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SuperCaddy

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  1. Thanks!
    SuperCaddy reacted to olivierp for a blog entry, Une introduction aux "solveurs"   
    J'ai dans les tiroirs un article que j'avais écris pour (feu) so poker n°3, je me dit que tant qu'à faire, autant le poster sur le cp :
     
     Une introduction aux solvers
    A haut niveau, le poker façon grand mère est révolu depuis un petit moment. Les recettes de cuisine que l'on pouvait utiliser en s'inspirant des mooves de Durrrr dans High Stakes Poker sont un peu passées de mode...
    Les joueurs progressent d'années en année et une approche plus équilibrée ("GTO") est désormais la norme.
    Une révolution récente qui a permis à cette approche de faire des pas de géants est l’apparition de solveurs. Il s'agit de logiciels permettant de calculer des équilibres entre adversaires : on rentre un certain nombre de paramètres initiaux (éventails de main, taille des tapis, taille du pot, mises utilisables, etc...), le logiciel mouline et nous propose une stratégie à adopter qui est sensée être « inexploitable ».
     
    Ces logiciels se heurtent à plusieurs limites. En effet, il ne sont utilisables qu'en situations de heads up et les résultats obtenus sont en général très complexes à mettre en œuvre et donc difficilement exploitables.
    Ils permettent aussi de dire tout un tas d’âneries si l'on ne fait pas bien attention à ce que l'on fait.
     
    Prenons un exemple pour éclaircir tout ça (si tout se passe bien ) 
    La situation J'ai pris comme point de départ une vidéo de Ben Sulsky (Sauce123) sur RunitOnce où il analyse une situation UTG+1 vs Btn sur un flop  à l'aide de Piosolver (un des solveur existant sur le marché).

     
    Pour résumer la vidéo, l'idée est d'étudier les profils de continuation-bet de nos adversaires et de s'y adapter correctement.
    Bon, il ne s'agit ici évidement pas de faire un résumé de la vidéo, mais de voir assez rapidement comment « marche » un solveur, je ne parlerais que de la situation au flop.
     
    Les ranges C'est le premier paramètre que nous allons devoir rentrer dans le solveur. Je ne me contenterai que de reprendre les ranges proposées par Ben Sulsky (ci-dessous). C'est en général un bordel noir de les définir correctement dans une bonne partie des situations. Simplement parce qu'en fonction des joueurs, celles-ci peuvent évoluer une tonne (et que ça va avoir ensuite un effet monstrueux sur les stratégies proposées).

    range de relance utg
     

    range de call au bouton
     
    Pour lire ses ranges, le chiffre en dessous des mains correspond à la proportion de ces mains présentent dans les ranges respectives. C'est assez simple pour UTG qui va simplement relancer ou coucher, donc en règle général des 0 et des 1, mais ça devient plus dur à définir quand les joueurs ont aussi l'occasion de 3-bet.
    Par exemple Bouton paye 50% des ses suité parce que sa range est certainement construite avec une partie de relance et une partie de call (c'est standard de split ses ranges dans beaucoup de situation pré flop).
     
    Les ranges proposée par Ben Sulsky sont notablement plus large que ce que l'on rencontre habituellement. Pour donner une idée, UTG relance un peu plus de 20% de ses mains. Aux tables en moyenne limite, les ranges d'open varient globalement entre 13 et 20%. Bref, c'est large, mais pas fou non plus. Idem pour la range de call au bouton, qui pour le coup va encore plus varier en fonction des joueurs...
     
    Les paramètres Il faut aussi rentrer les paramètres de mises : quels montants par street, possibilité de raise, de donk etc...
    Compte tenu de la taille des arbres de calculs, on est assez vite limité en nombre de sizings, en plus d'avoir un résultats qui sera tout à fait inexploitable.

    paramètres entrés pour la simulation
     
    Pour le coup, les paramètres rentrés sont au plus simple : une seule taille de mise par street. Ca permet tout de même en général de donner une bonne idée de ce qu'il faut faire.
    Une approche classique est de lancer une simulation avec plusieurs sizing (disons 3, par ex 1/3 - 2/3 - 150% pot au flop) pour ensuite sélectionner le majoritaire selon Pio (s'il y en a) et relancer une simulation plus simple ensuite.
     
    Le calcul Sur notre ordre, Piosolver mouline. Une fois la précision demandée obtenue (c'est paramétrable aussi), il nous explique ce que l'on doit faire au flop. Commençons par la fréquence de mise d'UTG+1 :

    stratégie proposée pour  UTG+1, en vert les checks, en rouge les mises
     
    Verdict :
    il faut check quasiment tout le temps ! Pour être précis, les fréquences proposées sont miser 6,5 % / check 93,5 %. Cela va pas mal à l'encontre des habitudes que l'on peut voir aux tables...
    Cette stratégie est assez simple finalement, voyons ce qui est proposé ensuite pour le Bouton :

    stratégie proposée pour  le Bouton, en vert les checks, en rouge les mises
     
    Verdict :
    Cette fois ci, la stratégie proposée est plus compliquée : 50% check / 50% bet, et pas mal de mains peuvent à la fois miser ou checker, pratique...
    Nous pouvons avoir des informations sur la manière dont Piosolver partage les mains en fonction des couleurs des cartes, il suffit de lui demander. Prenons deux exemple : 88 et T9s :
                                                             
    proportion de check / bet en fonction des couleurs des cartes pour 88 et T9s
    Dans le cas de T9s, un thème se dégage : nous allons miser les mains avec des tirages flush backdoors. Dans le cas de 88, le thème c'est qu'on en mise une partie, pas particulièrement de logique qui ressort en fonction des couleurs de nos cartes.
     
    Pour pouvoir appliquer les stratégies proposées par les solveurs « dans la vraie vie » il va nous falloir simplifier les résultats. Par exemple dans le cas du bouton à qui UTG+1 à check :
    Les pocket pairs : check 66-TT, miser les nuts (brelans et overpaires 44-55-JJ-QQ) Les As suités : miser les plus petits as sans paires (A2s, A3s, A6s et A7s) + AJs, checker les autres As (ils ont plus de showdown value, donc moins intéret de faire fold des mains en face)
    Miser KTs, T9s, T8s, 98s avec les backdoor flush draws
    Au niveau des paires de valets : check les plus mauvais valets (JTs, J9s) et miser tous les autres
    Deux mains méritent certainement d'être partagées entre miser et checker pour se couvrir si une overcard arrive au turn ou à la river : AQ et KQ (Pio nous propose à peu près du 50/50 entre les deux options)
    Pour partager leurs mains, certains joueurs utilisent des « randomize », c'est un logiciel qui affiche un nombre entre 0 et 100 lorsqu'on le lui demande.
     
    Bref à chaque situation que l'on étudie, il faut en tirer des résultats qui soient applicables ET mémorisables, pas évident .
     
    Dans cet exemple, une seule taille de mise a été envisagée d'ailleurs.
    Pour information si laisse l’opportunité au bouton de miser 33%, 66% ou 150 % du pot, le solveur n'utilise quasiment que la mise de 66% du pot donc on est pas mal au niveau de nos résultats.
    Ce n'est pas toujours le cas, et ça augmente évidement la complexité des situations.
     
    On change un truc pour voir ? Un des commentaires sur cette vidéo est assez intéressant : en gros il dit que beaucoup de joueurs réguliers ont tendance à ne pas payer les pocket paires trop petites pré-flop, idem pour les connecteurs assortis.
    Cela risque d'avoir un effet extrêmement fort sur les stratégies vu que si l'on enlève 44-55-66-54s-56s de la range du Bouton, on lui enlève une énorme partie de ses nuts (brelans, double paire).
     
    Dans ce cas la stratégie proposée par Piosolver au flop change drastiquement (LOL) :

    Euh, le plan c'était pas de check 100% plutôt ??
    Cette fois ci, le solveur nous propose de miser 90% du temps ! Autant dire tout le temps... Alors que précédemment la situation était tout à fait inversée.
    Le résultat est logique, la présence / absence de nuts dans les ranges des joueurs est extrêmement important au niveau du déroulement de la main.
    D'ailleurs certains joueurs de relance pas non plus les plus petites pocket pairs et connecteurs pré flop UTG+1 ...
     
    Conclusion : L'idée de cet article était de donner une idée de ce qu'était l'utilisation des solveurs, et aussi de montrer leurs limites (en particulier au niveau de la définition des ranges des joueurs).
    Les résultats obtenus sont toujours très complexes à mettre en œuvre, et arriver à tirer des enseignements généraux demande à chaque fois pas mal de travail supplémentaire.
     
    Un petit conseil pour finir quand même : si vous jouez une main contre Jean-Michel Random qui joue 100% de ses mains et arrive pas à lâcher une paire post flop, rangez les solveurs au placard et jouez un bon vieux poker exploitant, l'approche « GTO » n'a d'intérêt pour faire simple que contre des joueurs de très bon niveau (ou inconnus ET qui ont l'air d'à peu près tenir les cartes).
     
     

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    SuperCaddy reacted to Christensen for a blog entry, World Poker Tour Amsterdam, 1ere hendon mob   
    En début du mois se tenait le World Poker Tour à Amsterdam, au Holland Casino. Ce fut pour moi une 1ere participation à un festival WPT, même si j'avais déjà rail le WPT LA Commerce l'été dernier. 
    Au niveau des affluences, on est loin des grandes années 2009-2012. Mais la magie opère. Le shuffle and deal,  la musique, les couvreurs , quel pieds.
    J'aurais pu jouer le blasé, pour maintenir mon image etc... J'ai préféré kiffer comme un sagouin.
    Photo avec le trophée, discussion avec Steve O Dowyer lors du diner break ... J'ai profité au maximum.

     
    J'avais prévu de joeur trois events dans la semaine, mais à cause de mon travail, je n'ai pu jouer que le premier de ma liste. Pas grave, c'était mon préféré, le mix PLO/NLHE à 300€.
    La structure était un véritable plaisir. Actuellement je joue 100% en live, au Holland Casino (complètement arrêté le online depuis quelques mois) , et joue des 100€ rebuys à structure dégueulasse. Pour quasiment le même prix, le plaisir d'un event WPT est incomparable. Un niveau PLO, un niveau NLHE... très bonne ambiance (selon le croupier, c'est souvent le cas lors d'events PLO... le joueur de PLO accepte mieux la variance, tilt moins) avec 50% de hollandais et 50% d'étrangers. Je jouais avec l'écusson Club Poker sur un tee-shirt noir, j'ai vu un type à ma table taper sur google pour savoir ce que c'était,  je lui ait dit "c'est une team comme Winamax mais en plus fort" . Pas sûr que ce semi-bluff soit passé.
    Mon tournoi a été assez drôle. J'étais vraiment en dessous niveau NLHE, et vraiment au dessus niveau PLO (j'ai fait une très bonne fin d'année 2016 en PLO400 sur le .com, je joue avec une énorme confiance en moi à ce jeu). D'ailleurs mes adversaires avaient repéré celà, et en blaguaient , du genre "serre les fesses vieux, il reste encore dix minutes avant le nouveau niveau de PLO".
    Mais bon, l'un dans l'autre, et en arrivant à placer quand même quelques moves en NLHE (dont un bluff 4 bet shove avec 87o ), j'arrivais en TF, en étant short stack depuis 15 left.
    Je faisais ainsi l'ITM  ce qui fait donc une stat de 100% d'ITM pour mes participations aux sides events WPT   et une première ligne hendon mob, pour ma 3eme ou 4eme participation à un MTT live tracké par Hendon Mob (je crois que les tournois de l'Aria, que j'ai joué deux ou trois fois je ne sais plus, étaient trackés).
     
     
    N'allant pas aux US cet été pour la première fois depuis 6 ans, (mais j'ai de belles vacances villa piscine sur Nice de prévues, pas à plaindre), mon prochain gros tournoi sera le Masters of Poker, au Holland Casino en fin d'année. D'ici là, je continue à faire une session live par semaine, jouant en PLO2-4 quand elle tourne et NLHE 2-4 sinon.
    GL à tous !

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    SuperCaddy reacted to ArtPlay for a blog entry, No money Zoom Poker, everyone's a bot   
    No money Zoom Poker, everyone’s a bot
    Ces dernières semaines, un scandale de botting s’est fait jour sur PokerStars.com. Non seulement en Pot Limit Omaha, mais également en No Limit Hold’em, les tables de small et middle stakes semblent infestées de bots crushers indestructibles.

    Pour de nombreux joueurs c’est sûr, cette histoire est un signe de la fin des temps du poker en ligne. C’est d’ailleurs probablement pour ça qu’on gagne tous beaucoup moins depuis quelques années.

    Heureusement rassurez-vous, je suis là pour vous mettre un peu de baume au cœur. On peut toujours gagner au poker en ligne. Et je peux même vous affirmer qu’on peut carrément gagner sur les tables de Zoom poker de PokerStars.com, vous savez, celles qui sont infestées de bots invincibles (qui voient très probablement nos cartes et peuvent pirater le RNG les jours impairs).

    Premier Bilan PokerStars.com
    Voici mon graphe sur PokerStars.com depuis que j’y ai cash-in :




    65k premières mains en Zoom 200, 35k dernières en Zoom 500

    En guise de premier bilan sur ces tables par rapport à celles de PS.fr je dirais que la comparaison n’est pas simple à établir. Le ratio fish/reg y est énormément plus faible, mais j’ai l’impression que les regs sont rarement brillants.

    Ils ont à mon sens quasiment tous au moins un segment de leur jeu qui va rendre beaucoup de décisions face à eux assez simples. Je ne pourrais pas détailler car ça peut pas mal varier d’un joueur à l’autre, mais c’est assez récurrent. Et de nombreux « regs » ont carrément des leaks énormes et me font me demander pendant 1000 mains s’ils sont qualifiables de « regs » ou non.

    Les joueurs récréatifs, en revanche, sont moins nombreux, et souvent moins mauvais que sur PS.fr. Par ailleurs, ils sont plus difficiles à exploiter au mieux étant donné qu’en raison du format Zoom, on ne reste jamais à la même position par rapport à eux et qu’on est très loin d’apercevoir tous les showdowns comme c’est le cas sur nos tables franco-françaises où c’est de toute façon la seule chose qu’on puisse faire pour tromper l’ennui, avec 4 tables de 1/2+ qui tournent en moyenne passé minuit.

    Dans l’ensemble je me suis ajusté à la différence de field en jouant globalement plus tight, en particulier au bouton, et en mettant en place une stratégie de limp de ma small blind contre les regs qui défendent suffisamment bien BB vs SB. Le rake y est par ailleurs tellement plus faible qu’on est beaucoup moins pénalisé à jouer de nombreux petits pots.

    On ne peut pas, comme sur PS.fr, se permettre de raise n’importe quoi tout le temps sans faire attention parce qu’on sait pertinemment qu’il doit bien y avoir un fish quelque part sur la table qui va call moins bien quoi qu’il arrive. Paradoxalement je crois bien que je me retrouve à bien plus moduler mes ranges d’ouverture en fonction de la composition de la table que ce n’était le cas sur PS.fr, où j’ouvrais en général un peu n’importe quoi comme un robot.
    Bref pour l’instant le format me satisfait pleinement. Mon jeu est plutôt bien calé, même si j’ai, ces derniers jours, commis quelques erreurs fâcheuses. Bon, je m’éclate toujours pas à jouer, mais c’est un autre problème qui est pour l’instant bien compensé par le fait de voler tout leur argent aux Russes.


    Voir le verre à moitié plein




    Voilà, comme lui.

    Pour tous ceux d’entre vous qui s’inquièteraient des bots et de la fin du poker en ligne, je n’ai absolument aucun doute qu’on a tous devant nous encore une marge de progression énorme. A titre personnel je n’ai jamais trop cru en la théorie du « ouhlala les games sont plus dures que jamais ça devient trop chaud d’être gagnant, tout ce qui nous reste à faire c’est d’être des rakeback whores ». D’abord parce que j’ai toujours trouvé 100% de mes adversaires nuls, mais c’est mon complexe de supériorité qui parle.

    Mais également parce que face à ce genre de problématique, deux types de joueurs émergent. Ceux qui jouent deux fois plus longtemps et deux fois plus mal pour gagner moitié moins, et ceux qui se sortent les doigts du cul pour réfléchir à ce qu’ils font et évoluer dans la bonne direction. Face à cette affaire de bots vous avez un choix. Soit vous estimez que le poker en ligne est mort et enterré et que de plus en plus de botters vont apparaître, et vous décidez d’embrasser une carrière d’équipier au McDo de Franconville. Soit vous réalisez que si des bots russes probablement codés par des Igor & Grichka alcooliques arrivent à gagner au poker alors que vous galérez, c’est probablement que quelque chose vous a échappé. Parce qu’ils ont beau être gagnants, ils ne sont pas géniaux pour n’importe qui doté d’une capacité d’adaptation supérieure à celle d’un poisson rouge.

    Si vous parvenez à voir ces nouvelles de cette façon, il devrait vous être facile de considérer la prochaine disparition probable de quelques-uns de ces bots comme une opportunité plutôt que comme une calamité. Mais bougez-vous le cul sous peine de finir comme ce brave kangourou :




    Je veux dire mort, pas sur un poteau au bord d'une route.

    Cheers !
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    SuperCaddy reacted to ArtPlay for a blog entry, Ma vie en Oz'   
    Salut cher lecteur,

    Tu t’es peut-être demandé pour quelle raison, bien qu’étant désormais installé en Australie depuis un peu plus de trois mois, je n’avais toujours strictement rien publié ici sur ma palpitante nouvelle vie.

    Je déconne, on sait tous très bien que personne ici n’attend désormais plus rien de mon légendaire dilettantisme. Mais à dire vrai, cette question, je me la suis moi-même posée. Comment, pourquoi n’ai-je pas encore trouvé le temps ou la motivation de délivrer un petit point sur ma nouvelle vie aux antipodes ?

    On pourrait s’imaginer que je sois trop occupé à découvrir les quatre coins du pays, ce qui me prendrait pas mal de temps, l’Australie étant un put*ain de grand bazar. On pourrait à défaut croire que je me consacre corps et âme à des projets révolutionnaires. De manière plus réaliste (soyons sérieux), il serait facile de penser que je végète dans une espèce de marasme glandeur comme j’ai si bien pu le faire par le passé.

    Rien de tout ça en fait. Ma nana a un job, ce qui m’empêche de courir le pays sous peine de castration, j’ai pas mal regrind donc reporté mes projets de domination mondiale à Q3 2015, et je n’ai pas le sentiment de perdre mes journées.




    Une des activités de mes premiers jours à Sydney. Je ne perds pas mes journées.


    Ce qui me bloque en réalité c’est que tout est différent ici, sans pour autant que ma vie ait réellement changé d’un iota. Certes les gens parlent anglais, sourient, et sont à peu près tous asiatiques. Certes, je vois des gratte-ciel de ma fenêtre. Eh oui, Sydney c’est pas Antibes, le scoop. Mais malgré ça, ma vie est la même. Ma nana fait rigoureusement le même job, quant à moi je ne fais pour l’instant rien de nouveau non plus. Il ne s’est donc pas présenté d’événement ou de situation si extraordinairement surprenants que je me sois senti obligé de venir vous les raconter.

    Pourtant j’en aurais des choses à partager sur ma découverte de ce pays (enfin ma découverte de Sydney pour l’instant, n’allons pas trop vite en besogne). C’est d’ailleurs ce qui motive l’écriture de cet article : m’y mettre enfin.
    Mais avant ça, comme nous sommes sur un site de poker, et que je me suis remis au poker tranquillement, avec une motivation un peu retrouvée (enfin qui commence déjà à s’étioler sans quoi je ne serais pas en train d’écrire mais en train de jouer), un petit point.


    Reprise du poker Et puisqu’il n’y a que ça qui vous intéresse, telles les filles pour Dany Brillant, le graph :



    J’ai eu la chance de run assez good en début d’année alors que je n’avais pas joué depuis 6 mois. Il faut dire que le décalage horaire joue fortement en ma faveur : à 10h chez moi il est 2h chez vous, la seule chose que vous soyez encore en état de faire à une table de poker c’est souvent de me filer votre fric.

    Petite semaine de semitilt en mars après avoir run un rien moins good. Ça m’a remis les pieds sur terre et me voici revenu dans le bon rythme : j’ai confiance en mon jeu tout en trouvant des situations qui méritent réflexion très régulièrement, je suis convaincu que c’est à peu près le meilleur état d’esprit dans lequel on peut se trouver au poker.

    Vous avez été plusieurs à pas mal me harceler gentiment « et le .com du coup ???? c dur ou pas ???!! ». J’ai mis longtemps à m’y mettre pour des raisons de transfert de fonds et de dégel de compte. Actuellement j’alterne en gros à 50/50 les tables du .fr et la Zoom 200 où je me monte tranquillou une BR (je reste un nit, ne l’oubliez pas, puis c’est chiant de transférer du fric). Mon sample n’est pas colossal (30kh) mais je run pour l’instant à un confiant 4ptBB/100.

    Bref niveau poker tout va bien. Je twitch à l’occasion des reviews de session sur http://www.twitch.tv/artplaie , n’hésitez pas à vous abonner.

    Pour autant j’avoue ne pas me voir jouer des années durant : pour la petite histoire je me renseigne un peu pour faire du volontariat dans des assos à but caritatif. La bonne blague c’est que même en cherchant à travailler gratuitement personne ne me répond. Je sais pas si c’est les vacances de Pâques ou quoi, mais j’ai l’impression que le monde de l’entreprise ne veut pas de moi. Prochaine étape je leur propose de l’argent pour m’employer, j’aurai peut-être au moins la chance d’avoir un mail de refus.


    Découverte de l’Australie Comme je l’ai dit tout est très différent ici. Je ne peux donc pas tout aborder de front, et vais devoir choisir mes sujets.




    Bondi Beach, la plage emblématique de Sydney.



    Stéréotyes Quand je suis allé en Italie pour la première fois de ma vie je m’attendais à voir des bruns propres sur eux qui disent « ma che » assez fort en agitant leurs mains. Une fois que j’y ai effectivement mis les pieds j’ai vu des bruns relativement propres sur eux qui disaient des tas de trucs très forts et agitaient leurs mains.

    En arrivant en Australie je m’attendais à voir des descendants d’Anglais ayant appris le surf. En gros des rouquins cramés au soleil. Quand je suis arrivé, tout ce que j’ai vu, c’est des put**ns de Chinois à perte de vue.
    Je le dis comme je l’ai ressenti, je sais bien que pour être politiquement correct il faut dire « des Asiatiques ». Bon. Je sais jamais dire d’où ils viennent exactement mais pour moi ça restera des Chinois.

    Alors il y a quand même bien quelques rouquins, que tous les Skips de ce monde se rassurent. Mais d’abord ils ne font que rarement du surf : leur carnation fragile supporte mal le soleil brûlant, tout excité de pouvoir filer le cancer à un maximum de monde au travers du trou dans la couche d’ozone. Ils brûlent plus vite qu’Edward Cullen se transformerait en diamant scintillant.

    En bref si vous vous attendez à retrouver en Australie un morphotype moyen proche de celui de la perfide Albion vous vous trompez, en tout cas si vous mettez les pieds à Sydney. On parle souvent, en Europe, de l’Australie en tant que colonie pénitentiaire britannique, mais on n’a en fait aucune idée des flux migratoires constants qui ont fait l’histoire du pays qu’ils soient européens ou depuis 1950, asiatiques.

    Et pour une raison qui m’échappe, tous les asiatiques ont apparemment décidé d’habiter Sydney. Non pas que ça me dérange, la bouffe asiat’ est de bonne qualité un peu partout et très abordable. C’est bien le seul truc abordable à Sydney, d’ailleurs. La bouffe est généralement assez chère. Mais bien sûr ça n’arrive pas à la cheville de l’immoblier. Pour rire, je paye 680$ par semaine de loyer. Et encore mon 3 pièces est une sacrée affaire en ratio taille/distance du centre.







    Autres Je pourrais vous abreuver de tirades quasi-raciste ou anti-roux pendant des pages et des pages. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.
    Au menu des choses que je développerai probablement ultérieurement, dans des billets sûrement plus courts mais plus fréquents :
    L’Australie en fait c’est tout vert, c’est pas vraiment un désert géant
    Pourquoi les français sont souvent des cons
    Pourquoi les administrations françaises sont des parasites dysfonctionnels et incompétents. Avec des vrais morceaux d’URSSAF dedans.
    Mon premier kangourou (enfin plutôt le quatrième, parce que les trois premiers étaient morts écrasés au bord de la route)
    Les Australiens sont plus amicaux que ces cons de français
    Le cricket, sport nul
    Les « Blue Moutains », ni bleues, ni des montagnes, mais sympa quand même
    La bouffe
    … et plein d’autres trucs put*ain.




    J'appelle ça des collines vertes moi ...


    Bref. Si jamais vous ne l’avez pas encore deviné, rien n’a vraiment changé, mais je m’y plais dans ce pays géant plein de petits Chinois.

    Cheers !
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    SuperCaddy reacted to ArtPlay for a blog entry, Poker, morale et liberté   
    Poker, morale et liberté
    Disclaimer !

    Je ne prétends pas que mon ressenti soit universel. Je le communique à titre strictement personnel, mais je vais pas m’emm**der à exprimer à chaque fois « à titre personnel gnagnagna »

    Je n’ai jamais réellement adoré jouer au poker. En 2007 ce n’était encore qu’un prétexte pour me saouler la gueule autour d’une table avec quelques amis. Et si depuis 2008 je m’y suis pleinement investi, ça a toujours été avant tout pour une question d’argent. L’étude du jeu me fascine, mais le jeu de la carte en tant que tel m’a toujours blasé : trop de hasard, trop d’injustice, trop de frustrations.

    C’est faute d’une orientation de carrière dont la perspective ne me rendît pas totalement dépressif que je me suis tourné vers le poker en quête d’argent facile et d’une grande liberté d’action et d’organisation.

    Il semblerait bien que ces objectifs soient atteints sans problème. De janvier à juillet j’ai joué en tout et pour tout 400h, soit environ 2 fois moins qu’un salarié français, avec une flexibilité totale et en gagnant très bien ma vie.

    Pourtant aujourd’hui et depuis plus d’un mois j’ai totalement arrêté de jouer. On pourrait s’attendre à ce que ce soit à la suite d’un tilt ou d’un gros bad run. Bien que j’aie vaguement breakeven en juin ce n’est pas le cas. J’ai simplement été frappé par la réalisation que ma soi-disant liberté était en fait illusoire, et que passer mes journées à faire quelque chose qui ne me plait pas n’était pas le moyen le plus épanouissant d’avancer dans ma vie.

    Une liberté illusoire
    Tout ceci pourrait fort bien ressembler à un caprice d’enfant gâté. Je pense que ce n’est pas le cas, et plus je réfléchis à mes désirs et à ma situation ces années passées, plus je m’en convaincs.





    Moi j'voulais des pâtes, ils sont dégueulasses tes haricots


    Oui j’ai bénéficié d’une grande liberté. Chaque jour où je souhaitais glander en slip au lieu de grind je pouvais le faire. Je faisais même généralement les deux à la fois. Chaque soir où j’ai voulu sortir m’abrutir d’alcool sans réfléchir à arriver au bureau entier le lendemain j’ai pu le faire. Chaque fois que ma copine a trouvé un job dans un nouvel endroit j’ai pu la pousser à accepter et déménager sans souci.

    Si toutefois je me penche en détail sur ce que j’ai pu accomplir grâce à cette liberté le bilan est assez maigre. Je me suis toujours fixé des objectifs en termes de développement personnel (apprentissage de nouvelles choses, investissement, réalisation de projets), et ai toujours été le premier à dire « le poker oui, mais il faut songer à une reconversion ».

    A bien y réfléchir pendant ces années je n’ai jamais réussi à profiter de la liberté accordée par le poker pour m’atteler à tout ça. J’ai appris des bribes dans de nombreux domaines sans jamais avoir le courage de creuser en profondeur (je me suis inscrit à de nombreux nombreux MOOC sans jamais aller au bout d’un seul). J’ai lancé un projet de site de coaching vidéo qui m’aura certes beaucoup appris en gestion mais qui restera un échec parce que je n’ai pas su suffisamment m’y investir. J’ai eu des tonnes d’idées d’écriture sans jamais jeter la première ligne d’un roman ou d’un essai.

    De manière plus étonnante encore, même lorsque j’étais sous contrat avec PokerStars, je n’ai jamais été réellement proactif pour leur proposer des challenges, promos ou autres qui auraient pu tourner autour de ma personne. Alors que j’aurais eu tout le temps du monde pour en designer, et tout intérêt à le faire.

    Mon unique accomplissement au cours de ces années reste finalement l’écriture du Poker Apprivoisé. Paradoxalement je ne l’ai absolument pas rédigé lorsque je jouais au poker, mais à 90% lors mes trajets quotidien de RER durant les trois petits mois de ma vie où j’ai exercé un emploi salarié en 2010.





    Pourquoi donc, alors que le poker m’a offert l’argent et la liberté nécessaires à monter et à mener n’importe quel projet à bien n’ai-je jamais réussi à accrocher le train de la motivation ?


    Raisons
    Mon sentiment est que le poker professionnel n’offre finalement, si on n’y prend pas garde, qu’une illusion de liberté. Il y a encore trois mois je disais à un ami suite à une après-midi de grind difficile « pff, quel jeu de mer*de ». Lorsqu’il me répondit « arrête. » je me surpris à ânonner « impossible, je gagne trop d’argent ».

    La vérité est que la pression et l’incertitude fiscale, ainsi la perspective de ne peut-être plus pouvoir gagner sous 2 ou 3 ans, m’ont tout simplement fait abandonner l’idée d'entreprendre d’autres projets que celui de jouer au poker pour gagner le plus d’argent possible, le plus rapidement possible. Ceci alors même que ma situation en l’état ne le nécessite absolument pas, et qu’il est sûrement bien plus judicieux à l’heure actuelle de me concentrer sur mon développement personnel.

    On pourrait par ailleurs imaginer que j’organise mon quotidien de sorte de mener le poker et d’autres projets de front. Mais cela m’a également été rendu psychologiquement extrêmement difficile. En effet les jours où je perdais j’étais extrêmement motivé par le poker et par la volonté de redresser la barre. Les jours où je gagnais, généralement des sommes de l’ordre de 1000 à 2000€, il m’était aussi extrêmement difficile de me motiver : essayez de vous bouger le cul à vous lancer dans un cours en ligne ou dans l’écriture d’un début de roman (vraisemblablement voué à l’échec) alors que vous pouvez tranquillement filer à la plage et siroter un mojito en vous reposant sur les lauriers d’une journée productive. Ou jouer à Hearthstone ouais …

    De manière générale que je gagne ou que je perde le poker est de toute façon une activité mentalement épuisante et je n’ai que rarement eu la volonté d’engager davantage de travail, même d’une autre nature, à la fin d’une session. Toutes ces raisons m’ont finalement rendu esclave d’un job qui semble pourtant fort ressembler à un des plus beaux du monde






    Les meufs menottées à poil se sentent étonnamment esclaves elles aussi

    Morale
    Eh oui ce billet n’a pas fini d’être long et chiant c'est le quart d'heure introspectif. Dans la même période de temps où j’ai commencé à prendre conscience de mon absence de liberté j’ai également eu une révélation tout à fait troublante pour moi qui me suis toujours considéré comme le pire des misanthropes : j’apprécie les gens et leur compagnie.

    Alors rassurez-vous, pas celle de n’importe qui, je continue d’être emm*erdé par un solide 90% de la population. Mais j’ai réalisé que je ne pouvais pas réellement vivre seul, et plus important (et dérangeant pour quelqu’un qui s’est toujours considéré comme un enc*ulé solitaire) je ne peux pas non plus vivre sans une certaine reconnaissance des gens. C’est probablement une des raisons pour lesquelles j’ai démarré ce blog. Enfin, ne nous mentons pas, la raison principale était « je deviens connu et je me fais sponsoriser, » (Antho, tu me dois 1000 balles que tu as sûrement intégralement fumés en beuh).

    De manière tout à fait coïncidente, probablement en raison de la récete sortie de Daniel Colman, c’est également le moment qu’ont choisi plusieurs personnes pour me poser ces questions particulièrement chiantes que j’avais étonnamment rarement entendues en tant que poker pro : Ça te gêne pas de prendre l’argent de mecs qui se ruinent au jeu ? Ça te gêne pas d’être une grosse mer*de qui contribue pas à la société ? T’en as pas marre de passer tes journées à te gratter les cou*illes en calbar tout seul devant ton PC comme un geek ?

    La dernière n’a rien à voir avec notre problématique mais elle m’a souvent été posée, quoi qu’en des termes moins triviaux. Sur les deux premières je ne m'étais jamais vraiment interrogé parce que, non, ça ne me gênait absolument pas. Mais puisque ces questions intéressent au moins trois personnes distinctes, je vais donner et étayer un peu mon avis.


    Pouiller les misérables addicts

    En préambule, j'ai souvent lu l'argument suivant : "les fishs veulent se divertir, les pros ont un rôle d'accélérateur de trafic". C'est ça. On est les joyeux-gentils clowns d'une industrie aussi rose que celle de la barbe-à-papa. Cet argument est à mon avis d'une hypocrisie totale, le brandir c'est se voiler la face et ne considérer que les joueurs récréatifs au comportement totalement sain. Ceci étant écarté, passons aux choses sérieuses.

    Bien sûr la perspective de contribuer à la ruine de personnes ayant potentiellement un gros problème avec le jeu ne m’a jamais particulièrement enchanté. Pour autant, à part lors des rares occasions où je me suis retrouvé face à mes « victimes » autour d’une table de casino, je n’ai jamais ressenti le moindre malaise non plus.

    J’ai essayé de rationaliser le pourquoi de mon désintérêt émotionnel. De manière très claire je pense que c’est parce que je ne m’identifie absolument pas à ces personnes et à leur malheur. Je déteste les jeux d’argent (oui, oui), j’ai un cerveau jusqu’à maintenant très résistant à toutes les addictions, bref sur le plan émotionnel l’addiction au jeu m’est aussi étrangère que pourrait l’être un arc-en-ciel à un aveugle de naissance.

    Comme j’ai quand même un cœur (oui, oui) j’ai tenté de réfléchir à la question de l’impact que peut avoir mon activité sur le volume des pertes d’un joueur récréatif. Ma conclusion, simple mais réaliste, a été de me dire « si ce n’est pas moi qui lui prends son fric, ce sera un autre. Autant que ce soit moi ». J’applique très régulièrement et très volontiers ce genre de raisonnement, mais j’admets que d’un point de vue philosophique ce n’est pas très malin. Je me fais régulièrement rattraper par la brigade de la bien-pensance quand j’essaie notamment d’expliquer que le fait que je vote ou non a une utilité strictement nulle.

    Pour éviter ce problème je vais ici généraliser l’hypothèse : quel est l’impact de l’activité de tous les regs « éduqués » sur les comportements addictifs ? En d’autres termes si on supprime les joueurs « éduqués » qui tentent de générer un profit en jouant au poker, améliore-t-on le quotidien des addicts ?

    Il n’est malheureusement pas possible de répondre de façon totalement tranchée à cette question, mais j’ai malgré tout mon opinion. On pourrait se dire que la disparition des gagnants réguliers diminuerait l’attrait du jeu et que parmi le pool de perdants certains deviendraient gagnants et les autres perdraient moins vite : tout benef pour les perdants. Mais ce serait oublier que l’attractivité du poker n’est pas du tout constituée des regs online, mais bien par premières places des gros tournois et par les joueurs sponsorisés mis en avant par les rooms.

    J’aurais donc personnellement tendance à penser que le marché engloutirait toujours des sommes d’argent comparables : oui certains perdants du passé deviendraient gagnants. Oui certains perdraient moins et moins vite. Mais à un jeu si facile où des amateurs complets parviendraient à sortir durablement gagnants on verrait peut-être alors apparaître une nouvelle frange de joueurs, des « super-fishs » qui n’auraient pas forcément été attirés par le poker technico-rébarbatif pratiqué actuellement sur les tables de poker online.

    Bref disons qu’à tout le moins la question, même en partant sur une hypothèse générale finalement absurde, n’a rien d’évident. Donc non, que ce soit rationnellement ou émotionnellement, je ne me sens pas mal de prendre l’argent des addicts.





    Je manque officiellement d'idées pour aérer mon texte



    Inutilité sociale
    Cette question-là m’a également fait réfléchir à plus d’un titre.

    D’abord parce que c’est une question extrêmement désagréable à poser à quelqu’un et qu’on aimerait bien avoir une réponse cinglante toute prête à donner qui commencerait par « pauvre fils de pute » et qui s’achèverait par « , conn**d ». Mais je ne vis malheureusement pas dans un sketch de Jean-Marie Bigard et je me contente donc généralement de répondre :

    « c’est vrai, mais tu sais y’a plein de métiers qui servent à rien socialement voire qui sont néfastes, le mec qui t’appelle pour te vendre des options binaires, le mec qui se pointe chez toi pour te vendre un aspirateur foireux, ton conseiller bancaire … Est-ce que tu demandes à ton conseiller bancaire si ça le fait chi** de faire un job de con inutile quand tu vas le voir et qu’il essaie de te fourguer une assurance vie avec 1.5% de frais de gestion ? Non tu lui fous la paix …. » … je m’égare.

    Donc pour répondre à la question : oui je réalise pleinement ma totale inutilité sociale. Mais j’ai un problème avec la façon qu’ont les gens de formuler cette question. Ils semblent bien souvent partir du principe qu’embrasser un job inutile est un comportement d’égoïste. Ils oublient en revanche totalement qu’un certain nombre de métiers sont inutiles, et que par ailleurs et indépendamment de cela, 90% des gens qui exercent un métier utile ne le font de toute façon pas pour leur utilité intrinsèque mais bien pour gagner du fric.

    Personne ne va aller casser les couilles à la caissière de Carrefour parce qu’elle ne réalise pas que son boulot est utile socialement. Il l’est, mais elle ne le fait que parce qu’il lui apporte un salaire pas pour remplir un besoin de la société de consommation. Même chose pour un taxi, un éboueur ou un tourneur-fraiseur. Malheureusement il semble que pour beaucoup de gens gagner de l’argent doive nécessairement s’accompagner de culpabilisation et d’une nécessité de faire amende honorable. Lâchez-moi la grappe.

    Malgré cette diatribe je ne suis pas entièrement un fils de pute égoïste. Car si cette question de l’utilité sociale me gêne, c’est bien souvent davantage par sa forme généralement culpabilisatrice et moralisatrice que par son fond. Couplée à ma récente réalisation que j’avais besoin pour m’épanouir des gens et de leur reconnaissance, j’ai également pris conscience du fait qu'avoir une utilité sociale me manquait. Je veux pouvoir collaborer à une société, je veux pouvoir faire profiter les gens de mes compétences.

    Si la forme de cette question n’était pas culpabilisatrice mais au contraire constructive voire pleine de pitié (n’exagérons rien, OK, mais je ne trouve pas comment le formuler là, de suite, et après 2440 mots j’en ai marre de chercher) elle serait beaucoup plus acceptable. La caissière, le taximan, l’éboueur (!!) qui ne réalisent pas que ce qu’ils font est utile sont à plaindre – au-delà de leurs conditions salariales j’entends. Votre conseiller bancaire qui vous ouvre un compte-titre à la con, le mec qui vous appelle pour essayer de vous escroquer avec des options binaires, le joueur de poker, ça ne sert à rien de les faire culpabiliser et de les critiquer, ils s’en branlent. Ça ne devrait pas vous empêcher d’essayer de leur faire réaliser que peut-être ils peuvent obtenir plus de satisfaction personnelle autre part ou en ajoutant une autre composante à leurs activités quotidiennes. Mais par pitié de façon intelligente et raisonnée.

    Pour ma part vous l’aurez compris j’ai résolu de changer un peu d’activité. J’ai plusieurs choses que je souhaite réaliser dans un futur proche, en particulier redonner un peu de coaching et écrire un second bouquin de poker, destiné aux joueurs avancés celui-ci, non plus aux débutants. Cela me permettra de conjuguer à nouveau deux passions, l’enseignement et l’écriture. J’ai par la suite d’autres projets plus ambitieux et hasardeux, hors poker, dont je vous toucherai peut-être un mot dans le futur. Je n’exclus absolument pas de reprendre le grind quand les circonstances seront plus favorables (l’accès au .com et au format Zoom me ferait le plus grand bien)

    J’ai terminé d’échafauder des plans pour « l’après-poker » : je m’y mets tout de suite.
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    SuperCaddy reacted to Christensen for a blog entry, Capitol Casino, Sacramento, CA   
    Pardonnez par avance l'absence d,accents, mais je vous ecris de Sacramento pour partager avec vous la decouverte d une petite pepite insolite.

    Pour planter le decor, je suis ici depuis une semaine , pour trois semaines en famille. Ma belle famille habite une petite maison dans la banlieue pavillonnaire de Sacramento, le quartier est populaire, les maisons petitesmais j aime beaucoup atmosphere (pour ceux qui regardaient The Shield, on voyait beaucoup ce genre de pavillons dedans. La drogue et les cadavres en moins ici heuresement). La tante gare son pick up devant, et elle amenage le garage avec air conditionne, et nous y dormons ma femme mes trois enfants (habitues de la Californie) et moi. C est sympa mais on dort tous ensemble, autrement dit pas d intimite, pas de vie sexuelle. Et je commence a me la ronger grave. (toi meme tu sais le pere de famille)

    Donc ce matin, je me leve encore salememt frustre. Et en substitut , je ne connais que deux trucs de vraiment efficace, pour moi en tout cas: bouffer comme un sagouin, ou spew. J ai utilise le premier joker plus que de raison depuis mon arrivee, je me baffre tous les jours, c est indecent, je vais mettre 4 mois a recuperer mon poids de forme.

    CONCLUSION: JE DOIS SPEW NOW

    Il est 10:00 du matin, je tape casino poker sacramento sur gogole, je recopie la 1ere adresse sur mon Tom Tom, je previens la famille que je sors quelques heures, et c est parti .
    Je cherche le Capitol Casino , 411 N 16th St, Sacramento.
    Le GPS me dit que je suis arrive mais je ne vois rien, aucun grand batiment a l horizon.


    photo copyright Christensen sur smartphone chinois pourri 2014

    Je repars dans ma Dodge Gran Caravan 7 places (pas tres sexy ni balla, mais super caisse) et refais le tour. Je repasse au meme endroit et ... je le vois.
    WTF ???


    photo copyright Christensen sur smartphone chinois pourri 2014

    ca ressemble a un bar a bingo de Barbes put**n, je suis en Californie je veux du american dream moi.
    Bon je rentre quand meme.

    Et la... enorme surprise,
    Un reve de poker room , enorme, sur trois salles.

    photo copyright Capitolcasino.com

    Il y a ici toutes les variantes. Il est 10:50 am, et la salle est pleine de joueurs.
    NLHE, PLO HiLow, Stud, meme du Razz ....
    Et ca joue haut, ce qui est etonnant.
    Il y a par exemple en NLHE une 1/3 d'ouverte, pour 5 tables en 4/8.
    La 1/3 est en liste d attente, et un tournoi a 100$ commece a 11h00. Pour un samedi matin, on sera plus de 50 joueurs sur un tournoi du matin , c est pas mal.

    Je m installe.

    photo copyright Christensen sur smartphone chinois pourri 2014

    Je vais passer trois super heures de poker. le niveau est plutot bon, aucun joueur ne fait n importe quoi. Je suis satisfait de ma partie, je fais deux beaux raise bluff river, je suis assez card dead mais finis 17eme sur 59. Mais surtout, l ambiance a table est geniale. Les mecs sont tous vieux ( ils m appellent young boy, j ai 36 ans ...), et sont hyper sympas, ont 1000 anecdotes a raconter. parlent des WSOP qu ils ont fait, des autres poker rooms du coin etc...

    Super moment, je finis comme un spewtard imbecile heureux, photographie par mon nouveau pote Jose , ancien ouvrier a la retraite de chez Jelly Belly.

    photo copyright Christensen sur smartphone chinois pourri 2014
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    SuperCaddy reacted to ArtPlay for a blog entry, Le bluffraise river   
    Le bluffraise river
    Chose promise chose due, après un
     
    qui en était totalement exempt, aujourd’hui on reparle un peu de poker. Et le thème du jour, histoire que ce soit un peu ludique, sera le bluffraise river.

    Alors je vais tant que possible éviter de rentrer dans de la théorie généraliste. En gros ouais, c’est mieux d’avoir une range de value si vous voulez bluffer, et c’est mieux d’être un peu balanced. C'est aussi préférable que la range de votre adversaire ne soit pas trop forte. Et en combinant tout ça on tombe par-ci par-là sur des spots sympas. Mais plutôt que d’en parler dans le vide je vais vous présenter plein de mains que j’ai jouées au cours du mois écoulé. Et avant que vous ne demandiez :
     
     

    Janvier 2014  
     


    On peut dire que ça a été laborieux mais ma luck légendaire m’a rattrapé à temps. Et sans plus attendre quelques mains !
     
    Top pair tournée en bluff en C/RAI river 180 deep
    Dealt to ArtPlaie
    Etisetna: folds
    MrKym1: folds
    PSYCO 39: folds
    WeirdAl24: folds
    ArtPlaie: raises €4 to €6
    tib0rk0vaX: calls €4
    *** FLOP ***
    ArtPlaie: bets €8
    tib0rk0vaX: raises €17 to €25
    ArtPlaie: calls €17
    *** TURN ***
    ArtPlaie: checks
    tib0rk0vaX: bets €38
    ArtPlaie: calls €38
    *** RIVER ***
    ArtPlaie: checks
    tib0rk0vaX: bets €102
    ArtPlaie: raises €192.46 to €294.46 and is all-in
    tib0rk0vaX: folds
    Uncalled bet (€192.46) returned to ArtPlaie
    ArtPlaie collected €339 from pot
    ArtPlaie: doesn't show hand

    Une main sympa qui a la particularité d'être jouée deep (180bb). Pour la plupart des adversaires cela aura une double conséquence : ils auront tendance à fold davantage et à bluff moins, en tout cas pour l'intégralité de leur stack. Mon adversaire est un reg qui raise raisonnablement souvent les CBets (14% sur mon sample). Je n’ai pas d’idée précise de la façon dont il adapte son jeu pour jouer deep.

    Pré-flop est totalement standard, flop l’est également plus ou moins, en fonction de mes reads et du moment j’alternerai entre C/C et bet. Au flop je subis un raise. En l’état pas question de fold une main si forte que TP dès le flop.

    Dans la range de mon adversaire je mets quelques draws très forts, JTss, 67ss, A4ss, peut être des 45ss ou 46ss. On peut vraisemblablement y ajouter quelques draws très faibles type 56, J7s, et de très occasionnels et aléatoires raises avec une overcard à pique et n’importe quoi d’autre derrière. Au niveau de sa valuerange 100% des 89 et 100% des brelans : je doute que cet adversaire précis défende souvent 94s 84s, et je pense qu’il ne 3bet aucune des paires qui font brelan, en tout cas pas avec cette profondeur (et au pire rarissimement quand j’ai le 9). Bref so far, so good, je paye.

    La turn est un 5 qui, si mes prédictions pacorabanniques sont justes, ne change pas grand-chose à la range adverse. En effet je pense que 67o (ou JTo) est à la fois trop fort et trop faible pour qu’il le raise : comprenez par-là que mon adversaire sera tellement embêté si je décide de 3bet qu’il est vraisemblable qu’il décide de simplement payer avec cette main. D’éventuels 45 (à pique ou non) tournés en bluff améliorent toutefois en deux paires, ce qui est un peu embêtant mais pas suffisamment pour me décourager de call. Par ailleurs en termes GTO TP kicker J est encore trop haut dans ma range pour que je puisse le fold. J’ai encore largement assez de mains moins bonne dans ma range à fold avant celle-ci.

    La river est une Q offsuit. Si on récapitule donc, ont amélioré les draws 67 et JT, mais j’estime que mon adversaire ne les a qu’assez rarement quand il raise, à l’exception notable mais infréquente de leurs versions à pique. Ces mains ne m’inquiètent donc pas énormément. Je suis en revanche extrêmement incertain quant à la proportion de bluff que mon adversaire peut avoir sur cette river. Si je suis persuadé qu’il continuera à miser tous les brelans et double paires qu’il peut avoir ici (une petite quinzaine de combos), le nombre de combos de bluff est lui, totalement inconnu. Mon adversaire est relativement peu agressif river, et il n’est pas évident que je puisse trouver les 6 combos de bluff nécessaires à me permettre de call, d’autant que si la Q offsuit aurait pu sembler un peu inquiétante en tombant à la turn (car mon adversaire aurait pu aisément valuebet des mains type QK ou QT) il aura probablement abandonné un nombre de bluffs certain dès la turn, et plus encore à la river.

    J’ai donc envisagé de faire tapis. De mon côté je détiens quasi 100% des combos de JT et 56, modulo quelques combos de 56 que j’aurais décidé de raise dès la turn. Je risque 295 pour gagner 240, j’ai environ besoin de 43% de fold equity (à la grosse louche).

    A supposer que mon adversaire détienne 15 combos de brelan/double paire et qu’il en folde au moins la moitié (ce qui me semble un minimum raisonnable), si on ajoute encore pour l’exemple 4 combos de bluff, on obtient 12 combos de foldées. Pour atteindre 43% il faut donc en gros que mon adversaire détienne moins de 10 combos de quinte. M’attendant à ce qu’il ne raise que peu ses draws assez forts cette supposition m’a semblé raisonnable et j’ai choisi de faire tapis. Il a fold après une grosse dizaine de secondes.

    A noter que ma main se prête particulièrement bien à ce play : je ne détiens pas de pique qui pourrait bloquer d’éventuels gros combo draws ratés, je détiens un J qui bloque quelques quintes et enfin je détiens un 9 qui bloque top set, qui sera généralement particulièrement difficile à fold même pour les adversaires les plus rigoureux .
     
     
    Middle pair tournée en bluff en HU sur board 4 straight
    Cette main est marrante parce qu’à la revoir je me dis que j’ai peut-être bien 0% de fold equity sur la valuerange de mon adversaire.

    Seat 3: ArtPlaie (€1035 in chips)
    Seat 6: Taré_GOGOL!! (€452.50 in chips)
    Taré_GOGOL!!: posts small blind €2
    ArtPlaie: posts big blind €4
    *** HOLE CARDS ***
    Dealt to ArtPlaie
    Taré_GOGOL!!: raises €4.48 to €8.48
    ArtPlaie: calls €4.48
    *** FLOP ***
    ArtPlaie: checks
    Taré_GOGOL!!: checks
    *** TURN ***
    ArtPlaie: bets €12
    Taré_GOGOL!!: calls €12
    *** RIVER ***
    ArtPlaie: checks
    Taré_GOGOL!!: bets €28
    ArtPlaie: raises €76 to €104
    Taré_GOGOL!!: folds
    Uncalled bet (€76) returned to ArtPlaie
    ArtPlaie collected €95.46 from pot

    Pré-flop est totalement standard. Flop bon j’ai pas le droit de jouer vu que mon adversaire checkback. Si j’avais pas la flemme et que parfois je construisais des ranges de donkbet ce board et cette main pourraient s’y prêter. Toutefois mon adversaire CBet à une fréquence assez élevée je n’ai donc jamais considéré cette option.

    Turn est intéressant. Je décide de lead pour value alors que le board est 4 straight en me disant que :
     
     
    Mon adversaire CBEt 100% de ses 4 nus (J4o, Q4o, etc) Mon adversaire va toujours me call un 2 ou un 3 checké back au flop Mon adversaire va très souvent me call A high checké au flop. Mon adversaire aura quasi toujours CBet 6x qui détient une gutshot super intéressante vu qu’elle a d’énormes implied sur tous mes Ax. Pour tout ça je vois mon adversaire avec peu de 4x, peu de 6x, peu de raisons de bluffer s’il a deux overs et régulièrement 2x ou 3x, et je décide de bet.

    La river est la doublette du 6. Avec une dynamique particulière je pourrais tout à fait envisager de valuebet. A vrai dire même sans dynamique je pense que c’est un bon valuebet étant donné que 4x sera rare hormis pour 24, 34, 45 et que 6x le sera d’autant plus que deux 6 sont déjà sortis. Néanmoins j’ai rarement une image extrêmement agressive river et je prends assez souvent des lines deceptive, je décide donc de m’abstenir.

    A ma grande surprise, mon adversaire mise. Et en réfléchissant à froid je me dis que call est sûrement supérieur à C/R. Pourquoi ? Car je pense que mon adversaire détient quasi 100% des combos de 78 (que je bats) et que je suis assez incertain de sa capacité à pouvoir fold 4x (je néglige d’éventuels Vbet avec 6x). En clair je suis à peu près sûr que C/C est gagnant mais beaucoup moins pour le C/R, sans compter que mon adversaire peut assez facilement détenir 26 36 ou 56.

    Néanmoins j’ai au moins eu la bonne idée de faire un C/R assez copieux. Ici faire un C/R maigrichon à 80 ou 84 va engendrer beaucoup trop de calls de frustration et je pense qu’il faut vraiment essayer de faire sentir à notre adversaire qu’on sait qu’il a un 4 et qu’on ne s’attend pas à ce qu’il lâche. Bon c’est un peu du 37è degré de levelling et c’est un peu idiot mais ça devrait pouvoir marcher.
     
    Un bon gros fail à propos duquel je ne vais pas discourir, c’est juste pour vous foutre de ma gueule
    Seat 1: loubak33 (€114.55 in chips)
    Seat 2: Crocodeeeal (€523.73 in chips)
    Seat 3: Agonija1 (€433 in chips)
    Seat 4: ArtPlaie (€874 in chips)
    Seat 5: xxTof59xx (€465.40 in chips)
    Seat 6: TibAuPoker (€400 in chips)
    TibAuPoker: posts small blind €2
    loubak33: posts big blind €4
    *** HOLE CARDS ***
    Dealt to ArtPlaie
    Crocodeeeal: folds
    Agonija1: raises €6 to €10
    ArtPlaie: calls €10
    xxTof59xx: folds
    TibAuPoker: folds
    loubak33: folds
    *** FLOP ***
    Agonija1: bets €16
    ArtPlaie: calls €16
    *** TURN ***
    Agonija1: bets €40
    ArtPlaie: calls €40
    *** RIVER ***
    Agonija1: bets €96
    ArtPlaie: raises €712 to €808 and is all-in
    Agonija1: calls €271 and is all-in
    Uncalled bet (€441) returned to ArtPlaie
    *** SHOW DOWN ***
    ArtPlaie: shows (two pair, Sevens and Fours)
    Agonija1: shows (two pair, Nines and Fours)
    Agonija1 collected €869 from pot
     
     
    Minraise sur board 4 flush
    Dealt to ArtPlaie
    Virus ZuBz: raises €4 to €6
    Crocodeeeal: folds
    bonjambon: folds
    ArtPlaie: calls €6
    bonjambon said, "c le zubziPok"
    MELJA59: calls €5
    chameau06: folds
    *** FLOP ***
    MELJA59: checks
    Virus ZuBz: checks
    ArtPlaie: bets €14
    MELJA59: folds
    Virus ZuBz: calls €14
    *** TURN ***
    Virus ZuBz: checks
    ArtPlaie: checks
    *** RIVER ***
    Virus ZuBz: bets €34
    ArtPlaie: raises €34 to €68
    Virus ZuBz: folds
    Uncalled bet (€34) returned to ArtPlaie
    ArtPlaie collected €113 from pot
    ArtPlaie: shows

    En gros river je pars du principe que mon adversaire ne détient que très peu de combos de mains contenant l’as de pique. D’abord seuls ou sont possibles. Je ne suis pas certain que le premier soit relancé préflop, je ne suis pas certain que le second soit très souvent check/callé flop.
    De mon côté je détiens en revanche certains que je jouerai assez souvent de la sorte (flat pré-flop, checkback turn), et 100% des . L’autre argument jouant en ma faveur c’est qu’il n’est pas si simple pour moi de n’avoir rigoureusement rien river. Sans aucune equity sur un board si riche je vais régulièrement checker back. La conséquence c’est que pour bluffer ici sur cette river il va me falloir assez souvent tourner au moins une paire en bluff. Alors ça ne joue pas tant que ça mais j’ai l’image de quelqu’un qui aime bien herocall, et ça doit sembler plus rare que je tourne en bluff une paire plutôt que de call avec comme un crétin.

    Et voilà je ne crois pas que grand-chose d’autre ait besoin d’explication. Mon adversaire a relativement peu de , j’en ai beaucoup et je le crois régulièrement capable de tourner une paire en bluff. Son sizing river, assez cher, aura généralement tendance à le polariser et je ne suis pas totalement certain qu’il bet ainsi avec . Cela ne devrait théoriquement rien ou presque rien changer vu que ma range de minraise va être 100% polarisée { , bluff} et ne contiendra jamais de pique faible, mais psychologiquement tout le monde n’arrivera pas à fold sur un minraise ici.

    Allez une petite dernière plus rigolote et copieusement +ev :
     
     
     
     
    Shove K-high river sur donklead d’un joueur récréatif
    Table 'Larink III' 6-max Seat #3 is the button
    Seat 1: Cha444_Fr (€245.50 in chips)
    Seat 2: ArtPlaie (€218.61 in chips)
    Seat 3: doud139 (€136.42 in chips)
    Seat 5: stiffler475 (€210.24 in chips)
    Seat 6: Crocodeeeal (€248.48 in chips)
    stiffler475: posts small blind €1
    Crocodeeeal: posts big blind €2
    *** HOLE CARDS ***
    Dealt to ArtPlaie :Kh:Jc
    Cha444_Fr: folds
    ArtPlaie: raises €4 to €6
    doud139: calls €6
    stiffler475: calls €5
    Crocodeeeal: folds
    *** FLOP *** :7c:9h:Qc
    stiffler475: checks
    ArtPlaie: bets €13
    doud139: folds
    stiffler475: calls €13
    *** TURN *** :7c:9h:Qc:3c
    stiffler475: checks
    ArtPlaie: bets €32
    stiffler475: calls €32
    *** RIVER *** :7c:9h:Qc:3c:Qs
    stiffler475: bets €56
    ArtPlaie: raises €111.61 to €167.61 and is all-in
    stiffler475: folds
    Uncalled bet (€111.61) returned to ArtPlaie
    ArtPlaie collected €219 from pot
    ArtPlaie: doesn't show hand

    Pas de gros miracle ni de grosse explication requise ici. Environ un milliard de draws sont présents au flop, et beaucoup ont miss à la river. JT, 8T, 68 pour ne citer que les plus évidents. Les trèfles sont, bien sûr, problématiques.

    Néanmoins mon adversaire snapcall le flop et la turn, signe très caractéristique de main moyenne et/ou de tirage. Je ne m'attends pas vraiment à ce que son action soit instantanée avec la nutflush turnée (ou très ponctuellement pour essayer d'induire un truc)

    C’est pourquoi quand il donklead la river, aux environs de la moitié du pot (ce qui tend de nouveau à me faire éliminer flush), je suis très confiant qu’il a une main médiocre extrêmement souvent. Fut un temps j’aurais call son bet, puis j’aurais posté mon brag ou mon fail sur le CP, selon qu’il m’aurait montré JT ou :Ac:Tx . Depuis j’ai réalisé que je pouvais gagner ce coup 100% du temps et j’envoie tout comme un singe, c’est moins classe sur le CP mais plus lourd dans mon porte-monnaie.

    Allez je vais m’arrêter là. Je pourrais vous en soumettre bien d'autres mais pour tout dire la plupart j’en ai un peu honte ...

    A très bientôt !
     
     
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    SuperCaddy reacted to ArtPlay for a blog entry, Retour sur quelques mains   
    Hello ! Lors de mon dernier billet je vous soumettais 4 mains sans guère plus d'analyse.

    Je vais essayer, brièvement, de revenir dessus.


    KJs squeezé + bluff osé 3way
    PokerStars Hand #103027948930: Hold'em No Limit (€1/€2 EUR) - 2013/08/21 10:45:43 CET [2013/08/21 4:45:43 ET]
    Table 'Numidia II' 6-max Seat #5 is the button
    Seat 1: ArtPlaie (€366.31 in chips)
    Seat 2: yass987 (€317.76 in chips)
    Seat 3: Akoos (€701.69 in chips)
    Seat 4: RainCock (€201.22 in chips)
    Seat 5: DooM+) 4real (€304.58 in chips)
    Seat 6: patrik33 (€223.92 in chips)
    patrik33: posts small blind €1
    ArtPlaie: posts big blind €2
    *** HOLE CARDS ***
    Dealt to ArtPlaie
    yass987: folds
    Akoos: folds
    RainCock: folds
    DooM+) 4real: raises €2 to €4
    patrik33: calls €3
    ArtPlaie: raises €16 to €20
    DooM+) 4real: calls €16
    patrik33: calls €16
    *** FLOP ***
    patrik33: checks
    ArtPlaie: bets €22
    DooM+) 4real: calls €22
    patrik33: calls €22
    *** TURN ***
    patrik33: checks
    ArtPlaie: bets €54
    DooM+) 4real: calls €54
    patrik33: folds
    *** RIVER ***
    ArtPlaie: bets €270.31 and is all-in


    Alors, cette main peut sembler un peu bizarre au premier abord. Néanmoins elle s'appuie sur quelque chose que j'aime beaucoup faire, qui est d'utiliser la présence d'un joueur récréatif dans le coup et de gain de force que cela donne à notre range perçue pour monter des gros bluffs.

    En clair ici je CBet dans l'optique de beaucoup barrel contre le reg, généralement trois streets allin, sachant que sa range est en général cappée à AQ au mieux et qu'il doit être largement capable de le fold pour 150BB à un moment ou à un autre. En bonus on a un joueur récréatif qui peut également être capable de fold certaines mains contre 2d barrel, au cas où je me retrouve face à lui. Je pars donc au flop la fleur au fusil.
    Turn tout le monde me call mais je récupère le J. C'est bien et c'est pas bien à la fois. D'abord désormais AJ fait DP et j'aurai bien du mal à le faire fold. En revanche je le bloque pas mal avec mon J, et d'autre part une mise pourrait désormais miraculeuse se retrouver payée par moins bien par le récréatif. C'est la raison qui me fait miser relativement petitement turn, pour garder un gros parpaing river qui pourrait faire fold le reg.

    River je m'en tiens à mon plan, shove, et mon adversaire fold en maugréant.

    J'ai conduit une simulation mathématique de ce problème avec CardRunnersEV et le résultat a été le suivant (sans détailler trop les hypothèses que j'ai employées car ce serait long et pénible) :

    - Le CBet flop est directement EV+. Déjà j'ai été heureux d'apprendre ça, à chaud je n'en étais pas convaincu.
    - En revanche le bet turn, lorsque mes deux adversaires sont présents, est très nettement ev-. C'est LA grosse erreur de la main ici.
    - Le bet river, une fois qu'on est là, est ev+, mais insuffisamment pour rendre turn OK.


    A4s call un 4bet vs early
    Table 'Sinon IV' 6-max Seat #4 is the button
    Seat 1: qwxcvbn (€438.93 in chips)
    Seat 2: ArtPlaie (€507.41 in chips)
    Seat 4: boubouloulou (€188.57 in chips)
    Seat 5: Alimanas (€561.75 in chips)
    Seat 6: xadina (€200 in chips)
    Alimanas: posts small blind €2
    xadina: posts big blind €4
    *** HOLE CARDS ***
    Dealt to ArtPlaie
    qwxcvbn: raises €6 to €10
    ArtPlaie: raises €20 to €30
    boubouloulou: folds
    Alimanas: folds
    xadina: folds
    qwxcvbn: raises €46 to €76
    ArtPlaie: calls €46
    *** FLOP ***
    qwxcvbn: bets €60
    ArtPlaie: calls €60
    *** TURN ***
    qwxcvbn: checks
    ArtPlaie: checks
    *** RIVER ***
    qwxcvbn: checks
    ArtPlaie: bets €371.41 and is all-in
    qwxcvbn:

    Cette mainest amusante parce que la veille très exactement j'avais conduit une analyse complète sur une situation quasiment similaire en tous points sur les forums de 2+2 : http://forumserver.twoplustwo.com/56/medium-stakes-pl-nl/nl400-would-you-flat-small-4bet-1382346/ en page 2. La conclusion était que ouais, faut call préflop, déjà parce que c'est cool, ensuite parce que même avec des hypothèses assez pessimistes c'est ev+.
    Le détail amusant est que le sizing préflop est quasi similaire, les sizings postflops sont EXACTEMENT les mêmes que dans la simulation que j'ai conduite.

    Pour le résultat mon adversaire a tankcall sa vie avec KTo


    KK 3barrel pour value vs reg
    PokerStars Hand #102339378185: Hold'em No Limit (€2/€4 EUR) - 2013/08/05 14:48:42 CET [2013/08/05 8:48:42 ET]
    Table 'Alagasta VII' 6-max Seat #1 is the button
    Seat 1: Agonija1 (€400 in chips)
    Seat 2: paco78610 (€219 in chips)
    Seat 4: ArtPlaie (€529.16 in chips)
    Seat 6: MELJA59 (€400 in chips)
    paco78610: posts small blind €2
    ArtPlaie: posts big blind €4
    BatCountry44: sits out
    *** HOLE CARDS ***
    Dealt to ArtPlaie
    MELJA59: raises €8 to €12
    Agonija1: folds
    paco78610: folds
    ArtPlaie: raises €32 to €44
    MELJA59: calls €32
    *** FLOP ***
    ArtPlaie: bets €36
    MELJA59: calls €36
    *** TURN ***
    ArtPlaie: bets €96
    MELJA59: calls €96
    *** RIVER ***
    ArtPlaie: bets €353.16 and is all-in
    MELJA59:

    Pareil, une main qui m'a fait beaucoup réfléchir. Sur le coup et à chaud j'avais très envie de check/fold et j'ai fini par shove un petit peu de frustration.

    De nouveau je ne vais pas traduire une analyse que j'ai déjà faite sur un autre forum mais : http://forumserver.twoplustwo.com/56/medium-stakes-pl-nl/400nl-kk-3b-pot-sorta-bad-runout-1359212/



    Call 4è pair sur 4flush board en 3bet pot
    PokerStars Hand #105005146530: Hold'em No Limit (€1/€2 EUR) - 2013/10/04 10:37:17 CET [2013/10/04 4:37:17 ET]
    Table 'Perihelion II' 6-max Seat #1 is the button
    Seat 1: ArtPlaie (€200 in chips)
    Seat 4: DooM+) 4real (€995.77 in chips)
    ArtPlaie: posts small blind €1
    DooM+) 4real: posts big blind €2
    *** HOLE CARDS ***
    Dealt to ArtPlaie
    ArtPlaie: raises €2.38 to €4.38
    DooM+) 4real: raises €11.62 to €16
    ArtPlaie: calls €11.62
    *** FLOP ***
    DooM+) 4real: bets €21
    ArtPlaie: calls €21
    *** TURN ***
    DooM+) 4real: checks
    ArtPlaie: checks
    *** RIVER ***
    DooM+) 4real: bets €40
    ArtPlaie: calls €40
    *** SHOW DOWN ***
    DooM+) 4real: shows (a pair of Sixes)
    ArtPlaie: mucks hand
    DooM+) 4real collected €152.50 from pot


    Enfin comme je le disais celle-ci est à mon avis mal jouée de tous les côtés. Je dirais que préflop et flop sont relativement standards. On pourrait presque débattre de tourner ma main en bluff dès la turn mais celle-ci est trop forte pour en faire un play GTO, et je n'attends pas de mon adversaire qu'il ait massivement trop la tendance d'aller trop C/F. Turn est également, donc, plutôt standard.

    La river ça se corse un chouille. Mon raisonnement a été le suivant :

    - Mon adversaire aurait 2d barrel la Qd avec probablement tous ses carreaux nus, en bluff. Je ne m'attends donc pas à voir de mains type AdTx AxTd, etc.
    - Il ne devrait pas s'attendre à ce que j'aie moi même trop de carreaux forts et peut donc envisager un bluff désespéré avec ses giveups complets turn du style 9To

    Là où je fais une grosse erreur c'est que j'émets un raisonnement partiel en réalité totalement débile. Tout d'abord je ne pense pas que mon adversaire CBet une main comme T9 sans carreau sur ce board. Et à vrai dire la conséquence c'est que quand il check la Qd je m'attends à ce qu'il ait 90% du temps de la SD value. Et c'est là qu'est le drame; Je ne bats aucune SD value. La conséquence c'est que si incohérente que j'estime la ligne de mon adversaire je ne PEUX PAS call. Et j'aurais dû en prendre acte et soit fold, soit shove.

    Ici je suis parti dans mon idée "je pense que sa ligne constitue une erreur donc je peux call", mais par peur, bêtise ou orgueil et volonté de faire le beau avec ma bottom pair j'ai call en oubliant de pousser le raisonnement au bout. Encore un petit manque de discipline donc, même si je m'en vante souvent comme étant une de mes qualités
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    SuperCaddy reacted to olivierp for a blog entry, Mon poker   
    Bobi mon amour <3...





    Salut Bobi ! Ca va ?


    Y'a pas bien longtemps maintenant, j'ai eu un message de Bobi qui me demandais de participer à un thread qu'il avait initié, soit disant parce que parait-il que j'ai déjà joué pas mal de main à ce jeu de carte qu'est le poker. Le thread en question :

    Je sais pas si vous connaissez Bobi, mais faut le dire tout de suite, c'est 100kg de muscles () et un caractère ultra agressif. Donc bon, ça a beau avoir l'air d'être un message anodin, ce n'en est pas un... Et puis en plus je l'aime bien et j'ai envie de lui faire plaisir

    Par contre je suis un peu emm**dé, malgré ce que j'ai dit au-dessus, je ne vois pas bien quoi ajouter directement à la conversation. Donc j'ai décidé de feinter, de ne parler que de moi. Et vu qu'un blog c'est fait pour ça normalement, ben je vais le poster ici.

    Donc voilà, j'ai pris la décision de parler ma relation ( <3) avec le poker depuis que j'y joue. Ca fait un bout de temps maintenant, et je suis passé par pas mal de phases différentes. Avec du bien et du moins bien. Je vais forcement parler pas mal de ma vie autour et de ce qui a influé sur les décision poker, mais le but du jeu, c'est quand même de parler principalement de mes états psychologiques vis à vis du poker.

    Le poker : un coup de bol et un exutoire





    La galère


    Il y a très longtemps, dans une ancienne vie, j'étais en thèse. Et franchement c'était quand même bien la galère. Pas la thèse hein (quoique...), c'est vraiment un milieu qui me convenait bien et j'avais eu la chance de trouver un laboratoire avec des chercheurs extrêmement compétents et des étudiants avec qui je m'entendais très bien, bref y'avait tout ce qu'il fallait pour me plaire.

    Sauf que... J'avais quelque soucis de santé et j'allais pas super super. Disons que parmi les chose qui m'étaient difficile à faire pendant les quatre ans qu'ont durés cette expérience, y'avait : tenir debout (ça m'est arrivé un certain nombre de fois de m'écrouler dans la rue, comme ça sans raisons...), et arriver à faire une phrase en entier passé midi. J'étais un poil fatigué, tout le temps.

    En plus de ça j'avais un directeur de thèse que je considérais énormément, mais qui avait une petite tendance lunatique... Et manque de bol, il était en phase terminale d'un cancer à ce moment là, ce qui donnait une ambiance de thèse un peu particulière...

    Bon disons que l'un dans l'autre ça allait pas trop, que je passais beaucoup beaucoup de temps chez moi à ne pas faire grand chose, et une grande partie de ce temps sur mon ordinateur.






    Un coup de bol


    Ca a quand même pris un petit moment, mais c'est à ce moment là que j'ai trouvé le poker. Et j'ai vraiment tout de suite accroché. Et en plus de me passionner, j'ai eu la chance de pouvoir monter assez rapidement en 2/4 sans avoir ni un winrate fantastique ni un niveau délirant.

    Outre le fait d'y trouver une passion (ce qui est toujours sympa), à ce moment là le poker m'a surtout permis de penser à autre chose. Dans la vrai vie j'étais vraiment tout en bas, au fur et à mesure des mois qui passaient je faisais des croix sur les différentes voies qui s'offraient à moi pour mon futur. Parce que bon tenir debout et arriver à articuler des phrases cohérentes toute une journée durant c'est quand même quelque chose qu'il faut en général savoir faire.

    Le coup de bol là aussi, c'est que j'étais capable de jouer au poker à des moments où je n'étais pas capable de faire quoi que ce soit d'autre (parler par ex...), et même d'être un peu gagnant sans faire des efforts démesurés. Je jouais sur Doyle's room à l'époque, ceci explique certainement cela ...

    Je crois bien qu'à ce moment là, le rôle principal du poker a été de me permettre d'avancer. Je ne suis pas sûr du tout que j'aurais pu finir ma thèse si je n'avais pas réussi à "m'évader" grâce au poker. Ca m'a permis de ne pas trop penser à moi à un moment où ça allait pas trop, et où je ne pouvais pas faire grand chose pour que ça aille mieux.

    Bon en tout cas à un moment donné j'ai rendu ma thèse, je l'ai même soutenue. On m'a demandé ce que j'allais faire plus tard... J'avais fait un croix sur toutes les carrières "classiques", je n'étais très clairement pas en état pour les envisager. Et un truc sympa quand même, c'est qu'après avoir fait des croix sur tout, il me restait le poker. Je gagnais déjà un peu de sous, et j'adorais ça, y'a quand même bien pire comme voie de garage...

    Les circonstances auraient été différentes, je suis à peu près sûr que je ne me serais pas lancé dans le poker "à temps plein", pour tout un tas de raison. Mais en tout cas, les choses étaient ce qu'elles étaient, et j'ai encore aujourd'hui l'impression d'avoir eu un bol fou de découvrir le poker à ce moment là. C'est quelque chose que je garde encore en tête aujourd'hui.

    Le poker compétition





    Sky 10/20 is the limit


    Tout juste sorti de ma thèse, j'avais deux objectifs relatif au poker :
    Me servir de mon nouveau rythme de vie de pouvoir regagner en forme
    Progresser au poker

    Pour me mettre dans l'ambiance quand même, je commence par un bad run incroyable (pour moi à l'époque) d'un mois. Un vrai hein, pile ce qu'il faut pour être en confiance...

    Ca se passe assez rapidement mieux quand même, et je regagne en forme petit à petit. Donc bon, le premier objectif se réalise doucement, reste à progresser. Quatre-cinq mois après la fin de thèse, je met enfin l'engrenage en route : je joue énormément en heads up. En plus de ça j'avais trouvé deux américains motivés pour progresser. On enregistres des vidéos de nos matchs, on les commente. Ça et le heads up, c'est le top absolu pour apprendre le poker.

    Je n'avais pas l'ambition de monter toutes les limites en HU, ça se passait bien, mais j'avais comme objectif de retourner au short handed ensuite. C'est ce que j'ai fait. Passé quelques réadaptations, je pouvais monter en 5/10 et me débrouiller très bien sur ces tables.

    Dans le même temps j'essayais d'autres variantes, le HU PLO en particulier où j'ai joué pas mal de mains. En tout cas je prenais énormément de plaisir à apprendre.

    J'essayais de passer en 10/20, je me cassais les dents.

    Je réessayais de passer en 10/20, je me cassais les dents à nouveau.

    ...

    Bref, j''avais du mal à monter plus haut, mais j'avais passé quelques mois "à fond" poker, en progressant et en regardant vers le haut : c'est vraiment une période que j'ai beaucoup apprécié. J'avais vraiment l'impression de faire partie d'une compétition mondiale. Je cherchais à monter les divisions, une à une, et j'y arrivais en partie. C'était vraiment bon.

    Clicking buttons




    Pas très bien dormi cette nuit...


    Et puis je suis retourné sous cortisone. C'est incroyable comme ça rend nerveux ces conneries... Au bout d'un mois à quatre heures de sommeil par nuit, je commençais à me sentir super limite en 5/10, trop fatigué. Et pour en rajouter une couche, je ressentais le besoin de canaliser la nervosité du moment.

    C'est là que j'ai commencé à vraiment mass multitabler, je me suis dit que c'est ce qui correspondait le plus à mon humeur / niveau effectif du moment. Je suis descendu en 2/4, je jouais 16 tables (limite de FT à l'époque). Si je me sentais encore plus limite, je descendais encore d'un cran, en 1/2, pour me sentir à l'aise.

    Ça dure un bon moment comme ça. Et puis le .fr est arrivé.

    Y'a un truc horrible avec le multitabling, c'est que c'est terriblement difficile de revenir en arrière quand on y a gouté...

    Donc je continue.

    Début août, ma femme se retrouve alité pour au moins deux mois. Donc bon, la vie sociale à ce moment là est plutôt en stand by. Alors je décide de me fixer un objectif : faire sne en quelques mois. Je joue une tonne en nombre d'heures et de tables, et trois mois après c'est plié : j'ai fait mon million de mains.

    Ça peut paraitre très bourrin, mais au final j'en ai un bon souvenir. J'étais motivé par un objectif, j'ai passé beaucoup de temps en couple, on attendait un petit. Un petit coup de mou quand même au milieu où j'ai eu mon pire bad run en terme de set up / flips. Si je me souviens bien, au bout de 100k mains début octobre, quand je prenais mon tracker, la première main avec laquelle j'étais gagnant c'était AQo... La bonne nouvelle quand même, c'est qu'à ce rythme, 100k mains ça dure dix jours...

    Papa





    Mon ptit


    Et puis je suis devenu papa. Au niveau poker, ça a marqué la fin d'une période où je jouait énormément de mains en prenant du plaisir.

    J'ai aussi déménagé en même temps, emménagé dans un appart en travaux, et fait une partie de ceux-ci... Quand est venu la fin du congé maternité de ma femme, je me suis occupé de mon petit, en attendant la crèche qu'on ne devait avoir qu'à la rentrée. Et puis avec les histoires d'adaptations, de travaux dans la crèche voisine... La rentrée en fait c'est fin octobre. Et fin octobre c'est le début des épidémies, et le p'tit avait pas encore fait ses défenses immunitaires... Donc bon, malade tout le temps, je continuais à le garder très souvent, fatigué par ses non nuits en plus...

    Au milieu de ça j'essayais de jouer au poker... Je l'ai vraiment très mal vécu. J'essayais de jouer dès que j'avais un moment de libre, donc forcément fatigué, nerveux, pas dans de bonnes conditions. Mes sessions duraient souvent moins d'une demi-heure, et pour arriver à faire des mains, je me retrouvais souvent sur trente tables....

    C'était complètement con, je n'arrivais simplement pas à accepter que je ne pouvais pas avoir le même rythme de jeu dans ces conditions. Et j'empirais la situation en voulant le forcer à tout pris.

    J'arrive quand même à faire un bilan en fin d'année (après avoir fini SNE avec une gastro à Noël chez mes beaux parents...) : je fais de la m**de. Et pire que ça, je le vis terriblement mal. Je décide de prendre du recul avec les résultats, et surtout de ne plus me donner d'objectifs poker. Je joue quand je me sens de jouer et j'essaie au maximum de ne rien forcer.

    Un aparté quand même, autant j'ai très mal vécu ma gestion du poker, autant j'ai eu la chance de participer à CPR à ce moment là, et j'y ai pris énormément de plaisir. Je crois que ça a énormément compensé le coup de mou lié au jeu en lui même.

    On arrive à l'an dernier, et j'ai déjà pas mal parlé de ces périodes dans mon blog.

    Quelque chose dont je suis assez content, c'est que j'ai plutôt bien vécu ma pire année poker. J'ai fait (beaucoup) moins de volume, et je pense avoir relativement bien joué pendant une grosse première moitié d'année. J'ai delete mes databases pour éviter de trop les regarder, mais de mémoire, j'étais 5bb/100 en dessous en ev au bout de six mois et 350k mains. Tout en étant gagnant.

    J'ai voulu faire une revanche contre ohsosick, j'aurais certainement du éviter... Je perds vraiment énorme et je crois que c'est la première fois depuis que je joue au poker que j'ai été incapable de reprendre la souris pendant deux ou trois semaines après m'être fait démonter... Ça je ne l'ai pas bien vécu.

    Et puis de septembre à décembre, j'étais vraiment très bas physiquement. Incapable de remonter la pente. J'ai très peu joué, et quand j'ai joué, j'ai très mal joué...

    Mais encore une fois, je crois que la seule chose que j'ai mal vécu niveau poker c'est le HU contre ohsosick. Je me suis pas mal détaché du reste, et c'est quand même beaucoup plus facile à vivre comme ça. Je vis quand même les hauts et bas liés au poker, je ne pense pas qu'on puisse totalement les éviter, mais au moins ça ne me mine pas plus que ça.

    Je pense que c'est un peu mon état d'esprit actuel, je suis explosé à peu près tout le temps, et si y'a un truc qui m'affecte, c'est bien ça. J'essaie de gérer ma forme, ma famille, mes amis, et je galère pas mal là dessus. Le poker vient après, et il a son importance.

    Deux choses pour finir :

    Quelque chose qui me surprend au fur et à mesure du temps qui passe : je prends toujours du plaisir à jouer. Alors bien sûr, les raisons de ce plaisir ont évoluées au fur et à mesure du temps, mais je pense que ce n'est pas le cas de tout le monde et que ça change absolument toute la relation que l'on peut avoir avec ce jeu.
    Ma relation au futur à complètement changé avec le poker. Avant, j'avais l'habitude d'essayer de me projeter à 5/10 ans pour savoir où je voulais être. Je ne le fais plus, je ne vois pas bien comment le faire en jouant au poker. J'ai d'ailleurs l'impression de m'y habituer plutôt pas mal. Depuis que je joue j'ai l'impression que ça peut s'arrêter du jour au lendemain. Un jour ça s'arrêtera...
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    SuperCaddy reacted to olivierp for a blog entry, High stakes poker   





    High stakes poker à la française


    Vous avez déjà dû le remarquer, je parle assez peu des sessions online dans ce blog, la raison principale est que je prend beaucoup plus de plaisir à écrire (et à lire quand j'en ai l'occasion) un CR sur du jeu live que sur du online. C'est en grande partie dû à l'ambiance autour de l'événement je pense.
    Aujourd'hui je ne dérogerais pas vraiment à cette règle, je viens vous voir pour faire un compte rendu d'une session live exceptionnelle.

    En effet, j'ai récemment eu la chance d'être invité à une partie privée live, avec pour les coup des enjeux financiers importants. Forcement le gratin du poker français était présent, seuls manquaient Timus prétextant une maladie quelconque au dernier moment et Horn3t bredouillant quelques mots incompréhensibles au téléphone.
    La partie se déroula finalement à sept joueurs : Skip, Tof, Uto, Popi, Moi, Zozo, et Sylvain.






    Le gratin du poker français


    Je passe l'oubli des bières à la maison et l'apéro précédant la partie. A 22h tapantes, tout le monde est installé et prêt à en découdre. Les Paulsons (pharaoh svp) sont sortis, sept piles de mille jeton, la cave est à 10 € : ça joue high stakes !!!
    On tire les places avant de s'installer. le but du jeu : ne pas être à la droite de Skip. En plus il a l'air chaud ce soir. Je chatte mon tirage avec Uto et Zozo à ma gauche :







    Le tirage


    On s'installe, je propose de jouer en "win the button", tout le monde est d'accord, sauf Uto qui râle, qu'est-ce que ça va être quand on va arriver aux variantes... Pour en rajouter encore un peu, le perdant distribue la main suivante et chaque personne qui recave doit prendre un shot de jus de pomme.

    On tire le bouton, Skip gagne, ça va être un peu le thème de la soirée... Je commence à distribuer les cartes et là Tof se réveille "put**n, je vais être de blindes toute la soirée..." . C'est un malin ce Tof ! Il a tout de suite compris ce qui allait se passer.

    Je suis UTG (ma position favorite ce soir là, la seule pour ainsi dire...), j'ouvre , c'est pas trop mal, je minraise pour avoir de l'action. Payé par Uto, Zozo et Popi, Skip 3-bet cher. Tof et Sylvain qui sont des gens raisonnables foldent, moi aussi, tout comme Uto et Zozo. Popi paye.
    Flop : , là je suis dégouté, j'avais top paire... Ca m'apprendra à fold.
    Je ne sais pas bien comment, mais ça part à tapis, les cartes : Skip : , Popi . Skip remporte brillamment la première cave de sa soirée, Popi prend une double recave et un shot simple et la partie est lancé.






    Des problèmes de mémoire monsieur ?


    Bon un petit aparté quand même avant de continuer : je ne suis pas bien sûr que cette main ai eu lieu à ce moment dans la partie, ni qu'elle ai eu lieu exactement de la façon dont je la raconte... D'habitude quand je joue en live j'ai une très bonne mémoire des événements, mais allez savoir pourquoi, c'est un peu plus flou dans ce cas. Donc je brode, j'inverse etc... Ce qui est sûr c'est que c'est toujours Skip qui 3-bet et Popi qui call, et aussi que Skip à doublé en premier...

    On instaure un side bet avec : si quelqu'un gagne un pot avec , c'est tournée générale de jus de pomme (sauf pour le vainqueur). J'ai bien proposé que ce soit le gagnant de la main qui décide qui buvait pour donner une dynamique plus personnelle à tout ça, mais Sip à refusé net après avoir regardé son stack de jetons : beaucoup trop dangereux comme règle quand on est chipleader. En plus d'être grand, il est finaud !

    Pour ce qui est des mains que je joue pendant la partie NLHE :
    J'ouvre 95 % des UTG (c'est ma position favorite), parfois je call les 3-bet, parfois je fold, parfois je reshove mes 100-200 bb dans 10bb... Ca me permet de prendre un tapis avec > , de split contre skip avec = (chattard !) et de perdre une cave avec quelque chose comme < < (j'avais ).
    Popi (UTG) open shove pendant qu'on distribue les cartes, Skip instacall. Petite pause, on attend nous de pouvoir voir nos cartes. Tof tank en nous disant qu'il a avant de call, Sylvain fold et j'ouvre . Je tank 5 bonnes minutes avant de call en disant que de toute façon je dois avoir les cotes. Board : .

    Tof et Popi font la gueule, je suis bien là !!! Reste seulement Skip qui n'a pas encore regardé ses cartes. Il nous annonce qu'on va les regarder ensemble. Il retourne sa première carte : , je rage muck, il vient de me casser mon effet le monsieur !La main que j'ai le plus mal joué, et je m'en veut encore :

    Je suis au bouton (oui oui, c'est quand même arrivé de temps en temps...), tout le monde fold jusqu'à Sylvain (non, ça c'est arrivé qu'une seule fois...), il ouvre. Je regarde mes cartes, j'ai , je suis beau ! Je call. Inutile de préciser qu'Uto et Zozo foldent...
    Flop : (j'ai nut air, je me sens confiant, jamais je fold any street).
    Sylvain mise, je call.
    Turn : 5d
    Sylvain check, je me sens toujours vraiment bien, mais faut quand même avouer que ça va être compliqué de se faire payer par moins bien.... Je check
    River : , pas dégueu...
    Sylvain fait mine de réfléchir à miser, je lui dit que s'il mise je fais tapis... Et il fait tapis après m'avoir demandé confirmation.
    Et là, je fais l'énorme erreur de la soirée : j'instacall pour lui claquer les nuts au milieu de la table... Quelle erreur !!! C'est le genre de spot de slowroll qui ne se présente qu'une fois l'an et je n'ai pas eu la présence d'esprit de le saisir : quand je lui dit que je le paye s'il mise, il sait que c'est vrai. Donc quand il mise il se sent monstrueux, il se sent beau, il plane au dessus de nous tous.
    Bon j'ai call, il a montré tout fier pour la suite, et on a quand même tous bien rigolé parce qu'on avait tous suivi l'action et qu'il a voulu faire le malin à la turn... Un shot pour Sylvain un !

    On a bien sûr joué d'autres mains en NLHE, en tout cas je crois... pas tout à fait sûr. En tout cas c'est l'heure de passer aux variantes. La règle est simple, c'est du vrai dealer choice : le gagnant prend le bouton et décide de la variante que l'on joue qu'elle existe ou non. Pour donner une idée on a joué entre autre à : Omaha
    Omaha 5
    Omaha high low
    Omaha 5 high low
    Hold'em à 1 carte (c'est nul)
    Hold'em à 3 cartes (en en jettant une au flop, ou pas)
    Poker fermé, comme papyé, en single draw NL
    Cartes sur la tête
    Kalachnikov
    Omaha 4 à 2 boards
    Courchevel
    Hold'em à 3 cartes où on s'échange une carte au hasard à la river
    Surement autre chose...

    Je ne détaillerais que deux mains, parce que c'était quand même bien le bordel à ce moment là dans ma tête. Et qu'en plus vu qu'il faut expliquer la variante avant à chaque fois avant la main, ça devient bien long à écrire.
    [*]Omaha 4 à deux boards, je suis au bouton (oui c'était mon idée...), et je call un raise avec , toute la famille est au flop.


    Flop :

    Uto check, Zozo pot, Popi repot, Tof Skip et Sylvain foldent, je repot, Zozo repot (!!!!), Popi fold, je call parce que faut pas déconner quand même, j'ai full, mais je me sens pas super bien...
    Zozo : . Je suis effectivement pas beau du tout mais on split quand même....

    [*]Cartes sur la tête. La règle est simple, c'est du hold'em classique sauf qu'on a nos cartes sur le front et que tout le monde peut les voir... Sauf nous. Au niveau de ce qui va se passer à table, on sait déjà que Skip va faire tapis et Popi va le payer, qu'Uto va fold 100 % du temps, et que tous les autres, moi y compris, on va fold une grande partie du temps.


    Bon, on distribue les cartes, et là !!! Popi retourne , va falloir y aller alors...
    Je ne sais plus bien comment on se retrouve au flop sans que ça parte pré-flop, mais je suis avec Skip et Popi dans le coup sur un board : .
    Popi à nut low, je me sens pas trop mal contre lui... Skip lui a . Je tente un check raise sur les deux larrons en espérant le faire folder.
    Il tank, tank, tank, tank, tank tellement que je me dis qu'il va peut-être jeter sa main... Et puis non, il call, grrrrr....
    Je retourne , Yes ! tout pour papa !!! Ah, en fait non, on split avec Skip les jetons de Popi.

    Pas bien longtemps après, je laisse les jeunes continuer à jouer, ils ont pas de gosses qui se réveille à 7h du matin eux... Et puis il est déjà 2h.
    En tout cas, j'ai pu repartir la tête haute, fier de moi d'avoir ch***er juste ce qu'il faut pour me payer les sushis de la soirée !
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