"Poursuivre leur étonnant parcours en se qualifiant pour la finale, ne leur suffisait pas. Il a fallu aux Bleus de prolonger le plaisir, et rendre incroyablement palpitante une rencontre qu'ils étaient en train de plier. L'équipe de Philippe Blain a en effet mené 2 sets à rien, et 16-12 dans le troisième set, avant de se crisper et de ne plus parvenir à trouver la solution face aux Russes, redevenus des colosses en attaque. Plus fluides dans leurs enchaînements, les médaillés de bonze de Pékin ont étouffé la réception tricolore, signant un 5-1 pour faire naître l'espoir dans ce troisième set (17-17).
À deux points du match (25-25) dans le troisième set
En baisse de régime, les Bleus ont commis plusieurs erreurs, notamment au service. La Russie, consciente de louper à nouveau un grand rendez-vous, a alors trouvé son rythme de carburation. Les rotations lui ont donné un ascendant physique, et elle a alors repris confiance : les Russes ont placé un 5-0 (5-1), puis pris six points d'avance (20-14) dans le quatrième set, face à des Bleus bloqués en bouts de filet. Et qui n'ont d'ailleurs réussi aucun contre dans cette manche... La dynamique s'était inversée. Pour de bon, pouvait-on croire. Oublié, alors, l'échange incroyable du premier set, remporté par les Bleus au terme de quatre défenses de part et d'autre (22-17). Oubliés, aussi, les coups de semonce d'Antonin Rouzier (24 pts), parfois relayé dans l'axe par la lame Romain Vadeleux, et la subtile pichenette en première main de Yannick Bazin dans le troisième set (16-12), au moment où l'équipe de France se dressait un tapis rouge vers la finale.
Quelques semaines auparavant, les Tricolores auraient probablement perdu ce match. Mais ils se sont vraiment construit une âme collective durant ce tournoi, et la preuve a été apportée dans le jeu décisif. Au bord de la rupture (9-13), ils ont fait preuve d'une rigueur immense en réception, et d'un surplus d'envie dans leurs frappes. La Russie, crispée par l'enjeu, en a perdu le fil, encaissant cinq points (14-13). La qualification allait alors se jouer à rien. À un contre mal négocié. Une attaque trop longue. Les Russes n'auront pas de balle de match. Les Français, trois. Le temps pour Guillaume Samica (22 pts) de se rappeler l'un de leurs points forts dans ce match, le service, pour claquer le 7e ace des Bleus dans ce match. Celui de la victoire. Celui d'une quatrième finale européenne. Dimanche contre la Pologne, qui a écrasé la Bulgarie (3-0) et qui les avait battus lors du premier match (3-1), les Tricolores auront l'occasion de faire aussi bien qu'en 2003, avec une médaille d'argent. Et la chance de faire tellement mieux : le premier sacre de leur histoire. Une mission compliquée. Mais ils sont fous, ces Bleus. - J. Te."
Source : lequipe.fr
Go go bleus en finale contre la Pologne demain






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