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ETdOrion

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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from Mr. Tubells in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Hmm… Alors…
    Dans l'ensemble, ce que vous dites sur l'inflation cosmologique est correct. Mais peut-être un peu "partial". Quand vous dites que cette théorie a été créée artificiellement , on pourrait être tenté de répondre que c'est le cas de toute théorie. Le fait que l'idée d'inflation ait été avancée pour résoudre un problème spécifique, rencontré en cosmologie, n'en fait pas a priori une théorie douteuse (ni correcte, bien sûr). Il est très courant que, face à un problème, on imagine des solutions ou des explications possibles, et il arrive que ces explications sont valables… ;-)
    En l'occurrence, vous suggérez, je crois, que le remède proposé est peut-être un peu "violent", pour un mal pas si grave que cela. C'est une très bonne démarche. Mais même si j'ai moi aussi des doutes quant à l'approche générale de l'inflation, je dois tout de même dire d'une part que le mal est plus grave que vous ne le suggérez, et d'autre que le remède n'est pas si violent que cela. En effet, il n'y a pas que le problème de la "platitude" de l'univers que l'inflation vise à atténuer. Il y a aussi celui de l'uniformité : le rayonnement fossile (fonds diffus cosmologique) a la même température (à un pour cent mille près) dans toutes les directions. Or, sans inflation, les modèles d'expansion de l'univers indiquent que les régions de l'univers correspondant à ces différentes directions n'ont jamais été en contact causal l'une avec l'autre. Comment se fait-il, alors, qu'elles aient exactement la même température, comme s'il s'était établi entre elles un équilibre thermodynamique ? Ce problème est très sérieux. Bien sûr, on peut invoquer un ajustement des "conditions initiales" (comme vous le suggérez avec la valeur de la courbure), mais il faudrait qu'elles soient identiques partout. En "une infinité" de régions non connectées de manière causale (et donc sans possibilité d'échanger la moindre information).  Ce n'est pas un problème en soi, s'il existe un mécanisme qui établit de manière universelle la ou les conditions initiales pertinentes. Mais dans ce cas, on aimerait bien connaître ce mécanisme. Or l'inflation permet précisément de réaliser cette uniformisation (car dans cette approche, les régions concernées étaient en fait causalement connectées avant l'inflation !). Les théories d'inflation apportent donc une éventuelle solution non pas à 1 problème mineure, réglable par l'invocation d'une courbure initiale adéquate, mais à plusieurs problèmes, a priori indépendants, mais qui trouvent là une possible explication unique. Quant à la "violence" du remède, il faut voir… En fait, dans le cadre de la théorie quantique, l'existence d'une phase d'inflation n'apparait pas particulièrement saugrenue, et peut même être vue comme une conséquence naturelle de l'existence d'un certain champ quantique (qu'on peut dès lors appeler « inflaton », faute de mieux). Autrement dit, les théories d'inflation font tout de même mieux que dire "bon, comme l'univers a l'air plat, il a dû y avoir une inflation" : elles proposent effectivement un mécanisme réalisant cette inflation. Certes, le champ responsable de cette inflation doit être introduit "à la main", mais on peut aussi voir cela comme une découverte. Par exemple, lorsqu'au XIXe siècle on a découvert des raies spectrales dans la lumière solaire qui ne correspondaient à aucune raie connue émise (ou absorbée) par les différents éléments chimiques connus, il a été postulé que cela pouvait correspondre à un élément inconnu. C'était peut-être un "remède" un peu radical, et il est certain que certains auraient aisément considérer que le problème posé par ces raies spectrales étranges n'était sans doute pas très grave, et pourrait se résoudre autrement. Mais de fait, après de nombreuses années, on est parvenu à isoler un nouvel élément, jusqu'alors inconnu sur Terre, mais présent tout de même en très faible quantité, qui avait les mêmes raies. C'est l'élément qu'on appelle aujourd'hui "hélium", car il fut découvert dans le Soleil, justement…
    Bref. Je ne sais pas si l'inflation est la bonne réponse au problème de la platitude et de l'homogénéité à grande échelle de l'univers, mais je voulais simplement souligner que ces problèmes sont en principe de sérieux problèmes, et que la solution n'est finalement pas si exotique que cela dans le cadre des théories actuelles.
    Autre point : vous citez en exemple la constante cosmologique introduite par Einstein. Il l'a certes introduite pour résoudre ce qu'il considérait alors comme un problème, à savoir le fait que la théorie de la Relativité impliquait l'expansion (ou la contraction) de l'univers, mais ce n'était pas une hypothèse totalement arbitraire. En fait, le problème (la prédiction d'une expansion) était considéré comme très grand, et le remède (l'introduction de cette constante cosmologique) comme assez naturel, puisque la théorie de la Relativité Générale permet en effet qu'une telle constante existe. Plus tard, lorsqu'il s'est avéré que l'univers était bel et bien en expansion, Einstein aurait paraît-il regretté d'avoir introduit cette constante cosmologique non nulle. Mais la meilleure que cette introduction était cependant justifiée… est que nous savons aujourd'hui qu'elle n'est effectivement pas nulle ! Son existence était bien une possibilité naturelle : en tant qu'hypothèse, elle pouvait être juste ou fausse, mais elle trouvait sa place de manière naturelle dans la théorie. C'est cela qui distingue ce genre d'hypothèse (y compris l'inflation), de n'importe quel type d'hypothèse complètement arbitraire, qui résout certes le problème visé, mais qui le fait sans motivation particulière, et qui n'a dès lors aucune raison d'emporte l'adhésion plus qu'une autre…
    Pour le reste, vous faites référence au "principe anthropique", je pense, en liaison avec la valeur spécifique des constantes fondamentales. Cette question est intéressante, mais demanderait de plus amples débats. En tout cas, vous avez bien résumé la situation : il peut y avoir des explications de type "muletiers", ou des explications plus "intentionnelles". Je n'ai pas vraiment de références à vous suggérer pour éclairer ces questions d'une manière vraiment pertinente (au-delà de simplement "poser le problème", ce que vous semblez déjà bien connaître).
    À propos du "rebond" de l'univers, il est sans doute un peu abusif de dire que la théorie des cordes et/ou la théorie des boucles quantiques conduisent à une telle prédiction. Car ces théories ne sont pas véritablement définies, à l'heure actuelle, et ne sont donc pas en mesure de faire véritablement des prédictions. Il est vrai qu'une modification de la métrique de l'espace-temps aux échelles de Planck peut avoir cette conséquence, et qu'une telle modification est naturelle dans toute théorie cherchant à résoudre le conflit entre théorie quantique et théorie de la Relativité. Mais je me garderais de trop extrapoler sur ces questions, car il est fort probable que, lorsque ce conflit sera résolu, la notion même d'espace et de temps auront totalement disparu (au niveau fondamental), et que le problème de l'origine ("rebond", "singularité", "bord arrondi", etc.) sera reformulé en des termes entièrement nouveaux, qui feront paraître nos questions actuelles comme extrêmement naïve et, en tout cas, non pertinentes…
    Enfin, pour répondre à votre dernière question : oui, ça vaut toujours le coup de persévérer ;-) Certaines choses ne vous seront pas accessibles sans une compréhension intime des équations, mais les perspectives philosophiques et métaphysiques sont intéressantes par elles-mêmes, et se nourrissent des idées-forces qui se dégagent des réflexions actuelles.
    Bon. Ça fait une réponse un peu longue, mais voilà… ;-) [Vu l'heure, je ne prends pas le temps de relire, donc désolé si c'est un peu confus, ou s'il y a des incohérences, des lourdeurs ou des fautes un peu trop nombreuses…]
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from WebDesigner in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Salut DonLimit,
    pour répondre en deux mots, les messagers dont je parle sont, outre les photons habituels, les rayons cosmiques (qui sont des noyaux d'atomes divers, accélérés par des processus spécifiques dans des environnements astrophysiques dits "de haute énergie"), les neutrinos (qui peuvent traverser tout l'univers avec une grande probabilité de ne jamais interagir avec le milieu ambiant !), et les ondes gravitationnelles (ou les gravitons). L'astronomie est en train de conquérir ces nouveaux territoires de l'exploration du cosmos, et nous espérons que ces nouveaux messagers nous livreront de nouveaux messages…
    Pour ce qui est de SETI, je suis plutôt pour.
    Quant à SpaceX, Mars et MarsOne, je vous suggère de jeter un coup d'œil à l'interview vidéo que j'ai faite de mon collègue Christer Fuglesang, astronaute à l'ESA, sur ma chaîne Youtube "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…" : 
     
    (désolé pour l'auto-promo ;-) )
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from Mr. Tubells in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Hmm… Alors…
    Dans l'ensemble, ce que vous dites sur l'inflation cosmologique est correct. Mais peut-être un peu "partial". Quand vous dites que cette théorie a été créée artificiellement , on pourrait être tenté de répondre que c'est le cas de toute théorie. Le fait que l'idée d'inflation ait été avancée pour résoudre un problème spécifique, rencontré en cosmologie, n'en fait pas a priori une théorie douteuse (ni correcte, bien sûr). Il est très courant que, face à un problème, on imagine des solutions ou des explications possibles, et il arrive que ces explications sont valables… ;-)
    En l'occurrence, vous suggérez, je crois, que le remède proposé est peut-être un peu "violent", pour un mal pas si grave que cela. C'est une très bonne démarche. Mais même si j'ai moi aussi des doutes quant à l'approche générale de l'inflation, je dois tout de même dire d'une part que le mal est plus grave que vous ne le suggérez, et d'autre que le remède n'est pas si violent que cela. En effet, il n'y a pas que le problème de la "platitude" de l'univers que l'inflation vise à atténuer. Il y a aussi celui de l'uniformité : le rayonnement fossile (fonds diffus cosmologique) a la même température (à un pour cent mille près) dans toutes les directions. Or, sans inflation, les modèles d'expansion de l'univers indiquent que les régions de l'univers correspondant à ces différentes directions n'ont jamais été en contact causal l'une avec l'autre. Comment se fait-il, alors, qu'elles aient exactement la même température, comme s'il s'était établi entre elles un équilibre thermodynamique ? Ce problème est très sérieux. Bien sûr, on peut invoquer un ajustement des "conditions initiales" (comme vous le suggérez avec la valeur de la courbure), mais il faudrait qu'elles soient identiques partout. En "une infinité" de régions non connectées de manière causale (et donc sans possibilité d'échanger la moindre information).  Ce n'est pas un problème en soi, s'il existe un mécanisme qui établit de manière universelle la ou les conditions initiales pertinentes. Mais dans ce cas, on aimerait bien connaître ce mécanisme. Or l'inflation permet précisément de réaliser cette uniformisation (car dans cette approche, les régions concernées étaient en fait causalement connectées avant l'inflation !). Les théories d'inflation apportent donc une éventuelle solution non pas à 1 problème mineure, réglable par l'invocation d'une courbure initiale adéquate, mais à plusieurs problèmes, a priori indépendants, mais qui trouvent là une possible explication unique. Quant à la "violence" du remède, il faut voir… En fait, dans le cadre de la théorie quantique, l'existence d'une phase d'inflation n'apparait pas particulièrement saugrenue, et peut même être vue comme une conséquence naturelle de l'existence d'un certain champ quantique (qu'on peut dès lors appeler « inflaton », faute de mieux). Autrement dit, les théories d'inflation font tout de même mieux que dire "bon, comme l'univers a l'air plat, il a dû y avoir une inflation" : elles proposent effectivement un mécanisme réalisant cette inflation. Certes, le champ responsable de cette inflation doit être introduit "à la main", mais on peut aussi voir cela comme une découverte. Par exemple, lorsqu'au XIXe siècle on a découvert des raies spectrales dans la lumière solaire qui ne correspondaient à aucune raie connue émise (ou absorbée) par les différents éléments chimiques connus, il a été postulé que cela pouvait correspondre à un élément inconnu. C'était peut-être un "remède" un peu radical, et il est certain que certains auraient aisément considérer que le problème posé par ces raies spectrales étranges n'était sans doute pas très grave, et pourrait se résoudre autrement. Mais de fait, après de nombreuses années, on est parvenu à isoler un nouvel élément, jusqu'alors inconnu sur Terre, mais présent tout de même en très faible quantité, qui avait les mêmes raies. C'est l'élément qu'on appelle aujourd'hui "hélium", car il fut découvert dans le Soleil, justement…
    Bref. Je ne sais pas si l'inflation est la bonne réponse au problème de la platitude et de l'homogénéité à grande échelle de l'univers, mais je voulais simplement souligner que ces problèmes sont en principe de sérieux problèmes, et que la solution n'est finalement pas si exotique que cela dans le cadre des théories actuelles.
    Autre point : vous citez en exemple la constante cosmologique introduite par Einstein. Il l'a certes introduite pour résoudre ce qu'il considérait alors comme un problème, à savoir le fait que la théorie de la Relativité impliquait l'expansion (ou la contraction) de l'univers, mais ce n'était pas une hypothèse totalement arbitraire. En fait, le problème (la prédiction d'une expansion) était considéré comme très grand, et le remède (l'introduction de cette constante cosmologique) comme assez naturel, puisque la théorie de la Relativité Générale permet en effet qu'une telle constante existe. Plus tard, lorsqu'il s'est avéré que l'univers était bel et bien en expansion, Einstein aurait paraît-il regretté d'avoir introduit cette constante cosmologique non nulle. Mais la meilleure que cette introduction était cependant justifiée… est que nous savons aujourd'hui qu'elle n'est effectivement pas nulle ! Son existence était bien une possibilité naturelle : en tant qu'hypothèse, elle pouvait être juste ou fausse, mais elle trouvait sa place de manière naturelle dans la théorie. C'est cela qui distingue ce genre d'hypothèse (y compris l'inflation), de n'importe quel type d'hypothèse complètement arbitraire, qui résout certes le problème visé, mais qui le fait sans motivation particulière, et qui n'a dès lors aucune raison d'emporte l'adhésion plus qu'une autre…
    Pour le reste, vous faites référence au "principe anthropique", je pense, en liaison avec la valeur spécifique des constantes fondamentales. Cette question est intéressante, mais demanderait de plus amples débats. En tout cas, vous avez bien résumé la situation : il peut y avoir des explications de type "muletiers", ou des explications plus "intentionnelles". Je n'ai pas vraiment de références à vous suggérer pour éclairer ces questions d'une manière vraiment pertinente (au-delà de simplement "poser le problème", ce que vous semblez déjà bien connaître).
    À propos du "rebond" de l'univers, il est sans doute un peu abusif de dire que la théorie des cordes et/ou la théorie des boucles quantiques conduisent à une telle prédiction. Car ces théories ne sont pas véritablement définies, à l'heure actuelle, et ne sont donc pas en mesure de faire véritablement des prédictions. Il est vrai qu'une modification de la métrique de l'espace-temps aux échelles de Planck peut avoir cette conséquence, et qu'une telle modification est naturelle dans toute théorie cherchant à résoudre le conflit entre théorie quantique et théorie de la Relativité. Mais je me garderais de trop extrapoler sur ces questions, car il est fort probable que, lorsque ce conflit sera résolu, la notion même d'espace et de temps auront totalement disparu (au niveau fondamental), et que le problème de l'origine ("rebond", "singularité", "bord arrondi", etc.) sera reformulé en des termes entièrement nouveaux, qui feront paraître nos questions actuelles comme extrêmement naïve et, en tout cas, non pertinentes…
    Enfin, pour répondre à votre dernière question : oui, ça vaut toujours le coup de persévérer ;-) Certaines choses ne vous seront pas accessibles sans une compréhension intime des équations, mais les perspectives philosophiques et métaphysiques sont intéressantes par elles-mêmes, et se nourrissent des idées-forces qui se dégagent des réflexions actuelles.
    Bon. Ça fait une réponse un peu longue, mais voilà… ;-) [Vu l'heure, je ne prends pas le temps de relire, donc désolé si c'est un peu confus, ou s'il y a des incohérences, des lourdeurs ou des fautes un peu trop nombreuses…]
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    ETdOrion got a reaction from MTTfan in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    LOL! On me l'a souvent dit en table ! ;-) Le plus amusant, c'est qu'il a une formation de physicien, je crois… En général, je réponds que la réponse viendra toute seule dès qu'on m'aura vu jouer quelques mains ! ;-)
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    ETdOrion got a reaction from MTTfan in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    - Non, je joue essentiellement en live. C'est sans doute mon ignorance du jeu en ligne, mais je trouve que le jeu en live est plus riche, grâce au feeling que l'on peut avoir des joueurs que l'on voit et que l'on "ressent" de diverses façons à la table. "Lire" et ne pas se faire "lire" font partie du jeu, et l'enrichissent d'un aspect qui est difficile à transposer en ligne, non ? Cela dit, discuter avec les gens de CP m'incite à tenter l'expérience… On verra ;-)
    - Des "side bets" sur des missions spatiales, ce serait intéressant ! Mais à vrai dire, je ne rencontre pas beaucoup de physiciens qui soient des gambleurs ! Et moi non plus, d'ailleurs ! ;-) Par contre, des parties de poker dans les conférences, ça peut arriver… just for fun.
    - Pour la reconversion, je ne conseille pas l'astrophysique, sauf en amateur. En professionnel, c'est tout simplement impossible dans le système français. Les institutions ne sont pas trop flexibles sur les cursus… Mais outre-atlantique, why not ?
    - Pour les secteurs en développement en astrophysique, on peut en effet citer les exoplanètes et les ondes gravitationnelles. Ces dernières sont un challenge assez fascinant. Ça sera difficile, mais je pense qu'on y arrivera, et qu'on est même assez proches des toutes premières détections. Mais il y a aussi tout ce qui touche à la "matière noire", aux trous noirs et à l'espace-temps en général. Mais peut-être faudra-t-il attendre une percée majeure touchant à la physique la plus fondamentale pour ouvrir véritablement le champ de l'univers. Et là, ça pourrait être vraiment révolutionnaire…
    - En ce qui concerne le MOOC "Des particules aux étoiles", c'est en fait une collection d'interventions très courtes qui dressent un panorama du domaine, assez large. Il y a donc de quoi picorer, et de saisir les idées principales de différents domaines de recherche intéressants. Il se peut que ce soit un peu corsé par moment, mais jamais vraiment technique, car les modules de 10-15 minutes ne permettent pas de développer réellement les équations.
    - Sur l'avenir de l'enseignement, je suis assez largement pessimiste. L'Éducation Nationale est plus que mal en point : son pronostic vital est engagé, comme on dit dans d'autres contextes… Il faudra procéder à des réformes profondes, mais très franchement, je ne crois pas qu'elles soient compatibles avec les idéologies dominantes depuis trop d'années, et je ne suis pas très optimiste sur une évolution positive rapide. Le fossé entre les "favorisés" et les "défavorisés" va probablement s'accroître, ce qui est le pire symptôme de son terrible échec. Dans ce contexte, les nouveaux moyens de communication pourront jouer – et joueront – un rôle majeur pour sauver ce qui peut l'être. Peut-être parviendrons-nous à sauver la transmission, mais pour le fossé éducatif (et tout ce qui s'ensuit), je crains le pire… Désolé pour ce message un peu déprimant ! :-( Cela étant dit, il faut se battre ! Pas question de baisser les bras. D'une façon ou d'une autre, on y arrivera ! :-)
    - Pour la dernière question… euh… c'est fait ! ;-) Ouf !
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    ETdOrion got a reaction from MTTfan in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Ouch. Ça fait beaucoup de questions. Alors, voyons :
    - Je ne suis pas sûr de comprendre la première question. Si vous faites référence au redshift de l'époque à laquelle les photons du "rayonnement fossile" ont été émis, alors c'est de l'ordre de 1100. Autrement dit, leur énergie était environ 1100 fois plus élevée lors de leur émission…
    - L'âge de l'univers pour les rayons cosmiques de haute énergie ? Hmm, ça dépend de leur énergie, et il y a des rayons cosmiques d'énergies très diverses. Mais pour les plus énergétiques d'entre eux, le "facteur de Lorentz" est de l'ordre de 100 milliards. La réponse est, pour eux… un peu moins de deux mois ! (Impressionnant, quand même !)
    - Les résultats de BICEP2 ont été en effet mal interprétés (je vois que vous êtes un expert !!!). À mon avis, ça prendra encore du temps avant de pouvoir détecter les modes B du fond diffus cosmologique. Mais quand on y parviendra (qui sait, peut-être avec une prochaine génération d'instruments, mais ce n'est pas sûr du tout), on en tirera certaines contraintes sur les modèles d'univers primordial, notamment les modèles d'inflation. Mais je ne mettrai pas ma main au feu que ces modèles soient pertinents : la question de l'inflation est peut-être mal posée…
    - La question de la disparition de l'humanité est plus délicate, car je crois qu'elle dépasse la question de l'univers physique, tel que nous le connaissons. Ce monde semble exister par lui-même, "objectivement", indépendamment de toute conscience. Mais la Physique quantique nous impose de réviser nos intuitions relative à la notion même d'objectivité. La conscience (quoi que ce puisse être in fine), ou ce à quoi elle se rattache, est aussi, au moins dans une certaine mesure, à l'origine du monde physique, plutôt qu'une conséquence. Mais il faut manier ces notions avec prudence, car nos concepts sont basés sur une représentation du monde qui correspond à une expérience du monde à une échelle bien particulière, et s'avèrent mal adaptés pour une description plus profonde de la réalité. Si ces questions vous intéressent, je ne peux que vous recommander la chaîne Youtube d'E.T. d'Orion (https://www.youtube.com/playlist?list=PLr4GMRzxr8um5IVtrwfjHBTb3Z2U9ilXq)… ;-)
    - En ce qui concerne la vision 4D, oui, nous avons terminé le projet pour lequel j'avais obtenu un financement de l'ANR. Notre étudiant a soutenu sa thèse avec grand succès. Et l'outil de Réalité Virtuelle que nous avons développé a très bien fonctionné. Il y aurait mille choses à faire pour continuer. Mais je manque de temps… et d'investisseurs ! ;-) (À vrai dire, je manque de temps pour chercher des investisseurs…)
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion reacted to Alkavy in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Merci pour les explications, je suivrai vos vidéos avec attention ! Je sais qu'il faut que j'essaie d'arrêter de raisonner de façon "traditionnelle", ou intuitive, en physique quantique, mais c'est un travail de l'esprit difficile.
     
    Ca n'a rien à voir mais je pense que la manière dont on m'a enseigné la physique lors de ma scolarité m'a façonné l'esprit d'une façon qui n'est pas adaptée à la physique actuelle, on peut se poser la question  de savoir si notre méthode d'enseignement est la bonne.
     
    J'ai eu un cursus scolaire non spécialisé dans la physique mais assez scientifique malgré tout (bac S, école d'ingénieur) mais avant de sortir de l'école je pensais par exemple encore que la loi de la gravitation de Newton était la loi de référence pour expliquer la gravitation. Personne ne m'a jamais expliqué qu'il y a un siècle (c'est pas récent tout de même) la relativité générale changeait en profondeur notre manière d'appréhender et de comprendre le phénomène de la gravitation.
     
    J'ai l'impression que mon esprit a été formaté à une physique "conventionnelle" et aujourd'hui c'est difficile d'en sortir pour bien comprendre la physique relativiste et quantique
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from WebMaster in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Euh… Je ne suis pas sûr de comprendre la question. Tout ceci est indissociable. Indissociable aussi de la philosophie. Un seul but : comprendre ! Ce qu'est le monde, et ce que nous sommes… ;-)
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from safet_susic in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Bonjour. À vrai dire, si je puis me permettre, ce n'est pas vraiment cela. Les deux analogies que vous proposez sont d'ailleurs différentes l'une de l'autre, mais aucune ne rend compte correctement de la situation.
    Commençons pas la seconde, celle des probabilités relatives à la main de l'adversaire. Ce que vous décrivez concerne l'incertitude dans laquelle nous sommes à propos de cette main. Si nous n'avons absolument aucune info, toutes les mains sont a priori équiprobables. Mais compte tenu de ce que le joueur a fait pré-flop, puis au flop, etc., et compte tenu de ce que nous savons de lui, de la plausibilité d'avoir fait telle mise avec telles cartes en main, etc., on peut attribuer des probabilités plausibles à telle ou telle configuration. Bien, ces "probabilités" (ou ces "plausibilités") vont évoluer à mesure que le jeu se développe et que les informations s'accumulent. Jusqu'à l'abattage, où le jeu de l'adversaire est finalement connu avec certitude. Mais dans cet exemple, les "probabilités" ne font que refléter notre ignorance. Mais en vérité, la main du joueur est ce qu'elle est depuis le début ! Et cela change tout ! La main n'est en aucun cas modifiée lorsque nous la découvrons à la fin du coup.
    Lorsqu'on mesure un système quantique, c'est très différent. Prenons l'exemple d'un système quantique simplissime, à deux états, A et B, et intéressons-nous à la mesure d'un système se trouvant dans un état pour lequel le résultat de la mesure peut être la valeur A avec une certaine probabilité, et la valeur B avec la probabilité complémentaire. Cette incertitude n'est PAS liée à notre incertitude. En fait, l'état du système est parfaitement connu : il est l'état défini par ces deux probabilités complémentaires. Si nous ignorons quel sera le résultat de la mesure, ce n'est pas parce que nous ne savons pas tout sur le véritable état du système, mais parce que l'état du système est justement d'avoir une certaine probabilité de donner le résultat A (et une certaine probabilité de donner le résultat B) !
    En ce qui concerne les premier exemple, celui du match de foot, c'est un peu différent, car cette fois le match n'est pas encore joué. Et donc le résultat n'est pas connu, non pas en raison de notre ignorance, mais en raison du fait qu'on s'interroge sur un "état des choses" futur, et que cet état des choses peut évoluer (et va évoluer – lorsque le match se déroulera !), sous l'influence de facteurs que nous ne maîtrisons pas, dont nous en savons pas tout. Nous sommes donc incapables de prédire ce qui va se passer, parce que nous n'avons pas la connaissance totale de tous les éléments susceptibles d'avoir une influence sur le match. Mais dans le cas de "l'incertitude" quantique (même si ce terme ne me plaît pas trop), c'est différent : elle peut concerner un système isolé de toute influence externe, sur l'état duquel nous pouvons tout savoir. L'origine de l'incertitude n'est pas là.
     Maintenant, pour essayer de répondre à Alkavy, qui dit "pour moi ça n'a pas de sens, pourquoi ne pourrait-on pas avoir les deux mesures précisément, pourquoi la mesure de l'un brouille celle de l'autre comme si une "chose" agissait sur une des 2 mesures pour les brouiller", je dirais ceci :
    En fait, ce que nous enseigne la révolution quantique, c'est que notre représentation ordinaire du monde n'est pas pertinente hors de notre environnement naturel, où elle s'est développée. En particulier, les notions de corpuscule, de position, de vitesse, etc., ne sont pas pertinentes pour décrire la réalité physique à un niveau plus fondamental. Une bonne façon d'aborder le problème est peut-être de commencer par réaliser que si on ne peut pas mesure à la fois la vitesse et la position d'une particule, c'est parce qu'il N'Y A PAS de position ni de vitesse (ni de particule, au sens où on l'entend ordinairement). Le terme "principe d'incertitude" est mal choisi. Ce n'est pas qu'on ne sait pas ce qu'elles sont : c'est qu'elles ne sont pas définies ! Ce n'est pas en ces termes que le monde physique est "architecturé". Cependant, bien sûr, il existe "une certaine notion" de position et une certaine notion de vitesse dans le monde, ne serait-ce que dans le cadre de notre perception ordinaire du monde, qui correspond grosso modo à la Physique classique (non quantique, et non relativiste). On peut donc interagir avec les "particules" (plutôt les champs quantiques) et dans la mesure où de telles interactions peuvent être localisées, il en résulte une « position ». Mais le fait que la mesure attribue une position à un corpuscule n'implique pas que la réalité physique pouvait être décrite, avant ladite mesure, en disant qu'il y a un corpuscule à cette position. Idem pour la vitesse.
    Pour résumer, lorsqu'on écrit la "relation d'incertitude" de Heisenberg, on n'exprime pas une incertitude à proprement parler. Au contraire, on exprime une certitude : la certitude qu'il n'est pas possible de donner un sens à la notion de position et à la notion de vitesse avec une précision absolue. Il se trouve qu'il existe certains états de systèmes quantiques pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "position bien définie" (bien que cette notion ne soit généralement pas la bonne manière de voir les choses en physique quantique), et il se trouve aussi qu'il existe certains états pour lesquels il est possible de donner un sens à la notion de "vitesse bien définie". Mais ces états ne sont tout simplement pas les mêmes ! Il n'existe pas d'états pour lesquels la notion de "position bien définie" ET la notion de "vitesse bien définie" coexistent.
    Je ne sais pas si cela vous aide à mieux comprendre.
    Mais si ces questions vous intéressent, j'ai ouvert il y a environ 2 mois une chaîne Youtube, intitulée "E.T. d'Orion / Dans le champ des étoiles…", où je parlerai de ces choses là d'une manière qui, je l'espère, aidera à mieux comprendre de ce que la Physique quantique nous enseigne. Mais il faudra être un peu patient, car je ne poste des vidéos qu'à un rythme assez lent (trop de boulot par ailleurs !  ), et il faut quelques étapes intermédiaires avant d'aborder les questions plus délicates de physique quantique. Mais on y viendra, et j'espère que cela pourra aider un peu…
    En tout cas, Alkavy, votre démarche est la bonne : il FAUT chercher à comprendre. Et comprendre est effectivement parvenir à se représenter intimement les choses, les rattacher à quelque chose de naturel pour nous, qui fait sens, qui est "intuitif". Et c'est possible !
     
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    ETdOrion got a reaction from Mr. Tubells in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Hmm… Alors…
    Dans l'ensemble, ce que vous dites sur l'inflation cosmologique est correct. Mais peut-être un peu "partial". Quand vous dites que cette théorie a été créée artificiellement , on pourrait être tenté de répondre que c'est le cas de toute théorie. Le fait que l'idée d'inflation ait été avancée pour résoudre un problème spécifique, rencontré en cosmologie, n'en fait pas a priori une théorie douteuse (ni correcte, bien sûr). Il est très courant que, face à un problème, on imagine des solutions ou des explications possibles, et il arrive que ces explications sont valables… ;-)
    En l'occurrence, vous suggérez, je crois, que le remède proposé est peut-être un peu "violent", pour un mal pas si grave que cela. C'est une très bonne démarche. Mais même si j'ai moi aussi des doutes quant à l'approche générale de l'inflation, je dois tout de même dire d'une part que le mal est plus grave que vous ne le suggérez, et d'autre que le remède n'est pas si violent que cela. En effet, il n'y a pas que le problème de la "platitude" de l'univers que l'inflation vise à atténuer. Il y a aussi celui de l'uniformité : le rayonnement fossile (fonds diffus cosmologique) a la même température (à un pour cent mille près) dans toutes les directions. Or, sans inflation, les modèles d'expansion de l'univers indiquent que les régions de l'univers correspondant à ces différentes directions n'ont jamais été en contact causal l'une avec l'autre. Comment se fait-il, alors, qu'elles aient exactement la même température, comme s'il s'était établi entre elles un équilibre thermodynamique ? Ce problème est très sérieux. Bien sûr, on peut invoquer un ajustement des "conditions initiales" (comme vous le suggérez avec la valeur de la courbure), mais il faudrait qu'elles soient identiques partout. En "une infinité" de régions non connectées de manière causale (et donc sans possibilité d'échanger la moindre information).  Ce n'est pas un problème en soi, s'il existe un mécanisme qui établit de manière universelle la ou les conditions initiales pertinentes. Mais dans ce cas, on aimerait bien connaître ce mécanisme. Or l'inflation permet précisément de réaliser cette uniformisation (car dans cette approche, les régions concernées étaient en fait causalement connectées avant l'inflation !). Les théories d'inflation apportent donc une éventuelle solution non pas à 1 problème mineure, réglable par l'invocation d'une courbure initiale adéquate, mais à plusieurs problèmes, a priori indépendants, mais qui trouvent là une possible explication unique. Quant à la "violence" du remède, il faut voir… En fait, dans le cadre de la théorie quantique, l'existence d'une phase d'inflation n'apparait pas particulièrement saugrenue, et peut même être vue comme une conséquence naturelle de l'existence d'un certain champ quantique (qu'on peut dès lors appeler « inflaton », faute de mieux). Autrement dit, les théories d'inflation font tout de même mieux que dire "bon, comme l'univers a l'air plat, il a dû y avoir une inflation" : elles proposent effectivement un mécanisme réalisant cette inflation. Certes, le champ responsable de cette inflation doit être introduit "à la main", mais on peut aussi voir cela comme une découverte. Par exemple, lorsqu'au XIXe siècle on a découvert des raies spectrales dans la lumière solaire qui ne correspondaient à aucune raie connue émise (ou absorbée) par les différents éléments chimiques connus, il a été postulé que cela pouvait correspondre à un élément inconnu. C'était peut-être un "remède" un peu radical, et il est certain que certains auraient aisément considérer que le problème posé par ces raies spectrales étranges n'était sans doute pas très grave, et pourrait se résoudre autrement. Mais de fait, après de nombreuses années, on est parvenu à isoler un nouvel élément, jusqu'alors inconnu sur Terre, mais présent tout de même en très faible quantité, qui avait les mêmes raies. C'est l'élément qu'on appelle aujourd'hui "hélium", car il fut découvert dans le Soleil, justement…
    Bref. Je ne sais pas si l'inflation est la bonne réponse au problème de la platitude et de l'homogénéité à grande échelle de l'univers, mais je voulais simplement souligner que ces problèmes sont en principe de sérieux problèmes, et que la solution n'est finalement pas si exotique que cela dans le cadre des théories actuelles.
    Autre point : vous citez en exemple la constante cosmologique introduite par Einstein. Il l'a certes introduite pour résoudre ce qu'il considérait alors comme un problème, à savoir le fait que la théorie de la Relativité impliquait l'expansion (ou la contraction) de l'univers, mais ce n'était pas une hypothèse totalement arbitraire. En fait, le problème (la prédiction d'une expansion) était considéré comme très grand, et le remède (l'introduction de cette constante cosmologique) comme assez naturel, puisque la théorie de la Relativité Générale permet en effet qu'une telle constante existe. Plus tard, lorsqu'il s'est avéré que l'univers était bel et bien en expansion, Einstein aurait paraît-il regretté d'avoir introduit cette constante cosmologique non nulle. Mais la meilleure que cette introduction était cependant justifiée… est que nous savons aujourd'hui qu'elle n'est effectivement pas nulle ! Son existence était bien une possibilité naturelle : en tant qu'hypothèse, elle pouvait être juste ou fausse, mais elle trouvait sa place de manière naturelle dans la théorie. C'est cela qui distingue ce genre d'hypothèse (y compris l'inflation), de n'importe quel type d'hypothèse complètement arbitraire, qui résout certes le problème visé, mais qui le fait sans motivation particulière, et qui n'a dès lors aucune raison d'emporte l'adhésion plus qu'une autre…
    Pour le reste, vous faites référence au "principe anthropique", je pense, en liaison avec la valeur spécifique des constantes fondamentales. Cette question est intéressante, mais demanderait de plus amples débats. En tout cas, vous avez bien résumé la situation : il peut y avoir des explications de type "muletiers", ou des explications plus "intentionnelles". Je n'ai pas vraiment de références à vous suggérer pour éclairer ces questions d'une manière vraiment pertinente (au-delà de simplement "poser le problème", ce que vous semblez déjà bien connaître).
    À propos du "rebond" de l'univers, il est sans doute un peu abusif de dire que la théorie des cordes et/ou la théorie des boucles quantiques conduisent à une telle prédiction. Car ces théories ne sont pas véritablement définies, à l'heure actuelle, et ne sont donc pas en mesure de faire véritablement des prédictions. Il est vrai qu'une modification de la métrique de l'espace-temps aux échelles de Planck peut avoir cette conséquence, et qu'une telle modification est naturelle dans toute théorie cherchant à résoudre le conflit entre théorie quantique et théorie de la Relativité. Mais je me garderais de trop extrapoler sur ces questions, car il est fort probable que, lorsque ce conflit sera résolu, la notion même d'espace et de temps auront totalement disparu (au niveau fondamental), et que le problème de l'origine ("rebond", "singularité", "bord arrondi", etc.) sera reformulé en des termes entièrement nouveaux, qui feront paraître nos questions actuelles comme extrêmement naïve et, en tout cas, non pertinentes…
    Enfin, pour répondre à votre dernière question : oui, ça vaut toujours le coup de persévérer ;-) Certaines choses ne vous seront pas accessibles sans une compréhension intime des équations, mais les perspectives philosophiques et métaphysiques sont intéressantes par elles-mêmes, et se nourrissent des idées-forces qui se dégagent des réflexions actuelles.
    Bon. Ça fait une réponse un peu longue, mais voilà… ;-) [Vu l'heure, je ne prends pas le temps de relire, donc désolé si c'est un peu confus, ou s'il y a des incohérences, des lourdeurs ou des fautes un peu trop nombreuses…]
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    ETdOrion got a reaction from MTTfan in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    LOL! On me l'a souvent dit en table ! ;-) Le plus amusant, c'est qu'il a une formation de physicien, je crois… En général, je réponds que la réponse viendra toute seule dès qu'on m'aura vu jouer quelques mains ! ;-)
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    ETdOrion got a reaction from MTTfan in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    LOL! On me l'a souvent dit en table ! ;-) Le plus amusant, c'est qu'il a une formation de physicien, je crois… En général, je réponds que la réponse viendra toute seule dès qu'on m'aura vu jouer quelques mains ! ;-)
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    ETdOrion got a reaction from MTTfan in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    Ouch. Ça fait beaucoup de questions. Alors, voyons :
    - Je ne suis pas sûr de comprendre la première question. Si vous faites référence au redshift de l'époque à laquelle les photons du "rayonnement fossile" ont été émis, alors c'est de l'ordre de 1100. Autrement dit, leur énergie était environ 1100 fois plus élevée lors de leur émission…
    - L'âge de l'univers pour les rayons cosmiques de haute énergie ? Hmm, ça dépend de leur énergie, et il y a des rayons cosmiques d'énergies très diverses. Mais pour les plus énergétiques d'entre eux, le "facteur de Lorentz" est de l'ordre de 100 milliards. La réponse est, pour eux… un peu moins de deux mois ! (Impressionnant, quand même !)
    - Les résultats de BICEP2 ont été en effet mal interprétés (je vois que vous êtes un expert !!!). À mon avis, ça prendra encore du temps avant de pouvoir détecter les modes B du fond diffus cosmologique. Mais quand on y parviendra (qui sait, peut-être avec une prochaine génération d'instruments, mais ce n'est pas sûr du tout), on en tirera certaines contraintes sur les modèles d'univers primordial, notamment les modèles d'inflation. Mais je ne mettrai pas ma main au feu que ces modèles soient pertinents : la question de l'inflation est peut-être mal posée…
    - La question de la disparition de l'humanité est plus délicate, car je crois qu'elle dépasse la question de l'univers physique, tel que nous le connaissons. Ce monde semble exister par lui-même, "objectivement", indépendamment de toute conscience. Mais la Physique quantique nous impose de réviser nos intuitions relative à la notion même d'objectivité. La conscience (quoi que ce puisse être in fine), ou ce à quoi elle se rattache, est aussi, au moins dans une certaine mesure, à l'origine du monde physique, plutôt qu'une conséquence. Mais il faut manier ces notions avec prudence, car nos concepts sont basés sur une représentation du monde qui correspond à une expérience du monde à une échelle bien particulière, et s'avèrent mal adaptés pour une description plus profonde de la réalité. Si ces questions vous intéressent, je ne peux que vous recommander la chaîne Youtube d'E.T. d'Orion (https://www.youtube.com/playlist?list=PLr4GMRzxr8um5IVtrwfjHBTb3Z2U9ilXq)… ;-)
    - En ce qui concerne la vision 4D, oui, nous avons terminé le projet pour lequel j'avais obtenu un financement de l'ANR. Notre étudiant a soutenu sa thèse avec grand succès. Et l'outil de Réalité Virtuelle que nous avons développé a très bien fonctionné. Il y aurait mille choses à faire pour continuer. Mais je manque de temps… et d'investisseurs ! ;-) (À vrai dire, je manque de temps pour chercher des investisseurs…)
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    ETdOrion got a reaction from MTTfan in QuantumDot et Étienne Parizot - Club Poker Radio S09E12   
    - Non, je joue essentiellement en live. C'est sans doute mon ignorance du jeu en ligne, mais je trouve que le jeu en live est plus riche, grâce au feeling que l'on peut avoir des joueurs que l'on voit et que l'on "ressent" de diverses façons à la table. "Lire" et ne pas se faire "lire" font partie du jeu, et l'enrichissent d'un aspect qui est difficile à transposer en ligne, non ? Cela dit, discuter avec les gens de CP m'incite à tenter l'expérience… On verra ;-)
    - Des "side bets" sur des missions spatiales, ce serait intéressant ! Mais à vrai dire, je ne rencontre pas beaucoup de physiciens qui soient des gambleurs ! Et moi non plus, d'ailleurs ! ;-) Par contre, des parties de poker dans les conférences, ça peut arriver… just for fun.
    - Pour la reconversion, je ne conseille pas l'astrophysique, sauf en amateur. En professionnel, c'est tout simplement impossible dans le système français. Les institutions ne sont pas trop flexibles sur les cursus… Mais outre-atlantique, why not ?
    - Pour les secteurs en développement en astrophysique, on peut en effet citer les exoplanètes et les ondes gravitationnelles. Ces dernières sont un challenge assez fascinant. Ça sera difficile, mais je pense qu'on y arrivera, et qu'on est même assez proches des toutes premières détections. Mais il y a aussi tout ce qui touche à la "matière noire", aux trous noirs et à l'espace-temps en général. Mais peut-être faudra-t-il attendre une percée majeure touchant à la physique la plus fondamentale pour ouvrir véritablement le champ de l'univers. Et là, ça pourrait être vraiment révolutionnaire…
    - En ce qui concerne le MOOC "Des particules aux étoiles", c'est en fait une collection d'interventions très courtes qui dressent un panorama du domaine, assez large. Il y a donc de quoi picorer, et de saisir les idées principales de différents domaines de recherche intéressants. Il se peut que ce soit un peu corsé par moment, mais jamais vraiment technique, car les modules de 10-15 minutes ne permettent pas de développer réellement les équations.
    - Sur l'avenir de l'enseignement, je suis assez largement pessimiste. L'Éducation Nationale est plus que mal en point : son pronostic vital est engagé, comme on dit dans d'autres contextes… Il faudra procéder à des réformes profondes, mais très franchement, je ne crois pas qu'elles soient compatibles avec les idéologies dominantes depuis trop d'années, et je ne suis pas très optimiste sur une évolution positive rapide. Le fossé entre les "favorisés" et les "défavorisés" va probablement s'accroître, ce qui est le pire symptôme de son terrible échec. Dans ce contexte, les nouveaux moyens de communication pourront jouer – et joueront – un rôle majeur pour sauver ce qui peut l'être. Peut-être parviendrons-nous à sauver la transmission, mais pour le fossé éducatif (et tout ce qui s'ensuit), je crains le pire… Désolé pour ce message un peu déprimant ! :-( Cela étant dit, il faut se battre ! Pas question de baisser les bras. D'une façon ou d'une autre, on y arrivera ! :-)
    - Pour la dernière question… euh… c'est fait ! ;-) Ouf !
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