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  1. Bon. Ca fait des semaines que j'ai dit que j'écrirais ce machin. Ca fait déjà pas mal de temps que je l'ai commencé et que je procrastine de le finir. Je vous le mets déjà en version beta, parce que je pars - encore - en vacances et que j'en verrai jamais le bout si je trouve pas un moyen de me motiver. Donc zou : 1/ Jeu inexploitable vs jeu optimal Nous avons déjà parlé dans un précédent article de la façon de rendre son jeu inexploitable (C'était ici). Il s'agit là je pense d'un prérequis indispensable à un jeu solide et gagnant. Maintenant, jouer un bon poker ne s'arrête pas à cette notion d'inexploitabilité. Il faut souvent aller voir plus loin : jouer de façon inexploitable vous assurera vraisemblablement d'être un gagnant. Néanmoins, en raison de la rake vous ne serez généralement au mieux qu'un petit gagnant, voire un léger perdant si vos adversaires jouent également d'une façon "parfaite" - ce qui, rassurez-vous, n'arrive en pratique jamais dans la vraie vie. C'est à ce moment que plutôt que l'inexploitabilité, on se met à rechercher l'optimalité. Explication : Vous jouez à Pierre-Feuille-Ciseau un jeu trivialement inexploitable : 1/3 Pierre, 1/3 Feuille, 1/3 Ciseau. Quelle que soit la stratégie utilisée par votre adversaire il ne pourra jamais être gagnant (vous non plus cependant, mais c'est une autre histoire, l'équilibre est breakeven quelle que soit la façon de jouer de l'adversaire. Nous verrons ultérieurement un équilibre breakeven ou gagnant). Imaginons que vous jouiez face à quelqu'un ne possédant pas de doigts ( ), par conséquent incapable de jouer ciseau. Ses fréquences seront donc { 50% P ; 0% F ; 50% C } . Il ne vous battra toujours pas si vous persistez à jouer votre stratégie { 33% P ; 33% F ; 33% C }, certes. Maintenant peut-être y a-t-il de profiter de son désavantage de manière éhontée (c'est après tout le but ultime du joueur de poker : exploiter les handicapés ), afin de dégager une EV (Expected Value) positive ... Le contre optimal à la range de votre adversaire est assez trivialement { 100% P ; 0% F ; 0% C } : vous ne perdrez jamais et gagnerez 50% du temps lorsqu'il choisira ciseau. Il s'agit là d'une solution hautement exploitable, mais qui restera la meilleure tant que votre adversaire ne s'adaptera pas, ne vous exploitera pas. C'est là un distingo crucial à faire au poker : être exploitable n'importe pas tant que votre adversaire ne vous exploite pas. "Range". Le mot est lâché. Même s'il semble un peu pompeux pour jouer à pierre-feuille-ciseau, il va nous permettre d'également introduire le concept de range perçue, maintenant que vous êtes totalement familiers du concept, somme toute basique (!), de range. Pour l'illustrer, nous allons quitter le monde de Pierre-Feuille-Ciseau (oooh, quel malheur !) pour - enfin ! - retourner vers celui du poker. (A dire vrai j'avais commencé à rédiger un exemple totalement con vous mettant en situation de jouer aux World Series of Pierre-Feuille-Ciseau. J'ai abandonné après 1-2h car a/ C'était vraiment très con b/ C'est de toute façon plus clair au poker. Et là, au détour d'une recherche Wikipedia, je découvre qu'un championnat du monde de Pierre-Feuille-Ciseau existe bel et bien ... A Toronto ... Sont fous ces canadiens ...) BREF ! 2/ Exploitabilité et range perçue i - Range perçue : définition et illustration Avoir conscience de sa range perçue, c'est un peu comme avoir conscience de son image. En un peu plus poussé. Il ne s'agit pas seulement de dire "j'ai une image agressive, donc dans telle situation je peux raise profitablement". Ca va souvent plus loin : "j'ai une image agressive, et dans telle situation mon adversaire s'imagine que je raise avec la range A, ma main est dans le top de cette range, je peux raise profitablement". En clair il s'agit d'une formalisation, qui va nous aider dans pas mal de situations (et je vous prends le chou avec ça parce que j'aime ce qui est carré. Je suis une espèce de néo-fasciste du poker) Imaginons que vous soyez de manière générale un joueur TAG, jouant 22/19/6% de 3bet. Prenons deux situations : A : depuis 100 mains je joue 18/14. Je n'ai encore jamais 3bet. B : depuis 100 mains je joue 28/26. J'affiche 16.6% de 3b sur 36 occurrences possibles et mes adversaires commencent à s'agacer. Un joueur qui ne vous connaît que de cette session relance UTG. Vous l'avez 19/15, avec 37% de steal (un reg plutôt tight en early position, donc). Vous 3bettez, quelle est votre range perçue dans les situations A et B ? En A votre adversaire va s'imaginer que vous avez très vraisemblablement une main très forte. Mettons 80% de {AQ+ ; JJ+}, 20% de {random bluffs}. Ainsi même en imaginant que vous bluffiez occasionnellement, il ne pourra pas call ou 4bet sans une main très forte. En B votre adversaire va très souvent vous voir en carnaval et va vouloir call ou 4bet légèrement. Aussi, ayant pris conscience de votre range perçue dans chacune de ces situations, quelle devrait être votre range réelle ? ii - Adaptation de la range réelle à la range perçue En A une range très polarisée. Clairement vous voulez 3bet vos monstres, comme toujours, mais vous ne voulez vraisemblablement 3bet vos mains fortes, sans plus. Par exemple, 3bet TT, JJ, ou AQ, même s'il s'agit pour certains d'un 3bet automatique ne semble pas très judicieux. Certes, vous allez prendre le pot préflop très souvent. Seulement cela revient à transformer ces mains très fortes en bluffs : si votre adversaire 4bet, alors que vous n'avez pour l'instant jamais 3bet, vous pouvez être convaincu que sa range est dans 80% des cas {QQ+, AK} et fold votre main. Et dans le même temps, quand il n'a PAS {QQ+, AK}, vous perdez l'opportunité de jouer un pot en position avec une main qui domine assez largement sa range. En clair, il ne vous call/4bet quasiment jamais avec une main moins bonne, et fold tout ce que vous battez. Par contre, pourquoi ne pas profiter des vraisemblables 80% de fold equity dont vous disposez pour 3bet des mains plus marginales, cette fois-ci en effectuant un bluff avec des mains qui ne méritent guère mieux ? Des 87s, des AXs ... En clair des semi-daubes, avec lesquelles semi-bluffer preflop. D'où range polarisée. Maintenant jusqu'où la polariser, ça dépend de vos goûts. Personnellement quand j'ai une image si tight je vais souvent jusqu'à flat QQ et AK (ça fait des jolis NYBR en plus après) et ne 3b que {KK,AA} pour value. Enfin ça dépend un peu des stakes de jeu, en NL200 toujours je vais 3b QQ/AK, en NL100, beaucoup moins. Reprenons maintenant la situation B. Vous allez alors opter pour une range mergée. Ce sera optimal car vous pensez que vos adversaire peuvent call/4b light. Du coup 3bet 99+/AQ+ devient plus alléchant (en fait ça dépendra un peu de si vous pensez qu'il va call light, ou 4bet light, enfin vous devriez vous référer à l'article de personne pour ça, sûrement détaillé dans les grandes lignes). Du coup voilà, en réfléchissant un peu à votre range perçue, vous avez du même coup modifié votre range réelle afin d'optimiser votre jeu préflop. Avec un peu de chances c'est une première pour certains et je ne suis pas totalement inutile à écrire ces lignes Maintenant c'est un concept qui s'applique bien plus loin que le jeu préflop en fonction de votre image. iii - Range perçue : usage par défaut Ok bon, voilà un titre qui n'a vraiment pas l'air clair. Pas le courage de trouver mieux, je vous embête. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a plus que l'image qu'un joueur nous assigne en fonction des 100 mains qu'on vient de jouer avec lui : il y a aussi celle qu'on projette quand il ne nous connaît pas. Hein ? Mais qu'est ce que tu racontes, s'il ne nous connaît pas on projette pas d'image ? En fait si. Par défaut votre adversaire vous imaginera être un joueur moyen de la limite. C'est du coup quelque chose avec lequel il faut savoir composer, notamment parce que dans ces moments de flottement entre deux joueurs, il vous est possible d'énormément vous éloigner de l'inexploitable pour viser au maximum l'optimal - c'était déjà en partie ce qu'on a fait précédemment pour le jeu preflop. En clair, vous allez pouvoir totalement distordre votre range réelle pour essayer d'exploiter les leaks moyens d'un reg de la limite. Ce qui sera moins possible quand il vous connaîtra. Eclaircissons le propos en prenant deux exemples : Le premier sera simpliste : j'ai pour habitude de minraise toutes mes ouvertures du bouton, pour diverses raisons. Maintenant si d'aventure lorsque j'ai le bouton pour la première fois contre des blindes qui ne me connaissent pas, je me trouve en possession de {AK ; QQ+}, je ne vais certainement pas me priver de raise à 3, voire 3,5BB. Théoriquement c'est hautement exploitable : je raise plus fort mes monstres. En pratique votre adversaire ne vous connaît pas, et vous n'avez aucune raison de vous en priver. Le même raisonnement peut facilement s'appliquer à des sizings de 4bet, en fonction de là où vous souhaitez pousser votre adversaire. Pour faire un pont avec mon précédent article, un autre leak exploitable lorsque votre adversaire ne vous connaît pas est de profiter d'une des principales tendances de tous les regs du monde : partir à bet dès que ça check sur eux. Imaginons la première rencontre face à un reg, vous avez une main type AJ sur un board A97. Extrêmement régulièrement si vous partez à check vous allez récupérer deux bets flop et turn face à toute la range d'air de votre adversaire. Pour quelle raison ? Parce que de leur point de vue, votre range perçue est celle que vont avoir beaucoup de regs checkant ce flop : des 98, des TT, QQ, etc. Or il n'en sera rien. A terme, si vous souhaitez check/call des QQ, 98 sur ce genre de flop, vous aurez certes l'occasion de vous bâtir une range équilibrée et inexploitable comme nous l'avons vu la dernière fois. Ici il s'agit avant tout de tirer un profit maximal de cette main en jouant au mieux par rapport à la range perçue moyenne. Voilà, bon, à terme je pense ajouter des paragraphes à gauche à droite, et surtout revenir sur la notion d'inexploitabilité, en particularité dans les situations rares, où grosso modo on n'a plus rien à foutre d'être exploitable puisque l'adversaire ne pourra virtuellement jamais nous observer suffisamment souvent. Ca méritera un gros paragraphe avec des exemples à l'appui. (et je viens de voir après publication que c'est quand même pas mal dense, bref) J'espère qu'en l'état ça pourra déjà en intéresser quelques-uns Voilà, bonne fin de vacances pour ceux qui y sont encore ! Sylvain.
  2. [Vidéo] Le jeu shortstack

    Hello, Ca va bientôt faire 3 semaines que je me dis qu'il faut que j'écrive un report de mon séjour à Marrakech, où pour mémoire j'ai fait 3è à un tournoi, pour 6k¤ (brag : j'ai une ligne Hendon Mob). Enfin vous me connaissez, j'ai la flemme. Mais ça va venir. Bientôt, bientôt. En attendant, j'ai eu l'envie de réaliser une petite vidéo. Comme je l'ai posté dans le forum adéquat : Si jamais une discussion se noue là-bas, le lien, pour info : http://www.clubpoker.net/forum-poker/Video...ing-t97433.html A très bientôt pour un nouveau billet Marrakech. D'ailleurs j'ai eu pas mal de retours à base de "put**n ils sont bien tes billets quand tu parles pas de poker". J'en prends acte pour le futur Sylvain.
  3. Salut à tous, Mais que peut bien vouloir dire cet étrange titre ? A dire vrai moi-même n'en ai pas grande idée. Juste que ça fait un bout de temps que je me dis qu'il faut que je poste quelque chose dans ce foutu blog, donc bon, pourquoi pas ça. Voilà, ça c'était le préambule pour dire que ce que je vais tenter d'expliquer ici risque FORTEMENT de partir dans tous les sens. Ne soyez pas découragés. Si je parviens à l'écrire, vous arriverez à le lire. Introduction Cadrons un peu le débat. Dans votre "carrière" de joueur de poker, je suis convaincu qu'il y a régulièrement eu des moments où vous avez eu un déclic, et où votre niveau de jeu a effectué un bond de géant. Pour schématiser : 1/ "J'ai As-Roi. C'est une bonne main. Je fais tapis." 2/ "J'ai As-Roi. C'est une bonne main. J'ai toutes les chances que la main de mon adversaire soit moins bonne. Je fais tapis." 3/ "J'ai As-Roi (ouais, encore, chattard inside). C'est une bonne main. La range moyenne de mon adversaire est moins bonne. Je fais tapis (oh, you guessed ?)." 4/ "J'ai As-Roi. Il y a une partie de la range de mon adversaire qui est moins bonne mais paye néanmoins. Je fais tapis." Je pense qu'à peu près tout le monde pourra se reconnaître dans ces considérations simples. Peut-être certains joueurs qui me lisent ne sont pas encore au 4/ (si non, activez-vous les enfants ! ) 1 - "Mais comment je vais jouer ma paire de rois ???" Maintenant il existe une cinquième étape à laquelle j'essaie de penser le plus souvent possible. Ce n'est pas évident car elle n'est pas forcément totalement intuitive. En plus je suis totalement deg', mon exemple simpliste de As-Roi ne suffira pas à la faire bien comprendre. Imaginons donc une situation plus complexe. Dealt to ArtPlay : (wouhou !) ArtPlay is the bigblind Villain is the dealer (SB) Villain raises to 3BB ArtPlay raises 7BB to 10BB Villain calls 7BB ********FLOP********* Fait yech. Obv. Comme d'habitude, comme à chaque fois, quand vous avez KK ya un as au flop. Rahlala. Sick life. Alors qu'évidemment votre adversaire lui il a toujours au flop. Standard imo. Bref. Whining mis à part, vous êtes généralement bien emm**dé sur ce flop. Bon déjà vous êtes hors de position. En plus vous avez une main qui colle pas du tout au tableau c'est moche. La première réponse du joueur débutant à la question "comment je joue mes rois ?" est souvent de bet "pour info". "Ben oui, comme ça s'il a un as il va me relancer !!!" Eh eh, pas con. Seulement ça colle pas, dans la mesure où en gros s'il a un A il va payer, s'il n'en a pas il va se coucher. Les meilleures mains payent, les moins bonnes se couchent. Pas bon. Autre solution. Deuxième solution, je check. Là notre adversaire mise. Aïe. ("ben oui je t'avais bien dit qu'il fallait miser parce que là sinon il peut nous bluffer !!!!). Que faire ? Et surtout que faire s'il re-mise le turn ? En fait, si la réponse à cette question est si délicate à apporter, c'est parce qu'on ne s'est pas posé la bonne question à la base ("mais t'es trop con, c'est toi qui décides des questions que tu poses dans ton blog" ... Ouais ... Ouais ... ) Reprenons : 2 - "Mais comment je vais jouer ma paire de rois ??" "Mais comment je vais jouer ma range ??" Oui, tout de suite ça a l'air plus compliqué. Mais n'ayez crainte : 1/ Quand vous aurez compris ça sera à dire vrai plus simple 2/ Vous pourrez vous la péter sur les forums Vous avez déjà assimilé par le passé qu'il fallait jouer de manière cohérente contre la range d'un adversaire - concrètement ne pas aller all-in preflop avec parce que vous sentez bien qu'il a (eheh, je suis favori à 55/45, j'ai mis l'argent devant LOL). Il va falloir faire de même avec votre propre range. Reprenons, donc. Imaginons que votre range de 3bet preflop soit {TT+/AT+/78s+}. Sur ce flop il convient de la séparer en trois (voire quatre catégories) : - Les poubelles : {78s+} - Les mains à showdown value modérée : {TT, QQ, KK} - Les mains à forte showdown value : {AT, AQ, AK} - AT est quand même borderline mais c'est pas le point. - Les monstres : {AJ, JJ, AA} Bon ça c'était la partie facile. Maintenant au flop vous avez deux actions possibles, check et bet. Deux actions sur lesquelles vous allez distribuer votre range. C'est cette distribution qui est cruciale et que vous devez étudier afin de ne plus jamais avoir peur de vous faire bluffer. C'est ce qu'on appelle l'équilibrage de ses ranges. Et vous voulez généralement les équilibrer de telle sorte de ne pas être exploitable (du moins contre un adversaire un minimum compétent, contre un débile il peut parfois être plus efficace d'accepter d'être exploitable en considérant que votre adversaire n'aura pas la capacité de vous exploiter) Prenons des exemples de ranges déséquilibrée, en ne considérant que le jeu au flop : A - Range nobluff La range que vous auriez si vous ne jouiez qu'en considérant la force de votre main dans l'absolu Bet : {SD value > 0} Check : {SD value = 0} Vous exploiter devient très simple. Fold lorsque vous misez, bet lorsque vous checkez (éventuellement call avec des mains comme AT, mais on ne va pas entrer dans les détails) B - Range nocheck La range que vous auriez si vous étiez un gros bourrin qui mise tout le temps (yen a je le sais, ne niez pas.) Bet : {All} Check : {} Exploitation : call toutes ses mains avec SD value C - Range trapman La range des mecs qui jouent à l'envers. Quand j'ai rien je mise, quand j'ai les nuts je check. (vous avez l'amélioration ultime trapman-fish-de-combat : quand j'ai rien je mise le pot, quand j'ai les nuts je mise 2BB, quand j'ai KK je panique et je fais tapis pour 80BB) Bet : {SD value = 0} Check : {SD value > 0} Simple à exploiter : call 100% des mains à SD value, raise les poubelles, bet uniquement les mains à forte SD value. Bref. Les ranges A et C sont quand même très caricaturales. On trouve plus souvent la range B, parce que "ben si j'avais un as je miserais !". Mais comme vous le voyez c'est exploitable, et surtout ça n'optimise pas votre value : vous ne récupèrerez jamais de value de potentiels bluffs que vous auriez pu choper avec une range bien équilibrée (et de préférence mal comprise par votre adversaire. Imaginons la range suivante : D - Range équilibrée Bet : {Poubelles ; forte SD value} Check : {faible SD value ; monstres} Si l'on se cantonne au jeu au flop (nous verrons le jeu multistreet plus tard ... Si j'ai encore envie d'écrire ...), l'inexploitabilité de cette range tient au fait que lorsque notre adversaire va miser, nos range de bet et check vont chacune se scinder en deux ranges où notre action sera différentes. Poubelles : fold Forte SD value : call Faible SD value : call Monstres : raise D'ores et déjà vous n'êtes plus exploitables puisque pour chaque sous partie de votre range il existe une partie qui la protège qui joue de la même manière : - Si votre adversaire veut bluffraise votre CBet il s'expose à être payé par la partie forte de votre range - Si votre adversaire veut valuebet thin sur la partie faible SD value de votre range, il s'expose à être relancé par la partie monstres 3 - Jeu multistreet : où me situe-je dans ma range actuelle ? Bien sûr l'exemple, si long qu'il soit à détailler, reste simpliste. Des situations plus délicates se présentent ; mettons que vous ayez KK, vous check/callez le flop, et votre adversaire rebarrel allin le turn. What do you do ? Reminder : Dealt to ArtPlay : (wouhou !) ********FLOP********* (not wouhou) Cette fois vous ne vous êtes pas laissé avoir, bien joué, la question la plus pertinente n'est pas "que fais-je avec KK". De fait la question que vous devez vous poser est "où se situe KK dans ma range ?". Là vous réalisez que vous n'avez pas réfléchi au problème depuis le début : de fait, KK est la meilleure main de votre range. Oups. Pour autant vous avez bien envie de fold. C'est là tout le problème : vous ne devriez JAMAIS avoir envie de fold la meilleure main de votre range. J-a-m-a-i-s (bon quasiment jamais, ok parfois yaura dérogation, genre si votre adversaire a jamais misé de sa vie et que ya 4 piques sur le board et aucun dans votre main) Si cela devait arriver, c'est que votre range est mal équilibrée, et donc exploitable (et fortement exploitable). Concrètement, si il arrive un point X de l'action du jeu, au flop, turn, ou river où vous allez fold la meilleure main de votre range, il suffit à votre adversaire de miser quelle que soit sa main pour gagner de l'argent 100% du temps. En l'occurrence si vous voulez check-call au flop puis check-fold au turn avec KK, il doit y avoir une main avec laquelle vous allez check-call deux streets. Il faut donc re-concevoir vos ranges. J'imagine que vous commencez à comprendre, mais pour vous donner une idée, un exemple de range équilibrée pour le jeu multistreet flop et turn : Bet/fold flop : {Poubelles} Bet/call flop : {AK, AJ, AA,JJ} check/call flop, check/call turn : {AQ, AT} check/call flop, check/fold turn : {KK,QQ,TT} Voilà, ce n'est peut-être pas équilibré à 100% dans la mesure où je ne me suis jamais amusé à équilibrer pile-poil en terme de nombre de combinaisons de mains (j'ai une vie). Mais ça devrait déjà vous donner une idée utile. La ligne double check/call en particulier est fantastique. Quand vous commencez à check un board A high, votre adversaire décide super souvent de vous mettre sur une underpair, et décide généralement de vous faire fold. Vous allez induire un nombre de bluffs fantastiques et vous faire un max de thunes avec la partie {AQ, AT} de votre range. Exemple rapide : Dealt to ArtPlay [] 4 fold benshengfa: raises $3 to $4 ArtPlay: raises $8 to $12 benshengfa: calls $8 *** FLOP *** [] benshengfa: checks ArtPlay: checks *** TURN *** [] [] benshengfa: bets $20 ArtPlay: calls $20 *** RIVER *** [] [] benshengfa: bets $50 ArtPlay: calls $50 *** SHOW DOWN *** benshengfa: shows [] (a pair of Aces) ArtPlay: shows [] (three of a kind, Aces) ArtPlay collected $161 from pot Pour précision : A priori AT et KK ont la même value, dans la mesure où si votre adversaire bat KK il battra également AT, puisqu'il n'a pas théoriquement de Ax où x < T dans sa range. Seulement l'énorme différence est que le fait d'avoir un A dans votre main diminue drastiquement la possibilité que votre adversaire en ait également un. Ca semble négligeable, mais ça ne l'est pas. Puis bon, il faut bien mettre une frontière quelque part après tout Voilà. Même si je suis parti un peu dans tous les sens, j'espère avoir été un minimum clair. Réfléchissez en dehors du feu de l'action, planifiez vos mains, demandez-vous toujours si vous n'allez pas vous mettre en situation de folder le top de votre range (auquel cas, ré-étudiez vos ranges !) J'ajoute que ça vous permet de simplifier certaines décisions. On voit souvent des topics sur ClubPoker où des joueurs veulent fold des trucs impensables "J'ai 3bet KK, le flop vient J22 mais mon adversaire minraise : QUE DOIS-JE FAIRE ??". Là vous vous dites "OK, j'ai environ 30 mains que je miserais sur ce flop, KK est la 3è main de mon range. FFS JE FOLD PAS TOP10% SUR UN MINRAISE POURRI !". Tout de suite la vie est plus simple. Vous aurez parfois tort de call sur le moment (et encore, rarement), mais vous aurez au moins l'assurance de ne pas être exploitable au long terme. En espérant que ça puisse être utile à certains Gros bisous de Bussy-Saint-Georges. Art/Sylvain.
  4. Théorie : le 4-bet light

    Salut à tous, Ca fait maintenant un petit bout que je n'ai pas posté de billet un peu technique, donc je vais m'y coller sur un thème sur lequel je fais pas mal travailler mon jeu en ce moment, le 4-bet light. Avant de commencer la partie douloureuse et longue à écrire, ma petite ligne d'autosatisfaction classique, à ce stade du mois +2500$ en NL100. Ajoutez à ça une première place à un SNG 90 joueurs, et 300$ sur d'autres jeux (ah 5-card-draw quand tu nous tiens ...), et mon mois est actuellement à +3k. Sympa. Allez ... courage ... Le 4bet-light En avant-propos, rappelons que ce que j'applique personnellement vaut pour la NL100 de PokerStars. Je doute qu'en dessous ce soit bien utile, et je pense que de même sur pas mal d'autres réseaux il n'est pas encore crucial en NL100 de mixer ses ranges de 4bet (je dis ça, tout ce que je fais c'est répéter les "on-dit", je n'ai pas été vérifier par moi-même) Il n'y a pas si longtemps sur le forum, je disais que j'estimais que le 4bet light était à peu près inutile en NL50. Au-dessus, j'ai changé d'avis ! 1 - Pourquoi 4bet light ? (c'est joli ce bleu.) Simple. Principalement parce que adversaires vous 3bettent beaucoup trop (wah, rusé ArtPlay). Concrètement, aller 4bet contre un adversaire qui ne 3bet que QQ+/AK c'est aller tout droit dans le mur, vous en conviendrez, je ne vais faire à personne l'insulte d'expliquer pourquoi. Maintenant il y a des adversaires qu'il faut éviter de 4bet. Prenons l'exemple de Pedro. Pedro est portugais, et 3bet 15% de ses mains (en clair pour les profanes : Pedro est casse-burnes). Le problème c'est que Pedro il va faire allin contre 70% de vos 4bet, parce que lui ce qu'il veut, c'est gamble sa paye de smicard portugais (le portugais est pauvre, sa paye il la gamble en NL100). Et encore s'il est de bonne humeur, les 30% restant il va call, parce que voir un flop c'est rigolo. Clairement 4bet Pedro n'est pas l'idéal. Non, l'idéal contre les tarés comme Pedro c'est plutôt d'aller call avec une plus grande variété de main, d'aller voir des flops, et de lui faire bouffer sa bacalhau. NOTA : Pedro n'est pas un âne, ça aurait fait une blague trop facile. Maintenant supposons que vous jouiez contre Ingmar. Ingmar est un jeune suédois qui revient tout juste de son année de césure au MIT, et qui lit régulièrement les forums de 2+2 publishing. Seulement, Ingmar, à sa manière, est également un peu pète-burnes, puisque lui va 3bet 10% du temps dans les positions qui vont bien (D vs CO, BB vs D, etc). L'avantage, c'est qu'il est un peu moins neuneu que Pedro et ne va pas allin tout son range de 3bet. L'inconvénient, c'est qu'il va être beaucoup beaucoup plus dur à aller jouer dans les pots 3bettés. (enfin en tout cas moi j'en chie dans les pots 3bettés). La parade donc (tadamtintintin !!) le 4bet light. Prends garde Ingmar ! 2 - Comment 4bet light ? Au-delà de toute considération trop technique ("glisse le pointeur de la souris vers la touche RAISE ..."), parlons un peu ici de sizing. J'avais tendance avant de mixer mes ranges de 4bet à 4bet à 32BB (maintenant que je me relis je me dis "put**n ! ..." enfin non je me dis pas ça, c'est un mot censuré par CP, je me dis "Bigre ! c'est énorme !"), puisque de toute façon je ne 4bettais que AK/QQ+ et que je partais au tapis, ça n'avait aucune importance d'être commit. Etre commit, c'est là le gros problème. Et le fait est que vous n'avez aucune envie d'être commit en bluff preflop. De manière générale vous avez envie de mettre le moins de thunes possibles quand vous êtes en bluff, il va donc falloir revoir sérieusement à la baisse le sizing de vos 4bet, et ce que vous soyez en bluff ou non (parce que sinon vous êtes 1500 fois trop exploitable, ça coule de source) De manière générale, contre un 3bet standard (~12BB), le sizing optimal doit être compris quelque part entre 24 et 27BB. Plus bas vous allez avoir pas mal de kékés qui vont vous cold call (et quand vous serez en train de balancer votre range avec AK, vous l'aurez mauvaise ), plus haut ça commence à faire sacrément de thunes pour un bluff. Je ne vais pas m'éterniser sur les histoires de sizing de 4bet ainsi que sur l'équité de différentes mains par rapport à des ranges de 5bet shove données, c'est pas inintéressant, mais c'est long à détailler, et surtout c'est déjà très bien fait ici : http://archives1.twoplustwo.com/showflat.p...an=0&page=0 3 - Comment identifier une situation de 4bet light ? On va ici passer plusieurs points en revue. J'essaie de penser à tout ça quand je 4bet, parfois j'ai un peu du mal et je me fais déchirer, mais pas grave, j'assume. 1/ Choisissez un adversaire avec un haut % de 3bet : on y reviendra 2/ Choisissez un adversaire qui va pas vous 5bet shove en bluff (en NL100 ça devrait aller normalement, mais parfois on rencontre un Pedro qui traîne, gare) 3/ Choisissez une situation où vous estimez que votre adversaire vous 3bet particulièrement souvent (D vs CO, blindes vs BU étant les plus courantes, allez généralement pas vous amuser à 4bet light votre 67s UTG contre un 3bet de la SB) 4/ N'ayez pas 4bet lors des toutes dernières orbites Ceci étant posé, "haut % de 3bet" ça veut pas dire grand-grand chose. Voyons un peu voir mathématiquement comment c'est censé se définir. Prenons la situation standard, hypothèses : - Vous êtes au CO et relancez à 4BB. D vous 3bet à 12BB. Les blindes passent. Vous 4bettez à 27. - D va shove EXCLUSIVEMENT avec JJ+/AK, soit 3% (modèle imparfait, notamment parce que souvent JJ n'est pas 3betté. Mais bon.) Donc en clair quand on relance on a 23BB à ajouter, et on a à gagner 4+12+1.5 soit 16,5, il faut donc gagner le coup 23/39.5 = 58% du temps pour être ev0. Concrètement sur la range de notre adversaire ça se traduit par le fait qu'il doit 3bet davantage que les 3% qu'il shove doit représenter moins de 42% de sa range de 3bet. Soit que dans la situation donnée il 3bet 3% / 0.42, soit 7.1% de ses mains. Pour information, mais c'est sûrement plus anecdotique, contre une range de 5bet shove plus large (TT+/AQ+), on passe à 4,7 / 0.42 soit 11%, pour une range de 5bet shove sans JJ, on passe à 2,6 / 0.42 = 6.1% Bref et tout ça pour dire, donc (on va y arriver), que des situations où un joueur 3bet plus de 7% de son range on en trouve mine de rien énormément en NL100, où beaucoup de regs tournent justement à 6-7% de 3bet en global (donc vraisemblablement 10% en BTN vs CO typiquement). Ainsi le play de 4bet light sporadiquement est rapidement ev+ per se, à condition de le faire suffisamment peu souvent pour que l'adversaire n'adapte pas trop ses ranges (en particulier ses ranges de 5bet shove, pour l'instant j'ai rien constaté en ce sens, avec pourtant 50% de 4bet bluff sur l'ensemble de mes 4bets) Et le gros avantage c'est en plus de ça qu'il vous rend moins exploitable, et a de bonnes chances de calmer votre adversaire (en clair quand vous venez de faire un 4bet bluff, la fréquence de 3bet pour les orbites suivantes tend à diminuer, tout bon pour vos steals). Et PAR DESSUS tout ça, si je vous ai parlé de l'importance du timing (pas de bluff peu après un premier 4bet), dans l'autre sens si vous chopez une premium juste après avoir 4bet bluff, vous augmentez vos chances de voir votre adversaire gentiment spew contre vous. Bref c'est du tout bon quand le metagame commence à être bien aggro. Mangez-en. 4 - Avec quelles mains 4bet bluff ? Bon là-dessus je vais faire court parce que ça doit pas avoir un impact énormissime (j'ai la flemme de faire les maths ...). Mais en gros vu que la range de push de l'adversaire est JJ+/AK, de manière évidente avoir un A, un K, ou n'importe quel couple de broadways > J dans la main réduit la probabilité que votre adversaire ait une main de sa range de push. Après je doute que ce soit très significatif. Enfin bon OK, je fais les maths vite fait. A la base on a 4 x 6 = 24 combinaisons de JJ+, 16 combinaisons de AK (soient 40 combinaisons qui font 3% des mains). Dans le meilleur des cas si vous avez QK, ça enlève 3 combinaisons de QQ, 3 combinaisons de KK, 4 combinaisons de AK, restent 30 mains, vous passez donc à 2,25% de shove. Si on reprend notre petit calcul vous passez à 5.4% de 3bet. C'est pas négligeable mais c'est vraiment le meilleur cas de figure et c'est pas ça qui change tout (jveux dire si vous pensez que le 4bet est borderline, même si vous avez QK, vous risquez au mieux d'être ev0 et de vous contenter d'augmenter votre variance. 5 - Situations particulières a) Parce qu'un court exemple vaut mieux qu'un long discours, une situation où vous serez très facilement ev+ si vous savez que le 3better est light : Table 'Ate' 6-max Seat #3 is the button Seat 1: GIFITOME ($60.80 in chips) Seat 2: wernse ($80 in chips) Seat 3: hobiejuan ($121.30 in chips) Seat 4: HBsen ($163.60 in chips) Seat 5: ArtPlay ($142.15 in chips) Seat 6: cityburke ($100 in chips) HBsen: posts small blind $0.50 ArtPlay: posts big blind $1 *** HOLE CARDS *** Dealt to ArtPlay [] cityburke: folds GIFITOME: folds wernse: folds hobiejuan: raises $2 to $3 HBsen: raises $7 to $10 ArtPlay: raises $10 to $20 hobiejuan: folds HBsen: folds => ArtPlay wins with trash. Concrètement ici sur les mains que j'ai, hobiejuan a steal 9 fois sur 9 au bouton, et HBsen a 3bet 4 fois sur 40 situations possibles (10%, échantillon faible, certes, mais tout de même). En NL100 les moves de ce genre sont plutôt très rares en bluff et montrent énormément de force. Je pense prendre le coup au moins 75% du temps, et être largement EV+. b) Le cas où le 3better met quelque chose comme 16BB. Alors ceux-là je vous le dis tout de suite, je les aime pas du tout, ils me cassent totalement mon groove. 4bet contre eux forte à mettre au moins 28BB, soit 32 si on veut de la crédibilité. Autant dire que je suis pas à l'aise pour 4bet bluff contre eux, ma parade consiste donc à beaucoup fold (ouais, facile : /), et à flat call avec des monstres. En clair je ne les 4bet quasiment jamais. Vu qu'ils construisent le pot pour moi, j'en profite pour me contenter de call mes monstres qui se retrouvent avec un stack to pot ratio tout à fait décent. Je précise que je doute aborder cette situation d'un point de vue optimal, mais c'est le mieux que j'aie trouvée pour le moment. c) Le cas où le 3better flat call régulièrement votre 4bet. Bon là c'est un peu la m**de. Généralement ça arrive quand vous mettez 24BB. Première parade, ben mettez 27 : en général ça suffit. Deuxième parade (si c'est vraiment des gros Pedro) : arrêtez de les 4bet bluff, contentez-vous de les 4bet for value, et attendez tranquillou qu'ils spewent comme des grands contre votre range de monstres. Bien. Voilà, c'était peut-être un peu long mais j'espère que ça pourra être utile à certains. Surtout à ceux qui en chient contre Ingmar. Enfin rappelons que le plus simple quand on joue contre Ingmar, c'est encore de changer de table. (en NL100 ya encore de la marge normalement) Salut à tous, et à bientôt pour espérons d'autres bonnes nouvelles.
  5. ... Bonnes nouvelles !" Diront certains. En fait non, pas du tout, le mec qu'a inventé cet adage est vraiment un con. Pas de nouvelles = je run bad. Je viens d'arriver sur mon blog pour écrire ce nouveau billet, et je vois que dans le dernier en date, lundi dernier, je me plaignais d'avoir eu un breakeven day d'environ 4khands. Ha ! Naïf que j'étais. Retour sur les événements de la semaine passée : Wonderful wednesday ain't it ? Bref, ce mercredi moisi à -400$ m'a totalement foutu dedans et donné la flemme de poster (je vais pas me justifier, mais j'ai pas eu beaucoup de chance. Ok, je me justifie.). Ceci dit, je dois bien dire qu'avec 1600 mains et +210$ aujourd'hui, j'ai à nouveau le moral. Et je me propose donc de vous soumettre - enfin ! - un petit essai sur la défense de blindes, à prendre avec des pincettes car je pense néanmoins avoir beaucoup de progrès à faire dans ce domaine. Néanmoins ça peut jeter les bases d'une réflexion. La défense de blindes en cash game Tôt ou tard quand vous jouez en cash game vous allez être confronté à un problème de vol de blindes. Tout d'abord, de quoi s'agit-il ? Dans l'acception commune c'est comme ça qu'on appelle la situation où le joueur situé au bouton ou au cutoff (le siège avant le bouton) est le premier à relancer. Maintenant qu'est ce que ça recouvre ? Eh bien concrètement quand vous relancez preflop, il y a deux objectifs possibles : prendre le coup preflop (le vol de blinde au sens le plus strict), ou commencer à créer un pot intéressant avec une bonne main. Pour sur-simplifier le problème, si les joueurs ne cherchaient jamais à voler les blindes, terminant le pot preflop, ils relanceraient principalement leurs très bonnes mains : 88+/broadways (les broadways sont les mains constituées de deux figures, comme KJ par exemple). Ca représenterait alors 15% de raise au cutoff et au bouton. Contre un adversaire de ce genre, la problématique de la défense de blindes ne se poserait pas. Seulement jouer pour la valeur de sa main est loin d'être le seul intérêt, même en cash game. D'une part les blindes sont très alléchantes, 1,5BB pour un raise de 3BB. Il suffit que le vol fonctionne 2/3 pour que le voleur gagne de l'argent sur le long terme. D'autre part, le voleur a le grand avantage de pouvoir jouer le coup en position. Et là c'est crucial. Imaginons la situation suivante : CO raise avec . Bouton passe, SB passe. Vous êtes en BB avec . Vu de l'extérieur, vous devriez call. Le problème est que lorsque vous avez et que vous devez jouer hors de position vous allez très vraisemblablement perdre le coup, et même lorsque vous toucherez votre flop vous ne serez que rarement en mesure de rentabiliser suffisamment pour compenser les fois où vous perdrez. A dire vrai, même si votre adversaire relançait 50% de ses mains dans cette position, vous situant au devant de sa range moyenne avec , vous ne seriez vraisemblablement pas gagnant à aller call sans plan de bataille plus évolué tant vous allez vous faire outplay en étant hors de position. Que faire, donc ? Eh bien tout d'abord la règle la plus simple pour défendre votre blinde, c'est de fold. Sacrée défense que tu nous proposes-là, Sylvain. Certes, certes. Mais c'est un premier point qu'il est essentiel de comprendre : de manière générale vous ne pouvez quasiment jamais défendre profitablement votre blinde. Bien sûr, que cela ne nous empêche pas de rentrer dans l'étude de cas plus particuliers : 1/ Vous connaissez très bien votre adversaire et êtes sûr de pouvoir le battre postflop avec n'importe quelle main dans n'importe quelle situation. => Ca arrivera parfois. Mais dans ce cas vous n'avez vraiment pas besoin de vous emm**der à lire cet article. 2/ (et c'est plus intéressant) Votre adversaire vole trop. => Mais vraiment trop, vous en avez trop marre et vous avez envie de le bouffer, lui et son put*** d'avatar de caniche. A titre indicatif on va dire qu'une statistique de vol supérieure ou égale à 35% vous donne envie de le bouffer. C'est ce cas qui nous intéresse, étudions donc les deux principales façons de se défendre : call ou 3bet. Première défense : le call Ca peut sembler être la défense la plus simple par rapport au 3bet, mais à dire vrai c'est la plus délicate à manier, et dirais-je celle qui nécessite le plus d'habileté au jeu. Ce qu'il ne faut surtout pas faire : aller call avec des mains marginales et se laisser massacrer par les CBets adverses. On ne perd peut-être que peu d'argent à chaque coup mais sur le long terme nom de dieu ça commence à faire un sacré paquet de flouze. Prenons l'exemple classique du joueur qui cherche à défendre ses blindes de manière inadéquate. Ce sera notre premier type de call. Premier type de call : les pocket pairs CO raises to 3BB. D folds. SB folds. BB () calls 2BB. FLOP : BB checks. CO bets 5BB. BB folds. CO wins 6BB. Je dis que c'est une grosse erreur d'aller call preflop ici avec cette main si c'est pour fold sur ce flop (du moins si c'est pour fold 100% du temps). Pourtant, cela rentre dans le cadre du setmining, ici on investit 3% de notre tapis en espérant trouver notre brelan et déstacker notre adversaire. Seulement les joueurs qui callent ici omettent un détail capital, on joue contre un joueur qui relance 40% de ses mains. Vous pensez vraiment que lorsque une main sur huit vous allez toucher un petit quelque chose, votre adversaire va gentiment vous donner une part non négligeable de son tapis ? A dire vrai non, il va juste fold son CBet 90% du temps. Morale de l'histoire, vous aurez perdu 2BB sept fois, et gagné 10BB une fois. Ce qui nous fait dans l'ensemble -4BB sur 8 mains. Pas rentable. Si malgré tout vous voulez continuer à setminer, il va falloir faire des concessions et accepter de faire des moves avec vos pocket pairs. Et par move, je ne parle pas d'un truc trop compliqué, et je ne parle pas non plus d'aller call votre paire de 4 sur le flop ci-dessus et de jouer la suite du coup dans le noir en laissant toute latitude à votre adversaire de vous jouer parfaitement. Il va falloir, ne serait-ce qu'une fois sur 8, raise son Cbet avec votre poubelle. Typiquement mettons un flop . Il touche peu la range de votre adversaire. En revanche, il touche beaucoup votre range de défense de blindes. Quand vous checkraiserez un adversaire qui CBet trop sur ce genre de board, vous aurez 90% de fold equity, du moins les premières fois. Et rien que ce bluff une fois de temps en temps vous apportera l'équité nécessaire à continuer de setminer. Deuxième type de call : les gros connecteurs Personnellement je défends peu mes blindes avec mes pocket pairs. Je sais pas, miss mon flop 7 fois sur 8 ça me frustre trop . Cependant c'est une question de goût, et je pense qu'à condition d'y ajouter 1-2 bluffs à l'occasion, c'est tout à fait bon. Je préfère une autre méthode : je vais call des mains comme de gros suited connectors (9Ts, TJs, JQs) et adopter un mode de jeu différent selon la texture du board : Check/call des boards où je vais avoir une paire Check/raise avec mes draws (voire donkbet / 3bet allin mes draws très forts, afin de me commit au maximum au flop. Parce que mine de rien quand on C/R avec un draw fort et qu'on se retrouve sur une turn sans avoir amélioré, la taille de notre tapis par rapport à la taille du pot n'est vraiment pas confortable) Fold les boards vraiment moisis, qui touchent beaucoup la range de mon adversaire et pas du tout la mienne. Typiquement AK2, K57 etc.. Bluffer occasionnellement les baby flops contre les adversaires qui CBettent trop, pour les mêmes raisons que précédemment : si on attend de toucher un draw ou une main, on sera généralement ev-*, et facilement lisible. Bien sûr, précisons que si l'adversaire s'adapte à vos bluffs il faudra réagir en conséquence. Mais c'est l'évidence de tout ce que j'écris, toujours. Il n'y a pas de vérité figée (oh le beau cliché). Troisième type de call : les mains fortes Bon ici je ne parle pas des mains très fortes. Par mains très fortes j'entends : JJ+/AK (et parfois AQ en fonction de mon adversaire). Avec celles-ci je préfère surrelancer pour équilibrer le range de mains que je surrelance (parce que vous verrez dans le point 2/, la deuxième défense c'est la surrelance avec des poubelles, mais chut je spoil) Là c'est facile, la base est de ne pas les 3bet et d'attendre de toucher un flop. Avec des mains comme 33 ou 9T vous ne pouvez pas attendre de toucher. Déjà parce que avec 33 vous toucherez à peu près jamais, d'autre part parce qu'avec 9T même quand vous allez toucher votre main sera rarement énorme. Vous aurez top paire au T, vous allez vous faire valuebet par une main avec un meilleur kicker. Bref la pure "pairing value" de la main n'est pas suffisante et il faut bluffer parfois. Si vous commencez à vous contenter de call des mains comme QK ou AJ, là vous pouvez juste attendre de toucher, et attendre la situation contraire : l'adversaire va valuebet, et vous le battrez au kicker. L'avantage ici est double : d'une part vous dominez souvent votre adversaire (AJ contre A8 par exemple), d'autre part vous 3bettez moins souvent. Et cela vous permet de 3bet en pur bluff avec de magnifiques poubelles, puisque vu de l'extérieur, vous aurez l'image d'un cul serré. Deuxième défense : la surrelance avec des poubelles Bon je crois que là il n'y a pas grand chose à expliquer, le titre me semble assez clair. Le paragraphe précédent explique en plus comment avoir l'air tight, donc tout devrait bien se passer pour vous. Ah, bon, on me signale en régie que c'est un peu court (ouais je suis sponsorisé par un riche éditeur vous savez ... Les rigueurs du métier d'écrivain vedette.) Ok donc quelques recommandations : 1/ Vous n'êtes pas obligé de surrelancer vos pires poubelles. Enfin bien sûr si vous sentez que la situation s'y prête parfaitement, n'hésitez pas. Typiquement : CO relance à 3BB. D call. SB call. Vous êtes en BB () et vous savez que CO fold bien sur les 3bets, et que D et SB ne sont pas non plus des idiots qui vont vous call un gros 3bet avec 33. Ne vous retenez pas. Surrelancez à 16BB. 3 fois sur 4 vous verrez trois rapides "Fold, Fold, Fold" s'inscrire sur votre écran. Ce qui vous donne comme gain moyen du coup sur quatre coups : perte 15BB x 1, gain 10BB x 3 = 15BB de gain. Pas mal. Qu'est ce que je veux dire alors par "ne surrelancez pas forcément vos pires poubelles". Concrètement le 3bet light c'est une question de timing. Evitez de le faire plus d'une fois sur trois pour pas trop agacer votre adversaire (et qu'il ne se doute de rien). Typiquement si en trois coups vous avez 26o, 35s, et 78s, vous serez plus à l'aise avec 78s les rares fois où vous serez callé non ? Par contre si ça fait 5 tours que vous vous faites voler et que vous foldez, si le sixième tour vous avez 23o, le timing peut quand même être bon pour un petit bluff. C'est vous qui devez le sentir. Mais privilégiez légèrement les mains un peu moins nulles. 2/ Le jeu au flop. Espérez ne pas avoir l'occasion de le pratiquer. Sinon. Si vous surrelancez , et que le flop tombe ou , il n'y a aucune honte à check/fold ! (à moins que vous ayez un read sur votre adversaire pour savoir que vous avez beaucoup de fold equity, naturellement) Eventuellement, si vous vous rendez compte que votre adversaire vous exploite en bettant systématiquement dès que vous checkez, rendez-lui la monnaie de sa pièce en checkant vos monstres de l'autre partie de votre range de 3bet. (n'abusez pas de ça sans être sûr de votre read au préalable) En revanche, si le flop tombe ou , il serait quasi criminel de ne pas tenter de miser 16BB dans le pot d'environ 24 pour essayer de l'emporter. Globalement les rois et les as ne sont pas une grosse partie du range de call de 3bet de vos adversaires, et sont de bonnes cartes pour bluffer, car ils sont une grosse partie de votre range apparent. 2bis/ (parce que je viens de retrouver ce que j'avais oublié ... Cf ci après 3/ si vous ne comprenez pas ) Ne 3bettez pas avec des poubelles des adversaires très collants sur les 3bets. Préférez fold ces mains et remettre dans votre range de 3bet vos mains fortes telles que QK, AQ, AJ. Ce sera bien plus profitable. 3/ Il me semblait avoir un 3/ mais je ne retrouve plus ... A défaut je vous propose quelques mains exemple Allez on commence par la façon typique de mal jouer le flop. Seat 1: Hackstarrr ($27.55 in chips) Seat 3: Zyrak ($65.95 in chips) Seat 4: Roelof22 ($57.05 in chips) Seat 5: ArtPlay ($53.90 in chips) Seat 6: JNandez87 ($50.75 in chips) ArtPlay: posts small blind $0.25 JNandez87: posts big blind $0.50 *** HOLE CARDS *** Dealt to ArtPlay [] Hackstarrr: folds Zyrak: raises $1.50 to $2 Roelof22: calls $2 ArtPlay: raises $6 to $8 JNandez87: calls $7.50 => Overcall, très probable très grosse main. AK Aurait tendance à bet par dessus généralement, donc souvent TT+. Zyrak: folds Roelof22: folds *** FLOP *** [] ArtPlay: bets $14 => Worst play ever. JNandez87: raises $28.75 to $42.75 and is all-in ArtPlay: calls $28.75 => Maintenant j'ai l'air con, j'ai la cote *** TURN *** [] [] *** RIVER *** [] [] *** SHOW DOWN *** ArtPlay: shows [] (a pair of Fives) JNandez87: shows [] (a pair of Queens) JNandez87 collected $103.50 from pot Cette main là était un clair check/call au flop par exemple. Voire check/fold selon le montant du bet. Là aller CBet alors que je sais à 90% que mon adversaire me bat est une énorme erreur (je me commit en plus, pour être sûr) due au fait que je tiltais un peu et que je voulais gamble Mais le preflop était bon Allez, une autre, un peu différente de ce que je viens d'expliquer, mais qui va me permettre de souligner une autre notion importante : *** HOLE CARDS *** Dealt to ArtPlay [] 4 fold skipjuhhh: raises $0.50 to $1 ArtPlay: calls $0.50 *** FLOP *** [] skipjuhhh: bets $1 ArtPlay: raises $2.50 to $3.50 skipjuhhh: folds Uncalled bet ($2.50) returned to ArtPlay ArtPlay collected $3.85 from pot Illustration du raise avec air (bon ok, j'ai une gutshot moisie ). Et autre notion importante donc : il est plus rentable de raise les CBets des joueurs qui font des CBets weaks. Typiquement, si un joueur CBet 1$ dans un pot de 2$, comme ici, un raise à 3$ est crédible et donne beaucoup de FE. Pourtant, d'un point de vue risk/reward, vous risquez 3$ pour gagner 3$, magique. En revanche, si le joueur CBet 2$ dans 2$, pour avoir un risk/reward de 1:1 comme précédemment, il va vous falloir minraise, ce qui va généralement vous donner bien moins de fold equity. Vous devrez donc raise minimum à 6$, risquant 6 pour gagner 4. Vous devrez faire coucher votre adversaire 66% du temps pour être ev0*, contre 50% précédemment. Corollaire essentiel : faites des CBet strongs Voilà, c'est tout pour aujourd'hui je suis ouvert à toutes les critiques car je pense qu'il s'agit là de situations sur lesquelles je peux encore grandement m'améliorer, en tout cas sans aucun doute possible concernant la pratique. A bientôt pour de nouvelles aventures ! *ev-, ev+, ev0 : respectivement un coup perdant, gagnant, ou d'espérance de gain nulle sur le long terme.
  6. Running better + article sur le CBet

    Malgré quelques difficultés lundi, quelques donations (généralement inatendues et incompréhensibles) m'ont permis de prendre +363$ en deux jours, sur 4000 mains. Ca fait quand même bien plaisir après mon lundi noir. Enfin tant que j'y suis de rédiger un billet dont personne n'a rien à cirer sur mes performances (qui sont certes extraordinaires, j'en conviens, n'en jetez plus) je vais en profiter pour rédiger un minipavé de théorie pratique sur le continuation bet, car c'est un des thèmes qui m'a beaucoup préoccupé récemment dans mon jeu. Aussi parce que je suis de bonne humeur. Attendez un peu que je trouve comment on met un titre en gros caractères et je me lance. Voilà : Continuation betting (résumé du pavé en deux lignes tout en bas de la page pour les feignants) Tout d'abord, le continuation bet c'est quoi ? Ok, ô lecteur, si tu es vraiment mauvais, voilà une illustration. Je relance à 3BB depuis le bouton dernier de parole, avec . Une main honorable. Un abruti (je prends juste le cas le plus fréquent) en position de big blind me call. Le flop tombe. . Ma-gni-fique. La big blind checke. Eh bien croyez-le ou non en misant vous allez gagner ce pot 2 fois sur 3 alors que vous détenez une magnifique poubelle. Pourquoi ça ? Eh bien de manière générale quand vous avez une main, vous allez "toucher" 30% des flops. Donc il en ira de même pour l'adversaire et vous pourrez voler ainsi beaucoup de pots. "C'est quoi le prob' alors ArtPlay ?" me direz-vous. (allez quoi, vous allez bien me le dire ?) Prob' n°1 : la tronche du flop Ben le premier prob' c'est que souvent le flop est pas aussi beau à voler. Typiquement vous avez toujours votre A8, le flop tombe . Là problème, ya pas le joli pour faire peur à votre adversaire. Pire que ça, votre adversaire étant un abruti (rappelons-le souvent, c'est une notion primordiale à appréhender au poker), il va très souvent vous payer avec des mains genre 79 / 9T / 56, et là vous aurez généralement l'air fin sur ce genre de board, parce que l'abruti il va vous le payer sans l'ombre d'une hésitation votre continuation bet. De là, premier constat, en fonction de la range que vous représentez, et de celle sur laquelle vous mettez volontiers votre adversaire, il y a des bons et des mauvais boards à continuation bet. 24K est bon car vous avez beaucoup de rois dans votre range de steal* tandis que votre adversaire en a peu dans sa range de call, et trouve également peu de draws. 56T au contraire est mauvais car vou.... blablabla, vous avez compris. Prob' n°2 : la tronche de votre main Ouais, si, si, c'est aussi un problème promis. Reprenons notre tableau . Imaginons qu'à la place de A8, vous ayez en main . Bon vous voyez cette main preflop vous vous dites immédiatement "AMAGAD I HAZ A PREMIUM PAIR I BET !". Meuh si, je vous connais, je me dis pareil dans le coin de mon inconscient que je n'ai pas encore domestiqué. Devez-vous donc CBet dans cette situation ? Dans le cas général, je pense que la réponse est non. On verra à la fin de ce paragraphe dans quels cas ça va ne pas être non (réfléchissez-y d'ici là). Cas général, adversaire sérieux. 1/ Vous CBettez. Votre adversaire se couche. 2/ Vous CBettez. Votre adversaire suit ou vous relance. Quelle range de main va avoir votre adversaire dans ces deux cas ? Simple. Cas 1 il n'avait jamais mieux que vous. Mais jamais jamais jamais. Vous venez de faire se coucher une main moins bonne que la votre, ce qui est généralement totalement inutile (sauf quand l'adversaire a potentiellement beaucoup de tirages, ce n'est pas le cas ici.) Cas 2 il a de toute façon 80% du temps mieux que vous, vous jetez de l'argent par les fenêtres. En résumé, si vous êtes payé c'est par une main supérieure. Sinon l'adversaire se couche et vous auriez aussi bien pu attendre pour miser, afin de sous-représenter votre main. Pourquoi sous-représenter votre main ? Parce qu'en jouant ainsi vous allez vraisemblablement récupérer de l'argent des mains moins bonnes qui vont soit essayer de vous bluffer, soit des mains moins bonnes qui vous paieront un value bet au turn en vous donnant peu de crédit à cause de votre delayed CBet. Exemple. Vous avez JJ board 24K, votre adversaire, sérieux et agressif, a 33 en main. Action flop : check/check. Turn : . Vous avez toutes les chances que votre adversaire tente de terminer le coup maintenant en excluant la possibilité que vous ayez un roi. Il mise 3/4 du pot, que vous payez. Action river sur : check (il abandonne généralement son bluff)/check. Vous gagnez, en ayant récupéré une mise de plus que vous ne l'auriez fait en CBettant. Et surtout, notez bien ce qui est essentiel, en payant sa mise au turn, MEME s'il a le roi, ça ne vous aura pas coûté plus cher que de miser le flop et d'être payé ou relancé. Le raisonnement qui sous-tend généralement cette envie furieuse de Cbetter ce genre de flop est qu'on veut SAVOIR si son adversaire à le roi ou non. Vous n'en avez rien à foutre. L'apprendre vous fera perdre de l'argent. Ignorez que vous ne savez pas, c'est comme ça que vous pourrez récupérer de la value, soit sur des bluffs, soit de la 2è façon, en valuebettant. Imaginez le même cas mais avec un adversaire peu agressif. Vous avez toutes les chances, lorsque le 2è roi sortira, de pouvoir miser le turn et d'être payé par la paire de 3, qui ne vous donnera aucune crédibilité, alors qu'elle vous en aurait donné au flop. Pour en revenir au cas où il faut CBet ici c'est si vous savez que votre adversaire est très collant au flop, et qu'il call énormément les CBets, même parfois avec des A-high. Si c'est le cas, ne vous en privez pas, et misez, généralement flop et river s'il ne se réveille pas. Prob' n°3 (décidément) : la tronche de votre range Ouais. Votre range. Parce que bon c'est bien beau de vouloir checker vos mains qui ont une showdown value moyennement bonne, mais si vous faites ça tout le temps, et CBet tous les autres cas, vous allez vite vous faire outplay par des adversaires qui ouvrent leurs petits yeux torves. J'admets cependant qu'il n'y en a pas forcément beaucoup. Ce que je recommande (et qui marche d'ailleurs pas mal), selon que vous soyez en position ou hors de position : Out Of Position : CBettez si vous n'avez rien sur un board qui s'y prête (ex ), si vous avez un tirage, une grosse main, ou une main avec une showdown value très très limite. Exemple de SD value très très limite : sur un board . En gros une main avec laquelle vous ne voulez pas aller check/call, car même si votre adversaire est en bluff sur le flop, il aura tellement d'occasion d'améliorer sa main après coup que vous ne serez que très légèrement favori. Le reste du temps vous callerez dans le vent. Ne CBettez pas systématiquement avec des mains ayant une bonne SD value. Typiquement votre sur un board est bon, mais pas extraordinaire. Jouer en check/call vous ramène énormément de bluffs, en même temps que de vous permettre de ne pas rentrer dans un pot bodybuildé si vous êtes dominé par un meilleur as. (typiquement AK). De plus si vous êtes relancé sur ce genre de board, vous serez souvent obligé de fold alors qu'il est possible que vous ayez la meilleure main. Naturellement ce ne doit pas être systématique, afin que votre adversaire ne puisse pas se dire "ah tiens un board avec un A qu'il ne CBet pas, il a forcément un A". Mais mixer suivant vos adversaires devrait vous rendre déjà assez illisible. Typiquement avant de se rendre compte que avec A8 contre quelqu'un qui fold 80% des CBets vous check/callez, alors que vous CBettez contre quelqu'un qui en fold 40%, votre adversaire devra avoir un sacré paquet de mains sur vous et être très attentif. In position : Plus ou moins pareil, à ceci près que vous pouvez vous permettre de checker vos mains qui ont une SD value très faible, pour ne pas les transformer en bluff. Si on reprend sur , je pense que je la checkerais très souvent, et folderais également souvent sur un bet turn (sauf read sur mon adversaire), tout simplement parce que les gens ont beaucoup moins tendance à bluffer lorsqu'ils sont hors de position. Le corollaire de cela est que dans l'ensemble vous ferez moins de CBets. Et que quand vous n'aurez rien vous serez donc généralement davantage respecté. Corollaire numéro 2 : vous aurez tendance à beaucoup CBet vos draws, vos très grosses mains et rien du tout. Cela risque de dissuader en partie vos adversaires de relancer : si vous n'avez rien ils n'y gagnent rien, mais s'exposent à perdre beaucoup si vous êtes dans la partie "monster" de votre range. De cette façon vous serez moins souvent relancé lorsque vous êtes à tirage. A terme peut-être qu'on peut ajouter occasionnellement des check/raise avec des draws et des monstres contre des adversaires très agressifs lorsqu'on check OOP. Je pense d'un point de vue théorique que ça peut être bon. Faudra juste que je trouve des situations où essayer Résumé : Moins CBet vos mains à faible showdown value pour ne pas les tourner en bluffs, mais au contraire les transformer en "bluff-catchers" et du même coup augmenter l'impact apparent de vos CBets quand vous n'avez rien. Voilà je crois que j'ai à peu près terminé mon pavé du soir, bravo et merci à ceux qui ont tout lu . *steal : se dit lorsqu'on est au CutOff (CO, avant dernière position) ou au bouton (D, dernière position), et que l'on relancer pour voler les blindes.
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