Il y a quelques jours, Daniel Negreanu se livrait sur son blog à une véritable diatribe à l'égard de Ray Bitar, Howard Lederer et Chris Ferguson, tous coupables à ses yeux de la plongée de Full Tilt Poker dans l'abîme.
Sans doute ce pamphlet a-t-il incité Doyle Brunson à prendre sa plume pour livrer sa propre opinion sur le dossier. Et s'il accable lui aussi Ray Bitar pour ses errements, le Vieux Texan défend en revanche bec et ongles ses amis Ferguson et Lederer.
"J'ai été en contact avec Lederer ces derniers mois. Quand quelqu'un que je connais depuis des années, et en qui j'ai confiance, me regarde dans les yeux et m'assure qu'il n'avait aucune connaissance des problèmes financiers de Full Tilt, je le crois", assène-t-il en précisant que la remarque vaut également pour Ferguson, même s'il ne s'est pas entretenu avec lui.
Après avoir souligné que le contenu de son billet "n'est pas gravé dans la pierre et qu'il s'agit juste de [sa propre] opinion", l'homme aux dix bracelets rappelle que Lederer n'était plus impliqué directement dans le management de Full Tilt "depuis deux ou trois ans".
Selon lui, ce départ coïnciderait peu ou prou avec le début des difficultés. Placé aux commandes sur la recommandation de Chris Ferguson, Ray Bitar se serait d'abord montré efficace. Mais une fois séparé de Lederer, second hémisphère de l'exécutif bicéphale de la room, la situation se serait corsée.
"Les joueurs de poker sont de très mauvais hommes d'affaires", juge Doyle Brunson en regrettant un bureau majoritairement constitué de joueurs et dépourvu d'un leader compétent.
À cette époque, Ray Bitar faisait régulièrement verser aux principaux actionnaires "des dividendes très importants". Depuis tombés dans la sphère publique, et par ailleurs à l'origine du ressentiment qu'inspirent Ferguson et Lederer, ces généreux dividendes expliqueraient en partie le peu d'entrain des membres du bureau à démettre Bitar de ses fonctions.
Car si de nombreuses erreurs de gestion ont bel et bien été commises, elles seraient selon Brunson à mettre au seul crédit de Ray Bitar. Jamais ce dernier n'aurait en effet pris la peine d'en informer les actionnaires, qui dès lors pensaient être à la tête d'une entreprise florissante.
La suite, connue de tous, c'est l'opération coup de poing du FBI : "Bitar, qui est un type intelligent, serait peut-être parvenu à régler les problèmes, mais le Black Friday est arrivé et tout est remonté à la surface".
Interrogés par les autorités, Ferguson, Lederer et compagnie ont alors tous nié avoir connaissance de la mauvaise santé financière de la société. Une version que le Texan ne remet pas en cause : "Vous pouvez croire ou ne pas croire le fait que Chris Ferguson et Howard Lederer avaient connaissance des problèmes. Je sais que le monde du poker veut du sang et les croit coupables. Je pense que le temps finira par nous donner la réponse".
Au final, sans dédouaner totalement ses deux amis, Texas Dolly s'efforce de démontrer qu'ils ne sont pas les seuls responsables de la descente aux enfers de Full Tilt et, surtout, qu'ils n'ont jamais été guidés par des intentions frauduleuses.
Au passage, il pointe du doigt de nombreux dysfonctionnements internes (gestion de Ray Bitar, chaîne d'information brisée...) et externes (contrôle insuffisant de l'Alderney Gambling Control Commission). Une voix pour le moins dissonante au milieu d'un tintamarre d'invectives et d'accusations.































Classement 

































