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13/07/12 : Black Day

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Vendredi 13, y'a mieux comme jour pour rentrer de la ville du hasard en avion ...

L'avantage c'est que les américains sont très superstitieux (la plupart des hôtels américains n'ont pas d'étage numéro 13) et que les prix s'en font ressentir.

Après cette longue nuit et malgré mon intention de ne pas dormir du tout avant l'avion pour me recadrer, je sombrerais vers 11h du matin, sachant que j'ai rendez vous à 13h13 avec Ferdi pour déjeuner. Ca sent le drame à plein nez.

Deux courtes minutes heures plus tard, je me réveille avec une horrible migraine, d'énormes valises sous les yeux, et des jetons du bellagio plein les poches. Pour la première fois de ma vie, je ressemble vaguement à Stu Ungar !

Cette nouvelle de premier ordre me donne le courage de me lever, et après avoir fait mon sac tant bien que mal, je vais me faire une fat pizza avec Ferdi au food court du Caesars, pour notre dernier repas in Vegas. Une bien bonne pizza Peperroni/Nostalgie/Fromage qui sera ingurgitée sans un mot ou presque, la réalité du retour à la grisaille londonienne prenant soudainement sens.

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Le temps presse, mais il me reste dans les 400$ sur ma gift card, donc je fais un détour, comme prévu la veille, par l'apple store, le temps d'acheter un iPod à ma nana, histoire de dire que j'ai quand même un peu pensé à elle entre deux lap dances. f*ck, il en reste toujours, première fois de ma vie que j'enrage de ne pas réussir à bust ma carte bleue.

Allez tant pis, plus le temps, je fonce chercher mes bagages, vérifie une dernière fois que je n'ai rien oublié, puis quick check out à la réception. Ah si, petit tip : on peut payer les dépenses en wifi (15$ par jour au Caesars ...) avec la gift card :)

Petit coup de fil à Sylvain pour savoir où la limo nous attend, et une fois cette dernière retrouvée, direction l'aéroport, non sans que le chauffeur nous prodigue les meilleurs conseils pour passer un bon séjour à Vegas. Sorry budy, but we are LEAVING (asshole).

Nous avons la chance d'inaugurer le tout nouveau terminal 2 de l'aéroport de Las Vegas, et après quelques derniers coups infructueux de bandit manchot, notre avion quitte le sol de cette ville si fantasque.

Le long vol de retour qui m'attends est l'occasion de faire le point.

En me remémorant mon parcours en tournois au cours de ces 10 derniers jours et étant donné ma décision de me focaliser à mon retour un peu plus que par le passé sur mon boulot et ma famille, et par conséquent jouer de plus en plus occasionnellement et sur des parties avec de moins en moins d'enjeu, je n'ai pu m'empêcher de penser au black day de Patrick Bruel :

Franchement si je suis content de la façon dont j'ai joué en cash et sur le crapshot des WSOP, j'ai vraiment beaucoup de regrets quant au jeu que j'ai produit durant le main event. Bien sur je bust sur une énorme horreur, mais avant ça, j'ai joué bien trop agressif pour le début de tournoi, sans m'adapter à mes adversaires, en ayant toujours les mauvais timings. Je me suis auto-level tout du long, l'impression d'avoir pris 100% de mauvaises décisions :)

Je l'explique relativement facilement cela étant dit, la pression était intense du fait que c'était mon "jubilé", je n'ai qu'une maigre expérience du live, et je n'avais jamais joué un tournoi plus haut que 1k, soit tout juste DIX fois moins que le buy in du main ...

Enfin, en tout cas j'ai pris mon pied, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'à côté de ça je n'ai pas chômé. J'ai joué dans toutes les plus belles poker rooms au monde, visité les plus beaux hôtels, côtoyé les plus beaux night clubs, passé un cross over à Kevin Durant, fait un vol en hélico au dessus du grand canyon, une partie de beerpong avec un champion de tennis de table et un bowling avec des degens québécois, mangé un 3x3 animal style au In'n'Out, kiffé un lapdance au Rhino, et puis m**de, joué le main event des WSOP à la table d'Elky :)

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(Mon pénis m'a interdit de transformer Kely en Elky - close enough)

Non y'a pas à dire, c'était un séjour bien nutsé. Les rencontres furent nombreuses et bonnes, et malgré quelques déceptions sur le point de vue sportif, j'espère bien sur revivre ça un jour futur. Cette ville est complètement dingue, et si vient un moment ou effectivement on sature complètement, ça reste une put**n de drogue dont on sait qu'on ne pourra pas refuser un fix si on nous le propose.

J'ai fait une métaphore que je trouvais intéressante l'autre jour en en parlant à un pote hors poker. En fait être à Vegas (sur le strip :D) c'est comme être ivre. Si l'on est dans un bon état d'esprit, ce qui sera toujours le cas à notre arrivée, on a l'alcool joyeux et c'est merveilleux : on aime tout le monde, on rit de tout, on dépense sans compter. Par contre si il arrive une m**de suffisamment grave pour nous faire partir en bad trip, on peut avoir l'alcool triste, voir violent. C'est ce qui m'est arrivé le lendemain du main par exemple. Ce qui était si beau la veille devenait soudainement démesuré et sans vie, les gens que je trouvaient si sympa étaient devenus des escrocs de premier ordre, et cette ambiance que j'appréciais tant était devenue malsaine.

Et puis quoi qu'il arrive, en fin de soirée (en fin de séjour), la fatigue se fait ressentir. Fatigué de toute cette agitation, de tout ce bruit, de tous ces excès. Le problème quand on est bourré, c'est que l'on continue à boire plus que de raison. Vient un moment où, la fatigue aidant, le corps dit stop, et demande à s'échapper ... ici c'est la même. On se gave de jeu, de sexe, d'alcool, de rêve tout simplement, et vient un moment où la réalité refait surface et l'esprit, fatigué par cette agitation constante, dit stop à son tour. L'ivrogne s'échappera alors en s'endormant, tandis que le touriste à Vegas s'échappera en avion ...

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C'est, je pense, une fatalité absolue. C'est très tentant de se dire qu'il ferait bon vivre à Vegas, où je n'ai au cours de ces 12 jours pas eu le temps de me faire chi** une seule seconde tant il y'a à voir et à faire. Mais vient un moment où la saturation est réelle et la ville devient véritablement malsaine. D'ailleurs la plupart des joueurs venant pour toute la période des WSOP ne s'y trompent pas et louent une villa plutôt que de rester dans l'ambiance insoutenable des casinos, histoire de faire la cuisine, avoir une piscine avec moins de 400 personnes dedans, se faire une soirée télé, bref, d'échapper un peu à la folie du strip.

Le problème est qu'entre rester 6 semaines dans une villa avec des potes avec un objectif aussi précis que les WSOP et vivre à Vegas toute l'année, il y'a un monde. Comme j'ai brièvement tenté de le décrire dans mon précédent billet, cette ville, en dehors du strip, pue la tristesse et la pauvreté, même downtown. On peut acheter des maisons de 100 mètres carrés ici pour moins de 80k$, ça montre bien le clivage ridicule qui existe entre le strip (où le prix moyen d'une chambre est de 100$ la nuit) et le reste de la ville.

De plus, dans une ville brassant autant d'argent et où la pauvreté est omniprésente, le taux de criminalité est très élevé, et certains quartiers craignent véritablement. Tout ça pour dire que vivre l'euphorie procurée par le strip sur une longue période est une hérésie. Au final, cette ville a un format parfait pour ce qu'elle est aujourd'hui pour la plupart des gens : un échappatoire. La plupart des américains que j'y ai rencontré y vont pour le week end, juste le temps de décompresser, de sortir de ce monde de fou l'espace de quelques heures, se vider la tête par tous les moyens, à l'aide de vodka, de dés, ou de boobs.

D'ailleurs c'est ça qui rend l'ambiance si particulière sur le strip. Tout le monde est là pour s'éclater, et c'est un sacré cercle vertueux. C'est vraiment un endroit très spécial, où l'on aura insatiablement envie de retourner après y avoir goûté. Enfin, je ne sais pas trop si j'envie ou pas les Californiens, car si à leur place j'irais probablement à Vegas à coup sur au moins une fois par mois, il faut bien reconnaître une chose, nous y sommes de sacrés pigeons. Tout, absolument tout, est fait pour que vous dépensiez votre argent sans compter. L'effet qu'a cette ville sur l'esprit est absolument incroyable.

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Je l'ai remarqué chez la plupart de mes amis. Au départ, on a du mal à lacher 15$ pour une conso, c'est hors de question de foutre 50$ pour entrer en boite, et on préfère marcher 20 minutes à prendre le taxi. Mais très vite, l'argent n'a plus la même valeur. Les Benjamin Franklin deviennent des put**n de billets de Monopoly, que l'on balance sans même se poser de question pour qu'une random péruvienne de 25 piges se trémousse devant nous, pour passer une soirée au bord d'une piscine remplie d'autres pigeons de notre espèce, ou encore pour regarder un spectacle d'une heure juste parce que ça porte le nom de notre groupe préféré.

Je prends un ton sarcastique mais ça n'est en rien une critique. Je suis plutôt admiratif. Franchement, chaque fois que j'y retourne je suis de plus en plus impressionné par la faculté qu'ont ces puissantes organisations à nous pousser à dépenser plus et plus encore. Champagne au petit déjeuner, absence d'horloges dans les casinos, tables de roulettes face aux ascenseurs, tables de craps devant les restaurants qui annoncent toujours 15 minutes d'attente, spectacles hors de prix qui font salle comble, femmes, ooooh femmes aux corps sublimes qui vendraient père et mère pour prendre leur part du gâteau ...

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Et dire que tout ça est en plein milieu du désert, dans un des endroits les plus arides au monde, et que les gens parcourent des milliers de kilomètres pour assister, et participer à cette folie ... C'est tout simplement machiavélique. Tout étudiant en économie ou en psychologie devrait avoir à rédiger une thèse sur les rouages de Las Vegas, c'est véritablement passionnant, je pourrais y songer des heures ...

C'est le commandant de bord qui m'en sortira, de mes songes : nous voilà arrivés au dessus de l'Angleterre ... L'atterrissage se déroule sans encombre, et nous sortons victorieux de ce combat face au fameux vendredi 13. A vrai dire ça m'a même permis d'avoir plus de place pour les jambes car moins de monde dans l'avion ! Complètement cinglés ces ricains et leur superstition ! Grand sourire en pensant à PP the Bandit qui garde son caleçon porte bonheur tout au long des tournois qu'il joue, et il est temps de descendre de l'avion.

Dernière bière de ces vacances avec mon petit Ferdi, grande inspiration puis direction l'Eurostar et Paris, synonyme de boulot et de train train quotidien. Allez, il est grand temps de sortir le jeu, les strip et les piscines de ma tête et de focus sur l'avenir. Je commence un nouveau taff la semaine prochaine, ça va être sympa de découvrir un peu autre chose. D'ailleurs je dois plonger le nez dans deux trois tutos pour être au point lundi !

Quelques heures plus tard j'arrive chez moi. Petite douche, petite collation, petite sieste, puis j'allume mon macbook pour taffer mon Objective-C. M**de, réflexe à la con, je double click sur l'icône de ma poker room favorite. Ah tiens ! Le sat pour la finale des FPS a commencé ...

Oops, un nouveau missclick ... :ninja:

A la prochaine ! ;)

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11 Commentaires


Commentaires recommandés

nice CR, j'ai adoré !

Bien sur je bust sur une énorme horreur, mais avant ça, j'ai joué bien trop agressif pour le début de tournoi, sans m'adapter à mes adversaires, en ayant toujours les mauvais timings. Je me suis auto-level tout du long, l'impression d'avoir pris 100% de mauvaises décisions

comportement typique de linetard.

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Dingue comme tt le monde fait le même constat!

Super CR en tt cas, j'y suis allé en Octobre 2011, j'y retourne en...Octobre 2012, mais cette fois, pas avec mon best friend, mais avec ma femme histoire d'aller se promener, de prendre une voiture, d'aller a LA, au Grand Canyon...pi de manger des Prime Ribs de ouf!

Merci Skip

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j ai lu ce séjour a végas d une seule traite et put**n ce que j ai kiffé, moi qui reve d y aller et qui n est jamais sorti de mon misérable quartier du sud de la france (parce que broke for life lol) j ai adorer et dire que la dernière fois que j ai lu plus d une heure d affilé c était "le chateau de ma mère" pour l ecole....

un vrai REGAL!!

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