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Grinders vs Livetards: Round I – CR FPS

LeGwen

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Grinders* et livetards** ont peu d’occasions de s’affronter. Normal, le grinder vit avec un PC quand le livetard espère toujours une croupière. Toutefois, certains événements mettent en opposition autour d’un ring de poker ces deux types de joueurs, représentatifs de deux visions du jeu et bien souvent deux générations. Ayant manqué la bataille de Deauville, je m’étais promis de participer aux suivantes et, comme toujours avec notre jeu de fortune préféré, je n’ai pas été déçu.

Nous voilà donc à la finale des FPS à Hausmann pour le premier round où, par habitude, j’arrive un peu en avance histoire de prendre la température et demander des autographes. Ça me réussi bien, tout le monde me prend pour le voiturier (3 fois en 3 jours de tournoi).

La partie n’a pas commencé que j’aime déjà ma table, mes attentes sont comblées, grinders et livetard sont présents. Je connais même déjà un joueur : Pasqualini. C’est toujours une sensation étrange d’être à la table d’un joueur populaire. On le connait sans n’avoir aucune idée de son jeu. Quant-à lui il sait qu’on le connait sans savoir si cela va influencer notre jeu contre lui. Au final, je préfère ne pas connaître les joueurs, ça m’évite de me poser ce genre de question philosophique. L’avantage c’est que je suis sûr de son parti : c’est un livetard, je vais donc pouvoir commencer mon rôle d’observateur.

Let’s get ready to rumble!

Le match commence à peine que Pasqualini cible déjà un grinder russe. Online, les joueurs traquent les loose passifs. Les livetards, eux n’attendent pas d’information, ils prennent une cible (un joueur à leur droite bien entendu) et ils s’acharnent dessus. C’est vraiment déstabilisant pour le joueur non-averti qui se rend compte souvent trop tard de la combine. Notre joueur corse ne joue pas beaucoup de mains (très bonne image donc), mais dès que le russe relance ou bet, il call ou 3bet systématiquement. Paradoxalement, une dynamique se créait autour des relances du grinder pro tandis que les débutants sont laissés tranquilles. Le grinder n’aura pas eu le temps de comprendre que la table casse, amputé d’une bonne partie de son stack.

Livetard I – Grinders 0

Je me retrouve, jour 2, 28bb, à ouvrir en premier de parole avec le bas de mon range : Ako. Un grinder un peu foufou me 3bet cher: à 9 ou 10bb. Alors que je suis en train de réfléchir quel va être mon acting avant de mettre allin, le livetard en bigblind s’agite dans tous les sens. «Je ne peux pas jeter ça … C’est horrible… Je n’ai pas vu une main depuis une heure… Ok, je paye!» Pour moi, sa main ne fait aucun doute, il a des valets, des dames, AK et de rare fois AQ. J’insta shove dans cette situation idyllique. Le 3better me paye très vite… aye… Il semble vraiment fort là… Le livetard jette sans hésitation et montre sa paire de dames. Le relanceur retourne AJo! Wow! A ce moment là, j’espère juste que le floor n’interprète pas ça comme de la collusion high level.

Le board arrive KQxxx : le livetard se lève et raconte le coup aux autres tables : «j’y crois pas, c’est n’importe quoi! Pour une fois que je gagnais un flip… je ne l’ai pas joué! Non, mais sérieux, ça c’est les joueurs d’internet, ils veulent jamais voir de flop ! Ils pensent que AK c’est deux jokers!». A vrai dire, si le relanceur n’avait pas payé, il aurait fold aussi, les livetards ont quelques leaks lorsque le stack effectifs est de 30bb. De manière générale, faire des héro fold ne les dérangent pas mais il faut qu’ils y perdent un peu d’argent.

Livetard I – Grinders I

Les grinders n’aiment pas faire de petits buyins live, ils préfèrent les gros events puisque bon, jouer un pseudo ou une personne c’est théoriquement la même chose. Cela semble leur réussir de manière générale sauf quand Alexia Portal est à leur table. Une femme qui ne joue pas que les nuts c’est déstabilisant. En bon gentleman, les grinders s’adaptent bien pendant les premiers tours : ils jettent la gagne au moindre bet et payent 3 barrels avec le jeu perdant. Un grinder du CP trouve d’ailleurs un bon spot. 4way, le board arrive :Ac:Kh:Qc. Il effectue un bet 2/3 pot et Alexia pousse allin. Vu le stack effectif, je me dis que double pair doit être le bottom de son range mais notre ami grinder réfléchit à voix haute «il n’y a que deux mains qui me battent, je paye tu dois avoir :Kc:Jc ou :Kc:Tc». Il avance les jetons et retourne sans surprise KQ pour double pair… Avec le :Kc! Nice read! Malheureusement pour lui, sa donation échouera puisqu’un K river le sauvera du AQ de son opposante. Personnellement je n’ai jamais vu un livetard missread sa main, mais les grinders ont souvent du mal avec les decks bicolores.

Livetard II – Grinders I

Nous jouons depuis de longues heures quand nous nous approchons de la bulle. Live, le nombre d’heures jouées est un élément de prise de décision non négligeable. En effet, les grinders raillent les livetards serrures qui se laissent mourir (en ne jouant pas une main) sans voir qu’en réalité ils ont un edge sur eux. Le livetard vit dans les cercles, sait ce que les mots «card dead» et «patience» signifient. En d’autres termes il ne craque pas, contrairement au grinder pour qui les journées semblent interminables. J’aurais ainsi pu voir dans le même level un pro nl400 s’envoyer en l’air avec 30bb et AJs (UTG vs UTG+2), un pro mtt 3bet shove Q7o pour 20bb snapcall par un autre joueur online avec A8s. Peut être était-ce pour montrer qu’ils ne jouaient pas l’itm; je veux bien le croire, avec ces plays ils ne peuvent pas rentrer dans l’argent. Les grinders jouent 100 fois plus de mains par mois que le livetard et pourtant le premier qui craque et spew son tournoi c’est trop souvent le joueur online.

Livetard III – Grinders I

Victoire des livetards sur ce premier round donc, où l’avantage technique des grinders n’a pas suffit à combler leur manque d’expérience de jeu live.

Pour ma part, je serais éliminé quelques minutes après être rentré dans l’argent, content d’avoir pu assister à ce premier spectacle; après tout je ne suis que le voiturier. :la-classe:

Grindeur* : joueur jouant essentiellement online avec un volume de jeu important

Livetards** : joueur jouant essentiellement en live, en cercle ou casino pour qui le jeu online n’est pas « vraiment du poker ». Souvent utilisé de manière péjorative, l’appellation livetard est trop souvent associée à mauvais joueur. Pour ma part je l’utilise uniquement pour décrire les joueurs pro de jeu live, j’utilise le terme de « débutant » ou « joueurs récréatifs » pour cataloguer les joueurs faibles techniquement, qu’ils soient grinders ou livetards.



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