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Introl

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Blog Entries posted by Introl

  1. Introl
    Bon, on ne m'y reprendra plus !

    A chaque fois que je pars pour Vegas, je le fais savoir haut et fort, en promettant moults compte-rendus et autres bonus. Et à chaque fois c'est la même chose : ça commence bien, puis ça finit en fiasco. Parfois pour des raisons indépendantes de ma volonté (apn reflex niqué dans une tempète de sable), mais la plupart du temps juste par fainéantise / envie de faire chi**.

    Donc rien de tout cela pour mon prochain voyage. Je ne vous promets rien, si ce n'est de ne rien faire.
    Il sera ainsi plus facile de vous donner quelque chose qui ira probablement du très succint (même si peu de chances) au super TR report accompagné de dizaines de photos, vidéos et csb (aucune chance). La vérité se trouvera quelque part entre les deux, et seule ma volonté voudra bien m'autoriser à bouger le curseur dans un sens ou dans l'autre.

    Pour ce Vegas n°9 ou 10, je ne sais plus, je ne compte plus, je me faisais une joie de pouvoir m'y rendre pendant les WSOP et y disputer deux ou trois tournois. Tous les voyants étaient au vert, et le programme était alléchant : une vingtaine de jours de vacances en solo, un road-trip de Vancouver à Vegas en 3-4 jours, Le Colosseus et Monster Stack + tournois de séries annexes au Binions, Golden Nuggets, Venetian, Caesars...

    Tout était bouclé, le budget confortable, les hôtels bookés, quand évidemment, à J-12 du départ... patatras ! Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je me suis encore bien fait niquer. Gérer une entreprise (et des salariés qualifiés) ce n'est pas simple. Surtout quand l'entreprise est petite et qu'un des salariés en question décide de se barrer. C'est la deuxième fois en 3 ans que la situation se présente, à l'identique, et à la même période de l'année...

    Donc une fois de plus, sauf gros miracle, ce ne sera pas pour cette année.

    On se consolera avec une petite semaine en octobre, inamovible celle ci.

    Mais bon, je ne promets rien...
  2. Introl
    Après deux nuits de respectivement 3 et 5 heures, je décide de bien recharger les batteries et coupe mon réveil afin de me réveiller naturellement, ce qui sera fait vers 11h.
    Je prends mon temps pour glander un peu dans la chambre, prendre un bain, me commander une pizza si grande que j'aurai déjà du mal à en finir la moitié...

    Je décolle finalement a 14h, avec pour objectif de filer directement à l'Orleans, mais en passant devant la PR du Flamingo je répète une table qui a l'air bien vivante : ça parle fort, ça rigole, bref le genre de table qu'on aime ! Deux places sont libre, je m'installe donc.

    Que des touristes entre 40 et 50, ainsi que des papys mamies locales.
    Je suis le plus jeune à la table, ça fait peur !
    "Comment tu t'appelles ? Tu viens d'où ? Tu fais quoi comme boulot ? T'es marie ? T'as des enfants ? pourquoi tu joue ici, les petits jeunes ils jouent à l'Aria ou au Venetian, c'est quoi ta et marque préférée de protection contre l'incontinence et blablabla et blablabla ça n'arrête pas pendant deux heures...

    Je partirai finalement avec +$190 (+ l'equivalent de $40 en jetons de 5 pour me faire un cadre Flamingo), sans aucun coup marquant à raconter. Que des petits coups, des petits vols, de la value quand l'occasion se présentait, deux-trois bluffs bien crédibles... Bref du grind a la papa quoi !



    Direction l'Orleans finalement ou j'arrive vers 16h30. Je register directement pour le tournoi du soir. Comme je l'ai souvent dit dur les threads dédiés, si vous êtes sûr Vegas un vendredi soir, vous DEVEZ jouer ce tournoi !
    Car c'est tout simplement celui qui offre la meilleure value et une des meilleurs structures. Buy-in de $125, 250 joueurs en moyenne, entre $6000 et $7000 à la gagne. On démarre avec 12.500 jetons et c'est assez turbo sur les 4 premiers niveaux, qui correspondent à la période de late reg (le plus souvent une liste d'alternate) et de re-entry : 50/100, 100/200, 150/300, 200/400 avec des niveaux de 20 minutes.
    Mais ensuite, après la première pause, les niveaux passent à 30 minutes et la structure devient bien smooth.

    C'est Joolyz du forum, pote de Calouminou, qui''avait branche sur ce tournoi il y a 3 ans, et je le remercie encore aujourd'hui, même si je n'y ai encore jamais fait de place payée. Cela m'a permis aussi de découvrir une room dont je ne soupçonnait même pas l'existence, et qui propose des tournois en Variantes : du PLO, PLO8, HORSE, ROSE ... Du bonheur pour les amateurs. J'y avais fait une deuxième place sur une soixantaine de joueurs sur le $100 HORSE il y a deux ans ce qui m'avait rentabilisé le voyage en plus de me procurer un énorme kif tout le long du tournoi.

    Un mot sur la room en elle même :
    Avec ses 40 tables elle est énorme, sans aucun doute la plus grande off strip. Le floor est super agréable et professionnel, les croupiers sont très bons, rapides et souvent très drôles ils tiennent leurs tables très actives sans temps morts et cela contribue vraiment au plaisir que l'on prend à jouer ici.



    Je trouve donc une place en 1/3 et vais en 90 minutes realiser ce qui sera jusqu'alors ma plus grosse session du séjour en terme de gains.
    La table est très active, un peu gamblish, et personne n'a peur de pousser les jetons.
    C'est bien, je suis un peu dans mon élément puisque c'est toujours la même configuration à
    Vancouver.

    Je gagne quelques pots, recrache les gains, remonte d'une centaine, descend de 150,bref mon tapis fait le yo-yo mais je parviens finalement à doubler en rentabilisation bien mes Top 2 paires flopées.

    Puis arrive LE coup.

    J'ai un peu plus de 600 devant moi et ouvre UTG+1.
    Comme la table est très active, avec un énergumène notamment au cutoff qui joue 100% des coups et relance systématiquement les pots non ouverts en position, je tente ma chance de slowplayer ma main et limpe. Tout le monde fait de même jusqu'à notre ami qui fait 33. Le bouton et la SB paient et lorsque la parole me revient je me sens un peu piégé : si je me contente de caller je verrai un flop avec au minimum 3 autres joueurs, mais plus certainement 6 ou 7.

    Mais d'un autre côté si je place un gros raise ma main va devenir évidente et je risque de simplement gagner ce qui est déjà au milieu, soit environ $120.

    Je decide finalement pour un min-raise à 63. Suffisant pour faire passer les limpers, mais peut-être matière à induce de l'action chez OR. La première partie marche comme prévu, tout le monde jette, mais hélas le CO se contente de payer. C'est alors que SB envoie son tapis pour environ 350.

    Bon, y'a suffisamment à prendre désormais, je push mon tour et suis insta-call.
    Le pot fait $1600 et je prie alors pour ne pas voir d'as sur le board. Seule une Dame me donnera quelques sueurs froides tant QQ est tout à fait plausible chez l'un des deux, mais ils Muckent finalement lorsque je retourne mes rois.



    Je me lève une vingtaine de minutes plus tard pour aller manger un bon New York strip à la Steakhouse du Casino avant le tournoi.

    De retour une petite heure après, et à 3 minutes du début du tournoi, l'horloge annonce près de 200 joueurs inscrits. Avec les late registration et les re-entries on ne devrait pas être trop loin des 250.
    Le chiffre final sera finalement de 239 entries, pour 25 places payees et $6000 pile a la gagne.

    Mon portable etant tombe en rade de batterie, je n'ai pas pu prendre de notes, et comme ma memoire a tendance a tout melanger lorsque j'enchaine pas mal de sessions en quelques jours, je ne vais pas trop pouvoir rentrer dans les details. J'ai double des le premier niveau avec AA contre JJ sur un baby flop, puis destacke un autre gars avant la premiere pause avec une quinte max floppee qui a tenu face a un flush draw.

    Je traverserai le tournoi en roue libre, ayant toujours un stack largement au dessus de l'average, mais finirai par sortir suite a une mauvaise rencontre lorsqu'a 35 joueurs left mon KK se heurtera aux as chez le seul mec qui me couvrait a la table, pour un pot monstrueux de trois fois la moyenne.

    Il est pas loin de deux heures du mat lorsque je rentre au Flamingo.
    Demain c'est une journee sans poker, et il va falloir se lever tot.

    Au programme du Day 4 :
    Traversee de la Death Valley, L'Atelier Robuchon, Penn & Teller
  3. Introl

    Après cette première journée bien fructueuse, c'est en pleine forme que je me réveille vers 9h, avant même que le réveil ne sonne.
    Je craignais devoir check-out à l'arrache mais je vais finalement pouvoir prendre mon temps. L'occasion de commencer à bosser sur mon CR du premier jour.

    Puis à 11h00 direction les outlets sud. Je préfère ceux du nord, mais comme je n'ai besoin que d'un petit truc en vitesse, je sais qu'au sud ce sera désert à cette heure ci.
    Et puis ça me fait deux fois moins de distance à parcourir.

    Arrêt rapide chez Perfumania donc, car je suis à sec. Grâce à la promo "un acheté le deuxième à $9.99" je repartirai avec deux flacons de 100ml de Burberry pour $80 taxes comprises.
    Je ne m'attarde pas car j'ai prévu de repasser plus longuement samedi, et prends la direction du Palm's pour faire débloquer mon téléphone. Ça prend 3mn montre en main, et retourne chez Pasta Mia juste à côté pour le Lunch. J'opterai cette fois-ci pour un plat de viande, un chicken parmigiana (poitrine de poulet légèrement panée recouverte de sauce tomate et gratinée à la mozzarella). Une tuerie bien évidemment, toujours accompagné d'une soupe, d'un pain à l'ail et d'un café, et le tout pour $11.99
    Repu, je me dirige vers le Bellagio pour un peu de CG.

    J'avais lu de nombreux commentaires sur l'attitude parfois un peu hautaine du floor, de la longueur des files d'attente et du manque d'espace entre les tables, mais j' ai été plutôt agréablement surpris du contraire. Les tables sont suffisamment espacées pour permettre une bonne circulation, le préposé à été super sympa, et bien que 8eme sur la liste une nouvelle table à immédiatement été ouverte.
    Tout le monde cave max (300) et je fais de même. Dès la première main je touche mon set de 3 (spéciale dédicace Coltrane, mais c'est vrai que je run comme jésus de ce côté là depuis la veille). Mais je me fais déstacker. Tout part sur le flop, je montre mon set, il retourne 88 et fera straight sur 53746.

    Je reload, et parviendrais à ne remettre un peu à jeu en deux mains consécutives :

    Une option à 6 est payée 4 fois, je raise à 22 au bouton avec KQ, un caller.
    Flop AAJss, check, je cb 30, payé
    Turn K, check, je check behind
    River 7, check, je value 40, payé par QJ

    La main immédiatement suivante, option encore, payée cinq fois. Je fais la même raise à 22 du CO avec KK, suis payé deux fois avant qu'un papy pousse 130 et tapis. Je push a mon tour fold des deux, et ça tient contre AKs

    -
    Je me lève au final au bout de deux heures avec ma première perte du séjour,-$60.
    Il est 16h30, l'heure de check-in au Flamingo et la queue au registration desk est interminable. Heureusement, comme j'ai réservé directement sur le site de l'hôtel, il me suffit de contourner le desk et de rentrer mon numero de reservation dans une des bornes prevues a cet effet pour immediatement recevoir les cles de ma chambre. 3 minutes chrono !

    Je retrouve la GO Room telle que dans mes souvenirs de 2009, vraiment tres agreable chambre, sans fioritures excessives mais dans la top range pour ce budget. J'ouvre les rideaux pour decouvrir ma vue, et la premiere impression est une petite deception, car ce n'est pas une strip view, ni meme une garden-pool view, mais une side avec une vue imprenable sur le Bally's. Mais en m'approchant un peu je decouvre alors la tour effeil, le Cosmo et... le Bellagio et ses fontaines sur un bon 2/3 de leur largeur.

    Je posterais bien une photo mais les reflets et contre-jour ne donneraient rien. Ce sera par contre dans la video du Day 2.

    Je prends mon temps pour deballer mes affaires, assister a un show des fontaines allonge sur mon canape, prendre une bonne douche et terminer le CR du Day 1.

    Vers 18h30, je prends la direction du Mirage. Car ce soir, all I need is



    Je recupere mes billets pour la seance de 21h30, puis vais m'asseoir un peu en CG pour patienter, une session d'environ 90 minutes dont je sortirai gagnant de $100 tout pile.



    Pas de coup particulier a raconter, mais au niveau de la peuplade qui hante cette PR (tout comme celle du Flamingo, a peu pres equivalente) on est clairement loin de ce que j'ai pu rencontrer a l'Aria, au CP ou au Bellagio... La moyenne d'age doit avoisiner la cinquantaine et avec mes bientot 37 ans je dois etre le second plus jeune de la table. Beaucouo\p de monde se connait et a ses habitudes, ca parle beaucoup, chaque nouvel arrivant inconnu est bombarde de questions, ca chambre, ca deconne, les croupiers s'en melent... bref, on ne voit pas le temps passer. Et le niveau est tres, tres soft, que demander de plus ?

    21h je quitte tout ce petit monde et vais m'installer dans la salle pour le spectacle. Je suis super bien place, au premier rang de la deuxieme section, en plein milieu. Meme un peu trop bien place en fait, car la forme de la scene (centrale et en croix) et le nombre d'artistes - parfois une quarantaine sur le meme numero- fait qu'il est souvent difficile d'apprehender le tableau dans son ensemble. Je pense que les meilleures places sont parmi les moins cheres, dans les premiers rangs de la troisieme section.



    Le show en lui meme est magnifique bien sur, avec deux troupes bien distinctes : les danseurs et les acrobates, les tableaux alternant entre l'une et l'autre.
    Mais comme je le disais precedemment, c'est souvent difficile d'apprecier les numeros lorsqu'il y a trop de monde, on ne sait pas trop ou donner de la tete tant ca part dans tous les sens.

    C'est pour cette raison que les tableaux que j'ai prefere sont egalement les plus intimistes, lorsque le nombre d'artistes sur scene n'excedait pas les 5 ou 6 : les trapezistes de "Something", les patineurs de "Help", l'acrobate soliste de "Lucy", et les rainboots beat box et la choregraphie des lumieres sur "Come Together".

    Pas le meilleur spectacle que j'ai vu donc, O reste insurpassable pour l'instant, mais c'est vraiment du tres bon, et j'ai ete bluffe par tout l'aspect technologie "invisible" : filins de securite avec arret au centimetre, rails mecaniques de support, scene modulable hydrolique... bref, ca a du leur couter bonbon tout ca.

    Retour au Flamingo pour une petite heure de CG (+$33) et au lit !

    Au programme du day 3 :
    Le meilleur weekly tournament de Vegas se trouve à la Nouvelle-Orleans, monster pot et deep run.
  4. Introl
    C'est donc en ce premier jour de l'annee 2014 que je me leve aux aurores pour mon sixieme trip en direction de Sin City en 4 ans. 6h30 ca pique un peu lorsque l'on a passe la soiree du reveillon entre amis, meme si j'ai l'avantage de ne pas etre fetard et de ne pas boire.

    Rituel habituel : 10 minutes de marche jusqu'au Skytrain, le metro de Vancouver, 10 autres minutes pour le trajet jusqu'a l'aeroport, qui ne grouille pas de monde en ce matin du premier janvier.
    Check-in express, on chatte un siege hublot cote droit de l'appareil (vue imprenable sur la ville et le strip lorsque l'on arrive du nord, apres avoir contourne le mont Charleston).

    Et la bonne etoile continue : on decolle avec 5 minutes d'avance, et le pilote nous annonce qu'en raison du trafic aerien reduit pour cause de premier janvier, on est autorises a prendre la ligne droite et que l'on arrivera donc par consequent a destination avec pas moins de 40 minutes d'avance sur l'horaire previsionnel.

    2h03 de vol donc, de porte a porte. Record battu !

    Arrivee a Mc Carran et recuperation encore une fois tres rapide des bagages puisque ma valise arrivera dans les toutes premieres sur le Carousel. Pour les moins chanceux, qui veulent passer le temps en attendant leurs affaires, des bandit manchots leur tendent les bras.

    On se dirige vers le shuttle pour le Vegas Rent-a-Car (le hub ou sont regroupees toutes les compagnies de location de voitures) et encore une fois la chance est de la partie puisqu'une navette est sur le point de partir.

    Personne au comptoir chez Alamo, alors que Thrifty, Budget et Enterprise sont bondes. J'avais reserve la voiture la moins chere, une compacte, tout en sachant tres bien que j'avais peu de chances de repartir avec. En effet, le parc vegasien sur cette categorie de vehicule est tres reduit, et les compagnies sont la plupart du temps a court de stock, d'ou un upgrade quasi-systematique.

    Bon la, comme c'est ma journee de chance l'upgrade sera carrement de 3 categories puisque l'employee me proposera d'emblee un upgrade en full size pour le meme prix ($18/jour). Je demande si elle a une japonaise de dispo et elle m'annonce que j'ai de la chance (sans dec ?) car une Hyundai Sonata Hybride m'attend.

    En plus de sa ligne franchement agreable, les sensations au volant sont assez dementes. Le silence surtout, lorsque l'on roule a moins de 35mph fenetres remontees, radio et clim coupees. C'est bien simple, on n'entend pas le moindre son !
    Le principe de l'hybride : en ville donc, lorsque vous roulez sous les 35mph (environ 55km/h), la voiture est alimentee par la batterie. Le carburant classique prend le relais lorsque vous roulez plus vite, tout en rechargeant la batterie. L'essence n'est deja pas chere ici, environ $0.8 par litre, mais en plus l'aiguille de mon reservoir pointe toujours au dessus de "Full" apres deux jours et une centaine de kilometres parcourus.

    Un petit arret au Fry's pour m'acheter une carte memoire pour ma micro-camera, et je reprends l'I15 plutot que le strip jusqu'a Flamingo Road. Juste apres le Palm's dans un petit mall se trouve un magasin d'electronique qui pourra me debloquer mon telephone pour une bouchee de pain. Mais, seul beat de la journee, j'avais oublie que l'on etait le 1er janvier et que par consequent la boutique avait toutes les chances d'etre fermee, ce qui etait le cas.

    Par contre le super resto italien Pasta Mia, juste a cote, et qui a si souvent ete vante par Benjo -a juste titre- est ouvert, et comme il est 14h30 nous sommes toujours en configuration Lunch (aka tres pas cher). Pour la modique somme de $12.99, j'aurai le droit a une soupe, un pain a l'ail et a l'huile d'Olive qui dechire sa mere, une platree gargantuesque de Fettucines aux St Jacques (d'une fraicheur incomparable), et un cafe ! Moi j'appelle ca du vol (enfin dans l'eutre sens hein, c'est moi le vilain), mais comme je suis poli je ne dis rien...



    Apres cela, et l'estomac bien rempli, je prends la direction de East Harmon Street pour check-in au Rumor Hotel, juste en face du Hard Rock, pour ma premiere nuit. En effet, si j'ai pu avoir un deal imbattable au Flamingo pour une GO Room pour le reste de mon sejour, la nuit du premier janvier coutait a elle seule plus cher que les 4 suivantes. Je me suis donc rabattu sur une qualite moindre, quoique tres correcte pour le prix ($50).

    J'en profiterai pour recharger les batteries (au propre comme au figure) en m'accordant une petite sieste de 2h suivi d'une bonne douche revigorante. Il est ensuite l'heure de ma premiere partie de Poker, car a la base je viens quand meme un peu pour ca. Sur la route j'hesite longuement entre un demarrage pepere au Flamingo ou bien tester le Bellagio pour la premiere fois. Finalement je prendrai la troisieme option : l'Aria pour une heure de CG suivie du tournoi daily de 19h.

    Arrive sur place on m'informe qu'exceptionnellement il n'y a pas de tournoi aujourd'hui. Je m'installe donc a une table de CG ($1/$3) qui se revelera etre un pur bonheur. 2 bons joueurs seulement, et au moins trois enormes spots.

    2 mains marquantes, avec lesquelles je ferai la majeure partie de bon beurre :

    - Je raise 10 en early avec et suis paye 4 fois.
    Je cbet 25 sur le flop et suis paye deux fois. Ok j'abandonne.
    Turn bon ok je vais miser un petit 35 alors, paye par ma voisine de gauche (l'un des spots).
    River , je mise assez pour la mettre a tapis (elle a environ 80), et elle paye avec

    - Un peu plus tard, UTG open a 12 et est paye 3 fois. Je paye au cutoff avec
    Flop
    UTG mise 40, tout le monde fold et je me contente de call.
    Turn
    UTG boite pour 135, et je hold face a

    Je me leverai de table apres deux petites heures avec un profit fort respectable de $554.



    Il est 21h, je n'ai pas faim, encore gave par le repas de midi, et je m'en vais me ballader un peu sur le strip. Je me dirige vers la PR du Flamingo et demande une place en 1/2. Mais lorsque le "David I." que j'ai pourtant enonce tres clairement se transforme en "Kevin R", que je suis 8eme sur liste d'attente et qu'ils ne projettent pas d'ouvrir une nouvelle table dans l'immediat, je lache l'affaire. Un programme des tournois du groupe Harras traine sur le comptoir, et je repere un $85 a 22h au Caesars. Un coup d'oeil a ma montre, il est 21h57. Ca va, ca devrait le faire, je raterai le premier niveau, ce n'est pas la mort.

    Je traverse le strip, me perds dans le CP avant de finir par trouver la PR, et register. Le tournoi a commence un peu en retard et je ne raterai finalement que les 6 premieres minutes.

    7500 jetons, niveaux de 20 minutes. Une trentaine de joueurs inscrits lorsque je m'asseois, chiffre qui cloturera a 41 inscriptions.

    Je laisse passer deux bons tours de table avant de jouer ma premiere main, et 3bet mon voisin de droite, tres loose preflop et passif post. Il paye.

    Bingo. Il bet, je raise cher et il paye.

    il check, je mise 2/3 du pot et il paye encore

    Je le vois sur un bon as, AK ou AQ, et me sens tres safe en misant 1/2 pot. Mais il me raise a tapis.
    Je ne vois vraiment pas ce qui me bat ici, au mieux il a deux paires AT. Je le couvre legerement et paye apres deux bonnes minutes de tank. Il retourne
    bien joue champion, je ne l'avais pas venue venir celle la...

    Il me reste alors 7 blindes sur 100/200, je poste un message sur le CP en disant que vu comme c'est parti je vais aller faire un peu de CG au Bellagio dans les minutes a venir.

    Mais en l'espace de deux mains, je vais totalement me refaire. Un triple up avec 77 paye deux fois qui hit 7 turn face a AK et TT, puis un double up la main suivante avec KK vs AK.

    Il reste une trentaine de joueurs, et je suis d'un coup tres bien avec une quarantaine de blindes devant moi, ce qui me permet de derouler et de placer quelques moves efficaces. Je monte a deux fois la moyenne a 18 left, sans jamais montrer mes cartes.

    RAS jusqu'a la table finale, en mode cruise control. On se retrouve vite a 6 pour 5 payes, et on decide de tous filer $15 pour le bubble boy. Deux nouveaux sortants, nous ne sommes plus que 4 pour un payout qui ressemble a 300/400/600/900, et nous decidons de sagement splitter a 4 pour $550 chacun, ayant un tapis sensiblement equivalent avec une moyenne affolante de 12BB.

    Au final, ca nous fait un gain net de $450, soit tres exactement $1004 pour la journee. Ca va, on a connu pire comme debut de sejour ! Et puis j'ai enfin vaincu la malediction qui me poursuivait au CP, ou je n'avais jusqu'ici jamais gagne un seul $, que cela soit en tournoi ou en CG...

    Retour a l'hotel, il est 3h30, et avec un check-out a 11h dernier carat je ne m'eternise pas.

    http://www.youtube.com/watch?v=m5hluoTIFxc

    Au programme de l'episode 2 :
    mes premieres sessions au Bellagio et au Mirage, le check-in au Flamingo et la decouverte de la chambre avec la vue qui va avec, et LOVE du Cirque du Soleil
  5. Introl
    A moins d'un mois de mon prochain trip il est temps de faire un petit point, avec un calendrier previsionnel qui se precise. Je dis bien previsionnel, car jusqu'ici je n'ai jamais reussi a tenir un programme pre-etabli.

    HOTEL
    Originellement, je voulais tenter du hors-strip pour changer un peu, et avait jete mon devolu sur le Gold Coast pour $276 les 5 nuits (dont plus de $100 pour la seule nuit du 1er janvier, c'est pas donne sur cette date meme si pas aussi delirant que la veille).

    Mais quelques jours plus tard j'appelle la PR du Flamingo afin de me renseigner sur les Poker Rates afin de repondre a une question posee dans On m'informe de maniere tres courtoise qu'il n'y en a pas, et je raccroche.

    Moins de 10 minutes plus tard, je recois un appel en provenance de Vegas. Il s'agit du Room Booking du Flamingo qui me propose un deal pour le moins sympatoche : $175 les 5 nuits en GO Room, taxes & resort fees inclus. Pas trop d'hesitations, j'avais deja teste les GO en 2009 et c'est du tres bon niveau, donc je snap la proposition et annule le Gold Coast.


    Et pour la seconde partie de mon sejour (du 21 au 25 janvier), une offre assez delirante sur Otel.com ne m'a pas fait hesiter tres longtemps : 4 nuits au Vdara pour $468 taxes & Resort fees inclus ! Je voulais originellement me tenter le Downtown, mais la c'etait difficile de tourner le dos a une telle offre... La meme reservation via le site de l'hotel m'aurait coute $875 + les resort fees... Autant dire le double.


    VOITURE
    Loue une Full Size chez Alamo via Hotwire pour $114 les 5 jours taxes comprises ($18/j HT).
    Je sais que je pourrais louer une compact et etre quasi assure d'avoir un upgrade ( le parc de compact est limite a Vegas) mais pour juste $2 de plus par jour je voulais etre sur d'avoir une full size, bien plus confortable a conduire si je dois sortir un peu de la ville.



    POKER
    C'est la je pense que le programme va se faire au jour le jour. La seule chose dont je suis sur, c'est qu'il y aura le $125 du vendredi soir a l'Orleans, le HORSE du dimanche soir (toujours a l'Orleans), un ou deux $125 daily a l'Aria et du CG au Bellagio.


    SPECTACLES / LOISIRS
    Places reservees pour "Love" au Mirage, et retour au Rio pour revoir "Penn & Teller".
    Menu degustation de l'Atelier Rebuchon au programme egalement.



    TRIP REPORT
    Je viens de mettre la main sur un pocket camcorder Samsung W300. Je vais essayer de me la jouer "Go Pro" et proposer quelques petites sequences en immersion. Il faut juste que je trouve un moyen de le fixer de maniere stable... Working on it, mais si vous avez des suggestions je suis preneur.


  6. Introl
    Quel titre énigmatique, me direz-vous !


    Bon, pour ceux qui n'ont pas suivi, la genèse du challenge que je m'étais lancé, le dernier update sur le pourquoi on remet ça à l'automne prochain.

    Mais comme je le disais, je ne renonce pas à mon petit séjour express annuel.
    Nous fermons boutique les 10 premiers jours de janvier, et je dois rentrer en France le 7 janvier au plus tard pour travailler sur une série de concerts jusqu'au 20.

    Autant dire que le timing était bien serré et que je n'avais pas trop le choix... Je partirai pour Vegas le 1er janvier au matin, puis le 6 janvier je m'envole de Sin City pour Paris, avec retour le 21 janvier, pour enfin rentrer à Vancouver le 25. Soit un double séjour de 5 et 4 jours entrecoupé de 3 semaines en France.

    Je suis en train de réfléchir à mon programme, mais voici les choses déjà arrêtées :

    - J'ai décidé que le logement de ce trip se ferait hors-strip. L'occasion de tester de nouveaux établissements, d'autant que je louerai une voiture (à $15 par jour, ce serait pêché de ne pas en profiter). J'ai arrêté mon choix sur le Gold Coast pour la première partie du séjour. Quant à la seconde, ce sera probablement downtown, mais je me laisse le temps de la réflexion quant au choix de l'établissement. Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas à les laisser en commentaire.

    - Je retournerai voir Penn & Teller, le meilleur show de magie du monde et donc de Vegas, ainsi qu'un spectacle du Cirque du Soleil (entre Kâ et Love mon coeur balance).


    - Côté poker, je mettrai l'accent sur les tournois, avec le quotidien à $125 de l'Aria, ainsi que celui du vendredi soir à l'Orléans (la meilleure value de Vegas) et le H.O.R.S.E du dimanche soir, toujours à l'Orléans. Et puis comme, de manière étrange, je n'ai toujours pas joué en CG au Bellagio ce sera l'occasion de réparer cette anomalie.

    - Si des CPistes sont sur place et sont partants, pourquoi ne pas aller passer une journée into the Wild, ce ne sont pas les spots intéressants qui manquent (Zion Canyon, Valley of Fire...). Si ça vous branche n'hésitez pas à me MP.

    - Et enfin, un petit challenge que je me lance à chaque fois, et que je n'ai jamais réellement réussi à tenir : écrire un trip report complet et digne de ce nom, que cela soit au jour le jour ou bien à postériori... J'admire énormément ceux qui y arrivent, car je sais mieux que personne que beaucoup à quel point c'est un enfer de s'astreindre à une telle discipline...
  7. Introl
    C'est un peu le résumé de mon tournoi.

    Un peu plus de deux heures et demi que je vais vous résumer de manière, vous vous en doutez, très concise.

    Ca commence contre Kevin McPhee. On joue depuis environ 90mn et j'ai juste un poil plus que le stack initial. Je relance au HJ, et me fais 3bet par McPhee au bouton. Je paie pour voir un flop .

    Bon flop, mais dangereux, je décide de miser fort, 3/4 du pot. Il call



    là, avec le recul, le bon move était certainement de push, le pot représentant à peine plus que le tapis de mon adversaire. Mais comme un gros donk je check, et il check behind.



    Boum, voilà, puni ! Quel abruti... je suis obligé de check-fold sur son commit-bet river.

    Après ce coup, je retombe à la moitié de ma cave initiale, mais il me reste tout de même 50BB, aucune raison de s'affoler. Sauf que malheureusement, rien ne va tourner rond dans l'heure qui suit. Mes relances oop se font 3bet, mes 3bets ip se font 4bet, et lorsque je vois un flop avec une pp ou des sc, je ne connecte jamais rien... Bref je tombe aux alentours de 20BB, que j'envoie en resteal avec après une relance payée 2 fois. Je suis payé par et pas de miracle, je sors la queue entre les jambes de mon plus beau tournoi de l'année.


    Allez, il est temps de passer à autre chose et de me pencher sur mon prochain séjour à Vegas...
  8. Introl
    River Rock Casino, Richmond (banlieue de Vancouver).
    Apres un mois d'octobre incroyablement sec (il pleut beaucoup normalement en cette periode de l'annee sur Van), c'est sous une pluie battante que je sors du skytrain -le metro local- en ce samedi 2 novembre.
    Signe annonciateur d'une journee pourrie ? Oui monsieur, vous ne croyez pas si bien dire !



    Bon, desole pour le spoil, mais ce serait mentir que de dire que tout s'est passe comme je l'imaginais.
    C'etait ma toute premiere participation a un tournoi WSOP, fut-il de la categorie "circuit". Mais bon, c'est le Main Event tout de meme ! $1675 l'entree, 1200 joueurs attendus et plus de $300k a la gagne...

    Le tournoi prend place dans la magnifique salle de spectacle du casino. 40 tables y sont disposees, pour un total de 400 joueurs par jour de depart (il y a trois Day1).

    La structure est correcte, meme si pour le prix on aurait pu avoir un poil mieux : 20.000 jetons, niveaux de 45mn en Day 1, puis 60mn, et 75mn pour la TF.

    Des que je vois la composition de ma table, je sens que je risque de passer un sale moment. 4 beaux sharks toute dents dehors...


    Seat 1 : Un jeune asiat local, la vingtaine, que j'ai deja joue en CG. Du genre bien deglingo.

    Seat 2 : une femme, la 40 aine, bustier leopard, qualifiee sur un sat et sooooo excited to be there !

    Seat 3 : Shawn Buchanan

    Seat 4 : Alan Engel

    Seat 5 : Un vieux papy asiat.

    Seat 6 : un random

    Seat 7 : c'est moi !

    Seat 8 : Jason Mann

    Seat 9 : Kevin MacPhee

    Seat 10 : un vieux canadien, la 60aine, avec casquette, lunettes de soleil, enorme casque Dr Dre, hoodie, et un gros donkey comme cards guard. J'aurais bien voulu prendre une photo de l'energumene, mais pas reussi a le faire de maniere discrete.


    OK... bon ben je laisse mes jetons tout de suite ou j'attends un peu ? Hein, j'ai le droit de rester jouer un peu et tenter ma chance ? bon ok alors... Je jette un dernier coup d'oeil deja nostalgique a mon stack, encore vierge et immacule alors que retentit le "shuffle up and deal"

    https://lh5.googleusercontent.com/-H2gua_X9XQI/UnVKMTk0iRI/AAAAAAAAOF4/zeQl8gfxr-8/w1204-h903-no/20131102_115112.jpg



    (court) resume de mes 2h et quelques de tournoi dans le prochain post.
  9. Introl
    Il y a des choses que l'on ne peut pas trop maîtriser dans la vie.
    Et lorsqu'on est chef de -petite- entreprise, le départ imprévu des employés en fait partie.

    Je devais me rendre à Vegas du 10 au 18 novembre, pour y mettre en oeuvre le résultat de mon , mais les circonstances font que je n'ai pas eu d'autre choix que d'annuler. Et comme je rentre en France du 5 au 25 janvier et que le programme du printemps est trop chargé, il ne me reste pas trop de choix pour le report de mon séjour -car je ne me vois pas attendre l'automne prochain- ce ne peut être que du 1er au 5 janvier.

    Un trip express de 5 jours donc. Et pour compenser, bah je vais me faire un truc bien balla : je vais direct register pour le main event du WSOP Circuit qui aura lieu à Vancouver du 2 au 7 novembre.


    Ca tombe bien, le buy-in ($1675) correspond à peu près aux bénéfices réalisés jusque là ($1850).

    Je ne renonce pas pour autant au challenge. On va dire qu'on remet les compteurs à zéro, et qu'on joue un bien joli freeroll (20.000 chips, niveaux d'une heure, field attendu de 1200 joueurs (1082 l'an dernier).

    Quand à savoir si je reporte cela sur le séjour de janvier (mais juste 4 nuits sur place et 2 mois à grinder à raison d'un daily tournament et d'une journée de CG par semaine ça risque de faire short) ou si on prolonge le challenge d'un an...
  10. Introl
    Bon, je complèterai ce billet un peu plus tard car il y a tout de même quelques trucs à raconter, mais quel bonheur et quel kiff de jouer un tournoi avec une telle structure ! Même si je suis en dessous de la moyenne (48k pour un average à 65), je reviens tout de même pour disputer ce day 2 avec 40BB...

    De plus le tirage au sort a été plutôt clément : je suis sur la table qui sera la TF, sans énorme stack, et surtout sans aucun des mecs de ma dernière table hier où il y avait franchement du niveau...

    Edit : une recherche HendonMob montre qu'il y a quand même au moins deux sérieux clients, avec un mec qui a deep run au ME WSOP 2011 (52th) et un autre qui compte 8 cash WSOP...

    Seat 1 : 61k
    Seat 3 : 29k
    Seat 4 : 61k
    Moi : 48k
    Seat 6 : 29k
    Seat 7 : 91k
    Seat 8 : 36k
    Seat 10 : 79k

    Wish me m**de !



    Entrants : 164
    Joueurs restants : 75
    Position : 44/75
    Moyenne : 65k
    Places payées : 17 à 19
    Prize-Pool : $246.000
  11. Introl
    Jusqu'ici tout va bien...
    Je vous parlais de mon plan diabolique afin de clôturer le de deux semaines après son lancement. Et bien la première étape est passée sans trop d'encombres, puisqu'à l'issue de 8h de combat dans ce super-satellite, j'ai réussi à décrocher l'un des 17 tickets pour le Main Event des S.U.S. (Spring Ultrastack Series).

    Le tournoi, comme tous ceux du festival, prend place dans la très sympathique salle de spectacles du Casino, tandis que les 7 extra tables sont ouvertes dans la poker-room adjacente.






    J'ai employé plus haut le terme de combat, et le terme est on ne peut mieux choisi.
    Car si j'avais plutôt pris un bon départ en portant mon stack à 8.500 après les deux premiers niveaux (départ à 5000 et 25 minutes), un sale coup m'a vite fait redescendre à moins de 2.000 :

    Je relance UTG+1 à 475 sur les blindes 100/200 avec et suis payé par un mec que je sais sérieux en MP pour l'avoir déjà joué en CG, et par la BB.

    Flop – check/check/check

    Ca part en vrille sur le turn, le .
    La BB, un asiatique un peu déglingo overbet à 1800. Je le min-raise à 3750, et le 3ème mec part à tapis... J'ai même pas le temps de me dire « oulah, wtf ??? » que l'asiat en BB a déjà dit call, avancé ses jetons et.. retourné son

    Le croupier appelle le floor pour savoir si on brûle la main de BB, et je l'interromp en lui répondant en substance que le débat est inutile puisqu'il est drawing dead. Je call et le bon joueur en MP retourne sans trop de surprise

    Obv river

    Je retombe après ce coup à 1825, alors que l'on s'apprête à entamer le niveau 25/150/300 et qu'il reste encore plus de 140 joueurs sur les 168 au départ. Autant dire que j'ai prié bien fort le dieu chatte...

    J'ai doublé sur un flip, volé quelques blindes + antes pendant 2 autres niveaux avant d'être déplacé à une nouvelle table, peuplée de gros tapis (j'avais à ce moment là 10-12BB).
    Nouveau double-up sur un 80/20, vol de blindes, etc... Je parviens à naviguer dans la zone 10/15BB pendant 4 heures. L'écrémage s'est alors fait sérieusement sentir, et nous ne sommes déjà plus que 3 tables. Un peu plus d'un joueur sur deux recevra un ticket pour le Main Event.

    On joue aux blindes 500/2000/4000 , et je vais alors toucher come un vrai porc, au meilleur moment : en l'espace de deux levels, je vais avoir deux fois les as, grassement payés, une fois les valets qui hittent flop vs top 2 turn, et un carré de dix papa vs AK.

    Il reste alors 19 joueurs, et sans être le chip-leader de la table je possède un stack tout à fait convenable d'une trentaine de blindes (moyenne entre 9 et 10BB), et qui me permet de patienter.
    A 18 left, on donne tous $20 afin que la bulle ne se retrouve quand même pas complètement fanny.
    Je jette Aks sur la relance d'un mec qui me couvre, et enfin tout se termine quand un pauvre petit vieux se fait sortir à l'autre table...

    Congratulations d'usage, on chosit notre day1 et remplissons tout un tas de paperasse, avant de se voir remettre le précieux sésame.


    Vendredi midi donc, on attaque ce tournoi qui s'annonce magnifique : 30.000 jetons, des niveaux d'une heure, et une structure bien smooth :



    Buy-In Super-Satellite : -$60
    Bulle : -$20
    BR : $3808
  12. Introl


    Aujourd'hui je décide de tester l'autre casino de Vancouver, le River Rock, qui se trouve à proximité de l'aéroport. J'étais déjà venu une fois, et n'avais pas trop aimé l'ambiance par rapport à Edgewater. Au moins cette session m'aura-t-elle permis de confirmer ce jugement : je n'aime pas, mais pas du tout... Même si elle rend plutôt pas mal sur cette photo, la poker room est très sombre, il y flotte une odeur rance de sueur et ce malgré la faible affluence du matin, le floor n'est pas très aimable et les croupiers vraiment pas terribles... Bref, je ne reviendrai que sous la contrainte ou à l'occasion du WSOP Circuit, dont les tournois se tiennent dans la salle de spectacle du Casino, beaucoup plus classe.



    Bon, puisqu'on est là on va quand même rester pour y disputer le tournoi du matin. Un $60 rebuy, 5000 jetons et rounds de 20mn (25/50). 40 joueurs, aucun rebuy, une ambiance soporifique à la table... Heureusement que les cartes sont de la partie, deux beaux setups en ma faveur me permettant de pointer à 18.000 au premier break. Le tournoi se déroule sans encombre jusqu'en table finale, où nous ne sommes rapidement plus que 6 pour 5 places payées. On décide de tous mettre $10 pour payer la bulle, alias bibi suite à un flip qui tourne mal.

    Buy-In : -$60
    Bulle : -$10
    6ème place : +$60
    Bilan : -$10
    BR : $4.408

    Pas envie de rester pour le CG, pas le temps d'aller jouer à Edgewater, je décide donc de rentrer à la maison non sans avoir posé les bases de ma stratégie pour clearer les $20.000 avant la fin du mois : jouer mercredi le satellite pour le main-event des S.U.S à Edgewater, ship un ticket, puis l'une des trois premières places. Cela devrait être suffisant.
    Sinon le plan B est de s'arranger pour être impliqué dans le Bad-Beat Jackpot, qui vient de passer la barre des $100.000 net.
  13. Introl
    Let's play a game...

    Pour mon sixième séjour à Las Vegas depuis mon arrivée à Vancouver il y a 4 ans, les dates sont déjà posées : ce sera du 10 au 18 novembre 2013.

    Et j'ai décidé de me lancer un petit défi, afin de savoir quelle forme il prendra, en établissant 4 différents scénarios (Super-Balla, Balla, Standard, Rom), que je vais m'empresser de vous détailler :


    Scenario 1 (le god mode) : Super Balla

    Rien n'est trop beau ni trop cher. Il faut dire qu'avec plus de $20.000 pour 8 jours, il y a de quoi se faire plaisir !

    Tout commencera donc par un vol direct Vancouver-Las Vegas en Business avec Air Canada pour la modique somme de $1867. Une fois arrive a McCarran, il sera temps de prendre le shuttle pour se rendre au Car Rental Hub, et y prendre possession pour les 8 prochains jours d'une Ford Mustang cabriolet (ou equivalent) contre une somme relativement modique, tout compte fait, de $550.



    On sort du hub en mode keke, les cheveux au vent, on tourne deux fois a droite et nous voila sur Las Vegas Boulevard, plus connu sous le nom de Strip. On passe devant le panneau sud "Welcome to Fabulous Vegas", sous lequel les roms touristes font la queue pour se prendre en photo. Puis on arrive au Mandalay Bay qui marque le debut du Strip. On le remonte vers le nord en passant successivement devant la pyramide du Luxor, le chateau medieval de l'Excalibur, la facade blanche immaculee du Tropicana, La tete de lion geante du MGM Grand, Les gratte-ciels et le Rollercoaster du New York New York, le Monte Carlo, avant d'enfin arriver a destination : Le City Center Complex et le Vdara

    Check-in rapide, et pas besoin de tenter le $20 trick des roms puisqu'on a reserve une Panoramic Suite, rien que ca. Et ouais mon gars ! Une vue a 270 degres sur le Strip et le desert, 80 metres carres de luxe avec cuisine amenagee, King Bed, Living room avec canape convertible (on sait jamais, si un Rom du CP a besoin d'etre heberge), des ecrans LCD 2000 pouces 3d dolby EX qui dechire sa mere, buanderie lave/seche linge, frigo americain, etc... Y'a pas a dire, pour $3512 les 8 nuits, on est bien, la !


    Au niveau des frais annexes, un budget bouffe de $1200, histoire de s'offrir deux bons restos par jour, $1500 pour les loisirs (ballades en helico, spectacles, spa...) et $1500 de shopping aux Outlets.

    Et enfin, car on y va aussi pour ca quand meme, un budget poker de $10.000, une dizaine de caves de 5/10, qui devraient etre bien suffisantes.

    Pour ce scenario 1, on arrive donc a un total bien mega-balla de $20.129 !


    Scenario 2 : BALLA

    Bon, on oublie la business, de toutes facons pour 2h30 de vol on ne va pas se plaindre. Mais on garde un vol direct quand meme, histoire de pas paumer 2h a Seattle, Salt Lake ou Los Angeles.

    Niveau caisse, on va se contenter d'une premium car a $360 les 8 jours. De toutes facons il fait tellement chaud dans le desert, meme en novembre, qu'on est bien mieux avec un toit sur la tete et la clim sur le poitrail.


    On remonte cette fois tout le Strip, jusqu'au Encore, ou pour $2400 on s'installe dans une Resort Suite au dela du 40eme etage, avec vue sur le Strip.


    Cote extras, $600 pour s'offrir un vrai bon resto par jour, $1000 pour les loisirs et autant pour le shopping.

    Et enfin pour le poker on se contentera de $5000, pour jouer a la 2/5 ainsi que quelques tournois.

    Total de ce scenario tout de meme bien kiffant : $10.895



    Scenario 3 : Le sejour standard

    Avec ce troisieme scenario, le plus probable, aucune surprise, qu'elle soit bonne ou mauvaise. On est dans l'average partout : Un vol sur Westjet avec une escale ($385), une chambre standard en centre Strip (Bally ou Flamingo - $530), une voiture full size chez Fox ($322), $40 par jour pour bouffer, deux spectacles pour se detendre ($300), $500 de shopping, et $2000 pour le poker.



    Total : $4337



    Scenario 4 : Le Rom

    La, un seul objectif : tenir 8 jours, en s'arrangeant pour ne pas se broke au risque de ne plus rien avoir a faire de ses journees restantes. On prend donc un package sur Expedia pour un vol avec 2 escales ainsi que 8 nuits dans le Courtyard du Palace Station ($402), pas de loisirs ni de shopping, le but etant avec nos $1000 de budget poker de jouer la super serrure pour tenir le plus longtemps possible et bouffer grace a ses comps. Avec quand meme un petit budget McDo pour changer un peu de temps en temps ($80).



    Total pour ce vis ma vie de pauvre a Vegas : $1582



    Alors, me direz-vous, quel est donc ce challenge ? Et bien je vais grinder les 26 prochaines semaines, a raison de 2 jours par semaine, les casinos de Vancouver. Au programme, du cash game 1/2 et 2/5, un tournoi a $60 et une fois par mois celui a $200.

    Je me donne 3 caves du scenario 4 au total, soit $4.500, soit a peu pres le budget pour le scenario 3, le sejour "Standard". Je vais en jouer les deux tiers, donc ma BR sera de $3.000. Si je go broke, et bien j'investirai mes $1500 restant dans le scenario 4 en novembre prochain.

    Par contre si je reussis, comme je l'espere, a gratter un peu, et bien je vais pouvoir au fur et a mesure me rajouter un peu de confort, avec bien evidemment les paliers des scenarios 1, 2 et 3, mais bien sur des concessions et ajustements si je finis par me retrouver entre deux paliers. Par exemple si je finis a $7000, et bien ce sera un mix des scenarios 2 et 3...

    Ah et tiens, puisque je ne risque pas grand chose, je m'engage sur l'honneur, si j'arrivais a faire peter les $20.000, a faire quelques efforts (oublier la business et rogner un peu sur le shopping) pour inviter a mes frais un membre du CP a partager le sejour avec moi (avion + hotel). C'est beau de rever hein ?


    Allez, je commence demain par un petit tournoi daily a $60 suivi d'une session de CG 1/2 au Edgewater Casino. Je ne vous garantis pas un update tres regulier, mais tenterai quand meme de faire des efforts !
  14. Introl


    a donc commencé lundi matin au Edgewater Casino de Vancouver. Cela faisait un peu plus d'un an, et que je n'avais plus joué en live. Autant dire que ça me démangeait pas mal au moment d'entamer le redoutable early bird tournament, un $35 rebuy.

    Un truc qui n'a pas changé par contre, c'est la faune aux tables :
    en gros pour schématiser on a 45% de papys se payant leur récréation quotidienne. Des mega-serrures dans lesquels on lit comme dans un livre ouvert, et qui en général ne posent pas trop de problèmes.

    Ensuite viennent les 45% d'asiats dégénérés, eux c'est souvent le bonheur mais parfois également le cauchemar à jouer... Pour la plupart, ils font le tournoi en attendant l'ouverture des 2/5 et 5/10 NLH/PLO, et tout ce qu'ils veulent c'est jouer le maximum de mains.

    Et enfin, une (petite) dizaine de % de joueurs qui comprennent ce qu'ils font et que, bizarrement, on retrouve toujours en masse en TF.



    $35 rebuy donc, pour 3000 jetons et des niveaux de 20 minutes, avec un demarrage a 25/25. Bien que turbo, c'est tres correct. Pour peu que l'on joue serieux, qu'un flip et un 70/30 passent, on se retrouve avec un tapis "confortable" (une 20aine de blindes) en debut de TF.


    Evidemment, je me fais destacker sur ma premiere main jouee par un degen, KK<QJ allin preflop.
    Bon, bah on reload

    Le reste du tournoi se passera beaucoup mieux, pas de coup en particulier a raconter, et une fois en TF avec un tapis dans la moyenne (12 blindes) il est temps de se pencher sur le prizepool. 53 entrees, 27 rebuys, 6 payes et $1122 a la gagne.

    Comme c'est implicitement de coutume, a 8 left on sort tous $20 afin de payer les 2 bulles, qui sautent d'autant plus rapidement. On finit par se retrouver a 3, avec un mega chipleader (70% des jetons), alors que je suis pour ma part crippled avec moins de 3 blindes. $582, c'est pas si mal apres tout pour une reprise... Et puis la, miracle sur miracle. Je commence par doubler sur un flip (88 v JT), puis prends les blindes, avant que le chipleader ne fasse un move moisi sur ma BB, avec J4o. Le moment bien evidemment choisi par le croupier pour me donner la paire d'as. Deux mains plus tard, je le sors avec A9s vs KJ, et aborde le HU avec presque les 3/4 des jetons.

    Mon adversaire, un jeune bon reg, gagne deux coups, et nous sommes a peu pres a egalite avec 8 blindes chacun, nous prenons donc la sage decision de splitter : $933 chacun



    Bilan du tournoi :

    -$40 (BI + fees)
    -$35 (rebuy)
    -$20 (bubble)
    +$933

    Total : +$838
    BR : $3.838

    Comme il me reste 45mn avant de devoir aller bosser (et oui, c'est ca avoir sa boite, meme pas une pleine journee off dans la semaine), je m'installe en CG 1/2. Je pose $300, le croupier me demande si je veux bring-in (poser ma blinde pour pouvoir jouer immediatement, sans avoir attendre d'etre de BB). Comme je suis au cutoff et que je n'ai pas trop de temps, je m'execute et recois deux en echange...

    Un asiat en MP relance a 10, et le mec a ma droite 3B a 25. Je prends mon temps avant d'avancer 70 au mileu. Je suis immediatement paye par l'OR et par mon voisin.

    Flop sympa, bien que matiere a tirage :

    Les deux checkent, pas moyen que je laisse tirer. Il me reste un peu plus que le pot, donc le seul move possible est de tout mettre, ce que je fais. Je n'ai meme pas fini de dire "I'm all in" que l'asiat a deja balance ses jetons au milieu en se levant. Mon voisin hesite 10 secondes pour la forme avant de se coucher, et l'asiat claque assorti de la version cantonaise de "Oui Papa". Je retourne ma main histoire de ne pas lui donner trop d'espoir, et me retrouve avec un stack de $670 avant meme d'avoir retire ma veste.

    Le reste de cette courte session sera bien smooth, puisque je me leverai au final avec $880.



    Bilan CG du 15/04
    +$580

    Bilan de la journee
    +$1.418

    BR :
    $4.418


    Bon ben si ca continue comme ca j'atteins les $20.000 avant le debut de l'ete
  15. Introl
    Mercredi matin, 37ème étage du Palazzo.
    Le soleil se lève doucement sur le strip, ses faubourgs, et au loin le désert. La vue par la baie vitrée de la suite est des plus spectaculaires.
    La journée d'hier est passée à toute vitesse, et plusieurs petits bad-beats font que je ne peux pas encore la partager avec vous en images.

    Tout avait commencé de bonne heure mardi matin. Les valises étaient bouclées depuis longtemps (je voyage très léger).
    10 minutes de marche jusqu'au Skytrain (le métro de Vancouver), puis 10 autres de trajet et me voilà à l'aéroport. Ce qui est bien de vivre si près de la frontière US, c'est que les ricains ont carrément annexé une aile du terminal principal. Ce qui fait que toutes les formalités d'immigration se font avant le départ, et qu'une fois arrivé sur place il n'y a plus qu'a récupérer ses bagages (ou pas) et à prendre au choix le bus, un taxi ou la navette pour le parc de locations de voitures.

    Le vol s'est déroulé tout en douceur, malgré les conditions météo peu clémentes au départ. Mais passées les 10 minutes initiales de turbulences, un seul mot : smooth ! Westjet a en plus la bonne idée d'équiper toute sa flotte de boeing 737 next gen, ce qui veut dire sièges en cuir pour tout le monde et beaucoup de places pour les jambes.
    Comme en plus il s'agissait d'un vol direct, il n'a fallu que 150 ridicules petites minutes pour gagner Sin City. C'est la première fois que j'atterris de jour, et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est beaucoup moins spectaculaire qu'une arrivée de nuit. Lorsque dans le noir total du désert on commence par apercevoir un point lumineux au loin. Un point qui grossit, grossit et grossit encore à mesure qu'on se rapproche. Une sorte d'Oasis de lumière au milieu du vide absolu. Puis c'est le survol du strip, au large, avant l'atterrissage.

    Dès la sortie de l'avion, pas moyen de se tromper, on est bien à Vegas. Les bandits-manchots trônent dans les salles d'attente. Ca surprend un peu la première fois, mais on finit par ne même plus faire attention.

    Sortie de l'aéroport, navette pour le terminal de locations de voiture à 5mn de là. Il s'agit d'un gigantesque complexe dans lequel sont centralisées toutes les compagnies. Au comptoir Avis, il ne faut que 6 minutes montre en main pour que tout soit réglé. La préposée nous donne une allée, et on n'a plus qu'a choisir le modèle/couleur qui nous plaît, les clés sont sur le contact. J'opterai pour une Camry Rouge, qui se révèlera très vite excellente, sur ce que j'aurai eu l'occasion de voir.

    Sortie du Vegas rent-a-car, droite, droite, et nous voilà sur Las Vegas boulevard. Passage devant le célèbre panneau "Welcome to Fabulous Vegas" sous lequel deux bonnes douzaines de touristes patientent en attendant leur tour de se faire immortaliser sur pellicule. J'y repasserai tôt le matin pour éviter la foule.

    Ensuite on arrive au Mandalay Bay, et c'est parti pour la remontée du Strip jusqu'au Palazzo. J'aurais pu gagner 20 bonnes minutes en passant par derrière, mais il est obligatoire de se faire le strip la toute première fois. Les hôtels-Casinos défilent : Louxor, Excalibur, Tropicana, MGM, New-York New-York. Puis arrive le nouveau complexe City Center composé du Aria, Vdara, Mandarin Oriental et Cosmopolitain. Ce dernier n'était pas encore construit la dernière fois que je suis venu, et il faudra que j'aille y faire un petit tour car je n'en ai lu que du bien.

    Le Bellagio et sa fontaine, le Paris, le Flamingo... Le O Shea's qui vit ses dernières heures, l'IP... Un petit coude à droite et voici le Mirage, le Treasure Island, le Venetian, et enfin le Palazzo.

    Le check-in ne sera qu'une formalité, et je découvre donc ma suite. C'est grand, 700 pieds carrés (environ 65m²). C'est joli, de bon goût. La vue est spectaculaire, mais là je me répète.

    C'est alors que je me rends compte que j'ai oublié à la maison la carte mémoire de l'appareil photo, les pics attendront donc mercredi.

    Je m'installe puis file faire un petit tour à la Poker-Room du Venetian pour y prendre le programme des tournois pour la semaine. Il me faut 8mn30 pour faire le trajet, ce qui est plutôt, je m'attendais à pire.
    Ce soir, c'est un $150 avec $25 de Bounty. 10.000 chips et niveaux de 30 minutes. Je remonte alors faire une petite sieste et prendre un bon bain afin de me ménager un peu... Ne surtout pas se griller trop vite !

    Que dire du tournoi ? Et bien j'ai décidé de vous éviter des compte-rendus fastidieux et totalement inintéressants, je ne posterai donc pas de mains sauf si elles présentent un intérêt et/ou que je souhaite un avis sur la manière dont elles ont été jouées. 114 entrants, 13 places payées, un peu moins de $3400 à la gagne.
    Je sortirai après environ 3h15 de jeu, sur un 70/30 pour un pot de deux fois la moyenne.

    Histoire de finir la soirée en douceur, je m'assieds à une $4-$8 Omaha8, et repartirai après deux petites heures avec un gain net de $33.

    1h, il est temps d'aller se coucher. Un programme chargé m'attend aujourd'hui. Vous découvrirez tout ça ce soir, si tout va bien !


    Edit : Epic fail pour la suite (pas du séjour, qui se passera très bien, mais de l'update du blog... Vegas is Vegas, et j'admire sincèrement ceux qui sont capables de produire un compte-rendu quotidien !)
  16. Introl
    Dans moins de 24 heures, je vais m'envoler pour mon cinquième séjour à Sin City. La toute première fois, c'était 4 jours avec madame, durant notre road-trip US en 2009. C'était alors le temps de la découverte, de l'ahurissement total devant le spectacle permanent de cette ville qui ne dort jamais. Nous logions au Flamingo, et le programme était partagé entre farniente, découverte de la ville, un peu de poker, de shopping, et des spectacles (David Copperfield au MGM et O au Bellagio).

    Puis ce fut le temps de deux expéditions en solitaire en août 2009. Deux week-ends orientés poker. Chambre a l'Imperial Palace (plus jamais ça !), grind et pas grand chose d'autre. Bref à oublier !

    En avril 2010, je joue le guide touristique pour une bande de potes Vancouverites. Trois français, deux québécois et un maroco-belge. 4 jours sans trop de poker mais sans doute le trip vegassien au cours duquel j'aurais le plus profité. Avec en prime une journée à Zion National Park et l'ascension d'Angel's Landing.


    Et puis donc, deux ans plus tard on y retourne !
    Un séjour totalement imprévu, dont je vais rapidement vous conter la genèse.

    Il y a dix-huit mois de cela, je decidais de me lancer dans l'auto-entreprenariat. Avec ma femme nous créons une petite structure de confection de pâtisseries traditionnelles françaises, French Made Baking. Après une petite année à vendre nos douceurs sur les marchés de Vancouver, nous voyons plus grand : L'ouverture d'une boutique. Quelques mois de démarches et de travaux plus tard, nous ouvrons 2 jours avant noël. S'en suivront 3 mois intenses, à bosser 15h par jour 7j/7. Autant dire que l'Introl commençait à être sur les rotules !

    Il a donc été décidé de m'octroyer une journée totalement off, la première depuis très longtemps. Je ne savais pas quoi faire, quand j'ai eu l'idée de faire un petit tour au casino du centre ville. Cela faisait pas loin de deux ans que je n'avais pas touché les cartes.
    Un tournoi satellite s'apprêtait à démarrer. $35 pour le sat d'un tournoi à $300 démarrant deux heures plus tard. Structure ultra-turbo : 1500 chips, rounds de 10mn. 120 joueurs au départ, autant dire une énorme boucherie en perspective. J'aurai la chance de tripler dès la première main, puis de naviguer au dessus de la mêlée jusqu'à assurer mon ticket sans trop de difficulté.

    Le tournoi principal est commencé depuis 10mn lorsque je prends place à la table. 62 joueurs, pas de cash mais de jolis prix à gagner: séjours à Vegas, Ipads, tickets de NHL... Le niveau général est pitoyable, les tables sont peuplées à 75% d'asiats gambleurs qui s'envoient en l'air 200BB deep avec AQo preflop ou TPTK sur any street. Bref, du bonheur

    Je vais la faire courte : je finirai 2nd du tournoi, pour un gain ma foi bien sympathique : 10 jours et 9 nuits au Palazzo, les billets d'avion, 7 entrées de tournois à $150, et un new Ipad.


    10 jours... Cela va etre mon plus long trip. Pour ne pas péter les plombs, j'ai décidé de lui donner une orientation particulière. Au programme : poker et photographie. Je vais donc louer une voiture et me ballader dans les environs afin de tenter de saisir un maximum de beaux clichés.

    Rendez-vous donc sur ce blog, et sur le forum dans pour un update quotidien consistant en un petit article et beaucoup de pics.

    Si vous avez des requêtes ou des idées de shooting (réalisables) n'hésitez pas à me MP ou à poster sur le forum !

    A demain en direct de ma suite de balla
  17. Introl
    Qu'est-ce que c'est sympa d'habiter Vancouver...
    Juste histoire que vous puissiez visualiser : Las Vegas n'est qu'à 3h de vol, les prix sont ridicules (voir plus bas), le décalage horaire est inexistant... Aussi il est très aisé de pouvoir s'éclipser pour 3-4 jours plusieurs fois par an pour aller tâter du jeton dans la Mecque du Poker. Pour ma part cela sera la 4ème fois en 10 mois, et je ne compte pas m'arrêter là !





    Cette fois-ci, contrairement aux précédentes, je ne partirai pas en solitaire puisque nous serons 6 francophones à prendre part à l'expédition : 3 français, 2 québécois et un maroco-belge. Parmi eux, un seul joue au poker, et encore il n'a encore jamais joué en live et est habitué de la NL2 de pokerstars. Aussi, mon programme sera peut-être moins intensif que d'habitude, d'autant que nous avons prévu une journée d'excursion au Zion National Park.

    Nous y serons du 22 au 26 mai. Le pack réservé sur Expedia.ca pour l'aller-retour ainsi que 4 nuits à l'Excalibur nous revient à $340 par personne (250€). Les chambres sont des "standard" mais je bénéficierai d'un poker rate intéressant : un upgrade en "Widescreen Room" (leurs nouvelles chambres, toutes rénovées) en échange de 3 modestes heures de poker par jour dans leur room. Deal honnête que je me suis fait une joie d'accepter.





    Mon seul regret : je quitterai Vegas à l'avant veille de l'ouverture des plus belles séries de tournois de l'année : les WSOP bien sûr, mais également les Deepstack Extravaganza du Venetian et les Megastack du Caesar. Ceci dit, rien ne m'empêchera de revenir plus tard en cas de (très) bonnes sessions, ou si un généreux stackeur venait à se manifester (clin d'oeil inside).

    J'espère au moins avoir l'occasion de recroiser mon ami
  18. Introl
    Pas de report pour ce second week-end consécutif à Sin City.
    Des évènements extérieurs font que je n'ai ni l'humeur, ni les moyens de gambler...
    Retour à Vancouver dimanche soir, en attendant : dodo !
  19. Introl
    Comme la veille, pas de réveil. J’émerge péniblement vers 10h30, et passerai la fin de matinée enfermé dans ma chambre, sur internet, pour régler quelques petites tracasseries administratives.

    Vers midi, direction le « Ginseng », resto asiatique de l’IP. Je commande un BBQ Bulgogi (spécialité coréenne de b½uf mariné), fade et sans saveur. Pour moitié moins cher, j’aurais pu me faire péter la panse chez mon coréen préféré de Vancouver. Donc définitivement, il faut éviter les restos de l’IP…

    Je décide de profiter de l’après-midi pour tester quelques rooms encore inconnues, celles du Mirage et du Treasure Island. A la première, il y a 8 joueurs en attente pour la 1-2. Je questionne la floor afin de savoir s’ils comptent bientôt ouvrir une table. Réponse négative. Bon bah au revoir alors.

    Au TI, une place est libre immédiatement. Je cave à 200, et après un début de session cahotique (tombé aux environs de 110), je paye au bouton une petite relance à 7 avec pp3. Nous sommes 4 à voir le flop A37. Le premier joueur à parler envoie sa boîte pour une quarantaine de dollars, et les deux autres jettent. Je paye évidemment, et retourne mon brelan afin de ne pas lui donner trop d’illusions. Il soupire en montrant AT. Un blank à la turn me donne le pot, et la river amène un magnifique 3 !
    « high hand » beugle le croupier. La manageuse vient vers moi et me demande de la suivre jusqu’à une roue située au fond de la poker room. On se croirait dans le juste prix, tout le monde applaudit et gueule des "Come On" ! La roue comporte une cinquantaine de cases graduées de 25 à 100$, et des multiplicateurs 2X 3X et 4X. Mon premier jet se termine sur un 2X, et je suis invité à relancer la roue. 25$. Multiplié par deux, ce qui nous fait un bonus de 50$, toujours bon à prendre…
    Rien de bien marquant sur la suite de la session, et je me lèverai avec un profit d’environ 80$. Il est 17h30, l’heure de prendre la direction du Caesar’s Palace pour le fameux tournoi quotidien de 19h, à 160$.

    La structure est magnifique, 10.000 jetons, des niveaux de 30mn et des augmentations de blindes very friendly respectant l’entrée des ante (de 100-200 à 100-200 ante 25). Un vrai plaisir à jouer… j’imagine. Car je sortirai avant la fin du 2ème niveau, avec KK. Un joueur que je décrirai comme fantasque a payé mon 4bet préflop. Sur le flop 279 rainbow, les tapis s’envolent. Il retourne AA et pas de miracle, je suis le second sortant sur la cinquantaine de joueurs ayant pris le départ. Pas de regrets cependant, je suis simplement mal tombé contre un bonhomme qui jouait très agressivement 60% des pots depuis le début, et qui avait montré à l’abattage des jeux médiocres mais cependant suffisants pour remporter la majorité des coups.

    J’hésite à me poser en CG, mais réalise que je n’ai toujours pas remis les pieds au Flamingo. J’ai une affection particulière pour cette room depuis mon passage en juin. Elle est lumineuse, aérée, un agréable parfum flotte dans l’air, le floor est très compétent et sympathique, et la population moyenne des tables est de tendance assez âgée et récréative. L’ambiance y est toujours excellente, et les sessions juteuses.

    Je décide avant cela d’accorder une seconde chance à la Steakhouse du Bill’s Gambling.
    Bien m’en a pris, aucune fausse note cette fois, le steak au poivre accompagné d’une purée maison était parfait. Au moment de payer l’addition, le serveur m’informe que les 4 demoiselles de la table d’à côté m’invitent à se joindre à elles pour le dessert. Elles sont russes et m’ont entendu parler français avec le serveur (américain, mais francophile patenté). J’accepte bien évidemment le fondant au chocolat (divin) offert par les donzelles, et nous discuterons un peu de Paris, ville que l’une d’entre elle a déjà visité à de nombreuses reprises et sur laquelle elle est intarissable. Je passerai pour un cas vraiment étrange lorsque je refuserai une coupe de Dom Pérignon (je ne bois pas), ainsi qu’un « dernier verre » au Bellagio (je suis marié). J’aurai quand même le droit à un numéro de chambre du Bellagio noté au dos d’une carte de visite, « just in case you change your mind », accompagné d'un énigmatique "500 4U".
    Je connais quelques lecteurs qui auraient un infarctus immédiat si je publiais les photos des demoiselles (que je n’ai pas prises, bien évidemment). Las Vegas est définitivement une ville à part, où absolument n’importe quoi peut vous tomber dessus, à n’importe quel moment).



    Nous nous quittons quand même avec un « hug » très américain, et je prends la direction du Flamingo. Rien n’a changé depuis deux mois, je m’y sens bien, comme chez moi. Rien à dire sur la session en particulier, j’en sortirai légèrement négatif, mais le clou de la soirée sera l’arrivée d’un nouveau joueur 2 places à ma gauche, en cours de partie. Alors qu’il est en train de s’asseoir, je le gratifie d’un joyeux « Hi Eric ! ». Il me regarde avec un air des plus priceless, et se relève aussitôt, sans un mot, avec ses jetons, pour aller s’entretenir avec le floor. Il s’installera finalement sur la table de derrière et en repartira moins d’une heure plus tard, apparemment rasé.



    Je me lève vers minuit, et rentre me coucher. Demain mon avion pour Vancouver décolle à 7h, et j’ai rendez-vous dans l’après-midi pour signer mon contrat (je viens de décrocher un job, pâtissier dans un supermarché bio). Mais je ne quitte pas Vegas pour très longtemps, je serai de retour dès vendredi soir, pour 48h. Avec compte-rendu à suivre ici, bien évidemment…
  20. Introl
    Vancouver , samedi 1er aout, 7h30.

    Je viens de déposer ma femme à son travail. Une bien longue journée de boulot l’attend en fait, puisqu’elle s’en va pour deux semaines en road-trip professionnel dans le Yukon, pour y vendre des enfants. Ca c’est un métier qu’il est bien, et hautement gratifiant. Du porte à porte chez les gens pour représenter des associations humanitaires et tenter de décrocher des contrats de parrainage pour des enfants du tiers-monde. Bien loin des classiques vendeurs d’encyclopédies ou d’aspirateurs…

    Me voilà donc seul pour deux semaines. Je reprends le volant, mais pas pour rentrer à l’appart. Direction l’aéroport. L’avant-veille, sur un coup de tête, j’ai réservé mon propre trip à moi, à Las Vegas. Départ samedi midi, retour mardi matin. Aller-retour sur Delta Airlines via Salt Lake City et une escale de 3h, et 3 nuits à l’Imperial Palace. Ok ce n’est pas le top hôtel, et le trajet va durer 7h au lieu des 2h30 d’un vol direct, mais pour 320¤ le tout sur Expedia, le rapport prix/emplacement/temps que je vais passer en chambre est imbattable ! Mon programme n’est pas encore arrêté, si ce n’est le deepstack de 19h, dimanche au Caesar’s Palace.

    Aéroport de Vancouver, planté quelque part au bord du pacifique et cerné de montagnes. La vue du sol est déjà grandiose, je n’ose imaginer ce que cela donne quand on y atterrit. J’irai jusqu’à vendre ma s½ur pour une place côté fenêtre lors du vol retour !



    Welcome to the USA ! La grande banderole barre sur 25 mètres de large la salle de contrôle. Je n’ai pas encore décollé, suis toujours en Colombie Britannique, mais déjà pourtant en territoire américain. J’espère que les formalités d’arrivée à Salt Lake en seront simplifiées…

    « Passeport please », pas un bonjour. « Where are you going ? Las Vegas ? hmmpf”. Le cerbère faisant office de douanier n’aurait pas eu réaction différente si je lui avais répondu « sur la lune, conn**d ». « Main droite sur le capteur. Pouce droit. Main gauche. Pouce gauche. Regardez l’objectif ». Ca va t’as tout ce qu’il te faut ? Tu veux pas un prélèvement sanguin pendant qu’on y est ? Je garde cette dernière réflexion pour moi, et ai le droit en échange aux coups de tampons sur mon passeport.

    12h50, le vol DL8385 décolle à l’heure. L’avion est un petit bombardier CRJ900. 75 places, 50 personnes à tout casser. Des rangées de 2, comme dans un bus, et manque de bol la place d’à côté est occupée. Mais comme il s’agit du sosie de Juliette Lewis ça ira pour cette fois …

    Vol sans encombre malgré le bruit assourdissant de l’appareil. Et là merci à mon Bose QC3 sans qui je ne serais rien. Les 2h30 filent vite. Il faut dire qu’avec la version Iphone de Monkey Island c’est beaucoup plus simple de s’occuper en vol (et de se marrer comme une baleine au grand intéressement des personnes autour).

    Les 3h de transit à Salt-Lake passeront tout aussi vite, tout comme les dernières 90mn jusqu’à Vegas. Nous survolons le Strip, que je contemple avec émotion, appétit et dévotion. Vision aérienne qui m’émeut au plus haut point. Deux mois plus tard, me voilà déjà de retour à Vegas. Le pilote se fendra au micro d'un "Ladies and Gentlemen, it is exactly gamble minus twenty minutes" qui fera bien marrer tout le monde.

    Arrivée vers 20h à l’Imperial Palace, et après un check-in express, je passe à la Poker Room. Les tables sont pleines et il y a une quinzaine de noms en file d’attente pour la 1-2. Samedi soir dans ce qui est sans doute la room la plus fishy du strip, pas moyen que je ne joue pas, même s’il faut attendre 2h. Je m’inscris et file avaler une bonne entrecôte/frites au Bill’s Gambling. Correcte sans plus.

    A mon retour à la poker room, il y a encore 8 personnes en attente. Je demande au floor de m’appeler en chambre quand mon siège est dispo, et remonte prendre une petite douche et faire une petite sieste. Peu après 23h, le téléphone sonne. « Seat open sir ».

    Je me cave à 200. La table est très loose-passive, et à coup de 3bet, CB et 2nd berrel, je monte tranquillement à 350, sans jamais avoir à montrer mes cartes. Arrive à la table un texan (il l’a dit en s’asseyant « Hi I’m Eric, from Austin. I’m not laic but I am probably the second best american player at this table ». Ou un truc du genre). Il est cavé à 100 et limpe UTG sa première main, imité comme toujours par toute la table. Au bouton j’ouvre AA et relance fort, à 25. Là Eric me jette un coup d’½il qui se veut discret et furtif, du genre « je te tiens mon gars ». Il semble excité comme un mormon le jour de sa première communion, et sa main me semble évidente. Pourtant là ou le bouseux du Minesotta aurait juste callé, le fier Texan va me min-3bet à 48. Après tout il n’a peut-être pas menti sur son niveau l’animal. Ca fold jusqu’à moi, et même si l’acting n’est pas nécessaire à ce point, je prends 3 secondes, une bonne respiration, et push. Insta call évidemment chez monsieur. Le board amène successivement 742T8, avec trois c½urs. Je retourne mes flèches, et il reste muet quelques secondes, le regard vide. Puis retourne lentement un 6 de c½ur, suivi d’un as. De c½ur évidemment. Nice slowroll sir !

    Un peu en tilt, je paye la main suivante blind au cutoff une relance à 8. A la BB Eric 3Bet à 22. Un joueur en MP suit. Je regarde mes cartes et décide de caller avec ma poubelle.

    Le flop s’ouvre sur Eric check, et MP pousse son tapis pour environ $70. J’insta-call en jetant les jetons au milieu accompagné d’un « yeah yeah, whatever » du plus bel effet. Eric call également.

    Turn . Eric, dans un numéro digne de l’Oscar de la « meilleure performance dans un second rôle à une table de poker » semble hésiter. Il me regarde, me demande combien je joue. Je lui réponds environ $150, et il me lance alors « so I put you all-in ». J’attends bien deux minutes avant de prendre ma décision. Je ne dis rien, je le regarde avec des yeux bovins.

    Il finit par demander « time » et je lui réponds après encore quelques secondes « OK I call ». Il bondit de son siège et retourne son en hurlant « Max ! ». Le joueur en MP retourne sa PP5, et lui répond « not yet, 1 more card to come ». Je ne dis rien, je ne fais rien, je continue à regarder mon nouveau meilleur ami.

    La river amène une brique et Eric lâche un « Yes » retentissant. Il tend les mains vers la croupière lui signifiant en substance « amène tout chez papa ». Mais Carole n’est pas née de la dernière pluie. Elle devait déjà officier à l’époque où Bugsy Siegel a fait bâtir le Flamingo, juste à côté, et sent que quelque chose va se passer. Elle me regarde : « Sir ? »
    Je retourne alors mon jeu. Très, très lentement. D’abord le . Gros rire chez un des joueurs de la table, accompagné d’un « oh yeah baby » d’un autre.

    Puis le . Les yeux rivés sur Eric, je murmure à son intention : « Max ».
    Comme si ça ne suffisait pas, le floor vient m’apporter le jackpot High Hand récompensant les carrés et straigh flush. $292 de plus. Eric rajuste son stetson, se lève et s’en va avec ce qu’il affiche comme son reste de dignité. J’envoie 6 jetons rouges à la croupière. « Nice read miss ». Les reflexions fusent à la tale : "What an asshole" ; "Yeah he deserved it" ; "agree, but I wish him to reload"...

    L’heure suivante sera soporifique, je prendrai une multitude de pots limpés avec une relance en position, personne n’ayant apparemment envie de jouer mon gros stack. Je me lève finalement vers une heure du matin avec très exactement $900.

    Bilan de cette première session : +$700 et une belle histoire à raconter. En voilà un trip qui commence bien !
    Demain le deepstack du Caesar’ m’attend, mais pour l’heure une grosse nuit de sommeil me fera du bien, cela fait une vingtaine d’heures que je n’ai pas dormi et la fatigue commence à se faire sentir…

    A suivre…
  21. Introl
    Je n’avais pas mis le réveil, et c’est aux alentours de 14h que j’émerge, difficilement.

    Une demi-heure plus tard, je suis de retour à la Poker Room. Une seule table de NL ½ et une de Limit 2/4 tournent, et elles semblent bien fatiguées… Je discute un peu avec le poker manager qui m’explique qu’il n’avait jamais connu une situation comme la veille au soir : Nulle part à Vegas, sauf peut-être au Bellagio au plus fort des World Series, un joueur n’attendra plus de 45mn sa place à une table. Mais la veille une épidémie s’est déclarée parmi les croupiers, puisque 4 sur les 7 de service se sont fait porter pâle. Il a fallu débaucher 2 croupières de BlackJack pour pouvoir faire tourner les 4 tables, dont 3 de limit, au plus fort de l’affluence d’un samedi soir.


    Je décide finalement de ne pas jouer, mais m’inscrit sur la liste pour la grande spécialité de l’IP : le mixed games du dimanche soir (on y reviendra plus tard).
    Je sors sur le strip et là c’est l’horreur absolue : 40° au bas mot, pas d’air, pas d’humidité… On se croirait en enfer. Heureusement des brumisateurs sont installés un petit peu partout dans le passage qui mène de l’Ip au Harra’s. Ni une ni deux je m’engouffre dans ce dernier et prend le chemin de la poker room.

    Par chance, une table de HORSE 4-8 tourne, et une place est dispo, que je m’empresse de prendre. Je n’avais jamais encore eu l’occasion de jouer en HORSE en live, et les deux heures de session, avant que la table ne casse faute de participants à 4 joueurs left, furent un vrai bonheur, et resteront comme l’une de mes meilleures expériences de poker. Pas un touriste, que des mecs qui connaissent leurs variantes sur le bout des doigts, une ambiance conviviale… J’en sortirai délesté de $90, mais franchement heureux !

    Je retourne à la chambre pour surfer un peu sur le net, et découvre le MP envoyé par Yuestud, me disant qu’il est encore à Vegas jusqu’au lendemain et qu’il joue avec sa copine Axelle le $225 du Wynn à 20h. La structure est moins belle que le Deepstack du Caesar’s, et l’affluence bien moindre, mais la perspective de retrouver Yu balaie vite toute considération pokeristique. Yu était présent lors de la toute première partie live à laquelle j’ai pris part, il y a maintenant plus de 3 ans de cela. La grande époque du Montrouge Poker Tour chez l’ami Bastos. Ah, nostalgie quand tu nous tiens…

    Une pizza vite avalée au Pizza Palace (à éviter), et je prends à pied la direction du Wynn. Une vingtaine de minutes de marche sous une chaleur écrasante, à zigzaguer entre les girls band déjà à moitié bourrées, les touristes japonais présents en force, et les latinos distributeurs de flyers pour putes en livraison direct to your room. Epuisant, il n’y a pas d’autre mot.

    Je me souvenais être passé devant la poker room du Wynn il y a deux mois. C’était pendant les World Series, et je l’avais trouvée étrangement désertée. Quel contraste avec ce dimanche soir ! Une vingtaines de tables tournent, dont une 100/200 NL gratifiée de la présence de Huck Seed.
    Je tâte mes poches mais force est de constater que je devrais me contenter de la 1/3 pour ce soir.
    Je m’installe à ce qui se révèlera être la meilleure table low limit live à laquelle je ne me sois jamais assis. Du grand poker, des laydowns de folie (je n’avais encore jamais vu quelqu’un folder KK préflop en CG), des moves qui cassent bien la tête… J’en ressortirai soulagé de $130 au moment de prendre la direction du tournoi.

    Déception, il y a seulement 7 inscrit à 20h, et le manager nous propose d’attendre un petit quart d’heure avant de décider si l’on voulait jouer ou se désinscrire. Finalement le compteur grimpe petit à petit, jusqu’à atteindre 18 joueurs après l’arrivée de Yu et Axelle. Cette dernière s’installe à ma table, tandis que Yu prend place à la seconde, tout auréolé de sa victoire la veille dans le $330 hebdomadaire.

    Le début de partie va annoncer la couleur de la soirée : je perds 5000 jetons sur les 20000 de départ en deux coups, rivered à chaque fois par LE donk de la table, un croisement improbable entre Magloire et Michel Polnareff. La première fois lorsqu’avec AQs je flop top 2 pairs, il me payera CB + 2nd barrel avant de me check-raise à la river. Je lâche ma main et il montre tout content son brelan de 3 touché sur la dernière carte.

    Puis je relance en position une paire de 6, payé par monsieur en BB. Le flop amène QJ6. Il checke, je mise 2/3 du pot, payé. Turn blank, check, ¾ pot, payé. River K. Check, je check behind sentant le coup fourré. Bien vu, il retourne AT pour une ventrale courageusement et chèrement payée.

    La suite sera tout aussi morose, card dead pendant deux heures oop face au seul vrai bon joueur de la table. Avec l’augmentation violente des blindes, je me retrouve à pousser mes dernières 12BB avec KJs au cutoff, après le limp d’un donk en UTG+1. En BB, Axelle regarde ses cartes, et semble vraiment désolée de caller avec KK. Il n’y a vraiment pas de quoi Miss, je préfère que les jetons finissent chez toi… pas de miracle au board, et je sors en 10ème place, à la bulle de la table finale (bon OK, sur 2 tables). Je reste derrière Yu pour le voir sur la première main shove AJs au BB après une relance au bouton du bon joueur cité plus haut. Ce dernier insta-call avec QQ, qui tiennent. Il couvre tout juste Yu, et nous décidons d’aller prendre un café en face.

    Il me racontera son mois de juillet de folie, les yeux encore tout étoilés de kiff. Juste pour rappel, il a terminé 2ème du Deep Stack Extravaganza à $500 du Venetian, ITM dans un event à $1500 des WSOP, et bien évidemment 97ème du Main Event, pour un total avoisinant les $100k. Chapeau bas monsieur, et c’est plus que mérité au regard du talent et de la sympathie du bonhomme.
    Après plus d’une demi-heure, on s’interrompt soudain : « Au fait, Axelle ne nous a pas encore rejoint, on devrait peut être aller voir où elle en est…

    35 minutes de jeu depuis notre départ, et l’hécatombe : Ils ne sont plus que 3 en course, dont Axelle. Elle est 2ème en chips, derrière le bon joueur. On se poste avec Yu derrière le rail pour l’observer (très bien) jouer. Elle finira par éliminer le 3ème joueur, et aborde le HU à égalité de jetons. Un gros coup d’entrée la fera même passer en tête avec 2/3 des jetons, mais un flip river (18 outs) qui ne passe pas inversera la tendance. Elle s’incline finalement, après une partie très bien maîtrisée. Sick couple que ces deux là, quand ce n’est pas l’un qui perf, c’est l’autre.

    Nous nous séparons quelques minutes plus tard, car ils quittent Vegas le lendemain matin et ont besoin de recharger un peu les batteries, et je prends la direction de l’IP pour le fameux mixed games.

    Alors là mes amis attention, si vous voulez du gamble kiff, c’est THE place to be le dimanche soir !
    Il s’agit d’une succession de 10 variantes, jouées en limit 3/6, dont voici le détail :

    Omaha High/Low

    Double flop Omaha
    2 flops, 2 turn et 2 river. Le pot est splitté entre la meilleure main du 1er board et la meilleure du 2nd.

    Razz

    Double Hold-em
    Pareil que le double Omaha, mais à 2 cartes

    Baduci
    Les auditeurs de CPR ont déjà entendu Voj en parler. Il s'agit d'un Deuce to Seven triple draw, dont 4 cartes peuvent former une main Badugi. La meilleure main 2-7 et la meilleure Badugi se partagent le pot.

    4 Cards Ocean Crazy Pinapple
    Là on rentre dans le domaine de la science fiction. Chaque joueur reçoit 4 cartes. Après tour d'enchère suivant le dévoilement du flop, les joueurs restant défaussent la carte de leur choix. Une turn est retournée, nouveau tour d'enchère, et nouvelle carte défaussée pour les survivants. Rivière, enchères. Et enfin l'OCEAN est retournée, une 6ème carte qui laisse la place à tous les setups de la terre. Bien évidemment, on peut n'utiliser qu'une carte de sa main...

    Stud High/Low

    Badugi

    Deuce to Seven triple draw

    3-2-1 Omaha
    Il s'agit d'un Omaha high. Le dealer retourne successivement 3 flops, 2 turns et 1 river. Les joueurs doivent utiliser 2 cartes de leur mains et combiner 1 flop, 1 turn et la river. Je ne vous cache pas que c'est souvent le meilleur full qui l'emporte.

    A-5 High/Low
    Un triple draw où le pot est partagé entre la meilleure main et le meilleur low. Les couleurs et quintes ne comptent pas contre le joueur.


    Inutile de dire que les tapis jouent aux montagnes russes, mais c’est vraiment jouissif. A expérimenter au moins une fois, un must do !
    La table cassera finalement vers 3h du matin, j’empocherai un bénéfice net de $9 que je laisserai au croupier. J’observe un peu la ½ NL et hésite à m’y assoir, mais décide finalement d’aller me coucher, sentant la fatigue pointer le bout de son nez…

    Bilan de la journée : -450$, mais un max de plaisir !

    A suivre…
  22. Introl
    Tandis que l'on recompte nos stacks, sous l'oeil des superviseurs, l'installation de la table finale se termine. Une centaine de sièges ont été disposés pour le public, et une caméra cadre le centre de la table afin de retransmettre l'action sur écran géant.





    On nous demande de remplir une fiche d'infos comprenant, outre notre état-civil, des questions telles que : anecdotes de notre vie pokeristique, de cette édition 2008 de l'IPO, nos goûts musicaux...

    Puis les 9 finalistes sont réunis à l'écart. On nous donne l'état des chip-counts et positions des uns et des autres, et les deux commentateurs, Jesse May et Neil Channing s'assurent de la bonne prononciation de nos noms.

    Puis on nous dispose en file indienne, assignant à chaque joueur une hôtesse pour l'accompagner jusqu'à la table. Et puis finalement deux, sur sugestion de Neil Channing. Le chip-leader, lui, aura le droit à une escorte renforcée.

    Le chemin jusqu'à la table est interminable, et il me tarde vraiment de commencer. Cela fait 45 minutes que l'action a été interrompue, et j'ai hâte d'en découdre. Le premier rang des "gradins" (même s'il n'y en avait pas) est trusté par la colonie CPiste, qu'ils en soient ici remerciés : Manu, Skander, Jérôme, Ali, Gégé, Ronan, Régis, Roukmouk, Timus, Shok, Ted... désolé pour ceux que j'oublie.





    Voici le classement et les positions autour de la table :

    1: Maxence Decorne (France) -- 635,000
    2: Melika Pater (Netherlands) -- 1,475,000
    3: Elie Payan (France) -- 1,270,000
    4: Peter Murphy (Ireland) -- 590,000
    5: Jonathan Gelston (Ireland) -- 1,095,000
    6: Ruairi Coy (Ireland) -- 2,385,000
    7: Raymond Kerley (Ireland) -- 3,010,000
    8: David Introligator (France) -- 705,000
    9: Cyril Bourmaud (France) -- 1,915,000





    Une dernière photo de groupe devant le panneau du sponsor, et c'est enfin parti !
    Je suis 7ème sur 9, les blindes sont de 25k/50k pour encore 20 minutes, la moyenne est de 1,4 million, et les prix sont les suivants :

    1er 37.530¤
    2ème 23.130¤
    3ème 17.000¤
    4ème 13.000¤
    5ème 9.000¤
    6ème 7.000¤
    7ème 5.500¤
    8ème 4.500¤
    9ème 3.500¤

    La disposition à la table ne me réjouit pas vraiment... Sur ma BB, Ruairi Coy, un excellent joueur, est au bouton. Je suis pris en sandwich entre deux gros stacks, et sur mon bouton c'est Maxence, un autre short stack qui est de blinde...

    Premier coup, je suis au cutoff et hésite à relancer avec , mais laisse finalement filer ce qui sera un walk pour Melika.

    Les premiers tours sont très serrés, et nous ne verrons pas un flop. "On ne pourrait pas faire glisser une feuille de papier à cigarettes dans la raie du cul de ces guys", comme le dit si joliment Jesse May.

    Au cours de ce premier orbite, en combat de blinde je prends la BB de Cyril avec .
    Au tour suivant, j'ouvre au bouton et relance à 135k. Cyril jette, et Maxence hésitera un bon moment avant de jeter, me dira-t-il plus tard, A9s.





    Les blindes ont grimpé à 30k/60k lorsqu'arrive le gros bad-beat du tournoi. UTG+2, Peter Murphy pousse all-in ses 510k. Je suis en SB, découvre , et relance immédiatement à hauteur de mon tapis, 730k... A ma grande surprise, Cyril, en BB, call... Il a un stack de 2 millions, et pour l'avoir joué en demi-finale il me semble capable de jouer ainsi avec un grand panel de mains, n'importe quelle paire et AT+.
    Je me dis avec une certaine satisfaction qu'il y a une justice, et que ces maudits rois qui m'ont causé une si grande désillusion l'an dernier vont prendre leur revanche et me propulser à la tête de 2 millions de jetons, dans le top 3...
    Dans le public, la forte colonie CP rugit, et bien que dans ma bulle depuis le début de cette table finale, je parviens enfin à les entendre.

    Nous ouvrons nos jeux : pour Peter Murphy, et... chez Cyril !
    Raymond, mon voisin de droite et chip-leader, est soulagé de m'apprendre qu'il a failli suivre avec

    Le flop est dévoilé :

    C'est un véritable coup de massue, et je n'y crois pas un instant lorsque j'appelle une dame ou un valet au turn, pour un semblant d'espoir. Mais le vient, suivi du moqueur pour enfoncer un peu plus le clou...

    Après le partage avec Cyril du pot extérieur, je suis encore vivant, certes, mais bien mal en point avec 220k alors que les blindes passent à 40k/80k

    UTG+1, je suis heureux d'ouvrir . Ruairi en BB n'a presque rien à rajouter, et il le fait sans même regarder ses cartes. Il a , et je respire un peu.
    Ca ne durera pas longtemps, puisque le flop amène

    Mais il y a un problème. Je fais remarquer à la croupière qu'elle a oublié... de brûler la première carte !

    S'en suivent dix minutes interminables durant lesquelles la croupière tentera avec le directeur du tournoi de se remémorer avec exactitude la manière avec laquelle elle a retourné le flop, afin de déterminer laquelle de ces trois cartes est celle qui aurait dû être brûlée.
    Ce sera finalement le , la meilleure pour moi, puisqu'elle ôte à mon adversaire ses tirages quinte et couleur backdoor, tandis qu'elle me laisse les deux trèfles.

    Mais comme décidément on ne peut pas être tranquille, c'est un qui la remplace. Et pour couronner le tout, un vilain pointe son nez au turn. Ruairi joue 9 cartes : les deux, les quatre et les cinq. La river est heureusement le , me permettant de remonter à 480k.

    Je prendrai une nouvelle fois les blindes, sur Elie, en poussant all-in avec , avant le dernier coup de mon tournoi quelques instants plus tard...

    UTG+1 avec j'envoie mon tapis, et suis payé une nouvelle fois par Ruairi en BB qui retourne une main bien plus légitime :

    Un au flop scelle mon destin, et je sors le premier de la table finale, 9ème au final, pour un gain de 3.500¤.

    Je suis bien sûr déçu, mais sans regrets car je n'y pouvais absolument rien... Je n'ai eu aucune décision difficile à prendre en table finale, et n'ai rien à me reprocher durant ces 90 dernières minutes. Lorsque je me retourne et que je constate avoir laissé 1291 adversaires derrière moi, je n'y vois aucune raison d'être amer.

    S'en suit une bonne demi-heure à remplir un formulaire pour le paiement, et répondre très connement à des questions très connes pour le blog de Boyle. ("Ca vous a fait quoi de jouer en vrai, sur une vraie table et avec des vrais jetons ?")

    Mes obligations terminées, au moment de retourner en salle pour encourager Maxence et Elie, mon cerveau pète un plomb. Comme un cheval qui refuse l'obstacle, je me trouve paralysé, incapable de faire quoi que ce soit. Après deux jours de concentration extrême, ne plus rien avoir pour se nourrir semble le contrarier, et je me sens d'un coup d'un seul totalement vidé, fatigué... Les potes passent à ce moment là et me proposent de rentrer, je saute sur l'occasion. A l'auberge, il sera impossible de dormir, à cause des ronflements de deux de mes compagnons de chambrée, et je terminerai finalement le nuit sur le net, suivant avec excitation la fin du tournoi tandis que je couche sur brouillon les mains les plus importantes de ces deux jours, afin de n'en oublier aucun détail.

    Le retour sur Beauvais le lendemain, dans un avion à très forte majorité poker, sera agité. Au sens propre du terme, par la faute d'un vent très violent... Et cette fois, le pilote aura bien mérité l'énorme ovation offerte à l'atterrissage.



    Merci à Shok pour les photos

  23. Introl
    Il est 8h30 lorsque le réveil me tire de mon sommeil. J'aurais pu gratter une ou deux heures de plus, mais les horaires de petit dej sont impitoyables : 7h/9h ! Et je tiens absolument à mon Irish Breakfast gratuit... Il faut dire qu'avec ça, mon estomac sera bien calé jusqu'au dinner break du soir : Oeufs, Bacon, Saucisses, Haricots, Tomate grillée, toasts et Scone (sorte de brioche aux raisins, très très nourrissante, traditionnellement dégustée à l'heure du thé).





    Bien rassasié, je m'offre une petite marche de 40 minutes jusqu'au Regency Hotel où se déroule le tournoi, ce qui me fait un bien fou !
    J'y retrouve tous les qualifiés CP, ainsi que les éliminés qui ont fait le déplacement pour encourager les autres... Voilà l'esprit qui aura animé toute la colonie CPiste durant ce week-end, et qui nous aura permis de tenir le coup à force de soutien, conseils et réconfort.

    Les places ont été retirées, d'une manière pour le moins original : par ordre alphabétique de nos prénoms ! Je commencerai ainsi à la table 30 en compagnie de quatre autres David...





    Avec tout juste dix blindes, mon plan est pour le moins simple : ne pas hésiter à m'engager à fond dès qu'une grosse main se présentera. Je ne vise pas la survie pour entrer coûte que coûte dans l'argent, quitte à sacrifier toute chance d'aller plus loin ensuite. L'objectif est de monter un gros stack ou mourir, et je compte bien sur la tightitude des autres à la table pour accumuler les chips.

    Après deux orbites où je constaterai qu'effectivement, la table est très craintive, je suis en SB et découvre . UTG+1, l'énorme chip-leader a relancé à 20k (blindes 2500/5000). Il martyrise la table depuis le début, relançant deux coups sur trois, et s'est déjà couché à deux reprises face à une sur-relance. Je n'hésite pas un instant et pousse all-in. Pas de bol, cette fois il me call sans aucune hésitation avec
    Pour la première fois, je joue mon tournoi sur un coin flip. Heureusement je ne souffrirai pas longtemps, un as salvateur apparaissant au flop.

    Ce coup me propulse à 120k, au moment où nous arrivons à la bulle. Il reste 136 joueurs et nous attaquons une période de "Main par main" durant lequel le temps paraît à la fois très long (il faut attendre que toutes les tables aient fini leur coup pour attaquer le suivant) et trop rapide (car pendant ce temps là, l'horloge tourne !). A chaque fois qu'un tapis est payé, une foule se masse autour de la table pour espérer assister à la mort du malheureux bubble boy.
    Après plus d'une vingtaine de minutes de ce fascinant spectacle, la récompense est là : un joueur est éliminé, sous les applaudissements nourris des 135 survivants, assurés de repartir au minimum avec 300¤, le double du buy-in.
    Ce n'est qu'alors que je réalise pour la première fois le chemin parcouru... Il y avait 1300 joueurs au départ, et réussir à se hisser dans les dix derniers % n'est pas la moindre des performances.
    J'aperçois quelques collègues CP ayant réussi à éviter les balles : Gégé, Manu, Styroben, Timus, Benoux...

    Un autre tournoi débute alors, et il convient de jouer très prudemment, en attendant les opportunités. Effectivement, les petits tapis, qui luttaient jusque là pour survivre, n'hésitent plus à envoyer valser leur maigre stack afin de doubler, doubler et encore doubler. Les éliminations se succèdent à un rythme effréné, de gros tapis commencent à se construire, et nous nous retrouvons bientôt à 60 joueurs.

    Je change de table et rapidement une néerlandaise, excellente joueuse et dotée d'un énorme stack, vient s'asseoir à ma droite. Sur notre premier combat de blindes, elle m'agresse, ce à quoi je riposte en allant voir le flop avec ma poubelle, .

    Celui-ci est ma foi bien sympathique :
    Elle check, je mise 2/3 du pot, et elle me sur-relance au triple.
    J'espère vraiment qu'elle a AQ ou une overpaire, et pousse mon tapis après un peu de cinéma.
    Elle hésitera longtemps avant de passer, me disant qu'elle avait un 6





    Notre table casse, et survient un coup qui rentrera dans ma petite légende personnelle. Car je ne l'ai pas très bien joué mais en ai été récompensé, et parce qu'il sera à l'origine du plus beau come-back de cet IPO 2008.

    Voici le contexte : J'ai environ 130.000 chips devant moi, et suis card dead depuis l'éclatement de la bulle, une heure et demi auparavant. Je réussis à me maintenir au gré de quelques vols, mais avec des blindes à 6000/12.000 et une moyenne à 220.000, il va bientôt être temps de bouger. Je suis à une nouvelle table depuis une heure, sur laquelle se trouvent Nicolas "BushDoctor" à la tête de près d'un million de jetons, Maxence en mode survivor, et un français arborant un polo orange "Orléans Poker" (Elie) qui vient d'arriver. Je suis au bouton, tout le monde passe et je découre . Pas d'hésitation à avoir dans ma position, je raise à 30.000. La SB passe, et Elie, en BB, me dévisage quelques instants de derrière ses lunettes réfléchissantes avant de pousser son tapis, qui couvre le mien de tout juste 21.000.

    Il y a désormais une décision à prendre, et elle n'est pas facile car elle engage le reste de mes jetons. Dans 3 minutes, les blindes vont passer à 8000/15.000, et il me restera 100k si je passe, soit moins de 7 grosses blindes.
    J'ai ces 100k à mettre dans un pot de 300, soit une côte de deux contre un. Mon intuition me hurle qu'Elie tente sur ce coup un resteal ce qui représente plus d'un tiers de son tapis. J'abaisse raisonnablement la probabilité à 40%, et envisage les autres hypothèses de sa HR. Avec quoi peut-il envoyer ainsi son tapis ?
    - Air, en resteal : 40%
    - Une petite paire : 25%
    - AK, AQ, AJ, AT : 25%
    - AA, KK, QQ, JJ, TT : 10%

    En mixant tous ces scénarios, j'arrive à une equity comprise entre 40 et 50%, ce qui me donne largement la côte pour payer. Mais comme je joue mon tournoi sur ce coup, il s'agit de savoir exactement quels sont mes objectifs. J'ai déjà gagné à ce moment là 500¤, et très clairement le mode survie pour grapiller quelques dizaines d'euros supplémentaires et finir par sortir 40ème ne m'intéresse pas. Ce coup peut me permettre de remonter bien au dessus de la moyenne et viser sereinement les 2/3 dernières tables. Alors je paye.

    Il révèle et paraît bien soulagé de voir ma main (que je le comprends !)

    Le flop vient :

    Turn :

    River :


    Si je ne peux m'empêcher de lâcher un "OUIII" soulagé à l'apparition de l'as, je ne suis pas très fier au moment d'empiler les jetons devant moi. Elie est pour sa part très, très énervé, et me lancera quelques piques acérées durant les minutes suivantes. Je comprends tout à fait son courroux, et laisse passer l'orage avant de lui exposer, en dehors de la table, mon raisonnement. Il finit par reconnaître que celui-ci se tenait, même si de son côté jamais il n'aurait joué tout son tournoi dans cette situation.

    Mais l'histoire est belle. Alors qu'il ne lui restait que 15k, soit une grosse blinde, au moment des 7 dernières tables, il terminera 3ème de cet IPO, pour 22.000¤ de gains !



    Deux heures ont passées, nous ne sommes plus que 3 tables, à présent.
    Rien de particulier à se mettre sous la dent. A coups de vols, resteals et d'un joli squeeze avec , mon tapis a grimpé à 500k, aux blindes 15k/30k

    Un coup intéressant m'oppose à Nicolas, alors à la tête de plus d'un million de chips :
    UTG+2, il relance à 90k. J'ouvre au bouton, et re-raise à 210k. Il call et vient le flop :



    Il check, et j'envoie mon tapis, pour un peu moins de 300k.
    Nico abandonne le coup et me montre
    Je ne veux pas qu'il ait de regrets, aussi je lui montre ma main.


    Au niveau suivant (18k/35k), un français au cutoff envoie son tapis dans un pot non ouvert, pour 380k. J'ai , et au vu de son move et son attitude pas très sereine, l'imagine sur une petite paire ou un vol avec un as faible / moyen, qui n'a surtout pas envie d'être payé. Je call assez vite, content de ma lecture lorsqu'il retourne . Pas de drame et je culmine alors à un million !

    Hélas j'en recracherai la moitié, en 3 coups, à mon voisin de gauche, un français de Montrargis nommé Cyril (futur finaliste). Premier acte : j'ai au bouton, et les deux blindes étant shorts avec respectivement 80k et 250k, j'envoie le tapis.
    Cyril insta-call avec

    3 coups plus tard, je découvre et relance à 100k. Cyril va à tapis pour environ 180k, et retourne

    Enfin, toujours lors de la même orbite et certainement un peu agacé des deux coups précédents, je tente un vol au bouton avec , mais Cyril, toujours lui, me renvoie son tapis que je suis obligé de payer commited. Pas de surprise, son tient bon, et je retombe à 550k...


    Je me maintiens tant bien que mal en demi-finale, et finit par faire éclater la bulle de la table finale, aux blindes 25k/50k, en payant le tapis d'un joueur belge (180k) avec . C'est un coin-flip face à sa paire de , et un au turn, synonyme de table finale, me procure ma plus belle décharge d'adrénaline du tournoi...







    Edit, quelques années plus tard : Le Elie en question a aussi un nom de famille : Payan...



    On peut dire qu'il y avait du beau monde dans ce tournoi

  24. Introl
    Notre table, comme le reste du tournoi (430 sur 1300 participants), a résolument l'accent français.
    Nous sommes quatre tricolores, à qui il faut ajouter un belge et un luxembourgeois... Les trois pauvres irlandais ont dû se sentir bien seuls, malgré les relances incessantes des croupiers pour faire respecter la règle : "English only please !".





    Les premières cartes sont distribuées, et tout le monde passe jusqu'à moi, de petite blinde. Je ne vais tout de même pas offrir un walk à Manu dès la première main, et décide de relancer quelques soient mes cartes. J'ouvre , ce qui soulage un peu ma conscience. Je relance à 150, Manu jette et beau joueur je lui montre qu'il ne s'agit "bien évidemment" pas d'un vol...

    La table est assez serrée, et les relances sont respectées. Très peu de 3-bet, et jamais plus de 3 joueurs à voir le flop...

    Mon premier coup intéressant intervient dès la 2ème orbite. J'ai en BB. Nous sommes deux à voir le flop, avec le joueur belge ayant limpé en MP.

    check / check
    Turn :
    Il mise 150, payé
    River :

    Il mise 400, que je me contente de caller. Il retourne pour une over-straight


    Dernier coup du premier level, j'ouvre UTG+1 et relance à 175. La SB me sur-relance à 500, je paye.
    Flop
    SB check, je mise 800, et il me raise à 2200.
    Il s'agit d'un joueur français très serré, qui a dû jouer 2 coups en 40 minutes. Il ne peut pas m'avoir 3-bet avec J3 J8 83 ou 33, je le mets donc sur AJ, JJ, KK, AA ou 88. Autant dire que je ne bats pas grand chose et je n'ai aucun regret à jeter mes ladies.
    Je tombe après ce coup à 8k, mais rien de dramatique, il me reste encore 80 blindes !


    Nous sommes à présent à la fin du level 75/150, et je navigue aux alentours de 9000, quand arrive l'un des premiers coups charnières de mon tournoi, qui va se dérouler en deux temps.

    Premier acte : je suis de BB avec et décide de défendre une relance de 400 du cutoff. Flop de rêve : .
    Je check très vite, et le cutoff, un français assez agressif, overbet à 1000. Je le vois alors sur une paire de 10 ou de valets qui ne veut surtout pas me laisser voir le turn. Après un peu d'acting je le relance, un peu trop fort hélas, à 3000. Il hésitera beaucoup avant de jeter face visible sa paire de valets. Je lui montre mon 9, et là il part en énorme et inespéré tilt :
    "Ah put**n, je le savais, il avait As-Neuf !!!"
    Son voisin : "Ou brelan de 9..."
    - "Mais non, avec un brelan il aurait juste callé... J'ai failli lui envoyer ma boîte, put**n, quel con !"

    S'en suivront quelques minutes où il me jettera quelques regards méchants à chaque fois que c'est à moi de parler. Lorsque Ronan, alias Roroflush, qui s'occupe du coverage pour le forum CP, viendra prendre de mes nouvelles, je lui raconterai le coup en prophétisant : "j'ai plus qu'à attendre le bon spot pour lui prendre tout le reste..."

    Et ça ne traînera pas : moins de dix minutes plus tard il attaque de nouveau ma BB. J'ai , et call sa relance à 450, sentant l'accident se profiler... Au vu du regard qu'il me jette, je suis persuadé qu'il est à nouveau sur une grosse paire.
    Le flop est intéressant :
    Je checke/call sa mise de 800
    Turn :
    check / check
    River : , Bingo !
    Il lui reste environ 4000 et je le sens chaud comme la braise. Je décide de l'aiguilloner juste ce qu'il faut avec une mise de 1000. Il m'insta-raise all-in, que je call tout aussi rapidement.
    Il révèle une paire de très mal jouée, et nous quitte furieux...


    Mon stack est alors de 16.000, et débarque à la table un sacré personnage : Neil "BadBeat" Channing. Vainqueur de l'Irish Open 2008, runner-up du World Poker Open 2007, 7 cash-in aux WSOP cette année... Autant dire un sérieux client. Grande gueule, trash-talker de première, il ne tardera pas à faire totalement tilter Manu. Grande gueule, mais d'une simplicité et d'une convivialité épatante. Le mec joue un tournoi à 150 balles, mais ne le prend pas par dessus la jambe et tente d'apporter un peu de vie à la table. La classe ! Je regretterai juste que la table ait cassé après 2h30.





    Car en effet arrive alors ce qui aurait pu se transformer en drame : une serveuse venue apporter une bouteille d'eau à Manu trébuche et me renverse un grand gobelet de café bouillant sur le bras. Heureusement je portais alors une polaire à manches longues... Il me faudra tout de même 5 bonnes minutes le bras sous l'eau froide pour calmer la douleur. Si j'avais eu les manches courtes au moment de l'accident, il aurait sans doute fallu m'évacuer vers un hôpital...





    De retour à la table, plus personne. Le café renversé sur un bon tiers du tapis a poussé les organisateurs à casser la table un peu plus tôt que prévu. Je suis alors déménagé à la 52, où je ne connais personne et où je suis, chose étrange, le seul français.


    Rien de particulier à se mettre sous la dent, et le dinner break arrive à point nommé tant mon estomac commence à crier famine. Nous allons nous restaurer avec Babu dans un pub à 5mn de marche, où je me régalerai d'une succulente assiette de Bangers and Mash (Grosses saucisses maison et pommes de terres écrasées, le tout arrosé d'une sauce aux oignons).

    De retour au Regency, nous profitons du quart d'heure de pause restant pour échanger nos impressions avec les CPistes encore en lice... Pas mal de monde se porte bien, voire très bien, c'est de bon augure !

    Il reste environ 400 joueurs, et nous terminons le level 400/800.

    Je sors un très sympathique irlandais short stack, avec une paire de dix contre une paire de quatre, avant d'être de nouveau changé de table.
    Je m'installe à la n°16, juste à l'entrée de la salle de tournoi.

    A peine le temps de dire bonjour aux autres joueurs et à la croupière, que je reçois en début de parole. Les blindes sont de 500/1000, et je relance à 3000, payé par deux joueurs.

    Flop :

    C'est magnifique, mais hélas bien trop dangereux, avec de plus 2 adversaires dans le coup. Je suis obligé de protéger ma main et mise 8000, soit la moitié de mon stack restant. Un joueur jette assez vite, mais le second au cutoff, un français, réfléchit longuement. Je le sens tout prêt à envoyer le tapis (il me couvre assez largement). Mais finalement il jette, à regret semble-t-il, sa main. Beau joueur, et histoire de me faire une bonne image, je montre mon brelan. Il m'avouera alors avoir "failli faire une bien grosse connerie" avec KQ...

    Je monte à 40k et suis bien respecté à la table, ce qui me permet de voler quelques pots et de grimper tranquillement à 50k.

    A quelques tables de là, j'aperçois Manu debout les poings serrés, hurlant comme une truie qu'on égorge... j'apprendrai par Ronan qu'il vient de suckout QQ vs AA avec une Q à la river, pour doubler à 70k.


    Nous entrons dans les deux derniers niveaux de la journée lorsque, stabilisé aux alentours de 45k, je perds un gros pot.
    Les blindes sont de 1500/3000 et je suis de BB avec .

    Le bouton, le français de tout à l'heure, me relance à 8000. C'est la 3ème fois en trois orbites, et cette fois-ci je décide de me défendre.

    Le flop m'amène deux paires ainsi qu'une backdoor flush :
    J'attaque en misant 12.000, mais suis immédiatement relancé à tapis... Dès lors il n'est pas trop difficile de me séparer de ma main, car je ne peux qu'être battu : AQ, AJ, KT, JJ, QQ... autant de main que peut probablementposséder mon adversaire. Je jette et il montre pour les nuts.

    Après quelques tours card dead et un vol raté, je tombe à 16k et suis bien mal en point alors que l'on attaque le dernier level, aux blindes 2000/4000 !

    La table casse, et déplacé à la 31, je touche enfin mon premier monstre... 10h32 très précisément que je les attends : .

    Au cutoff, je pousse mon tapis et suis payé par un gros stack possédant
    Mes as tiennent, et je remonte à 35k.





    Moins d'un tour plus tard, rebelote : . Je raise à 10.000 et prends les blindes.

    Quelques vols plus tard, la journée se termine, et nous jouons le dernier coup. Lorsque l'action m'arrive, au hijack, le compte à rebours sur l'horloge est à zéro, et j'aperçois du coin de l'oeil le cutoff et le bouton jeter leurs cartes avant leur tour. Au SB se trouve Maxence, un joueur avec qui j'ai fait le trajet de Paris à l'aéroport de Beauvais, que je sais très serré et prudent. A la BB, un joueur soulagé d'avoir passé le Day 1, qui vient de taper dans les mains de ses potes avant de constater dépité qu'il restait un coup à jouer et qu'il était de blinde. Nous avons tous les trois sensiblement le même stack (entre 40 et 50k), et j'estime qu'à ce stade ils ne pourront me caller qu'avec AA, KK, voire QQ (et encore !). Je décide d'envoyer mon tapis sans regarder mes cartes. Maxence ne réfléchit même pas, et la BB guère plus avant de jeter KJ. Je découvre alors en même temps que tout le monde pour un dernier vol bien lucratif, qui m'amène au final à 52.000 jetons, pour une moyenne aux environs de 70.000

    Il reste très exactement 180 joueurs, et nous attaquerons demain au niveau 2500/5000. Il y aura 135 payés, et à n'en pas douter la bulle éclatera très vite au vu du nombre de short stacks (moins de 10BB).

    Vient le moment, très excitant lorsque c'est notre première fois, du comptage / recomptage par le superviseur de notre stack, et l'ensachage des jetons pour le lendemain.

    Il est un peu plus de 3h lorsque nous quittons la salle avec Skander, Manu et Jérôme. Pas de problème avec le taxi cette fois-ci, et ma montre (enfin l'horloge de mon portable) indique 4h du matin au moment de se coucher...

    Demain est un autre jour, il s'appelle "Day 2" et j'y suis invité... Ca tombe bien, je n'ai rien de prévu !


    Merci à Manu pour les photos
  25. Introl
    Pour la seconde année consécutive, direction l'Irlande pour ce qui s'annonce comme le plus grand tournoi de poker se disputant hors des Etats-Unis, puisque 1200 joueurs sont annoncés (1084 l'an dernier). Au final il y en aura 1300, dont un bon tiers de français !

    A titre personnel, j'ai une revanche à prendre sur ce tournoi. C'est en effet lors de la première édition que je me suis pris le plus gros bad beat de ma vie... Je l'ai déjà tellement raconté que j'abrège :

    Avec je trouve un flop
    Mon adversaire envoie son tapis, insta-call. Elle a

    Turn River


    Il est donc très tôt en ce samedi matin lorsque l'on prend la route de Beauvais avec Regiseis, Roukmouk et un certain Maxence, que je ne connais pas encore (mais ça viendra ). Premier bad-beat du week-end, il faudra se taper l'intégralité du live de Christophe Maé (désolé Régis, mais comme tu le vois je suis un garçon bien élevé, je n'ai rien dit...)

    A l'aéroport nous retrouvons toute une joyeuse troupe du CP, avec qui nous jouons tout au long de l'année, chez les uns et les autres : Skander "Rirou99", Manu "Choubdia", Ali "Bilara", Jérôme "John Masterfly", Jean-Louis "Babu", Loïc "Lol91"...

    Vol très rapide vers Dublin, où certains petits malins ne pourront s'empêcher d'applaudir le pilote à l'atterrissage...
    Nous prenons un taxi avec Skander Manu et Jérôme pour le centre ville, où se trouvent nos auberges respectives. Pas de bol, nous tombons sur un vieil irlandais bien rougeaud et suintant la vinasse de tous les pores de sa peau, qui nous fera faire une petite visite (non guidée) des faubourgs de Dublin, occasionnant une note au minimum du double de ce que l'on aurait dû payer. Comme quoi il n'y a pas qu'en France...

    Après avoir check-in l'auberge et m'être restauré, direction le Regency Hotel, dans les salons duquel se tient le tournoi. Et là c'est le vrai choc ! On peut dire que Boyle a fait les choses en grand, bien loin du sympathique amateurisme de l'an dernier... Les salles sont superbes, toutes les tables ont des croupiers, partout des écrans géants pour avoir l'oeil sur l'horloge, les jetons bien mieux qu'attendus, les cartes des Fournier jumbo index poker size (mes préférées )...
    La forme est donc bien là, mais le fond ne sera pas enreste, comme nous pourrons le constater tout au long du week-end. L'organisation aura été PAR-FAITE ! Pour avoir couvert le Partouche Poker Tour à Cannes en septembre dernier, je peux vous assurer que la seule différence se trouvait dans le montant du buy-in : 150¤ contre 8500.





    Sur place, je me chargerai de la distribution des écussons "Club Poker", commandés pour l'occasion par Webmaster & Webdezigner (bravo les gras, bonne intuition !). L'occasion de faire la connaissance de nombreux membres que je ne connaissais pas encore, tels que Shok, Timus, Styroben, Asher94, Pedro... Et de retrouver les participants du day A : Gégé "Mad202", qualifié pour le day 2, et Roroflush, éliminé sur un joli bad beat, et à qui je réussirai à dégoter un pass presse (là aussi, good beat).

    Il est à noter que de nombreux pros participent à l'évènement, chacun ayant un bounty sur sa tête. Et il y avait du lourd, jugez plutôt :

    - Marty Smyth
    Vainqueur du bracelet 10k PLO cette année, ainsi que du World Poker Open IV et de l'Irish Open 2007.

    - Padraig Parkinson
    La légende du poker irlandais, 3ème du main event 1999.

    - Andy Black
    Est-il besoin de le présenter ? Plus de 4 M$ de gains en tournois.

    - Surinder Sunar
    Même commentaire, enlevez juste 500k$.

    - Neil "Badbeat" Channing
    Une personnalité exubérante et un trash talker de première, comme nous le constaterons avec Manu sur notre première table. Vainqueur de l'Irish Open 2008, runner-up de Marty Smith lors du Worls poker Open IV.

    - "Mad" Marty Wilson
    A participé à ses premiers WSOP le jour de ses 21 ans, en 1985. Il est l'un des joueurs réguliers du show "Late Night Poker".

    - Ian Frazer
    Vainqueur de nombreux tournois, dont le Pacific Poker Open. 1M$ de gains.

    - Andy Ward
    Runner-up du WSOP 1500$ Limit Shootout 2007

    Nous sommes invités à nous installer.
    Je commencerai à la table 37, siège 1. A ma gauche, au 2, Manu "Choubdia"... Comme le monde est petit !

    Shuffle up and deal !




    Crédits Photos : Shok

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