Aller au contenu
Ce billet
  • billets
    50
  • commentaires
    54
  • vues
    76 119

Vouloir voir et s'en vouloir de voir...

DIVICO

459 vues

Comment décrire autrement ce feeling désagréable que chaque joueur et joueuse de poker à déjà connu ?

Le mieux c'est un exemple:

Je parle de ce moment précis où en possession d'une main faite genre QQ que vous avez sur-relancé préflop ,vous vous retrouvez avec un misérable As au flop et une sur relance de votre continuation bet...

C'est sûr, il est fort probable que l'adversaire a un As, même si vous croyez éventuellement que votre sur-relance préflop a 3x devrait l'avoir poussé à folder AK...

Et là... n'écoutant que sa déraison vous vous entendez dire: Tapis !

Pourquoi ?

-Pour flatter votre ego dans la magnifique lecture que vous venez de faire en le voyant sur AK et le voir tourner...AK !?

-Parce que vous pourrez vous cacher derrière le reproche fait à votre adversaire qu'il ne respecte pas votre su-relance à 3x préflop ?

-Parce que c'est la seule vraie P+"*%+**" de main que vous ayez eu cette dernière heure et que vous aviez décidé d'attaquer quelle que soit votre main que vous recevriez ?

-parce que l'adversaire est un large agressif et que décidément c'est un chatard de toucher son flop justement maintenant ?

Non non et non !!!

Vouloir voir...

C'est juste une basique pulsion de curiosité !

Je parle de cette curiosité dite "malsaine", ce truc bizarre qui se produit quand, sur l'autoroute il y a un accident de voiture et que chacun ralenti pour mieux voir en disant des "mon Dieu" et autres petites phrases basiques camouflant cet irrépréhensible besoin de voir !

C'est aussi ce réflexe étonnant lorsqu'un BOUM détonnant se fait entendre et que vous vous fracasser le visage contre la vitre en voulant voir ce qui se passe croyant que la fenêtre était ouverte...comme une réalité fracassante qui s'impose à vous alors que vous n'étiez pas conscient de l'obstacle qui vous empêchait de la voir.

Qui n'a pas une fois ou l'autre guigné par le judas de sa porte pour observer quelque chose en douce ? Comme lorsqu'on se cache derrière certains principes pour ne pas montrer qu'il y a des choses que l'on assume mal.

Les exemples sont multiples, mais ce qui est intéressant au delà de céder à la tentation de la curiosité, c'est ce petit sentiment certainement judéo-chrétien de culpabilité ressenti après avoir assouvi ce besoin de satisfaire notre curiosité...

S'en vouloir de voir...

Que se passe-t-il a se moment ? Dans quoi ce sentiment s'enracine-t-il ?

Plusieurs pistes sans doute pourraient nous guider dans les réponses à rechercher...

Celle qui s'impose à moi c'est la gestion de l'insécurité.

Notre besoin de sécurité est viscéral et séculaire, c'est lui qui a fait survivre notre espèce au travers du temps. Dans le même temps la prise de risque est inévitable si on veut progresser.

Au travers d'une épreuve nous sommes confrontés à la prise de décision fuir ou combattre. Passer ou relancer!

Risquophile ou risquophobe ?...dirait sans doute John Vorhaus dans ses livres "Killer Poker".

Qu'est-ce qui fera pencher la balance ? Prendre une décision ou prendre LA décision ?

Certainement la connaissance de soi !

Or voilà... il est des domaines où tout en chacun est un inconnu pour soi-même ! Et a une époque ou la compétition règne, il est parfois difficile d'admettre que des zones d'ombres subsistent dans ce qui nous constitue.

Dans les exemples mentionnées précédemment, céder à la curiosité est un pâle palliatif hâtif :> au besoin de se connaître, car pour beaucoup d'entre nous ressentir c'est expérimenter par ses sens sont existence.

Pourquoi palliatif me direz-vous ? voyons la définition de ce mot selon Larousse:

"Se dit d'un traitement qui n'agit pas directement sur la maladie (en particulier un traitement symptomatique), ou qui la soulage sans pouvoir la guérir."

Si nous considérons la méconnaissance de soi comme étant une "maladie "

et l'insécurité ressentie comme un symptôme de celle-ci...

alors nous pouvons comprendre que la curiosité puisse devenir un "traitement" qui soulage notre besoin d'exister par son processus générateur de "sensations" .

Vous me suivez toujours?

Parce que si la connaissance de soi peut effectivement débuter par une expérimentation sensorielle, elle ne peut cependant se soustraire à un travail d'analyse ultérieur !

S'en vouloir de voir, c'est vraisemblablement un de ces moments vrai où l'on réalise qu'une fois encore, cet inconnu qui sommeille en soi a laissé le ressenti prendre le dessus sur l'introspection et l'analyse !

La voie à suivre est peut-être celle de savoir transcender cette curiosité "malsaine" décrite au début de mon texte en une curiosité de Soi ! Curiosité devenue alors véritable moteur de notre existence et génératrice de cette sécurité tant recherchée.

Pour en revenir au poker:

Ce qui est intéressant, c'est de constater que ce jeu peut permettre d'expérimenter (par sa pratique et moyennant un minimum d'introspection) comment mieux se connaître, travailler sa confiance en soi et systématiser le travail d'analyse dans le processus de décision en appréhendant et affinant au mieux la gestion du risque. C'est la curiosité de Soi.

Sans envie de se connaître et de connaître ses limites, le poker peut aussi être la sirène qui attire les marins sur les récifs. Si les fortes sensations que ce jeu génère deviennent un moyen privilégie de se sentir exister, il est vital de se poser la question du rapport existant entre le joueur et le jeu ! Un risque de dépendance peut se profiler. C'est la curiosité dite "malsaine" qui exclu tout processus de conscientisation.

Voilà... :?

Vous êtes encore avec moi ? :P

DIVICOPILOTE !



2 Commentaires


Commentaires recommandés

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant

English
Retour en haut de page
×
PokerStars : SCOOP
PokerStars : SCOOP