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mizar2001

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  1. Dernier jour (jeudi) : INCASSABLE Le premier bad beat de la journée a lieu quelques heures avant que je m'assois à la table de poker. Accablé par des problèmes de dos depuis plusieurs mois et alléché par une offre promotionnelle, je prends rendez-vous pour une séance de massage au centre de beauté, situé au 10e étage du Costa Luminosa. En fait, il y a également une troisième raison. En visitant le "beauty center" en début de semaine, j'avais remarqué que la masseuse avait de faux airs de Monica Belluci, la poitrine généreuse en moins. Mais bon, 55 c'est moins bien que QQ (je vous laisse traduire), mais c'est toujours mieux que 93o ! Sur les coups de 18h, je me pointe donc à mon rendez-vous. Je me dis qu'une petite séance de massage avec Monica ne peut qu'avoir un effet relaxant positif avant mon ultime combat face à mes amis italiens. Mais lorsque les cartes apparaissent au détour du lounge d'accueil, je peux difficilement cacher ma déception. Ce n'est pas Monica mais une lointaine cousine de Martine Aubry qui me montre la table et m'enjoint à me dessaper. J'ai envie de crier "misdeal", mais parvient à me contrôler. L'heure qui suivra sera rugueuse. Espérons qu'au moins, la soirée ne le sera pas... Il est 22h30 lorsque je me pointe au casino. Assis seul à table, j'entrevois une silhouette familière, un verre de champagne et un magnum à ses côtés. C'est Tony ! Nous nous saluons courtoisement et celui-ci me lance : "Tonight, I'm sober !". "For the moment", lui répond-je avec le même accent anglais que Jean Lefebvre dans "Le Gendarme à New York". Nous entamons un heads up qui durera à peine deux minutes puisqu'un banc entier d'Italien se rue rapidement à notre table. La roulette c'est bien sympa, mais le poker, c'est autre chose ! La table se remplit cette fois en moins de dix minutes. C'est tout juste s'il n y a pas une liste d'attente. J'en profite pour prendre quelques photos souvenirs avec mon IPhone, car c'est la dernière fois que nous nous retrouvons tous. Demain, le navire accoste à Dubai et le casino n'ouvre qu'en mer. A quai, c'est interdit. Penne n'est pas chanceux ce soir. Toutes les cinq minutes, il remet en doute la probité de la table électronique. La goutte d'eau de trop survient lorsqu'il part à tapis au turn avec un set face à Flavio, lequel n'a qu'un malheureux tirage quinte à lui opposer. Un tirage quinte qui rentrera évidemment à la river. Double hurlement primaire, de Penne et de Flavio. Un cri qui n'a sans doute pas la même signification pour les deux hommes. Lorsqu'il touche l'un de ses 8 outs miraculeux à la "riviera" - sa spécialité puisque j'en avais été la victime la veille - Flavio hurle, mais aussi agite les bras dans tous les sens. A tel point qu'on a presque l'impression qu'il fait un bras d'honneur à son adversaire... Penne n'en a pas l'impression. Il en a la certitude ! Il s'en prend à Flavio, lui reproche son geste. Flavio se défend, jure qu'il est innocent. Mine de rien, on assiste là à la première engueulade de la semaine à table. Le ton monte et Spaghetti doit jouer les casques bleus pour calmer les deux hommes. Pendant ce temps, Tony entame son sept ou huitième verre et commence à montrer des signes de faiblesse. Tortellini me demande ce que je fais dans la vie. Je lui réponds, avec un sourire malicieux, "joueur de poker". Cela fait rire toute la table, je parviens même à dérider Penne, dont la couleur hauteur K n'est pas suffisante face à la couleur max de Spaghetti. Mon bilan au bout d'une heure et demi de jeu n'est pas folichon. J'ai perdu une pot substantiel et je suis à -40 euros malgré un rush de cartes (99, AK, QQ, AA) sans précédent depuis le début de mon aventure à bord. Il faut dire que lorsque je touche mon set max avec QQ, mon CB ne trouve aucun preneur pour la première fois de la semaine. Idem quelques instants plus tard avec mes AA ! Il faut croire que l'histoire que je vous raconte depuis le début de la semaine finirait en eau de boudin. Un peu comme "Incassable", avec Bruce Willis et Samuel L. Jackson. Vous savez le film qui s'arrête au moment où ça devient intéressant. C'est aux alentours de minuit que notre histoire s'arrête brutalement. Ne vous inquiétez pas : ce n'est pas le bateau qui coule ou Tony qui sort un flingue et fait un carnage. C'est simplement notre table électronique qui rend l'âme. Pendant près de trois quart d'heure, trois employés du casino vont s'employer à la remettre en état de marche. En vain. Penne demande au directeur si l'on peut continuer à jouer avec un vrai croupier. Il essuie un refus poli. Tony propose de jouer entre nous avec des vraies cartes et l'argent sur la table, comme dans les films. Seul Flavio semble chaud comme la braise. Perso, je ne sens pas trop le truc et je ne suis apparemment pas le seul. Nous nous levons (presque) tous et nous souhaitons una "buena nutti", les Italiens se dirigeant aussitôt vers les tables de roulette, moi vers ma cabine. Seul Tony reste assis, occupé à se servir un verre. Au final, si mes calculs sont bons, j'aurai dégagé un bénef de 110 euros en quatre jours et claqué sans doute plus de 500 euros en rake. Sans regret. J'ai l'impression d'avoir vécu une expérience unique et j'ai finalement passé quelques moments très sympas avec mes amis italiens. Je reste encore trois jours à Dubaï. Cette fois, c'est promis, je prend vraiment des vacances.
  2. JOUR 3 (mercredi) : LE MILLIONNAIRE C'est sur les coups de 23h15 que j'arrive au casino. Un peu plus tard que d'habitude donc, finition du CR de la veille oblige. Mes ambitions sont en berne depuis le premier jour de la semaine, où je me voyais déjà rembourser ma croisière, voir plus si affinité. Après deux soirées et grosso modo huit heures de jeu, j'ai quand même réussi l'exploit d'être dans le rouge en jouant sur la table de poker la plus facile du monde. Certes de peu (-70 euros), mais j'ai tout de même l'impression que c'est mon honneur qui est en jeu ici. Bref, je préfère désormais me fixer un objectif à la Guy Roux : finir la semaine dans le vert. "Petit joueur !" vous dites-vous alors probablement devant votre écran, à cet instant. Et vous avez bien raison... Première désillusion de la soirée. Il n'y a personne à table. Serais-je arrivé trop tard ? Je décide de m'asseoir pour attendre mes amis italiens et compulse le programme du lendemain sur le bateau, histoire de passer le temps : 10h Aquagym 11h Conférence sur l'après-rasage en Italien et en Anglais. 14h Tournoi de fléchette 16h Cours de flamenco 17h Conférence : Comment garder un ventre plat par Simona Flamini. 18h Tournoi de dames ... Bon, je sens que demain, on va passer notre journée à visiter Abu Dhabi chérie ! Je tourne la page avec appréhension pour savoir quel sera le programme de la soirée quand je reçois une bourrade virile dans le dos. Lorsque vous ne vous y attendez pas, ça fait toujours drôle. Et pas forcément du bien. Trois de mes amis italiens viennent d'arriver et me saluent à leur manière. Je reconnais Penne, Bruschetta et Tortellini. Notre quator lance donc les hostilités. Et c'est toujours un vrai plaisir. En un quart d'heure, aucun d'entre eux n'a encore relancé preflop ou tenté le moindre bluff. J'affiche déjà 260 euros au compteur (+ 60 euros donc). Malheureusement, la table va rapidement se remplir dans la demi-heure suivante. Penne nous rejoint, puis Flavio et Antonio, l'Espagnol que j'avais destacké le premier jour lors d'un Heads Up endiablé sur les coups de 3h du matin. Depuis ce duel, Antonio est persuadé que je passe mon temps à bluffer. Il n'a évidemment pas remarqué que je ne joue pas forcément de la même manière contre neuf joueurs. Il ne restera donc à table que dix minutes, pas une de plus, après avoir payé avec A2 mon trois barrels avec AQ sur un board Q5T44. Pas facile de jouer en Full Ring sur le Costa Luminosa décidément. Les joueurs mettent beaucoup de temps à réfléchir ou à miser. Le rythme est lent, mais lent... Moi qui ai beaucoup de mal à joueur en cercle, notamment à cause de ça, je suis vraiment servi. Encore heureux que Tony ne soit pas de la partie ce soir. Le responsable du casino nous apprend d'ailleurs qu'il est resté assis seul à table sur les coups de 20h30, avant de partir au bout d'une demi-heure. Ce soir, il y a deux têtes inconnues à table. Un Italien et un homme d'une quarantaine d'années en costard-cravate, qui ne dira pas un mot de la soirée. Dans le doute, je pars donc du principe qu'il est italien et le baptise Lino. Un hommage à Lino Ventura, excellent notamment dans le film "Le Silencieux". J'aime bien Lino Ventura. J'aime beaucoup moins Lino de Costa Croisière lorsque mon brelan max s'empale sur sa couleur touchée à la river. Bilan : une grosse moitié de mon tapis évaporée et un recavage dans les règles. J'ai Bruschetta à ma gauche et Flavio à ma droite. Flavio est vraiment mon grand pote maintenant, même si nous ne dialoguons que sous forme de gestes ou d'onomatopées. J'ai d'ailleurs parfois l'impression de jouer un remake de la "Guerre du feu" avec lui. Un terrible froid va pourtant s'installer entre nous lorsque je bénéficie de mon second gros set up favorable de la semaine. La première fois c'était contre Flavio en Heads Up, lundi dernier. La deuxième, c'est encore face à Flavio, et il trouve sans doute que ça commence à faire beaucoup. Sur un board TTJTJ nos tapis s'envolent en toute logique, mon pote italien ayant AJ et moi KT. Tous les convives de la table, excepté Lino, ne peuvent laisser échapper un "oooohhhh" presque langoureux. Flavio me fusille du regard. Il débite une centaine de mots en moins de 10 secondes. Déjà que 2-3 mots de suite, j'ai du mal à comprendre. Mais là... En même temps, c'est peut-être préférable. Penne, lui, crie presque au scandale. Il hèle le responsable du casino, qui fait la grosse erreur de passer dans les parages à ce moment-là, et lui lance que la table est truquée. Que full max contre carré, ça n'arriverait jamais avec un vrai croupier et des vrais cartes, qu'on ne voit ça que dans James Bond ! Penne Alarabiatta sera conforté dans son intuition lorsque, dix minutes plus tard, Spaghetti remportera un pot avec KK. Puis, quatre coups après, avec AA. Désormais, chaque set up sera l'occasion pour Penne de pester contre la table, et d'accuser le casino de vouloir créer artificiellement des grosses rencontres avec des gros pots pour amasser plus de rake. Flavio, lui, n'a toujours pas digéré notre dernière confrontation et me fait la gueule pendant une bonne demi-heure, me jetant régulièrement un regard sombre. Comme si c'est moi qui avais truqué la table. A ma gauche, Bruschetta est sans doute l'un des joueurs les plus étonnants qu'il m'ai été donné d'affronter. D'abord parce que Bruschetta camoufle ses cartes en plaçant ses mains devant elles. Mais pas sur les côtés. Résultat : je vois quasi systématiquement tout son jeu, d'autant qu'à chaque tour (preflop, flop, turn et river), il les regarde à nouveau. Craint-il que celles-ci puissent changer entre le flop et la river ? A sa décharge, Bruschetta n'est pas le seul à vérifier quatre ou cinq fois ses cartes pendant le déroulement du coup. Tous les autres joueurs le font aussi ! J'assiste d'ailleurs à un étonnant ballet, parfaitement synchronisé à chaque fois. Les cartes sont distribuées et, tels des automates, toute la table regarde sa main quasiment dans le même tempo. Le flop tombe, rematage de cartes dans la foulée. La turn, bis repetita. Et à la river, tous ceux qui sont encore dans le coup (c'est à dire encore une grosse poignée) reluquent une dernière fois leur jeu. Ceci explique aussi, en bonne partie, la désespérante lenteur du jeu quand la table est pleine. Grâce à Bruschetta toutefois, je ne vais pas trouver le temps long. Le fait de voir presque à chaque fois ses cartes me permet de vivre des moments d'une rare intensité. Deux coups de sa part me marqueront d'ailleurs sans doute à vie. Comme lorsqu'avec 73o sur un board QA28 et trois trèfles, il décide de suivre à la turn une mise de 2/3 du pot, alors qu'il y a encore deux joueurs derrière lui. Il faut dire que Bruschetta possède alors le 3 de trèfles... Ce n'est rien à côté du coup d'extra-terrestre qui va suivre. Sur un board QJT à 5 joueurs, Tortellini mise d'entrée 1/3 du pot. Un call et deux folds plus tard, c'est au tour de Bruschetta de jouer. L'une des plus grosses calling stations de l'histoire maritime décide alors de folder négligemment son 98 ! Le coup se termine et Tortellini montre fièrement son AK et sa quinte floppée. Bruschetta a -t-il vu que, lui aussi, il avait floppé une quinte ? Ou, guidé par un sixième sens hors du commun, a-t-il pressenti qu'il était dores et déjà battu au flop ? Quoi qu'il en soit, après ce coup, je ne vois plus Bruschetta de la même manière. Stu Ungar ou Phil Ivey sont des nains à côté. Encore une fois, j'insiste sur le fait que toutes les situations et les coups que je vous raconte ici sont rigoureusement authentiques. Les coups s'enchaînent un peu plus vite désormais car la table s'est vidée progressivement. Il est 3h du matin et Penne vient de perdre un gros coup contre moi avec ses bottom deux paires contre mes deux paires max. Il se trémousse sur sa chaise et cherche tout azimut le directeur du casino pour lui dire sa façon de penser. Je suis parvenu à monter mon stack à 650 euros. Je suis fatigué et, même si Flavio a encore 160 euros devant lui, Il ne reste plus que 45 euros à Penne et 30 euros à Bruschetta. J'annonce à mes camarades que je joue les trois derniers coups. Au bouton, je regarde mes cartes et voit KK. Ma première main premium de la soirée ! Vais-je finir cette cession en apothéose ? Je raise à 16 euros et suit suivi par Bruschetta et ses 15 BB, ainsi que par Flavio. Sur un flop raibow 9J6, je CB à 40 euros. Fold de Bruschetta, qui préfère préserver ses 14 euros pour les deux coups restants. Et call de Flavio, qui se tortille sur sa chaise. Turn : un 4. Je balance la sauce et Flavio me fusille de nouveau du regard. Il se lève, mitraille une salve de mots en "i", puis appuie sur le bouton call dans la foulée. Nos cartes se retournent, celles de mon adversaire affichent T8 pour un tirage quinte. Le 7 à la river me crucifie, pendant que Flavio pousse un gigantesque hurlement, qui doit réveiller au moins la moitié des passagers de la croisière. Flavio rayonne. Il s'agite, se tourne vers moi et vient prendre mes mains pour les serrer chaleureusement, l'air de dire "on est quitte maintenant". Je viens de me faire suckouter un pot de 340 euros juste avant d'aller faire dodo. Pas le meilleur moyen de trouver rapidement et paisiblement les bras de Morphée. Je rentre dans ma cabine un peu sonné. Alors qu'à une carte près, j'aurais pu rembourser près de la moitié de ma croisière, je finis la soirée avec un bénef de 220 euros. En soi c'est loin d'être négligeable. Et pourtant, je suis déçu. Dans mon lit, je ne peux m'empêcher de penser au "Millionnaire", cette ancienne émission TV présentée par Philippe Risoli et parodiée par les Inconnus. Les candidats devaient tourner une roue qui leur permettait de gagner entre 100 000 et 1 million de francs. Et lorsqu'il ne gagnaient "que" 100 00 ou 200 000 francs, on pouvait clairement lire du désarroi, voire de la détresse sur leur visage. Cette nuit-là encore, je ferai un rêve bien étrange...
  3. JOUR 2 : LE PURGATOIRE (l'histoire qui suit est 100% authentique, si, si...) Je fais un étrange rêve dans la nuit. Je mange des pâtes dans une restaurant italien avec ma femme, et lui fait la réflexion suivante : -"C'est vraiment un bon plan d'avoir un restau italien. Quand tu calcules ce que leur coûte un plat de pâte ou une pizza, et combien ils le revendent, ils se font une sacré marge !" -"Oui, mais tu oublies un truc Nounou (oui, je sais...) qui fait que ce n'est pas si intéressant que ça, me répond-elle... Le rake !" Je me réveille aussitôt et bondit sur mon lit. Il est 6h 30 du matin. J'ai dormi moins de 3 heures et je viens de faire mon premier cauchemar à bord du Costa Luminosa. Pourtant, je ne le sais pas encore, ce n'est pas le rake qui me hantera ce soir... Il est 22h30 ce mardi lorsque je quitte la salle de spectacle pour me rendre au casino. Au cas où. Les quatre Italiens de la veille discutent autour de la table. Lorsqu'ils me voient arriver, leurs cris résonnent dans la salle : "Ah ! El Francese ! Viene, Viene ! " Ils me prennent pour le fish de la soirée ou quoi ?! Je suis néanmoins flatté de me voir affubler du même surnom que Michel Platini lorsqu'il jouait à la Juventus. Peut-être le n°10 scellera-t-il mon destin ce soir. Nous nous attablons aussitôt tous ensemble. Et là, première bonne nouvelle. Mes amis italiens ont pris confiance et trois d'entre eux décident de se caver max. Fettucini vient apparemment de raser la table de roulette juste avant. Je sympathise avec Flavio. Comme il ne parle pas un mot d'anglais, nous parlons surtout avec les mains tous les deux. Le dialogue est difficile, mais en rajoutant un "i" ou un "o" à des mots français, je parviens miraculeusement à me faire comprendre de temps en temps. Je réussis notamment à lui faire "capicci" que mon arrière grand-père paternel était d'origine italienne, de Calabre plus précisément, qu'il se prénommait Fidelio mais que, selon ma grand-mère, il portait mal son prénom... Flavio me sourit poliment. Mais ma lecture infaillible du jeu adverse me laisse à penser qu'il s'en fout royalement en fait. Pendant ce temps, je parviens à grignoter petit à petit 40 euros à mes adversaires. C'est un vrai plaisir de jouer avec eux. Tous les pots sont limpés preflop. Ils sont d'une passivité incroyable, suivent avec n'importe quoi et misent gros dès qu'ils ont un gros jeu. Sinon, que dalle, ils préfèrent check/caller. J'essaie de comprendre leur manière de fonctionner. En fait, sur Costa Croisière, peu importe la taille des mises ou du pot, la profondeur des stacks respectifs... Le concept de cote n'existe visible pas en italien. Mes amis n'hésitent jamais à payer une très grosse mise avec une bottom paire ou une ventrale. Ils se doutent qu'ils sont derrière, mais ils se disent probablement que s'ils touchent leur quinte, leur deux paires ou leur brelan, ils vont piéger leur adversaire. Si jamais ils gardent leur bottom paire à la river, ils sont tout de même tentés de payer. Après tout, on ne sait jamais : même si l'autre à misé les trois streets face à quatre adversaires, ils est peut-être en train de bluffer... Enfin, le 3 bet preflop est apparemment un gros mot en latin, même avec une grosse paire en main. En résumé, le jeu est mégasuperloose, superpassif et très calling station. Le paradis pour un joueur de poker en somme ! Mais entre le paradis et l'enfer, il y a souvent le purgatoire. Celui-ci a la forme d'un pilier de rugby anglais, les oreilles décollées en moins. Tony s'asseoit à notre table en compagnie d'un sixième joueur, qui n'est autre que Penne Alarabiata. Tony nous révèle rapidement qu'il vient de Manchester. Il s'avère, de très loin, le meilleur adversaire à table. Visiblement, c'est un vrai joueur de poker, qui relance preflop (j'avais perdu l'habitude), tente quelques bluffs, ne surjoue pas trop ses mains, a une plutôt bonne lecture de jeu... Grâce à une série de set up favorables et beaucoup de réussite, il va passer de 200 à 550 euros en moins d'une heure ! Pendant ce temps, peu en verve, je parviens à perdre 100 euros et passe mon temps à mini recaver. Bruschetta nous sert une de ses spécialités : un induce bluff létal à la river avec full max contre 3 joueurs... sauf qu'il est au bouton. Un jeune Allemand arrive à table et se cave à 50 euros. Cinq Italiens, un Allemand, Un Anglais et un Français à la même table. Je sens les larmes me monter aux yeux. C'est aussi ça l'Europe aujourd'hui ! Dire qu'il y a moins d'un siècle, on se foutait tous sur la gueule, chacun dans un camp différent. Aujourd'hui, on est tous réunis à la même table, comme lors d'une belle soirée entre amis, riant et palabrant tous ensemble. Même si on ne se comprend pas forcément toujours. Et même si l'objectif, in fine, est quand même de piquer le pognon de l'autre. Je ressens une douce euphorie. J'ai envie de porter un toast avec mes nouveaux amis à Jean Monnet, De Gaspieri, tous ces pères de l'Europe. Mais je renonce finalement devant l'ampleur de la tâche. En plus, j'ignore comment on dit Jean Monnet en italien. Mon esprit divague. Il faut que je me ressaisisse, que je me reconcentre sur le jeu. Ce n'est pas évident. Je suis comme Sean Connery dans Goldfinger, lorsqu'il se fait klaxonner puis doubler par une nana. Il accélère aussitôt avec son Aston Martin pour montrer de quel bois il se chauffe avant de se calmer quelques secondes plus tard. "De la discipline 007, de la discipline..." Comme lors du siècle dernier, c'est notre Allemand qui va perdre la guerre. Une blitzkrieg en l'occurrence. Quatre coups, pas un de plus. Il faut dire que lors de son 3e coup, Helmuth call un continuation bet transalpin sur un board rainbow qui contient un As. Il call le second barrel adverse. Avant de faire un héros fold avec les 5 euros qui lui restent sur un pot de 110 euros... Pendant ce temps, Tony fait boire la tasse à tous ses adversaires. Mais Tony aime également boire. En une heure et demi, il doit boire pas moins de 10 verres de bières et /ou de champagne et est désormais en proie à un véritable coma éthylique. Tout ce que je vous raconte là est 100% authentique (en me relisant, je me rends compte que c'est presque trop gros pour être vrai) ! Une fois encore, je rentre rapidement dans la 5e dimension. Tony est complètement torché, il s'endort une fois sur trois, met un temps fou à miser à chaque street parce qu'il a du mal à appuyer sur les touches. Je suis assis juste à droite de Tony. Et la forte odeur alcoolisée qu'il dégage désormais est compensée par le fait qu'il oublie parfois de dissimuler ses cartes. L'oeil perfidement oblique, il m'arrive en effet environ une fois sur quatre de voir une, voire même deux de ses cartes. Un avantage discutable d'un point de vue éthique qui ne me sera toutefois d'aucune utilité. Ou presque. Le jeu devient vraiment très pénible. Je suis remonté progressivement à 290 euros, grâce à mes amis italiens. Mais Tony est vraiment au fond du trou, et certains coups durent 6 ou 7 minutes tellement il est long à la détente. Ce qui a le don d'exaspérer Penne qui se lève bruyamment, agite les mains en pointant du doigt "il rosbifo" puis s'éloigne al pesto (en pestant). Il est 1h30 du matin. Nous ne sommes plus que 5 à tables et le drame se noue. Je suis de Small Blind et découvre AA. Trois limpers avant moi, rien d'extraordinaire jusque-là. Je raise "à la cercle parisien" avec 17 euros. Au BB, Tony met 45 secondes à appuyer sur son tableau digital et me 3 bet à 39 euros.Les italiens sentent que les lasagnes sont cuites sur ce coup et préfèrent folder. Je 4 bet à 94 euros et Tony instacall... ou presque. Il lui faudra une bonne vingtaine de secondes pour trouver le centre du bouton "call", puis du bouton "valider" (il faut à chaque fois appuyer sur deux boutons différents, ce qui ne facilite pas la tâche de Tony). Le flop 9QJ ne me fait pas du tout plaisir. Tony est un joueur qui n'a 3 bet qu'une fois jusqu'à présent. Mais en même temps, il est complètement "torchon, chiffon, carpète". Je shove au flop en serrant les fesses. Je vois Tony, le regard globuleux, se précipiter vers le bouton "call" et appuyer dessus en seulement 12 secondes. Son record depuis une demi-heure. Bon, ça sent mauvais. Les cartes se retournent. Tony possède TT. Cela aurait pu être pire mais j'aurais préféré un main comme AQ ou KK. Car avec ses 10 outs, le Mancunien doit avoir 38% de remporter ce pot de 586 euros, si mes calculs sont bons. Un 8 à la turn me foudroie. Tony se tourne lentement vers moi avec un sourire goguenard, dénué toutefois de toute animosité. Je lui réponds par le même sourire que Ségolène Royal après le second tour des présidentielles, le même sourire que Dominique de Villepin lors de son arrivée au procès Clearstream. Je ressens alors l'humiliation suprême de devoir me lever pour aller me restacker à la caisse. Lors de cette soirée, j'ai réussi à perdre 300 euros face à quatre calling stations italiennes et un Anglais ivre mort. Malgré les 800 euros qu'il affiche au compteur, l'Etat de Tony continue de se détériorer. Je suis obligé de le réveiller toutes les 5 minutes. A cause de lui, chaque coup dure en moyenne 6-7 minutes. Quand vous venez de vous faire destacker et que vous avez envie de vous refaire au plus vite au milieu d'un aquarium foisonnant de fishs, croyez-moi, c'est terriblement frustrant. L'heure tourne. Les coups se jouent trop lentement et le casino ferme à 3h 30 du matin. A deux reprises je conseille à Tony d'aller se coucher. Il risque de perdre tout son argent, mais surtout, il ralentit beaucoup trop le jeu. C'est vraiment insupportable parfois, et je préfèrerais largement me retrouver face aux trois Italiens, dont deux sont 150 BB deep. Les deux fois, Flavio et Fetuccini me lancent un regard noir. "No, no, staye, staye", crient-ils à l'encontre de Tony. Visiblement, ils ont décidé de le dépouiller ce soir. Et c'est vrai que Tony commence à faire vraiment n'importe quoi depuis plusieurs minutes. Il devient de plus en plus aggro. Il oublie même de regarder sa main près d'une fois sur deux et ne la regarde parfois qu'à la turn ! Soudain, je vois mes trois Italiens s'arrêter net et suivre du regard une jeune fille en mini jupe, aux jambe interminables et à la poitrine opulente, défilant aux bras d'un Russe. Lequel, on se demande bien pourquoi, fait une gueule d'enterrement. Comme il n'y a rien d'autre à faire, je décide à mon tour de reluquer Tatiana. "Purée, c'est vrai qu'elle est sacrément bien roulée cette ...!!! ". Tony est le seul à s'en foutre complètement. Il cherche depuis deux minutes le bouton "raise" sur son écran, alors que ce n'est pas à lui de jouer. Ce coup restera dans les annales de Costa Croisière puisqu'il durera 11 minutes en se terminant pourtant à la turn ! J'ai grignoté 22 euros quand arrive le deuxième coup clé de la soirée (il y en aura trois). Au bouton, je relance à 12 euros avec une paire de dix, la main fétiche de Michel Platini. Je fais enfin honneur à mon surnom. De Small Blind, Tony me call en 33 secondes sans avoir regardé sa main. Fetuccini participe à la fête. Sur un flop 883 dont deux piques, je CB à 22 euros. Tony call, mais a sans doute oublié qu'il n'avait pas regardé sa main. Fetuccini call. Le turn, un 4 de pique, apporte un troisième pique. Tony check, Fetuccini mise petit à 25 euros. Je call. Et là, Tony décide de balancer son tapis. "Mama Mia", mama mia". Fetuccini vient de folder. Tout d'un coup, le cartésien que je suis est en prise avec un effroyable doute. Tony a-t-il en fait vu sa main. Il me semble que non puisque je l'ai bien observé preflop. Est-ce qu'il n'y aurait pas jeté un oeil pendant une seconde d'inattention de ma part ? J'hésite. Je ne vois vraiment pas à quel moment il aurait pu le faire... Grrr... Pfuuhhh... Huumm. Bon, si j'ai raison, je suis obligé de payer ici. D'autant que j'ai un T de pique qui peut toujours me donner une couleur à la river. Je call et Tony dévoile A4o sans pique. J'avais donc bien vu. L'Anglais ne touche pas l'un de ses 2 outs à la river. J'ai refait une grosse partie de mes pertes. Tony commence à donner de gros signes de faiblesse. Il perd bêtement plusieurs gros coups contre les Italiens. J'ai des tells incroyables sur ces joueurs, leurs bettings patterns, leurs ranges de mains... Ainsi, Flavio devient muet quand il a un très gros jeu. Plus il mise gros, plus il est gros. S'il mise petit, c'est qu'il n'est pas sûr, mais il call tout de même souvent un raise éventuel. J'identifie clairement son range de raise preflop : 88+/ AT+. Il n'a jamais relancé preflop avec moins bien. Fetuccini lui est le roi du limp preflop. Il est un peu plus agressif (toute proportion gardée évidemment) que Flavio postflop. Lui aussi mise très gros ses gros jeux mais aime la jouer à l'envers dans son attitude. Comme lorsque je value bet à la river ma paire max sur un board avec un brelan possible. Il me fait alors tout un cinéma, gesticulant et soupirant en italien : l'air de dire, ma qué, je n'ai pas grand chose, mais allez je te fait un mini raise bluff pour te faire croire que j'ai un brelan en main. Evidemment, il a bel et bien le brelan... Quant à Bruschetta. Bah, on s'en fout un peu. Il est beaucoup plus discret à table et joue depuis une heure avant un stack oscillant autour de 30 euros. Il est 3h15 du matin. Les Italiens et moi, nous nous sommes partagés les dépouilles de Tony, à qui il ne reste plus que 90 euros. Flavio a désormais 450 euros, moi 470 euros et Fetuccini 510 euros. Hum, ça devient intéressant tout ça. C'est vraiment dommage que le casino ferme dans un quart d'heure. Bruschetta est tombé au champ d'honneur, résistant héroïquement de longue minutes avec moins de 5 BB. Avant de shover 4,5 euros preflop avec A2. En vain. Au cutoff, Flavio raise à 6 euros (il a donc 88+/AT+). Au bouton, Fetuccini 3 bet à 12 euros. Que veut dire ce mini 3 bet ? C'est la première fois, en deux jours et près de huit heures de jeu que Fetuccini 3 bet ! Déjà qu'il est très avare de raise preflop. Cela sent à plein nez la grosse main. J'avoue ne pas comprendre son mini raise. Peut-être, dans son esprit, veut-il faire grossir le pot preflop avec sa main premium. Mais pas trop n'ont plus pour attraper le poisson dans ses filets... Difficile de se mettre dans la tête d'un joueur de poker italien labellisé Costa Croisière. Avec mes 22 de Small Blind, je décide de caller. Quarante seconde plus tard, Tony nous rejoint. Le flop 2JK lance les hostilités. Tony instashove overbet ses 80 euros restant en moins de 10 secondes. il fait clairement n'importe quoi maintenant et peut avoir ici une bottom paire, une ventrale, une top paire, un As. Bref n'importe quoi. Flavio instacall aussitôt. Et là, Fetuccini me refait tout son cinéma de la dernière fois. Il se lève. "Ma qué, je vais payer, au point où on est est, c'est la fin de la soirée, tant pis on verra bien", semble-t-il dire en s'agitant. Mon rythme cardiaque s'accélère. On est tous 250 BB deep et c'est potentiellement un très gros coup qui se joue là. Je ressens un flot d'adrénaline m'envahir. C'est d'autant plus ridicule qu'il m'arrive de jouer des pots bien plus élevés sur Internet, sans que cela me procure autant de frissons (il faut dire que sur le Net, ça va tellement vite qu'on n'a pas le temps de souffrir). J'hésite. Je suis assailli d'infos contradictoires. Face à de tels joueurs, je suis obligé de miser mon tapis ici, même 250 BB deep. Je n'ai pas droit de la jouer petit bite. Oui mais... on est 250 deep. Et surtout, le cinéma de Fetuccini me fout vraiment les jetons. Je le connais tellement bien maintenant que je le vois sur 4 mains. JJ, KK, AK et KK (plus peut-être QQ). S'il ne me faisait pas tout ce cinéma, je relancerais sans doute. Oui mais. Oui mais là... En fait, je suis quasi sûr qu'il ne peut me faire ce cinéma qu'avec une de ses quatre mains. Et que même un AK pour lui, face à 3 joueurs, sur un tel board et sur un pot 3 betté preflop, aussi deep... c'est une main monstrueuse. Bref, j'ai grosso modo une chance sur deux d'être vraiment devant et une chance sur deux d'être vraiment derrière. La range de Flavio est également assez limpide. C'est AT+ avec une paire touché ou une ventrale plus un As. Ou JJ+ avec, éventuellement, lui aussi un set floppé (Flavio est tout à fait capable de juste caller KK ou AA preflop dans un pot 3 betté à quatre joueurs. Pour dissimuler sa main et piéger l'adversaire évidemment). Je réfléchis près de 40 secondes. Un record pour moi, qui ai l'habitude de prendre mes décisions en moins de 15 secondes sur Internet. J'hésite vraiment entre le call et le raise (ou shove). Est ce que je peux m'envoyer en l'air aussi deep, dans une situation peut-être marginalement EV+ face à des joueurs sur lesquels j'ai un tel edge. Est-ce qu'il ne vaut mieux pas attendre un spot plus largement EV+ que celui-ci ? Oui mais, suis-je bien sûr que ce spot ne soit pas bien plus EV+ que je ne l'estime? Mon cerveau part dans tous les sens. Les 3h15 du matin n'aident sans doute pas. Je décide de caller. Je me dis au final que la turn m'apportera des infos supplémentaires sur les mains adverses. Je connais par coeur mes Italiens maintenant... Oui, mais est-ce que je peux me permettre de leur faire tirer une autre carte ici ? Tant pis, ma décision est prise. Je call. Je call donc et une Q apparaît à la turn. Flavio donk bet immédiatement 120 euros et Fetucini call en continuant son cinéma. Là, ça sent vraiment le pâté pour moi. Lorsque Flavio donk bet comme ça, c'est qu'il est systématique très fort. Et le cinéma de Fetuccini ne me rassure pas le moins du monde. Cette dame tape en plein dans le mile de leur range. Le seul avantage ici, c'est que la situation s'éclaircit pour moi. Le fold devient désormais l'option la plus raisonnable (si je call juste je suis obligé d'aller jusqu'au bout). Il faut que je me mette dans la tête que même face à des gros fishs, je peux être dans une situation de set over set. Oui, mais, quand même, ce sont des gros fishs... Tant pis je folde. Et là, pour tout vous dire, j'espère vraiment que les deux (ou en tout cas l'un des deux) sont énormes. Car je sais que si je folde ici la meilleure main et lâche potentiellement un gain de 1000 euros, je vais passer une bien mauvaise nuit... La river : 9. Flavio check aussitôt et Fetuccini l'imite. M**de, c'est pas possible ! Second rush d'adrénaline. Me dites pas que vous aviez moins bien que moi les gars ! Non, pas ça ! Avec un large sourire Flavio dévoile alors AT pour une ventrale touchée à la turn. Fetuccini, lui, a AK. C'est ballot, mais je ressens alors une légère euphorie à l'idée d'avoir pris la bonne décision à la turn et économisé 370 euros. Je note au passage l'instacall de Flavio au flop avec une telle main. Ainsi que son terrible check induce bluff à la river avec les nuts. Une horreur absolue qui lui coûte potentiellement beaucoup d'argent. Mais bon, Flavio est heureux, ça se voit et c'est l'essentiel. Nous nous souhaitons tous allègrement une buena nutti. Et laissons prostré sur la table le Queen Mary, c'est-à-dire une épave anglaise. Je rentre aussitôt dans ma chambre à pas feutré pour ne pas réveiller mes deux femmes. Après la joie d'avoir pris une bonne décision, j'éprouve progressivement un sentiment de plus en plus mitigé. J'ai quand même réussi à perdre 130 euros sur l'une des tables de poker les plus faciles du monde. Certes j'ai pris la meilleure décision au turn. Mais l'ai-je pris également au flop ??? Certes, mon estimation du range adverse était juste. Mais j'étais devant eux au flop et ai laissé passé potentiellement un gros pot car je sais que Fetucinni n'aurais jamais lâché son AK ici, même 250 BB deep. De toute façon, il ne sait pas ce que ça veut dire 250 BB deep ! Je me dis pour me consoler qu'en relançant au flop, Flavio aurait été tenté de me suivre avec sa ventrale et son A. Et m'aurait horriblement suckouté à la turn. Et là, je vis ce que beaucoup d'entre nous avons sans doute déjà vécu à plusieurs reprises. Allongé sur mon lit, je rejoue dans ma tête le coup des dizaines de fois et ressasse toutes les options possibles, les avantages et les inconvénients, etc, etc, etc... Bref, je ne m'endors pas avant 4h30 du matin. J'avais prévu de faire un break poker d'une semaine et de me détendre en famille, au soleil, sur un navire de croisière. Loin des cartes, des jetons, des bad beats... C'est réussi.
  4. Première soirée : LA 5e DIMENSION En direct du golfe persique, pour une semaine de croisière en famille. Après deux jours de plein soleil, il fait un temps pourri. J'en profite donc pour vous narrer mes aventures pokeristiques à bord du Costa Luminosa, dernier fleuron de la flotte de navires Costa Croisières qui, comme son nom l'indique, est une compagnie italienne spécialisée dans les croisières... Pour la première fois depuis bien longtemps, j'avais prévu de faire un break poker de huit jours. Pas de check/raise, d'induce bluff ou de bad beats au programme, mais plutôt la visite de Dubai, Abu Dhabi, Bahrein et consorts entre deux séances de jacuzzi et quelques cocktails colorés. Un programme soudainement chamboulé lorsque hier soir, je traverse le casino du bateau en tout bien tout honneur (si, si !). Coincé entre deux tables de black jack et une poignée de bandits machots, je vois de loin quatre Italiens bruyants (pléonasme)et gesticulants (tautologie), attablés à une table ovale qui me rappelle vaguement quelque chose. Mu par une curiosité légitime, je m'approche lentement et découvre qu'il s'agit d'une table de poker électronique. Diantre ! Je n'avais pas du tout prévu ce scénario. Sur le site Internet du bateau, j'avais évidemment vérifié au préalable la liste des jeux proposés au casino : machine à sous, black jack, roulette, stud poker... mais à priori pas de texas holdem. Je me renseigne immédiatement auprès d'un responsable du casino qui me confie que cette table a été installée il y a quelques semaines seulement. Caves minimum à 50 euros et maxi à 200 euros (blinds 1/2). Il est 23h sur le bateau (20h à Paris). Et ce serait pour moi une véritable faute professionnelle de ne pas m'asseoir à cette table. D'autant que je ne suis pas prêt de trouver le sommeil et qu'au programme de la soirée, c'est ça ou l'élection du Mister Costa croisière de la semaine. Mon choix est vite fait. Première déception, les quatre macaronis viennent apparemment de commencer et son tous cavés à 50 euros. Je ne suis pas prêt de rembourser ma croisière moi ! Il me faut deux-trois minutes pour me familiariser avec l'engin. Les mises, ainsi que la taille du pot, ne ressortent pas assez clairement sur l'écran principal. Lors des premiers coups, mes adversaires et moi-même nous approchons systématiquement du centre (là où se trouve l'écran principal qui affiche les cartes et les mises) en fronçant les sourcils pour certains, en remontant les lunettes sur le nez pour d'autres, comme si nous examinions à tour de rôle au microscope un spécimen rare de lombric local. Un rituel systématique qui dure facilement un quart d'heure. Est-ce en raison de la tronche d'ahuri que nous faisons tous à chaque fois que c'est à notre tour de jouer ? Toujours est-il que rapidement, un petit attroupement se crée autour de la tablée. Et en quelques minutes, trois autres Italiens nous rejoignent eux aussi. Deuxième déception : le rake semble atteindre 10% et j'ai un affreux doute sur le fait qu'il soit capé ou pas... Les coups commencent à s'enchaîner. Tant bien que mal. Et là, je rentre rapidement dans la cinquième dimension. D'abord parce que certains semblent découvrir le fonctionnement de la table électronique... mais aussi le jeu lui même. Du coup ça tâtonne, ça met trois plombes avant de miser et ça commet parfois quelques boulettes. Ainsi le dernier Italien arrivé, que l'on baptisera Penne Alarabiata pour la facilité du récit, appuie sur le bouton all in d'entrée (50 euros) au cutoff avant de se rendre compte de son erreur. De Small Blind, je découvre Q3o et décide lâchement de folder. Ce qui n'est pas le cas derrière moi de Fetuccini Alpesto, dont la paire de 22 viendra s'empaler contre le T7 adverse. Mes amis à table sont volubiles, le jeu est terriblement lent (surtout quand on a l'habitude de multitabler sur Internet) et à chaque tour, un joueur se fait sermonner par son compatriote parce que c'est à lui de jouer, mais qu'il ne s'en rend pas compte parce qu'il est en train de palabrer... Dans cette ambiance de carnaval vénitien, le jeu est très loose passif, à l'exception de Penne, qui tend à surjouer fortement ses mains (en gros, bottom pair = nuts). Parmi les personnages de cette commedia dell'arte, il y a d'abord Spaghetti Alacarbonara. Spaghetti a beaucoup de mal à cacher son jeu. Ainsi, lorsqu'il touche son brelan d'As à la river, il ne peux pas s'empêcher "d'eructer de joie" puis d'applaudir bruyamment. Le seul problème, c'est que ses deux adversaires dans le coup n'ont pas encore joué à la river avant lui. Quand il se rend compte de sa méprise, Spaghetti devient tout rouge (et est rebaptisé du même coup Alabolognaise), tandis que tous ses amis, morts de rire, le chambrent allègrement. Pas fous, les deux adversaires qui le précèdent checkent prudemment. Ce qui n'empêche pas Spaghetti, pourtant peu réputé pour son jeu agressif jusqu'à présent, de miser 40 euros dans un pot de 24 euros. Fold adverse et Spaghetti de montrer, bravache, un brelan d'AS kicker 8. Et la table de s'agiter aussitôt, chacun y allant de son commentaire, avec plein de mots qui finissent en "i". Il y a aussi Bruschetta. Le moins extraverti des joueurs à tables concourt avec Spaghetti pour le titre de Mister passif de la soirée. Il n'hésite ainsi pas à limper de Small Blind ses KK puis, quelque coups plus tard, à checker son full max face à trois adversaires. Un induce bluff terriblement viscelard... sauf que Bruschetta est alors au bouton et qu'il n'y a plus personne derrière lui... Il y a le clone de Flavio Briatore. Flavio a plusieurs atouts. Il est sympa et est soutenu derrière lui par une blonde voluptueuse, qui semble s'être fait opérer des lèvres par le même chirurgien qu'Emmanuel Béart (le professeur Delajoux ?), et qui vibre à chacun de ses exploits. Flavio a pour particularité de ne pas miser quand il n'a rien, de miser petit quand il a une petite main, de miser plus gros quand il a la paire max, et d'overbetter quand il a du très lourd. Il a également l'habitude de souffler de dépit quand il a raté son tirage ou quand il n'a pas de jeu, alors même que le coup se déroule. C'est assez déstabilisant au début. On redoute la ruse de sioux, le coup classique du mec qui veut faire croire qu'il est faible alors qu'il est fort. Mais non. Flavio a un métagame bien plus élaboré et joue probablement sur le fait qu'il sait qu'on sait qu'il sait qu'on sait, etc... Flavio montre tout simplement son dépit lorsqu'il n'a pas de jeu. Mais si d'un seul coup, Flavio se tait, s'avance de 50 centimètres sur la table, grandit d'autant de centimètres... alors là méfiance ! Enfin, il y a Tortellini Alpomodoro. Pas grand chose à signaler au sujet de Tortellini à part ses lunettes vertes et le fait qu'il soit sans doute un précurseur dans le milieu du poker. Tortellini a en effet inventé un nouveau concept : le donk bet fold, qu'il pratique assidûment, face à un ou plusieurs joueurs. Tortellini n'hésite pas non plus à folder preflop de Big Blind lorsque ses adversaires ont tous limpé. Sans doute se méfie-t-il du rake exorbitant prélevé à la table, et préfère-t-il en payer le moins possible... De mon côté pas grand chose à signaler lors des deux premières heures. Je monte à 250 euros avant de redescendre à 170 euros, frappé de plein fouet par la ventrale backdoor de Spaghetti Alabolognaise. Spaghetti est finalement assez redoutable et m'outplay à au moins trois reprises. Non sans une certaine cruauté. Comme lorsque face à 5 limpers, je découvre T8 de Big Blind et opte peu courageusement pour un limp. Petit pot-pourri - au sens propre et figuré - d'une soirée. Le flop 43T rainbow m'oblige à fébrilement donk better 8 euros dans un pot de 12. Sans doute conscients de ma fébrilité, quatre de mes adversaires instacallent aussitôt. Le flop, un 5, me donne un véritable haut-le-coeur. Je pressens aussitôt que Bruschetta a touché ses 2 paires avec son 53o et que Penne a eu ce qu'il voulait : sa quinte avec son 62o. Blême, je check illico, imité par mes quatre Italiens. Un silence pesant s'installe à table... La river, un J, n'arrange pas mes affaires. Tout le monde check à nouveau et Spaghetti s'adjuge ce family pot avec son terrible J6. "Bravvvoo, bravvvoo", le félicite sportivement Penne, qui finalement n'avait pas touché sa quinte. Sur le coup, j'avoue ne pas comprendre. Pourquoi Spaghetti m'a-t-il payé au flop en deuxième position dans un pot à six joueurs avec J6 ? Mais après une courte réflexion, tout s'éclaire : Alabolognese ne pouvait folder une telle main alors que le probable call de toute la table derrière lui donnait une belle cote pour toucher sa backdoor quinte. Sans oublier, que le Valet, une overcard, pouvait toujours s'avérer décisif ! Même redoutable, Spaghetti allait pourtant se faire destacker peu après sur un board QAT97 (dont trois coeurs) en callant avec A3 et plusieurs joueurs dans le coup le trois barrels de Tortellini, lequel détenait AJ... Les Italiens se destackent mutuellement dans un combat sanglant, où la ventrale touchée (ou pas) fait souvent la différence au final. Sur les coups de 1h30 du matin, Tortellini, grand gagnant de la soirée, décide de nous quitter de son plein gré (les autres, eux, n'avaient pas choisi) et je me retrouve à table face à deux joueurs : Flavio plus un Espagnol, qui s'était installé peu avant. Entre temps, je suis remonté à 202 euros pour un bénef de 2 euros et un gain horaire de 80 centimes de l'heure. Mais comme disait mon grand père, il n'y a pas de petit bénéfice. Le combat est âpre et il n'y a pas de temps perdre. Le rake rode autour de nos stacks respectifs, tel un vautour autour de sa proie. Et c'est encore plus flagrant à 3 joueurs ! Mes deux adversaires discutent. L'un parle en Espagnol et l'autre répond en Italien. Ils semblent très bien se comprendre. J'essaie de m'inviter dans la conversation dans un mélange de Français-Anglais qui laisse mes deux amis apparemment perplexes. Flavio me toise, sourcil levé, et me lance : "No capito !". J'avoue être désarçonné. Pourquoi donc, sur les coups de 2 h du matin, Flavio se sent-il obligé de me confier qu'il n'a pas vu le Capitan, un film d'André Hunebelle avec Jean Marais et Bourvil ??? Certes, j'aurais pu tenter de m'exprimer en Espagnol, puisque c'était ma deuxième langue au lycée. Mais le 5 que j'ai pris dans la face à l'oral du Bac m'a totalement complexé vis-à-vis de la langue de Cervantes. Enfin bref, le combat à trois, lui, continue. A 2h17 AM, j'inflige un terrible set up au valeureux Flavio. Sur un board 3546, les tapis volent. Flavio a K7 moi 78. J'ignore si Flavio m'a invectivé à ce moment-là. Mais une suite initerrompue et indiscernable de mots finissant par "i" se sont échappés de sa bouche pendant une bonne dizaine de secondes. Seul un mot finissant par "o" s'intercalant de temps à autre ("vafenc**o ?"). Flavio se lève alors non sans une certaine dignité et nous souhaite, l'Ibère et moi, "una buena nutti", bras dessus-dessous avec sa supportrice n°1. L'oeil grivois, je ne peux alors empêcher de penser qu'il rentrera dans sa chambre avec une grosse paire en main. Reste l'ultime combat, pas le plus facile, face à l'Espagnol. Antonio à encore 75 euros devant lui. C'est sans doute le meilleur joueur de la soirée car il est plutôt imprévisible, à fortiori en Heads-Up. L'avantage, c'est qu'il croit que je le bluffe tout le temps. Il me faudra tout de même prêt de 3/4 d'heure pour venir à bout de ce jeune homme au catogan et au teint hâblé. Petite précision : avant ce heads-up final, j'avais 260 euros à table. Après avoir destacké mon adversaire, je culmine à 261 euros. Conclusion : j'ai lâché 74 euros en rake pendant ce laps de temps ! Il vaut donc mieux avoir un sacré edge sur son adversaire en HU et un minimum de profondeur de tapis pour que ça soit rentable sur ce genre de tables. Question : Est-ce que j'y retournerai ce soir ? Bah... c'est ça ou soirée bingo...
  5. Le temps passe vite (je n'ai pas trouvé plus original comme phrase d'intro). Il y a 10 ans, je narrais ici-même mes aventures pokeristiques à bord du Costa Croisière. Je viens juste de les relire et ne résiste pas au plaisir de vous rebalancer ci-dessous ces quatre soirées inoubliables via un nouveau thread. Si d'ici-là Donald Trump n'a pas appuyé sur le bouton, je vous pondrai de nouveau un thread dans dix ans...
  6. Le jubilé de Bobilovic

    Tu restes là-bas combien de jours encore Bobi ? Parce que je voudrais pas que tu finisses coulé dans du béton...
  7. Poker et vie de couple

    T'es tombé sur une chieuse. Change de "cercle" pendant qu'il est encore temps...
  8. J'arrive un peu après la bataille (une de mes grandes spécialités) et ai suivi toute cette histoire de loin. Mon humble avis - lequel n'a pas changé malgré ce résultat récent - est que les meilleurs joueurs feront encore pas mal de résistance face aux meilleurs programmes et autres bots en NL Holdem. Pour une raison essentielle : avant d'être un jeu de stratégie et un jeu mathématique, le NLHE est avant tout, surtout, d'abord et essentiellement un jeu mental et un jeu d'adaptation. En d'autre terme, c'est un jeu où le QE (quotient émotionnel) est plus important encore que le QI, la puissance de calcul et autres capacités analytiques. C'est d'ailleurs, probablement, l'une des raisons pour lesquelles aucun des meilleurs joueurs d'échecs au monde n'a cartonné durablement au poker. Ce qui fait la différence dans ce jeu de m.., pardon dans ce jeu si passionnant et populaire, c'est moins nos capacités stratégiques (lesquelles ne sont pas négligeables pour autant) que nos capacités d'adaptation et de résistance mentale. Pour schématiser, au poker, il vaut mieux être un stratège moyen avec un très bon mental qu'un très bon stratège avec un mental moyen. Sur le long terme, c'est le premier qui fera a différence. L'idéal étant évidemment d'être le meilleur possible dans les deux domaines... Entre les meilleurs joueurs, ce qui fera la différence en terme de winrate, c'est tout ce qui a trait au metagame. Mais c'est aussi la résilience, la capacité à encaisser les coups durs, à jouer durablement son A game, à ne pas tilter. Face à l'intelligence artificielle, l'homme n'a strictement aucune chance pour tout ce qui a trait à la puissance de calcul, l'aspect mathématique et stratégique du jeu. Idem en ce qui concerne la résilience et la capacité à jouer son A game en permanence. L'IA est un monstre froid qui ne connaît pas le tilt, ne ressent pas la frustration, l'impatience, l'injustice et qui ne sera jamais agacé par sa copine parce qu'elle lui a demandé de descendre acheter une baguette juste après avoir pris dans la face un énorme bad beat. Bref, l'ordi lui, joue toujours à son meilleur niveau possible et ne commet a priori pas d'erreurs de calculs. Manque de bol pour nos amis les microprocesseurs (et heureusement pour nous), il y a un domaine où l'humain conserve encore un assez net avantage. Cerise sur le gâteau, c'est sans doute, avec la résilience, la qualité la plus importante au poker. On appelle cela L'EMPATHIE. Dans ce domaine, tous les meilleurs superordinateurs de la planète ont encore pas mal de progrès à faire. Le jour où une IA pourra faire preuve de la même capacité d'adaptation, de la même créativité, de la même capacité à se mettre à la place d'autrui ou à optimiser le metagame, ce sera fini du genre humain. Ce n'est pas encore le cas. Car ce qui fait la force de l'ordi au poker est aussi sa faiblesse : l'ordi n'a pas de sentiments, il ne ressent rien. Pour le dire autrement, le jour où une Intelligence Artificielle aura un sens de l'humour supérieur aux homo sapiens les plus drôles (Anne Roumanoff par exemple), les joueurs de poker pros onlines pourront illico changer de boulot ou bifurquer vers les cercles et autres casinos... S'agissant plus précisément de ce duel Libratus-humains, il me semble quand même très discutable. Pour au moins trois raisons : 1/ D'après ce que j'ai pu comprendre, Libratus met trois plombes à jouer. Apparemment, il lui arrivait de réfléchir plusieurs minutes avant de prendre sa décision. C'est juste grotesque et je me demande bien comment on a pu accepter cela ! Cela ne correspond absolument pas au rythme de jeu tel qu'il existe online où qu'un type normalement constitué peut encaisser sans que ça n'entame sa concentration et donc son A-Game. Perso, si j'affronte un fish qui tank une minute preflop, puis une minute au flop, à la turn et à la river, je vais sit out au bout de trois mains. Ou alors, il faut vraiment que ce soit la quiche du siècle et qu'il y ait pas mal de pepettes en jeu ! Vous en connaissez beaucoup vous des joueurs normalement constitués capables d'accepter un rythme de jeu aussi lent sans allumer leur télé pour foutre Columbo sur TV Breizh, sans lire l'Equipe et leurs mails en même temps, tout en ouvrant Pornhub dans une petit fenêtre, histoire d'installer une petite ambiance tamisée dans la pièce ??!! Bref, sans perdre le fil du jeu et se concentrer sur autre chose... Pour moi, même le supplice de Tantale ou un concert live de la Castafiore ressemble à une aimable plaisanterie comparés aux conditions de jeu qu'on dû se coltiner nos quatre cobayes. 2/ Y a un autres gros problème dans cette histoire. C'est que notre Libratus se faisait visiblement aider tous les soirs par des joueurs de poker en chair et en os pour l'aider à résoudre ses faiblesses et à mieux s'adapter. Ce qui du coup fausse complètement le duel. Ce n'est plus un duel entre l'homme et la machine mais plutôt entre l'homme et la machine aidée par l'homme. Ce n'est plus du tout pareil ! 3/ J'ai tout de même un gros doute sur le fait que les quatre joueurs sélectionnés fassent parties de la crème de la crème en HU. Le poker a ceci de singulier par rapport aux autres sports ou jeux : un débutant peut battre le meilleur joueur du monde (sur le court terme). Et les meilleurs joueurs ne sont pas forcément les plus célèbres ou les plus médiatisés... Enfin, pour nuancer encore un peu plus le résultat final : un humain donnera plus facilement le meilleur de lui-même et jouera plus aisément son A-game en risquant son propre argent plutôt qu'en play money... Jouer au poker en play money, c'est un peu comme jouer au golf sans trou ou au tennis sans filet. On enlève un élément fondamental du jeu... et pas mal d'intérêt du coup. Pour conclure ce pavé indigeste, il me semble que 5 conditions devraient a minima être réunies pour que ce type de duel soit crédible et représentatif : 1/ L'ordi doit adopter un rythme de jeu équivalent à ce qui se pratique habituellement online. Quelques secondes par coup, avec possibilité d'utiliser ponctuellement le timer. 2/ Aucune aide humaine extérieure pour l'IA. 3/ Idéalement, un duel sur 500 000 mains (comme le détaille ALex Luneau dans un récent et excellent article, la variance peu être énorme, même sur 100 000 mains... https://www.winamax.fr/blog_team_blog-pour-une-saine-approche-de-la-variance-30072?param=blog-pour-une-saine-approche-de-la-variance-30072). Le tout face à 10 joueurs pour avoir un sample plus significatif. Et des temps de jeu raisonnables pour que ce soit supportable pour un humain. 4/ On joue 100 BB deep au départ, la profondeur de base online. Si le jeu devient trop deep (par ex 500 BB), on ouvre une nouvelle table. Les meilleurs humains ont une connaissance stratégique bien plus limitée du jeu ultra deep car ils le pratiquent rarement. 5/ On choisit les meilleurs winrates onlines en NL2000 ou NL1000 pour sélectionner les meilleurs joueurs humains. Ce qui était plus aisé du temps où feu PokerTableRatings sévissait encore. Mais bon, peut-être que les rooms ont ça en magasin... Bon, je vous laisse, de toute façon tout le monde s'en fout et Columbo va commencer. PS : pour Anne Roumanoff, c'était censé être de l'humour...
  9. Le well d'Olivierp

    Je viens de tomber sur ton thread Olivier, c'est bien sympa à lire. J'ai souvent eu envie de faire ce que tu fais actuellement à Vegas sur une longue période (genre une demi-journée au golf, une demi-journée à la poker room), mais j'ai deux problèmes fondamentaux : 1/ Je me connais, je crains de ne pas tenir plus d'une semaine seul là-bas, loin de ma famille, mes amis et mon chien... 2/ J'ai du mal à tenir 2 heures à une table de poker live (j'ai atteint péniblement 1h45 il y a quelques jours à Clichy). Même si l'ambiance à table aux USA doit être globalement plus sympa à vivre qu'à Paris, il y a aussi cette sensation - quand tu multitables online depuis des années - que le poker live c'est un peu comme se taper "Les Dix Commandements" à la télé ou rouler en heure de pointe sur le périph. put**n que c'est long ! La plupart du temps, ça n'avance pas et tu t'emm**des... Si je calcule rapido ton rendement aux tables depuis 75 heures (ce qui commence à faire un échantillon représentatif), tu dois gagner 133 $/ heure. Pas mal, même ma femme de ménage ne gagne pas autant... La question que j'ai envie de te poser du coup, c'est : Estimes-tu, jusqu'à présent à vue de pif, avoir bien runné, mal runné, ou runné normal ? Quoi qu'il en soit, je te souhaite un gros GL pour la suite. Et tu me donnes quand même bien envie de faire comme toi prochainement (il faut juste que je me trouve un partenaire de tennis, et éventuellement de golf sur place, car il me faut des doses régulières, c'est juste une question de survie...)
  10. Tu n'as pas tort. J'ai vérifié, mais la phrase semble bien authentique (Machiavel écrivait en latin ou en florentin je ne sais plus, et les traductions ne sont pas toujours ultraprécises). Après, je le lis plutôt dans le sens : le hasard, la chance a une influence prépondérante (majoritaire) dans nos vies, nos actions... mais le reste n'est pas négligeable. Sinon, pour une autre thématique, j'aime bien aussi cette phrase d'Oscar Wilde : "Je peux résister à tout, sauf à la tentation". Je perçois bien dans quelle situation de jeu elle pourrait s'appliquer... :-) Mais bon, c'est un peu trop tard maintenant pour la rajouter, il y a déjà eu pas mal de votes.
  11. Et moi qui croyait naïvement que c'est le golfeur Arnold Palmer qui avait eu l'idée de cette phrase ("Plus je travaille, plus j'ai de la chance")...
  12. J'ai compilé une quarantaine de citations de philosophes ou d'écrivains pour la plupart, lesquelles avec un peu d'imagination peuvent se rapporter, de près ou de loin, au poker ou aux joueurs de poker. Laquelle de ces citations vous paraît toucher le plus juste, vous semble parfaitement appropriée à ce jeu de m..., pardon à ce jeu si subtil et passionnant ? Votez !
  13. Ginola, le poker et moi

    Je ne poste plus beaucoup mais pour fêter mes bientôt 10 ans sur club poker, voici ci-dessous le CR de ma rencontre avec l'idole de mes 20 ans. D'autant qu'on parle aussi poker... Avec évidemment les photos en cadeau. Bonnes fêtes à tous !
  14. Nl 1000 , Spot de thin Value river .

    Pas d'option et fold préflop utg... De rien.
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