
Souvent, je commence à répondre que c'est assez simple. Puis, lors de la rédaction de ma réponse, j'en viens à me rendre compte que j'ai déjà rédigé près d'une page. Car, en vérité, si les situations sont généralement assez simples, le problème est qu'elles sont très nombreuses.
Je vais donc tâcher de m'atteler à la tâche une fois pour toutes, en structurant le raisonnement selon deux axes. Sommes-nous en position ou hors de position ? Sommes-nous face à une range serrée ou à une range large ? En annexe, quelques sujets qui ne rentrent pas dans cette structure : comment réagir face aux 3bets, et quelle adaptation envisager face aux joueurs qui ne sont pas full stack ?
Votre vie va être extrêmement simple quand vous êtes en position avec une pocket pair. Préflop, payez. Systématiquement, sauf si vous avez une très bonne raison de ne pas le faire. En effet, lorsque vous êtes en position, vous pouvez profiter de beaucoup plus de cotes implicites que lorsque vous êtes hors de position. Pourquoi ? C'est simple : quoi qu'il arrive si vous floppez un set vous pourrez récupérer AU MOINS 3 mises ; si vous êtes hors de position et que votre adversaire check le flop après vous, vous êtes limité à 2 mises.
Le cas d'école : vous êtes au bouton, UTG (qui joue 18/16) relance. Le plan est simple : si vous touchez votre set, vous payez ou vous relancez (en général, contentez vous de payer sur un flop sec, relancez sur un flop présentant de nombreux tirages). Si vous ne touchez pas, vous vous couchez, quoi qu'il arrive. Si UTG check, miser ou checker ont tous deux leurs mérites (et c'est à ce moment là que je m'arrête de généraliser). Jusque là, rien de bien folichon, normalement tout le monde sait faire.
Ça se corse. Imaginons cette fois que vous soyez au bouton avec 
, et que vous payiez la relance du cut-off (qui joue 22/20). Si vous tentez d'appliquer scrupuleusement la méthode décrite en 1.1, il y a de bonnes chances pour que vous passiez très régulièrement la meilleure main lorsque votre adversaire va cbet des flops comme 

arc-en-ciel, ou 

bicolore. Il va donc falloir faire un peu appel à votre discernement plutôt qu'à une recette de cuisine.
Beaucoup de joueurs s'accrocheront néanmoins suffisamment à une top pair pour que, en position, vous puissiez continuer à jouer fit or fold (si je touche, je mise ; si je rate, je couche). Néanmoins, commencez à vous poser des questions sur des tableaux comme ceux évoqués ci-dessus. En particulier sur le premier (

arc-en-ciel) : si votre adversaire a une forte tendance à check/fold les tournants qu'il n'améliore pas, tout en misant trop au flop, c'est un excellent moment pour effectuer un floating. Le second (

bicolore) est excellent à relancer dès le flop.
Dans tous les cas, faites appel à votre jugeote. En général, relancer le flop doit avoir dans les 60 % de chances de succès pour être EV+, un floating dans les 50 %. Posez-vous la question dès que vous le pouvez, ne sombrez pas dans la facilité "j'ai raté mon flop je fold". Vous avez la position, votre adversaire va devoir beaucoup cbet, profitez-en.
Pour rester concis : c'est beaucoup plus délicat. Pourquoi ? Tout simplement, c'est le contraire de la partie en position : vous avez beaucoup beaucoup moins de cotes implicites, et votre adversaire va plus facilement pouvoir faire un floating sur vos éventuelles relances en bluff. Bref, c'est plus compliqué. Et ça, ça m'embête car, vous le savez, mon but n'est pas d'entrer dans trop de détails. Enfin. Il faut bien s'y coller une fois.
Typiquement, vous êtes de grosse blind, et Villain est UTG. Continuer de payer préflop contre la plupart des adversaires, et jouer fit or fold postflop m'est toujours apparu comme une bonne solution. Alors oui, vous allez avoir 80 % de pocket pairs dans votre range. Mais non, quand vous allez C/R 
sur 

bicolore, personne ne va coucher 
, rassurez-vous. Vous êtes relativement transparent, mais ça n'a guère d'importance puisque même si vous ne check-raisez jamais en bluff, vos adversaires continueront de trop payer. En général.
Le cas d'école est, cette fois, blinds vs bouton. Souvent, si votre adversaire est compétent et que vous n'avez pas trop d'info sur lui, et que vous n'êtes pas très à l'aise pour le jouer, je vous recommande de laisser tomber toutes les pocket pairs entre 
et 
: elles sont trop faibles pour être jouées pour leur seule valeur (en général vous allez avoir 3e ou 4e paire), vous n'avez plus l'opportunité de float en position (et float OOP est très casse-gueule avec des mains qui n'ont que 5 % de chance d'améliorer), et surtout, à la fois hors de position et face à une range large, vous n'avez plus énormément de cotes implicites quand vous allez toucher : votre adversaire aura moins de monstres mais beaucoup plus de mains moyennes. De plus, il aura l'opportunité de check après vous assez souvent.
Néanmoins, vous conseillez seulement "fold preflop" est un peu trop catégorique. Et vous le savez, là où certains aiment les classements, moi j'aime les listes. Plutôt que de faire du cas par cas, je vous propose donc une liste de facteurs qui doivent vous faire tendre à call preflop (inversez-la pour les facteurs devant vous faire fold, vous n'êtes pas manchots) :

, 
et 
)Concernant le jeu postflop, je ne vais pas vous faire un roman : reportez-vous au 1.2, à la différence près que vous ne pouvez pas vraiment float, et que parfois votre adversaire va check après vous. Pour pallier ce problème, je vous recommande de donkbet les flops sur lesquels vous craignez le plus un check de Villain (

bicolore, 

bicolore, 

bicolore...) lorsque vous avez touché. On pourrait alors débattre de l'équilibre de votre range de donkbet, mais ce sera le sujet d'un prochain article - peut-être - . Évidemment n'allez pas donkbet, même sur ce genre de flop, si vous savez que votre adversaire cbet 90 % du temps sans regarder ses cartes ni le flop.
Bien qu'étant loin d'être un expert ès pots surrelancés, je vais tâcher de vous donner quelques règles simples que j'applique moi-même et qui limitent la casse malgré ma relative nullité :
Voilà, maintenant vous aussi, vous pouvez être un nit en pot surrelancé.
Bon, étant donné qu'on est dans la partie "fourre-tout" de cet article, ma pensée ne va pas être forcément très structurée, et veuillez donc accepter mes excuses anticipées.
Commençons par les fishs. Tout d'abord, ne vous sentez pas obligé d'isoler un fish avec les petites pocket pairs (
- 
). En particulier s'il est très collant postflop, vous n'allez pas forcément être super à l'aise malgré la position quand vous aurez raté le flop, et par ailleurs le potentiel de votre main devient nul si un regular vous surrelance en voyant que vous isolez avec une range large. S'il a une forte tendance à abandonner le coup sur les continuation bets, vous pouvez davantage vous faire plaisir.
Ensuite, si un fish cavé à 60BB, collant postflop, et jouant avec 50 % de VPIP a la position sur vous, ne vous sentez pas obligé d'ouvrir 
- 
. Pas de honte à les coucher, contre ce genre de gars, avec ce stack, et sans la position, vous ne serez pas au mieux postflop, et allez vous énerver pour rien dans des situations au mieux ev0. Préférez des mains comme les broadways, même miteux.
De même, la pertinence d'ouvrir n'est pas avérée quand la table est peuplée de petits tapis, en particulier dans les blinds. Fuyez les shortstack pros comme la peste.

Bien souvent vous vous rendrez compte que la configuration de la table joue en votre défaveur.
De manière générale, dès que vous effectuez une action de façon automatique, quelle qu'elle soit, vous le faites sûrement pour de mauvaises raisons. Se demander "mais pourquoi je fais ça, au fait ?", c'est déjà la moitié du processus de progression accompli.
Certaines situations rencontrées fréquemment au poker amènent le joueur à être tiraillé entre deux réflexes opposés. Quand on a une paire, on aimerait voir l'abattage pour pas cher. Mais avec un tirage, on jouerait différemment. Personne décortique la situation pour vous aider à prendre la bonne décision.
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