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Il y aurait 10% de joueurs gagnants, paraît-il... Je suis dans la majorité.

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Zeloozer

I'll be back !

Ah ah, cette fois-ci j'avais une vraie bonne excuse pour pas avoir posté ici. Non, c'est pas parce que j'étais en tilt après Vegas. Enfin pas que... Si, j'ai rejoué depuis ? Non, mais, c'est parce que... /(

Bon, mais, j'avais vraiment un truc à dire en fait. J'ai bossé ces derniers temps sur un blog à moi. Et c'est à peu près fini.

C'est pas qu'ici je me plaisais pas. Au contraire, ça m'a juste envie de donner de faire plus. Mon esprit malade a besoin d'entretenir sa mégalo. Là j'aurai un espace où je pourrais faire mes conneries et m'en prendre qu'à moi si personne vient les lire.

Bon allez, j'arrête de causer, c'est www.zeloozer.com, facile !

Je me suis honteusement plagié moi-même. Une forme d'onanisme pervers.

Bref. Viendez les potos, me faire un coucou, histoire qu'on continue les conneries ensemble.

Eh, je lâche pas le CP. Je continuerai à m'y balader.

Zeloozer

Je me remet difficilement. Et il faut reconnaître que Vegas n'est sans doute pas la meilleure ville où passer du temps quand on est en tilt. Mais, faut avouer aussi que le niveau y est plus élevé que les années précédentes. Avant, je profitais de la faiblesse de certains joueurs pour compenser mes propres lacunes. Mes cibles préférées c'étaient les vieux ricains. Mais, là c'est terminé. Y a un gang du troisième âge qui sévit en ville et terrorise toutes les poker-room. Sérieux, c'est la panique et j'ose plus sortir avant 2H du mat' de peur de tomber sur l'un d'eux.

Je vous en fais une rapide description, au cas où vous passeriez dans le coin, que vous soyez prévenu.

Pépé la mitraille :explose:

On le reconnaît à sa double paire de lunettes. Une pour essayer d'y voir quelque chose et une autre pour le protéger du soleil mais avec laquelle il y voit rien. Il les met l'une sur l'autre et passe sont temps à enlever la deuxième pour regarder ses cartes, le flop, tes yeux, bref tout. Mais, dès qu'il a vu ce qu'il voulait voir, il se replonge dans une cécité volontaire.

Quant à son jeu, il est pas compliqué, il envoie une cartouche à toutes les streets. C'est le type pour qui bet pot, c'est slowplayer. Il se fout de savoir combien il a devant lui, combien tu as devant toi et combien fait le pot, il mise par poignée. Quand il est dans un coup, c'est simplement l'enfer. C'est une partie de roulette russe où y a 5 balles dans le barillet. T'es jamais tranquille.

A moi, il m'a fait la misère. Ca a commencé dès le début par des relances à 15BB préflop. Puis par des CBet à 2 fois le pot...

Facile à jouer ? Ah ouais, ok. Allons-y !

Alors quand t'as 60BB, qu'un short fait tapis à 4BB que pépé la mitraille paie de SB et que tu as 67s de BB, tu fais quoi ? Tu complètes ? Ok et sur un flop 456 rainbow, t'es bien ? Ah, ouais ? Bah, Pépé la mitraille, lui, il s'en fout que tu sois bien, il ouvre à 80BB et tapis. Et le pire, c'est qu'il est devant avec son D6...

Ah, il faut attendre d'être max, c'est ça ?

Genre avec les As en tête à tête sur un flop V84 ?

Ca dépend de l'action ? Ok, bah tu fais quoi quand Pépé la mitraille qui a défendu de grosse blind, donk tapis ? Hein, tu fais quoi ?

Bah moi je sais pas ce qu'il faut faire... Je sais juste que si tu paies, il aura VV...

Pépé la mitraille, c'est un vrai tueur en série, à chaque fois qu'il dégaine c'est un massacre...

Calamity Mamie :pirate:

Elle, je sais pas si c'est la femme de Pépé la Mitraille, mais elle est pas commode non plus.

70 berges, lunettes d'aviateur, la peau tannée par le soleil et des bagouzes plein les doigts. C'est tout juste si elle chique pas à table.

Elle, son truc, c'est de joueur une main sur trois. Sauf qu'elle a toujours du jeu. Mais vraiment toujours ! Si Calamity Mamie relance 4 fois de suite, c'est qu'elle a probablement les As à chaque fois. Dans tous les tournois qu'elle fait, elle a 3 fois la moyenne au bout d'une heure et gagne tout les coups. J'ai bien essayé de la 3Bet pour voir comment elle réagissait, mais elle paye tout. Et après, vexée, elle donk tapis sur tout les flops... Genre, je 3Bet les dames, elle donk all-in sur AR5... Je 3Bet AR, elle donk all-in sur T65... Et quand, elle peut pas être devant parce que c'est moi qui ai les as, elle fait couleur max au flop avec son AKs... Franchement, j'ai pensé à coucher, mais c'est juste pas possible de jeter trois fois de suite quand elle donk à tapis sur mes 3Bet... Surtout avec les As...

Non vraiment, elle porte bien son nom, l'avoir à la table, c'est juste une calamité...

Grand-père barre de fer :noel:

Lui, il est pas méchant. Il a un look de petit vieux sympa. Il tremblote quand il prend ses jetons et oublie tous les tours son ante.

Il joue quasi aucune main. Il se laisse crever sans broncher. Il descend à 7/8BB et il attend. Il attend que tu relances à 2,2BB et que tu sois commit sur son push pour doubler sur ta gueule. Et Grand-père barre de fer, il est toujours devant pré-flop. Ca lui est pas arrivé depuis les années 60 et la fois où il a confondu le 2 de trèfle et l'As de trèfle, de partir derrière. C'est un roc inébranlable. Il en a rien à foutre de passer. Il en a rien à foutre de jouer que 4 mains dans tout le tournoi. Il attend, lui. Il est pas pressé. Et le fait que ça soit la bulle et qu'il lui reste que 5 blinds, ça le défrise pas. Toi t'en as 10 et tu sais plus quoi faire ? Il s'en cogne. Est-ce que tu dois push où attendre que le Grand-père rende l'âme ? J'en sais rien. Lui, il craquera pas en tout cas. Et si tu crois qu'avec AV de BB et 3BB left, il va payer ton push du bouton quand t'as AR, bah tu te fourres les doigts dans l'oeil. De toute façon la main d'après, il va toucher les valets et doubler, alors pourquoi s'emm**der ?

En plus, Grand-père barre de fer il est gentil. Vraiment. Par exemple, il sera sincèrement désolé quand il va finir par te sortir à la bulle. Mais quand même, il ne pourra pas s'empêcher d'exprimer sa surprise face à ton tapis au bouton avec seulement 88... Il te restait quand même 7 blinds, c'était pas mal. D'ailleurs, il a bien pensé à coucher ses dames, mais bon elles étaient rouges et les dames rouges c'est sa main fétiche. Alors, il était obligé de payer, tu comprends...

Gangsta papy :big-boss:

Je termine par le meilleur de tous. Celui-là, faut vraiment l'éviter. Parce qu'autant les autres tu t'attends à ce qu'un jour la variance les punissent, mais Gangsta Papy, lui, y a qu'une fois qu'y sera cané que tu seras soulagé. Il joue au poker depuis 40 piges et on l'a jamais bluffé. Il sait toujours quand payer et quand coucher. Quand tu lui demandes pourquoi il couche les dames pré-flop quand t'as les rois, il te répond, texto, que sa femme lui a dit de se méfier des ladies. Et quand il paie avec les valets et que tu l'interroges à nouveau, il te répond, très placidement, que quand tu mises avec la main gauche c'est que t'as toujours une petite paire...

Tu te demandes s'il débloque pas un peu ? Bah, en tout cas, quand il check-raise à tapis, tout le monde jette, même quand tu crois les mecs committés.

Et faut pas déconner avec lui. C'est un truc à se retrouver la gueule fracassée à coup de canne dans Vegas Downtown.

Quand tu vois Gangsta Papy jouer, tu te dis que Phil Ivey s'est déguisé pour te faire une blague. Il se trompe jamais le con. Et quand y en a un qui essaie de l'embrouiller, il en a pour son argent...

Allez, pour la forme, je vous raconte une main :

On est dans un petit satellite. Un truc de mickey où y a quelques tickets à gagner pour un tournoi à plusieurs dizaines de milliers de dollars le buy-in. Gangsta Papy, il a relancé UTG2. Il est payé par la grosse blind qui a l'outrecuidance de donker sur un flop R74 (je sais pas ce qu'ils ont avec le donk, les ricains, mais c'est un sport national). Là, tu sais déjà que le pauvre homme va prendre un coup de dentier. Gangsta Papy il est patient. Il attend. Il va juste payer le flop. Sur une turn anecdotique, il va continuer à juste payer. Et sur la river, doublette du roi, si le malheureux essaie de l'embarber, ça va mal se passer. Genre, s'il lui demande « What you got, Sir ? », une question bizarre, ambiguë, sans doute, pour connaître la taille du tapis de l'ancêtre, Gangsta Papy, lui, il va mal comprendre et répondre gentiment et instantanément «two pairs », comme si l'autre avait checké. Mais l'autre a pas checké, et pour cause, il a RD et choisit du coup de faire tapis comme un vicieux. Pas grave, Gangsta Papy va le payer avec AR et demander prosaïquement « Your Mum didn't tell you to never trust a poker player ? »

J'en ai encore froid dans le dos quand j'entends sa voix légèrement tremblante répondre « Two pairs ». Quand je pense que je me suis offusqué que l'autre enfoiré profite ainsi de la crédulité d'un vieux bonhomme... J'avais même pensé à appeler le floor avant de voir la main de Gangsta Papy...

Non, je vous le dis, à Vegas, il fait pas bon être jeune.

Zeloozer

No luck, no glory

J'ai fini par arriver à Vegas. Je pourrai vous raconter le calvaire que ça a été, les heures de retards de l'avion, le plan « on a plus d'essence, on doit se poser à Madison pour faire le plein », le coup des mes valises perdues à l'arrivée, ou le summum, le macdo ouvert 24/24 qui est fermé pour maintenance alors que je suis en hypoglycémie et en life tilt (j'avoue, la maintenance d'un macdo, je sais pas ce que c'est). Mais vous en avez rien à foutre. Ce qui vous intéresse c'est le poker. Et j'ai assez raconté ma vie dans les précédents billets pour réduire mon lectorat à peau de chagrin. Y a qu'à voir le nombre de commentaires sur le dernier. Donc je vais vous causer de poker.

Rapidement, ma première journée : un sat pour un 1000$, 2 tickets, je bust 3ème mais ils ont la bonté de me rembourser donc on va pas pleurer. Ensuite un petit venitian pour le fun, je monte une tonne de jetons, genre Chipleader à 4 tables left, je spew le tout en trois mains. Mais, ils ont la bonté de me rembourser en cash game donc on va pas pleurer.

Bref, dure première journée mais ça ne m'empêche pas de payer le sat pour le WPT à 25k. Bien sûr comme je suis un peu en tilt, j'y vais pas seul, j'ai deux potes qui m'accompagnent. Le premier, à ma droite, 50 kilos tout mouillé, une barbe de 2500 jours et un déguisement à la Mickael Jackson (ambiance Vegas oblige) – C'est ainsi que tu me présentes ? – le second à ma gauche dans les 125 kilos tout sec, des cornes de bouc et habillé à la Elvis – Ah, ça c'est ma gueule !.

Je m'assoie à la table et je plains déjà mes adversaires qui ne savent pas ce que c'est que d'avoir un loozer qui est là pour chatter.

Et c'est parti pour la stratégie habituelle, un mélange de loose passif et de tight aggro, que je masque en jouant les maniaques.

Tu devrais observer d'avantage. N'oublie pas Tight si right.

Quoi ? Mais jouer serré c'est pour les mickey ! Loose is yours !

Dois-je vous rappeler le résultat de nos dernières tentatives en la matière ?

Tu veux parler de quoi ? De la 9ème place au SH du clubpoker ? Les places payées aux SCOOP ? Ou le tournoi à 10€ où on a défoncé plus de deux cents cons ?

Certes. Mais l'humilité, par contre, n'a rien à voir avec Disney.

Quoi ? Mais tu débloques ! Tu...

Vos gueules ! Y en a qui joue ici !

Bon pas un coup de perdu, pas une main de montrée. Allez hop, un R10 de coeur au cut-off. Je CBet sur un flop magique AD9 avec AD de coeur. Tiens, la big blind a l'air d'avoir défendu avec un as. Mais pourquoi il donk sur le 7 à la turn ?

On s'en fout, met lui tout !

Prudence est mère de sûreté.

Tu nous gonfle avec tes remarques de père de famille ! Raise ! Point barre !

Mouais. On va payer, on verra à la river.

Ah tiens, il continue de miser sur le coeur à la river.

Boîte !

Tapis, me paraît approprié.

I'm all-in !

6 et 7 de coeur ? Ouais, bah ça gagne pas coco, et non, j'avais pas ni les As, ni les Dames.

On est bien. Il est temps de mettre un peu la pression. J'isole un limper juste devant moi à chaque fois qu'il joue. Et il prend dans sa gueule. Mon image un peu aussi. D'ailleurs ça loupe pas, la grosse blind défend sur une énième isolation. Pourtant, j'ai ARo, il est mal tombé.

Arf, il donk sur un board V65 avec 2 trèfles...

Met lui tout ! Je...

Non, ça va, je sais ce que tu penses. Je vais payer on va voir.

Arf, il continue sur le trèfle qui rentre. Mouais. J'ai l'as de trèfle en même temps. Call.

Ah quand même ! Il check la dame à la river. Allez hop, une petite secousse et quelques jetons de plus dans mon escarcelle ! Bon bah ça se passe bien. C'est cool.

Je te l'avais dit. Faut les agresser les ricains !

Mmmh. Restons humble. On ne sait jamais dans quel sens soufflera le vent demain. Les voies du hasard sont impénétrables.

Crois-en mon expérience, Mickael, rien n'est impénétrable.

Oh ! Vous êtes un grossier personnage !

Du tout. Je suis comme toi, toujours prêt à offrir la bonne parole aux âmes égarées.

Et vous blasphémez par dessus le marché !

Vos gueules ! Ici, y en a qui 3bet light !

Bon mon stack monte mais je sens mes adversaires qui commencent à s'agacer. Y a notamment un chinois qui joue pas mal et qui est pote avec Scotty Nguyen (on est à Vegas, pour une fois il ne s'agit ni d'une façon de parler, ni d'une blague raciste). Je sais pas si le maître a observé mon jeu et conseillé son poulain, mais quoiqu'il en soit, il va en avoir pour son argent !

A5s au cut off, raise !

Il me 3bet de petite blind ? Mmmh... Reraise ! Hop 8000 avec près de 30k derrière.

Ca qu'c'est bon !

Oh mon papa. Quelle infamie...

Ah ah, l'a pas l'air content le bridé (ça non plus ce n'est pas une blague raciste, mais une simple vérité observée) ! Il paye mourant ? Bon, c'est bien ce que je pensais, les pros du live sont tous des fish et ils payent des 4Bet hors de position.

AR7 et il check ? Bah moi aussi. De toute façon, il lui reste genre 16000 et le pot en fait 16000.

Turn un 8, tout pareil.

River un 2. Il check soulagé ? Non, t'as pas compris Bruce Lee (ok là ça commence à devenir limite les vannes...). Mmmh, 6500.

Quoi ? Mais c'est une mise de pédé !

Très malin. Vraiment. J'aime beaucoup.

M'étonne pas. C'est un truc de vicieux qui aiment les petits garçons !

Oh !

Vos gueules !

put**n c'est pas vrai, on peut pas jouer tranquille ?

Bon le chinois jette ses dames face up. Je retourne un 5. Scotty viens me taper dans le dos et DevilFish, qui est à la table d'à côté, se lève pour me féliciter. ZeLoozer est dans la place !

Y a 140 cons au départ, et ça s'écrème petit à petit. J'ai un joli tapis et je suis bien. Mais, la moyenne baisse, les blinds montent et la chatte remplace la technique. Bientôt, c'est tapis sur tapis. Ca ne présente pas grand intérêt. J'ai perdu plusieurs 70-30 d'affilée sur le même mec. Je finis par le payer en tilt avec les 10 et je lui craque ses dames sans scrupules. Et la valse des coin-flips reprend. Y a 13 tickets, le 14ème prend 15000 comme lot de consolation. Le 15ème est remboursé parce que les joueurs sont magnanimes. Dommage pour moi qu'ils ne filent rien au 16ème...

Arf. Dur gamin.

C'est dans les défaites les plus dures que se construisent les victoires les plus belles.

Euh, dis Bob, t'as gardé les clous ?

Bien sûr, gamin.

Envoie le marteau aussi et tiens moi cette tafiole de pédophile philosophe.

Non, mais lâchez moi. Je sais que c'est dur, mais... Aïe. Me faire du mal, ne te faciliteras... Aïe... pas la tâche. Je... Aïe... compatis, mais... Aïe... tu dois te montrer fort dans l'adversité. Eh mais vous allez pas me laisser comme ça. Eh ! Revenez !

Autant vous dire qu'après ça, lâché seul dans Vegas, ça a été très chaud. Si j'avais voulu parler d'autre chose que de poker, j'aurai pu intituler le billet « Very bad trip », mais j'ai dit que je vous raconterai pas ma vie. Sachez juste que le truc le plus fort qu'ils vendent dans les bars c'est un shoot d'un truc verdâtre qui doit être de l'absinthe. Que Smirnoff Rapsberry, c'est de la vodka pure aromatisée à la framboise et que prit en quantité, ça engendre des amnésies. Que je me suis réveillé avec le crâne ouvert, la chambre d'hôtel complètement retournée. Mes potes m'avaient bordé comme un bébé. D'après l'historique de mes appels, je devrais être élu client de l'année par Bouygues Telecom sans trop de difficulté. Par contre, de retour en France, je risque d'en recontrer quelques unes, autant avec les gonzesses qu'aves les autorités, les unes comme les autres n'appréciant pas trop la polygamie. D'après des observateurs neutres, j'aurai fait plusieurs demandes en mariage... Moi je me souviens de rien. Je sais juste que j'ai pas pu m'éloigner de la salle de bain pendant plus de 24h. Que je récupère à peine. Que j'ai chialé comme une fille et que les fenêtres du planet hollywood sont suffisamment solides pour résister à une chaise en fer.

Il semblerait que les ricains, la CIA ayant lu mes billets, connaissaient mes plans de conquête du monde et en bons sauveurs de l'humanité, après avoir fait la peau à Oussama, ils se sont faits le Loozer.

Je peux pas promettre que je vais continuer de poster. Là tout de suite, j'ai un peu la gueule de bois niveau poker et penser à m'asseoir à une table me fait le même effet que des vapeurs éthyliques.

J'ai la tête vide et je n'ai plus qu'une certitude, je conchie la framboise !

Take care Guys. :roulette:

Zeloozer

Et voilà, mon dernier jour en terres canadiennes. Mon dernier jour avant le grand saut. Tout un chacun peut compter sur le bout de ses doigts le nombre de jours qu'il me reste à vivre, car il est probable qu'après m'être fait éjecter de ma tentative à 25k, je finirai croupissant dans un quelconque caniveau de Vegas downtown, oubliant mon humiliation dans les vapeurs de met et noyant mon désespoir dans les chairs fripées d'une fille qui inspirera d'avantage la tristesse que la joie.

C'est parti !

J'ai vérifié mes affaires, j'ai recompté mes dollars, j'ai nettoyé mes lunettes, je suis prêt !

Il ne me reste qu'à dire au revoir à ce joli pays qui m'a accueilli le temps de ma préparation commando. Car, j'ai bouffé du légume pendant 10 jours. J'ai dormi au rythme de ma grand-mère. J'ai fait du sport comme si j'avais encore 15 ans. J'ai évacué les vapeurs de chanvre qui infestaient mes poumons. J'ai relu tout Harrington. J'ai avalé et recraché (au bord de l'indigestion) Slansky. J'ai revisionné les clips avec Phil Ivey pour copier sa poker face. Et j'ai passé mon temps à embrouiller ma gonzesse, pour que loin de moi, elle n'hésite pas à se jeter sur un apollon de passage. Bref, je suis une machine de combat prête à chatter tous les coups !

Alors la touche finale : Goodbye Canada. Et goodbye too aux québécoises ! Ces jeunes filles chaleureuses dont chacun des bonjours me donnait l'impression d'avoir une touche. Malheureusement, dès que j'essayai de m'approcher, elles bottaient en touche d'un : « Pas touche ! Maudit français ! ». J'ai eu beau user de ma french touch pour les toucher, je n'ai eu droit comme seule récompense à un 'touchy' : « Si tu touches à mon cul, je te ferai voir Montmartre depuis la Lune, tabernacle ! ». Touchant, non ? En tout cas, n'en touchez pas un mot à ma femme, sinon, c'est sûr, je finirai définitivement sur la touche et ce serait tough !

(ok, j'avoue, y avait un peu d'herbe de bison à fumer, là où j'étais...)

Allez, see you in Vegas les blondes !

Zeloozer

Alors que mon départ pour Vegas approche, il est temps de vous révéler mes plans pour conquérir le monde. A l'instar d'un concombre, je me démasque : je suis machiavélique !

J'arrive dans la capitale du jeu avec une stratégie qui va rabaisser Chris Moneymaker au rang d'un vulgaire champion de Motus. Bill Gates va blêmir d'envie devant ma réussite. Et je crois bien qu'il n'y aura que Madoff pour apprécier mon escroquerie.

Je vais à Vegas pour gagner le WPT à 25k. J'ai vendu ma voiture, hypothéqué ma maison, prostitué mon corps, tout ça pour me payer un satellite. C'est du full bankroll (note pour les ignares : ca veut dire que je met tout mon pognon), pire qu'un HU4ROLLS (notes bis : j'ai craqué, j'ai mis un truc de poker geek, ça veut dire faire un heads-up pour l'intégralité de sa bankroll, soit symbole évident du tilt suprême). Et je vais chatter. Comme jamais. Le plus mauvais joueur de France va gagner tous ses coin-flips, battre le record du monde de paires d'as craquées, rendre le 10-2 de Doyle Brunson anecdotique à côté de son R9 (c'est main préférée, je sais pas pourquoi, c'est débile) et montrer au monde entier qu'un loozer peut défaire un parterre constitué des meilleurs joueurs du monde. Je vais bluffer Negreanu et toucher mon 2 outers. Je vais faire des crying call (note pour les ignares : ça veut dire payer en pleurant parce qu'on a perdu, que ce jeu est trop injuste et qu'on veut montrer au monde comme on a pas de chance) sur les bluff de Phil Ivey, juste parce que je suis un livetard. Et je vais défoncer la gueule de Gus Hansen avec des set-up horribles.

Je vais tout mettre sur le rouge une nouvelle fois !

Et je vous invite à gueuler avec moi : One time baby ! One time !!!!

You have to gamble to win ! If you do not gamble, you can't win.

So let's gamble baby !

Zeloozer

Je marche dans des rues rectilignes. Je n'arrive pas vraiment à décrire les sentiments que m'inspirent l'architecture particulière de la basse ville. Les habitations ont trois étages pour les plus grandes, deux pour la plupart. J'aperçois quelques immeubles éparses au loin. Mais, l'impression générale est une ville de poupée en taille humaine. Les supermarchés, les commerces, les stations services, tout m'évoquent une petite ville. Seules les grandes et larges avenues me rappellent que Québec est une ville de 500.000 habitants équivalent de Lyon en France, avec une même densité de population d'après Wikipédia. Pourtant, ici, tout respire l'espace.

J'entre dans un dépanneur – nom donné aux épiceries qui dépanne d'un manque inopportun – et bute sur la réponse à ma question. Le québécois est un français difficile à comprendre. Car là où l'on compense habituellement l'articulation défaillante ou avalée de son interlocuteur par une connaissance des mots attendus, à Québec on ne peut deviner quel est le mot mal entendu tant les expressions usitées ici sont originales. Elles sont parfaitement censées, complètement en français mais totalement insaisissables quand elles sont masquées par un accent nasillard.

Les commerçants, les passants, tous tutoient. Je ne sais si c'est mon apparence ou une coutume qui est à l'origine de cette pratique, mais bien souvent, je ne me sens pas à ma place avec mes vouvoiements déplacés.

Les québécoises sont chaleureuses et la smoked meat, le met local. Alors que l'une me conseille sur l'autre, je suis dans l'indécision. Dois-je privilégier la raison et choisir une viande maigre ou choisir la déraison et privilégier une viande grasse ? C'est finalement pour la serveuse medium - ni grasse, ni maigre – que je vais opter.

Un apothicaire est un pharmacien. Une salle de quilles, un bowling. Un arrêt, un stop. Un barbier, un coiffeur. Le métro, un supermarché. Les pharmacies, des relais de poste. Les américains, des voisins. Les français, des cousins. Et les québécoises, mes Némésis.

Un lien dans tout ça ? Aucun

Un rapport avec le poker ? Aucun

Un quelconque sens ? Aucun

Mais la bonne mescaline, oui, celle-là, elle est bien là.

Zeloozer

Ca y est, c'est reparti pour un tour. Je vais faire mon pèlerinage annuel en terre sainte. Je suis parti avec plein de jolis billets que je vais offrir en témoignage de ma dévotion. Je vais me transcender pour essayer de toucher du doigt le mystique. Espérer le miraculeux. Appréhender le divin. Et approcher l'extase.

Bien évidemment, j'ai choisi la pire période de l'année. J'arrive là-bas quand les batteries de tournois d'hiver se terminent et j'en pars quand les warm-up des WSOP commencent. En gros, j'y vais en bon loozer.

Mais je suis encore loin d'y être.

Mon périple est semé d'embuches. Et là, présentement, je me trouve au pays du sirop d'érable, de la chemise à carreaux, du bucheron sympa, du castor vorace ou de l'accent ridicule. Car un pèlerinage ne saurait être direct. Vous imaginez les mecs qui se rendent à la Mecque, sauter dans un avion et atterrir direct devant la grande mosquée ? Ou encore les types qui se cognent Saint Jacques de Compostelle grimper dans le TGV direction l'Espagne ? Non mais un peu de sérieux, s'il existe vraisemblablement quelques uns de ces pèlerins paresseux, une chose est sûr, ce n'est pas l'esprit du pèlerinage. Il faut que ça soit long, pénible et fastidieux. Donc, moi je passe par le Canada d'abord. Puis, je prends mon petit bâton, mon petit baluchon et hop là !

Mais, présentement (ça fait deux fois, mais c'est pour l'instant la seule expression que j'ai réussi à utiliser), je suis coincé à l'aéroport de Québec, attendant la bonne âme qui doit me récupérer, mais je ne dispose d'aucun moyen de joindre qui que ce soit, je n'ai pas la moindre piécettes canadiennes et je m'en remet donc complètement au Destin pour que je ne passe pas 3 semaines à suçotter de la feuille d'érable pour me nourrir. L'esprit d'un pèlerinage quoi.

Baisers les blondes !

Zeloozer

Laissez moi vous conter une histoire qui se déroula il y a quelques temps de cela.

C'était dans des terres éloignées au creux des Alpes, ces puissantes montagnes dominant l'Europe et au bord du Rhône le fleuve nourricier de la région. Un jeune joueur s'en allait guerroyer. Il peinait à trouver gloire et honneur dans sa région natale et espérait pouvoir revenir de cette expédition auréolé d'un nouveau succès qui lui attirerait les faveurs des rois et des dames.

Chapitre 1 : L'Ancien-joueur-de-dés

Sous le chapiteau où se déroulait les joutes, notre héros prit place à sa table.

Il était confiant. Bien que certains de ces adversaires fussent des joueurs expérimentés, il était suffisamment aguerri pour ne craindre aucun affrontement. Celui qui a mordu la poussière à de nombreuses reprises, en connait si intiment le goût qu'il ne craint plus d'y gouter à nouveau. C'était là sa plus grande force. La seule qui le faisait encore tenir debout, aspirant au statut de chevalier, là où de nombreux autres s'étaient rangés à des activités moins nobles, telle la banque, la finance ou encore le commerce (je sais c'est facile et gratuit, mais c'est un conte.).

Les premières escarmouches furent sans dégâts, les adversaires s'observant, se jaugeant avant de mettre toutes leurs forces dans la bataille.

Notre jeune héros – bon, appelons-le Loozer, il faut bien qu'il ait un nom – Loozer donc, n'avait pas démérité durant ces premiers rounds et toute la table avait été témoin de son esprit combatif et de la fougue qui l'animait. Loozer, qui avait appris de ses maîtres qu'il fallait identifier un adversaire et le harceler jusqu'à lui faire mordre la poussière, avait choisit l'Ancien-joueur-de-dé. L'un de ces héros respectés partout où ils vont, les gens murmurant sur leur passage des échos de leurs faits passés. L'un de ces noms que l'on ne prononce qu'avec crainte et mystère, ne sachant s'il est réel ou légendaire. Oui l'Ancien-joueur-de-dé était un adversaire redoutable et de valeur. Peut-être était-ce cela qui avait poussé Loozer à en faire sa cible, désespérément en quête de gloire et d'estime. Peut-être, ou une quelconque folie qui anime les héros les poussant à prendre tous les risques. Quelqu'en soit la raison, Loozer ce choix irrationnel. Il harcela l'Ancien-joueur-de-dés sans relâche, ne faisait aucun cas de son prestige et piétinant sa réputation sous ses relances répétées. Et il fallait lui reconnaître cela, l'Ancien-joueur-de-dés n'en menait pas large. Plus d'une fois, il manqua ployer sous les coups incessants. Mais l'expérience et la sagesse enseignent la patience. Et le maître d'autrefois attendit, guetta, observa jusqu'à trouver une faille dans la défense de Loozer.

Ce dernier emporté par son enthousiasme choisit d'attaquer un D4 de carreau alors que ce n'était pas la coutume pour celui qui parle le premier. Mais, la peur qui aurait du lui recommander la prudence, faisait défaut au Loozer. Et, alors que plusieurs des combattants présents avaient relevé le défi lancé, une arène D95 avec un carreau fut choisi pour le combat. Loozer, à qui cette sortie ne déplaisait guère, porta une estocade. Elle fut parée dans un premier temps par un nain des montagnes, peu inventif mais tenace. Mais à peine le regard du Loozer dépassa-t-il le nain, qu'il comprit que son véritable adversaire dans cet assaut serait l'Ancien-joueur-de-dés. Ce dernier riposta d'une triple relance que le Loozer et le nain parèrent prudemment. On ajouta un Roi de carreau et la joute à trois repris.

Notre jeune héros eut une illumination et l'esquisse d'un plan commença à se dessiner dans son esprit. Il coupa la parole à l'Ancien-Joueur-De-Dés et porta le premier coup. Surpris, le nain trébucha et fila sans demander son reste. Mais pas le maître des dés. Il riposta immédiatement mais avec une certaine retenue. Encore une fois Loozer choisit l'option d'une parade sage, il attendait de connaître l'ensemble du tableau avant de se jeter corps et âme dans la bataille. Cette sagesse fut de courte durée, car dès l'apparition d'un deuxième roi, Loozer hurla « Taïaut » et livra l'assaut final, l'épée en avant prêt à traverser de parts en parts son rivale ! L'Ancien-joueur-de-dés fut ébranlé, chuta à terre, mais avant de rendre son dernier souffle, il choisit de parer de toutes ses forces avec un V10 attendu et remporta une victoire tonitruante sur notre héros.

Le jeune Loozer fut laissé pour mort, il finit cependant par se relever, moribond. Mais il tentait de se battre encore et encore. Jetant ses dernières forces comme ultime offrande à des Dieux qui, seuls, pouvaient le sauver d'une nouvelle défaite anonyme. Il faut croire que le courage d'un homme valeureux revêt un quelconque intérêt pour les Dieux car une arène 953 fut annoncée alors que notre héros participait à une joute, avec de nombreux adversaires, équipé d'une paire de 3. Cet épisode fait l'objet de plusieurs versions, nombreux sont ceux qui croient connaître la vérité, mais peu la détienne réellement. Ce que l'histoire nous dit c'est que l'assaut final opposa le Loozer et deux adversaires dont le redoutable Ancien-joueur-de-dés mais qu'après un 2 et une dame ni leur paire de valet ni leur paire de rois ne put rien faire face aux trois trois de notre Loozer. Certaines légendes racontent que plus tôt dans le combat deux adversaires abandonnèrent la lutte face à l'assaut du Loozer, le premier pourtant équipée d'une puissante paire de 5, le second d'un vicieux 63 qui se serait avéré victorieux, mais ce n'est qu'une légende et les jurons poussés par un visigoth dans une langue barbare et par une amazone dans une impudeur toute masculine ne constituent pas les preuves que ces mains avaient bien été distribuées.

Les dieux s'étaient montrés cléments avec le vaillant Loozer, il s'en alla rejoindre sa couche éreinté mais heureux après ce premier jour de combat.

C'est en pleine forme qu'il aborda le deuxième jour.

Chapitre 2 : Le Vieux

Mais s'il avait pu jouer de son habileté la veille face à des adversaires méfiants, il fut jeté au milieu de véritables guerriers à l'aube froid de ce jour d'hiver. Equipés d'armures à côtes qui semblaient pouvoir résister aux coups puissants d'un géant, dotés de lourdes épées à deux mains qui briseraient en deux n'importe quel bouclier, ces adversaires étaient d'une toute autre envergure que ceux de la veille. Et notre pauvre Loozer équipé d'une rapière et d'une vulgaire chemise de cuir n'en menait pas large. Il savait que si ces adversaires pouvaient encaisser plusieurs coups d'épée grâce à leur protection, tel n'était pas son cas et qu'il allait devoir agir avec circonspection.

Il faisait froid. Très froid. Les températures extérieures dissuadaient les petits mammifères qui peuplaient la forêt avoisinante de se risquer au-dehors mais elles ne semblaient avoir aucun effet sur ces puissants aventuriers qui se livraient un combat violent.

Le Loozer ripostait quelque fois mais il se faisait discret. Attendant que les uns se fatiguent et les autres se blessent. Mais, il en fut ainsi plusieurs heures durant sans qu'aucun combattant ne parvienne à prendre le dessus. Certains posaient le genoux à terre, mais toujours se relevaient et prenaient leur revanche. Ce jeu de ronde semblait fait pour durer vingt saisons et sans doute en aurait-il été ainsi si le Vieux n'était pas arrivé.

Il était équipé d'une armure d'or qui recouvrait presque tout son corps, un heaume flamboyant aux couleurs rouge et noir du duché voisin protégeait sa tête. Son épée mesurait bien 20 coudées et pourtant paraissait légère comme une plume. Il semblait prêt à affronter vingt barbares sans essuyer la moindre blessure et prêt à découper leur vingts corps puissants sans que son épée ne s'émousse. Le Vieux avait largement dépassé les cinquante printemps et approchait des soixante, pourtant nul combattant, aussi courageux fusse-t-il, n'osa défier son regard lorsqu'il pénétra dans l'enceinte de la table.

L'équilibre bascula immédiatement. Le Vieux triomphait à chaque fois. Les uns après les autres, ils tombaient à ses pieds. Nul ne semblait capable de simplement le toucher. Il était invulnérable, invaincu. La victoire lui semblait acquise.

Ainsi quand le Loozer reçut une paire de 3 en début de round, il sut que son heure était venue. Cela ne pouvait être qu'un signe des Dieux. Les 3 seraient son chiffre ! Il se jeta dans l'arène prêt à affronter le Vieux.

Sans surprise, aucun téméraire ne se joignit au duo, et le Loozer se retrouva seul face au Vieux et à son destin. Lorsqu'un valet, un 7 et un 3 apparurent, il ne put réprimer un sourire, ultime remerciement à ses protecteurs. Le Vieux se battit comme un lion, mais sa paire d'As dut rendre les armes et pour la première fois, il essuya une défaite. Sa confiance perdue et son invincibilité contestée, le Vieux dut livrer de nombreux assauts qu'il perdit pour la plupart avant de parvenir à redresser la tête dans un combat de toute volée ou il abattit un paysan du coin, bourru mais vigoureux.

Le Loozer, lui, observait les combats, en retrait. Il était maintenant craint et respecté et son aura lui suffisait pour l'instant à assurer un semblant de sécurité. Pourtant aussi confortable eut-il trouvé sa situation, lorsqu'une nouvelle paire de 3 apparue, il put presqu'entendre l'appel dans ses oreilles. Comme une trompette céleste lançant l'assaut final. Sans trop se soucier du danger, il se campa sur ses deux jambes et para l'attaque du Vieux. Leur regard se croisèrent et Loozer put lire dans les yeux de son adversaire toute sa haine et sa rage et il sut que ce combat serait à mort. Deux autres joueurs profitèrent de cette seconde où le temps fut comme suspendu pour se joindre à la fête.

Aucun des deux ne résista sur la première attaque du Vieux lorsque 4, 5 et 6 arc-en-ciel eurent fait leur apparition. Aucun des deux, mais le Loozer si. Et sur un valet auquel nul belligérant ne prêta attention, à nouveau le Loozer para. Car il savait. Il était l'élu. Son heure était arrivée. Les Dieux l'avaient choisi pour être leur héros. Et sur le 3 final, il tournoya et lança son épée en direction de son adversaire. Ce dernier, déstabilisé par ce contre-temps - il s'attendait sans doute à ce que Loozer lui laisse porter la première attaque - se rua sur son adversaire hurlant de toutes ses forces. L'épée le cueillit en plein torse, transperçant son poitrail d'or. Il chuta aux pieds du Loozer. Ce dernier chaussa son heaume d'or et s'empara de son épée de cristal. Puis, Loozer se détourna sans jeter un regard à celui qui fut un adversaire valeureux, abandonnant sa dépouille aux croupiers.

Après ce combat héroïque dont tout le duché parle encore, le Loozer devint un héros national, il fut porté aux nues sur la toile et applaudit dans les cercles.

Quant à la fin de cette histoire, sachez que le Loozer combattit beaucoup, et, comme tout bon héros de conte, finit par s'envoyer en l'air à la fin mais sans princesse.

Zeloozer

Ca fait des siècles que j'ai rien écrit ici. Alors qu'il s'en est passé des truc. J'ai été à Cannes filer dans les 1500 balles aux Partouche. Que j'ai recommencé à Lyon. Et que j'ai même eu droit à ma gueule dans le coverage. Mais j'ai rien raconté. Rien parce qu'en fait, je suis chargé de trop de choses qui n'ont rien à faire ici pour pouvoir continuer. Et le seul moyen que j'ai trouver pour reprendre c'est de tout balancer ici.

Ouais c'est un billet pour ma gueule uniquement. J'en ai rien à foutre qu'il vous plaise. Rien à foutre que vous le lisiez. Rien à foutre que vous le commentiez. Pour une fois, j'écris juste pour moi. Pour me vider.

Pourquoi le poster alors grand con ?

Parce que je suis un exhibitionniste sans doute. Parce que malgré tout, écrire pour soi uniquement, ne fait pas grand sens à mes yeux.

Pas plus que d'écouter le générique des Barbapapas dans un put**n de cimetière.

Y a rien de plus déplacé, de plus inepte, de plus injuste.

Ouais comme un 4 outers river. Le truc crade qui peut arriver mais qui te donne quand même envie de gerber quand il se produit.

Et comptez pas sur moi pour le prendre bien. Je vomis les bad-beat. Je les execre. C'est ma seule façon de les accepter. Je gueule, je râle, j'évacue. Mais je ne suis pas digne. Non la dignité c'est pas mon truc. L'indignation oui.

Et si je ne me lève pas au milieu d'une messe pour demander au prêtre d'arrêter ses conneries, c'est pas par dignité. C'est par faiblesse et par respect. Pas pour ses conneries, ni celles de son patron. Non pour les autres. Les parents.

Mais qu'on vienne pas m'expliquer que là-haut c'est beau, qu'on y est bien reçu. Parce que le portier, si je le serre dans un coin, je lui explose la gueule.

Tu ne devrais pas tenir de tels propos. Je comprends, mais...

Non pas là. Ferme ta gueule. Mais pas là.

Oh le gamin t'as bien mouché là ! Héhéhé, là tu...

Non toi non plus. Tu dégages. Tu sors.

C'est con, mais j'ai besoin de gueuler. Je le fais ici alors que c'est déplacé, que ça n'a rien à voir avec le schmilblick, que vous en avez rien à foutre. Mais moi aussi j'en ai rien à foutre.

Quand j'imagine Barbouille, ce con de noir poilu, je vois pas ce qu'il fout dans un endroit où le seul truc qu'il peut barbouiller ceux sont des put**ns de croix en marbre. Lui aussi il est déplacé. Et pourtant il était là, avec toute sa bande.

Alors voilà on reprendra les conneries la prochaine fois. Promis. Mais pour l'instant, je vais retourner pourrir ma gonzesse avec mes réflexions métaphysiques qui se résument en quelques phrases : La justice n'existe pas. Elle ne fait aucun sens et n'en a jamais fait aucun. C'est l'homme qui l'a inventé. Puisqu'il faut qu'il y ait une justice (tiens pour ceux que ça intéresse c'est le titre que j'ai collé à mon pseudo-bouqin, mais ça parle pas de poker et je l'ai jamais envoyé donc ne vous emballez pas).

C'est bon le calvaire est fini, reprenez vos souris, votre chemin. On se recroisera plus tard pour plus de légèreté. Plus de cartes. Mais toujours autant d'indignation et de révolte. Car je suis pas là pour fermer ma gueule, ni bien prendre les choses. Pas plus les mauvais play que je fais, les tournois bourrés de fish où je me fais défoncer, que les cercueils d'1m10.

A+ les filles (et vous sentez pas obligé de me bombarder de messages de soutien, j'en ai rien à foutre, mais ça je crois que vous l'avez compris ;) ).

Zeloozer

Mektoub

Un dimanche soir dans un hôtel de Marrakech.

Je rentre avec plusieurs milliers d'euros de gains dans les poches. J'ai gagné de l'oseille, pourtant quand je franchis la porte de ma chambre d'hôtel, je rumine des pensées sombres et je suis en tilt. Les fous qui m'ont accompagné dans ce périple marocain essaient vaguement de me parler, mais chacune de leur prise de parole est écourtée par le jet d'un objet aléatoire dans leur direction. C'est comme ça que pendant près d'une demi-heure, je leur balance à la gueule tout ce qui me passe sous la main. Chaussures, couvertures, coussins, billets, souris, assiettes, tout voltige. A tel point que lorsque ces insouciants se fatiguent enfin de leurs provocations, notre chambre ressemble à celle d'une quelconque rockstar, retournée, ravagée. Et moi, je suis épuisé, comme après un concert de plusieurs heures, épuisé de cette vie qui exige tant et parfois ne rend pas assez.

Oui, j'ai gagné, mais comme pour tout joueur de tournoi qui se respecte, il n'y a qu'une place qui est belle. Et comme tout joueur de poker, j'ai confié ma vie au hasard. Je l'oublie trop souvent, mais le poker est aussi un jeu de hasard. La justice, l'équité n'ont rien à voir avec le résultat, seul le hasard décide au final. Bien sûr, ceux sont toujours les meilleurs joueurs qui gagnent et je ne remet pas en cause la dominante stratégique du jeu, au contraire si je joue à cette connerie, c'est quasi uniquement à cause de ça. Mais, je souffre du hasard. De son côté violent, péremptoire, irrémédiable. Je le vois comme un puissant étalon noir que je chevauche parfois des heures, parfois une minute, et qui au gré de ses désirs me tolère avant de m'envoyer au tapis d'une violente ruade. Je cherche à dompter un indomptable. L'aléa. S'il devait se matérialiser, je l'appellerai Jactahest (ouais bon, no comment...). Et si je l'avais devant moi, je l'interrogerai :

- T'es vraiment une belle sal*perie !

- Moi aussi je suis content de te voir.

- Non mais sérieux, je les méritais ces 50.000 balles ! C'est pas juste !

- Juste ? Je ne comprends pas ce mot.

- Bah juste quoi, la justice tout ça.

- Justice ? Non désolé, je ne comprends pas. Explique moi ce que cela veut dire s'il-te-plaît.

- Ouais, bon. Bah, c'est quand tu as ce que tu mérites. Enfin quand chacun a ce qu'il mérite. Quand c'est équitable, en gros.

- Equitable ? Tu veux dire pour tout le monde pareil ?

- Ouais, non. Bon au poker ça marche pas équitable, mais ce que je veux dire c'est que je méritais mieux.

- Méritais ? Que méritais-tu ? Que méritaient les autres ?

- Non, laisse tomber. Oublie. Mais, juste un truc...

- Juste ?

- Une question, quoi, fais pas chi**.

- Je t'écoute.

- Comment choisis-tu les cartes qui vont tomber ?

- Choisis ?

- Oui, tes choix ?

- Choix ? Je ne comprends pas.

- Bah, comment tu décides ce que tu fais ?

- Décider ? Mais je ne décide pas, je fais.

- Oui, bah pourquoi tu fais telles ou telles choses ?

- Parce que j'en ai envie. Je fais ce que j'ai envie.

- Ok, bon laisse tomber, t'es qu'un abruti de canasson qui comprend rien !

- Moi aussi j'ai été content de discuter avec toi.

-Ouais c'est ça, vas-y casse toi !

Quel con, causer avec un bourrin... Tiens d'ailleurs, Einstein avec son « Dieu ne joue pas aux dés », j'aurais bien voulu le voir face à Jactahest.

Moi, ça ne m'a pas avancé à grande chose. Car il n'y a rien à dire.

Nous jouons de notre mieux et les cartes tranchent. Bien sûr, elles tranchent plus souvent du côté des meilleurs joueurs et moi je n'en fais pas partie donc ma part est plus maigre. Et je ne devrai pas me plaindre, car j'ai eu de la chance : en bon loser que je suis, j'ai été plusieurs fois à tapis en étant derrière et j'ai gagné. Mais pas assez. La prochaine fois, il me faudra une once de chatte en plus.

Confier sa vie au hasard, c'est abscon. Et pourtant, nous sommes nombreux à le faire. Parfois en connaissance de cause, mais le plus souvent incapable d'encaisser sereinement les revers inévitable d'une telle folie. C'est le syndrome Antoine Saout. Il aurait pu gagner 12 millions et des bananes, être connu et adulé dans tout cette put**n de planète. Mais le hasard en a décidé autrement (je vais pas le plaindre non plus, hein !), et il est probable qu'une telle opportunité ne se représente jamais. Faut-il arrêter de jouer pour autant ? J'en sais rien. Chacun sa m**de !

Voilà un billet à la con où je livre mes états d'âme.

Ca faisait longtemps.

Pour ceux qui sont en manque de conneries, j'ai écrit un billet sous champi... Mais je le retrouve plus... Il était sur le site du CCM mais il a disparu... Bon, je vais le retrouvé et je vous mettrai le lien dans les commentaires si ça vous intéresse.

En attendant, comme dans notre société paupérisante (mmh ambitieux là...) l'insatisfaction est un privilège de riche, je vais profiter de mon statut temporaire pour aller ruminer la mienne et m'octroyer ce privilège de ne pas me satisfaire de mon résultat.

N.B. Pour les ignares : le titre de ce billet à la con est une francisation approximative d'une expression arabe qui signifie en gros « c'est écrit ».

Zeloozer

Inch'Allah

Comme je m'ennuyais à Paris, j'ai décidé d'accompagner le bachelor du CCM, l'homme en slip, à Marrakech. Le loustic a reçu comme récompense pour sa première place au classement annuel sur les différents tournois du cercle Clichy, un package comprenant plusieurs tournois pour le « Big Poker Series », un festival de poker au Es Saadi en pleine terre marocaine. Moi, en bon loozer, je paye comme un grand mon package, n'ayant pas pu dépasser les 100ème places dans le dit classement (hé ! J'ai pas 0 point non plus !).

Le bazar s'articule autour de trois tournois, un 500 le mardi, un 1500 deepstack les mercredi, jeudi et vendredi et un 2700 le week-end. N'ayant pas encore perdu les maigres euros que le père Noël a eu la bonté de m'apporter, j'avais prévu de m'inscrire aux deux premiers et de faire quelques sats pour le dernier. Et si, comme les oracles semblaient le prévoir, enfin les tripes de poulet marocain que j'ai pu consulter en tout cas, je ne réussissais pas à gagner le ticket pour le 2700, il me restait un 500 short-handed (note aux ignares : ça veut dire 6 péquins par table) comme consolante.

En route pour un rallye dans le désert !

Alors, le 500, malgré une structure de rêve, ressemblera à une sieste sous le soleil. Tu dors pas vraiment parce que le soleil te cogne la figure, mais t'es pas non plus complètement réveillé, assommé par le couscous agneau mangé juste avant. En bref, je n'ai pu faire mieux que notre slip national qui sautera à quelques places de la bulle. C'est quelques places avant que je saute dans une indifférence et un anonymat troublant. A quoi ça sert que Ducros se décarcasse à raconter des conneries sur un blog paumé dans la toile, si ce n'est pour avoir ses pom-pom girls à chacune de ses sorties... Les filles vous m'avez déçu !

Derrière, le 1500. On prend les mêmes et on recommence. Sauf que pour le loozer faut filer 1500 balles à la dame qui est devant la porte. Et que le loozer, fidèle à sa réputation, n'a pas emporté assez de cash. Qu'à cela ne tienne ! Equipé d'une superbe carte Visa, je commence à dévaliser les distributeurs de la région. Et dévaliser, c'est le mot puisqu'accompagné de mon acolyte en sous-vêtement, nous allons littéralement vider celui de l'hôtel. Malheureusement le compte n'y est toujours pas, et le mien commence à tirer la langue. J'atteins laborieusement les 1100 balles et après plus rien à faire. Ma carte ne veut rien savoir, celle de slibard pas d'avantage et la méduse qui garde les portes du tournoi reste de pierre face à mes supplications et autres demandes de réduction (j'ai voulu dealer un demi stack...).

Bon, un coup de fil à ma banquière illico presto ! Comme des personnes à l'âme sensible sont susceptibles de lire ces pages, je ne peux retranscrire le contenu précis des propos qui furent tenus, mais sachez qu'elle et moi, qui vivions jusque là dans une entente cordiale, sommes passés d'un seul coup à une relation légèrement plus intense ou la passion a dépassé la raison. Je dirais même que certaines limites ont été franchies et qu'il faut sérieusement que j'envisage de changer de banque à mon retour si je ne veux pas me retrouver avec un contrôle fiscal sur le dos. Bref, la gorgonne ne m'a pas lâché un centime et il me manque toujours près de 500 balles pour participer à la fête...

Je suis en train de traîner, tête basse, dans le casino quand le mal s'empare de moi. 500 balles sur le rouge et Inch'Allah !

Eh, mon con ! Combien de fois t'es allé à la mosqué ?

Bah, euh...

Noire, paire, manque.

Arf, ouais manque 1000 balles maintenant...

Bon, c'est cagoulé que j'assisterais à la perf du naturiste clichois qui se hissera jusqu'aux places payés du tournoi, faisant honneur à son statut.

Trois jours plus tard, complètement en tilt, j'envoie en l'air le premier satellite au bout de vingt minutes de jeu. Le deuxième suit le même chemin puisque je relance dix fois d'affilée... Mais pour dix coups remportés... Ah bah mince alors... Après, je joue plus rien et c'est avec un string digne de mon compagnon que j'arrache un ticket pour le main...

Et me voilà sur la terrasse de la piscine, en train de vous raconter mes conneries, et prêt à aller ship les 40k pour le plus chanceux.

Inch'Allah ! (et promis, j'irai à la mosquée, au temple, à l'église, à la synagogue, je m'immolerai par le feu, me scarifirai les cuisses, me circoncirai le titi, bref je me prostituerai corps et âme pour le premier Dieu qui montrera le bout de son nez)

Zeloozer

Petit poker entre amis

Parfois, j'en ai marre de me faire raser dans les cercles, alors je monte un poker à la maison histoire de reconstruire la bankroll. J'invite tous mes potes, impatients d'affronter le pro loser, et c'est parti pour une NL10 enflammée.

Vu que les cadeaux de Noël m'ont broke plus que trois semaines sur une 250 Omaha, j'ai opté pour un poker de fêtes cette semaine. Et j'ai encore une fois survolé les débats fort de lecture hors du commun.

Quoi ? Vous exigez des preuves ?

Soit. Les voici :

Après quelques mains de chauffe, je décide d'assoir ma domination sur la table par un 3bet avec V7 de trèfle. La grosse blind, membre de ma famille émérite et joueur de poker également, hésite un certain temps et choisi de suivre, accompagné par le relanceur initial.

Le flop est un superbe DV5 avec le 5 de trèfle.

Après un check et un bet à mi-pot, j'insiste par une sur-relance conséquente. Là, encore une fois la grosse blind hésite et après avoir été timée par toute la table, jette ses cartes. Mais le larron restant opte pour un 4-Bet de la moitié de son stack. Arf.

- Bordel ! Mais, il a couché AD, l'autre là !

- Mais non.

- Mais si je te dis ! T'as couché AD, non ?

- … (silence gêné)

- Ah tu vois ! Et toi tu sur-joues RD ! Comme un fish !

- Et alors ? T'as mieux que RD toi ?

- Ouais, bon. Ca passe pour cette fois avec ta pauvre top-paire...

Bon, ok. J'ai la bonne lecture mais ils se défendent.

Je décide donc de ralentir l'action un petit peu et d'observer d'avantage. Je vais faire part de mes lectures à ces ignares, histoire de les impressionner ! Et d'ailleurs, j'attends pas longtemps :

Nouvelle relance pré-flop, nouvelle sur-relance. Et un flop DV9 avec 2 carreaux. Un simple check-call.

Un R de carreau à la turn. L'action s'accélère, une succession de bet précède la terrifiante river, le 9 de carreau. Et là, l'un des protagonistes vérifie ses cartes.

- Ah ah ! Je suis sûr de connaître ta main !

- Ah, ouais ? Vas-y ?

- Non, après.

Relance, sur-relance, tapis.

- Ah ah ! A moi ! T'as A10 ! J'en suis sûr ! C'est obligé, t'as vérifié tes cartes pour voir si t'avais un carreau, or tu l'aurais pas fait si t'avais déjà couleur, ou si tu avais une paire en main.

- Ah ouais ?

- Ouais. Et là, t'es bien emm**dé et tu vas devoir coucher ! Ah ah ! Bien joué ! Toi là-bas, t'as full, non ?

- Ouais, aux rois !

- Pas mal.

- Heu ??? Et moi ? J'existe. Je peux jouer ?

- Vas-y couche, c'est bon.

- T'es peut-être un pro, mais je crois pas que coucher A10, ça soit bien joué. Surtout avec le 10 de carreau !

- Ah... Ouais. C'est moche. Bon. Mais, j'avais bon, je suis fort, hein ?

- Ouais, ouais. (réponse collégiale)

Je promène sur cette table. En fait mon seule problème c'est plus sur la lecture de mes cartes que je l'ai.

Je me retrouve embarqué dans un coup avec V5 de carreau. Le flop est 1073 avec deux carreaux. Quand la turn, un superbe valet, arrive. Je décide d'envoyer la sauce premier de parole. Je suis payé dans l'instant. La river m'apporte un superbe 7 de carreau et je retourne ma main :

- Couleur, bordel ! T'as payé avec quoi gros donk ?

- Heu, 10 et 3.

- A deux paires, c'est moche, mais main a une put**n d'équité ! Regarde... Heu...

- Mais t'as pas couleur ! C'est le 5 de coeur !

- m**de... Heu désolé... Bon, j'ai quand même deux paires au-dessus... Sans rancune ?

Ouais, c'est moche, je sais. Mais c'est pas de ma faute si je lis aussi super bien le sabot...

Bon, j'ai fait encore plus vicieux...

Relance, sur-relance de ma part pré-flop avec RD de coeur. Et flop de rêve à trois joueurs : D64 avec 64 de coeur.

Je mise, une relance payée plus tard, la parole me revient et je boîte énergiquement !

Le premier hésite et couche. Le deuxième tortille et commence à demander un compte du pot, de mon tapis...

- Qu'est-ce que t'as ?

- Attends, je veux savoir combien t'as et combien y a au milieu.

- Ah, t'as tirage couleur ? Attends, comptons... Ouais, c'est bon t'as la côte. C'est normal de payer. Vas-y pas de soucis, c'est le jeu.

- Bon, ok. J'ai V10 de coeur. Et toi ?

Gniark, gniark. Je rigole encore de la tronche qu'il a fait quand il a vu ma main. Bon, c'est pas très propre, mais je suis pro ! Faut bien vivre quand même !

Le bilan ? Euh, even... Mais je reviendrai !

Zeloozer

Allez un petit calcul pour la fin d'année 31*23* 81 = 57 753 ! 57 753% ! C'est l'équité de mes tapis préflop couvert au dernier 150 d'Haussman. Soit l'équité d'un A9s contre 1010 et RV. Celle de 56s contre les dames et enfin l'inattendue avance des 8 contre les 4.

Bref, j'avais 57 753% de chance de prendre de l'oseille. Normal que j'y sois parvenu. Les talents pokéristiques n'ont rien à voir là-dedans, c'est que des maths !

Voilà...

C'est court ? Bah quand je gagne c'est chiant, y a rien à raconter à part un hero call de donk sur D3756 avec quatre cœurs et une paire d'As noirs en main. Ce jour-là, il avait 23 sans coeur, mais demain il aura le 2 de cœur.

Mais c'est aussi parce que je vadrouille un peu ailleurs, mais vous pouvez venir avec moi pour suivre Les aventures d'un loser à Clichy.

Et comme c'est Noël, je m'offre mon cadeau avec ce sondage afin de connaître les cocos qui passent par là. Merci de cliquer, je paierai 100 balles à chaque mec qui l'aura fait le jour où je claque le mihyons de patates. Promis, juré, craché, croix de bois croix de fer, si je mens je vais enfer (faites pas les cons si vous êtes plus de 10.000 je risquerai d'être broke...).

Zeloozer

Tout a commencé avant-hier soir quand mon fils...

Bon je refais pas le speech, ceux qui suivent pas (et je sais qu'il en reste) non qu'à se cogner le billet précédent, qui pour une fois, à le bon goût de pas être long.

Donc, je reprend, j'arrive à la bourre à l'ACF, balance mon blouson à la gueule de la physio, me prend les pieds dans mon écharpe et bouscule le gars du vestiaire, me repandant de tout mon long dans un fracas tonitruant Je cavale à quatre pattes dans les couloirs de l'ACF jusqu'à ma table. M'assoie à bout de souffle à ma table de big blind, évidemment !

Evidemment, j'ai les as ! Ah non, QJo. Je défend quand même, m**de ! Deux paires au flop, on pourrait discuter technique, mais c'est un cauchemar donc on fait bref, je finis par tout mettre malgré les appels de mon adversaire, reporter protecteur et maternel au demeurant.

Deux paires au-dessus pour lui.

Salut la compagnie !

Et là, je me réveille dans le métro en panique...

Ou pas.

Eh, je me réveille normalement dans l'histoire... Non ? Ah m**de...

Quand je repense au côté prémonitoire du billet d'hier, j'ai envie de chialer.

Le poker est un jeu de con et j'en suis l'un des rois.

Zeloozer

J'ai fait un cauchemar

Tout a commencé hier soir quand, au repos après mon chattage de la veille au day 1A du DSO (ça c'est pour ceux qui suivent rien, si si y en a), j'explique à mes gamins que demain y a pas école, parce que papa ne pourra pas venir les chercher, qu'il fait froid, que l'école c'est naze et qu'aller passer le WE chez les grands-parents, c'est à la cool. Réaction mitigée dans les rangs et s'ensuit la question qui tue du petit bonhomme, du haut de ses 5 piges :

« Dis papa, est-ce que tu travailles ? »

- Hein, heu, mais pourquoi tu me poses cette question ?

- Bah, parce que moi je crois que tu travailles pas.

Voilà, tout est dit.

Ce qui suit ne regarde que lui et moi. Mais ce qui est sûr c'est que la nuit qui a suivi, a été plus qu'agitée pour moi.

Culpabilisant comme Judas, je suis resté avec eux toute la matinée, à enchainer des parties de croc-carottes - jeu au combien tendu au demeurant, tant on est stressé lorsque son lapin approche de l'énorme carotte et qu'il peut disparaître dans les limbes de la montagne aux carottes au moindre chausse-trappe, privé à jamais de la récompense ultime et de l'indigestion de sa vie – et à câliner mes deux monstres. Je décolle en retard pour l'ACF. Je courre tout mon saoûl pour arriver à l'heure. Je suis superstitieux et je suis sûr que je vais chatter les As première main de grosse blind. J'arrive en nage, balance manteau et écharpe à la gueule du vestiaire en barbouillant un « désolé pressé », accompagné du pourboire qui va bien, cavale comme une jeune antilope à ma table, parvient à escroquer mes cartes au croupier qui voulaient me les reprendre et voit le cut-off essayer de barbotter ma blind. J'ai les as, je le sais. Pas besoin de vérifier. Je 3bet. Il tanke, me 4Bet et je shove dans un timing parfait.

Il part en réflexion, pestant contre le croupier, sa première main du day2 et finit par payer dépité.

Je retourne mes cartes pour voir apparaître...

Hein ? Quoi ? put**n, j'ai raté l'arrêt des champs ! Je suis à la bourre et je m'endors comme un crétin dans le métro... Résultat des courses trois mains ratées, mais toujours là à la fin de la journée.

A demain les filles (j'ai du aider Tapis non voyant, parce qu'il m'avait pas trouvé le pauvre garçon).

Zeloozer

I had a dream

Hier, j'ai fait un rêve. Nous étions tous assis autour d'une table et jouions tous au même jeu, sans différence. C'était le DSO de Paris. Et mon rêve c'était de passer le jour 1. Mais tout ceci n'était qu'un rêve, qu'un rêve, qu'un rêve...

Pourtant, c'était bien. Au début, je me retrouvais à la table d'une star de la télé - réalité ou fiction selon les goûts et les couleurs – qui jouait assez loose aggro. Et la majorité de cette partie allait se jouer entre lui et moi.

Dans mon rêve, je me construisais une image de joueur serré pour réussir à placer un bluff osé sur ADV dans un pot 3bet en multiway, alors que moi j'étais parmi les cueilleurs de champignons, c'est-à-dire ceux qui n'ont ni relancé, ni sur-relancé. Ceux qui sont là par hasard, parce qu'ils ont vu de la lumière et qu'ils ont RVo.

Ma star, dernière à coucher sa main dans ce pot, ne me regarderait plus jamais comme avant.

Plus tard, elle payerait sec deux mises chez moi et mes valets sur un board de plus en plus sympathique (D94 10 8).

Puis viendrait le duel à mort, lorsque, culotté, je paierais seul sa relance de milieu de parole avec un R10o assez anecdotique depuis le bouton. Entêté comme une mule, je refuserais de lâcher sur A105 avec 2 carreaux. Et après avoir gouté avec plaisir, d'une part la doublette du 10 à la turn, et d'autre part le check de mon adversaire du jour, je serais plongé dans l'incompréhension lorsqu'il check-raiserait en overbet ma mise turn. Ne sachant que faire d'autre, je paierais, et la même question me serait posée à la river sur un anecdotique troisième carreau, mais cette fois-ci pour la totalité du tapis de mon camarade.

Alors que de la fumée me sortirait des oreilles, j'en viendrais à payer son tapis pour le voir mucker directement ses cartes.

Ah oui, comme ce rêve fut doux.

Et son apothéose ! Et quel apothéose, quand fort de mon récent chiplead sur la table, je me permettrais un overbet à 15k de grosse blind sur des blinds à 400-800 dans un family pot limpé, avec 82o. Une boîte plus tard d'un milieu de parole pour 35k et me voilà plongé dans des calculs savants.

Mais c'est un rêve, oublions les réflexions obscures, pour moi tout se résumerait à estimer avec quelle range de pocket il pourrait faire ce move et mon estimation s'arrêterait sur 77-. Je déduirais, en même temps que les vingt mille requis de mon tapis, cette vérité fondamentale sur le poker : 82 c'est plus fort que 72. Et le board affichant un superbe 8 ne ferait que me le confirmer, envoyant au tapis le surprenant 109s de mon adversaire (là pour le coup 82 c'était mieux aussi que 92...) et me propulsant par là même énorme chipleader de ce tournoi à la fin du day2.

Tout le monde, dans les couloirs de l'ACF, parlant de ce fou génial qui a pris un coup incroyable avec 82...

Mais tout ceci n'était qu'un rêve...

La vérité c'est que mon bluff avec RV sur ADV n'est pas passé et que notre star nationale m'a payé.

Que mon hero call n'avait rien d'héroïque puisqu'en lieu et place d'un innocent troisième carreau river, c'est un superbe roi de carreau qui est venu.

Et qu'enfin, le téméraire en possession de 109s a gentiment rejoint le rang des anonymes en m'annonçant fièrement, une fois mon 82 révélé à la terre entière dans un moment d'abandon et d'orgueil, qu'il avait failli me punir en poussant tout avec sa main, sûr qu'il était devant.

Le cuistre m'a privé d'un moment de gloire qui aurait franchi l'Atlantique sans coup férir...

Bon la réalité est un poil plus terne, mais on va pas se plaindre, on a 140k et on est au Day2.

N'hésitez pas à demander de mes nouvelles sur le coverage, ça me fera passer à la télé (et mettra dans l'embarras le journaliste, bien incapable d'identifier un loser parmi d'autres).

Allez la bises les filles !

Zeloozer

Bon, amis ayant une aversion au poil, passez votre chemin. Car ça va être sale, ça va être dur, ça va être poilu !

Toute ma journée se résume à un heads-up de près de 9h avec un moustachu.

L'engagement :

Avec un AD, je fais un une-deux, mise flop et river, en temporisant turn. Le pauvre moustachu se fait enrhumer sur mon passement de jambes, faut dire que je suis l'as des as du dribble avec deux paires max. Il muck.

Zeloozer 1 – Moustache 0

Le pressing :

J'ai une image assez serrée, et pour cause, je le suis. Je décide de tenter une transversale avec A6 suité. La moustache est au marquage dans les blinds.

Il essaie de me prendre de vitesse au flop alors qu'on joue en RV5, je presse pour le pousser à la faute. Ca loupe pas, il panique sur ma relance et fini en touche.

Zeloozer 2 – Moustache 0

Le piège du hors-jeu :

Mon image s'est un peu détériorée car la table est assez weak passive et ils jouent un jeu à base de limp-call, moi j'ai tendance à tout mettre sur l'attaque face à cette opposition. Mais, pour temporiser et reprendre mon souffle, je décide d'overlimper sur l'équipe de moustachus avec K2s.

L'écran géant annonce un flop 842, je frappe une fois, il contre.

A la turn, reprise de volée de bibi, mais nouvel arrêt du moustachu.

A la river, c'est tout penaud que je contrôle avec ma paire de 2, mais apparemment il était hors-jeu et sa main finit dans le muck.

Zeloozer 3 – Moustache 0

Le but en contre :

Je lance une superbe attaque sur le côté droit avec AR, mais je tombe sur une défense dite « en moustache », à base de limp re-raise UTG. Je tente tant bien que mal de résister à la pression sur une attaque quasi minimum au flop, même si j'ai pas la balle, ni la moindre paire, mais un adversaire que je n'ai pas vu, bouscule la moustache, je dois quitter le terrain sous peine de carton rouge, le moustachu est quant à lui obligé de montrer qu'il n'a pas une mais deux moustaches en main.

Zeloozer 3 – Moustache 1

La faute de concentration :

La moustache feinte une attaque en min-raise. Comme je crois maîtriser mon sujet, je le laisse venir en position avec 98s. Sur un flop 965, je crois reprendre le contrôle de la balle après son check, mais il fait suivre d'un raise. Et après tout va très vite, je suis complètement débordé sur le côté et au lieu de botter en touche, je cherche à défendre debout et finit par me prendre un but river après un poteau turn, en attaque, bien sûr, le duo de moustachus imbattable.

Zeloozer 3 – Moustache 2

Le coup-franc :

Je crois pouvoir profiter d'une faute d'inattention de l'arbitre en bousculant un peu une joueuse avec AR, mais le sifflet de la moustache veille au grain et encore une fois ses deux assesseurs et lui me renvoient sur la touche, et je ne peux que subir impuissant le défilé des cartes.

Zeloozer 3 – Moustache 3

Le but en or :

Je suis mal, la fin du match est proche. Je me lance dans un baroud d'honneur, la moitié de mes joueurs étant au tapis, je lance mes dernières forces dans la bataille avec 89, malheureusement je suis en plein rond central et je me fais contrer par un moustachu, qui cette fois-ci n'a qu'un pote sur une fusée avec lui. Et c'est sa fusée à la river qui me renvoie aux vestiaires alors que mon 8 avait trouvé le cadre.

Zeloozer 3 – Moustache 4

Les moustaches m'a tuer.

Zeloozer

Eh oui le lion, papa !

Bon ça y est, l'ambiance est posée.

L'aquarium se remplit. Les poissons, les requins, les pieuvres et autres teams en tout genre, toussont de la partie. Votre serviteur et ses écailles légendaires se faufilent dans cette faune sauvage jusqu'à la salle du casino pour assister à une « table finale » de jeunes femmes et accessoirement jouer quelques jetons au poker.

En arrivant, je comprends que la table finale du dit tournoi féminin aurait pu aussi bien être la table initiale puisqu'il s'agit d'un sit'n'go caritatif. Pas grave, il y a la jeune Karima, du film tout ce qui brillent. Et ça vaut tout les moves que Liz Lieu pourrait passer.

Après quelques minutes passées à me noyer dans une rivière de cheveux noirs je quitte la table en même temps que ma jeune némésis, assez rapidement expulsée par ces furies jalouses. Et, les yeux encore brillant d'un sourire égaré qu'ils ont réussi à capturer, je me dirige vers les tables de cash-game.

Ah, 10-20 les blinds. Ok. C'est des dirhams, hein ? Ah, non, des euros ? Bon euh, on va se rabattre sur le vidéo-poker...

En fait, même là, je lâche l'affaire assez rapidement car je n'arrive pas à aligner une paire. Ca promet pour demain.

Je suis mes camarades sur d'autres machines bourrées de bestioles.

J'y comprends rien.

Dans la mienne, y a un homard avec des moustaches et un air vicelard qui à chaque fois qu'il sort me fait perdre. Je sais pas trop ce qu'il faut pour gagner de l'oseille, mais je sais que ce salopard de homard n'en fait pas partie.

Alors que je me débats avec mes crustacés, mon voisin de chambre enchaine les lions et les dirhams. Sérieux, c'est incroyable !

Je comprends pas plus sa machine, mais à chaque fois qu'il trouve le roi de la forêt, c'est le déluge de pognon. Et il est tellement bon en safari, que son pot à pièces finit par déborder et la machine par être vidée !

Y a plus une pièce dans son truc à lion... Alors que moi je me fais sucer la couenne par un homard à moustache... Quelle lose !

On finit par quitter la place après que des mecs du casino soient venus remplir la machine à lions avec les pièces que le homard m'a barbotées.

Mes comparses veulent provoquer d'avantage leur chance à la roulette. Quatre coin-flip d'affilée ! Ils en ont gagné quatre ! J'en pleure... Inutile de vous dire que de mon côté, j'ai dilapidé ce que le homard m'avait laissé et ce que mes généreux amis avaient bien voulu me laisser. Loser ever, loser for ever.

Bilan pour eux, dans les quatre cent euros à deux, moi ? Désolé, Johnny, je ne me souviens plus.

Et là pendant que je vous écris ces quelques mots, ils sont en train de me raser au poker chinois...

Pffff... Je viens même de perdre dix flashs d'affilée... C'est possible ça ?

Moi qui avait l'oeil du tigre en arrivant, j'ai comme l'impression de me l'être fait pocher par une grosse pince...

Mais s'ils croient que je vais me rendre sans combattre, ils peuvent se friser les moustaches à la marocaine, moi c'est façon armoricaine que je vais les bouffer !

Allez à demain les filles pour la suite de mes aventures méditerranéennes !

Zeloozer

Bon pas de poker dans ce billet, je vous préviens.

Non, car voyez-vous, j'ai fait les fonds de tiroir, vidé mes poches, taxé mémé et chatté un donkament à 25 centimes et à 2000 joueurs, j'ai réuni tout ça et je me suis barré à Marrakech !

Ah le DSO, une superbe structure qui devrait me permettre de multiplier les bourdes à moindre frais, d'essayer des trucs farfelus sans sauter de suite, bref, un véritable bac à sable pour un joueur de poker inspiré et créatif comme je le suis.

Y a du beau monde dans le coin. J'ai vu tout une collection de gars du CP et autres. Tous la bave aux lèvres, prêts à m'écharper à la première de mes relances...

La peur c'est pour les cons. Celui qui est déjà mort, ne craint plus rien.

Demain, ça va envoyer du chip, préparez-vous, enfilez vos lunettes de soleil et n'oubliez pas la biafine, car il va y avoir des grands brûlés ! Demain, j'envoie tout ce que j'ai en poche et ce que mémé avait dans ses bas de laine, demain c'est carnaval !

Par contre, je suis timide, j'espère que malgré mon jeu improbable et fantaisiste, je ne me ferai pas repérer par le journaliste du CP. Une photo de moi et c'en est fini de mon anonymat... Si tout le monde reconnait en moi le loser que je suis, je peux dire adieux à ma joli winrate négative...

Faudra sortir mémé de la maison de retraite et la remettre au tricot, pour compenser mes pertes...

Alors mes amis, priez pour moi, votez pour moi, à moi la chatte !!!!!

Zeloozer

Je suis un fainéant. Je vous dois la suite du main des FCOOP que j'ai gagné (ou pas, hein, je veux pas spoiler) et je l'ai toujours pas fait... Ma bonne excuse, c'est que j'allais m'y coller ce soir, mais à la place, je ne peux que vous faire un rapide aperçu de ma soirée de MTT...

Je lance une batterie de tournoi, comme j'ai la prétention d'avoir une vie à côté, il faut que cela coïncide avec l'heure du repas...

Donc, je suis sur la table de la cuisine, le micro d'un côté, l'assiette de l'autre. Mon temps de cerveau, lui, est partagé entre ma vie sociale d'un côté et ma vie professionnelle (ceci est un bluff évident), de l'autre.

« Est-ce que je veux des pommes de terre ? » Bah, attends, j'ai paire d'as, là.

« Non mais si j'en veux vraiment ? » Bah, mais là il me sur-relance alors qu'il n'y a pas de tirage au flop...

« Ah, une réponse ? » Vas-y envoie la purée !

« Si j'en ai assez là ? » put**n, le con a brelan, ça va pas recommencer !

« Pas la peine de crier ? » Euh... Non, mais ça va, j'ai pas super faim.

« Le gamin a dépensé tout l'argent que tu lui as filé ? » Bah, mais attends j'investis moi aussi dans des connecteurs suités.

« Est-ce qu'on peut continuer à lui faire confiance sur son argent de poche ? » Bah, en attendant j'ai floppé couleur moi !

« Il faut lui dire quelque chose ? » Oh non ! L'enc**é, il me chatte sa couleur supérieure sur une carte !

« Est-ce que la viande est bonne ? » Miam ! Encore les as.

« Est-ce qu'elle est assez cuite ? » Bah ça, c'est sur-relancé avant moi, pour être cuit, c'est du tout cuit.

« Hein ? Tu la trouves trop cuite ? » Non, mais... Oh ! Le con m'a mis tapis en bluff avec 6 et 3 !

« Pourquoi je suis tout vert ? » T'inquiète c'est le flop, 245, il est assez indigeste...

« Tu veux rouler pour qu'on se détende un peu ? » Ouais, vas-y, bonne idée, moi aussi j'envoie la ganja, j'ouvre un omaha !

« Si tu l'as pas trop chargé ? » Non, c'est bon. Ouais, c'est même très bon ! Full max direct !

« Il est plus fort que d'habitude ? » Kof kof kof... Carré, oh put**n non...

« Si c'est relou de l'entendre jouer au ping-pong contre le mur ? » Ecoute, je vais être sincère, je sais pas si c'est lui ou l'autre qui me sur-relance à chaque fois que j'essaie de voler les blinds... Mais y a quelque chose...

« Est-ce que c'est pas abusé que de smasher contre le mur à cette heure-ci ? » Attends, je vais l'attraper avec mes valets celui-là... Et pan un smash !

« Si c'est solide une balle, parce que là, il frappe vraiment fort ? » Je sais pas... Il a AR... Attends, euh...

Bon il est où lui là ? Donne cette put**n de balle ! Et la put**n de raquette avec !

Viens là ! Ah c'est facile de cogner contre un mur qui peut pas rendre les coups ! Attends je vais te montrer l'effet que ça fait !

Toi la grognasse tu la boucles !

Gamin, si tu tiens à ta vie, courre !

Dzzzzzzzz, frouch, bip bip bip bip bip...

(ça c'est le bruit qu'a fait mon ordi après deux heures passées à tout le réinstaller)

Zeloozer

******Attention*********

Ce billet est d'une longueur exagérée, seuls des lecteurs courageux et téméraires devraient se lancer dans cette aventure. Amis promeneurs de passage, je ne vous le conseille pas.

************************

Une quinzaine de FCOOP, c'est pas bon pour ma bankroll. J'ai du faire le clown dans tellement de ces carnavals que j'en ai perdu le compte, pas que le compte d'ailleurs. Mais comme la témérité est considérée comme une qualité dans mon esprit et qu'il n'y a, par ailleurs, nulle trace de la définition de l'entêtement, je me suis dis : « Eh, tiens, si je foutais cinq cent boules dans le main event ? »

En général, quand je pense à faire une connerie, considérez qu'elle est faite.

A huit heures pétantes, je suis installé devant mon écran avec toute la crème du net français.

J'ai toute la tenue, l'Ipod, les lunettes de soleil, les bagouzes, je suis au top.

Exceptionnellement, je n'ai ouvert qu'une table pour être le plus concentré possible.

Tous les ingrédients sont réunis pour que je me vautre en beauté sans mauvaises excuses.

hihihi, je suis là aussi.

Hein ? Rhô, non...

Quoi, qesquya ? T'es pas content de nous voire, mon con ?

Je ne vois pas du tout pourquoi pas du tout...

Bon bah, tout le monde est là, fin prêt à en découdre.

Stratégie n°1 : On joue des mains pas trop chères et on essaie de profiter d'un edge postflop.

Ah put**n, tiens ça me fait plaisir quand tu causes comme ça ! Sans dec, j'en ai la larme à l'oeil !

Restons prudent, cependant. Ne gâchons pas nos chances dès le début.

Et pas besoin d'attendre bien longtemps, troisième main du tournoi :

J'ai RV de pique au cutoff et décide de payer une relance d'un early.

Le flop :

10s3s5d

Vu que le flop me sied, je paye son cbet.

Turn Qh.

Oh, oh, ce qu'on va lui mettre ! Ca va me rappeler Jerricho ! Morts aux infidèles !

Tiens d'ailleurs, j'ai une des trompettes sous le coude ! Zou... TUUUUTUUUUTUUUUUUUUUUUUUUU!

Eh ! Mais on n'est pas censé emporter ces choses-là ! Et d'ailleurs que faites-vous avec ça, vous n'y êtiez pas que je me souvienne.

Non, non. Bien sûr. Une armée venue pour raser une bande de con, je vois pas ce que je foutrais là... Bon écoute, on va pas refaire l'histoire, le petit y joue un tournoi, là. Donc tu vas arrêter de le barber avec tes conneries. TUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUU !

Le petit, en attendant, il fait face à un 2nd barrel de la taille du pot.

Prends garde. Tu as, certes, un beau tirage, mais il te coupe les côtes.

Me regarde pas, tu sais ce que j'en pense, tout dans les dents ! TUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUUU

Ouais, bon. J'opte pour un relance à 1800 (genre trois fois le pot), qu'il paye assez rapidement.

River 7h

Il check...

Prudence est mère de sûreté.

TUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUU

Euh... Check...

Ah brelan de 3 en face... Bon next.

Bah next, y a rien en fait... Pendant une demi-heure je me fais marcher sur la gueule. Je vais même jouer une main de la pire façon qui soit. Honnêtement, je la proposerai pour le prix citron tellement c'est une catastrophe.

Et mon stack descend doucement mais sûrement. Je passe des 20k que l'on m'a généreusement attribué à 16k.

Stratégie n°2 : On joue serré, plus de moves, rien. On attend de toucher et de rentabiliser.

Ah, tu retrouves la voie. Viens, les brebis égarées qui retrouvent le troupeau sont toujours accueillies

Pouêt !

Rien. Une paire de rois avec un as au flop qui tient. Un peu d'oseille car le gars sentant mon désespoir à chercher à me voler et a subit le célèbre « crying-hero-call » avec les rois.

Puis je touche gentiment les 8 au cutoff, je paye une relance d'un MP déjà payé devant moi accompagné par les blinds.

Flop 567 avec deux coeurs.

Le relanceur, check, le caller ouvre de la taille du pot dans 5 joueurs.

Arf, ça sent pas bon. Mais de là à jeter overpaire et tirage quinte, y a un gap...

Je paye fébrile, les blinds fuient.

Turn Jh

Il mise la moitié du pot.

Notre ami a une overpair, peut-être même brelan, je pense que ta stratégie doit s'appliquer.

TUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUU

Ok. La stratégie. Ouais. J'ai le 8 de coeur aussi.

Je relance de 3k soit presque trois fois sa mise.

Il paye évidemment immédiatement.

River Kd.

Il check sournoisement.

Alors là...

Non, pas là justement !

Héhé, là...

Non ! Vraiment pas là justement !

Je tank un peu et fais semblant de savoir jouer au poker en plaçant une mise à 6k, un peu plus que les 2/3 en espérant qu'il voit ça comme un value bet.

En gros, je mise 6k, il m'en reste 7 derrière. Bien joué le deepstack ! Bien joué la stratégie !

Superbe !

Ah, il couche après avoir tanké la moitié de son timebank... Bon. J'ai 20k à nouveau ? Cool.

Inutile de dire qu'en live, j'aurais versé une larme sous la pression...

Après ça, la stratégie n'est pas ébranlée, on touche un peu, on monte du stack. Des coups sans intérêt.

Vous voulez des mains ?

En voilà deux en vrac :

Je paye AVs de petite blind une relance MP payé par le bouton.

Flop RcRdVc, le bouton mise après nos deux checks. Je minraise à 1,3k fort de ma lecture du joueur et de sa sur-agressivité passée.

Il paye.

Nous checkons tout deux la turn le 9c.

Et sur une river complètement blank, je réalise toute l'idiotie de ma situation et réussit un splendide blocking bet à 1k dans 4k insta call par RD.

Je paye juste la relance d'UTG, joueur très serré avec ARs. Flop 923 rainbow avec un pique ma couleur favorite. Il Cbet classiquement à 600. Je paye, en me disant qu'avec ce profil de joueur, il fera pas de 2nd barrel avec AD ou AV.

La turn un 6 de pique (ma couleur préférée, hein, pour ceux qui suivent) qu'il second barrel après mon check à 1100 dans 2300, et là appliquant ma stratégie à la lettre, je check-raise mon tirage max prêt à représenter brelan sur la river. Mais il abandonne rapidement.

Voilà pour vous. Pendant prêt de 8 niveaux, la stratégie est appliquée à la lettre. Pas de dérapage. Je suis assez weak, ce que mes adversaires ne se privent pas pour exploiter, mais je me maintiens grâce aux mains que je touche ou aux CBet qui passent et pointe la tête au niveau 9, blinds 175-250 (ouais le mec qu'a fait les structures était fin saoul) avec 23k de stack. 4H de jeu déjà dans les pattes. Et la tête comme une pastèque, j'entends comme des bruits de trompettes, c'est vous dire.

Stratégie n°3 : Stack de plus de 100 blinds, je change pas ma range de relance, mais je 3Bet plus large, j'ai de l'espace pour jouer postflop mais j'ai un stack qui peut shove rapidement sur un pot 3Bet donc qui fait peur.. Un peu de technique pour les ignares !

Ca se passe moyen. J'arrive pas à trouver de bon spot pour prendre des jetons et la table est assez active et résistante.

Mes stats sur les 3 niveaux à suivre ?

25-20-20...

Ouais 20% de 3bet. Bon quand j'ai dit que je devais élargir mon range de 3Bet, bon bah, je me suis peut-être emballé...

D'ailleurs sur ces trois niveaux, je retombe en dessous des 20k.

Changement de stratégie !! (Bah, c'est le moment de sortir les trompettes !)

Stratégie n°4 : Stack de 60 blinds environ (blinds 250-500) avec antes. Je continue à relancer pf, mais je 3bet serré, presque plus de place post-flop et trop facilement committé sur un 4Bet pas chère (de la technique toujours de la technique, encore de la technique...)

Ca commence doucement, la table me saoule. Y a notamment le chip de la table juste derrière moi, bordelais de son état et de son pseudo, qui est aggressif et me joue beaucoup. Il m'a énormément 3Bet, mois je peux me défendre qu'en shove mais aucune main pour ça. Et, stratégie oblige (si si), je me refuse à le faire pour l'instant en bluff.

Il a 60K. Et moi 19K

Je touche les 6 au cutoff. Coup à la con, car au bouton, il va tout payer ou 3Bet light. Mais, couché les 6 au cutoff après des folds... Dur dur.

Truc de tapettes !

Le chemin qui mène à la déraison passe toujours par la raison, mon ami.

Quoi ? Hein ? Non mais tu débloques là, le cloué.

Ah, non ! Pas ça. J'en sens encore des picotements dans les membres...

Bon euh, hein !

Il paye gentiment sans me 3Bet et les blinds me laissent seul dans ma galère.

Flop DT7 rainbow.

Arf.

Pot 3,5k

Arf.

Je check.

Quoi !!!!!!!!! Mais t'es malade ou quoi ! Il paye n'importe quelle main ! Bordel !

J'ai confiance, en ton jugement mon garçon.

Le Bordelais check derrière.

Tiens, inattendu. Moi qui m'imaginais devant faire un hero-call turn et fold piteusement sur 3rd barrel river, je revois mes plans.

Turn D

Check.

Pouêt !

J'ai confiance.

Il bet 2,5k.

Je paye.

River 8.

Check.

Il bet 6,5k dans 8,5k.

Bon de deux choses l'une, ou il me bluff ou il me défonce.

Superbe analyse ! Ah t'es un bon toi !

Non mais je me comprends. Il est super polarisé.

T'en penses quoi ?

J'aime pas payer c'est un truc de mickey !

Et toi ?

Bordeaux est une jolie ville, j'y avais un ami...

Ouais ok.

Bon, la vérité, c'est que j'aime pas sa gueule à ce bordelais et s'il est assez con pour checker ce flop avec son image, c'est un génie.

Payé...

Air en face.

TUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUU

Quelques mains plus tard. J'ai R2s en big blind sur une relance de mon nouvel ami UTG payé par un MP. Je me joins au barbecue.

Flop RVT rainbow.

Je check.

Il ouvre un poil au dessus du pot, soit 4,5k.

Je paye et nous restons à deux.

Turn un R.

Là ça va mieux. Il va souvent bluffer cette turn et je suis souvent devant.

Ca loupe pas, check, 6,5k, payé.

River 7 qui complète une couleur backdoor.

Je check, lui aussi, comprenant intelligemment que son V6s ne gagne pas.

Jolie ouverture UTG au passage.

Je touche les As en early, seul un camarade derrière moi semble intéressé.

Le flop T45 rainbow.

Je CBet classiquement - comme 70% du temps (mention honorable) – il paye classiquement comme 40% du temps.

Turn T qui ouvre un tirage couleur.

Ah. Bon.

J'ai confiance en ton jugement.

Ouais bon, tout le monde a compris ce que tu vas faire, t'es une lavette.

Check, il mise à 4K, je paye.

River 3.

Bon.

Abrège ! Pouêt pouêt !

Ok, check, il ouvre à 8k, je paye.

Il a air (RDo). Un float loupé. Je ne pourrais d'ailleurs qu'abonder dans le sens des mecs du chat qui diront, « pas bon de float contre les as ».

Voilà, tu es bien et tu es récompensé pour ta prudence.

Prudence mon cul ! C'est une loufiotte. Il check tout le temps pour chopper les cons qui se croient plus fort. Stratégie de chignole.

Ouais bah chignole je sais pas ce que ça veut dire, mais j'ai 65k en attendant !

Stratégie n°5 : cf. Strat n°3. On ouvre à nouveau le 3bet. Blinds 300-600.

Cette fois-ci on ne dépassera pas les 10% de 3Bet.

Ca se passe bien puisque je monte tranquillement à 76K sans forcer.

Et là un innocent Q8 au cutoff.

Je relance.

Zzzzzzzzz... Quoi ? Hein ? Quéskispasse ?

Oh mon Papa !

Evidemment, mon avatar ayant bougé les moustaches, je suis 3Bet par la SB qui est un joueur aggressif (il aime le bluff nous annonce-t-il tout de go) avec 25% de 3Bet sur le Cut off et le bouton.

Mon sang ne fait qu'un tour et je met en avant ce que je crois être ma supériorité technique. Il a 26k de stack, son move est plus dangeureux pour lui que pour moi.

Hop, min 4Bet à 8k.

Rhhô ! Comme c'est bon ça !

TUUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUU

Alors...

Oh toi tu tiens à carreau ! Sinon, je sors les clous et le marteau !

Il tank un peu et push...

Dommage, c'est pas demain que je ferai la une du clubpoker...

Les dames UTG. Relance. Payé UTG 3.

Flop T63. Je Cbet classiquement (refrain connu). Il min-raise.

Oh le con ! Attends qu'il voit de quel bois on se chauffe.

Le sage sait reconnaître les premiers signes.

Je paye.

Et check la doublette du 6 qu'il mise à 8k dans 24k...

J'avoue je comprends pas. Il a minraise un 10 ?

Je paye.

Le 6 triple.

Allez la bignole ! Vas-y, fais ton tout mou !

Le sage...

Klong !

Aïe mon pied !

Non mais là, tes conneries c'étaient plus possible ! Et gaffe si tu veux pas que je te cloue le deuxième !

Vraiment, j'hésite. Y a quand même de très grande chance que mes dames soient bonnes. Je bat un 10, brelan de 3, il a pas de main avec un 6 qu'il peut décemment minraise au flop. Y a vraiment que les As et les rois slowplayé et les 10 qui me battent.

Sans compter que y a beaucoup de value car il payera probablement tous ses fulls.

Mais une illumination, un de ces moments de grâce, je sais pas, comme si...

Oui, moi non plus je ne sais pas. Non, vraiment, je ne vois pas.

Bref, je check. Et comme le moment de grâce est très intense, il check derrière sa paire de 10 en main. Pourquoi ? Parce que le monde est amour !

Sniff. C'est beau.

Klong !

Aïe !

Pouêt, pouêt !

Ouais bon, mais avec ces conneries au niveau 350-700, on a plus que 30k.

Stratégie n°6 : La chignole ! Serré de partout.

C'est assez impressionnant. Je passe de 27-25-8 à 12-9-7

Rien d'intéressant à raconter. Je choisis de shove sur un 3Bet du bouton short alors que j'ai relancé du cutoff avec les 9. Il paye fort justement avec ses dames.

Et je double contre les valets après avoir squeezé avec AR et payé le New-York-backraise du vilain (eh ouais, je sais aussi jargonner !).

Bref pendant deux heures, le vent soufflant à droite et à gauche, je tombe sous les 30k.

Puis, le vent soufflant à gauche et à droite, je remonte au dessus des 30k.

C'est de la survie. C'est dur. Je suis crevé, maintenant mes oreilles font des bruits de klaxon et il y a comme un bourdonnement ambiant. Mais j'essaie de tenir tant bien que mal.

Quand arrive le niveau 16. Encore 1h30 à tenir dans ce day1. Blinds 600-1200, antes 150.

A10 UTG.

Tu connais le livre. La stratégie est tienne.

Klong !

Aïe !

Ouais bah comme ça t'arrêteras de nous agiter le doigt sous le nez. On dirait un instit qui gronde ses élèves. Vas-y gamin, joue ton jeu !

Relance 3BB.

Payé par un MP.

Flop A99.

Je check.

Pouêt, pouêt !

Il minbet 1200.

Je paye.

Turn un 9.

Je check.

Pouêt, pouêt !

Il minbet 1200.

Euh là, ça ressemble à rien.

Je paye.

River un 8

Je...

Pouêt, pouêt !

Bah non, quand même. Pas là. Je lead à 4,8k dans 8k, il fold.

A5s au hijack ?

Bah écoute, il me reste une main de libre je vais me la mettre devant la bouche et les yeux.

Ouais, bah prends garde, parce qu'à moi il me reste bien plus qu'un clou !

J'ouvre, payé par le cutoff et la big blind.

Flop 1098 avec deux coeurs et un carreau. Dommage, je préfère les carreaux aux coeurs sur ce coup-là.

Check.

Check.

Pouêt, pouêt !

Check.

Turn 6 de carreau c'est mieux.

Check.

Check.

Pouêt, pouêt !

Non mais là par contre, je prévois un check raise all-in sur une mise du cut-off aussi.

Ah pardon. Pouêt, pouêt, pouêt !

Ouais bon.

Check.

River 7 de coeur.

Check.

Check.

Combien de pouêt ce check ?

Il ouvre à 7,7k dans 9,7k.

Le premier passe.

Et je ne sais pas pourquoi, peut-être que j'ai lu quelque part qu'il ne fallait jamais coucher quinte, je paye.

Non, en vrai, je ne croyais pas qu'il ait pu checker deux fois un valet.

Bah si AV...

Ahahahahaha, Ohohohoho, non mais là permet moi de me marrer ! Stratégie de farfignole ! Tu paies avec air en te prenant pour un héro ! Non mais là mort de rire !!!

Vous n'êtes qu'un sale type ! C'est facile de se moquer des autres quand ils sont dans la difficulté. C'est facile de faire le clown tout du long et de lâcher les copains dès qu'ils se plantent. Super. Eh bien laissez nous, vous et vos clous, nous surmonterons ça à deux !

Oh eh... C'est bon, on peut rigoler un peu. José, soit cool.

Je ne m'appelle pas José !

Oui bon. Non mais ah je vois ! C'est la fois avec Marie-Madelaine là, tu l'as pas digéré.. Ouais, j'ai pas pu m'empêcher d'exploser de rire, mais avoue que le coup dans la grotte c'était tordant ? Non ?! Bon...

30k.

Je paye les 10k de tapis de mon adversaire de blinds avec A8, mais son kicker, un 3 pour ne pas le nommer, s'est montré plus fort que moi.

20k.

Stratégie n°7 : Je cherche un bon spot pour shove. L'idéal c'est un resteal sur une relance tardive.

Rien. Trois quart d'heures avec nada. J'approche de la fin du niveau 700-1400 avec 12k.

Après, c'est le dernier niveau du jour 1.

Stratégie n°8 : Je pousse any two dès qu'on a couché jusqu'à moi.

put**n sérieux, c'est l'abus ! Je me suis cassé le tromblon à jouer plus de 9h pour en arriver là ! Non sérieux ! C'est n'importe quoi ! Ok, j'ai fait des erreurs, ok j'ai pas été parfait. Mais franchement, je mérite pas ça ! Sérieux ! Non ?

Ca mon gars, la charité, c'est pas mon créneau.

La récompense n'est pas toujours de ce monde, ni de ce tournoi.

Non mais c'est quoi ces conneries ? Je suis Job, c'est ça ? C'est moi le Job des temps modernes. Je joue ce tournoi et je suis sacrifié au hasard parce que c'est la vie, parce que c'est ainsi. Et qu'il faut garder la foi malgré tout ? Je suis Job ? Non mais dis le moi !

Heu...

Rhhhô... Il te fait le coup de Job. Oh il est bon ce gosse. Non sérieux, c'est un bon gars. Franchement. Il est marrant, il a des idées rigolotes, non eh puis le coup de Job, ahaha. Il te l'a bien retourné !

Non, mais...

Ok, j'ai compris, c'est moi Job !

Allez c'est parti, UTG4 V4... Ah non, ça relance devant.

Alors T8 UTG3 peut-être... Non toujours pas.

Bah, K3o UTG2 ? Oui. Bon bah go ! Alla Akba ! Allaluja ! Mazel Tov ! Arri krichna !

Vas-y envoie les trompettes de Jerricho, Bob !

TUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUUUTUUUUUUUUUUUUUUU

Et toi, le cloué, si j'étais ton père, je serais pas fier !

Payé deux fois ! DD et AD, bah allez plus on est de fous plus on rit !

Flop R76...

Oh...

Turn 3.

Non ?!

J'ai envie de chialer tellement c'est beau ! Il reste une carte, une seule carte dans le paquet et je triple. Une seule dame, ce serait vraiment pas de bol, faudrait vraiment être tordu pour...

Oui ? Tu as quelque chose à me demander ?

Non, s'il-te-plait, laisse le faire. Sois cool. Rappelle toi je suis un gars bien et tout...

Mmmmh. J'ai un truc qui me gratte là...

Non steuplait ! J'égorgerai des poulets en me repaissant de leur sang !

Ah, ça, ça me plaît ! Ca peut être fun à voir.

River T.

Stratégie n°7 : On revient dans la zone où resteal est intéressant.

D'ailleurs, je boîte sur une relance MP payé une fois avec AK. Ca se finit en coin-flip contre les 9. Doublé !

Les coups rentrent et me voilà à 90k.

Paire de 4 en BB. Relance MP payée par la SB, énorme serrure. Je choisis de payer juste.

Ah tu tremblottes, hein ? Quand t'étais pauvre, t'étais plus marrant.

Le sage est celui qui connaît la valeur de ce qu'il a.

Klong !

Aïe !

Ca c'est fait.

Flop 346.

Cool !

Check.

Check.

Pouêt, pouêt !

CBet classique à 6,4k dans 12k.

Payé par la serrure.

Beurk.

J'aime pas.

Bon raise quand même !

24k ! (quand je pense que c'était mon stack de départ, j'en suis tout chose.)

Payé par la SB uniquement...

Ca va faire mal ce coup...

Mais c'est que tu couines ! T'as brelan dans un pot contre une serrure et tu couines ? Tu veux quoi carré ? C'est ça ? Vas-y tu m'énerves ! Les gosses plus que des grouchignoles !

Turn 4.

Ah... Bon là ok.

Il check, je bet 30K.

Il paie.

River le 3.

Je shove pour 40k.

Il tank et paie avec ses rois, fort de ses trois paires...

Waow !

Je finis le day1 à 250K alors que y a ¾ heures, j'avais 12k...

Je suis mort. Je vais me coucher.

Ouais bah moi aussi.

Euh, non mais, me laissez pas comme ça. Allez, soyez sympa, enlevez moi ces clous. Allez, soyez pas vache. Youhou ? Youhou, y a quelqu'un ?

Zeloozer

C'est un bide !

Je préviens de suite, comme de coutume, mon lectorat que ce billet est purement nombriliste, égocentrique et sans aucun intérêt, une fois n'est pas coutume répondront peut-être les plus gentils d'entre vous.

Bref, je vais parler de moi, de ce blog, en gros (désolé pour les ames sensibles) je vais me palucher la nouille. Donc sautez moi ce billet si j'ai déjà réussi à vous saouler avec mes emphases exagérées ou si vous ne connaissez pas ce blog (à la rigueur si vous êtes courageux lisez le précédent billets, si vous êtes téméraires coltinez vous le tout même la qualité est ingégale).

Dans mon précédent billet, j'ai posté un commentaire sur l'éventualité d'un CR de mon passage chaotique aux FCOOP mais dans mon grand orgueil j'ai demandé 20 commentaires en échange. J'en ai récolté un.

C'est un bide !

Voilà, c'est tout.

Inutile, reclamer le dit CR pour me faire plaisir, je vais me fendre de cette connerie de CR comme châtiment pour avoir voulu pisser contre le vent.

Zeloozer

Je sais je l'ai déjà dit en ces pages, mais c'est parce que je le pense « vraiment ».

Je reçois des plaintes quant à la fréquence des mes billets. Je m'excuse ici auprès du lectorat, qui malgré les périodes d'absence, continue à pointer son nez, mais écrire c'est compliqué pour moi.

La vérité vrai, nue, et toute crue, c'est que le poker n'est pas mon objectif dans la vie. Voilà c'est dit.

Oui, je sais, il y a eu des malaises au fond, mamie a avalé son dentier, et pépé a rendu sa bouillie, mais il fallait que ça soit dit.

Dans mes rêves les plus fous, ce n'est pas entiché de breloques offertes aux gogos qui emportent les WSOP que je me vois, non, c'est avec un livre qui porte mon nom, coincé entre les dernières recettes de cuisine à la mode, et la nouvelle autobiographie d'un people de 20 ans à la vie plus que remplie, au fin fond d'une libraire obscure de mon quartier.

Oui, écrire. Me voilà à poil devant vous.

Piercy, s'il fait parti des téméraires, me suggèrerait sans doute de travailler mon orthographe avant de nourrir de quelconques vélléités dans le domaine. A raison. Mais comme je continue de jouer comme un loser, je continuerai d'écrire comme un analphabète.

Mais où veut-il en venir, ce con, vous demandez-vous ? Bah justement, à ça. Ecrire c'est ce qui me fait tripper, mais du coup ça me demande un investissement émotionnel important, que je ne suis pas toujours en mesure de fournir après les états pitoyables dans lesquels m'abandonnent de trop longues sessions de cash-game ou des performances bénévoles dans des donkaments virtuels.

Cet état de lassitude ne laisse aucune place à l'inspiration. La colère inspire. La joie inspire. L'amour inspire. L'amertume inspire. L'injustice inspire. Mais pas la lassitude de situations aberrantes et violentes, répétées sciemment par un joueur nécessairement masochiste, à défaut d'être auto-destructeur.

Pour illustration, je vais vous causer des FCOOP, batterie de tournois pour clampins sur pokerstars.

Je les ai fait, plus qu'à mon tour, pour un résultat catastrophique.

Hier soir, summum de ce festival, le main-event, auquel évidemment je me suis inscrit.

Je joue pendant des heures. Je bluff plus que de raison, slowplay en dehors de toute raison, fais des call qui n'ont rien à voir avec la raison et joue globalement entre le médiocre et le correct, ce qui est, somme toute, un pas trop mauvais résultat pour moi. Bref, je joue au poker en y mettant tout ce que j'ai. Mais, inexorablement, après avoir atteint des « sommets » honorables, mon tapis descend, doucement mais sûrement. Et, vers 5h14 du matin, après 9h et des bananes de jeu, il me reste 12k sur des blinds à 700/1400, des antes à des montants indécents, la moyenne à un niveau auquel je ne peux pensais sans rougir comme une jeune vierge, bref mon avenir est compromis. Alors, avec une lucidité, peut-être contestable, dans une dynamique de table assez passive, j'opte pour un push any two dès le prochain spot. Réagissez si vous le souhaitez à la pertinence d'une telle stratégie à cet instant mais seul et abandonné devant mon écran, n'ayant point de marylou pour me distraire, c'est mon choix.

Je suis obligé de coucher quelques mains random quand des outrecuidants me volent l'initiative préflop pour finalement me retrouver devant mon destin, utg+2, avec K3o.

Bordel ! K3o ! Je pourrais me lancer dans une analyse technique profonde et pertinente pour essayer de vous convaincre de la puissance d'une telle main dans ma situation, mais ce serait inutile tant l'évidence doit vous sauter aux yeux. J'ai joué 9h et des pastèques, pour m'envoyer en l'air pré-flop avec K3o... J'ai couché des mains de dingues, bluffé comme un fou, défendu comme un héro, pour tout envoyer avec K3o...

Non vraiment, le poker est un jeu de con. Car, je dois être un con, pour me mettre volontairement et sciemment dans cette situation. Et le résultat importe peu, c'est toute l'aberration de la situation qui m'interpelle.

Mais vous, comme moi d'ailleurs, abreuvés que nous sommes de violence, de sensationnel, de meurtres sanglants, de tueurs en série impitoyables, vous voulez voire la couleur de mon sang, sentir l'odeur de ma peur, vivre mon agonie au rythme des cartes qui heurtent le board comme autant de coups de haches tranchant mon corps et scellant inexorablement mon destin.

Ne souhaitant pas ajouter à la surenchère, je n'entrerai pas dans les détails, sachez juste qu'il y eu un peu d'As, pas mal de Dames, mais une quantité indécente de roi et de 3. Et qu'après un run qui a failli me faire réveiller ma gonzesse à cette heure matinale, je suis allé me coucher laissant au repos un stack dépassant les 200k. Moi et les 200 autres cons avons abandonné l'arène, s'octroyant un repos de guerrier mérité, avant que les jeux du cirque ne reprennent et que d'autres ne meurent bravement et connement.

Mais ceci est une autre histoire.

Zeloozer

Oui, je sais, il y a redite dans le titre, mais vous allez voir, j'ai réussi à bricoler un billet qui colle... improbable...

Comme il n'y a pas que le poker dans la vie, je vais parler d'un peu autre chose... quoique...

En effet, pour me changer un peu des sempiternelles bad beat, hero call, snap fold, 4bet bluff et autres atrocités que notre activité favorite (ou pas) enfante, je suis allé à un cours d'impro. Attendez ! Attendez ! Malheureux qui se disent : « En v'là encore un qui va nous raconter sa vie, et comment que c'est bien le théâtre et mes couilles... », que nenni, que nenni ! J'y suis allé pour travailler mon poker ! Le jeu d'acteur, tout ça. D'ailleurs pour preuve que je ne vous mens pas, voilà les différentes leçons que j'ai mise en pratique :

Leçon n°1 : La manipulation

Premier « jeu » dans ce cours bon enfant, un bête ni oui ni non dans une situation improvisée.

Le thème qui nous est alloué à mon adversaire et à moi est « bouc » (notez que je n'ai jamais dit que le théâtre c'était bien, un truc d'intello de gauche pour se faire bien voir des nénettes).

Bref, me voilà lancé en attaquant d'emblée sur l'odeur de mon camarade (rapport au bouc... bon j'ai déjà dit ce que je pensais du théâtre...).

- Bordel, mais tu schlingues !

- Je sais, j'ai pas eu le temps de me laver.

- Non, mais sérieux t'abuses...

Bon, perdu ce coup-ci. Mais c'est un jeu à la con aussi...

Leçon n°2 : La poker face

Une impro se lance avec ma gonzesse, un pote et une quidam.

Une histoire obscure de secrétaire et de réparateur qui vient changer une prise... Me rappelle un scénar de film ça...

Ah tiens voilà ma moitié qui se met à allumer le réparateur, on dirait vraiment le début d'un film...

:|

Je savais qu'elle était souple, mais je m'attendais pas à ce que tout le monde l'apprenne...

:?

Il en bafouille, j'en ai le souffle coupée...

|^

Bordel ! S'il y met les mains je me lève !

>:[

Mais y a que moi où c'est limite là...

X/

Je savais pas qu'on pouvait voir la marque du string à travers un jean..

/(

L'impro s'arrête...

:chaud:

Verdict : Je suis pas loin de la poker face de phil Ivey dans la pub Full Tilt (=> YouTube pour les ignares).

Leçon n°3 : Le bluff

Je monte une impro où y a une partie de poker entre ivrognes.

- Un pote joue le chef de bande et cherche à nous impressionner les uns les autres.

- Alors mon gars t'as quoi ?

- Une petite paire...

- Ca tout le monde le savait. Et toi l'andouille ? (c'est moi dans l'histoire l'andouille)

- Moi j'ai une super main ! D'ailleurs je met tout ! (héhé, ceci est un bluff éhonté...)

- Ah bon. Je serai curieux de voire ce que tu as... Alors t'as quoi ?

- J'ai full ! (oui je sais je ment, mais bon c'est de l'impro...)

- Pas mal, mais pas assez face à mon carré !

- …

put**n ! Carré ! Sérieux... A chaque fois que je bluffe, le type est max en face, vraiment pas de chance moi...

Voilà. Je suis un peu moins loser qu'avant et demain je vais raser ces livetards qui croient pouvoir me faire parler, que j'ai des tells et que je bluff mal. Héhé, vont être surpris mes lascards ! :devil:

Zeloozer

Waow, 2 mois de silence radio. 2 mois à me la couler douce. J'ai même gagné un peu d'argent sur un site .fr obscur (non ne rêvez pas, vous n'aurez pas le nom !). Mais pas beaucoup en vérité. J'ai surtout rien foutu. Pour preuve je devais vous livrer un bêtisier, bah pas l'ombre de la queue du bazar... Plus tard sans doute.

Mais, depuis la rentrée, je me suis lancé dans une expérience inédite : Le coaching.

En fait, je suis coaché depuis près d'un an mais plutôt sur un plan général, voire psycho, pas du tout technique. Et puis, mes délires bloguistiques ont attiré l'oeil d'un mécène qui m'a proposé de me joindre à son projet de coaching.

Pardi que j'ai dit oui ! C'est un peu comme payer des suited connectors pré-flop, ça coute pas grand chose et ça peut rapporter gros (ouais bon, y aurait matière à développer, mais je vais pas me mettre à faire de la technique non plus...).

Et bah, je sors de ma première séance. Et ma foi, ce fut assez cool. Je ne vais pas me lancer dans un débrief façon analyse de mon jeu, non le plus simple c'est que je vous en livre des extraits, have fun with me guys :

Yo. Bon, bah c'est parti, 6 tables de 6-max (ça c'est moi)

Vas-y, je regarde et commente quand j'estime qu'il y a lieu.(ça c'est lui)

Ah ah, un As au cut off, hop raise !

Ah tu raise tout tes as au cut off ?

Bah faut pas ? On est 6-max !

Ouais mais en fait, ils callent assez loose et souvent avec de meilleurs as que les tiens. Du coup, c'est ev-.

Mouais... Bon... Bah, du coup je Cbet, tiens.

Arf, il paye. M'en fous, je le 2nd barrel sur la flush qui rentre, il l'a pas quand même...

Le 2nd Barrel c'est pas obligatoire, surtout que t'as même pas un coeur en protection...

Oh le con ! Il me check-raise...

Bon bah, je fold A8 de carreau au bouton alors.

Ah... Bah c'est dommage, A8 suited c'est une bonne main.

Hein ? Mais attends tu viens de me dire de fold mes As.

Pas tous, juste les petits non suités.

Mouaif.

Bon là je le 3bet avec A10 de pique alors !

Euh attends, le gars c'est un 12 9, là...

Un quoi ?

Il ne relance que 9% de ses mains...

Ah, et alors ? Faut que je les joue ces put**n d'as ou pas ?

Ca dépend des spots.

De toute façon, j'ai touché mon as, gniark, gniark... Je vais checker pour l'attraper avec sa paire. 9%, il a toujours une paire celui-là.

Et hop, un bet à la turn. Il paye comme prévu et hop un bet pot à la river !

Heu...

Arf... Il push...

Pour moi c'est un fold...

Ouais bah, pour toi c'est bien, mais pour moi c'est payé debout sur la table, bordel !

Ouais bon, c'est pas ma meilleur session. J'ai pas l'habitude qu'on me donne des conseils aussi.

Je comprends. C'est normal. Te prends pas la tête.

Hop, un donk bet de ma petite paire.

Tu devrais pas donk bet tes pockets, ça sert à rien.

Ouais bah en attendant, il a couché, non ?

Certes.

Oh, il m'énerve celui-là ! Allez zou, 3bet dans ses dents avec mon 910 suité !

Pourquoi pas...

Arf... Il 4Bet...

C'est pas grave, t'as essayé.

Non mais attends. Je peux encore le 5bet...

Pourquoi...

Parce que tu vois, je suis sûr, qu'il est sûr que je le bluff. Il a raison, mais si je bluff son bluff, bah il est bien attrapé ! En plus, on a pas idée d'avoir un avatar aussi con ! Sérieux, un bouddha c'est pourri ! En plus ça veut dire qu'il est zen, donc il va payer que les As... Allez tiens ! Tapis ! Zou !

...

Arf, il paye... As Roi... Pfff quel fish ! Yes ! J'ai une open ended straight flush draw... Allez papa ! Allez papa ! Allez... put**n, j'ai pas de chatte ! Un truc de ouf ! T'as vu ? Le mec fait un donk call, je touche mon flop et sa main pourri tient... Non mais t'as vu ?

Euh oui j'ai vu...

Non mais attends, je suis devant en plus ! Il est où ce con de pokerstove ? Attends j'ai une meilleur equité ! Incroyable, le donk fait un call où il est derrière et il touche. Enfin je touche pas, c'est pareil. Enfin, faut que je me dise qu'un coup comme ça reproduit plein de fois, je vais gagner de l'argent, non ?

Euh...

Bon m'a mis en tilt ce con, on arrête. Faut arrêter quand on est en tilt non ?

Euh...Oui c'est mieux...

Alors cette session ?

Ecoute, il faut voir. Je suis pas sûr que nous ayons, disons, la même « philosophie » du jeu...

Voilà, pour un premier retour sur comment ça s'est passé.

Par contre ce qui est cool, c'est que les joueurs de moyenne limites pourront coacher les joueurs de micro limites.

Je vois d'ici le tableau :

Allez mon coco, faut muscler ton jeu, là ! C'est plus le poker de papa.

Oui tu as raison, je sais que j'ai un jeu trop passif.

Allez relance moi ce A3 bon sang. Tu attends quoi les rois ou quoi ?

Mais c'est parce que si y a un as qui tombe, je sais plus comment la jouer...

T'inquiète je suis là.

Ah bah y a un as... Et il donk... Je fais quoi là ?

Bah comme tu le sens, t'as envie de faire quoi ?

Fold...

Non mais sérieusement ?

Call

Bah essaie toujours.

Chouette, je touche mon kicker ! Arf, il bet pot...

Et ?

Bon bah je call... Oh non ! Il m'overbet tapis à la river... Qu'est-ce que je fais ?

Bah si je te le dis, tu n'apprendras pas.

Je call, mais je le sens pas... Arf brelan...

Bah ouais, c'est sûr que faut avoir un peu de skill post-flop pour les jouer ces mains-là.

Quoi ? Tu vas fold 109 suité ????!!!!!

Bah, je suis hors de position... Et il relance... Tu veux que je call ?

Voilà c'est ça ton problème, tu call trop. 3 bet mon grand, muscle ton jeu !

T'es sûr ?

Mais, il a jamais rien sur un raise du bouton, c'est connu !

Bon... Arf, il me sur-relance...

Classique, ça s'appelle un 4bet bluff, c'est un méta-game classique. Crois moi des coups comme ça j'en ai joué des pelletés, c'est du meta-game ça, il paye jamais si tu boite, ce qui te donne un gros pot gratos. Facile le poker.

Je comprends pas là...

Qu'est-ce qu'y a ?

Je couche pas ?

Bah non, et dépêche ton time bank arrive à la fin. Mais active, allez !

Click

Sniff...

Ouais bon cette fois, il a les As. Mais c'est de la variance mon grand. Tu sais le poker c'est une question de philosophie, faut jouer l'équité, les coups ev+ pas trop spewy avec des reg-fish pas trop lag, tu vois ce que je veux dire ?

Non, pas là...

C'est pour ça que tu as perdu ces coups. Mais lâche pas, faut persévérer. Tu crois que j'ai fait comment moi ? Hein ? Bon on remet ça quand ?

Bah pas de suite, je viens de lâcher la moitié de ma bankroll sur la session...

Ah... Bon c'est pas grave, c'est de la variance tout ça. L'important c'est que toi et moi on ait la même philosophie de jeu, tu vois. Ca c'est vraiment essentiel.

Ah ouais, l'éclate.

J'ai hâte.

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