mardi 4 août 2015 à 14:33
EXCLU

Si 2015 est encore loin d'être terminé, Anthony Zinno restera à n'en pas douter comme l'un des joueurs qui a le plus marqué l'année. Vainqueur coup sur coup des WPT Fallsview et L.A. Poker Classic en février, l'Américain a récidivé cet été en remportant le 25 000 $ Pot Limit Omaha High Roller des World Series Of Poker. Il revient sur cette série de performances impressionnante en compagnie de Gaëlle.

"Je pense que quand un joueur est vraiment bon, son succès n'est qu'une question de temps, d'efforts et de patience."

Anthony Zinno (bandeau)

 

Gaëlle : Comment as-tu commencé le poker ?

Anthony : J'ai commencé vers quinze ans, d'abord en 5-Card Draw. J'ai tout de suite adoré en prenant conscience que c'était un jeu stratégique. J'ai toujours été fan de jeux : sur Nintendo, sur ordinateur, les jeux de rôle... Et puis en 2003 j'ai commencé à voir du poker à la télé. Alors je me suis dit que ça avait l'air pas mal et j'ai ouvert mon tout premier compte sur Ultimate Bet. J'ai commencé en play money, puis j'y ai pris goût et me suis mis à jouer en cash game en argent réel. Très vite j'ai voulu gagner beaucoup d'argent, même si je menais de front mes études.

 

Ton parcours est justement un peu différent de la moyenne car tu t'es mis au poker sur le tard. Tu as d'abord fait de longues études, puis travaillé comme avocat. Quelle était ton ambition à l'origine ?

Je voulais devenir ingénieur-chimiste. J'ai donc suivi des études dans ce domaine, avant de me réorienter vers des études de droit pour devenir expert en brevets.

Je jouais déjà pas mal à cette époque. Notamment des sit'n'go à 100 $, ce qui à l'époque était beaucoup pour moi. Mais je ne réalisais pas encore que jouer au poker pouvait être un vrai métier. C'est ce qui m'a aidé à toujours faire passer mes études en priorité. Sans cela, j'aurais sans doute arrêté mes études, ce qui n'aurait pas forcément été une bonne chose.

Quand je me suis lancé dans les études de droit, je n'ai plus eu de temps pour jouer. Au final j'ai passé le concours du barreau parce que je tiens à aller toujours au bout de ce que j'entreprends, mais j'avais déjà conscience que le métier d'avocat n'était pas fait pour moi. J'ai commencé à jouer à plein temps dans la foulée.

 

Tu as décroché ta première grosse victoire en 2013, lors du WPT Borgata. Tu avais d'ailleurs dominé Vanessa Selbst en heads up. Est-ce que ce titre a changé beaucoup de choses dans ta vie ? Est-ce que par exemple ça t'a conforté dans ton choix de vivre du poker ?

Le Borgata a en effet marqué une étape importante dans mon parcours. J'avais confiance en mon jeu et au fond de moi je savais que j'avais la capacité de gagner un grand tournoi live. Le field de ce WPT était à ma portée.

Après, c'est vrai que la présence de Vanessa en table finale a rendu les choses un peu différentes. C'est l'une des meilleures joueuses du monde. Néanmoins, le fait de la dominer ce soir là n'a pas contribué à booster ma confiance car le duel avait démarré avec environ 30 ou 40 blindes pour chacun. La chance a donc indéniablement joué un rôle.

Là où ça m'a beaucoup aidé, c'est au niveau de la notoriété et de la facilité à gagner la confiance de stackeurs. J'ai très vite pu disputer davantage de tournois. Mais au niveau de mon jeu ou de mon état d'esprit rien n'a changé. J'étais déjà très gagnant en cash game et j'avais aussi déjà une grande confiance en moi. Loin de moi l'idée de vouloir sembler prétentieux, mais je pense que quand un joueur est vraiment bon, son succès n'est qu'une question de temps, d'efforts et de patience.

 

Avant 2015, ta notoriété restait relativement limitée. Et puis d'un coup, tu as remporté deux étapes WPT, un High Roller, un bracelet WSOP... Comment expliques-tu ce run incroyable et comment gères-tu cette célébrité soudaine ?

Pour commencer, je voudrais dire que je n'étais pas connu et respecté sur le circuit, mais que je l'étais déjà de ma famille et de mes amis. C'est ce qui compte le plus pour moi. Je n'ai jamais joué pour la gloire. Je suis plutôt timide et je n'aime pas plus que ça les caméras ou le fait d'être le centre d'attention. Longtemps, j'ai donc essayé de me préserver et de rester discret. Je me suis focalisé sur mon jeu et c'est ce qui m'a donné la possibilité d'obtenir ces résultats.

Clairement, j'ai aussi dû run good. Sur un plan mathématique, compte tenu de l'importance des fields, j'avais moins de 1 % de chance de gagner trois étapes WPT en n'en disputant qu'une trentaine. J'ai donc vraiment défié les statistiques, ce qui me fait dire que j'ai eu énormément de chance. Quand on a de nombreux set up en sa faveur, ou même que les 70/30 et les 60/40 tiennent plusieurs fois dans un même tournoi, la chance a une part significative dans la réussite. Quant au fait de gagner deux WPT d'affilée, c'est juste incroyable. Ca m'a au passage permis de devenir le WPT Player of the Year. Un titre très prestigieux, surtout en Amérique, et auquel j'accorde beaucoup d'importance.

En résumé, ma réussite tient donc à un ensemble de facteurs : good run, travail, qualités de joueur, confiance en soi... Quant à la notoriété, je m'y suis un peu habitué après le WPT Borgata, mais ça a encore pris de l'ampleur avec les interviews, les magazines, le statut de leader du Global Poker Index... Je ne vais pas m'en plaindre. C'est plutôt cool que des gens que je ne connais pas viennent me parler, me féiliciter, m'encourager... Ca fait toujours plaisir !

Quand par exemple quelqu'un me dit "Hey, j'ai écouté ton interview et ton discours sur le fait de travailler dur et de croire en soi m'a beaucoup inspiré", ça peut paraître cliché mais je trouve ça incroyable. Ca fait toujours un peu bizarre d'ailleurs, parce que je ne me suis pas totalement habitué au fait d'être populaire. La seule chose à laquelle je me suis vraiment habitué, c'est le changement de la façon de jouer de mes adversaires. À ce niveau là, je m'ajuste plutôt bien.

 

Que dirais-tu aux gens qui pensent que tu es juste chanceux et pas aussi bon que tes résultats le montrent ?

Eh bien je leur proposerais de m'affronter en heads up ! (rires)

Je ne crois pas que beaucoup de personnes disent ça. Beaucoup disent plutôt : "Ok il est bon... mais pas tant que ça !". Autant dire que je ne suis pas tout à fait d'accord avec eux. J'ai la ferme intention d'obtenir encore de bons résultats à l'avenir. Peut-être pas autant que cette année bien sûr, mais en gardant un gros volume je serai sans doute amené à gagner d'autres tournis. Et si je continue à jouer beaucoup en mixed games et en cash game, je pense rester un joueur très gagnant.

"Je me suis rendu compte que je ne me donnais pas les moyens de réussir. J'ai donc décidé de faire les choses à fond."

Anthony Zinno (verticale)

Plusieurs autres bons joueurs ont fait de longues études avant de se lancer dans le poker. Tu es extrêmement concentré, tu ne sors jamais, tu as une discipline de fer... Penses-tu que cela change beaucoup ton approche du jeu par rapport à des joueurs plus jeunes qui viennent du online et n'ont finalement jamais travaillé ou étudié ?

Oui, je pense que ça compte beaucoup car quand tu as l'habitude de travailler, que ce soit dans les études ou un job, ça te forge une discipline. Même si c'est difficile et qu'on ne comprend pas toujours pourquoi on doit apprendre tout ca, ça reste quand même bénéfique. On apprend à apprendre. Et quand on arrive au poker, je pense qu'on apprend plus facilement. On sait se concentrer, étudier les livres, rester discipliné et patient. On est aussi meilleur pour analyser ses erreurs et se remettre en question.

 

Tu as également connu un été incroyable : cinq tables finales WSOP dont celle du One Drop, un bracelet dans le 25 000 $ PLO, de nombreux deep runs... et tout ça sans jamais avoir pris un seul jour de repos en deux mois. Même après avoir gagné ton bracelet, tu t'es tout de suite inscrit à un autre tournoi. C'est une volonté de prouver quelque chose ? Comment te sens-tu ?

(rires) Oui c'est vrai, je me suis juste reposé la veille du One Drop, c'est tout. Sinon j'ai joué vraiment tous les tournois sans relâche. Alors bien sûr aujourd'hui je suis super content de mes résultats, mais c'est vrai que c'est éprouvant.

D'ailleurs j'ai encore une fois défié les statistiques. Avant les WSOP, j'espérais atteindre une ou deux tables finales. Ca aurait déjà été un bon Vegas. Mais cinq tables finales et un bracelet dans l'un des tournois les plus chers c'est assez fou.

Après je n'ai pas spécialement envie de prouver quoi que ce soit à quiconque. Je suis juste quelqu'un de très ambitieux. Je fais ça pour moi-même, et pour avoir la possibilité plus tard de me consacrer à d'autres choses qui me tiennent à cœur : ouvrir des refuges pour animaux, des associations pour les sans-abris... Là j'aurai un véritable sentiment d'accomplissement. Je trouve naturellement ça cool d'avoir des trophées, mais ce n'est pas ce que je recherche en priorité.

Je me suis rendu compte il y a quelques années que je ne me donnais pas les moyens de réussir. Je travaillais moins mon jeu, je préférais sortir, voir des filles... J'étais paresseux. J'ai donc décidé de faire les choses à fond et de travailler à 100 %, même si c'est difficile et que j'aimerais parfois faire autre chose que de rester assis à une table de poker. Je ne pourrai pas continuer sur ce rythme toute ma vie, c'est certain, mais pour l'instant je pense que c'est le seul moyen de réussir vraiment.

 

Qu'est-ce que ça fait de se voir d'un coup en haut du classement GPI devant des noms comme Jason Mercier, Stephen Chidwick ou Scott Seiver (NDLR : il a depuis glissé à la 3e place derrière Jason Mercier et Scott Seiver) ?

Je pense que maintenant, la plupart des top pros me connaissent et me respectent. Ils savent à quel point je suis un travailleur acharné et ils respectent beaucoup ça, ainsi que mon jeu. Ca fait vraiment plaisir. Je pense être chanceux d'avoir atteint cette place sans jouer vraiment de high roller ou de super high roller, car le GPI accorde pas mal de points lors de ces tournois.

Par contre, j'ai conscience qu'il sera difficile de conserver cette place car d'autres très gros résultats seront nécessaires. Dan Smith est actuellement second et il joue presque tous les high roller. Quant aux autres, ils font partie des meilleurs joueurs du monde donc c'est un sentiment incroyable d'être parmi eux. Il faudra que je continue à produire beaucoup d'efforts.

 

Justement, tu as commencé à jouer quelques gros tournois comme le 100 000 $ à Monaco ou le One Drop ici à Las Vegas. Tu penses en disputer encore beaucoup ? Que penses-tu de ces events ?

J'ai vraiment adoré prendre part à ces tournois. Leur structure est géniale. Au One Drop, j'étais l'un des rares à vouloir des niveaux d'une heure au lieu de 45 minutes, mais en dehors de ça j'aime particulièrement la structure de ces tournois. Et étonnamment, l'ambiance y est plus détendue et joyeuse. Les joueurs sont plus heureux. Tout le monde se parle et on ne voit personne avec des écouteurs par exemple. Phil Ivey était à ma droite à Vegas. Il revenait juste de Macao. On a beaucoup discuté de ce qui se passait là-bas. Tout le monde rigolait, c'était cool.

Les participants de ce genre de tournois ont une vie passionnante, qu'il s'agisse des pros ou des chefs d'entreprise. Attention, je ne dis pas que les gens sur des tournois plus petits n'ont pas une vie intéressante, mais en générale sur les 100 000 $ beaucoup ont réalisé de grandes choses dans leur vie. Je ne sais pas... Peut-être que j'aimerais être comme eux un jour ! J'apprends à leurs cotés, mais je participe aussi car je pense que ce sont des tournois qui restent EV+ et qui peuvent m'offrir un edge. À défaut je ne les jouerais pas.

 

Tu as fait un très long discours lors de ta remise de bracelet, et tu as reçu beaucoup de compliments en retour.

Oui, j'ai parlé de la persévérance. J'ai eu souvent de gros downswings qui m'ont forcé à repartir de zéro. Après mes études de droit, j'avais une dette de plus de 150 000 $. J'étais toujours à découvert. Je ne pouvais quasiment jamais jouer, ou alors je jouais trop gros et reperdais tout. Beaucoup de personnes auraient abandonné dans pareille situation, mais je savais que j'avais la capacité d'y arriver en persévérant. Mon grand-père disait toujours : "Quand tu as décidé de faire quelque chose dans la vie, vas-y, fonce et surtout ne juge jamais personne pour ses choix. Soit juste vraiment bon et fais de ton mieux pour devenir le meilleur". Donc quand j'ai commencé le poker, je suis toujours resté positif et je n'ai jamais abandonné malgré les mauvaises passes. La patience, le travail et la persévérance... Après, comme j'ai tendance à parler beaucoup, des gens ont crié "Time !" pendant mon discours, mais bon c'était marrant !

 

Avoir un sponsor, c'est quelque chose qui te botterait ?

Euh... Oui... Je n'y ai jamais trop pensé en fait. J'aimerais bien sûr avoir un sponsor. Si jamais le online revient aux États-Unis un jour prochain, j'aimerais représenter une room ici à condition qu'elle soit réputée, qu'elle ait une bonne image et qu'elle traite ses joueurs correctement. Je ne le ferais donc pas à n'importe quelle condition. Dans un autre registre, ce serait génial d'avoir pour sponsor une marque issue d'un autre environnement que le poker. Une marque de montres ou de vêtements par exemple.

"J'aimerais bien voir les joueurs habillés de façon un peu plus présentable lors des tables télévisées."

Zinno lors de son 3e titre WPT

Tu penses pouvoir un jour retourner à ta première activité d'avocat ?

Je pense plutôt mettre à profit mes études de droit pour créer un jour mon entreprise. C'est quelque chose qui me servira toujours. Pendant plusieurs années encore, je vais rester dans le poker. Mais j'ai un état d'esprit d'entrepreneur et je veux monter mes propres projets plus tard.

 

Quel est ton programme de tournois pour cette année ?

La prochaine étape, c'est le nouveau WPT Choctaw, début août. Je serai ensuite sur tous les WPT du circuit américain cette année, car en tant que WPT Player of the Year je suis invité sur toutes les étapes. Et puis j'adore les WPT depuis toujours ! La structure, l'organisation, les destinations, le staff... C'est vraiment un très beau circuit. Tout le staff, que ce soit les managers, les équipes marketing, la production, les floors : tous fournissent vraiment un très gros travail et c'est toujours agréable de jouer leurs tournois. Au final je ne pense pas qu'ils gagnent beaucoup d'argent, mais on voit qu'ils sont tous passionnés par leur travail et c'est génial d'être entouré de gens comme ça.

J'irai aussi sur quelques EPT comme Barcelone et Prague, ainsi que sur les tournois du Hard Rock à Miami avec cinq millions garantis. J'aime beaucoup aller en Europe. C'est un continent magnifique. Mais les voyages sont quand même longs et fatigants. Et puis il faut convertir de l'argent... Ca demande plus d'énergie et c'est aussi pour ça que c'est quelque chose de plus rare pour moi. Mais je serai très heureux d'aller à Berlin pour les WSOP-Europe. La ville a l'air superbe. Et puis la nourriture est toujours super bonne en Europe, les gens sont sympas, ils prennent le temps de vivre...

 

Quel est ton meilleur souvenir poker ?

Mmh... Difficile à dire... Et puis il y en a tellement !

Je dirais ma première victoire au WPT Borgota. À trois left, j'ai réalisé un énorme double up avec JJ contre A9 chez Vanessa Selbst. J'avais 40 BB et je me suis retrouvé à un peu plus de 80 BB, ce qui est énorme pour une table finale de WPT. Mon meilleur souvenir, c'est donc ce pot car il a tout changé et m'a donné une vraie chance de gagner. Le simple fait de savoir la victoire à portée de main était un sentiment incroyable. En début de table finale, j'étais troisième en jetons mais il restait une grosse part d'incertitude. Après ce double up je me suis dit "Wow ! Je peux vraiment le faire !".

 

Tu as la réputation de toujours être très bien habillé lors des tables finales, en costume cravate notamment. C'est d'ailleurs quelque chose qui plaît beaucoup aux médias américains. Tu essaies d'instaurer une nouvelle mode dans le poker ?

(rires) Oui c'est vrai ! Bon, les gens font ce qu'ils veulent. Mais j'avoue que j'aimerais bien voir les joueurs habillés de façon un peu plus présentable lors des tables télévisées. Elles sont retransmises partout à la télévision et c'est donc mieux pour l'image du jeu. Je pense que pour des gens qui n'y connaissent rien, ça donne plus d'intérêt et de sérieux. Or j'aimerais justement que le poker devienne de plus en plus populaire.

Les golfeurs, par exemple, ont un code vestimentaire à respecter. Lors des grandes compétitions, on ne les verra jamais arriver en tongs et sweat-shirt à capuche. Une bonne tenue rend le show visuellement plus intéressant. Je pense que c'est quelque chose à développer dans le poker, qui garde une image assez négative.

Mais en dehors de ça, je fais ça aussi pour ma famille. Mon père est mort quand j'avais quinze ans et je sais qu'il aurait aimé me voir bien habillé. Ca l'aurait fait rire. Et puis toute ma famille préfère me voir comme ça aussi, donc autant les rendre fiers. Enfin, pour être tout à fait honnête, les quatre fois où j'ai mis un costume j'ai gagné le tournoi. Ca a été le cas lors des trois WPT, mais aussi ici à Las Vegas puisque je suis parti me changer lors d'un break avant de gagner le bracelet. Il y a donc un côté porte-bonheur. C'est devenu un petit rituel.

 

Qu'est-ce que tu aimes le moins dans le jeu lui-même ? Et dans la vie d'un joueur de poker ?

Avant tout le fait que je n'ai pas beaucoup de temps à consacrer à ma famille et mes amis. J'ai eu une année incroyable au niveau du poker, mais c'est aussi celle où j'ai eu le moins de temps à consacrer aux autres.

Ensuite, au niveau du jeu lui-même, ça me dérange que les gens comparent encore le poker au gambling. Ils pensent que les joueurs professionnels ne sont que des joueurs compulsifs, et associent encore le poker au blackjack et aux jeux de hasard. C'est pourtant un jeu magnifique qui requiert calcul, patience, stratégie... C'est donc aussi aux joueurs de faire des efforts pour améliorer la perception de leur discipline. Je suis convaincu que le poker peut avoir un bel avenir devant lui et devenir aussi populaire que pas mal de sports.

 

D'après toi, qu'est-ce qui pourrait être amélioré dans le milieu du poker ?

Il faudrait principalement que les États-Unis réalisent qu'il s'agit d'un "jeu de skill". Cela permettrait d'avoir une vraie législation pour un marché qui est vraiment énorme ici. Peut-être qu'on pourrait limiter les dépôts au début et n'autoriser que des petits buy-in. Ce serait mieux que rien. Mais en tout cas le poker ne devrait pas être interdit comme il l'est actuellement. C'est assez ridicule. Et les joueurs devraient prendre conscience que ce jeu nous permet de gagner notre vie, rien de plus. Ca ne nous rend pas plus intelligents ni meilleurs que les autres. Il y a beaucoup trop d'ego dans ce milieu. C'est important de respecter tout le monde à une table, même les joueurs qui semblent mauvais. Ces gens peuvent être des médecins, des enseignants, des pompiers... et au final ils sont sans doute beaucoup plus utiles à la société que nous.

 

Tu as pas mal d'autres activités en dehors des tables. C'est important pour toi de préparer l'après-poker ?

Oui. Même si je suis plus que jamais concentré sur le poker en ce moment, j'essaie autant que possible de travailler sur mes actions en bourse. Je m'intéresse beaucoup au marché boursier. J'étudie le potentiel de plusieurs sociétés, j'investis... J'ai par exemple acheté pas mal d'actions de Facebook et je trouve ça vraiment cool. C'est une activité à la fois drôle et intéressante, avec pas mal de stratégie et de maths. Ca devrait plaire à beaucoup de joueurs !

C'est important d'avoir d'autres activités en dehors du poker, ou au moins des projets. Comme la plupart des gens, je ne me vois pas jouer toute ma vie et courir de tournois en tournois. Il faut penser à l'après. Je n'ai pas envie de me dire dans quelques années que ma vie se résume au poker. Je ne vois pas ça comme un accomplissement, donc je préfère garder les yeux ouverts sur d'autres choses.

Anthony Zinno lors des WSOP
Sa dernière grande victoire en date, il y a un mois seulement.
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Anthony Zinno : interview de l'un des joueurs de l'année
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Si 2015 est encore loin d'être terminé, Anthony Zinno restera à n'en pas douter comme l'un des joueurs qui a le plus marqué l'année. Vainqueur coup sur coup des WPT Fallsview et L.A. Poker Classic en février, l'Américain a récidivé cet été en remportant le 25 000 $ Pot Limit Omaha High Roller des World Series Of Poker. Il revient sur cette série de performances impressionnante en compagnie de Gaëlle.

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Très intéressant, merci Gaelle.

Apparemment le type se sert du cash game pour bosser son jeu de tournoi, ce qui n'est pas banal. 

Et un discours positif sur le mérite dans le poker, ça fait plaisir.

 

Sinon mettre un costume c'est bien mais au niveau des combos cravatte costume c'est très moyen et surtout faut se raser mon chéérrii.

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