusieurs mois, inspiré par un autre joueur de pokey, spécialisé en MTT depuis des années, j'ai lancé des sessions MTT small buy-in. En m'attelant à bien jouer même quand je deep runnais le classico ou la fièvre en monotable pour finalement gagner 32€. Ouais, ca change de l'intensité des high stakes. Mais quel travail massif j'ai fait sur moi pour dépasser l'addiction à l'adrénaline. Pour accepter que le jeu, c'était le jeu, qu'il fallait respecter le jeu. Respecter ses adversaires, quels qu'ils soient. Se respecter soi-même, au final. Et juste bien faire le taf', sans laisser les p'tites émotions parasites individuelles prendre le contrôle (ce qu'on veut prouver, l'ego de la domination à la table, ou peu importe ce qui s'applique pour vous).
    Et, certes pas d'énorme de perf sur cette période, mais des résultats, quelque shipperies satisfaisantes. Des indices clairs que le travail avait des répercussions.
    Et ici à Amsterdam des résultats sur tous les tableaux. Des deep run prometteurs (22ème du scoop 500€, 15ème du bigger 55 sur ps.com, un bon day 1 sur le highroller 1K wina bien que pas d'ITM au final), des sessions live en mode pillard viking. Un jeu fondamentalement beaucoup plus solide mais tough (enfin!) en cash game online. Ca se sent, quand on joue bien (ou juste mieux).
     
    Je n'ai pas perdu de temps en sortant du jeu. En breakant totalement. Puis en jouant des low stakes le temps qu'il fallait. J'ai littéralement oublié la rentabilité, je suis de toute façon un hippie anti-productif et fièrement opposé à la marche de notre société, junkie à l'agitation. J'ai travaillé ma patience, toutes les variétés de patience en fait. En premier lieu, être patient avec l'animal que je suis. On a tous autant de qualités que d'obstacles (souvant naissant de ces mêmes qualités). L'inverse est aussi vrai. Les barrières que nous avons à dépasser nous transcendent. Ce que j'ai eu à dépasser, ça m'a pris du temps, mais finalement la patience (et aussi donc, bizarrement, l'obstination) paye. Je le sens, et je ne dis pas ça à cause des résultats récents. Des résultats, c'est juste des résultats, ça mesure pas grand-chose en soi. Mais je sais d'où viennent ces résultats récents, ils viennent d'un vrai renforcement dans l'application des mes skills (de mes forces) et des stratégies plus adéquates pour naviguer / gérer mes faiblesses. Deep run 3 gros tournois ne veut rien dire évidemment, mais les deep run en monotable ou quasi monotable avec un niveau de focus et d'effort, c'est déjà moins du hasard, car on peut sentir à quel point on a bien joué, ou non (avec l'expérience, et à ce niveau là, au niveau de l'expérience d'évaluer son skill à un moment T, je commence à avoir du bagage par rapport au field dans le monde du poker).
     
    Ma motivation pokéristique est à un relatif pic (dans le même temps, le jeu m'obsède carrément moins qu'avant, je suis motivé, mais pas obsédé). Et pourtant, je joue peu. Je travaille beaucoup mais dans la préparation plutôt. Quand j'arrive, c'est pour être un viking. Et ca a l'air de marcher. J'ai bien l'intention de concentrer la motivation dans une attitude assez relachée donc, privilégiant mon bien-être (si je ne veux pas jouer, si je veux arrêter, ben c'est ok. C'est comme folder. Juste un fold.), et quand je joue, autant que possible, je joue. Je me mets en mode open dans mes perceptions, je joue avec les possibilités, je suis totalement concentré et présent (toutes choses relatives à mon potentiel du moment T, d'où tout le reste de nos actions dans notre vie, les habitudes qu'on prend, ce qu'on mange, etc).
    Ca avait déjà très bien fonctionné, cette approche, à Vegas. Je crois que je tiens un truc. Le taf continue.
     
    Dans tous les cas, je suis fondamentalement: pas pressé.
     
    Aujourd'hui, je vois ma vie, ma carrière, en rétrospective, et je contemple. 27 ans de vie, c'est beaucoup, quand on a activé le bouton conscience (peu importe la forme que cela prend, chacun est différent). Et put**n de vraiment, j'me sens adulte, vieux parfois même, comme si j'avais vécu 12 vies, déjà. Je sens une force énorme, une résilience mentale que je n'ai jamais connu. Et j'embrasse cela parce que j'ai aussi embrassé à quel point les erreurs et les faiblesses étaient déterminantes des forces. Faut se laisser casser, faut brûler comme le phoenix et renaître tout neuf, paf.
    Au fond, la vie est bien faite. Elle nous mets des bâtons dans les roues pour nous forcer à exprimer notre potentiel. Ainsi, pas besoin de parler de justice, ou qu'on mérite (ou ne mérite pas) quoi que ce soit. On a littéralement ce qu'il nous faut, et littéralement ce qu'on choisit d'avoir. Dans le même ordre d'idée, une phrase d'un maître zen : 'chaque personne a exactement la quantité de problèmes qu'elle souhaite avoir, ni plus ni moins'. Si vous comprenez cela, vous saurez ce que vous avez à faire. Et vous le ferez.
     
    Aujourd'hui, les éléments s'alignent bien pour moi. Je suis dans une put**n de ville dans un appart balla, avec un colloc super et des renardes partout dans la ville. Le poker m'enthousiasme. Bientôt le WPT Amsterdam. Que je jouerai seulement si j'le sens, mais étant donné les excellentes sensations autant en MTT (online) qu'en live (cash), ya moyen que les éléments s'alignent bien, là. Et toute façon ya encore Vegas cette année, où je jouerai quelques trucs en plus du cash game.
     
     
    Encore un article qui commence apparemment sans inspiration et qui finit à n'en plus finir! Oh well.
     
    Doei!
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    natanoj reacted to Mr Sneeze for a blog entry, Jte mets sur Roi Valet, Valet Dame   
    Ah ça fait longtemps qu'on était pas passé ici. Ya comme de la poussière dans les coins.
    Je regrette de n'avoir pas plus écrit, car c'est toujours un exercice enrichissant. Et quelques personnes m'ont rappellé que j'avais un blog récemment! Pour ma décharge, j'ai eu une année intense-bizarre-métamorphose, comme ça semble devenir la norme depuis que je cultive la conscience de l'instant présent. Comme si je vivais et renaissais chaque jour. Enfin chaque instant, potentiellement, bien qu'évidemment je ne sois pas TOUJOURS en pleine conscience, ni même que je le recherche, comme une pseudo-toute-puissance. Non, juste je cultive la pratique du boudhisme (cad la méditation), et j'apprend un art de vivre on va dire. BREF. Ca rend ma vie certainement différente d'avant, je change d'avis fréquemment, parfois comme très récemment je prends un break poker de 3 mois et j'en profite pour ne rien faire (pas d'internet du tout pendant un bon moment), et aussi prendre le temps d'aller en Chine.
     
    Mais venons en ce qui vous intéresse, le Pokey.
    Well, the Game. The Game is still there.
    Dans mon dernier post, qui date du début de l'année, je parlais d'un rapport contrasté au poker, marqué par les années. La difficulté du jeu, enfin ce qu'il provoque, aussi des addictions mélées. La difficulté à gérer mes émotions à la table, pas parce que je régresse, mais parce que ma sensibilité et mon contact à mes propres émotions s'enrichit de jour en jour. En commançant les arts martiaux et la méditation, je pensais que ça allait m'aider au poker, et de fait ça me rend la tâche plus difficile, subtilement difficile! Jsuis bon, honnêtement. J'ai du skill, et de la créativité, et la ténacité, l'âme du guerrier. Mais je ressens tellement de choses depuis quelques années, les gens, les endroits, moi-même, parfois je m'y perds comme dans une tempête. Donc voilà, le thème, depuis un bon moment, pour continuer à survivre dans l'écosystème du poker, c'est la gestion émotionnelle. J'ai aucun doute qu'une relation épanouie avec une fille géniale m'apaiserait grandement sur ce plan-là, mais j'en rencontre pas tous les jours!
     
    Ainsi, cette année, j'ai traversé des bons moments de doute. J'ai moins joué à certains moments, j'ai mal joué à d'autres. Bien aussi parfois, excellement parfois. Un peu sur un coup de tête, après 2-3 mois de play moyen, je décide d'aller à Vegas. Je décide aussi d'y aller pour bosser. Pas pour fétarder, pas pour bader non plus.
    Là-bas, pas de pétard pendant un mois. Avec le décalage horaire, j'me réveille les premiers jours aux aurores. C'est cool, ça me permet de courir quand il fait pas encore une chaleur étouffante. J'ai trouvé un supermarché qui vend des bons produits en vrac, des noix, quelques légumes et fruits 'organic', en tout cas je commence à avoir l'oeil à ce niveau-là, vivant à la campagne et aimant la nature. Des super jus de proto-biotiques, des jus mélangés à du thé fermanté généralement, générant ainsi des centaines de millions de bactéries bénéfiques à notre organisme: de fait une tuerie. Comme une drogue, mais absolument saine et naturelle. Ca m'a permis de jouer des MTT avec un niveau de focus jamais vécu. Et, en jouant Martin Jacobson dans un 1.5k WSOP (6 max à ce moment là), je vois qu'il boit la même boisson... Prends soin de ton corps et de tes organes surtout, c'est aussi ça le 'connais toi toi-même'.
    Je fais des salades. Je prends un soin particulier à cuisiner et à bien manger. Mes premiers pas dans un casino de Vegas ont eu lieu au Rio, mais l'endroit a une atmosphère assez sale et dégoulinante, donc je me tourne plus naturellement vers le Venetian, assurément un des meilleurs endroits pour jouer au poker au monde, de ma modeste expérience! Je grind en journée. En 5/10. Je fais des sessions courtes. Je sais que je suis là pour 6 semaines. Je joue au top, ou je quitte. Je fais des breaks quand j'veux, et je reste pas à la table 4 h de suite comme une larve, je vais prendre le soleil pour compenser le drôle d'air climatisé, probablement enrichi en oxygène!
     
     
    Personne me connait ici, et je ne connais rien du poker américain. J'entre discret, 70bb, et discret aussi dans le reste, qui je suis, comment j'me comporte. J'écoute, et je regarde. J'ai des bonnes idées aussi. Des moves que je ne décrirai pas ici, mais qui me permettent de manipuler les situations à mon avantage d'une manière dévastatrice. Pour faire simple, c'est passer pour un reg-fish en étant le meilleur joueur à la table (à ce moment là s'entend, j'étais le plus présent peut-être, plutôt). Bref, je sens les spots, je suis affuté. Je crush en toute tranquilité.
    Quand je grind au bellagio, je prends des jus de carotte toute la journée. Je vais fumer des clopes certes. Je m'emplis aussi de cendre et de feu, le feu de Vegas, le désert autour, toute cette agitation absurde et ce gachis d'eau. Ces gens, qui viennent comme à dysneyland payer super cher pour faire des trucs, honnêtement assez pourris (comparons ça à l'ambiance de certains bars européens que diable!). Genre regarder la fontaine de feu wooow trop cool. Et ensuite payer 25$ pour un burger.
    Bref, cette ville n'a aucun sens. Mais je suis là pour bosser, et en l'occurence je fais bien le boulot. Je sens que c'est un tournant. Tout ce que je n'arrivaits pas à faire depuis plusieurs mois, avoir une discipline de jeu (cad, en ce qui me concerne, gérer mes émotions à la table!), MALGRE la méditation et le kung fu (qui de fait, m'aident mieux à gérer ma vie en dehors de la table, nous avons donc là un mystère, un paradoxe)...... ici, à Vegas, le temple de la décadence humaine, je la trouve, cette discipline.
     
    Chaque jour pour aller et revenir du Venetian à mon logement, je marche une demi-heure, souvent donc sur le soleil brûlant. Le temps de vraiment voir la ville. Passer au dessus du highway près du Rio. Voir ces files incessantes de voiture qui vont et viennent dans la ville-lumière au milieu de l'ombre et du désert, le futile au milieu du Rien. Passer dans les rues, sur le strip, voir tout ce qui s'y passe, les milliers de vies qui s'y déploient de manières si différentes. Les gens qui bossent, les autres. Moi je bosse.
     
     
    Je m'essaie aux tournois avec des résultats plus mitigés, mais quand même un deep run dans un wsop (celui où Erwann Pécheux fait runner-up), un mixed max bien sharky pour un 1k5 (9max day1, 6max day 2, HU day 3, TF 8 handed) ; et autres sensations sympa, genre finir chip leader d'un gros mtt du Venetian fin du day 1. Un 3k 6max où j'hérite d'une table très difficile avec un top reg américain et surtout deux jeunes canailles allemandes à ma gauche, des gars vraiment trop bon quoi. J'étais impressionné, moi qui suis toujours à chercher l'edge, là je dois me battre pour pas me faire violer. Je survis jusqu'au bout du Day1. Pas assez de cartes pour batailler sur une table qui n'offre quasi aucun spot. Rare que je ressente ça à une table!
    Et le main event. Non prévu, mais j'ai rarement aussi bien joué de ma vie qu'ici à Vegas, et qu'est-ce que je cherche d'autre dans ce jeu, que de vaincre des sommets?
    Day 1, like a star. J'finis top 10 de mon day. Pas que j'ai spécialement run good, genre stacker flush avec full hein, non j'ai juste bourriné tout le monde et pris tous les spots d'explo. Gérant mon image avec beaucoup de précaution. Un moment, j'ai risqué de perdre 70k sur 90k (stack de départ 30k) dans un bluff que je savais fonctionner 100% du temps, ou pas loin. J'avais saisi mon adversaire. Je sais qu'il a overpaire. Je sais qu'il n'a jamais mieux qu'une paire sur ce board 875 78, moi j'ai seulement AQhi en sandwish dans un pot squeezé. Certes, sa paire est souvent QQ+.
    Je sais aussi, dans ces yeux, dans ce qu'il est, qu'il ne va pas risquer son tournoi, ever, ever, sachant qu'il lui reste 150bb derrière river (ou un truc du style!). Mon image est suffisamment bonne. Les éléments sont alignés correctement. Je vais donc check-raise énorme au flop (snap call), barrel énorme turn (snap call), puis shove river et patienter 1, 2 minutes peut-être, avant de voir mon adversaire muck face up KK. Je ne montre pas le bluff.
    Bref, je m'emballe même pas de mes 'exploits' slash 'hero bluff'. Je bosse, et j'exploite, comme un loup des steppes. Dans un jour comme ça, je vois les formidables progrès dans mon jeu, dans ma gestion aussi.
     
     
    Day 2, 2 jours après. Jme suis préparé. Sur tous les plans. Je pense stratégie. Je pense errements du mental, je pense qui risque de craque,r pourquoi, quand, est-ce que moi je craque? Je sais aussi les illusions qui doivent se créer dans ses cas là avec un gros stack, vouloir gamble avec les jetons. Jle savais, mais je ne croyais pas que ça m'arriverait. Juste un truc à se méfier. Je joue si bien depuis plus d'un mois, certes parfois je fais des erreurs, mais je m'en relève et me gère bien.
    Et là, je ne peux juste pas expliquer. Je suis passé à côté. La pression de l'évènement, qui ne m'avait pas effleurée au day 1, me revient dans la gueule d'un coup. Pris dans une spirale négative de mauvais spots et de mauvaises décisions, comme quelque chose dont on ne peut pas s'extirper. Ca n'a rien à voir avec le poker. C'est juste mon âme que j'explore dans le poker autant que dans tout le reste. Parfois mon âme est en lutte avec elle-même, a des comportements auto-destructifs.
     
    Bon. Au moins je suis pas le seul terrien comme ça. Savoir qui je suis ne me rend pas invincible, ni infaillible, loin de là.
     
    En tout cas, l'enjeu est là. Je grandis, en tant que personne, je développe une grande force interne qui, parfois, me rend très performant à ce jeu. Et parfois, je me prends les pieds dans le tapis, je m'égare moi-même à penser trop, je remets en cause mes reads instinctifs, je doute, et je ne joue plus au top. Pire même, vu que je garde l'habitude de vouloir exploiter tous les edges, parfois je développe des stratégies trop complexes et inadéquates. Parfois je ferais mieux d'oublier mon skill, parce qu'il me fait déjouer.
    Je n'oublie pas que j'ai dû, au cours de ma vie, dépasser une très grande timidité. Et maintenant je m'assois aux tables avec des sharks, et je suis l'un des sharks. J'aime le jeu parce qu'il me force à me dépasser en permanence, et parfois me force à dépasser des gros blocages. Je me sens fort parfois, car je le suis, et je sais que je dégage cette force. Mais je suis aussi fragile, pas si serein, à moitié fou peut-être. Les deux en même temps. Yin et Yang. Nos faiblesses alimentent nos dépassements. Nos égarements nous font trouver la Voie.
    Dans ma vie, j'ai cherché à ouvrir les portes de la perception. Mais je suis encore jeune là-dedans, et peut-être trop intrépide: j'ai accepté de plonger la tête la première dans une nouvelle forme de sensibilité (sentir avec le bide), force est de constater que je ne contrôle pas toujours le dragon que j'ai éveillé en moi!
     
     
    Pourquoi cela arrive-t-il lors du tournoi le plus important du monde? J'ai fait au mieux niveau préparation. Bordel, j'suis vraiment une m**de. J'peux rester des heures à méditer, face au mur, j'peux endurer pas mal de truc, et là j'suis incapable de me tenir? Incapable de rester en contrôle, tight, sans forcer les choses, dans un event où j'ai un edge massif? Je suis rarement scared money, peu importe les montants. Au day 1, le fait de ne pas l'être pas permis de dépeçer ma table. Au day 2, ça m'a fait bust en 4h. J'aurais adoré que l'argent ait une valeur pour moi dans ce day, que je sois un peu plus en phase avec les fish nits qui composent la majorité du field, et qui clairement ne veulent pas bust. Je ne crains pas de bust, cette 'force' s'est révélée en l'ocurrence très préjudiciable.
     
    J'ai chié ; gâché une opportunité. Juste après avoir bust, je suis comme sous le choc de ce que je viens de faire, cette force en moi qui peut brûler 10 000$ parce qu'elle sait que ça n'a aucune importance. Ca m'effraie presque. Jamais je n'aurais fait ça avant. Et puis, je m'allonge, j'essaie de calmer mon esprit, et mon corps, tous deux perturbés par l'échec. Me revient alors clairement une sensation de Deauville, fin du festival, après avoir bust de plusieurs gros MTTs, je m'inscris dans un 1.5k€, résolu à faire de mon mieux. Je fais de mon mieux pendant 3h. Et puis sur un coup à la con, j'engage mon tapis en semi-bluff contre le brelan évident du nit de la table. Je l'savais, j'l'ai fait quand même.
    Je sors de la salle de tournoi, et là me vient le vent marin, les odeurs, les sons des mouettes. En quelques minutes à peine je me sens mieux. Mais dans la salle de tournoi, j'avais la gerbe. Je voulais sortir, j'en pouvais plus de ce jeu, et aussi de ces personnes qui le jouent.
    Dans ces moments là, c'est simplement mon corps qui veut se lever de sa chaise. Sortir de cette compétition acharnée, m'éloigner des gens perdus dans une pâle addiction au jeu. C'est en cela que les pratiques que je fais se révèlent préjudiciables à la table. J'écoute plus mon corps qu'avant, beaucoup plus. C'est devenu la priorité dans ma vie d'être honnête avec moi même, et là, ici et maintenant, avec ce qui vient. Parfois je dois sortir du jeu, souvent, plus souvent que les autres, ce pourquoi je dois être l'un des joueurs pro faisant le moins de volume en France! Mais, j'suis toujours là. En sous-marin, sous le radar.
     
    Cet été je vais grind à Aix-en-Provence. Lors d'une session nocturne sur une 5/10 extrêmement profitable, je spew un stack contre mon pote (bon il me dit après que mon hero call fait sens, que j'ai déchatté la situation, mais quelque part on sait tous les deux qu'il bluff jamais là-dessus, malgré son degré de compétence incroyable. Juste une question de timing plutôt. Il peut bluffer cette situation, mais juste pas là tout de suite). En plus sur une table facile où toute personne rationnelle voudrait ne pas jouer contre son pote, qui est le seul autre shark de la table, et se concentrer sur les joueurs faibles. Les requins ne se mangent pas entre eux n'est-ce pas. Et moi si. C'est mon pote, on se connait super bien, il est fort, moi aussi, c'est lui que je veux affronter. Les autres ils m'ennuient, ils pigent rien. Ils me forcent pas à me dépasser. Qu'est-ce que je cherche, au fond, si j'en viens à oublier / mépriser la première raison qui m'amène à la table, cad gagner de l'argent (facile!) ? Pourquoi ce besoin de chercher plus de difficulté, plus d'obstacles? Ne suis-je pas en train de devenir un gambleur fou, qui gamble avec sa vie et son devenir?
    Je sors de là en me disant sérieusement: c'est fini. Ma carrière, c'est fini. J'observe mon corps et mon esprit méticuleusement auto-détruire mon skill, comme s'ils voulaient me broke pour que je sorte de ce put**n de casino. C'est comme si l'éveil de la conscience boudhiste en moi, la sagesse et la compassion aussi, me rendaient allergique au jeu. Comme un paradoxe existentiel, qui s'exprime malgré tous mes efforts.
     
    Parfois j'me dis, ça serait si simple, il suffit que je joue au poker avec la même conscience que quand je médite. Sans recherche. Et alors le jeu est facile, et surtout je ne me tâche pas, je ne me perds pas dans les illusions du jeu. Souvent, c'est à peu près le cas. Mais quand je me déçois moi-même méchemment, c'est trop dur à vivre, je me dis que c'est ptet pas ma place.
     
    Bref, je sors du jeu. Réellement. Je pense à arrêter définitivement, alors même que Vegas m'a montré que je pouvais jouer avec les meilleurs du monde, et que j'avais ma place dans l'arène. Que je le veuille ou non, j'ai fait mon chemin dans ce jeu. Je pense par moi-même, j'ai mes propres approches. Pu besoin d'imiter les pros dans des vidéos haha, je fais du jeu ce dont j'en ai envie. Je perturbe. Un top reg bulgare vient me voir un jour à Vegas, me dit: j'ai cru au départ que t'étais un fish, maintenant je me rends compte que t'es un des meilleurs ici. Je sais, mec. Je peux l'être. Quand les éléments sont bien alignés. Quand je suis pas entraîné par la tempête de mes ressentis. Comment un être si fragile que moi peut parvenir à être si fort parfois? Si fort dans l'adversité généralement?
    Bref, j'en ai marre, ce jeu crée trop de souffrance, je dois trop forcer ma nature pour être bon.
     
    Je ne joue pas pendant 3 mois. Je m'assois dans des cafés, pendant des heures, j'écris, des choses, mais pas sur le poker, plutôt sur les mouvements d'âme, sur l'existence, les gens qui passent et m'entourent sur cette place magnifique d'Aix. J'écris ce qu'ils m'inspirent, le reflet du soleil et les sons. J'me dis, il serait peut-être temps de faire autre chose de ta vie. Ecrire un bouquin, revenir à l'Art, revenir à la sérénité. Faire un job simple, plutôt qu'un combat du quotidien. Et d'ailleurs, pourquoi ai-je un guerrier en moi? Pourquoi cet appel du sang en même temps que cet appel à en sortir?
    Méditer, c'est juste s'assoir. Je fais ça. Je suis assis, je laisse le monde être autour de moi. Il me donne une grande inspiration.
     
    Je passe des jours sans internet, simplement à 'être'. Lire, écrire. Rester conscient du temps réel, plutôt que me perdre dans l'Ecran Rétinien. Que c'est bon, de ce permettre cette respiration. Mon plus long break depuis que je joue. Et je pense, beaucoup de personnes, quand elles prennent des vacances, s'agitent à faire des choses. Moi j'ai accepté de laisser couler, laisser infuser. Je connais très peu de gens qui aiment à faire comme je fais, cad sentir comme chaque jour est unique. Même quand on se fait chi**, c'est unique. Fuir dans le divertissement permanent comme notre société le permet tellement, ça ne résoud pas l'Angoisse, et ça je pense qu'on le sait tous, quelque part.
    Je pars en Chine. J'apprends des choses. Je vois qu'un jour futur, peut-être, j'irai là-bas apprendre auprès de ce maître de Tai Chi, dans une montagne taoiste sacrée en plein milieu de la Chine. Un chemin de vie qui se dessine, un possible.
    Et en même temps, 'chaque choix en efface mille autres'.
     
    Et là je reviens, tout doucement. Le poker est toujours là. Je tâche à ce qu'il ne soit pas au centre de mes pensées, je tâche à ce qu'il passe toujours après la Pratique, désormais. Ca reste un travail. On verra, si j'arrive à continuer mon bout de chemin dans ce monde. J'ai les forces pour, il s'agit pour maintenant de les faire travailler ensemble, ces forces, plutôt que les voir s'opposer! Trouver l'apaisement en fait. Je suis bien la seule baltringue engagé dans une quête existentielle dans le poker, tout en ayant une partie de moi profondément anarchiste et chaotique, qui crache sur l'argent, la réussite, la gloire, toutes ses illusions dont se nourrissent les Hommes pour croire qu'ils existent.
    J'aime mon pseudo, avec les années. Mr Sneeze. Mr Atchoum. C'est ça. C'est qui je suis. Parfois j'éternue de toute mon âme. Vivre, c'est un gigantesque chaos. Une tempête incessante, qui nous porte comme feuille morte. Mais qui est prêt à voir cette réalité? La réalité que nous vivons et mourrons? Que la mort, précisément, n'est pas un accident ; même la seule chose non-accidentelle, puisqu'inéluctable. La Vie, plutôt, est l'accident perpétuel dans la Mort.
     
     
    Lors du main event day 1, le soir vers le dinner break, une grosse tempête s'abat sur Vegas. Le Rio est proche de mon logement, alors je cours sous les trombes d'eau pour manger un morceau. Pour revenir, la pluie a presque cessé, mais les rues sont inondées. Plus personne dans les rues, et l'eau, l'eau partout dans cette ville au milieu du désert. Il y a comme une atmosphère de catastrophe, enfin tout est à l'envers à l'endroit. L'eau partout, donc plus vraiment de trottoir dans la rue. Il faut sauter au dessus des flaques énormes, passer dans la boue, escalader une grille un moment. Les voitures, paralysées. Et là, baigné dans la lumière du soleil d'Orage, je sens que j'adore ça. J'adore ce chaos, quand les éléments se perturbent, et que je me sens vivre, simplement dans le contact avec mes sens, la matière et les choses. La Réalité de la tempête, les éléments qui prennent le dessus sur les Hommes, et leur ville bizarre. Dans le Rio, l'eau traverse le plafond, inonde légèrement la salle de tournoi. Le Réel, qui pénètre dans l'Illusion.
     
    Et moi, un sourire aux lèvres et dans ma cage thoracique, à sauter dans la boue, au milieu de la Force Brute des éléments.
     
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    natanoj reacted to ArtPlay for a blog entry, No money Zoom Poker, everyone's a bot   
    No money Zoom Poker, everyone’s a bot
    Ces dernières semaines, un scandale de botting s’est fait jour sur PokerStars.com. Non seulement en Pot Limit Omaha, mais également en No Limit Hold’em, les tables de small et middle stakes semblent infestées de bots crushers indestructibles.

    Pour de nombreux joueurs c’est sûr, cette histoire est un signe de la fin des temps du poker en ligne. C’est d’ailleurs probablement pour ça qu’on gagne tous beaucoup moins depuis quelques années.

    Heureusement rassurez-vous, je suis là pour vous mettre un peu de baume au cœur. On peut toujours gagner au poker en ligne. Et je peux même vous affirmer qu’on peut carrément gagner sur les tables de Zoom poker de PokerStars.com, vous savez, celles qui sont infestées de bots invincibles (qui voient très probablement nos cartes et peuvent pirater le RNG les jours impairs).

    Premier Bilan PokerStars.com
    Voici mon graphe sur PokerStars.com depuis que j’y ai cash-in :




    65k premières mains en Zoom 200, 35k dernières en Zoom 500

    En guise de premier bilan sur ces tables par rapport à celles de PS.fr je dirais que la comparaison n’est pas simple à établir. Le ratio fish/reg y est énormément plus faible, mais j’ai l’impression que les regs sont rarement brillants.

    Ils ont à mon sens quasiment tous au moins un segment de leur jeu qui va rendre beaucoup de décisions face à eux assez simples. Je ne pourrais pas détailler car ça peut pas mal varier d’un joueur à l’autre, mais c’est assez récurrent. Et de nombreux « regs » ont carrément des leaks énormes et me font me demander pendant 1000 mains s’ils sont qualifiables de « regs » ou non.

    Les joueurs récréatifs, en revanche, sont moins nombreux, et souvent moins mauvais que sur PS.fr. Par ailleurs, ils sont plus difficiles à exploiter au mieux étant donné qu’en raison du format Zoom, on ne reste jamais à la même position par rapport à eux et qu’on est très loin d’apercevoir tous les showdowns comme c’est le cas sur nos tables franco-françaises où c’est de toute façon la seule chose qu’on puisse faire pour tromper l’ennui, avec 4 tables de 1/2+ qui tournent en moyenne passé minuit.

    Dans l’ensemble je me suis ajusté à la différence de field en jouant globalement plus tight, en particulier au bouton, et en mettant en place une stratégie de limp de ma small blind contre les regs qui défendent suffisamment bien BB vs SB. Le rake y est par ailleurs tellement plus faible qu’on est beaucoup moins pénalisé à jouer de nombreux petits pots.

    On ne peut pas, comme sur PS.fr, se permettre de raise n’importe quoi tout le temps sans faire attention parce qu’on sait pertinemment qu’il doit bien y avoir un fish quelque part sur la table qui va call moins bien quoi qu’il arrive. Paradoxalement je crois bien que je me retrouve à bien plus moduler mes ranges d’ouverture en fonction de la composition de la table que ce n’était le cas sur PS.fr, où j’ouvrais en général un peu n’importe quoi comme un robot.
    Bref pour l’instant le format me satisfait pleinement. Mon jeu est plutôt bien calé, même si j’ai, ces derniers jours, commis quelques erreurs fâcheuses. Bon, je m’éclate toujours pas à jouer, mais c’est un autre problème qui est pour l’instant bien compensé par le fait de voler tout leur argent aux Russes.


    Voir le verre à moitié plein




    Voilà, comme lui.

    Pour tous ceux d’entre vous qui s’inquièteraient des bots et de la fin du poker en ligne, je n’ai absolument aucun doute qu’on a tous devant nous encore une marge de progression énorme. A titre personnel je n’ai jamais trop cru en la théorie du « ouhlala les games sont plus dures que jamais ça devient trop chaud d’être gagnant, tout ce qui nous reste à faire c’est d’être des rakeback whores ». D’abord parce que j’ai toujours trouvé 100% de mes adversaires nuls, mais c’est mon complexe de supériorité qui parle.

    Mais également parce que face à ce genre de problématique, deux types de joueurs émergent. Ceux qui jouent deux fois plus longtemps et deux fois plus mal pour gagner moitié moins, et ceux qui se sortent les doigts du cul pour réfléchir à ce qu’ils font et évoluer dans la bonne direction. Face à cette affaire de bots vous avez un choix. Soit vous estimez que le poker en ligne est mort et enterré et que de plus en plus de botters vont apparaître, et vous décidez d’embrasser une carrière d’équipier au McDo de Franconville. Soit vous réalisez que si des bots russes probablement codés par des Igor & Grichka alcooliques arrivent à gagner au poker alors que vous galérez, c’est probablement que quelque chose vous a échappé. Parce qu’ils ont beau être gagnants, ils ne sont pas géniaux pour n’importe qui doté d’une capacité d’adaptation supérieure à celle d’un poisson rouge.

    Si vous parvenez à voir ces nouvelles de cette façon, il devrait vous être facile de considérer la prochaine disparition probable de quelques-uns de ces bots comme une opportunité plutôt que comme une calamité. Mais bougez-vous le cul sous peine de finir comme ce brave kangourou :




    Je veux dire mort, pas sur un poteau au bord d'une route.

    Cheers !
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    natanoj got a reaction from Holalahola for a blog entry, Session 11 : fin du challenge   
    Ok, ca a duré 20 minutes à peine...

    En MP je limp dans un multiway. En SB libanais pousse son jeton de 5, la croupière le prend, la bb check, mais libanais dit " nonon tu as oublié mon 5, j'en ai mis un autre". Apparemment, il a minraise 10 depuis la SB.. La croupière dit que non, c'est trop tard, mais il insiste, et la croupière va montrer le flop on voit juste un K et il je me souviens plus exactement de ce qu'il dit mais genre "baah si c'est comme ca" et il balance all in super vnr.

    Obv vous connaissez la suite de l'histoire... Je tank 5 minutes, je finis par call, car je me souviens plus s'il a balancé all in avant ou apres. Et je perds 480$ contre KQ dans un pot qui faisait 25 vs un bon gros angleshooter de m**de...

    Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi meme. Jamais je serais tombé dans un piège aussi grossier si je jouais mon A game. Je crois que c'est le signe qu'il faut que j'arrête. Déjà hier j'ai eu de la chance de finir bien up malgré la fatigue. Aujourd'hui, en arrivant à cette table de nit, j'étais déjà découragé en me disant que ca allait être une corvée...

    En plus au final j'ai foiré mon rdv avec la bombe, mais bon, peut etre j'aurai le temps de me rattraper plus tard.
    Bref. Je finis down d'une cave après 11 sessions, c'est pas non plus la mort. Je ne m'étais pas fixé d'objectif financier, sinon celui de récupérer mon A game. Je sais que je suis très fier de mon jeu vers les session 5/8 au moment où j'ai commencé à accumuler les reads contre les regs et que j'étais en pleine forme. J'étais peut etre pas aussi bon que ce que j'ai été à un moment, mais je suis assez content du jeu que j'ai produit malgré tout, et de m'être tenu aux CR a chaque session.

    Le bilan de tout ça, c'est encore une fois, je joue malgré que je suis tout à fait conscient de deux leaks majeurs :
    - je suis scared en NL400+
    - je persiste à vouloir jouer fatigué.

    Faut que je me donne des grosses claques pour m'obliger à ne plus le refaire. J'aurais jamais du jouer quelques sessions vers la fin, dont celle d'aujourd'hui, mais bon...

    Je vais donc a priori arrêter le poker à Panama. Les prochaines parties auront lieu dans quelques semaines au Costa Rica, à San Jose probablement.

    J'espère que malgré tout vous avez kiffé. Je pense que oui. Et je vous donne rendez-vous bientôt sur www.facebook.com/worldpokertrip et www.worldpokertrip.net quand je posterai la vidéo du mois...

    ciao !

    cave : 400
    gain : 0
    profit : -400
    total : -552
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    natanoj got a reaction from charlidam for a blog entry, Session 5 : lundi 12 janvier. Back in the biz !   
    Bon ben voila, sur ces tables, ya pas trop de secret, tu hit et c'est la fête... Ce soir j'ai tapé ma plus grosse victoire depuis un moment : 1140$ . Au final, c'est de la 5/5 donc ca fait a peine 2 caves, pas si ouf que ça, mais bon, ca fait du bien malgré tout...



    1. Un vieux nit qui n'a pas raise moins bien que TT préflop depuis 1998
    2. Un reg chinois tag. Le seul shark de cette table
    3. Un vieux chinois nit
    4. Un très vieux chinois nit. Décidément relou cette table pleine de chinois nits
    5. un inconnu avec des problemes de peau
    6. Votre blogueur préféré
    7. Notre ami canadien ( asiatique, encore un !). Pour rappel loose aggro un peu monkey selon les soirées
    8. Poivre. Pour rappel squeezeur préflop, cs postflop. Mauvais
    9. Un mauvais lag, tendance a splash around.
    10. Notre ami gros, le même que la dernière fois. J'ai révisé mon jugement il pas du tout le nit que je croyais les premières fois. Pas non plus un fou furieux, mais cminraise pp pour info postflop. limp reraise premium. capable de bet draw voire meme air dans les flops orphelins sans trop insister ensuite.



    (la table en fin de soirée, quelques joueurs ont changé )

    1. Il est 18h Je viens tout juste de m'asseoir avec 500 que je reçois utg, et raise 25. Je suis call par poivre en EP et pustule en BB

    flop : (pot 80)
    je cbet 50, suis snap call par poivre qui a donc rarement un 9 ici. Il pas par contre pas mal de pp, et une centaine de milliers de draws. Pustule fold

    turn : (pot 180)
    il reste 135 à poivre, je le mets donc all in. Il snap, et show un magnifique 33.

    Ok, la soirée commence bien...


    2. Main clé, je bluff catch canadien
    J'ai recavé 200 pour me mettre à 500, perdu quelques cbets et ai été card dead pendant quelque temps. Pendant ce temps là, canadien a marché sur l'eau et a monté un énorme stack.

    En MP j'overlimp . C'est un peu moche, mais ca fait partie de ma stratégie à cette table. Tout ce qui peut faire des nuts, j'ai envie de jouer.

    je me retrouve en 4 way :

    (pot 20)
    ca check, je décide de lead 15, je me fais juste call par canadien, qui a un peu tout et n'importe quoi dans ce spot. Vu l'agressivité du bonhomme, je sais qu'il raise de temps en temps ses draws et souvent ses value hand dans ce spot, je le mets plutot sur des mains bof genre paire et draw faible.

    turn : (pot 50)
    j'ai toujours de la value a faire, je bet 30 et là surpise je me fais raise 100. Au début, je m'apprête à snap fold car personne raise bluff turn, mais je prends quelques secondes et me rappelle que ce vilain est un peu particulier, et surtout que ce soir il marche sur l(eau (il doit avoir 1000+ la). Je repense aussi au fait qu'il va souvent raise value flop, du coup, il a pas grand chose en value ici.. Je décide de bluff catch et d'aviser river.

    river : (pot 250)
    je check sur cette super carte qui enlève des combos au cas ou il aurait fait un joli raise en value avec Qx... il bet 85, je call assez rapidement. s'il bluff turn, il peut avoir envie de faire fold des draws du genre Axss avec un underbet.

    il show pour air, je gagne le joli pot.


    3. Lol hand, canadien tilt
    Une dizaine de minutes et quelques mains plus tard, j'ai été un peu actif et gagné quelques cbet sans showdown. Tout le monde fold et ô surprise, j'ouvre au bouton et décide de faire un petit sizing pour induce quelque chose de canada que je sens steamy : 20
    Le plan se déroule de manière absolument parfaite puisque je me fais 3bet depuis la SB. Il envoie 80. Je hollywood un peu, et finis par just call car je sais qu'il va barrel des tonnes postflop.

    flop : (pot 165)
    canada snap shove all in. 475 effectif.
    LOL
    je no brain call, je suis completement devant sa range.

    il show KT et je gagne 500 dollars sans souffrance


    4. chinois raise 10 en MP, generalement sizing de suited connectors et small A, il est call par vieux asiat et tres vieux asiat, et j'ouvre en SB et squeeze 50.

    je suis call par canada qui est desormais short, le bougre a tout perdu. chinois et vieux chinois. Un peu relou mais bon...

    flop : (pot 210)
    j'ai un monster draw, et le standard serait donc de cbet 140 ici, mais je suis pas chaud de 2 barrel oop dans un si gros pot au cas ou je suis call par chinois qui a environ 800. Je décide de check. Je sais que Canada va souvent shove any paire ou draw dans ce spot, et je peux faire un huge c/r ou c/shove et faire fold des mains...
    Malheusement, Canada dit tout haut "it's a trap" et tout le monde check.

    turn : (pot 210)
    pas trop envie de lead ici, je pense c/ca. Je check. canada check. Chinois bet 30... Et du coup, je décide de transformer mon c/ca en c/r car j'ai de la fe contre son probable 7x, 6x... je raise 135, canada dit "i knew it", chinois tank 1 minute, et fold.

    il est 21h, j'ai 1200 devant moi

    5. après plusieurs limpers, j'ouvre en LP et raise 40. Je suis en HU avec gros qui a limp call.

    flop : (pot 95)
    il a check dark en disant " je check pour raise flop". Wtf. Je le crois c'est ca le pire. Je cbet 55 et il accomplit sa prédiction en minraise 110.
    Je l'ai vu faire ca "pour info" avec une midpaire hier, et décide de call. Sa range c'est 9x, pp. Je n'ai pas d'info sur ses sizings en value avec brelan ici. Donc par défaut je l'inclue dans sa range et prevois d'aviser turn

    turn : (pot 315)
    il lui reste environ 300. Il met 110. J'aime cette turn qui retire des combos de set. Son sizing m'indique je suis toujours devant, il est pas spécialement tricky. Je décide de shove au cas où il aurait TT/QQ, et il snap fold.

    Est ce RO de croire qu'il aurait mieux value call?

    6. Utg j'ouvre JJ à 25. Je me retrouve en 4way sur un flop de rêve :

    x (pot 105)
    je cbet fort à 70 en priant que quelqu'un ait l'as... Et j'entends la douce voix de Canada "all in" 275. Tout le monde fold, je snap ses 275, il avait effectivement Ax


    7. Discuss : TP turn dans gros pot, action?
    Chinois refait son spécial à 10 en MP. Rappel range sc et pp faibles. Il est call à 10 et j'ouvre en SB et décide de squeeze value à 45. Il snap call. Probablement la meme range, un peu steamy. On est HU.

    Flop : (pot 90)
    je décide de cbet 55 sur ce flop dry. Il call assez rapidement. ll a 8x, 9x, des floats, des smalls pp, des broadways et il va slowplay totes ses values hands imo sur un flop si sec. Je prévois quand meme de 2nd barrel pas mal de turn en bluff.

    turn : (pot 200)
    sauf que je m'attends pas à hit turn, et je suis un peu décontenancé sur l'action a prendre. Contre la plupart des joueurs je vais barrel en value ici, mais contre un bon joueur comme lui, je sais pas trop quoi faire. Je décide de c/ca. IL check back

    river : (pot 200)
    je suis sur d'etre devant. Je décide de faire un move chelou pour induce un hero call steamy. Je pot 200. il fold assez rapidement.

    intéressé par vos avis et vos analyses de ranges sur cette main

    je crois que sur la dernière main je suis un peu claqué et je clique sur des boutons... J'ai un joli tapis de 1840 devant moi, il est temps d'y aller. Plus gros gains depuis quelques semaines ! nice !


    cave : 700
    gain : 1840
    profil : 1140
    total : 740
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    natanoj got a reaction from Holalahola for a blog entry, Session 11 : fin du challenge   
    Ok, ca a duré 20 minutes à peine...

    En MP je limp dans un multiway. En SB libanais pousse son jeton de 5, la croupière le prend, la bb check, mais libanais dit " nonon tu as oublié mon 5, j'en ai mis un autre". Apparemment, il a minraise 10 depuis la SB.. La croupière dit que non, c'est trop tard, mais il insiste, et la croupière va montrer le flop on voit juste un K et il je me souviens plus exactement de ce qu'il dit mais genre "baah si c'est comme ca" et il balance all in super vnr.

    Obv vous connaissez la suite de l'histoire... Je tank 5 minutes, je finis par call, car je me souviens plus s'il a balancé all in avant ou apres. Et je perds 480$ contre KQ dans un pot qui faisait 25 vs un bon gros angleshooter de m**de...

    Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi meme. Jamais je serais tombé dans un piège aussi grossier si je jouais mon A game. Je crois que c'est le signe qu'il faut que j'arrête. Déjà hier j'ai eu de la chance de finir bien up malgré la fatigue. Aujourd'hui, en arrivant à cette table de nit, j'étais déjà découragé en me disant que ca allait être une corvée...

    En plus au final j'ai foiré mon rdv avec la bombe, mais bon, peut etre j'aurai le temps de me rattraper plus tard.
    Bref. Je finis down d'une cave après 11 sessions, c'est pas non plus la mort. Je ne m'étais pas fixé d'objectif financier, sinon celui de récupérer mon A game. Je sais que je suis très fier de mon jeu vers les session 5/8 au moment où j'ai commencé à accumuler les reads contre les regs et que j'étais en pleine forme. J'étais peut etre pas aussi bon que ce que j'ai été à un moment, mais je suis assez content du jeu que j'ai produit malgré tout, et de m'être tenu aux CR a chaque session.

    Le bilan de tout ça, c'est encore une fois, je joue malgré que je suis tout à fait conscient de deux leaks majeurs :
    - je suis scared en NL400+
    - je persiste à vouloir jouer fatigué.

    Faut que je me donne des grosses claques pour m'obliger à ne plus le refaire. J'aurais jamais du jouer quelques sessions vers la fin, dont celle d'aujourd'hui, mais bon...

    Je vais donc a priori arrêter le poker à Panama. Les prochaines parties auront lieu dans quelques semaines au Costa Rica, à San Jose probablement.

    J'espère que malgré tout vous avez kiffé. Je pense que oui. Et je vous donne rendez-vous bientôt sur www.facebook.com/worldpokertrip et www.worldpokertrip.net quand je posterai la vidéo du mois...

    ciao !

    cave : 400
    gain : 0
    profit : -400
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    natanoj got a reaction from charlidam for a blog entry, Deux ans plus tard... le retour   
    Il y a environ 3 ans, j'étais un parfait inconnu sur le cp. Mais j'étais un assez bon joueur de poker live. Reg sérieux de micro limite sur Wina et Barrière, j'avais fait la transition en live un an plus tôt. Sauf qu'après sept ans de poker, je venais de me broke pour la première fois de ma vie.

    Nous étions à l'époque en aout 2012, c'était les vacances, mon casino du Sud de la France était rempli de fish et je ne pouvais pas laisser passer l'occasion. J'ai décidé de cash in une mini bankroll, et me suis donné un mois de poker intensif pour essayer de m'en recréer une vraie...

    Ainsi était né "vis ma vie de livetard".

    Ca a pas mal marché, et j'ai pu continuer à grinder toute l'année qui a suivi.

    ll y a environ 2 ans, j'étais déjà un peu plus connu sur le cp. A l'époque, je m'emm**dais dans mon boulot et j'avais envie de partir faire le tour du monde. J'ai arrêté de bosser, et me suis donné 4 mois pour grinder et voir combien je pouvais monter...

    Ainsi était né ""

    Et pour mon plus grand plaisir, en 51 sessions, j'avais réussi à monter presque 10k€... Suffisant pour entamer mon voyage sereinement.

    La suite, vous la connaissez... Je suis arrivé au Brésil, j'ai continué à grinder, me suis acheté une moto au Paraguay, ai joué mes premières parties clandestines en Argentine, me suis fait arnaquer en Bolivie etc etc...

    J'ai réussi à vivre du poker live pendant presque 1 ans et demi. Et puis petit à petit, j'ai commencé à perdre plus que je ne gagnais. L'Equateur a été un véritable enfer ( j'en parle dans le dernier article du worldpokertrip : www.worldpokertrip.net/33-quito-morose/ ). Et la Colombie, bien que moins catastrophique, n'a pas été la joie.

    La faute à pas de chance? Non. Ce serait beaucoup trop facile. J'ai clairement l'impression d'avoir perdu de mon niveau. J'étais un vrai shark il y a deux ans. Quand je lis mes CR de sessions écrits à l'époque, j'ai l'impression de n'être plus que l'ombre de moi-même. Evidemment, je ne suis pas un fish, mais mon niveau est insuffisant pour être pro de poker.

    Comme vous le savez, désormais je suis sponsorisé par Everest Poker. Je pourrais très bien voyager avec l'argent qu'ils me donnent chaque mois, et me contenter de ça. Mais ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je ne peux pas me contenter de ça... Trop d'orgueil haha... J'ai envie de redevenir le shark que j'étais avant, d'autant plus que dans quelques mois, je serai à Vegas pour jouer les WSOP, et je peux pas me permettre de faire n'importe quoi.

    Du coup, pour redevenir un shark, une seule solution : le boulot.

    Je suis arrivé à Panama City il y a une semaine, et bonne surprise, c'est un lieu idéal pour grinder : tous les jours je trouve une table de 5/5$ à 17h et une de 3/3$ à 20h.

    Je suis rollé pour jouer la 3/3 100 deep, et la 5/5 50 deep.

    Je vais rester à Panama pendant disons... 2/3/4 semaines. Je ne sais pas encore exactement.

    Je ne me fixe aucun objectif financier. Juste un objectif de retrouver mon A+ game et mon niveau d'antan.

    Comme pour les 2 précédents blogs, Celui ci sera exclusivement composé de compte rendus de sessions. Comme pour les 2 précédents blogs, je compte sur vos commentaires et analyses pour repérer mes erreurs, et essayer de discuter ensemble pour nous améliorer mutuellement. C'est l'occasion pour vous de me rendre un peu de ce que je vous ai offert durant ces 2 dernières années...

    Il y a aura forcément des erreurs, et pour être honnete, je suis un peu en stress car je suis beaucoup moins sur de mon jeu qu'avant. Mais je resterai 100% sincère, car mon objectif est purement pédagogique.
    Le premier article sera ecrit cette nuit, en rentrant de ma session.

    Souhaitez-moi bonne chance...


    ps :

    mes deux anciens blogs :

    - ( je ne sais plus s'il est public ou privé, si un modo peut me le rendre public ca serait sympa )

    -

    et mon blog actuel

    www.worldpokertrip.net
    facebook
    twitter
    instagram



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    natanoj got a reaction from Holalahola for a blog entry, Session 11 : fin du challenge   
    Ok, ca a duré 20 minutes à peine...

    En MP je limp dans un multiway. En SB libanais pousse son jeton de 5, la croupière le prend, la bb check, mais libanais dit " nonon tu as oublié mon 5, j'en ai mis un autre". Apparemment, il a minraise 10 depuis la SB.. La croupière dit que non, c'est trop tard, mais il insiste, et la croupière va montrer le flop on voit juste un K et il je me souviens plus exactement de ce qu'il dit mais genre "baah si c'est comme ca" et il balance all in super vnr.

    Obv vous connaissez la suite de l'histoire... Je tank 5 minutes, je finis par call, car je me souviens plus s'il a balancé all in avant ou apres. Et je perds 480$ contre KQ dans un pot qui faisait 25 vs un bon gros angleshooter de m**de...

    Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi meme. Jamais je serais tombé dans un piège aussi grossier si je jouais mon A game. Je crois que c'est le signe qu'il faut que j'arrête. Déjà hier j'ai eu de la chance de finir bien up malgré la fatigue. Aujourd'hui, en arrivant à cette table de nit, j'étais déjà découragé en me disant que ca allait être une corvée...

    En plus au final j'ai foiré mon rdv avec la bombe, mais bon, peut etre j'aurai le temps de me rattraper plus tard.
    Bref. Je finis down d'une cave après 11 sessions, c'est pas non plus la mort. Je ne m'étais pas fixé d'objectif financier, sinon celui de récupérer mon A game. Je sais que je suis très fier de mon jeu vers les session 5/8 au moment où j'ai commencé à accumuler les reads contre les regs et que j'étais en pleine forme. J'étais peut etre pas aussi bon que ce que j'ai été à un moment, mais je suis assez content du jeu que j'ai produit malgré tout, et de m'être tenu aux CR a chaque session.

    Le bilan de tout ça, c'est encore une fois, je joue malgré que je suis tout à fait conscient de deux leaks majeurs :
    - je suis scared en NL400+
    - je persiste à vouloir jouer fatigué.

    Faut que je me donne des grosses claques pour m'obliger à ne plus le refaire. J'aurais jamais du jouer quelques sessions vers la fin, dont celle d'aujourd'hui, mais bon...

    Je vais donc a priori arrêter le poker à Panama. Les prochaines parties auront lieu dans quelques semaines au Costa Rica, à San Jose probablement.

    J'espère que malgré tout vous avez kiffé. Je pense que oui. Et je vous donne rendez-vous bientôt sur www.facebook.com/worldpokertrip et www.worldpokertrip.net quand je posterai la vidéo du mois...

    ciao !

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    profit : -400
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    Ok, ca a duré 20 minutes à peine...

    En MP je limp dans un multiway. En SB libanais pousse son jeton de 5, la croupière le prend, la bb check, mais libanais dit " nonon tu as oublié mon 5, j'en ai mis un autre". Apparemment, il a minraise 10 depuis la SB.. La croupière dit que non, c'est trop tard, mais il insiste, et la croupière va montrer le flop on voit juste un K et il je me souviens plus exactement de ce qu'il dit mais genre "baah si c'est comme ca" et il balance all in super vnr.

    Obv vous connaissez la suite de l'histoire... Je tank 5 minutes, je finis par call, car je me souviens plus s'il a balancé all in avant ou apres. Et je perds 480$ contre KQ dans un pot qui faisait 25 vs un bon gros angleshooter de m**de...

    Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi meme. Jamais je serais tombé dans un piège aussi grossier si je jouais mon A game. Je crois que c'est le signe qu'il faut que j'arrête. Déjà hier j'ai eu de la chance de finir bien up malgré la fatigue. Aujourd'hui, en arrivant à cette table de nit, j'étais déjà découragé en me disant que ca allait être une corvée...

    En plus au final j'ai foiré mon rdv avec la bombe, mais bon, peut etre j'aurai le temps de me rattraper plus tard.
    Bref. Je finis down d'une cave après 11 sessions, c'est pas non plus la mort. Je ne m'étais pas fixé d'objectif financier, sinon celui de récupérer mon A game. Je sais que je suis très fier de mon jeu vers les session 5/8 au moment où j'ai commencé à accumuler les reads contre les regs et que j'étais en pleine forme. J'étais peut etre pas aussi bon que ce que j'ai été à un moment, mais je suis assez content du jeu que j'ai produit malgré tout, et de m'être tenu aux CR a chaque session.

    Le bilan de tout ça, c'est encore une fois, je joue malgré que je suis tout à fait conscient de deux leaks majeurs :
    - je suis scared en NL400+
    - je persiste à vouloir jouer fatigué.

    Faut que je me donne des grosses claques pour m'obliger à ne plus le refaire. J'aurais jamais du jouer quelques sessions vers la fin, dont celle d'aujourd'hui, mais bon...

    Je vais donc a priori arrêter le poker à Panama. Les prochaines parties auront lieu dans quelques semaines au Costa Rica, à San Jose probablement.

    J'espère que malgré tout vous avez kiffé. Je pense que oui. Et je vous donne rendez-vous bientôt sur www.facebook.com/worldpokertrip et www.worldpokertrip.net quand je posterai la vidéo du mois...

    ciao !

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    natanoj got a reaction from lapatouille. for a blog entry, session 10 : vendredi 21 janvier   
    La session de la chatte ! Pas peu fier d'avoir mis un 2 outer dans un enorme pot. Pour une fois que ça m'arrive...




    1. Votre bien aimé heureux d'avoir décroché un rencard avec une bombe demain
    2. Un anglais inconnu
    3. Un chilien inconnu, buy in 500, probablement pas mauvais
    4. Le reg tag sur lequel je commence à avoir pas mal de reads
    5. Un vénézuelien plutot tight
    6. un vieux inconnu
    7. Un inconnu qui se marre tout le temps
    8. Un quarantenaire qui ressemble à un prof de musique de collège
    9. Le regnit ultime
    10. Un nit qui ressemble à un gi retraité


    1. En MP, j'ouvre QJ à 20, je suis juste call des blindes par lol qui a environ 400

    flop : (pot 45)
    il check, je décide de cbet 30 vu toutes les cartes que je vais pouvoir barrel turn, il call.

    turn : (pot 105)
    en voila un, il check, j'ai gagné en equité et en fold equité, je 2nd barrel 75, il fold. Cool, j'ai l'impression que ce genre de 2 barrel marche de moins en moins, vos avis?

    2. En LP, j'ouvre à 20. Je suis call par chilien qui est ip sur moi.

    flop : (pot 50)
    je décide de check give up, il check back

    turn : (pot 50)
    j'(imagine qu'il aurait barrel a peu pres tout ce qui a de l'équité au flop, je décide de bet surtout pour protection : 30 . Il raise 70, j'ai l'impression de me faire out play grave, mais je sais pas trop quoi faire, je fold.

    3. chilien raise utg à 20, il est call par prof, j'ouvre et décide de call car prof est relativement fishy.

    flop : (pot 65)
    tout le monde check

    turn : (pot 65)
    Je m'attends à ce que chilien bet souvent en value sur ce flop, et que prof qui est ip bet aussi s'il a Tx ou flush draw, je décide donc de semi bluff à 40, et là surprise, les deux me callent. J'imagine qu'il y a pas mal de draws, de mains faibles, et de backdoor. Je décide de bluff les carreaux .

    river : (pot 145)
    j'avais pensé bluff que les carreaux, mais en fait les briques aussi sont cools a bluff vu le nombre de mains qui missent river. Je peux eventuellement faire passer un 6x, 4x etc... Je décide de prendre le spot de bluff, surtout que je rep beaucoup de force à 2 barrel contre 2 joueurs : 115.
    Chilien tank 2 minutes, et finit par fold apparemment KJ et l'autre fold derrière. J'aime bien mon bluff

    4. Prof limp utg avec 500, j'ouvre de LP et raise 25, on est HU :

    flop : : (pot 60)
    il check, je fais 30 et la fml voila qu'il raise 80. Je l'ai vu jouer un peu avant, et c'est plutot du genre nit, je suis absolument sur qu'il bluff jamais sur ce board, et presque sur qu'il a des AK, KK, QQ, ptet meme AA et surtout JT qu'il est capable de limp/call préflop.
    Pour autant, j'arrive pas a me resoudre a hero fold ici, ptet qu'il fait son move de l'année avec A8 de temps en temps?, Je décide de call

    turn : (pot 220)
    il cbet 100. Bon, il est forcément en value ici. La seule main que je bats, c'est un KQ. Sur tout le reste, je suis mort avec en plus les implied odds. Je décide de faire le hero fold de l'anné, et tout fier il me montre KQ. Je suis deg, mais bon, je pense que la lecture est bonne. J'ai stove un peu après et j'ai 35% contre sa range, ce qui veut dire call théoriquement, mais bon...


    5. Discuss : overpaire vs raise flop
    Peu après, j'ouvre en MP à 20 et me fais call par chilien et les blindes.

    flop : (pot 80)
    ca check, je décide de cbet 40 et me fais snap minraise 80. Je suis oop avec 500, lui aussi. A ce moment la, je sais pas trop s'il trap minaire avec 4x ou s'il a 7x, ou overpaire qui minraise pour info ou un des millions de draws... je suis oop c'est relou, je décide de juste flat pour aviser turn

    turn : (pot 240)
    je check, il barrel small à 100. j'ai environ 400. Pendant un moment j'hésite à check/shove mais je trouve que j'ai trop... et j'ai peur qu'il soit entrain de trap... Je décide de call. Je m'attends pas à ce qu'il 3 barrel bluff

    river : (pot 440)
    je check, il bet 250 se laissant 100 derrière. Désormais je bats qu'un busted draw, mais je sais pas trop s'il est capable de bluff. Je fold... Mais j'ai quand meme l'impression de metre fait own..

    6. Je pense que j'ai une image bien weak a ce moment à table. Un fish vient changer de place pour se mettre juste à ma gauche, lol.

    j'ouvre à 20, il call, on est HU

    flop : (pot 50)
    je fais 25, il tank pas trop longtemps et call. Je sais pas pourquoi mais j'ai l'intuition qu'il a des millions de float dans sa range vu comme il vient de changer de place juste avant

    turn : (pot 100)
    j'ai plus trop l'intention de fold, mais si je peux lui faire fold un T ou un 88 c'est cool. Je check, il bet 25, je shove ses 100, il fold.

    7.Riche vient d'arriver à table, il a montré assez vite qu'il comprenait pas trop ce qu'il se passait... il limp en MP, je check ma sb avec

    flop : (pot 15)
    je me la joue tricky et check, chilien check, chilien bet 10, je c/r 30. Quand la parole lui revient il fait 75. Bon obv ,il a des dp dans ce spot, genre QT, mais il a probablement des AA slowplay, pourquoi pas des Qx... Je décide de shove 400, c'est un peu bourrin mais bon, s'il a mieux, setup.

    Il tank a peine 10 secondes et call, et je win le pot enorme vs QJ. Cool !

    8. En EP un nouveau open 15, 'jouvre 55 et décide de flat, chilien flat behind, on est en 4 way sur le flp :

    (pot 65)
    ca check, quand la parole m'arrive je décide de bet 30 en value protection. Chilien tank un peu, et voila qu'il me raise 85. Il a 500 au début du coup, je le couvre. c'est exactement le meme genre de board que la main 5 sauf que cette fois ci il a raise beaucoup plus fort. Je sais pas trop ce que ca veut dire, j'imagine que s'il a draw, il va vouloir avoir plus de fe. Je décide de refaire le meme plan que l'autre main a savoir call turn et fold river si ca improve pas.

    turn : (pot 235)
    je check, il bet small à 100. 78 est rentré, mais j'imagine qu'il betterait en value un peu plus fort... Ca pue la thin value ici, j'espere qu'il a pas 89 et que je me fais own... mais bon, je décide de call encore une fois et d'aviser rive

    river : (pot 435)
    bon... S'il a Tx, j'imagine qu'il va 3 barrel. S'il a missed draw, il va pas call un donkbet, mais il peut etre tenté de le bluff. Je check. Il lui rste 350, il mise 150. J'aime le sizing, je pense qu'il a jamais full. Je shove, et je chatte car il avait effectivement AT...

    Et retrospectivement, je repense à la main 5 ou il a fait des sizings completement différent, et j'imagine qu'il avait un truc du genre 7x ou missed draw et je regrette de pas avoir c/shove turn


    9. Discuss : overpaire vs c/r sur dry board


    Immédiatement après, je reçois 99 en MP et raise 20. Je me retrouve en 3 way vs un americain qui a l'air correct et un autre que j'ai oublié

    flop : (pot 65)
    ca check, je décide de cbet small à 30. Et là surprise l'américain c/r 85. Il a environ 400 de stack au début du coup, je le couvre.

    Je m'attends pas trop a ce qu'il c/r set, surtout vu qu'il a vu que j'étais plutot aggro, mais en meme temps, la main juste avant, j'ai montré que j'étais une sick cs. Du coup, il a peut etre envie de construire le pot tout de suite. Je le vois pas trop sur un draw vu que j'ai 2 bloqueurs sur 9T...

    Mais bon, je décide de call une fois et d'aviser turn

    turn : (pot 235)
    content de cette turn qui retire des combos de set. Qui me fait passer devant 78... Il va souvent shut down car cette carte est pas bonne à bluff. Pourtant, voila qu'il barrel 120, se laissant environ 200 derrière.

    Ce spot est ultra galère car s'il a full, je m'attends presque tout le temps a ce qu'il check, ou bien mise petit. Il y a egalement backdoor coeur qui rentre s'il a raise avec genre ... Je crois que dans tout autre situation j'aurais call, mais la main juste avant a montré que j'étais une grosse cs, et je pense pas qu'il puisse croire avoir de la fe... je fold
    vos avis?



    Peu apres cette main , la table casse...

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    Ok, ca a duré 20 minutes à peine...

    En MP je limp dans un multiway. En SB libanais pousse son jeton de 5, la croupière le prend, la bb check, mais libanais dit " nonon tu as oublié mon 5, j'en ai mis un autre". Apparemment, il a minraise 10 depuis la SB.. La croupière dit que non, c'est trop tard, mais il insiste, et la croupière va montrer le flop on voit juste un K et il je me souviens plus exactement de ce qu'il dit mais genre "baah si c'est comme ca" et il balance all in super vnr.

    Obv vous connaissez la suite de l'histoire... Je tank 5 minutes, je finis par call, car je me souviens plus s'il a balancé all in avant ou apres. Et je perds 480$ contre KQ dans un pot qui faisait 25 vs un bon gros angleshooter de m**de...

    Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi meme. Jamais je serais tombé dans un piège aussi grossier si je jouais mon A game. Je crois que c'est le signe qu'il faut que j'arrête. Déjà hier j'ai eu de la chance de finir bien up malgré la fatigue. Aujourd'hui, en arrivant à cette table de nit, j'étais déjà découragé en me disant que ca allait être une corvée...

    En plus au final j'ai foiré mon rdv avec la bombe, mais bon, peut etre j'aurai le temps de me rattraper plus tard.
    Bref. Je finis down d'une cave après 11 sessions, c'est pas non plus la mort. Je ne m'étais pas fixé d'objectif financier, sinon celui de récupérer mon A game. Je sais que je suis très fier de mon jeu vers les session 5/8 au moment où j'ai commencé à accumuler les reads contre les regs et que j'étais en pleine forme. J'étais peut etre pas aussi bon que ce que j'ai été à un moment, mais je suis assez content du jeu que j'ai produit malgré tout, et de m'être tenu aux CR a chaque session.

    Le bilan de tout ça, c'est encore une fois, je joue malgré que je suis tout à fait conscient de deux leaks majeurs :
    - je suis scared en NL400+
    - je persiste à vouloir jouer fatigué.

    Faut que je me donne des grosses claques pour m'obliger à ne plus le refaire. J'aurais jamais du jouer quelques sessions vers la fin, dont celle d'aujourd'hui, mais bon...

    Je vais donc a priori arrêter le poker à Panama. Les prochaines parties auront lieu dans quelques semaines au Costa Rica, à San Jose probablement.

    J'espère que malgré tout vous avez kiffé. Je pense que oui. Et je vous donne rendez-vous bientôt sur www.facebook.com/worldpokertrip et www.worldpokertrip.net quand je posterai la vidéo du mois...

    ciao !

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    Obv vous connaissez la suite de l'histoire... Je tank 5 minutes, je finis par call, car je me souviens plus s'il a balancé all in avant ou apres. Et je perds 480$ contre KQ dans un pot qui faisait 25 vs un bon gros angleshooter de m**de...

    Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi meme. Jamais je serais tombé dans un piège aussi grossier si je jouais mon A game. Je crois que c'est le signe qu'il faut que j'arrête. Déjà hier j'ai eu de la chance de finir bien up malgré la fatigue. Aujourd'hui, en arrivant à cette table de nit, j'étais déjà découragé en me disant que ca allait être une corvée...

    En plus au final j'ai foiré mon rdv avec la bombe, mais bon, peut etre j'aurai le temps de me rattraper plus tard.
    Bref. Je finis down d'une cave après 11 sessions, c'est pas non plus la mort. Je ne m'étais pas fixé d'objectif financier, sinon celui de récupérer mon A game. Je sais que je suis très fier de mon jeu vers les session 5/8 au moment où j'ai commencé à accumuler les reads contre les regs et que j'étais en pleine forme. J'étais peut etre pas aussi bon que ce que j'ai été à un moment, mais je suis assez content du jeu que j'ai produit malgré tout, et de m'être tenu aux CR a chaque session.

    Le bilan de tout ça, c'est encore une fois, je joue malgré que je suis tout à fait conscient de deux leaks majeurs :
    - je suis scared en NL400+
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    Faut que je me donne des grosses claques pour m'obliger à ne plus le refaire. J'aurais jamais du jouer quelques sessions vers la fin, dont celle d'aujourd'hui, mais bon...

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    J'espère que malgré tout vous avez kiffé. Je pense que oui. Et je vous donne rendez-vous bientôt sur www.facebook.com/worldpokertrip et www.worldpokertrip.net quand je posterai la vidéo du mois...

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    Obv vous connaissez la suite de l'histoire... Je tank 5 minutes, je finis par call, car je me souviens plus s'il a balancé all in avant ou apres. Et je perds 480$ contre KQ dans un pot qui faisait 25 vs un bon gros angleshooter de m**de...

    Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi meme. Jamais je serais tombé dans un piège aussi grossier si je jouais mon A game. Je crois que c'est le signe qu'il faut que j'arrête. Déjà hier j'ai eu de la chance de finir bien up malgré la fatigue. Aujourd'hui, en arrivant à cette table de nit, j'étais déjà découragé en me disant que ca allait être une corvée...

    En plus au final j'ai foiré mon rdv avec la bombe, mais bon, peut etre j'aurai le temps de me rattraper plus tard.
    Bref. Je finis down d'une cave après 11 sessions, c'est pas non plus la mort. Je ne m'étais pas fixé d'objectif financier, sinon celui de récupérer mon A game. Je sais que je suis très fier de mon jeu vers les session 5/8 au moment où j'ai commencé à accumuler les reads contre les regs et que j'étais en pleine forme. J'étais peut etre pas aussi bon que ce que j'ai été à un moment, mais je suis assez content du jeu que j'ai produit malgré tout, et de m'être tenu aux CR a chaque session.

    Le bilan de tout ça, c'est encore une fois, je joue malgré que je suis tout à fait conscient de deux leaks majeurs :
    - je suis scared en NL400+
    - je persiste à vouloir jouer fatigué.

    Faut que je me donne des grosses claques pour m'obliger à ne plus le refaire. J'aurais jamais du jouer quelques sessions vers la fin, dont celle d'aujourd'hui, mais bon...

    Je vais donc a priori arrêter le poker à Panama. Les prochaines parties auront lieu dans quelques semaines au Costa Rica, à San Jose probablement.

    J'espère que malgré tout vous avez kiffé. Je pense que oui. Et je vous donne rendez-vous bientôt sur www.facebook.com/worldpokertrip et www.worldpokertrip.net quand je posterai la vidéo du mois...

    ciao !

    cave : 400
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    La session de la chatte ! Pas peu fier d'avoir mis un 2 outer dans un enorme pot. Pour une fois que ça m'arrive...




    1. Votre bien aimé heureux d'avoir décroché un rencard avec une bombe demain
    2. Un anglais inconnu
    3. Un chilien inconnu, buy in 500, probablement pas mauvais
    4. Le reg tag sur lequel je commence à avoir pas mal de reads
    5. Un vénézuelien plutot tight
    6. un vieux inconnu
    7. Un inconnu qui se marre tout le temps
    8. Un quarantenaire qui ressemble à un prof de musique de collège
    9. Le regnit ultime
    10. Un nit qui ressemble à un gi retraité


    1. En MP, j'ouvre QJ à 20, je suis juste call des blindes par lol qui a environ 400

    flop : (pot 45)
    il check, je décide de cbet 30 vu toutes les cartes que je vais pouvoir barrel turn, il call.

    turn : (pot 105)
    en voila un, il check, j'ai gagné en equité et en fold equité, je 2nd barrel 75, il fold. Cool, j'ai l'impression que ce genre de 2 barrel marche de moins en moins, vos avis?

    2. En LP, j'ouvre à 20. Je suis call par chilien qui est ip sur moi.

    flop : (pot 50)
    je décide de check give up, il check back

    turn : (pot 50)
    j'(imagine qu'il aurait barrel a peu pres tout ce qui a de l'équité au flop, je décide de bet surtout pour protection : 30 . Il raise 70, j'ai l'impression de me faire out play grave, mais je sais pas trop quoi faire, je fold.

    3. chilien raise utg à 20, il est call par prof, j'ouvre et décide de call car prof est relativement fishy.

    flop : (pot 65)
    tout le monde check

    turn : (pot 65)
    Je m'attends à ce que chilien bet souvent en value sur ce flop, et que prof qui est ip bet aussi s'il a Tx ou flush draw, je décide donc de semi bluff à 40, et là surprise, les deux me callent. J'imagine qu'il y a pas mal de draws, de mains faibles, et de backdoor. Je décide de bluff les carreaux .

    river : (pot 145)
    j'avais pensé bluff que les carreaux, mais en fait les briques aussi sont cools a bluff vu le nombre de mains qui missent river. Je peux eventuellement faire passer un 6x, 4x etc... Je décide de prendre le spot de bluff, surtout que je rep beaucoup de force à 2 barrel contre 2 joueurs : 115.
    Chilien tank 2 minutes, et finit par fold apparemment KJ et l'autre fold derrière. J'aime bien mon bluff

    4. Prof limp utg avec 500, j'ouvre de LP et raise 25, on est HU :

    flop : : (pot 60)
    il check, je fais 30 et la fml voila qu'il raise 80. Je l'ai vu jouer un peu avant, et c'est plutot du genre nit, je suis absolument sur qu'il bluff jamais sur ce board, et presque sur qu'il a des AK, KK, QQ, ptet meme AA et surtout JT qu'il est capable de limp/call préflop.
    Pour autant, j'arrive pas a me resoudre a hero fold ici, ptet qu'il fait son move de l'année avec A8 de temps en temps?, Je décide de call

    turn : (pot 220)
    il cbet 100. Bon, il est forcément en value ici. La seule main que je bats, c'est un KQ. Sur tout le reste, je suis mort avec en plus les implied odds. Je décide de faire le hero fold de l'anné, et tout fier il me montre KQ. Je suis deg, mais bon, je pense que la lecture est bonne. J'ai stove un peu après et j'ai 35% contre sa range, ce qui veut dire call théoriquement, mais bon...


    5. Discuss : overpaire vs raise flop
    Peu après, j'ouvre en MP à 20 et me fais call par chilien et les blindes.

    flop : (pot 80)
    ca check, je décide de cbet 40 et me fais snap minraise 80. Je suis oop avec 500, lui aussi. A ce moment la, je sais pas trop s'il trap minaire avec 4x ou s'il a 7x, ou overpaire qui minraise pour info ou un des millions de draws... je suis oop c'est relou, je décide de juste flat pour aviser turn

    turn : (pot 240)
    je check, il barrel small à 100. j'ai environ 400. Pendant un moment j'hésite à check/shove mais je trouve que j'ai trop... et j'ai peur qu'il soit entrain de trap... Je décide de call. Je m'attends pas à ce qu'il 3 barrel bluff

    river : (pot 440)
    je check, il bet 250 se laissant 100 derrière. Désormais je bats qu'un busted draw, mais je sais pas trop s'il est capable de bluff. Je fold... Mais j'ai quand meme l'impression de metre fait own..

    6. Je pense que j'ai une image bien weak a ce moment à table. Un fish vient changer de place pour se mettre juste à ma gauche, lol.

    j'ouvre à 20, il call, on est HU

    flop : (pot 50)
    je fais 25, il tank pas trop longtemps et call. Je sais pas pourquoi mais j'ai l'intuition qu'il a des millions de float dans sa range vu comme il vient de changer de place juste avant

    turn : (pot 100)
    j'ai plus trop l'intention de fold, mais si je peux lui faire fold un T ou un 88 c'est cool. Je check, il bet 25, je shove ses 100, il fold.

    7.Riche vient d'arriver à table, il a montré assez vite qu'il comprenait pas trop ce qu'il se passait... il limp en MP, je check ma sb avec

    flop : (pot 15)
    je me la joue tricky et check, chilien check, chilien bet 10, je c/r 30. Quand la parole lui revient il fait 75. Bon obv ,il a des dp dans ce spot, genre QT, mais il a probablement des AA slowplay, pourquoi pas des Qx... Je décide de shove 400, c'est un peu bourrin mais bon, s'il a mieux, setup.

    Il tank a peine 10 secondes et call, et je win le pot enorme vs QJ. Cool !

    8. En EP un nouveau open 15, 'jouvre 55 et décide de flat, chilien flat behind, on est en 4 way sur le flp :

    (pot 65)
    ca check, quand la parole m'arrive je décide de bet 30 en value protection. Chilien tank un peu, et voila qu'il me raise 85. Il a 500 au début du coup, je le couvre. c'est exactement le meme genre de board que la main 5 sauf que cette fois ci il a raise beaucoup plus fort. Je sais pas trop ce que ca veut dire, j'imagine que s'il a draw, il va vouloir avoir plus de fe. Je décide de refaire le meme plan que l'autre main a savoir call turn et fold river si ca improve pas.

    turn : (pot 235)
    je check, il bet small à 100. 78 est rentré, mais j'imagine qu'il betterait en value un peu plus fort... Ca pue la thin value ici, j'espere qu'il a pas 89 et que je me fais own... mais bon, je décide de call encore une fois et d'aviser rive

    river : (pot 435)
    bon... S'il a Tx, j'imagine qu'il va 3 barrel. S'il a missed draw, il va pas call un donkbet, mais il peut etre tenté de le bluff. Je check. Il lui rste 350, il mise 150. J'aime le sizing, je pense qu'il a jamais full. Je shove, et je chatte car il avait effectivement AT...

    Et retrospectivement, je repense à la main 5 ou il a fait des sizings completement différent, et j'imagine qu'il avait un truc du genre 7x ou missed draw et je regrette de pas avoir c/shove turn


    9. Discuss : overpaire vs c/r sur dry board


    Immédiatement après, je reçois 99 en MP et raise 20. Je me retrouve en 3 way vs un americain qui a l'air correct et un autre que j'ai oublié

    flop : (pot 65)
    ca check, je décide de cbet small à 30. Et là surprise l'américain c/r 85. Il a environ 400 de stack au début du coup, je le couvre.

    Je m'attends pas trop a ce qu'il c/r set, surtout vu qu'il a vu que j'étais plutot aggro, mais en meme temps, la main juste avant, j'ai montré que j'étais une sick cs. Du coup, il a peut etre envie de construire le pot tout de suite. Je le vois pas trop sur un draw vu que j'ai 2 bloqueurs sur 9T...

    Mais bon, je décide de call une fois et d'aviser turn

    turn : (pot 235)
    content de cette turn qui retire des combos de set. Qui me fait passer devant 78... Il va souvent shut down car cette carte est pas bonne à bluff. Pourtant, voila qu'il barrel 120, se laissant environ 200 derrière.

    Ce spot est ultra galère car s'il a full, je m'attends presque tout le temps a ce qu'il check, ou bien mise petit. Il y a egalement backdoor coeur qui rentre s'il a raise avec genre ... Je crois que dans tout autre situation j'aurais call, mais la main juste avant a montré que j'étais une grosse cs, et je pense pas qu'il puisse croire avoir de la fe... je fold
    vos avis?



    Peu apres cette main , la table casse...

    cave : 400
    gain : 1135
    profit : 735
    total : -152
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