Voici mon deuxième Trip Report à Las Vegas, du 26 février au 8 mars 2010.
Pour en faciliter la lecture, j’utiliserai les abréviations suivantes :
W = Wynn, P = Palazzo, V = Venitian, M = Mirage, B = Bellagio, CC = City Center, C = Caesar Palace
Plutôt que de suivre une chronologie fastidieuse, je vous propose une approche thématique, plus synthétique.
Depuis trois ans que je joue au poker, je fais mon pèlerinage annuel à Vegas. Comme l’année dernière, j’ai choisi la période du début du mois de mars pour profiter d’une météo clémente et d’un fort trafic principalement dû à la course NASCAR et autres évènements sportifs débiles qui attirent pléthore de « double digit IQ ». Cette fois, mon épouse propose de m’accompagner. En conséquence, réduction dramatique de mon temps de jeu, et augmentation de la fréquentation des shopping malls et des restaurants gastronomiques. Exit aussi les strip clubs, les lap dances et la coke.
Histoire de se la jouer balla, on crame chacun 110k miles sur nos cartes Flying Blue pour prendre des vols Paris – Los Angeles en business. Clairement, la classe affaires de Air France, c’est top. Les 11h de vol se résument à un bon dîner, un film, mass consommation de champagne et 8h de vrai sommeil. Du coup, on arrive frais à LA pour passer l’immigration (zéro attente), la douane et foncer au terminal 5 prendre un domestic flight sur Delta pour Vegas. Arrivée à 22h, taxi, hôtel.
En matière de résidence hôtelière, le strip de Las Vegas propose aux touristes une offre soigneusement segmentée. Les jeunes branleurs pétés de thunes seront sensibles au luxe clinquant et ostentatoire du Palazzo. Mon choix sera identique, mais pour une autre raison : la proximité immédiate de la meilleure poker room de la ville, celle du V, dont le Palazzo n’est, après tout, qu’une extension.
Cette année le P et le V proposent des « poker rates ». En somme, si je joue une moyenne de 6 heures de cash game par jour, donc au total 60h pour les 10 nuits, je ne paye que 119 $ du dimanche au jeudi et 159 $ les vendredi et samedi… au lieu des 280-350 $ que coûte la suite de base. Au final, avec les taxes et les resort fees, je m’en tire a 160 $ par nuit, tout compris (incl ADSL). Ca reste plus cher que les hôtels cheap du strip, mais le rapport qualité-prix est juste incroyable.
La suite fait 70 m2 : salle de bain en marbre, 3 écrans plasma de taille respectable, un lit immense, un coin salon vaste et très confortable, un mini business-center avec bureau, imprimante couleur, fax, internet, et enfin un coin dîner. Les parties communes de l’hôtel donnent dans le style italien clinquant et prétentieux, abusant outrancièrement de marbres et de dorures. Au dessus du casino, un centre commercial haut de gamme communique avec la fausse place St Marc et les canaux artificiels du V.
Le strip existe en deux versions : day & night. La nuit, c’est l’éblouissement des néons, des éruptions volcaniques, des attaques de pirates et autres ballets de jets d’eau. C’est également les hordes de mexicains illégaux qui vous harcellent et distribuent des prospectus racoleurs pour des agences de call girls. C’est aussi, plus tard dans la nuit, des putes paumées et pathétiques qui soldent leurs faveurs pour quelques billets froissés. Bref, comme partout en Amérique, le meilleur côtoie le pire.
De jour, le strip offre une belle promenade (préférez le trottoir Ouest), ponctuée de shopping et d’immersion dans des univers aussi variés qu’inattendus. A ne pas manquer, le nouveau City Center : un véritable bouquet de tours de verre et d’acier. Sur deux niveaux, un superbe mall abrite toutes les marques exclusives, architecture impressionnante, concentration étonnante de prestige et de luxe. Au cœur du City Center, le dernier resort de Vegas : le Aria. Mérite une visite, car les choix esthétiques sont vraiment intéressants. L’ambiance feutrée et apaisante contraste avec les autres casinos. Leur poker room est agréablement agencée, vaste, et cherche manifestement à concurrencer le top 3 (V, B et W).
L’année dernière, j’avais vu The Phantom au V, je vous le recommande sans hésiter.
Cette année, notre choix se porte vers « O », au B. Le Cirque du Soleil est à l’affiche dans les plus grands casinos, leurs spectacles sont tout simplement superbes. « O » n’échappe pas à la règle, et c’est un très beau voyage dans le monde du cirque moderne. A noter en complément du show, une expo de bronzes du sculpteur Richard Mac Donald, à ne pas manquer.
Pas vraiment un show, mais un truc à faire au moins une fois : le parc national du Grand Canyon en hélico. Sundance propose un package à 369$, avec transfert en limo, 2h de vol, et collation au fond du grand Canyon. Un truc de fou. Au retour, survol du strip : vraiment impressionnant.
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Contrairement aux idées reçues, il est possible de très bien manger à Vegas, sans trop se ruiner, et sans prendre 10 kilos. A prix égal, on y dîne bien mieux qu’à Paris… avec une qualité de service sans comparaison. Je ne suis pas critique culinaire, mais il me semble que ces quelques adresses peuvent vous être utiles (les prix sont indicatifs et comprennent un main, un side, le vin et les tips) :
Delmonico at V : Excellent steak house, qualité de viande incomparable. De loin la meilleure entrecôte que je n’ai eu l’occasion de déguster. Service top. Compter environ 100 $ par personne.
Carnevino at P : Dans le même style, mais un cran en dessous imo (env 80 $ par personne). Les blogs de foodies le placent unanimement dans le top 5 des steak house à Vegas. Overrated.
Table 10 at P : Excellente cuisine Créole. Cher mais délicieux (env 80 $ pp). Cadre et service soigné.
Stratta at W : Italien prétentieux, cher et sans grand intérêt. A éviter (50 $ pp). Juste en face de la poker room du W.
Wing Lei at W : En réservant, l’hôtesse vous précise que le Wing Lei est le seul chinois d’Amérique du Nord étoilé au Michelin. Elle en profite pour vous informer que si vous souhaitez dépenser 150+$ dans son établissement, il vous faudra porter chemise et veste. Bref, on se sape comme des ballas, et vamos en Chine. C’est clairement meilleur qu’un random chinois avenue de Choisy, mais pas de quoi remplir une page du Michelin.
Dos Caminos at P : bon mexicain, sans plus. En revanche, cadre exceptionnel. A faire en fin de soirée pour y boire des Corona avec tacos et guacamole (env 40 $ pp).
Spago at C : Très à la mode dans les 90s, ce restaurant reste un de mes préférés à Vegas. La déco a pris un coup de vieux, mais la carte est toujours aussi originale. Cuisine contemporaine et créative. Excellent rapport qualité/prix (env 30 $ pp).
Postrio at V : Alter-ego de Spago (même chef, Wolfgang Puck) sur la fausse place St Marc du Venetian. Idéal pour un déjeuner sur le pouce. Leur merlot californien est délicieux. Impérativement choisir une table en terrasse avec vue sur les deux über-bonnasses de l’accueil ;-)
Carnegie Deli at M : le Mirage a mal vieilli, pue le tabac froid et mérite une réfection massive. En attendant, ce restaurant d’inspiration new-yorkaise ne tient pas ses promesses. A éviter (env 30 $ pp).
Buffet du W : A faire au moins une fois à chaque séjour à Vegas. THE buffet, tout y est superlatif… ne pas manger 24h avant (prix selon l’heure).
Grand Lux at V et P : Brasserie internationale, cuisine de qualité, prix raisonnables et service 24h sur 24h. Celui du V est un repaire de joueurs de poker.
Vu le taux de change favorable et une offre surabondante, le shopping était une contrepartie équitable pour justifier les nombreuses heures passées au poker sans mon épouse. Le truc à savoir, c’est de venir à Vegas valises vides et de repartir à plein.
Le meilleur spot est certainement le Las Vegas Premium Outlet (premium outlets) à 18 $ de taxi du nord du strip. C’est un incontournable pour les fashion addict : 150 magasins de grandes marques à prix cassés. Ralph Lauren 3 à 5 fois moins cher qu’à Paris, idem pour Levis, Hilfiger, CK, Armani Exchange…
Face au W, le Fashion Show Mall offre un large choix d’enseignes milieu de gamme et de « department stores ». Avec ma femme, on a laissé un bon 1k$ chez Banana Republic… quand on aime on ne compte pas. Choix d’enseignes complémentaire et de positionnement similaire au Miracle Mile du Planet Hollywood, au centre du strip.
Le Caesar Palace abrite certainement un des plus beaux mall du monde (avec ceux de Dubail) : le Forum Shop. C’est plus haut de gamme que le FSM, sans être inabordable. Un mix intéressant d’enseignes de mode, accessoires et gadgets pour geeks.
Les marques de luxe sont toutes présentes au W, P, B et CC mais les prix sont identiques à ceux pratiqués Av Montaigne, donc sans réel intérêt. Si vous voulez absolument acheter des shoes Gucci ou Prada, oubliez Vegas et allez faire les soldes Via dei Condotti à Rome.
Bon, vu qu’on est pas sur le forum de aufemmin.com, je vais quand même parler de ce qui nous intéresse vraiment : le poker.
Autant être clair, de toutes les poker room, celle du V se démarque très nettement pour les raisons suivantes :
- Accueil et service pro à tous les niveaux (floor, dealer, chip…)
- Plus forte activité du strip
- Action 24h sur 24h
- Plus de tables (40 + 10 supplémentaires pour les tournois)
- Food comps (entre 1$ et 2$ de l’heure) plus poker rate pour les suites (voir plus haut)
- Sièges ultra confortables
- Espace important entre les tables
- Pas ou très peu d’attente, listes sur écrans géants
- Cocktail waitress ultra bombasses
- Masseuses idem
- Rake cappé à 4$ pour les 1/2 et 2/5 et 6$ les 30 minutes pour les 5/10
- Reduced rake quand on est 6 ou - à table
- Une table de PLO quasiment tous les soirs
Les rooms du B, du W, du C et du Aria peuvent rivaliser sur certains de ces points, mais aucune n’offre tous ces avantages, et loin s’en faut. Seul défaut du V : le bruit, en particulier sur les tables 8, 9 et 10 (toutes des 2/5) en raison de la proximité des machines à sous. Ca peut devenir pénible à la longue, il m’est arrivé une fois de demander un changement de table pour ne pas partir en vrille.
Depuis cette année, les tables sont équipées d’un système de tracking très précis. Quand vous arrivez, le dealer vous demande votre player card, et vous check-in. Sur un petit écran face à lui, il peut visualiser les noms des joueurs et leur siège. Le welcome desk suit, en temps réel les places occupées et libres sur un écran, et dispatche les arrivants de façon à équilibrer les tables. Dès que 10 joueurs sont en liste, une nouvelle table ouvre. Comme à l’ACF, il y a toujours assez de croupiers disponibles pour ouvrir des tables. Du travail de vrais pros, quoi.
J’ai fait une seule session à la 1/2, quasiment à la décente de l’avion vendredi soir. Un échauffement en quelque sorte. Pas de surprise, le niveau est atroce. Un mix divertissant de livetards calling station « récréatifs » et de jeunes ultra weaks qui jouent underrollé. Profitable (+1,5 BI) mais inintéressant : on a les mêmes en France.
Ma limite de prédilection fut la 2/5. Clairement, j’y ai trouvé le niveau meilleur que l’année dernière. A croire que les ricains se sont mis à lire des books, des forums et à mater des vidéos comme des malades. Possible aussi que la crise économique qui frappe le pays ait drainé les spewtards et que, du coup, la proportion de regulars ait augmenté. A part quelques touristes égarés et quelques retards qui se prennent pour Phil Ivey, le reg se défend plutôt bien. Faut dire que, contrairement à chez nous, les mecs se cavent très rarement à moins de 100BB, et qu’il est très fréquent de voir 5 ou 6 stacks à 200-300BB. Résultat, plus d’expérience dans le jeu deep, notamment à la turn et river. Les mecs ne stack off pas systématiquement avec TPTK ou overpair, comme ils le feraient avec 50BB deep. Ils savent aussi lâcher des draws quand ils n’ont pas les odds nécessaires pour chasser. Leur principal leak : ils respectent un peu trop les bets river et il est relativement facile de steal IP à condition de bien choisir son spot. Bref, une bonne soixantaine d’heure à la 2/5, j’ai runné plutôt moyen (+ 2 BI), mais le sentiment d’avoir appris sur mes propres leaks et avancé sur certains concepts.
Inévitable et unique shot à la 5/10, et évidemment ça chie. Je perds un premier BI avec 2 overs + FD, puis un autre avec NF turn vs doulette river qui boat up. En semi tilt, je fais un hero call contre une vieille dame qui tentait un bluff un peu éventé, je serre mon jeu et termine la session à - 1 BI. Un peu frustré de laisser 1k$ aux regs, mais that’s poker. On est toujours le fish de quelqu’un, faut se faire une raison.
Quelques courtes sessions à la 1/2(5) PLO. Les blindes sont 1/2, mais le « bring-in » (le limp en quelque sorte) est de 5$. Là, le niveau est vraiment pas terrible. La table est rarement complète, et les joueurs, à part quelques regs sont souvent des curieux qui veulent apprendre une nouvelle variante en s’amusant et sont persuadés d’avoir quads avec QQQx en main et Q sur le board. Les regs cherchent à promouvoir cette partie, et sont particulièrement sympas. J’y ai passé d’excellents moments. (+ 1 BI)
Enfin, côté tournois, pour les budgets < 200$, le 19h du C et le 12h du V sont, et de loin, les meilleurs deals. Pas fait cette année, de toutes les façons je suis une quiche en tournoi. Allez, j’allais oublier que j’ai quand même spew 540 $ dans un event du Wynn Classics. J’y ai croisé Paul Testud, qui terminait son séjour à Vegas après le NAPT. On a échangé quelques mots à la première pause, il est très sympa. Je bust à 69 left, sur 160. Deux gros coins flip perdus. Aucun talent, je vous avais prévenu.
En somme, un bilan financier quasi neutre, mais une belle expérience. Sur mon volume de jeu pendant ce séjour, l’écart de rake entre Vegas et la France doit représenter quasiment 1000 $, ce qui revient à dire que passer une semaine à Vegas ne coûte (presque) rien. Autre avantage, l’ambiance aux tables est autrement plus sympathique qu’en France. Pas d’insultes, pas de propos méprisants, pas de cartes qui volent… au pire, un « nice hand, sir » un peu ironique. Et surtout, pas de « Tout pour Papa ». Des vraies vacances, quoi.
Brag : J’ai retrouvé ma masseuse préférée (Meghan, voir photo sur mon premier trip report : ici).
Beat : Pas moyen d’ « approfondir » le massage dans ma chambre.
Variance : Anyway, le threesome n’était pas prévu au programme de ce séjour.






Lag-tard

Haut

King of Bellagio




King of Rhino


Redoutable Joueur de Cartes

Bad Beat Station






























