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Trip Express in Vegas

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Introl

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Vancouver , samedi 1er aout, 7h30.

Je viens de déposer ma femme à son travail. Une bien longue journée de boulot l’attend en fait, puisqu’elle s’en va pour deux semaines en road-trip professionnel dans le Yukon, pour y vendre des enfants. Ca c’est un métier qu’il est bien, et hautement gratifiant. Du porte à porte chez les gens pour représenter des associations humanitaires et tenter de décrocher des contrats de parrainage pour des enfants du tiers-monde. Bien loin des classiques vendeurs d’encyclopédies ou d’aspirateurs…

Me voilà donc seul pour deux semaines. Je reprends le volant, mais pas pour rentrer à l’appart. Direction l’aéroport. L’avant-veille, sur un coup de tête, j’ai réservé mon propre trip à moi, à Las Vegas. Départ samedi midi, retour mardi matin. Aller-retour sur Delta Airlines via Salt Lake City et une escale de 3h, et 3 nuits à l’Imperial Palace. Ok ce n’est pas le top hôtel, et le trajet va durer 7h au lieu des 2h30 d’un vol direct, mais pour 320¤ le tout sur Expedia, le rapport prix/emplacement/temps que je vais passer en chambre est imbattable ! Mon programme n’est pas encore arrêté, si ce n’est le deepstack de 19h, dimanche au Caesar’s Palace.

Aéroport de Vancouver, planté quelque part au bord du pacifique et cerné de montagnes. La vue du sol est déjà grandiose, je n’ose imaginer ce que cela donne quand on y atterrit. J’irai jusqu’à vendre ma s½ur pour une place côté fenêtre lors du vol retour !

Fairmont.jpg

Welcome to the USA ! La grande banderole barre sur 25 mètres de large la salle de contrôle. Je n’ai pas encore décollé, suis toujours en Colombie Britannique, mais déjà pourtant en territoire américain. J’espère que les formalités d’arrivée à Salt Lake en seront simplifiées…

« Passeport please », pas un bonjour. « Where are you going ? Las Vegas ? hmmpf”. Le cerbère faisant office de douanier n’aurait pas eu réaction différente si je lui avais répondu « sur la lune, conn**d ». « Main droite sur le capteur. Pouce droit. Main gauche. Pouce gauche. Regardez l’objectif ». Ca va t’as tout ce qu’il te faut ? Tu veux pas un prélèvement sanguin pendant qu’on y est ? Je garde cette dernière réflexion pour moi, et ai le droit en échange aux coups de tampons sur mon passeport.

12h50, le vol DL8385 décolle à l’heure. L’avion est un petit bombardier CRJ900. 75 places, 50 personnes à tout casser. Des rangées de 2, comme dans un bus, et manque de bol la place d’à côté est occupée. Mais comme il s’agit du sosie de Juliette Lewis ça ira pour cette fois …

Vol sans encombre malgré le bruit assourdissant de l’appareil. Et là merci à mon Bose QC3 sans qui je ne serais rien. Les 2h30 filent vite. Il faut dire qu’avec la version Iphone de Monkey Island c’est beaucoup plus simple de s’occuper en vol (et de se marrer comme une baleine au grand intéressement des personnes autour).

Les 3h de transit à Salt-Lake passeront tout aussi vite, tout comme les dernières 90mn jusqu’à Vegas. Nous survolons le Strip, que je contemple avec émotion, appétit et dévotion. Vision aérienne qui m’émeut au plus haut point. Deux mois plus tard, me voilà déjà de retour à Vegas. Le pilote se fendra au micro d'un "Ladies and Gentlemen, it is exactly gamble minus twenty minutes" qui fera bien marrer tout le monde.

Arrivée vers 20h à l’Imperial Palace, et après un check-in express, je passe à la Poker Room. Les tables sont pleines et il y a une quinzaine de noms en file d’attente pour la 1-2. Samedi soir dans ce qui est sans doute la room la plus fishy du strip, pas moyen que je ne joue pas, même s’il faut attendre 2h. Je m’inscris et file avaler une bonne entrecôte/frites au Bill’s Gambling. Correcte sans plus.

A mon retour à la poker room, il y a encore 8 personnes en attente. Je demande au floor de m’appeler en chambre quand mon siège est dispo, et remonte prendre une petite douche et faire une petite sieste. Peu après 23h, le téléphone sonne. « Seat open sir ».

Je me cave à 200. La table est très loose-passive, et à coup de 3bet, CB et 2nd berrel, je monte tranquillement à 350, sans jamais avoir à montrer mes cartes. Arrive à la table un texan (il l’a dit en s’asseyant « Hi I’m Eric, from Austin. I’m not laic but I am probably the second best american player at this table ». Ou un truc du genre). Il est cavé à 100 et limpe UTG sa première main, imité comme toujours par toute la table. Au bouton j’ouvre AA et relance fort, à 25. Là Eric me jette un coup d’½il qui se veut discret et furtif, du genre « je te tiens mon gars ». Il semble excité comme un mormon le jour de sa première communion, et sa main me semble évidente. Pourtant là ou le bouseux du Minesotta aurait juste callé, le fier Texan va me min-3bet à 48. Après tout il n’a peut-être pas menti sur son niveau l’animal. Ca fold jusqu’à moi, et même si l’acting n’est pas nécessaire à ce point, je prends 3 secondes, une bonne respiration, et push. Insta call évidemment chez monsieur. Le board amène successivement 742T8, avec trois c½urs. Je retourne mes flèches, et il reste muet quelques secondes, le regard vide. Puis retourne lentement un 6 de c½ur, suivi d’un as. De c½ur évidemment. Nice slowroll sir !

Un peu en tilt, je paye la main suivante blind au cutoff une relance à 8. A la BB Eric 3Bet à 22. Un joueur en MP suit. Je regarde mes cartes et décide de caller avec ma poubelle.

Le flop s’ouvre sur :6s:3s:5s Eric check, et MP pousse son tapis pour environ $70. J’insta-call en jetant les jetons au milieu accompagné d’un « yeah yeah, whatever » du plus bel effet. Eric call également.

Turn :Ts. Eric, dans un numéro digne de l’Oscar de la « meilleure performance dans un second rôle à une table de poker » semble hésiter. Il me regarde, me demande combien je joue. Je lui réponds environ $150, et il me lance alors « so I put you all-in ». J’attends bien deux minutes avant de prendre ma décision. Je ne dis rien, je le regarde avec des yeux bovins.

Il finit par demander « time » et je lui réponds après encore quelques secondes « OK I call ». Il bondit de son siège et retourne son :As:Jd en hurlant « Max ! ». Le joueur en MP retourne sa PP5, et lui répond « not yet, 1 more card to come ». Je ne dis rien, je ne fais rien, je continue à regarder mon nouveau meilleur ami.

La river amène une brique et Eric lâche un « Yes » retentissant. Il tend les mains vers la croupière lui signifiant en substance « amène tout chez papa ». Mais Carole n’est pas née de la dernière pluie. Elle devait déjà officier à l’époque où Bugsy Siegel a fait bâtir le Flamingo, juste à côté, et sent que quelque chose va se passer. Elle me regarde : « Sir ? »

Je retourne alors mon jeu. Très, très lentement. D’abord le :4s. Gros rire chez un des joueurs de la table, accompagné d’un « oh yeah baby » d’un autre.

Puis le :7s. Les yeux rivés sur Eric, je murmure à son intention : « Max ».

Comme si ça ne suffisait pas, le floor vient m’apporter le jackpot High Hand récompensant les carrés et straigh flush. $292 de plus. Eric rajuste son stetson, se lève et s’en va avec ce qu’il affiche comme son reste de dignité. J’envoie 6 jetons rouges à la croupière. « Nice read miss ». Les reflexions fusent à la tale : "What an asshole" ; "Yeah he deserved it" ; "agree, but I wish him to reload"...

L’heure suivante sera soporifique, je prendrai une multitude de pots limpés avec une relance en position, personne n’ayant apparemment envie de jouer mon gros stack. Je me lève finalement vers une heure du matin avec très exactement $900.

Bilan de cette première session : +$700 et une belle histoire à raconter. En voilà un trip qui commence bien !

Demain le deepstack du Caesar’ m’attend, mais pour l’heure une grosse nuit de sommeil me fera du bien, cela fait une vingtaine d’heures que je n’ai pas dormi et la fatigue commence à se faire sentir…

A suivre…

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6 Comments


Recommended Comments

yo dav, je suis toujours a vegas ce soir et je repars demain. Je vais faire le 200$ du wynn avec ma cops. si ca te dit. le debut est a 20h et on peu register jusqu a 21h

yu

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