vendredi 26 juin 2015 à 8:00
EXCLU

Pionnier du reportage poker en France, Benjo a grandement contribué au développement du Club Poker puis de Winamax. C'est à Marrakech, en marge du Sismix, qu'il a accepté de répondre à de nombreuses questions sur son métier, la stratégie de Winamax ou encore la situation du poker en France.

Benjo et sa bande
Benjo entouré de deux de ses plus fidèles compères (crédit photo : Caroline Darcourt)

 

Salut Benjo et merci d'avoir accepté de bloquer deux heures dans ton agenda de ministre. Ce Sixmix, quel premier bilan tu es tires ? Il y a eu pas mal de petites nouveautés très sympas par rapport à l'édition 2014. Je pense en particulier au "social club" et à la "food court" qui rencontrent un franc succès.

 

Le premier Sismix s'était monté très rapidement. Nous n'avions pas eu beaucoup de temps à consacrer à chacun des détails du festival. L'idée avait été lancée en l'air, le partenariat avec le casino s'était fait très vite puisque nous avions déjà une relation de confiance avec le Cercle Clichy-Montmartre, et le projet s'était mis en route très simplement. Mais le timing était vraiment très serré. D'ailleurs l'événement n'avait été annoncé qu'en février, avec trois petits mois d'avance. L'affiche avait donc elle aussi été constituée très vite... Au final, le festival avait très bien fonctionné, mais des pistes d'amélioration existaient clairement.

 

Cette année, nous avons bénéficié de beaucoup plus de temps pour préparer l'événement car dès la fin de la première édition, il était acquis qu'il y en aurait une seconde.

 

Vous avez donc été en mesure de fignoler tous les petits détails du festival.

 

Exactement. En ce qui concerne par exemple la nourriture, puisque tu évoquais la food court, il faut avoir conscience que manger était bien plus compliqué l'an dernier. Il y avait le restaurant bien sûr, mais nous voulions une plateforme plus facile et rapide d'accès que le schéma traditionnel : serveur, prise de commande... etc. Nous nous sommes donc inspirés de ce qui se fait ailleurs, et en l'occurrence de la Poker Kitchen de Las Vegas. Là-bas, une pause de 20 minutes suffit à se restaurer tout en bénéficiant d'un large choix. C'est ce que nous avons essayé de reproduire ici.

 

En ce qui concerne le tournoi lui-même, nous avons comme tu le sais ajouté un jour 1. Tout le monde ou presque en est très content : le casino prélève plus de rake, les joueurs éliminés peuvent retenter leur chance, les autres disposent de davantage de temps pour participer aux soirées et aux activités... Et puis ce format convient aussi aux gens qui sont salariés et dont le rythme ne permet pas de prendre des journées de congé à l'infini. Ils se contentent d'arriver le vendredi et ne posent donc qu'une seule journée, voire deux avec le lundi si d'aventure tout se passe bien pour eux.

 

Tout cela nous amène à la problématique des re-entries.

 

Personnellement, je ne suis pas très fan. En tant que joueur — même si je ne joue plus beaucoup — ce n'est pas quelque chose qui me botte vraiment. Si je devais participer au tournoi, je n'utiliserais pas cette option et ce n'est pas quelque chose que j'intègrerais à mon budget. Dans ces conditions, me retrouver à la table d'un gros reg qui peut gamble un tirage et revenir par la suite, ça ne me ferait pas spécialement plaisir. Et en tant que couvreur, je ne suis pas fan non plus car tu te retrouves avec des jours 1 dont tu ne ressens pas vraiment l'enjeu.

 

Pourtant chez Winamax, le re-entry fait partie intégrante de votre stratégie aussi bien en live qu'online.

 

C'est vrai. C'est en quelque sorte une brèche aspirante : quand tu te lances dans le format re-entry, il est très difficile de revenir dessus par la suite. Cette année par exemple, nous avons 872 inscriptions qui incluent il me semble 285 re-entries. Nous avons donc grosso modo 600 joueurs uniques, ce qui représente un très beau chiffre. Imaginons maintenant qu'on revienne en arrière sur le terrain des re-entries. Ca nous obligerait de facto à assumer un net recul de l'affluence. Il est même possible que quelques-uns de nos 600 joueurs décident de ne pas venir à cause de ce changement de politique.

 

Pour rester sur ce sujet, il y a un tournoi événement qui se déroule de l'autre côté de l'Atlantique : le Colossus. J'imagine que tu as vu leurs propres chiffres : 14 284 joueurs uniques dont 40 % qui participaient pour la première fois à un tournoi des World Series of Poker. Impressionné par cette proportion ?

 

Bien sûr. De notre côté nous avons également découvert beaucoup de nouveaux visages, mais dans l'ensemble il faut bien reconnaître que ce type d'événement permet surtout de retrouver la grande communauté des joueurs de tournois de Winamax : les anciens comme Sylleo ou Chawips, les nouveaux comme Nickhautine ou Y.Strahovski...

 

Il y a aussi tous les WIP, les VIP de Winamax. Ils sont plus nombreux que l'an dernier, non ?

 

En effet, nous en avons invité un peu plus ici à Marrakech. Ce ne sont d'ailleurs pas forcément les mêmes que d'habitude. Moundir est un fidèle, mais il y a aussi Camel Meriem qui n'avait jamais pris part à l'un de nos événements live, Bernard Mendy qui à ma connaissance est dans le même cas, le réalisateur Éric Lavaine...

 

Parmi tous ces WIP, Moundir a un rôle un peu particulier. Pour l'avoir vu en action lors du Winamax Club Trophy, je dois reconnaître avoir été impressionné par son activité.

 

C'est quelqu'un de très motivé, de passionné, de sincère... C'est très facile d'organiser ce type d'opération avec lui car il n'y va pas à reculons. Il aime beaucoup ça. Pour être franc, au vu de son historique et des phrases qu'il avait pu prononcer par le passé, ce n'était pas forcément quelqu'un avec qui on s'imaginait travailler longtemps. Mais il a beaucoup évolué depuis, et dans le bon sens ! Il n'est plus du tout la même personne qu'on a pu connaître un peu énervé à la télé ou sur les réseaux sociaux.

 

C'est aussi quelqu'un qui prend le poker très au sérieux, qui travaille pour s'améliorer, qui a conscience de tous les aspects stratégiques du jeu... C'est donc effectivement un WIP particulier et avec lequel nous sommes très heureux de travailler.

 

C'est en quelque sorte le WIP n° 1.

 

Peut-être qu'on peut dire ça, oui. C'est celui qui porte la flamme avec le plus de passion.

 

Parlons un peu de la programmation musicale. Elle me semble plus éclectique cette année. Peut-on encore parler de festival électro ?

 

Ca reste majoritairement un festival électro. L'année dernière, compte tenu des délais très courts, toute la programmation musicale avait été confiée à Brice, le directeur artistique du Theatro. Il avait fait un super boulot en faisant venir des artistes qui ont un certain poids, comme par exemple Quentin Mosimann qui depuis la Star Ac a brillamment tracé sa route et est très demandé. Brice n'est cependant plus là cette année. Il s'est lancé dans un projet personnel à Casablanca et ne travaille plus au Theatro. Nous avons donc décidé de nous impliquer davantage dans la programmation aux côtés du Theatro et de la nouvelle équipe en place. Il s'agit bien d'une coproduction, avec tous les compromis que cela implique, mais nous sommes très heureux du programme final.

 

Nous souhaitions effectivement une programmation un peu plus diversifiée et moins "electro house" façon David Guetta. C'est quelque chose que nous aimons beaucoup et que nous avons gardé avec Arno Cost, Matthieu Bouthier ou les résidents du Theatro, mais auquel nous avons greffé d'autres styles. En ayant Kool Shen dans l'équipe, il nous a par exemple semblé naturel d'ouvrir la porte au hip-hop. Low Cut est donc aussi de la partie. C'est un ami, un super DJ et il collabore tous les ans avec nous pour l'habillage musical du Winamax Poker Tour à La Villette. Ensuite nous avons aussi eu l'opportunité de faire venir Claude Challe, qui est un peu le papa de la world music et a popularisé des styles plus posés, plus lounge.

 

C'est un peu votre Cerrone de cette année.

 

Oui, nous avions eu Cerrone l'an dernier et Claude présente le même type de profil. En plus il habite à Marrakech. Il ne se considère pas comme un DJ au sens propre, car il a beaucoup d'humilité vis-à-vis des vrais DJ à plein temps, mais c'est une activité qu'il continue d'exercer avec plaisir. Et puis il a pas mal évolué dans ce milieu là, avec quelques compils qui ont rencontré un joli succès. C'est en plus quelqu'un qui a des goûts très variés.

 

Dans le staff, on a aussi des gens qui aiment beaucoup l'"electro swing". On a donc fait appel à Typoboy qui fait partie des gars qui bougent beaucoup à Paris. C'est de l'électro avec des rythmes à l'ancienne, par exemple de la musique des années 20 avec des beats par dessus. Ca donne quelque chose de très festif.

 

Vous avez aussi contacté de gros noms qui n'ont pas donné suite ?

 

C'est quelque chose de normal pour un projet de ce type. On lance pas mal de noms en l'air, certaines pistes sont activées, d'autres non, certaines aboutissent, d'autres ne mènent nulle part.

 

Personnellement, je suis très heureux que Para One soit là dimanche soir. C'était mon idée et j'en suis très fier. C'est un mec idéal pour un crossover : il a travaillé avec TTC à la grande époque, dans ses albums solo il y a beaucoup d'électronique, il a signé des musiques de film qui ont été primées... Son parcours est très éclectique. J'ai hâte d'assister à sa prestation qui refermera le festival dimanche soir (NDLR : bad beat, l'artiste a finalement annulé sa participation le lendemain de l'entretien).

 

On sent presque plus de passion dans ton discours quand tu parles musique que quand tu parles poker. D'ailleurs ton activité auprès de Winamax s'est beaucoup diversifiée ces dernières années : la radio, la musique... et tu écris un peu moins.

 

Tout d'abord, l'équipe s'est agrandie récemment. Mon travail consiste donc avant tout à encadrer et orienter l'équipe. J'écris encore mais un peu moins. Ca dépend de plein de choses : la période, les sujets...

 

Parle-nous un peu de Flegmatic et Florence justement, les deux nouvelles recrues de l'équipe rédactionnelle.

 

Sylvain, alias Flegmatic, n'avait jamais travaillé dans le poker auparavant mais nous avons remarqué sa plume et elle nous a beaucoup plu. Il a notamment écrit pas mal de trucs sur les jeux vidéo et le sport. On s'est dit que le poker et ses codes, il les apprendrait facilement. Nous ne nous sommes pas sentis obligés d'embaucher quelqu'un qui était déjà totalement dans le milieu du poker. On a préféré parier sur un futur talent. Son adaptation se passe d'ailleurs très bien.

 

Quant à Florence, elle était plus intégrée au milieu et connaissait déjà pas mal de joueurs car elle réalisait déjà des reportages sur le circuit depuis un an. Elle a été choisie pour sa surmotivation sur les tournois, ainsi que sa capacité à travailler vite et bien.

 

Il me semble que Winamax a reçu énormément de candidatures dans le cadre de ce recrutement. J'imagine que le choix n'a pas été facile ?

 

Il a été très difficile. Nous avons reçu au total plus de cent candidatures. Inévitablement le processus a fait des déçus, mais il y avait une réelle volonté de notre part de faire appel à de nouveaux visages. Si nous avions dû puiser dans le vivier plus expérimenté du poker, nous n'aurions pas procédé de la même façon. Quand nous avons recruté Harper ou Kinshu par exemple, ça s'est fait en quelques jours seulement et sans lancer un appel à candidatures de cette envergure.

 

Là, nous avons voulu faire sortir de nouvelles plumes. Les candidats étaient d'ailleurs issus d'horizons très variés, à tel point que certaines lettres de candidature ne contenaient même pas les mots poker ou Winamax. Il y avait aussi des cas de figure inverses de personnes qui n'y connaissaient manifestement rien mais qui s'efforçaient de masquer leurs lacunes avec des recherches Google. Ca donnait des phrases du genre "Mes qualités vont vous bluffer" ou "Je suis prêt à partir à tapis pour intégrer votre entreprise".

 

C'est amusant, mais j'imagine que c'est aussi un témoignage de l'attractivité de l'entreprise. Et au final votre choix s'est donc porté sur ces deux jeunes pousses que tu as emmenées dans tes bagages au Maroc.

 

Cette nouvelle équipe s'est montée en avril, donc je me voyais mal laisser l'un de ses membres sur le carreau. Nous n'avons pas tant d'événéments Winamax que ça tout au long de l'année. Il m'a semblé important de marquer le coup en emmenant tout le monde. Me voilà donc au Sismix avec kinshu, qui représente les vieux de la vieille, Caroline qui habite au Maroc et qui prend de superbes photos, et enfin ces deux petits nouveaux. Je me retrouve donc à Marrakech avec une super équipe et au final je n'ai pas besoin d'écrire beaucoup moi-même. Je garde la conclusion pour moi, et puis je les supervise, je les conseille...

 

L'écriture ne te manque pas plus que ça ? Tu sais que tu manques aux fidèles lecteurs de ton blog. Sans même parler du blog des couvreurs qui n'a pas perduré.

 

Ces trucs là, ça prend tellement de temps. C'est fou... On se marrait bien à le faire ce blog. Ca fait partie des choses que tu lances dans une période de grosse motivation, et puis qui s'éteint petit à petit à cause des fluctuations dans ton état d'esprit et dans celui de tes collègues. Le groupe des couvreurs a évolué au fil du temps, et puis tout le monde n'est pas présent sur les mêmes événements...

 

Ce sont des choses qu'on aimerait pouvoir pérenniser, mais la vie reprend souvent le dessus. C'est la même chose pour mon blog. Il faut bien avoir conscience que ce sont des projets qui viennent s'ajouter à ta journée de travail. Quant tu es surmotivé, tu t'impliques dedans et acceptes de bosser de midi à 2h du matin. Mais un jour, tu commences à reporter ça au lendemain. Et au bout d'un moment, tu n'as tout simplement plus envie.

 

Pas de retour à l'horizon pour ton blog, donc ?

 

(Il marque un long silence) J'aimerais pouvoir te dire que ça va revenir. Je ne sais pas. C'est quelque chose de très difficile. Je n'avais pas non plus toujours l'impression de raconter des choses très intéressantes. Parfois, il m'arrive de relire des vieux billets. Ca me permet de me revoir un peu il y a cinq ou six ans. Eh bien je peux te dire qu'il n'est pas rare que je trouve les articles mauvais, narcissiques, inutiles...

 

C'est un sentiment assez courant, non ? Le style d'écriture évolue avec le temps, le regard sur la vie également. Personne ne réécrirait le même article de la même façon à cinq ans d'intervalle.

 

Une chose importante aussi dans mon cas, c'est que l'arrêt du blog est intervenu dans des circonstances particulières. J'avais quitté Vegas sur un coup de tête en plein coverage. J'avais tenu douze jours sur un rythme effréné, mais chaque soir je travaillais une heure de plus et quand je finissais par sortir il faisait déjà jour. Et puis le lendemain je me forçais à revenir tôt pour ne rien rater de la reprise des tournois. Rien ne m'y obligeait en soi. C'était plus une obligation morale, éthique. Il se passait toujours quelque chose qui valait le coup d'être raconté : une anecdote intéressante, une table finale de Tristan Clémençon... C'était trop, ça m'avait submergé. La seule solution que j'avais trouvée, c'était de couper net.

 

À l'époque, les gens me disaient souvent : "Arrête une semaine, pars dans le désert ou dans un parc, et à ton retour tu seras en pleine forme". Mais c'était impossible pour moi. Je n'arrivais plus à entrer dans la salle, il y avait trop de trucs à faire... Couvrir les WSOP seul, tout en ayant la volonté de faire du bon travail, c'est se garantir d'y penser en permanence, de devoir se lever très tôt...

 

Du coup, quel est ton regard sur l'aventure de Steven qui se lance dans un vrai marathon ?

 

J'ai un peu peur pour lui. Je lui en parlerai. Il va falloir qu'il s'organise très bien et qu'il se mette dans un bon état d'esprit. Je n'aimerais pas être à sa place car sa démarche lui impose une pression supplémentaire, notamment avec des gens qui vont peut-être se montrer plus exigeants. Quand quelqu'un me fait des reproches sur la qualité ou le contenu de mon coverage, j'ai une réponse toute faite : "Ce n'est pas toi qui me paie et je ne dois rendre des comptes qu'à mon patron". Mais dans le cas présent, Steven s'est mis dans une position où son patron, c'est justement le lecteur. Alors j'espère que ses généreux donateurs feront preuve d'indulgence et ne s'attendront pas à plus que ce qui est humainement possible.

 

D'autant que quand tu es seul, tout devient tout de suite plus difficile. Personnellement, ma mésaventure remonte à 2011. L'année précédente, j'avais Harper à mes côtés. On se répartissait le travail, on s'accordait des pauses, ça allait beaucoup mieux. Mais pas de chance cette année là : Harper se blesse sur un terrain de foot ! Du coup je me retrouve seul alors que j'y allais déjà un peu à reculons et que des éléments de ma vie perso — sur lesquels je ne me suis jamais vraiment étendu — n'étaient pas forcément au beau fixe.

 

Bref, tout ça pour dire que c'est à cette époque que j'ai abandonné mon blog. J'y racontais ma vie en essayant d'être le plus honnête possible, quitte à parfois paraître un peu râleur ou déprimé. C'est quelque chose que je n'avais tout simplement plus envie de faire. Je ne voulais plus parler de moi.

 

Comme tu le disais tout à l'heure, tu es aujourd'hui beaucoup plus entouré puisque c'est une véritable armada de couvreurs qui est présente ici à Marrakech. Ca vous permet aussi depuis quelque temps d'animer un vrai fil d'actu, beaucoup plus dense que chez la plupart des autres opérateurs.

 

Nous avions complètement délaissé les news généralistes, mais c'est un contenu vers lequel nous revenons petit à petit. L'idée n'est pas de produire un contenu concurrent de Club Poker ou d'autres plateformes. Même si nous en avions l'intention, nous ne pourrions pas le faire pour une simple question de crédibilité puisque toutes les news que nous publions sont étiquetées Winamax. Nous essayons donc de produire un contenu de qualité, tout en donnant notre point de vue en tant qu'opérateur.

 

C'est quelque chose que vous faites pour le poker, mais aussi pour les paris sportifs avec une ligne éditoriale volontairement très décalée. J'imagine que tu t'investis moins dans ce domaine ?

 

C'est quelque chose que je suis en tant que spectateur. Il m'arrive de temps en temps de formuler quelques remarques, mais rien de plus.

 

C'est une partie rédactionnelle qui repose avant tout sur les réseaux sociaux. Notre équipe doit produire des tweets régulièrement et, si possible, créer des petits buzz autour de phrases percutantes ou de photoshops amusants. Nous avons donc ici plutôt fait appel à des "snipers de la vanne" qui sont très talentueux. On a aussi dans notre équipe Maxime Mianat qui lui, pour le coup, est un vrai écrivain avec plusieurs livres sur le sport à son actif. Il a par exemple publié Micmac Football Club, un livre décrivant de manière romancée le parcours d'un faux joueur du Paris-Saint-Germain. Le cadre fictionnel de son récit lui offrait pas mal de libertés intéressantes.

 

D'ailleurs, j'ai toujours pensé que pour produire un bon documentaire sur le poker, la meilleure façon de procéder serait d'en faire une fiction. Ca permettrait de tourner plein de scènes qui n'auraient pas leur place dans un vrai documentaire. Tu ne verras par exemple jamais un docu poker ouvrir les portes d'un strip club, ou dépeindre les addictions de certaines personnes sans avoir recours à un témoignage au passé.

 

Mais pour en revenir à notre travail rédactionnel sur les paris sportifs, un article est publié chaque jour sur la page d'accueil. C'est quelque chose qui est réglé comme du papier à musique et qui permet de donner des conseils sur les cotes, de réaliser des tops 5 rigolos (comme récemment le top 5 des pires finalistes de Roland Garros), de proposer des faux quiz... Ca a tout de suite très bien fonctionné car le sujet du sport offre des possibilités plus variées. Le compte paris sportifs compte d'ailleurs déjà plus de followers que le compte poker.

 

Plus globalement, les paris sportifs prennent aujourd'hui de plus en plus d'importance pour Winamax. Ce développement était-il envisagé dès l'ouverture du marché en 2010 ?

 

La philosophie des dirigeants de Winamax, quel que soit le sujet, est de ne se lancer que lorsqu'ils sont parfaitement prêts et qu'ils ont étudié tous les tenants et aboutissants de leurs décisions. L'arrivée des paris sportifs a donc pris du temps. Je ne pense toutefois pas me tromper en disant que pendant toutes ces années, entre 2010 et 2014, ils avaients deux pistes de réflexion en tête : soit lancer une offre de paris sportifs en France, soit se développer à l'international.

 

C'est quelque chose qui n'est plus d'actualité ?

 

Ca pourra le redevenir un jour, mais en l'état le contexte législatif n'est pas franchement propice. Aux États-Unis d'abord, tout avance très lentement. Nous avions fait un pas dans cette direction mais nous avons depuis fait machine arrière. C'est une perspective trop lointaine et qui, en plus, semble moins intéressante que prévu. Il y a de gros opérateurs qui se lancent dans le Nevada et le New Jersey et qui finalement n'obtiennent pas de bons résultats. La fragmentation du marché, qui en plus ne s'appuie pour l'instant que sur des petits États, réduit les marges de manœuvre. Aujourd'hui ils attendent tous la Californie avec impatience.

 

Après, nous sommes aussi tributaires d'événements et de rebondissements sur lesquels nous n'avons aucune prise. Quand le Black Friday intervient et que PokerStars est contraint de fermer ses portes aux États-Unis, tu peux être tenté de te dire qu'une brèche s'est ouverte. Après tout, les autres concurrents en place te feraient beaucoup moins d'ombre. Ce ne sont pas de si grosses entreprises et nous disposons quand même d'un certain savoir-faire s'agissant de poker. Alors tu réfléchis à la question, tu travailles dessus en pointillés, et puis finalement PokerStars conclut un deal en signant un gros chèque et tu es amené à revoir ta copie.

 

Dans ce contexte, on s'est finalement lancé dans les paris sportifs en France, avec l'ambition et les moyens adéquats : campagne de pub, recrutement de traders extrêmement compétents, développement du rédactionnel... Le tout a fonctionné rapidement. Je n'ai pas les chiffres exacts en tête, mais nous avons vite conquis une part de marché très satisfaisante. Nous sommes encore loin de dégager des revenus supérieurs à ceux du poker avec les paris sportifs, mais cette part progresse tout de même de façon régulière.

 

Il y a donc eu le développement des paris sportifs, et puis s'agissant du poker il y a eu l'arrivée de l'Expresso qui n'a pas forcément fait l'unanimité. D'ailleurs l'annonce des jackpots à 500 000 euros par guignol a récolté des dizaines de -1 sur le forum.

 

J'étais en vacances, je n'ai rien vu ! Il a vraiment pris -22 ?

 

Les Expresso représentent une manière fun de jouer. Moi-même, en tant que joueur, il m'arrive d'ouvrir quelques tables chez notre principal concurrent. Je trouve que c'est une super idée.

 

Quand vous apprenez que PokerStars lance ses Spin and Go, vous faites un peu la gueule, non ?

 

La première réaction c'est : "Ils ne se font pas chier quand même". Mais la seconde, "Notre idée était vraiment bonne", reprend vite le dessus.

 

Est-ce que ça fait partie de ces innovations qui cachent une divergence d'intérêts entre celui de l'opérateur lui-même à court terme et celui du poker à plus long terme ?

 

Les joueurs ont suivi. Si les joueurs avaient trouvé ça mauvais, ça se serait planté et on n'en aurait plus entendu parler. Mais les joueurs ont adoré ! Et ceux qui mettent le beau jeu sur un piédestal ont encore la possibilité de laisser ces tables de côté et de continuer leur petit bonhomme de chemin.

 

Il y a quand même une problématique de cannibalisation du reste de l'offre.

 

C'est vrai, mais les joueurs qui ont opéré la transition depuis leur format habituel vers celui-ci, on est en droit de penser qu'ils n'attendaient que ça. Ca leur permet de jouer un peu, sans se creuser trop la tête et avec en plus la possibilité de toucher un jackpot. C'est quelque chose qu'au fond de nous on aime bien. Moi par exemple, en sortant du travail, il m'arrive d'aller faire des Rapido alors que ce sont pourtant des trucs horribles.

 

Quand je vois des critiques comme "C'est une énorme loterie" ou "Vous cassez le poker", j'ai d'abord envie de répondre que nous n'avons pas inventé le concept de loterie et...

 

Dans ce cas il y a une question qui me turlupine : comment l'ARJEL peut-elle laisser passer ce format alors qu'elle se montre très pinailleuse sur d'autres sujets ?

 

Je n'ai aucun contact avec l'ARJEL donc je ne peux pas te donner une réponse. La dernière fois que j'ai croisé un président de l'ARJEL, c'était Jean-François Vilotte début 2012. À l'époque nous l'avions reçu sur le plateau du Multiplex. Je t'encourage donc à poser la question à Charles Coppolani directement quand tu en auras l'occasion. Ce que je peux te dire en revanche, c'est que nous sommes parfaitement réglos sur le plan des restrictions et des mécanismes d'auto-interdiction.

 

En attendant, on aura appris que toi le grand amateur de beau jeu, tu jouais des Spin and Go sur PokerStars et des Rapido après le boulot.

 

Ce sont deux formes diamétralement opposées de poker, mais j'adore les deux. Quand je jouais beaucoup – ça remonte un peu – je lançais des deepstacks jusqu'au bout de la nuit sur PokerStars. Je finissais mes sessions à cinq heures du mat '. Je lançais des parties de Stud en Limit, des Double Shootout...

 

Ca ne te manque pas trop les variantes ?

 

Modérément car je n'ai jamais été très doué et car, au fond, j'adore le No Limit Hold'em et le Pot Limit Omaha. En revanche quand je vais à Vegas, après une longue partie de cash game, je suis bien du style à poser les 100 $ que j'ai dans la poche sur une table de blackjack. Tu joues dix coin flips à la suite et c'est fun. C'est ça le problème du poker aujourd'hui : si tu penses beau jeu, il faut passer des heures à la table, se casser la tête et peut-être tout perdre sur une petite connerie.

 

C'est surtout vrai pour les tournois, un peu moins pour le cash game. Ca m'amène d'ailleurs à une transition un peu tirée par les cheveux pour évoquer la chute du marché français et la mauvaise période que Winamax et ses concurrents traversent. C'est simple : les chiffres de fréquentation n'ont jamais été aussi bas.

 

Je pense que les gens ont toujours autant envie de jouer au poker, mais plus forcément d'y consacrer autant de temps dans leur vie. C'est aussi pour ça que l'Expresso fonctionne bien. Et c'est une évolution qui se ressent aussi au niveau de tout ce qui entoure le jeu lui-même, comme par exemple les retransmissions de tournois.

 

Personnellement, par exemple, je m'intéresse toujours à l'actualité poker et je la suis, mais je ne suis plus consommateur d'un long streaming de dix heures. Et puis comme j'essaie d'avoir des centres d'intérêt variés, le poker ne tient plus forcément une place aussi importante que par le passé.

 

Toi aussi tu ressens donc que ta passion a évolué. Est-ce que parfois tu en as marre de travailler dans ce milieu ?

 

Bien sûr, j'en ai régulièrement marre. Quand tu passes autant de temps à voyager, suivre des tournois, croiser toujours les mêmes personnes au point de finir par connaître le milieu parfaitement, les côtés négatifs ont tendance à ressortir, à se voir comme le nez au milieu de la figure et même à éclipser les aspects positifs.

 

Dans mon cas, les côtés négatifs ce sont la solitude de la chambre d'hôtel, tous les petits tracas liés au transit dans les aéroports, les problèmes auxquels tu es confronté quand tu rencontres certaines personnes, comme l'addiction par exemple. Parfois je me sens un peu mal vis-à-vis de ça, un peu comme si j'avais le sentiment d'être un "dealer d'addiction". Tout le monde n'a pas la même capacité de contrôle et il n'est pas rare de voir des gens se détruire dans ce milieu.

 

Prenons Junkyboy par exemple. C'est quelqu'un que je ne connais pas et que je n'ai jamais cotoyé. Mais le personnage qu'il est, je le connais. Il est représentatif de ce que peut produire ce milieu chez certaines personnes. Après je dois dire aussi, pour l'avoir vu en boîte de nuit lors du dernier EPT Deauville, que personne ne le prenait à partie. Bien au contraire.

 

Tu veux dire qu'il y a parfois un fossé entre la vindicte populaire telle qu'elle apparaît sur la Toile, par exemple sur Club Poker, et la réalité du traitement réservé aux protagonistes dans la vie réelle ?

 

C'est aussi ce que j'aime avec la communauté, avec Club Poker... La communauté n'a pas d'intérêt. Elle est sans filtre. Elle est sévère mais juste. Quand il faut applaudir, elle applaudit. Quand il faut taper sur les doigts, elle le fait aussi.

 

Tu prends le cas de ce topic en particulier. Tu vas lire des tas d'avis de gens qui se fichent totalement de ce que l'on va penser de leur discours. C'est évidemment quelque chose qui est un peu plus difficile pour nous et d'une manière générale pour les gens qui écrivent en leur nom, et qui ont une réputation à défendre. Dans ce registre, tu as d'ailleurs un garçon comme Manub qui excelle et qui est un modèle de mesure. Mais en tout cas, tous ces gens qui ne se connaissent pas et qui parlent d'une seule voix quand il y a un problème, je trouve qu'il y a quelque chose de pur là-dedans. Les membres du CP ont l'oreille musicale et quand ils entendent une fausse note, ils ne la ratent pas.

 

Maintenant, pour en revenir à ta question initiale, je dois dire qu'en treize ans de poker, j'ai rencontré beaucoup plus de gens incompétents que de gens malhonnêtes. Le vice, les gens foncièrement mauvais, je n'en ai pas vraiment rencontré. J'ai davantage été confronté à une forme de faiblesse humaine très banale. Des gens peureux, étourdis, excessifs et qui au final ont du mal à être carrés. Mais des gens foncièrement malhonnêtes, pas vraiment.

 

Malheureusement, même si ces profils restent très minoritaires dans le milieu, ce sont eux qui gardent l'empreinte la plus importante dans l'esprit du grand public. Il suffit de quelques faits divers isolés pour que l'image du poker subisse des effets désastreux. Ces affaires là, personne ne les oublie.

 

Ceux qui aimeraient le plus les oublier, ça reste les principaux protagonistes. M. Pasqualini, par exemple, aimerait bien que tout le monde ait oublié quand il réapparaît sur le circuit. Le retentissement de cette affaire il y a deux ans l'a probablement beaucoup affecté. Mais ce que j'ai envie de lui dire aujourd'hui, c'est que tout ce qui manque dans sa voie vers la rédemption, ce sont des excuses. Qu'il nous explique. Explique-nous ce qui s'est passé, vieux.

 

Car je pense que nous sommes au final une communauté assez tolérante et progressiste. Nous sommes tous des êtres humains. J'ai peut-être un côté bisounours, mais quelqu'un qui fait amende honorable et qui laisse passer suffisamment de temps après les faits, je ne vois pas de problème à son retour. Il sera de toute façon plus surveillé que la moyenne et ne pourra plus recommencer.

 

À l'époque, tu as souligné dans tes articles les problèmes de consanguinité du milieu du poker. C'est un constat qui vaut dans un certain nombre d'affaires, quand les amis des amis se soutiennent tous les uns les autres, mais qui s'applique aussi à d'autres situations. L'industrie du poker est aujourd'hui si concentrée que tout le monde ou presque se connait. Au fil des années, tu t'es d'ailleurs toi-même entouré d'amis chez Winamax.

 

Dans le cas présent, le terme de consaguinité n'implique pas immédiatement quelque chose de négatif. Ca part d'une bonne chose : la communauté qui existe dans notre milieu, avec des gens sympas qui se croisent régulièrement et apprennent à s'apprécier. D'une certaine manière, nous avons de la chance : le poker est une industrie dans laquelle les gens se bouffent beaucoup moins entre eux que dans d'autres milieux. Notre attachée de presse, par exemple, a eu l'occasion de travailler dans d'autres univers, artistiques notamment. Quand on en parle entre nous, elle me décrit vraiment des milieux de requins. Des gens se font dévorer vifs. Dans le poker, pas tant que ça. Ca rejoint un peu ce que je disais tout à l'heure. Comme il y a beaucoup plus d'amateurisme ou d'incompétence que de malhonnêteté pure, les gens se pardonnent.

 

Reprenons l'exemple de l'affaire du Partouche Poker Tour. Elle a mis plusieurs années à sortir, mais pas parce qu'il y avait des gens qui se mobilisaient pour l'étouffer. Il n'y avait pas de complot. Personnellement, je n'étais pas présent lors de cette finale. Il m'est souvent arrivé de me demander : "Si j'avais été présent sur les lieux, est-ce que je me serais rendu compte d'une anomalie ?". Eh bien probablement pas. Et encore une fois ça aurait relevé d'un problème d'incompétence et non d'une volonté délibérée de couvrir des mauvaises actions.

 

Mais à l'arrivée, ce sont bien souvent les médias généralistes qui "sortent" les affaires. Rarement les médias spécialisés.

 

Du coup, les gens de l'extérieur peuvent facilement suspecter une espèce de connivence. Mais encore une fois, c'est beaucoup plus simple que ça. Les gens s'apprécient et baissent leur garde. Ca dépasse d'ailleurs largement le seul cadre interne. Personnellement, par exemple, j'ai de nombreux amis chez PokerStars avec lesquels je sors ou vais assister à des festivals.

 

Après, il y a encore d'autres situations. Le cas Tekintamgac par exemple. Avec lui, je n'ai rien vu ni rien suspecté, mais tout simplement parce que ce type d'action est tellement à mille lieues de ma propre éthique et de mon propre fonctionnement que quand ça se produit, je peux pas imaginer une seule seconde qu'un joueur est de connivence avec un reporter qui lui donne des indications. Au moment des faits, je me concentre sur mon propre boulot. Je ne m'amuse pas à surveiller le voisin. Et puis par la suite, quand tu découvres les images, tu es choqué comme tout le monde. Et tu sombres quasiment dans la paranoïa en te mettant à prêter attention à tous les détails...

 

Mais pour en revenir au propos initial sur la consanguinité, oui le poker est un tout petit milieu. En ce qui me concerne, je ne suis pas trop "pote" avec les joueurs en général. Et quand des liens finissent par se tisser avec un joueur en particulier, c'est le plus souvent en dehors du circuit et dans un contexte tout à fait différent. À Paris par exemple, il m'arrive régulièrement de passer voir Chawips et d'aller boire un verre avec lui. Il ne nous viendrait jamais à l'idée de parler de poker.

 

Après, ça peut effectivement avoir de mauvais côtés. S'agissant de l'affaire du PPT, les protagonistes ont été défendus par leurs amis. Mais prenons par exemple le cas d'Alain Roy, qui est immédiatement monté au créneau. Je n'imagine pas un seul instant qu'il soit au courant de méfaits et tente de les couvrir. C'est juste que lui-même est choqué, qu'il apprécie beaucoup la personne, qu'il a passé du temps avec lui et qu'il ne peut pas une seule seconde imaginer que les accusations soient fondées. Ajoute à cela les regards différents que peuvent avoir la génération live et les cliqueurs de bouton sur certains comportements, et tu obtiens une incompréhension totale de part et d'autre.

 

Revenons à la question initiale : celle du traitement médiatique du poker dans les médias généralistes, avec une place souvent très importante consacrée aux affaires et aux faits divers.

 

C'est pareil pour tous les sujets : on ne parle pas des trains qui arrivent à l'heure. Quand parle-t-on de musique techno dans les médias généralistes ? Quand un spectateur fait une overdose pendant un festival, histoire de se laisser aller à des amalgames entre techno et drogue. Et puis le lendemain, on publie une interview dithyrambique de Paul McCartney qui passe au Stade de France en oubliant qu'il a pris du LSD pendant une bonne partie de sa carrière.

 

C'est dans les détails qu'on trouve la vérité, mais les médias aiment les histoires simples à présenter et simples à comprendre. Ils parlent donc de poker dans des cas rares et précis : soit (souvent) quand un fait divers attire leur attention ; soit (parfois) quand un attaché de presse fait très bien son boulot, comme par exemple quand Antoine Saout a atteint la table finale du Main Event.

 

Il y a quelqu'un justement qui a un certain talent pour la communication, c'est Alexandre Dreyfus. Ca s'est d'ailleurs bien vu à l'occasion des Global Poker Masters, événement auquel Winamax et toi-même étiez du reste indirectement associés.

 

J'imagine qu'Alex m'a sollicité pour les commentaires parce qu'il savait que j'allais produire un travail correct, ce qui me flatte un peu, mais aussi et surtout parce qu'il était conscient que je devais de toute façon aller à Malte pour couvrir l'EPT. Comme l'opération était financièrement sur un équilibre précaire, avec pas mal de choses a minima, ça faisait sens. D'ailleurs, l'équipe de La Maison du Bluff a elle aussi participé activement au tournage dans la mesure où elle était présente sur place. Ce sont avant tout des questions de coûts qui ont motivé ces choix.

 

Et puis évidemment, Patrick Bruel était lui aussi de la partie. C'était comme une évidence de l'appeler. Ca a provoqué un certain retentissement dans les médias, il y a eu ce faux-débat un peu bancal dans Stade 2...

 

Alexandre Dreyfus fait également partie de ceux qui ont investi le nouveau terrain de jeu offert par Twitch en y mettant les moyens. Quel est ton regard sur cette plateforme et sur les possibilités qu'elle offre ?

 

Je n'ai pas d'avis plus intéressant que la moyenne sur ce sujet. Je constate juste que c'est quelque chose qui cartonne.

 

Du coup le choix de Winamax de s'orienter davantage vers Dailymotion Games a de quoi surprendre.

 

En réalité nous faisons les deux, nous sommes sur les deux plateformes.

 

Dailymotion, c'est très simple. Je ne vais pas dire que ce sont des amis, mais ils sont très proches de nous dans le sens où ce sont des petits Français qui essaient de se battre contre des géants. Youtube c'est Google, tu ne seras jamais pote avec Google. En revanche tu peux être pote avec Dailymotion et développer des trucs avec eux. Tu décroches ton téléphone, tu les appelles et c'est aussi simple que ça. Youtube, au contraire, est une espèce d'immense monolithe sans visage dans la Silicon Valley.

 

La proximité qu'on a avec Dailymotion rend les choses beaucoup plus faciles. Ils mettent en avant notre travail, nous mettons nos vidéos comme Dans la tête d'un pro chez eux... C'est un truc français, qui a été créé ici et qui marche plutôt pas mal. C'était un choix évident, même si pas mal de gens comprennent mal qu'on ne mette pas nos vidéos sur Youtube. Mais c'est comme ça. Winamax est une boîte 100 % française, paie ses impôts en France et aime travailler avec des gens qui sont dans la même logique : des gens en mode start-up qui essaient d'exister, des petits poissons dans de gigantesques océans.

 

Ton discours renvoie à une espèce de parallèle entre les rapports Winamax / PokerStars, à la petite nuance près que Winamax devance toujours PokerStars en France. Est-ce que c'est encore important aujourd'hui ce statut de leader ?

 

Bien sûr que c'est important. C'est à la fois une source de motivation et de fierté, pour l'entreprise comme pour ses employés. Parvenir à proposer des idées originales qui finissent par être copiées, c'est également une fierté.

 

Mais est-ce qu'aujourd'hui il vaut mieux être leader avec 800 joueurs de moyenne sur Pokerscout ou au contraire second du marché avec une moyenne de 1 200 ou 1 400 joueurs comme il y a peu encore ?

 

Ouh la la, bonne question...

 

C'est en tout cas une question qui fait sens au regard des perspectives d'évolution législatives concernant le partage des liquidités, dont Winamax ne serait sans doute pas le principal bénéficiaire.

 

Et pourtant une ouverture des liquidités resterait tout de même une excellente nouvelle ! À titre personnel, si demain on peut réunir sur nos tables des joueurs issus de toute l'Europe mais que cela profite davantage à PokerStars, eh bien je serai quand même très content de cette évolution. Les gens qui vivent en Europe et n'ont pas encore eu la chance de connaître Winamax, je suis convaincu qu'on a quelque chose de sympa à leur offrir. Nous sommes certes déjà relativement connus en Europe, mais certaines restrictions nous privent encore de marchés entiers. Faire tomber ces barrières, ce serait génial.

 

Autre sujet : le poker live et la disparition d'un certain nombre d'événements comme l'EPT Deauville. L'offre de tournois commence à être clairsemée au-delà d'un buy-in de 500 euros comme le Winamax Poker Tour, le Sismix ou le WPO. Est-ce que Winamax pourrait envisager de se positionner sur un niveau de buy-in un peu plus élevé à moyen terme ?

 

C'est difficile. Qualifier des gens pour un tournoi à 500 euros, c'est déjà une mission qui demande beaucoup de liquidité et d'efforts. Pour le Sismix par exemple, les résultats sont là : nous avons du monde et nous allons avoir de beaux chiffres sur lesquels communiquer. Mais si tu jettes un œil à notre offre de satellites, tu constates qu'il y a régulièrement de l'overlay et que certains ne démarrent tout simplement pas car il n'y a pas assez de joueurs présents au lancement du tournoi.

 

Tout cela a donc un coût non négligeable. Nous avons dépensé de l'argent pour organiser des satellites avec des packages. Nous en avons aussi dépensé pour l'artistique, pour obtenir des tarifs intéressants au niveau des hôtels... Alors quand je vois de beaux tournois qui disparaissent, mon premier réflexe n'est pas de dire : il y en a marre de la France, des impôts, de la réglementation... Il faut d'abord comprendre que de tels événements représentents des coûts importants pour les opérateurs. La logique de PokerStars aujourd'hui, c'est d'obtenir leur rentabilité grâce au cash game. Ils choisissent donc des destinations où ils n'ont pas les mains liées. Ce n'est pas le cas à Deauville, où l'offre de cash game appartient au casino Barrière. À Malte au contraire, tu as une espèce de paradis fiscal où PokerStars est déjà bien installé sur le plan opérationnel, et surtout où le cash game est géré en direct avec des rentrées d'argent sans intermédiaires. Ils n'ont donc là-bas aucun problème de rentabilité et peuvent se permettre de développer des idées et de redistribuer une partie du magot aux joueurs sous différentes formes.

 

Prenons un autre exemple, celui du Partouche Poker Tour. Ca n'a jamais été rentable. Il y a eu le problème de la garantie et le coup de gueule des joueurs, mais j'ai toujours eu conscience que les joueurs seraient justement les premiers à regretter la fin de ce tournoi. Les stars étaient accueillies comme des rois, le système de satellites tournait du feu de dieu, il y avait des centaines d'amateurs... C'était le rêve pour tout le monde ce tournoi ! Alors aujourd'hui on peut dire ce qu'on veut de Patrick Partouche, mais certainement pas lui reprocher une forme d'avarice. L'organisation du PPT lui a coûté de l'argent de la première à la dernière année. Et j'imagine que le constat valait sans doute aussi un peu à Deauville.

 

À Deauville, justement, il y a aussi eu en début d'année une polémique autour du traitement réservé aux croupiers. Je sais que tu es très sensible à cette question. Est-ce également le cas de Winamax sur ses événements ?

 

S'agissant d'abord du Sismix, il y a quelque chose qui plait beaucoup aux croupiers : ce sont les tables de 6-max, avec leur corollaire qui est la réduction de la rotation du corps. Il faut savoir qu'ils ont tous des problèmes de dos. Ils ont un syndrome équivalent au "tennis elbow", des tendinites... L'angle resserré de la table de 6-max est une bénédiction pour eux.

 

Après, il reste des problèmes : la rémunération peu élevée, les différentes contraintes qui leur sont imposées... Ils n'ont pas le droit de se mélanger aux joueurs, ni d'aller au Theatro en fin de journée pour décompresser... Là, nous sommes en train d'essayer de leur donner exceptionnellement la possibilité d'aller assister à la finale de Ligue des Champions pendant la pause dîner. Mais tu as bien dû t'en rendre compte toi-même : le reste de la semaine, tu n'en vois aucun nulle part. Ils ont le droit de passer le matin pour aller à la salle, quand il n'y a encore personne, et de faire le chemin inverse le soir. Ils ont juste le droit d'être dans leur salle de pause, à l'exception des fumeurs qui disposent d'un emplacement très précis et duquel ils ne doivent pas s'éloigner.

 

Ca reste mieux que les écuries, non ?

 

Quelle histoire... Et ce pauvre Jean-Marie Carel qui hérite en quelque sorte du costume d'Edward Snowden de la cause des croupiers. Il tire l'alerte, les faits lui donnent raison, ses collègues sont relogés, mais lui perd son emploi.

 

D'une façon générale, les croupiers sont un peu les dindons de la farce. C'est quelque chose qui rejoint ce que je disais tout à l'heure : organiser un tournoi de poker coûte horriblement cher. Avant de gueuler sur tout ce qui ne va pas, il faut donc toujours garder ce paramètre en tête. Dans notre cas, c'est un coût marketing que nous sommes en mesure d'encaisser. Ce que nous dépensons sur un événement live de ce type, c'est ce que nous allons tenter de récupérer en gardant un maximum de tables actives en ligne.

 

Pour d'autres comme Partouche, c'est un pari qui n'a pas fonctionné sur la longueur. Ils ont fini par abandonner le poker en ligne et la majeure partie de l'offre poker live. Et dans le cas de l'EPT, quitter Deauville se fait forcément à contre-cœur pour PokerStars France, mais la décision ne leur appartenait pas. Aujourd'hui, l'EPT pourrait très bien être renommé Paradis Fiscal Poker Tour : Malte, les Bahamas... Même Londres disparaît du circuit, tout comme Berlin auparavant qui était une destination magnifique. Alors tout mettre sur le dos de la fiscalité et de la réglementation en France, ce n'est sans doute pas approprié.

 

Après les croupiers, j'aimerais que l'on referme cet entretien sur une profession que tu connais mieux : celle de couvreur. On a abordé très brièvement le sujet de la cagnotte de Steven tout à l'heure, mais j'aimerais qu'on y revienne. Son initiative a des aspects très intéressants, comme celui de soulever une mobilisation communautaire. Mais il y a aussi quelque chose d'inquiétant à voir de moins en moins de couvreurs à Las Vegas et, in fine, à voir un reporter contraint d'en appeler aux lecteurs eux-mêmes pour faire son métier. Es-tu pessimiste pour ta corporation ?

 

Ca rejoint un peu ce que je te disais tout à l'heure : les gens ont toujours envie d'avoir des news poker, mais ils en consomment moins qu'à une époque. On le ressent aussi sur les coverages. Il y a moins d'entrain. Parfois on écrit des trucs vraiment cools, on fait de bonnes vannes... et on obtient rien en retour. Aucune réaction, aucun commentaire. On en vient à se demander : "Est-ce que ça ferait une différence si nous n'étions pas là ?". En 2008, je me souviens que je faisais des coverages complètement merdiques par rapport à ce qu'on propose aujourd'hui, et pourtant il y avait des dizaines de gens qui réagissaient et demandaient des news.

 

D'une certaine manière, c'est un indicateur tout aussi fiable que les chiffres de l'ARJEL.

 

Bien sûr. Tu continueras toujours de retrouver un engouement lors de la fin des tournois, mais plus forcément lors des premiers jours de compétition. Les gens veulent encore savoir qui a gagné, mais ils ne sont plus aussi nombreux à souhaiter savoir comment il a gagné. Pour retrouver un véritable engouement, il faut un Main Event des World Series, ou des anecdotes vraiment fortes... ou alors des scandales.

 

Mais pour en revenir à la cagnotte de Steven, c'est une initiative que j'aime bien. Il n'était plus allé dans le Nevada depuis 2011. Personne n'a voulu lui donner un budget. Il s'est dit qu'il le demanderait directement aux lecteurs. J'aime la motivation, même si personnellement je n'aurais sans doute jamais eu les couilles de faire ça.

 

C'est amusant que tu dises ça, car tu as toi-même été impliqué dans un projet comparable même si les circonstances étaient un peu différentes.

 

Les gens se sont mobilisés à ma place. J'étais à Las Vegas pour rédiger un article pour Live Poker et pour donner un coup de main à PokerRoom (un site suédois) en leur fournissant un résumé quotidien. Financièrement ça ne suffisait pas à gagner de l'argent, mais j'étais content d'être sur place.

 

Et puis ce qui s'est passé, c'est que mes deux missions ne suffisaient pas à occuper mes journées. Du coup je me suis dit que j'allais publier des infos sur Club Poker. Au bout de quatre jours de coverage, c'est WebMaster qui a proposé aux gens de me transmettre de l'argent sur mon compte PokerStars. J'ai reçu 800 dollars que j'ai réinvestis deux semaines plus tard pour couvrir le WPT Paris. À l'époque, je n'habitais pas la capitale et ce reportage nécessitait donc un budget.

 

Aujourd'hui, est-ce que tu es nostalgique de cette époque ?

 

Oui car tout paraissait plus simple. Tu couvrais le WPT World Championship au Bellagio et tu n'avais pas le moindre concurrent. Si quelqu'un voulait des news, il devait te lire. Aujourd'hui, tout le monde fait d'une certaine manière son "auto-coverage". Ca a des aspects très intéressants bien sûr. Si tu veux suivre ton beau-frère Jean-Louis, tu t'abonnes à son Twitter et tu es au courant de tout.

 

Et puis les opérateurs se sont aussi progressivement approprié les coverages, en particulier depuis l'ouverture du marché. Winamax, PokerStars, Unibet... Tout le monde a sa propre équipe de couvreurs et les médias spécialisés sont un peu moins présents sur ce terrain.

 

Il faut voir les choses dans leur ensemble. Les acteurs comme Poker52, Live Poker ou Club Poker existent majoritairement grâce à l'argent des publicités. Et l'argent des publicités, il vient d'où ? Essentiellement des rooms. On finance aujourd'hui une bonne partie de l'activité de certains magazines, même si on leur laisse leur liberté et qu'ils écrivent ce qu'ils veulent.

 

Tout cela témoigne tout de même de la stratégie tentaculaire de Winamax qui occupe absolument tous les terrains sur le plan marketing.

 

On soutient l'industrie. Nous sommes l'acteur qui a le pouvoir pour le faire, alors nous le faisons. On y trouve aussi un intérêt. Et si d'autres faisaient la même chose, nous en serions très heureux. Ce n'est pas vraiment le cas et c'est dommage. On se sent parfois un peu seuls.

 

Merci beaucoup Benjo pour ta disponibilité et ton discours sans langue de bois. Et rendez-vous à Las Vegas à partir du 29 juin pour l'arrivée du gros dispositif de Winamax !

Vos commentaires sur cette news dans le forum :
Benjo, l'interview fleuve : Winamax, l'industrie du poker...
Cette news a suscité 23 commentaires, et seuls les 15 derniers sont affichés.

Parfois, il m'arrive de relire des vieux billets. Ca me permet de me revoir un peu il y a cinq ou six ans. Eh bien je peux te dire qu'il n'est pas rare que je trouve les articles mauvais, narcissiques, inutiles...

sauf sauf sauf ... l'article sur la braderie de Lille

un must  :yes:

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Tout simplement une des meilleures interviews poker qui m'ait été donné de lire (ou voir). Félicitations aux deux acteurs pour leur pertinence, précision et recul sur les événements.

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Merci à tous pour vos messages. Je suis content que ça vous plaise.

Benjo est évidemment un très bon client. On avait prévu de discuter 30 minutes pendant un dinner break et, comme l'a dit kinshu, ça a au final duré plus de 2h.

J'espère avoir l'occasion de vous proposer de nouvelles interviews "grand format" dans les prochaines semaines. Sans doute à l'occasion du FPS Lille pour commencer.

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Waow alleluia

Il aura fallu attendre juin 2015 pour enfin voir employés par quelqu'un qui compte dans l'histoire du poker français des mots comme : consanguinité, incompétence ou des phrases d'évidence comme "Je ne dois des comptes qu'à celui qui m'emploie".

Difficile de lui balancer le si facile "Tu n'y comprends rien, ferme-la" hein :rofl:

Que dire du : les expressos ne vous plaisent pas, dommage il se trouve que c'est un énorme succès populaire, ou ce rappel final et subtil sur les subsides distribués.

Trop longtemps on nous a mis en avant, une main sur le cœur, l'autre tenant un kleenex, la "Communauté", en fait une frange microcosmique de celle-ci, pour refuser de regarder la vérité en face.

 

Enfin une vision distanciée où l'on reconnait que le mal du poker est planétaire et que, si la voracité du fisc français est indéniable, il est des causes plus profondes à la plongée atteignant des records abyssaux en cette fin juin.

 

Chapeau Benjo.

L'exercice était d'autant plus difficile qu'étant directement partie prenante, il est tenu à un devoir de réserve et se doit de minimiser l'aspect triche, fraude et autres petits ou gros arrangements en privilégiant le côté amateur des différents acteurs.

Sans parler de ceux avec qui il  bosse au quotidien dans sa propre room.
https://www.clubpoker.net/forum-poker/topic/205890-triche-sur-winamaxautorisée/

 

Reste à savoir l'écho qu'aura cet entretien à lire et relire.

Oui ou non, l'ensemble des acteurs de cette industrie sera-t-il capable de remettre les choses à plat et replacer au centre des débats celui qui n'aurait jamais du en être exclu à ce point --> Le client.

 

Saluer la qualité du contenu est une chose, mettre à profit ce qu'il soulève est un défi à relever.

Et le moins que l'on puisse dire est que le couvercle est fermement maintenu sur la marmite depuis trop longtemps.

A défaut, le poker va continuer de crever gentiment dans une sorte d’asepsie générale où les profiteurs du système gratteront les quelques miettes qui restent encore.

Edited by Fronk13

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Superbe interview et fier de bosser avec toi  :mon-maitre:

 

PS : Attention au Tilt et je ne parle pas de poker

http://benjodimeo.blogspot.fr/2011/06/lost-in-zone.html

J'y passerais ma journée...

https://www.google.com/maps/place/Pinball+Hall+of+Fame/@36.101338,-115.130556,3a,75y,331.77h,78.17t/data=!3m7!1e1!3m5!1sxSIGlbJ8XH2ChYY2vK7-sQ!2e0!3e2!7i13312!8i6656!4m2!3m1!1s0x0:0x1672bbebe597c4c3!6m1!1e1?hl=en

Si tu pouvais nous en ramener un pour le bureau ;)

Edited by Jahmarleycom

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