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Expérience FPS

Mr Sneeze

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Quelques pensées à la sortie du FPS Paris.

D'abord, j'ai pas mal hésité à le jouer. La raison est que j'ai très peu d'expérience en tournoi (j'en joue entre 50 et 100 par an), surtout en live, et très peu de perfs. Malgré ma confiance en cash game, surtout online, j'étais quelque part effrayé de me mesurer aux sharks de MTT. Aussi, je commence seulement à bien jouer en live: pendant très longtemps j'avais peur de faire du volume en live, et je jouais souvent sous-optimalement, avec une sorte d'anxiété à la con. J'ai pendant longtemps eu une personnalité très timide et introvertie, mais aussi très sensible aux 'énergies' des environnements et des gens, et du coup une session live se finissait souvent pour moi avec un énorme mal de bide et parfois quelques stacks stupidement perdus. Globalement des résultats bien inférieurs à ce que je devrais espérer en étant reg de NL200-1000 online, et du coup un niveau a priori au dessus de la moyenne d'une NL400 live.

Reste qu'il y a eu une transition depuis quelques mois, je me suis attaqué à des problèmes profonds, cachés dans les recoins de ma psyché. J'ai travaillé des choses dans mon rapport aux autres, à l'altérité ; sur un autre plan, j'ai aussi travaillé ma présence à la table, de façon à pouvoir contenir ma sensibilité qui me fait misplay, et j'ai travaillé mes reads en live, qui commencent à donner des résultats satisfaisants.

Faire ce FPS c'était pour moi une sorte de test: d'abord me confirmer que je n'avais plus peur de jouer en live, ni de jouer en tournoi, et aussi que je n'avais plus peur de jouer des bons joueurs. Je ne crains pas de jouer des bons joueurs en CG online, mais en MTT live, hum, j'avais de l'appréhension.

Force est de constater que mes peurs étaient sans fondement. Je pense avoir tout à fait le niveau pour batailler et tenir ma place dans un event comme le FPS main event. Je manque d'expérience en tournoi, certes, et je vois bien que je suis pas un crack dans le jeu à 30-40bb, mais je pense beaucoup au jeu en général, et j'ai un paquet de moves dans mon arsenal, notamment en termes de sizing. En bref, j'ai réussi à finir ITM de ce FPS, et surtout je pense avoir fait de mon mieux, ce qui me permet peut-être enfin de dépasser ce manque de confiance incompatible avec une carrière de joueur pro. En fait, quand je manquais encore cruellement de maturité, j'avais cette sorte d'ego que beaucoup de joueurs de poker ont, surtout les plus jeunes ayant eu quelques résultats: je croyais que tout le monde était super mauvais, je croyais qu'il y avait UNE bonne manière de jouer au poker, et que c'était la mienne. Au fur et à mesure de ma progression, et en décidant de vraiment m'engager dans une pratique sérieuse, toutes les infinies complexités du jeu me sont apparues, et j'ai alors eu plusieurs crises de confiance, où je ne voyais pas comment j'allais pouvoir gérer toutes ces difficultés techniques et surtout mentales, que le poker crée.

Et puis j'ai vite réalise que mon jeu progressait à travers ce travail tumultueux d'introspection. Que mon tilt s'amenuisait, que mes spews devenaient plus rares.

Maintenant il y a rééquilibrage: je suis plus conscient de mon niveau réel, plus conscient de ce que je maîtrise et de ce que je ne maîtrise pas. Et je me rends compte que peu de joueurs, mêmes talentueux et sûrement meilleurs que moi, ne font pas ce travail d'exploration de leur intériorité (tellement d'ego et de pulsions sont mis dans le poker! volonté de domination surtout), et que ma force résidait là.

Le manque de confiance ressenti était en fait une forme d'orgueil corrompue: en refusant de me mettre dans des situations difficiles et conflictuelles, je refusais aussi l'échec potentiel qu'implique la prise de risque. Donc il s'agit bien d'orgueil: l'orgueil qu'il faut toujours réussir. Or j'ai maintenant bien compris que l'échec fait partie du chemin, et que les vrais athlètes, les vrais guerriers, gardent la même attitude même quand tout s'oppose à leur succès. Ils ne craignent pas l'échec, et ils ne s'attachent pas au succès, ce pourquoi ils réussissent.

Désormais, je sais (mieux) contenir mon ego. Je sais supporter les vagues de la variance, les vagues des émotions aussi, et j'évite de trop m'attacher aux choses. Moins d'ego implique moins de peur. Simplement, je fais le mieux possible, avec les forces que j'ai. Puisque je ne crains plus l'échec, ou le ridicule, je ne crains pas non plus le succès, ni les bonnes intuitions (parce que si on craint d'échouer, on perd le courage de vraiment faire des grandes choses).

Tout ce pavé pour dire que j'ai décidé de jouer ce tournoi pour me mettre à l'épreuve, et que je suis content de ce qui est sorti de l'expérience. Je me sens prêt à batailler, je n'ai plus peur de me prendre des revers, parce que je ne le verrai plus comme une défaite personnelle. J'ai vu que 90% du field était composé de joueurs très très perfectibles ; j'ai vu que des joueurs expérimentés de tournoi pouvaient spew atrocement ; j'ai vu que les sick sharks étaient rares, même dans un tournoi à 1100€ (live certes). Bref, j'ai ma place.

La confiance est là donc, mais elle implique aussi une responsabilité: pour avoir sa place parmi les meilleurs, on peut jamais s'arrêter de travailler, on peut pas prendre la pratique à la légère.

(la suite dans une deuxième partie, parce que je blablate trop).



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