Part 2 - Poker
J’avais prévu un ou deux tournois dans la range des 150-200 $, mais mon incapacité à gagner plus de 50 % de mes coin-flips et mon manque d’endurance me feront renoncer à ce projet trop stupide.
Back to basics, je m’en tiendrai donc au cash game, mon poker préféré. Du no-limit bien sur, mais aussi une petite dose de PLO pour le fun.
En France, ma limite de « confort » est la 2/4 et la 5/5, je suis largement rollé pour ces limites, et le niveau y est très abordable.
Lors de mes trois derniers trips à Vegas, j’ai logé au Palazzo, profitant des poker rates. En contre partie, je jouais 6 heures par jour à la 2/5 du V, qui n’était pas l’endroit le plus fishy de Vegas. Surtout, par exemple, un mardi à 11h du matin. Il m’a semblé, lors de ces trois derniers séjours, que le niveau progressait régulièrement, avec lors de mon dernier séjour, la pénible impression de me faire outplay par la plupart des bons regs.
Le fait de loger au Cosmo me libère de cette contrainte du « quota » d’heures, je compte bien profiter de cette liberté pour papillonner d’un casino à un autre.
Mon objectif restant avant tout de progresser, je me fixe l’objectif de shooter sérieusement la 5/10, notamment, celle du Bellagio, la plus soft. Mon plan est de partir avec 10k $, si je run bad (-5k), je ferais retraite sur la 2/5.
Il est clair que la 5/10 n’est pas ma limite, pourtant ma BR m’autorise à y jouer de temps en temps. Surtout, je suis convaincu que pour progresser, je dois sortir de ma zone de confort, et me mettre un peu en danger sur le plan technique et psychologique. Quitte à sacrifier mon win rate pour ce séjour, autant prendre un maximum d’expérience.
La 5/10.
Seuls 4 casinos proposent régulièrement des « five/ten no limit » : le Bellagio, le Aria, le Wynn et le Venetian. Celle du B est cappée à 1,5 k, celle du A à 3k tandis que le V et le W n’imposent pas de cap. En conséquence, les pros, qui préfèrent jouer plus deep, favorisent le V et le W, mais comme les rares fishs qui jouent à cette limite sont au B, les pros y sont aussi très présents. En général, plus d’action au B, la 5/10 y tourne 24 heures sur 24, ce qui est loin d’être le cas dans les autres rooms.
Du coup, je vais faire quasiment toutes mes sessions de 5/10 au B, en cavant à 1k. A cette limite, pas ou peu de limpers, ouverture standard à 30-40, 3-bet assez fréquents. Les joueurs utilisent leurs masses et jouer en position est primordial.
Je joue TAG, voir nit, et profite de mon image pour placer quelques moves. Les sharks auront vite compris mon jeu, et me martyrisent sans répit. Je prends la mesure de mes leaks, de ma passivité et d’une certaine weakitude. Après quelques heures à me faire littéralement piétiner, je place quelques hero calls, et quelques float, qui me permettront de sortir positif de cette expérience.
J’ai eu comme voisin Yashar Darian (runner-up de l’event #20) qui a pris 300k lors des WSOP, et qui attendait tranquillement une place en 10/20 en s’amusant à la 5/10. Très friendly, un vrai plaisir de jouer et discuter avec lui.
Au total, j’ai joué 24 heures à la 5/10 du B pour +1,2k et 1 heure à celle du V pour -1k (AA craqués). Bilan juste positif, mais expérience inestimable.
J’avais prévu de faire une quarantaine d’heures à la 5/10, mais mon pauvre cerveau ne m’en a pas laissé la possibilité. Du coup, j’ai préféré alterner les limites pour me reposer, et ai aussi joué plus bas.
La 2/5.
Cette limite est intéressante, car on la trouve quasiment partout. Au B, elle est cappée à 500 $, au A, au MGM, au V et au W, le cap est à 1k, voir 1,5k. Après avoir joué la 5/10, le field des 2/5 me semble d’un coup très soft, parfois même risible. A part au V, le ratio de fish/reg devient raisonnable, surtout en fin de semaine. Moins de 3-bet, moins de check-raise, moins de bluff, bienvenue dans le monde du ABC poker. Les regs de la 2/5 sont solides, pas mauvais techniquement, mais ils sont finalement assez prévisibles et dans l’ensemble, plutôt weak. Un peu comme moi à la 5/10
J’ai joué 25 heures à la 2/5, majoritairement au B (bien fishy) et au A (assez tough). Une session au V (très courte), une au MGM (lolesque) et une au W (cocktail waitress ultra-bombasses). Au total, +2.700 $. Merci les fishs.
Les 1/2 et 1/3.
Quelques courtes sessions à ces limites, histoire de jouer avec mon pote Laurent au PH, son casino préféré, et évacuer la pression des séances sado-maso à la 5/10. Pas grand-chose à en dire, si ce n’est que le niveau y est ridicule, on se croirait en cercle à Paris. C’est le royaume du value bet. Il faut toucher, et value toutes les streets. Du coup, on y est un peu plus cards dependant, mais à moins de spew ou de jouer bourré, il est difficile de ne pas être gagnant.
10 heures de fun pour un gain de 120 $, dont une dernière session en mode spew au PH juste avant de quitter Vegas.
Les 1/2/5 et 1/3 PLO.
Ces parties se trouvent respectivement au V et au A. Généralement en fin de semaine, plutôt le soir. Le niveau est juste débile. Un peu comme au Gaillon, et c’est pas peu dire. Bref, si vous avez envie de vous amuser, forte variance mais EV++ garanti. Il suffit de sélectionner correctement ses mains de départ (grosses paires et double-suited rundowns) pot pré, commit sur un flop favorable et serrer les fesses.
Bilan du PLO, 4 heures et 440 $ de gains.
Au total pour la semaine : 63 heures de jeu, +3,5 k$.
Dans l’ensemble, j’ai plutôt runné good, mais pas de façon odieuse. Me suis quand même fait craqué les AA all in pré-flop pour un pot à 2,4k en 5/10 au V. Le mec m’a vu sur un squeeze et m’a 4-bet/call avec QQ. Obv Q turn et 2k d’EV dans les fesses.
Prochain post sur les restaurants et le shopping. Ensuite, si vous êtes sages, un dernier sur le Rhino et les puputes… On garde toujours le meilleur pour la fin