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Du jeu vidéo à l'entrepreneuriat, en passant par le poker.

NLegend

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Hola tout le monde,

Pour les présentations : Nicolas, 32 ans, chef d'entreprise depuis 2014.

J'ai découvert le poker à l'âge de 16 ans et ai été semi-professionnel de 2008 à 2012.

Pendant cette période, je jouais principalement de la NL1000 à la NL2000, jusqu'à ma "retraite" à l'âge de 22 ans.

J'adorais aussi les tournois live, bien que je n'ai jamais eu de grande perf' 😅

Entre 2010 et 2015, j'ai régulièrement contribué à la partie technique de Club Poker Radio.

Aujourd'hui, je dirige seul la société que j'ai co-fondée il y a près de 10 ans avec 2 amis d'enfance, Perus.

Perus est une marque de mode qui vise à fabriquer de manière plus responsable et à avoir un impact positif.

Pour chaque article vendu, nous finançons une journée d'école à un enfant défavorisé au Pérou.

90 000+ jours d'écoles ont été financés depuis nos débuts, soit une année scolaire pour 450 enfants. 

Cette action est possible grâce à l'association Los Chicos de Cusco.

Ces dons représentent plus d'un tiers de nos bénéfices.

J'ai longtemps eu un blog dédié à mes aventures poker (que je me suis beaucoup amusé à relire récemment, 12 ans après) et je suis de plus en plus convaincu des bienfaits du journaling, peu importe l'activité.

Je crois énormément aux parallèles entre le poker et l'entrepreneuriat.

Dans ce premier article, j'explique comment je suis arrivé au poker, puis à l'entrepreneuriat.

Bonne lecture,

__

9 ans - 10 ans : Ma famille acquiert son premier ordinateur et modem 56k, c’est l’an 2000.

Un nouveau monde s’ouvre.

Comme beaucoup, je découvre alors le solitaire, le démineur, pinball et msn.

Un site attire mon attention car il permet de jouer et gagner des points avec un concept qui me semble intéresser pas mal d’adultes : de l’argent.

Ce site, c’est prizee.com; je passerai les 2 années suivantes à me connecter quotidiennement afin d’accumuler des centimes avec ses mini-jeux. Je rencontre et découvre des centaines de personnes intrigantes sur son forum. A terme c’est près de 10 000 messages échangés sous le pseudo N1c0l@5.

Ma cagnotte de 34€, durement gagnée, n’a malheureusement jamais été convertie : ni en espèces sonnantes et trébuchantes, ni en cadeaux.

L’important n’est pas la destination mais le chemin ?

10 ans - 11 ans : J’entends parler par des amis d’un site de gestion de ferme virtuelle : my e-farm.com. Je m’inscris et lis pas mal de messages du forum pour comprendre comment mieux jouer et monter les niveaux. Un concept éveille mon attention : le marché noir.

Ce marché en monnaie virtuelle permet aux e-fermiers de s’occuper de leur ferme même si le marché principal est vide. Les prix sont plus chers et mis à jour toutes les minutes. Les novices ont parfois le malheur de cliquer sur “acheter” à un prix qu’ils pensent intéressant alors que la minute est passée et que le prix a changé.

Je me rappelle distinctement de la première fois où j’arrive à revendre du blé 4x plus cher qu’acheté. Après plusieurs semaines de trading les gains permettent de faire grandir la ferme significativement.

Quelques mois plus tard ma ferme est tellement importante que je suis obligé de me lever au moment du réapprovisionnement du marché principal à 5 heures du matin, tous les jours.

Je me réveille en cachette de ma famille et m’occupe de ma ferme avant de me recoucher avant l’école.

Au bout d’un an je suis top 20 du classement général sur près de 900 000 comptes créés.

Malgré avoir trouvé un efarm sitter (il y avait vraiment un site dédié, un délire) pour s’occuper de ma ferme pendant les vacances d’été, ma motivation s’érode et je finis par abandonner avant ma rentrée au collège.

12 ans - 16 ans : Les connexions internet s’améliorent, les ordinateurs aussi et les premiers jeux en ligne apparaissent. Un jeu de tir et de stratégie en équipe gratuit fait du bruit sur la toile : Non, je ne parle pas de Counterstrike, mais de Wolfenstein : Enemy territory.

Je l’installe et suis fasciné par sa profondeur : le niveau individuel est important mais le jeu en équipe, les objectifs de chacune des cartes le sont encore plus. Je convaincs mes meilleurs potes de collège de s’y dédier après les cours. L’un d’eux sera mon futur associé, 10 ans plus tard, sur Perus.

Quelques mois plus tard, nous créons un clan : Demons of Sorrow, mon pseudo est (DoS)Cya.

Cya est un acronyme signifiant : “See you after”.

Je crée un forum phpbb sur lequel j’installe des espaces publicitaires google adsense qui permettent de financer nos premiers serveurs privés.

Ces serveurs nous permettent de nous entrainer et d’affronter les clans adverses lors de parties épiques.

Au fur et à mesure, la motivation des troupes se délite et ils finissent par passer à d’autres activités et hobbies.

Je continue de mon côté avec des amis rencontrés en ligne, rejoins d’autres clans, certains étrangers et anglophones.

En 2008, mes parents signent gentiment une autorisation parentale pour participer aux championnats de France qui ont lieu sur 24h non-stop dans un cyber café à Paris.

Notre équipe se nomme dESIRE, nous rencontrons et battons certaines des légendes du jeu et devenons champions.

Dans ma tête, l’accomplissement est énorme mais je me sens moins motivé qu’avant.

Sur le site de la communauté européenne du jeu, crossfire.nu, des anciens gamers publient des graphiques de gains de plusieurs centaines de milliers d’euros à un jeu que je pratique avec mes amis de lycée : le poker.

16 ans - 22 ans : Honnêtement, à ce moment là, je joue avec eux pour faire partie du groupe et entretenir un lien social mais je trouve gênant le fait de jouer de l’argent. Je suis nul et n’ai aucune idée de quelle action réaliser ni de comment me comporter, je perds et ça m’énerve.

Un bon pote me convainc de créer un compte en ligne, sous l’identité de mon père car nous ne sommes pas en âge de jouer, pour s’amuser ensemble après les cours.

Je fais des recherches en ligne et découvre un site qui propose de te donner un capital de départ de 50$ en argent réel et de t’apprendre à jouer : pokerstrategy.com. Leur business model est de créer des joueurs gagnants et de partager les commissions générées avec le site de poker en ligne, il faut générer un niveau de commissions minimum avant de pouvoir retirer.

Ils donnent des tutoriels avec une stratégie relativement simple à suivre pour être gagnant à long terme.

On crée chacun notre nouveau compte sous l’identité de nos parents et on récupère le capital de départ de 50$. On se défie sur un mois pour voir qui aura le plus grand capital.

Un mois plus tard, mes 50$ se sont transformés en 450$.

5 mois plus tard, en 14 000$.

10 mois plus tard, en 38 000$.

Je décide de monter les échelons et subis ma première dure série de pertes : -30 000$ soit -80% du capital durement accumulé, en 1 mois.

Je suis alors en terminale, à quelques mois du bac, et vit dans une dimension parallèle ou je ne peux rien raconter de peur d’être incompris ou pris pour un fou.

Je rentre en courant des cours pour “grinder”, le terme utilisé pour jouer et bosser, j’alterne entre les phases d’euphories et de détresse en fonction de mes résultats.

Petit à petit, j’apprends à me focaliser sur ce qui est en mon pouvoir et à me détacher émotionnellement des résultats à court terme qui dépendent du hasard.

En mai 2009, je deviens majeur et peux enfin jouer en mon nom. Mon pseudo, mon identité, passe de Cya à NLegend ou NLDegen. NL représente mes initiales mais est aussi l’acronyme de No Limit, le nom de la variante de poker la plus populaire à laquelle je m’adonne.

J’échange quotidiennement via internet avec un groupe d’excellents joueurs en progression dont la plupart sont aujourd’hui des amis proches : MSNL pour “Middle Stakes No Limit”.

Je décris toutes mes péripéties, bonnes comme mauvaises, sur un blog. (Avec un jargon incompréhensible pour un non-joueur)

Mon objectif est de devenir un des meilleurs du monde, ou le meilleur, et je considère mon capital dédié au jeu comme un score de jeu vidéo.

Mon rêve est de devenir le plus jeune champion du monde de Poker à Las Vegas, où l’âge légal pour jouer est 21 ans.

Je fais des allers / retours entre les niveaux de mises du jeu pendant près de 4 ans avant d’enfin battre ma Némésis, mon Sisyphe, et de gagner 150 000€ en quelques mois.

Je suis alors pris de sentiments ambivalents :

D’un côté, je suis heureux d’enfin voir plusieurs milliers d’heures de travail se concrétiser.

De l’autre, ça ne m’apporte pas de bonheur particulier, voire même un sentiment d’avoir eu de la chance et de ne pas le mériter.

Je réalise aussi que je n’ai ni les capacités, ni la rigueur, ni l’envie, de devenir l’un des meilleurs du monde au poker.

Le jeu qui m’a tant occupé l’esprit devient fade et répétitif à mes yeux.

Je décide de prendre ma “retraite” et de profiter de mes relations et de ma nouvelle vie sociale d’étudiant d’école de commerce…

23 ans - Maintenant : Après un voyage en sacs-à-dos en Amérique du Sud en 2014, nous décidons, avec Armand et Henri, des amis du collège et du lycée, de créer une marque de mode responsable à impact en soutenant l’éducation d'enfants défavorisés : Perus.

Je reviendrai sur les détails de cette aventure.

Je suis convaincu que toutes ces étapes de vie ont été déterminantes dans mon apprentissage et mon cheminement d’entrepreneur.

Et vous, quelles sont les activités singulières ou les étapes qui ont eu le plus d’impact sur votre chemin ?

Vos réponses m’intéressent énormément, si le commentaire est trop public, vous pouvez me répondre directement en inbox, je répondrai à tous les messages.

Merci d'avoir lu jusqu'ici,

Hasta pronto,

Nicolas

Nicolas NLegend Langlois



10 Comments


Recommended Comments

il y a 42 minutes, deedeepha a écrit :

First :)

Bravo pour ce parcours inspirant.

Tu ne joues vraiment plus du tout?

Hello @deedeepha, merci 🙏

J'ai repris en 2019 lors de la réouverture des cercles parisiens.

Lors du confinement, je me suis remis à beaucoup jouer en ligne en MTTs.

J'ai eu la chance de gagner 40k€ le premier mois alors que j'étais bien rouillé 😅 

J'ai continué à jouer pendant 12 mois après le confinement environ 1 à 2 fois par semaine.

J'ai bien progressé mais j'ai aussi bien badrun. Quand j'ai repris Perus seul en octobre 2021 j'ai décidé de focus et de laisser de côté le poker.

J'y reviendrai sans doute ponctuellement !

A+

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Edited by NLegend

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Le 10/12/2023 à 18:46, LE GÉNIE FRANÇAIS a écrit :

Pendant cette période, je jouais principalement de la NL1000 à la NL2000

xD

Une phrase un peu plus juste aurait en effet été "pendant les 2 dernières années de cette période" idd

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Incroyable j'ai start a peu près pareil avec l'envie de faire des sous sur prizee avec plrs comptes j'avais même eu ma 1ere console avec haha et myfarm

La suite est moins glorieuse donc gros vgg pour le parcours

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Salut NLegend, tu as un beau parcours, je suis à chaque fois surpris et impressionné par les joueurs qui gagnent beaucoup aux tables et quittent le poker aussi facilement, j’imagine que l’argent n’est pas ton seul moteur, pourtant ca reste l’essence de tout joueur (hors cas spéciaux reconnaissance etc)

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il y a une heure, Pakito a écrit :

Salut NLegend, tu as un beau parcours, je suis à chaque fois surpris et impressionné par les joueurs qui gagnent beaucoup aux tables et quittent le poker aussi facilement, j’imagine que l’argent n’est pas ton seul moteur, pourtant ca reste l’essence de tout joueur (hors cas spéciaux reconnaissance etc)

Hello Pakito, merci pour ton message. C'est une très bonne remarque car cette question du moteur principal m'a beaucoup intéressée.

J'ai la chance d'être relativement à l'abri financièrement. Je ne suis pas propriétaire de mon logement, je ne possède quasiment rien à part mon entreprise, mon ordi et des fringues mais je pourrais vivre plusieurs années sans gagner d'argent à mon rythme de vie actuel. Pour autant je ne me prive de rien, j'adore les bonnes choses de la vie.

Mes deux moteurs principaux sont l'impact positif et la reconnaissance. L'argent vient en second plan, il est simplement un prérequis sécuritaire ou un moyen de développer des projets.

J'ai réalisé cela assez jeune, grâce au poker.

Le poker est un jeu passionnant, mais son univers est limité avec des situations assez répétitives. Au départ, la recherche de l'argent comme moteur principal est très excitante. Cependant, des questionnements sur la quête de sens surviennent souvent une fois que la sécurité financière est assurée. Beaucoup de joueurs ressentent une forme de lassitude après quelques années, malgré leurs succès.

Au plaisir d'en discuter,

 

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Le 12/20/2023 à 19:07, Pakito a écrit :

Salut NLegend, tu as un beau parcours, je suis à chaque fois surpris et impressionné par les joueurs qui gagnent beaucoup aux tables et quittent le poker aussi facilement, j’imagine que l’argent n’est pas ton seul moteur, pourtant ca reste l’essence de tout joueur (hors cas spéciaux reconnaissance etc)

Il vient de la haute, c'est pour ca. 
(semi-troll)

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