Cette histoire est inspirée - mais partiellement - de faits réels.
L'an dernier, Anthony Hnatow, connu sur le Club Poker sous le pseudo « Nartoof », réalisait un exceptionnel exploit en atteignant la table finale de l'EPT. L'aventure était splendide. Je vous invite à vous replonger dans cette épopée grâce à la vidéo que Elie avait réalisée pour Eurosportbet.
Depuis ce moment-là, la vie d'Anthony a changé.
Avec les 110 000 € de sa septième place, Anthony allait enfin pouvoir mener une vie de balla. Fini les pâtes au fromage à midi et les soupes en sachet le soir, notre cpiste allait pouvoir mener la grande vie et arpenter le circuit live.
Le soir même de sa performance, oubliant assez rapidement son bad beat
Et pourtant, la soirée s'éternisa : une, deux, trois bouteilles... et voici "Nartoof" délesté de quelques centaines d'euros transformés en bulles.
Au moment de rentrer chez lui en taxi, Anthony confond les couleurs des billets et lâche un billet de 200€ au chauffeur de taxi, qui se garde bien de lui faire remarquer son erreur.
Le lendemain, avec une grosse gueule de bois, Anthony se jure de ne plus renouveler ce spew de la soirée de la veille. Ca va, il lui reste encore 109 000€.
Il décide d'aller acheter un coffre pour mettre ses billets bien au chaud. Et oui, Anthony est un noob du price management, il a tout récupéré en cash. Il se demande où s'achète les coffres-forts ? Dans une banque, à Monoprix, sur eBay ? Finalement, il allume son ordi, tape "coffre-fort" sur Google et découvre qu'il en existe au BHV. Il dépose ses liasses de billets dans sa malle à jouets en attendant et se rend vers le Bazar de l’Hôtel de Ville en prenant la ligne 1 du métro, comme pour se rappeler de son ancienne vie de broke. Il lâche une pièce au violoniste pour qu'il arrête de jouer et finalement arrive à destination.
Là, un vendeur lui explique comment fonctionne le coffre-fort. Nartoof demande si 109k, ça logerait dans le coffre. « Brag », lui répond le vendeur. Bien sûr, vous pouvez mettre jusqu'à une dizaine de liasse là-dedans. Finalement, Anthony craque pour un coffre à 218€ qu'il emporte dans son sac à dos Eurosportbet.
De retour chez lui, il a la mauvaise surprise de constater que son appartement parisien de 18m2 a été visité. Il découvre son placard à terre, ses dvds étalés sur le sol, son lit retourné, et se précipite vers son coffre à jouets. Ouf, l’argent est toujours là. Il compte, recompte, et constate que les voleurs ont été assez cons pour ne pas chercher dans cette malle. Il pousse un grand soupir de soulagement et commence à ranger son appart.
Désormais se pose la question de quoi faire de cet argent. Anthony envisage de s’acheter une Porsche ou pourquoi pas investir dans la pierre. Mais rapidement, une discussion avec son ami Victor Choupeaux va lui donner une nouvelle idée : « Et si tu faisais le circuit, maintenant ? Tu te fais un petit programme. Quelques EPT, Vegas, le Partouche … ». Anthony ne semble pas très chaud, expliquant que sa petite routine de joueur de cash game lui plaisait plutôt bien jusqu’à maintenant. Mais Choop insiste, je serai toi, je saisirai l’occasion. Tu te lances sur le circuit pro. En plus, t’as ton sponsor. Tu payes juste les buy-ins qu’ils ne veulent pas te payer, et tu fais le circuit. Anthony se laisse convaincre et se rend directement à l’ACF pour disputer le 1k des EFOP.
Et là, une semaine après son exploit de Deauville, il remporte 21k€ de plus pour sa troisième place dans le tournoi. Ca y est, plus d’hésitation possible, « Nartoof » se lance dans les tournois live. Avec 130k€ devant lui, l’avenir semble radieux pour le jeune grinder et pourtant …
Après un petit passage à la CP Radio où il annonce aux 248 740 auditeurs qu’il se lance comme « joueur professionnel de donkaments » et arrête ses études, il expérimente cette désagréable sensation que l’on appelle la variance.
Sur les divers tournois qu’il dispute, il commence à perdre des coin flips, ses bluffs ne passent plus, il expérimente le spew et son sponsor lui fait comprendre que la room ne peut pas assumer tous les tournois auxquels il souhaite participer.
Il s’inscrit pourtant partout, dispute les High-Rollers de l’EPT Madrid, The One, même les Partouche Poker Deepstack. Il bust de partout, parfois en quelques heures. La bankroll du joueur Eurosportbet fond comme neige au soleil.
Au moment où commence les WSOP à Vegas, la cagnotte d’Anthony a été divisée par deux. Anthony recompte ses billets et décide de faire changer 40k€ en dollars, misant pratiquement tout sur les championnats du monde pour se refaire une santé financière. A côté des tournois, Anthony mène une vie de balla, guidé par Antony Lellouche dans tous les endroits à découvrir dans la ville du vice. Il découvre le Rhino et tous les strip-clubs de Vegas, mange dans les plus beaux restos, va voir de nombreux spectacles et en oublie son A-game sur les premiers évents WSOP qu’il dispute.
C’est en mettant en jeu ses derniers dollars qu’il participe au Main Event des WSOP. Plus de 6 000 joueurs au départ, près de 8 000 000 € promis au vainqueur et beaucoup de joueurs faibles, c’est ce qu’y attend Anthony sur le plus beau tournoi du monde. Alors que tout le monde attend un gros spew de sa part, voilà qu’il deep run comme à la grande époque de Deauville. Il fait partie du top 10 au moment d’aborder le Jour 4. Et pourtant, malheureusement, il va être victime d’un cruel coup du sort, éliminé à la bulle du tournoi sur un bad beat difficile à digérer avec
Pour se consoler, Anthony passe une dernière soirée au Rhino, avec tous ses potes qui ont bust du Main Event. Même s’il oublie un peu son Vegas la tête coincée entre les seins d’une reg du lap-dance, Anthony ne peut s’empêcher de penser à son avenir. Quand il rentrera en France, il n’aura plus que 20k€ dans son coffre-fort dont il a perdu le code, soit moins que la bankroll de Tilou.
Il serait peut-être temps de revoir ses plans. Ayant perdu toute confiance dans son jeu, Anthony se découvre une passion pour le Rapido. Il écume les bars pendant deux semaines et réussit à perdre 2k rien qu’en multipliant les tirages. Leo « Gastounet » Laslandes parvient à lui faire comprendre qu’il n’a pas d’edge à ce jeu mais, un peu perdu, Anthony ne sait pas comment rebondir.
Il appelle Eurosportbet pour savoir s’il peut disputer le Main Event du Partouche Poker Tour de Cannes, mais on lui fait comprendre que la Team coûte trop cher et qu’ils ont même dû virer Clément et Hugo. Il ne reste que Basou et il leur coûte beaucoup trop cher en High-Roller.
Un peu dépité, Anthony tente sa chance dans les paris sportifs mais sans réelle réussite. Il parie sur le tennis, le football, et même la pelote basque. Sans aucun résultat.
Julien « FullBRMgmt » Jolivet, un ami, lui offre la possibilité de le staker sur un event live qu’il s’apprête à jouer à l’ACF. Anthony explique à Julien qu’il n’est plus très robusto niveau bankroll, qu’il ne peut donc pas se permettre de le staker et que de toute façon, Julien va probablement tout envoyer avec une merguez.
La prédiction se produit quand Julien 4-bet shove Flavien Guenan avec T6o, mais il parvient à chatter une quinte de l’espace contre la paire d’as de son opposant. Grâce à ce chattage, Julien file tout droit vers la victoire et remporte 80k.
Anthony s’en mord les doigts d’avoir laissé filer ce staking et se rend compte qu’il run vraiment bad depuis huit mois. Il se remet en question et décide de se faire coacher. Un certain Julien M. propose des cours qui garantissent à quiconque de crush n’importe quelle limite en quelques heures. Ce prof a posté des courbes impressionnantes sur Club Poker et doit donc être l’un des tout meilleurs. Anthony envoie un premier virement mais ne reverra jamais l’argent.
Même s’il n’a pas plus trop de contact avec la Team Eurosporbet, Anthony appelle Basou pour lui demander conseil pour remonter une roll. Le jeune prodige des cash-game high-stakes l’incite à venir disputer la grosse partie de l’ACF. « Tu verras, y a un gros fish, un certain David B. » Un peu réticent à l’idée de jouer en cash sur des grosses limites en cercle, Anthony se laisse tout de même tenter par l’idée et apporte avec lui sa dernière liasse.
Il pose tout sur la table et commence à gagner un peu contre de riches chinois, sous l’œil d’un Basou complice, assis à la même table.
Puis rapidement, Anthony se retrouve impliqué dans un gros coup contre le fameux David B.
Les blinds sont à 25/50 et Anthony a 14k sur la table. Il découvre
Sur le flop
Sur la turn
Sur la river
Anthony observe son adversaire, repense à ce que Basou lui avait dit sur le personnage. Un ancien grand joueur mais qui a une tonne de leaks. Ce 7 peut-il l’avoir aidé ? J’ai deux paires max, je peux pas folder là, quand même. Si je paye et que je perds, je suis broke. Je dois pas penser à ça. Quelle est la décision EV+ ? Que ferait Basou ? Si je ship le pot, je suis refait. Allez, j’y vais. Payé.
Tranquillement, David B. retourne
Anthony quitte l’ACF, marche seul sur les Champs-Elysées, perdu dans ses pensées. Il sait qu’il n’aurait pas du venir. Maintenant, c’est sûr, il est broke.
Il retrouve un vieux billet froissé dans sa poche et décide de prendre le taxi pour rentrer chez lui, histoire de se rappeler de sa vie de balla.
Quelques semaines plus tard, alors que Anthony a repris le chemin des études, il croise une jeune fille de sa fac qui lit un magazine de poker. Il s’approche d’elle et regarde la couverture sur laquelle il apparaît, accompagné du titre « EPT Deauville : Qui pour succéder à la révélation Nartoof ? ». Un souvenir fugitif traverse son esprit. Il se rappelle les moments où il a tenté de bluffer Martin Jacobson, le coup où il a fait doubler Julien Claudepierre, la première fois où il a vu le futur vainqueur du tournoi Lucien Cohen sortir son rat. L’émotion gagne son visage et il entre dans la fac d’un pas décidé.
Pendant le cours délivré par Mr Montmirel, prof d’économie, Anthony ouvre le logiciel Pokerstars sur son ordinateur portable et regarde la liste des tournois du lobby. Il remarque un satellite annoncé le soir même, un 300€ freezout qualificatif pour l’EPT Deauville qui commence dans une semaine.
De retour chez lui, il vérifie qu’il a le droit à un découvert autorisé de 300€ sur son compte bancaire et décide de déposer exactement cette somme sur son compte Pokerstars. Vérifiant que personne ne le regarde à ce moment-là, il clique sur le bouton Register et se retrouve en piste avec 245 autres joueurs tous désireux de gagner leur ticket pour Deauville.
Après six heures de jeu, on entend un « Yes ! » résonner dans tout l’immeuble.
Tandis que Marguerite se prépare une tisane au 3ème étage, que Jean-Paul et Salomé font l’amour au 1er, que Gaëtan révise sa trigonométrie pour son contrôle du lendemain, Anthony « Nartoof » Hnatow vient de décrocher le précieux sésame qui lui donne le droit de revenir sur la terre de ses exploits. Seul petit problème, il n’a plus un sou pour se rendre à Deauville.

Anthony "Nartoof" Hnatow
Alors, sera-t-il là aujourd’hui à 12h pour le Jour 1A de l’EPT Deauville ?
Vous le saurez grâce au coverage sur Club Poker. Suspens …
Ce message a été modifié par Tapis_volant : 07 février 2012 - 15:08





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