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darenard

8 - L'Hippodrome (2/2)

Je dégustai mon petit-déjeuner et mon café dehors, dans l’impasse désertée, sous les rayons impérissables du soleil que l’on trouve là-bas à Marseille. Ma tante, mon cousin et sa femme étaient tous partis travailler ; les deux fillettes avaient été déposées au centre de loisirs pour la journée ; et je demeurais seul dans l’hippodrome.

J’avais encore trois tournois à jouer : un premier ce soir, un deuxième dans deux jours, et un dernier le jour d’après. Trois occasions, donc, de trouver un nouveau souffle, pour m’extirper de la pression qui de plus en plus me comprimait : la question de ce qui m’attendait si aucune performance ne récompensait mes efforts ces prochains jours se posait dans mon esprit plus fermement après chaque tournoi ; mais parallèlement la réponse à ces interrogations ne gagnait jamais en netteté.

Pour l’instant il suffisait que je continue à courir, donc je continuais. L’étude du livre de Jonathan Little m’occupa encore une journée, jusqu’à ce qu’un à un, ma tante et les autres ne rentrent du travail ou du centre de loisirs.

Discutant avec mon cousin avant rejoindre le casino de Bandol, il m’expliqua qu’il avait un ami qui gagnait sa vie au poker depuis quelques années maintenant ; ce dernier était parti habiter en Thaïlande, pour multiplier son pouvoir d’achat entre autres. J’en fus rappelé que c’était là mon objectif aussi, qui sommeillait en arrière-plan de mes desseins immédiats : gagner assez, pour gagner des sous dont je peux me passer, certes — mais profiter de ce sous pour m’en aller, et partir à la recherche d’un asile aux facettes multiples: secret et calme dans certains de ses recoins, et excité et chaotique dans son noyau ; au climat moins continental, au coût de la vie moins contraignant ; et aux tables de poker toujours bien fréquentées tout de même.

Un an est passé depuis que je formulai ce plan dans mon esprit ; et en regardant mon avancement depuis, il semblerait que tout ce temps n’ait rien produit qui s’apparente à une quelconque évolution dans mes circonstances. Rien ne s’est passé qui fut déterminant — au point qu’avec le recul j’en vienne à me demander si les nuages au-dessus de ma ville sillonnaient vraiment le ciel, où si comme moi ils demeuraient figés, malgré le vent qui souffle, le temps qui passe. Je ne me souvins pas les avoir vu bouger, mais peut-être que simplement je ne les observais pas avec assez d’intérêt.

Ici, les nuages étaient plus clairsemés, et levant la tête après chaque tournoi, je notais leurs déplacements — et alors que je m’apprêtais à jouer à nouveau ce soir, j’espérais que j’allais pouvoir les suivre, et que le vent ne s’arrêterait pas de souffler trop vite.

 

La suite sur https://dansleseumdunsemipro.fr/2022/09/26/lhippodrome-2/ ...

 

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darenard

7 - L'Hippodrome (1/2)

De temps en temps, je m’autorise à fermer les yeux et à me laisser emporter par le vent ; et en écoutant l’exposé de ma tante sur les différents vents qui soufflent sur Marseille, je compris que je fus porté jusqu’ici par le mistral.

Depuis la dernière fois que je vous écrivis, le mois d’août en entier passa ; et pour le moins je vous confierai que son commencement fut difficile, au moins financièrement. Des mauvais épisodes de cash game au casino de Saint-Julien, ajoutés à une semaine de vacances dans le sud de la France, eurent tous comptes faits raison de ma bankroll ; et ainsi, comme les plus grands fleuves de France durant l’été, la longue rivière que je suivais finit elle aussi complètement asséchée. Pour aller au bout de ce mois, il fallait donc que j’use d’une autre boussole pour trouver mon chemin.

De ce fait, il y a deux semaines — en même temps que les rafales qui se renouvelaient — j’imitai le Rhône, qui coule depuis Genève jusqu’à la mer Méditerranée ; et m’arrêtai au cœur de la cité phocéenne, chez ma tante qui loge au bord de l’un des hippodromes de la ville. J’y retrouvai aussi mon cousin, de dix ans mon aîné, imposant comme un ours et veillant sur sa femme et ses deux fillettes qui habitent avec lui la même impasse que ma tante, dans la maisonnette adjacente ; et c’est dans cette impasse gravelée, séparée de l’hippodrome par un maigre grillage, et d’une sérénité absolue quand les chevaux ne courent pas sous les cris des parieurs, que j’allais rester une longue semaine.

Vous l’avez peut-être deviné : ce billet n’a pas pour vocation de vous livrer les détails d’un séjour vacancier. Pour mon portrait chinois, je soutiendrais d’ordinaire que si j’étais un animal, je serais un renard ; mais ici, de l’autre côté de la clôture, le champ de course me rappelle le contexte de ma venue : cette semaine, j’étais avant tout le cheval de course sur lequel un parieur avait misé, et je me préparais à jouer une demi-douzaine de tournois entre les casinos de Bandol et d’Aix-en-Provence.

 

La suite sur https://dansleseumdunsemipro.fr/lhippodrome-1

 

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darenard

Il y a quelques semaines, j’avais pu me rendre à une partie privée que j’avais déjà fréquentée à plusieurs reprises. L’hôte, du prénom de Fabien mais que l’on surnommait Befa, était le propriétaire d’un bar placé avantageusement sur une belle avenue dans l’une des communes de la périphérie de Genève ; et c’est à l’intérieur de ce bar, autour d’une table agencée pour la soirée, derrière de larges rideaux noirs qui gardaient les passants de nous apercevoir, que nous jouions.

Bien que hors de notre vue, je devinais que la lune avait déjà fait la meilleure partie de sa route cette nuit ; et en quelques heures de jeu, la table qui était pleine au démarrage voyait désormais la moitié de ses sièges désertés. J’aurais moi-même été l’un de ces déserteurs si l’on m’avait laissé : les moins bons des joueurs restants entretenaient des stacks de taille modeste et leur jeu n’était pas des plus sauvages ; mais j’étais en perte, et malgré les cafés que j’avais bu de mon réveil jusqu’à maintenant, le fait de jouer commençait de me fatiguer et de me lasser — néanmoins Befa nous faisait la promesse d’une possible révolution qui allait bouleverser la soirée si l’on attendait un peu plus.

— C’est Jeton, un gambler comme j’en ai rarement vu ! nous avait-il dit. Les vendredis, il boit au bar d’en face car il connaît bien le gérant. Puis quand il finit de boire, ou alors quand le bar ferme, il vient ici car il sait que nous jouons… et quand il vient, c’est avec dix mille francs en poche ! Il faut que vous voyiez cela : la semaine dernière, il est arrivé à deux heures du matin, et nous sommes restés jusqu’à sept heures ici : il est reparti en perte de trois mille francs.

De telles pertes sur une table de 1/2 : vous comprendrez certainement que les trois autres joueurs et moi-même étions séduits par l’idée d’une telle venue, et ainsi convaincus de tarder plus que nous escomptions.

 

La suite sur https://dansleseumdunsemipro.fr/en-attendant-jeton

 

 

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darenard

Perdu dans une dense forêt et cherchant l’océan pour nager dedans, le long d’un cours d’eau qui coulait sans hésitation me semblait un bon chemin à descendre— autour des flots millénaires s’était distingué un étroit sentier dépêtré de ronces trop pointues et de branches trop épaisses ; où les groseilliers et les framboisiers comme les animaux des bois s’aggloméraient pour jouir d’une fraîcheur qui jamais ne les délaisse.

Bientôt j’oubliai que je cherchais l’océan : le bruit continu de l’écoulement que je suivais avait étouffé ma fantaisie du son des vagues qui cassent sur la plage ; toute la fertilité qu’enfantait la rive me paraissait plus pérenne que l’aridité du sable entassé trop loin de la marée ; et ici je découvrais les poissons d’eau douce qui descendaient avec moi,  sautillant tous les quatre temps hors de l’eau sans se douter du spectacle qu’ils m’offraient.

Après plusieurs heures à cueillir des fruits ici et là et à m’abreuver d’eau blanche aux cascatelles, mon guide à l’état liquide tergiversa pour la première fois de mon excursion à ses côtés : devant moi il se désunissait sur la direction à suivre, et il me fallait choisir entre deux chemins aux finalités inconnues. D’où je me tenais, les arbres n’étaient pas plus verts sur un bord ; les fruits non plus n’étaient pas davantage colorés d’un côté ; et dans tous les cas les nuages ne devenaient pas moins gris. Il me vint l’idée d’observer le choix des poissons, qui étaient confrontés à ce dilemme comme moi ; et quand je les vis tous choisir la voie de droite, je me convainquis qu’ils fuyaient le sel de l’océan qui les blesserait plus bas sur la gauche.    

Suivant mon intuition, je partis longer l’eau solitaire pour atteindre ma première destination ; et je ne regrettais point les poissons et leur danse, car j’allais bientôt admirer les bancs de dauphins dans leurs chorégraphies, puis le souffle puissant des baleines au loin qu’il faut que j’étudie. Par hâte, j’ignorai les quelques framboises que j’aurais pu cueillir si la faim m’y obligeait. Il me semblait entendre des vagues bien réelles se casser comme dans mes divagations plus tôt ; donc je me dépêchai pour les dénicher au plus vite.

Le torrent s’accélérait à mesure que j’avançais, et en même temps la voie dans laquelle il s’écoulait s’élargissait dramatiquement. Ma randonnée finit par m’amener face aux branches touffues d’un saule, qui tombaient comme un rideau devant la suite de mon chemin — je dus m’accroupir et les passer sans lever la tête pour enfin connaître la vérité de ce qui m’attendait.

Il se dévoila devant mes yeux le tableau impressionnant d’une cascade plus haute et plus large que celles que je n’avais jamais imaginées ; que les poissons les plus robustes ne s’amuseraient pas à sauter ; et que pour rien au monde j’aurais osé désescalader.

Je ne vis point d’escaliers sur les abords, ni de piste naturelle que j’aurais pu tenter de descendre : seulement des rochers glissants desquels une chute infortunée se serait traduite par une mort certaine. En attendant de me résoudre à retourner sur mes pas, je restai contempler cette falaise un moment, regardant l’eau pénétrer les chenaux dispersés pour s’écraser des dizaines de mètres plus bas, écoutant cet éclat que j’avais niaisement confondu avec de simples vagues — cependant, aussi sublime qu’elle peut apparaître, une impasse ne sera toujours qu’une impasse.

Cueillant les quelques framboises que j’avais épargnées en venant, je remontai la rivière jusqu’au croisement de tout à l’heure ; jusqu’à retrouver les poissons bienheureux qui font tous le choix de la vie ; et comme cela j’étais revenu à les suivre, jusqu’au prochain embranchement, ou jusqu’à ce que je trouve l’océan pour nager dedans.

 

La suite sur dansleseumdunsemipro.fr/une-longue-riviere

 

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darenard

Je redeviens fumeur passif le temps d’une soirée. Assis à une table de 1/2 à Lausanne, je suis positionné entre deux pompiers qui font tourner des joints de shit dont les odeurs agressent mon nez. La table est détendue ; on y compte huit joueurs, parmi lesquels beaucoup d’amateurs qui n’ont cavé que 100 francs.

Après plus d'une semaine sans jouer, cette soirée marque mon retour aux tables, qui pourrait mieux se dérouler : en deux heures de jeu, je n'ai eu que très peu d'action et aucune impulsion de bonnes cartes ne vient aider mon stack à grossir, où à maigrir moins rapidement. Il semble que la Fortune n'ait pas apprécié l'abandon que je lui ai fait souffrir.

Je n'y pouvais rien pourtant, ou bien pas grand-chose. Plusieurs soirs d'affilée, c'était ma voiture qui dormait chez ses mécaniciens et me laissait sans mode de transport. Le reste du temps, mes dispositions inflammables me gardaient d'aller brûler mon argent sur le tapis vert. Une humeur exécrable ne vous empêche pas de gagner, mais une fois que vous commencez à perdre dans un tel état, les pertes ne sont pas aussi minimes qu'elles devraient l'être — et je connais mes tendances à trop vite me détacher de la vue d'ensemble sous de grises émotions. Aujourd'hui le ciel n'était pas moins nuageux, mais je me suis forcé malgré tout à venir jouer : le field ici est plus soft qu'autre part, l'ambiance sympathique, et la nourriture offerte.

Il est 20 heures et les sandwichs qui nous avaient été préparés ont tous fini d’être engloutis. Le jeu reprend.

 

La suite sur dansleseumdunsemipro.fr/perdre-le-moins-possible

 

 

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darenard

3 - Routine & anarchie

Cette nuit n’était pas parmi les plus calmes pour mon sommeil. Il est 11 heures 30 quand je me réveille naturellement, et j’ai au moins pu dormir huit heures, c’est le principal. En enfilant mes chaussettes, je découvre sur ma cheville gauche une plaie qui m’irrite au moindre contact. Une croûte commence déjà à se former — à quand cette blessure remonte-t-elle ? Quelle en fut la cause ? Je ne sais pas répondre : les pieds couverts d’ordinaire, il ne me semble pas avoir traversé de champ de ronces récemment. Tant pis. Je range mon pied dans ma chaussette quand même, et sûrement je trouverai la réponse dans la journée si la question continue de me turluter.

Comme hier, la journée se fera courte entre mon réveil et mon départ pour Montreux. Nous sommes dimanche et je m’apprête à conclure cette fin de semaine où j’ai presque travaillé à plein-temps. J’ai été jouer à Lausanne jeudi, en 1/2. 60 kilomètres à l’aller et encore au retour pour gagner 180 francs ; parti de chez moi vers 19 heures, je suis rentré à 2 heures 30 et me suis couché vers 3 heures.

Le lendemain j’ai été à Lausanne encore, dans un autre endroit où l’on jouait en 1/1. Parti de chez moi à 17 heures 45, j’ai joué cinq heures et suis parti en même temps que la room fermait, à 1 heure du matin, perdant de 100 francs. Au lit à 2 heures 30.

Hier fut une journée plus longue que les précédentes : la room du casino de Montreux, à 90 kilomètres de chez moi, ouvre ses portes à 16 heures et j’y arrivai juste après l’ouverture pour éviter de passer trop de temps en liste d’attente. Parti de chez moi a 14 heures 45, la circulation était absurdement ralentie à cause d’un accident sur l’autoroute ; j’ai donc joué six heures après deux heures d’attente, et suis parti de Montreux à 1 heure 30 avec un bénéfice de 230 francs. Chez moi à 2 heures 45, au lit à 3 heures 30. J’ai oublié de dîner.

Aujourd’hui, réveil à 11 heures 30 et départ prévu à 15 heures 15 : le dimanche, les tables de poker se font moins désirer et même la première peut mettre jusqu’à une heure à ouvrir avant que six joueurs ne se présentent.

Je suis en train de boire ma deuxième tasse de café quand sonnent les coups de midi. Je n’ai malheureusement plus de biscuits pour mon petit-déjeuner donc je compense en mettant davantage de sucre dans mon café ; j’attendrai une heure ou deux pour manger.

 

La suite sur dansleseumdunsemipro.fr/routine-anarchie

 

 

 

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darenard

2 - Le coup de chance

Mai 2021

 

Il suffit peut-être d’un seul coup de chance pour mettre la machine en route.

Le bon annonceur, celui qui trouvera dans les quelques lignes de ma candidature un attrait qu’aucun autre jusqu’à présent n’a vu. La bonne annonce, peut-être, qui me motivera plus que la perspective de rédiger cinquante articles descriptifs d’EHPAD. La bonne rencontre éventuellement, un commerçant ou un indépendant qui m’offrirait l’opportunité de réécrire les contenus de son site.  

Ces jours-ci je bois du café du matin jusqu’à la tombée de la nuit ; je ne trouve même plus le temps de me brosser les canines. Nous sommes vendredi. Sept jours précisément depuis le non-renouvellement de mon contrat à La Poste, où je travaillais comme facteur. Mon auto-entreprise — qui devait me permettre de gagner mon pain avec une occupation que j’aime, l’écriture — connaît un dur démarrage. Marqué par la sourde oreille de mes prospects et par la masse compétitive que représentent mes compères, le domaine de la rédaction web ne m’ouvre pas aussi facilement ses portes que je l’espérais. Il faut néanmoins que je continue à envoyer mes candidatures comme tant de bouteilles à la mer. C’est la seule manière.

Il faut faire. J’ai fait des études, je n’ai pas aimé. J’ai fait de l’intérim, puis facteur, et je n’ai pas aimé. Tout ce que je veux, c’est faire quelque chose que j’aime. C’est là déjà une maturité : il y avait un temps où je ne voulais rien faire.

Alors que je navigue entre les nombreuses annonces d’entreprises qui recherchent un rédacteur, j’apprends en consultant mon téléphone que mes amis veulent d’annuler la partie de ce soir. Sur des tables improvisées avec un tapis en néoprène vert, large de 3 mètres pour 2 mètres de longueur et que nous n’avons jamais découpé, nos parties de cash game en 0.05/0.10€ se font coutumières ces derniers temps. C’est ce que nous avions prévu pour aujourd’hui mais certains ne seront pas disponibles ; et l’envie de jouer, même pour de si petites sommes, me reste au travers de la gorge.

 

La suite : https://dansleseumdunsemipro.fr/2021/12/16/le-coup-de-chance/

 

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darenard

1 - Le goût des miettes

Prénoms d’emprunt

La pizza coûte l’équivalent de presque trois heures de travail payé au SMIC — c’est presque par décence que je ne mange pas quand je joue en Suisse. Mon estomac en est déjà aux dernières phases de digestion du déjeuner quand j’arrive au Casino Barrière de Montreux. Julien*, au poker, me dit qu’une deuxième table de 1/2 ouvre dans une quinzaine de minutes. Je m’en réjouis : avec sa capacité de croupiers très limitée, cette room m’a habitué à des temps d’attente qui peuvent varier entre trente minutes et deux heures et demi pour avoir une place. Nous sommes dimanche, le casino est plus calme en fin de week-end.

Je suis dans le fumoir pour boire un café en même temps que je fume une cigarette. La télévision suisse fait état de la situation à Bruxelles, des quelques serveurs prédateurs qui agiraient impunément dans des bars du Cimetière d’Ixelles, quartier que je fréquentais de très près lorsque j’étudiais à Bruxelles. Je tâte mon café, il est toujours chaud. Tobias*, un joueur d’une trentaine d’années que j’ai assez souvent affronté pour qu’une affinité se crée, arrive dans le fumoir. On se salue et parlons jeu rapidement ; sa table est passive et cela lui va bien. Il s’exprime dans un français parfait bien que marqué par un accent suisse allemand. Je me réjouis qu’il soit déjà assis : je ne le trouverai pas parmi les joueurs à ma table, lui qui a plus ou moins rôdé mon style loose/agressif et a pris l’habitude de me punir avec de nombreux 3-bets.

Mon téléphone sonne et un numéro suisse s’affiche sur l’écran fracturé. Je décroche et Julien m’informe que la table est ouverte ; je finis mon café rapidement et le rejoins, tire la place numéro 6, et vais m’asseoir.

Découvrez la suite sur dansleseumdunsemipro.fr/le-gout-des-miettes

 

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