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Ich Bin Ein Dubliner ! - Day 2

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Introl

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Il est 8h30 lorsque le réveil me tire de mon sommeil. J'aurais pu gratter une ou deux heures de plus, mais les horaires de petit dej sont impitoyables : 7h/9h ! Et je tiens absolument à mon Irish Breakfast gratuit... Il faut dire qu'avec ça, mon estomac sera bien calé jusqu'au dinner break du soir : Oeufs, Bacon, Saucisses, Haricots, Tomate grillée, toasts et Scone (sorte de brioche aux raisins, très très nourrissante, traditionnellement dégustée à l'heure du thé).

fieldbreakfast.jpg

Bien rassasié, je m'offre une petite marche de 40 minutes jusqu'au Regency Hotel où se déroule le tournoi, ce qui me fait un bien fou !

J'y retrouve tous les qualifiés CP, ainsi que les éliminés qui ont fait le déplacement pour encourager les autres... Voilà l'esprit qui aura animé toute la colonie CPiste durant ce week-end, et qui nous aura permis de tenir le coup à force de soutien, conseils et réconfort.

Les places ont été retirées, d'une manière pour le moins original : par ordre alphabétique de nos prénoms ! Je commencerai ainsi à la table 30 en compagnie de quatre autres David...

gallery_5004_22_14480.jpg

Avec tout juste dix blindes, mon plan est pour le moins simple : ne pas hésiter à m'engager à fond dès qu'une grosse main se présentera. Je ne vise pas la survie pour entrer coûte que coûte dans l'argent, quitte à sacrifier toute chance d'aller plus loin ensuite. L'objectif est de monter un gros stack ou mourir, et je compte bien sur la tightitude des autres à la table pour accumuler les chips.

Après deux orbites où je constaterai qu'effectivement, la table est très craintive, je suis en SB et découvre :Ad:Qd. UTG+1, l'énorme chip-leader a relancé à 20k (blindes 2500/5000). Il martyrise la table depuis le début, relançant deux coups sur trois, et s'est déjà couché à deux reprises face à une sur-relance. Je n'hésite pas un instant et pousse all-in. Pas de bol, cette fois il me call sans aucune hésitation avec :Js:Jc

Pour la première fois, je joue mon tournoi sur un coin flip. Heureusement je ne souffrirai pas longtemps, un as salvateur apparaissant au flop.

Ce coup me propulse à 120k, au moment où nous arrivons à la bulle. Il reste 136 joueurs et nous attaquons une période de "Main par main" durant lequel le temps paraît à la fois très long (il faut attendre que toutes les tables aient fini leur coup pour attaquer le suivant) et trop rapide (car pendant ce temps là, l'horloge tourne !). A chaque fois qu'un tapis est payé, une foule se masse autour de la table pour espérer assister à la mort du malheureux bubble boy.

Après plus d'une vingtaine de minutes de ce fascinant spectacle, la récompense est là : un joueur est éliminé, sous les applaudissements nourris des 135 survivants, assurés de repartir au minimum avec 300¤, le double du buy-in.

Ce n'est qu'alors que je réalise pour la première fois le chemin parcouru... Il y avait 1300 joueurs au départ, et réussir à se hisser dans les dix derniers % n'est pas la moindre des performances.

J'aperçois quelques collègues CP ayant réussi à éviter les balles : Gégé, Manu, Styroben, Timus, Benoux...

Un autre tournoi débute alors, et il convient de jouer très prudemment, en attendant les opportunités. Effectivement, les petits tapis, qui luttaient jusque là pour survivre, n'hésitent plus à envoyer valser leur maigre stack afin de doubler, doubler et encore doubler. Les éliminations se succèdent à un rythme effréné, de gros tapis commencent à se construire, et nous nous retrouvons bientôt à 60 joueurs.

Je change de table et rapidement une néerlandaise, excellente joueuse et dotée d'un énorme stack, vient s'asseoir à ma droite. Sur notre premier combat de blindes, elle m'agresse, ce à quoi je riposte en allant voir le flop avec ma poubelle, :Qh:6c.

Celui-ci est ma foi bien sympathique : :Qd:6d:7c

Elle check, je mise 2/3 du pot, et elle me sur-relance au triple.

J'espère vraiment qu'elle a AQ ou une overpaire, et pousse mon tapis après un peu de cinéma.

Elle hésitera longtemps avant de passer, me disant qu'elle avait un 6 huh.gif

gallery_5_22_17931.jpg

Notre table casse, et survient un coup qui rentrera dans ma petite légende personnelle. Car je ne l'ai pas très bien joué mais en ai été récompensé, et parce qu'il sera à l'origine du plus beau come-back de cet IPO 2008.

Voici le contexte : J'ai environ 130.000 chips devant moi, et suis card dead depuis l'éclatement de la bulle, une heure et demi auparavant. Je réussis à me maintenir au gré de quelques vols, mais avec des blindes à 6000/12.000 et une moyenne à 220.000, il va bientôt être temps de bouger. Je suis à une nouvelle table depuis une heure, sur laquelle se trouvent Nicolas "BushDoctor" à la tête de près d'un million de jetons, Maxence en mode survivor, et un français arborant un polo orange "Orléans Poker" (Elie) qui vient d'arriver. Je suis au bouton, tout le monde passe et je découre :Ac:9c. Pas d'hésitation à avoir dans ma position, je raise à 30.000. La SB passe, et Elie, en BB, me dévisage quelques instants de derrière ses lunettes réfléchissantes avant de pousser son tapis, qui couvre le mien de tout juste 21.000.

Il y a désormais une décision à prendre, et elle n'est pas facile car elle engage le reste de mes jetons. Dans 3 minutes, les blindes vont passer à 8000/15.000, et il me restera 100k si je passe, soit moins de 7 grosses blindes.

J'ai ces 100k à mettre dans un pot de 300, soit une côte de deux contre un. Mon intuition me hurle qu'Elie tente sur ce coup un resteal ce qui représente plus d'un tiers de son tapis. J'abaisse raisonnablement la probabilité à 40%, et envisage les autres hypothèses de sa HR. Avec quoi peut-il envoyer ainsi son tapis ?

- Air, en resteal : 40%

- Une petite paire : 25%

- AK, AQ, AJ, AT : 25%

- AA, KK, QQ, JJ, TT : 10%

En mixant tous ces scénarios, j'arrive à une equity comprise entre 40 et 50%, ce qui me donne largement la côte pour payer. Mais comme je joue mon tournoi sur ce coup, il s'agit de savoir exactement quels sont mes objectifs. J'ai déjà gagné à ce moment là 500¤, et très clairement le mode survie pour grapiller quelques dizaines d'euros supplémentaires et finir par sortir 40ème ne m'intéresse pas. Ce coup peut me permettre de remonter bien au dessus de la moyenne et viser sereinement les 2/3 dernières tables. Alors je paye.

Il révèle :Qh:Qd et paraît bien soulagé de voir ma main (que je le comprends !)

Le flop vient : :Tc:8d:4s

Turn : :Ad

River : :Jc

Si je ne peux m'empêcher de lâcher un "OUIII" soulagé à l'apparition de l'as, je ne suis pas très fier au moment d'empiler les jetons devant moi. Elie est pour sa part très, très énervé, et me lancera quelques piques acérées durant les minutes suivantes. Je comprends tout à fait son courroux, et laisse passer l'orage avant de lui exposer, en dehors de la table, mon raisonnement. Il finit par reconnaître que celui-ci se tenait, même si de son côté jamais il n'aurait joué tout son tournoi dans cette situation.

Mais l'histoire est belle. Alors qu'il ne lui restait que 15k, soit une grosse blinde, au moment des 7 dernières tables, il terminera 3ème de cet IPO, pour 22.000¤ de gains !

Deux heures ont passées, nous ne sommes plus que 3 tables, à présent.

Rien de particulier à se mettre sous la dent. A coups de vols, resteals et d'un joli squeeze avec :9h:Th, mon tapis a grimpé à 500k, aux blindes 15k/30k

Un coup intéressant m'oppose à Nicolas, alors à la tête de plus d'un million de chips :

UTG+2, il relance à 90k. J'ouvre :As:Ks au bouton, et re-raise à 210k. Il call et vient le flop :

:9s:4c:4s

Il check, et j'envoie mon tapis, pour un peu moins de 300k.

Nico abandonne le coup et me montre :Ah:Jd

Je ne veux pas qu'il ait de regrets, aussi je lui montre ma main.

Au niveau suivant (18k/35k), un français au cutoff envoie son tapis dans un pot non ouvert, pour 380k. J'ai :Tc:Th, et au vu de son move et son attitude pas très sereine, l'imagine sur une petite paire ou un vol avec un as faible / moyen, qui n'a surtout pas envie d'être payé. Je call assez vite, content de ma lecture lorsqu'il retourne :Ad:4d. Pas de drame et je culmine alors à un million !

Hélas j'en recracherai la moitié, en 3 coups, à mon voisin de gauche, un français de Montrargis nommé Cyril (futur finaliste). Premier acte : j'ai :Qc:Qd au bouton, et les deux blindes étant shorts avec respectivement 80k et 250k, j'envoie le tapis.

Cyril insta-call avec :Kd:Kh

3 coups plus tard, je découvre :Js:Jd et relance à 100k. Cyril va à tapis pour environ 180k, et retourne :Qc:Qh

Enfin, toujours lors de la même orbite et certainement un peu agacé des deux coups précédents, je tente un vol au bouton avec :As:4s, mais Cyril, toujours lui, me renvoie son tapis que je suis obligé de payer commited. Pas de surprise, son :Ah:Js tient bon, et je retombe à 550k...

Je me maintiens tant bien que mal en demi-finale, et finit par faire éclater la bulle de la table finale, aux blindes 25k/50k, en payant le tapis d'un joueur belge (180k) avec :Kh:Jh. C'est un coin-flip face à sa paire de :Ts:Tc, et un :Jd au turn, synonyme de table finale, me procure ma plus belle décharge d'adrénaline du tournoi...

gallery_5_22_90316.jpg

Edit, quelques années plus tard : Le Elie en question a aussi un nom de famille : Payan...

On peut dire qu'il y avait du beau monde dans ce tournoi

:)

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