Après la mise en ligne d'un sommaire bilan chiffré de l'année 2012, la traditionnelle cérémonie des voeux de l'Autorité de Régulation des Jeux En Ligne était très attendue. Elle n'aura finalement pas lieu.
Dans un communiqué publié hier sur le site de l'ARJEL, Jean-François Vilotte explique ainsi : "Nous dérogerons cette année à la tradition établie depuis sa création par l'ARJEL d'une rencontre en début d'année afin de contribuer, chacun le comprendra, aux efforts nécessaires d'économie en cette période difficile".
Le Président de l'ARJEL ne se prive pas pour autant de revenir sur les principales évolutions du marché français en 2012. Des évolutions qu'il résume dans un premier temps en une ligne : "une concentration des acteurs du marché, une stabilisation du volume global des mises, des évolutions différenciées d'un secteur à l'autre".
Ces "évolutions différenciées", précisément, justifient le traitement sous des angles différents des activités que sont les paris hippiques, les paris sportifs et le poker. S'agissant de ce dernier, Jean-François Vilotte rappelle les chiffres communiqués la semaine dernière et juge qu'ils témoignent à la fois "de l’installation durable d'un marché légal qui a chassé, pour la plus grande part, l'offre illégale des secteurs ouverts à la concurrence ; et d'une demande de jeux et de paris qui n'a pas explosé, ce qui était un objectif assumé d'une régulation maitrisée."
Pour autant, l'ARJEL ne souhaite pas négliger la question de l'attractivité de l'offre, régulièrement soulevée par les différents acteurs du marché que sont les joueurs, les opérateurs et les médias spécialisés.
Sur ce sujet, la position de l'Autorité demeure dans la droite ligne de celle que Jean-François Vilotte avait eu l'occasion d'exprimer lors d'une interview sur Club Poker. Deux axes de travail sont ainsi préconisés :
- l'ouverture de l'offre légale à de nouvelles variantes de poker ;
- la mutualisation des liquidités des tables de poker "afin de permettre à des joueurs français de jouer avec des joueurs étrangers si ces derniers jouent sur des sites régulés par des autorités européennes avec lesquelles des accords auraient été préalablement passés par l'ARJEL et mettant en œuvre des standards de régulation au moins équivalents".
Pour rappel, l'ouverture de nouvelles variantes concernerait le 7 Card Stud, le Omaha à 5 cartes et le Triple Draw. Déjà proposée par l'ARJEL par le passé, elle nécessite l'aval du Gouvernement sous la forme d'un décret du Ministère de l'Intérieur. Ce dernier ne s'est pour l'heure pas prononcé sur la question.
Quant à la mutualisation des liquidités à l'échelle européenne, elle demeure subordonnée à une modification de la loi. Dans l'attente d'une évolution de la position du législateur, qui n'interviendra que dans une perspective de long terme, l'ARJEL poursuit donc son travail de concertation avec ses voisins européens.
Un travail de concertation qu'elle entend d'ailleurs rendre plus consistant à l'avenir, comme l'explique Jean-François Vilotte : "Il importe de donner un contenu opérationnel plus important aux accords de coopération passés entre régulateurs. Ces accords doivent faciliter, sans préjudice aucun pour des objectifs ambitieux de régulation, une circulation intra communautaire maitrisée. Ils peuvent et doivent, s'ils sont exigeants, être une alternative à une harmonisation trop rapide intra communautaire des règles de régulation qui pourrait porter en elle le risque d'un abaissement des standards de régulation particulièrement préoccupant."


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