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ArtPlay

Salut à tous,

Je n'alimente plus guère ce blog. Peut-être ferai-je un petit billet pour raconter ma vie dans un futur proche. Quoi qu'il en soit pour le moment je vous propose une petite vidéo.

Pour mémoire j'en avais déjà publié une tout récemment où je jouais en NL25 sur 4 tables ici : . J'ai eu plusieurs fois la remarque que 4 tables en direct, s'overlappant un peu, ça allait un peu vite et que suivre l'action n'est pas évident. Les joueurs des limites inférieures m'ont également réclamé quelque chose.

En parallèle un ami m'a demandé quelques conseils pour débuter. Je me suis donc dit qu'on allait faire d'une pierre deux coups, et lui ai proposé de m'enregistrer une vidéo de lui jouant sur 4-tables, que je commenterais.

Ca va donc se passer ici en DL chez Free : http://dl.free.fr/pCWetxF42 ,

ou chez Megaupload : http://www.megaupload.com/?d=O0VFEKC8

C'est très basique, et peut-être vraiment plus destiné à de grands débutants ou des gens qui ont vraiment du mal même en micro.

Pour un lien streaming : http://blip.tv/artplay/review-barbare999-part1-5259495

ArtPlay

Hello,

Ca va bientôt faire 3 semaines que je me dis qu'il faut que j'écrive un report de mon séjour à Marrakech, où pour mémoire j'ai fait 3è à un tournoi, pour 6k¤ (brag : j'ai une ligne Hendon Mob). Enfin vous me connaissez, j'ai la flemme. Mais ça va venir. Bientôt, bientôt.

En attendant, j'ai eu l'envie de réaliser une petite vidéo. Comme je l'ai posté dans le forum adéquat :

Hello,

Une vidéo où j'essaie un peu d'appréhender les problèmes relatifs aux tailles de stack inférieures à 100BB, en démarrant 4 tables à 20BB, et en ne quittant pas la table lorsque je double up.

J'espère que ça sera utile à certains.

Vous l'avez ici en direct dl : http://dl.free.fr/vPCkpqDcg attention, un peu gros, mais le transfert est rapide

Ou pour la voir en streaming mais en qualité un peu diminuée (en gros vous verrez ptêtre pas les stats du HUD) :

http://blip.tv/file/2728154

Voilà, preneur de tous commentaires et questions.

Si jamais une discussion se noue là-bas, le lien, pour info : http://www.clubpoker.net/forum-poker/Video...ing-t97433.html

A très bientôt pour un nouveau billet Marrakech. D'ailleurs j'ai eu pas mal de retours à base de "put**n ils sont bien tes billets quand tu parles pas de poker". J'en prends acte pour le futur :)

Sylvain.

ArtPlay

[Vidéo] Le jeu fullring

Salut à tous,

Ca fait un bon bail que je n'ai rien mis à jour par ici dites-moi. Bon, certes, je dis ça à chaque billet parce que je glande systématiquement pendant deux mois à chaque fois.

Mais là je dois dire que le fait d'être classé "2è meilleur blog du ClubPoker" ( http://www.clubpoker.net/news/blog-club-po...ieve-vainqueurs ) me fait un peu culpabiliser. Je suis un grand sensible voyez-vous |^ .

Donc je me suis dit que j'allais apporter un peu de contenu, et voilà une vidéo totalement naze sur le jeu fullring. Vous êtes heureux hein ? Et vu que j'ai la flemme de retaper une description, je vais copier/coller ce que j'ai écrit dans ce topic : http://www.clubpoker.net/forum-poker/Video...ng-t107341.html :

Bon.

Techniquement ma vidéo est à chi*er. Au niveau poker je sais pas non plus ce qu'elle vaut, parce que j'ai passé trop de temps à la faire pour m'emm**der à la revisionner :D

Mais j'y ai quand même passé du temps et je suis têtu, donc je vous la soumets quand même.

Elle vient en trois partie :

http://blip.tv/file/3097759

Une première partie théorique introductive. 20 minutes où je parle sur un powerpoint (trop passionnant vous savez, c'est un peu comme vos cours où vous dormez au fond de l'amphi.)

http://blip.tv/file/3098560

Une deuxième partie pratique où en fait on découvre que rien de ce que j'ai expliqué en 1/ ne fonctionne. Point crucial vous avez droit au bruit de ma sonnette à la fin de la vidéo. 40 minutes.

http://blip.tv/file/3106011

Une dernière partie qui conclut. D'où le nom "conclusion." (eheh, pas con). 1 minute 30, vous êtes pas vraiment obligés d'écouter du coup.

Voilà, la prochaine fois j'apprendrai à me servir de Camtasia proprement et je ferai ça dans un seul fichier.

Pour du direct DL (!) :

Rendez vous sur http://dl.free.fr/odjNABpil , le mot de passe est "fullring4fun" pour tous les champs (utilisateur ET mot de passe). DL très rapide pour les abonnés free, genre 40 ko/s pour les autres. 250 mo.

PS : parfois les vidéos mettent du temps à charger sur blip.tv. Hésitez pas à attendre une minute. Et pensez à mettre en plein écran pour la partie pratique si vous voyez mal.

Gros poutous les loulous.

Voilà. Et comme dirait jojolemérou@skygloub.net : lâchez vos comz LOL.

Puis bon. Vu qu'il faut être poli comme dirait ma maman, merci à tous ceux qui ont voté pour moi au sondage CP malgré mon inactivité remarquable :)

(et peut-être que le Marrakech Report aura une suite un jour où je m'ennuie)

ArtPlay

Salut à tous,

Je vous vois venir d'ici, ach, non, je n'ai pas encore gagné un package en jouant à un jeu débile à CPRadio.

Non, encore mieux, puisque cette fois-ci c'est carrément moi qui suis parti animer CPR. Ben ouais, je me suis dit que ce serait encore plus simple de truquer les jeux comme ça. Pas folle la guêpe.

Plus que ça encore, ça m'a permis de découvrir un peu le monde "pro" (les vrais, pas les branlos comme moi). De fait, j'ai même pu frôler Gus Hansen, inutile de vous dire que j'ai bien cru défaillir.

Je réalise au fur et à mesure que je rédige ces quelques mots que je n'ai rien de plus structuré à communiquer que des paragraphes de 2 lignes. Pour autant j'ai 2-3 photos sympas en stock qu'il FAUT que je publie. Donc j'imagine qu'en guise de structure que je vais écrire des conneries jusqu'à manquer d'inspiration et/ou de photos.

Arrivée à Cannes

13h, coup de fil à Laurent le Webmaster (ouais j'connais le gratin).

"Nous sommes arrivés à l'aéroport.

- Je viens vous chercher. Je suis là d'ici 30 minutes".

2h plus tard, Laurent arrive à l'aéroport, alors que l'estomac de FPC commençait à gronder (et croyez-moi, ce n'est pas quelque chose que vous voulez entendre de près 8|). Laurent a cru bon de s'encombrer de SuperCaddy, dit Dany Boon, qui s'excuse pour lui "'scusez-nous lô, on a eu des problèmes d'orientation hein". Le ton est donné.

Un sens interdit emprunté dans les deux sens plus tard, nous arrivons aux appartements loués par Laurent pour l'occasion. Bon ils sont sympas, il s'est pas foutu de notre gueule (contrairement au moment où il est venu nous chercher). Nous bâfrons quelque peu, et décidons finalement de nous mettre au boulot en nous dirigeant au casino, après avoir joué sur l'Iphone de FPC pendant une heure comme des golios (je pèse mes mots). C'est pas tout ça mais on a du boulot.

La dure vie d'animateur radio

Voilà qui décrit parfaitement mon activité au casino de 17h à 20h :

artplay-supercaddy.jpg

En gros bon, problème. Je ne connaissais absolument personne, et SuperCaddy est très timide à cause de son accent - il a bien raison. Moralité, nous nous sommes assis, et avons attendu que le temps passe en disant du mal des gens. En particulier de n'importe quoi de sexe féminin, parce que c'est vachement plus marrant. Donc concrètement, on s'est fait chi**. Heureusement qu'on était deux.

On m'annonce qu'il faut que j'aille démarcher Juha Helppi pour lui demander s'il peut venir à la radio. Ok je veux bien, mais je sais pas qui c'est moi. Après on m'annonce de lui dire pour le convaincre qu'on aura sûrement aussi Leo Margets et Melanie Weisner. Mais put*ain c'est ce qui Leo Margets ? Bref, je suis confus, et timide comme un Dunkerkois qu'aurait égaré ses ch'tis. Nous finirons néanmoins par avoir Juha le lendemain. Je ne me suis jamais senti aussi puissant (enfin sauf au moment où j'ai interviewé Phil Laak, c'est-à-dire dix minutes avant : )

A part ça, pour parler un peu plus sérieusement, si vous n'en avez pas eu l'occasion, écoutez les émissions, elles sont bien (même si on peut arguer que mon objectivité soit compromise) :

A part ça, et parce que finalement tout le monde s'en fout des choses sérieuses, passons à la suite. Animer CPR en direct de Cannes, ça n'implique pas que de glander au casino et d'aller à la plage. Je vous soumets d'ailleurs mon look de plagiste, lâchez vos comz LOL :

DSCF8717.JPG

Bref non, ça n'implique pas que ça. Animer CPR en direct de Cannes c'est avant tout ...

Des rencontres

Ca on en rencontre des gens. Beaucoup trop avant le day3, faut attendre que les plus mauvais bustent un peu pour se retrouver avec le gratin. Mais à partir de ce moment là, et bien qu'étant en général assez dur avec mon prochain, j'ai à peu près trouvé tout le monde sympa. Je vais finir par croire que je suis à ma place dans ce monde d'argent et de vice.

Voici donc quelques unes des personnes que j'ai vues de près ou de loin, enfin surtout quelques unes des personnes dont j'ai des photos, parce qu'objectivement sans ça on s'en cogne.

Charles64

DSCF8705.JPG

Vous connaissez certainement Charles. C'est un mec que personne n'aimait jusqu'à ya pas si longtemps (jusqu'à ce qu'il joue en 5/10 et qu'il soit capable de jouer les HU4ROLLZ qu'il propose en fait. Coïncidence). Bon, eh bien je vais briser le mythe, c'est un brave garçon en vrai. Il ne traite même personne de grosse daube, ce qui constitue une belle avancée. Rassurez-vous il garde son piquant quand il parle de personnes qui ne peuvent pas l'entendre.

Toujours est-il que j'ai eu l'heur de lui faire un massage, et croyez-moi que mon ressenti face à Gus Hansen n'était rien à côté de ça.

FPC

Bon, j'ai pas de photo marrante en fait. Mais je tenais juste à lui tirer mon chapeau pour son talent d'animateur. Parce que vous n'imaginez pas, vous, de l'autre côté de la barrière, vous vous dites que FPC c'est juste un petit bonhomme à l'humour douteux qui prépare bien ses émissions. Bah en fait pas du tout, même quand on lui impose des invités 3 minutes avant et qu'il ne sait limite pas du tout de qui il s'agit, il gère fort bien la chose.

(Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : la préparation normale d'un émission de CPRadio ça reste de l'ordre de 20-25h de travail. Si, si.)

En fait parler de FPC me permettait aussi de meubler, parce que si je n'avais eu que deux personnages à présenter ça aurait été creux.

Eric Cantona

Je vous sens extrêmement jaloux. Oui, moi, Sylvain Ribes, j'ai rencontré Eric Cantona, dans un casino Partouche. Et je tiens à lui tirer mon chapeau parce qu'il est l'égérie dans la campagne de pub la plus pourrie et la plus drôle que j'aie jamais vu.

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IMG_2651.JPG

Ah oui, le tout petit gars sur la troisième photo c'est Dromz, qui a gagné le 3k HU. Mais bon pas très intéressant à côté de Cantoche.

Sur ces bonnes paroles et ce billet riche en contenu, see you soon,

ArtPlay.

ArtPlay
Report BPT Nice

J’ai eu la grande chance ce weekend de pouvoir jouer le main event du BPT Nice (1650€), après avoir gagné un package sur un jeu totalement truqué par les Ws et Piercy. Naturellement, les choses étant ce qu’elles sont, gagner l’entrée au tournoi en investissant en tout et pour tout que 30 minutes de mon temps de travail au bureau m’a intégralement vidé mon réservoir de chatte, et je n’ai bien entendu pas ramené un euro de la Côte d’Azur vers les chatoyantes prairies de Marne-la-Vallée.
Ressenti

Toutefois l’expérience m’a plu, et mon ressenti en intéressera peut-être certains (sinon soyez cools, lisez pas). Du coup vous n’allez pas y couper : moi aussi, je me lance dans un compte-rendu insipide de tournoi live : « j’ai fait ci, j’ai fait ça, j’ai placé des bons moves grâce à mes reads, et à la fin bad beat ( :( :( ) je me suis fait craquer les as !!!! ». Bon, non. Faut pas déconner, si jamais à un moment je me mets à écrire des conneries pareilles, ma fortune ( ! ) à celui qui me tire une bastos en pleine poire.

Je me suis bien plu donc, dans ce petit casino Ruhl tout bling-bling, et j’en étais le premier étonné. Au soir du day1, alors que j’avais commencé avec 20.000 jetons, somme qui sera restée mon maximum tout au long du tournoi, j’ai même déclaré à ma copine qui m’avait accompagné à Nice : « ben tu vois, j’en suis le premier étonné, mais même si demain je saute comme une mer*de au bout de 5 minutes, je serai malgré tout content d’être venu ». Peut-être aurais-je dû m’abstenir de tels propos, puisque le lendemain je sautais effectivement au bout de 5 minutes, à la deuxième main.

Qu’est-ce qui a donc fait que moi, LE grinder enfermé dans sa cave, qui m’ennuie d’habitude fermement en live, j’aie finalement apprécié ce tournoi ? Deux raisons principalement :
- Tout d’abord le joueur de live sudiste de base était moins chiant que je me le serais imaginé. J’avais en tête des Aymés, des carrés de deux, et des français qui sont là (papa). Rien de tout ça. Malgré quelques éclats grandioses, tout s’est bien passé. Citons en quand même deux :
• « Allez il est là papa, par ici la sousoupe », le tout avec un accent digne de Roger Hanin qui se force
• Le même monsieur détenant 99 sur 779 qui sur-sur-relance en overbet au flop parce que « bé oui ! je le sais que tu as une paire, et je veux pas avoir mal à la tête si un valet ou une dame tombe ! ». Arg.
Globalement j’ai même eu l’impression qu’un ou deux m’aimaient bien. Ce qui m’a surpris, étant donné que tout ce que ma communication à la table s’est résumée à soupirer et à fold.

- Ensuite, j’ai eu la bonne surprise de rencontrer quelques personnes particulièrement sympathiques, dont la conversation a fait passer le temps plus vite. En particulier :
• Matthieu, alias chipsmagnet2 sur le forum. Vous vous souvenez peut-être de lui : il avait à l’époque fait un tabac sur le forum en postant quelques mains qu’il avait jouées de façon … particulière, et dont la conclusion était en substance « hahah, je suis vraiment le meilleur ». Depuis il était devenu beaucoup plus calme, tant et si bien que j’en étais venu à me demander s’il s’agissait de la même personne. Eh bien quoi qu’il en soit, Matthieu s’est avéré très sympathique, et ce fut un plaisir de regarder l’Argentine se faire écraser en sa compagnie. Et je lui pardonne de m’avoir fait foirer un piège digne de Machiavel (voir plus loin)
• Antoine Viau, qui réalisait le coverage. Même si malgré toute la bonne volonté du monde on n’a finalement pas réussi à prendre ne serait-ce qu’un café ensemble, lui m’a bien soutenu pendant tout mon parcours shortstacked malgré l’absence totale d’action dans un périmètre d’un mètre autour de moi. Il était littéralement derrière moi : chaque fois qu’il posait sa main sur mon épaule pour me déclarer « mais il est encore là papa ! » j’entretenais pendant une seconde l’espoir qu’enfin une croupière ait succombé à mon charme (car d’habitude ça m’arrive 100% du temps quand je joue en live)
• Lucille Cailly, alias SoMuchB. Bon, je dois dire qu’on n’a pas tant parlé que ça. Néanmoins, pour le peu d’occasion qu’on a eu, elle m’a fait l’impression de quelqu’un de très sympathique. Du coup, c’est con à dire, mais jouer à la table de quelqu’un qu’on trouve sympa, même sans se parler, ça rend l’ambiance plus agréable. Cela dit, 4b/fold UTG vs BB contre un joueur de live nit, même si on a KK et qu’il a AA, c’est mal.

Bien sûr j’ai également eu l’occasion de croiser d’autres personnes. Maintenant faut pas déconner, je vais pas non plus faire un post de 10 pages.

Le déroulement du tournoi

Ca intéressera peut-être certaines. Puis ça m’évitera de raconter 10 fois si jamais la demande se fait sentir :
« Eh Sylvain ça s’est passé comment à Nice ? »
« Eh bien en fait dès la deuxième main je reçois as-dame de cœur, deux limpent, je relance à 6BB, flop valet de cœur, sept de carreau, quatre de carreau, un payeur, je mise 400 … ». Pfiou. C’est tellement pénible de raconter des mains à l’oral. A la place de tout ce babil je pourrai répondre :
« Fais pas ch*ier va lire mon blog ». Nous voilà partis donc.

Deuxième main : AQs, niveau 25/50

Barbara Martinez limp, je relance pour 250 avec :Ah:Qh. Tout le monde passe, elle paye.
Flop :Jh:4d:7d
Elle check. Je mise 400, elle relance à 900. Fort de nos 20.000 jetons, de mon backdoor FD et du fait que sa relance pue du bec et représente pas grand chose, je call.
Turn : :Jh:4d:7d:9h
Elle mise 1050. C’est très peu. J’hésite entre relancer et juste payer. Je me contente de payer, principalement parce que je ne comprends rien, et que j’ai des implied de bâtard.
River : :Jh:4d:7d:9h:8s
Bon j’ai miss, ça chie un peu dans la purée. Etonnamment elle check. Je réfléchis un peu, j’hésite entre miser et check, je me dis qu’elle a peut-être récupéré une paire pourrie avec un tirage flush, et que pour checker elle peut jamais avoir grand-chose, donc je fais 2600.
Elle call assez rapidement, je montre fièrement mon AQs (vraiment la main qui n’a rien à voir avec le tableau), elle de son côté abat 78o. Ok, j’ai rien compris à sa façon de jouer. Bienvenue Sylvain, dans le monde du live et des minbets/minraise pour info.
Rétrospectivement avec un peu d’information sur l’adversaire c’est pas forcément super bien joué au turn, je pense que relancer est meilleur, et check la river est définitivement meilleur vu qu’elle se retrouve avec des mains comme ça. Bref.

Quelques mains plus tard, TT de SB

Je reçois :Td:Ts au niveau 25/50. Random guy en MP ouvre à 225. Payé par Barbara au bouton, payé par moi en SB.
Flop :Jd:7d:4d
Je check. Random guy check, Barbara mise 400 dans 700. Je paye, random guy se couche.
Turn : :Jd:7d:4d 2s
Je check, Barbara mise 700 dans 1500. Hum. Je paye quand même.
River : :Jd:7d:4d:2s:5s
Je check. Barbara remise 700, dans 2900 cette fois-ci. Bon. Je me vois pas beau, mais je paye histoire de voir. Elle retourne :Kd:8d. Pareillé tout est payé ! 
A ce moment là, je n’ai plus qu’environ 13.000 jetons, au bout de 25 minutes de tournoi j’ai pris un bon départ.

S’ensuit une période intensément card-dead. Je ne réussis qu’à prendre un pot, avec JJ, sur un flop J9K, foldé au flop. Ce qui me fait assez violemment remonter à environ 14k.
S’ensuivent quelques coups où je raise puis miss le flop en 4way ou bien où je raise et me fais sur-relancer. Après être un peu remonté, je retombe à 12k sur le coup suivant :
OESD malheureux

2 limps. Je complète :Jc:Tc au CO, bouton complète également.
Flop : :4c:8h:9d ; check général
Turn : :4c:8h:9d:4h : Tout le monde check avant moi. Bon. Je vais tenter un petit stab avec mon OESD. Je mets 900 dans un pot qui doit avoisiner les 1300 (je sais plus quel level, mais en gros le déroulement du coup c’est ça).
Gros monsieur qui vient de check annonce « relance 2700 », d’une voix forte, avec un air méchant et très marseillais. Bon. J’hésite, mais je paye finalement car vu son profil il n’a jamais full ici (il aurait raise 88/99 preflop), mais souvent un 4, et que j’ai donc une bonne dose d’implieds si je touche. Egalement car, soyons réalistes, je m’emm*erde.
River : :4c:8h:9d:4h:5c (paye ta brique). Il check. J’hésite à miser puis reconnais en ce check une ruse de livetard (puis bon, je me suis convaincu au turn qu’il avait un 4, aussi). Je check, il showdown :4c:6c. Hmmm.

Je tombe lentement mais sûrement à 7-8k. Je finis par doubler sur ma voisine malheureuse, avec TT > 99. Ca ne dure pas, et après un 3b malheureux, je suis de retour à 12k. Vient une main marrante qui aurait pu et dû me rapporter plus si je l’avais mieux jouée et si les circonstances s’étaient mieux enchaînées.
KK flatcallé preflop

Au niveau 150/300, Matthieu alias chipsmagnet2 ouvre à 800. Ayant environ 40BB, j’hésite entre payer et sur-relancer. Pendant mon hésitation, la personne derrière moi croit venu son tour de parler et annonce « sur-relance, 2100 ». Il est donc selon la règle contraint de respecter sa parole lorsque viendra son tour, sauf si je sur-relance moi-même. Contre toute attente, je connais cette règle (pour en avoir fait les frais à trois reprises lors de mon tournoi à Marrakech), et j’annonce très rapidement « payé » pour simuler n’avoir pas entendu mon adversaire se contraindre à la relance derrière.
Matthieu, croyant bien faire, me dit « attends attends ! Il a dit relance derrière ! ». Je tente de jouer la carte du gars endormi (pas besoin de trop me forcer) : « hein mais quoi ? non mais payé », mais Matthieu insiste pour bien m’expliquer. Bon. Il vient de me casser la baraque (et s’en excuse après le coup, np, j’aurais fait rigoureusement pareil)
Le gars fait donc 2100. C’est là que je fais je pense le con, je me dis que je suis de toute façon cramé et j’envoie la boite papa. Il passe assez rapidement, et déclarera avoir fold JJ. Je me dis que j’aurais peut-être dû flat à nouveau les 2100. Pas certain vu que les autres livetards à la table me disent « oh moi à sa place j’aurais pas fold, je te voyais sur as-dame !!!!! ». Z’ont des bons reads dites. Dans le même genre un peu plus tard j’envoie tapis avec AA (pour 12BB, après un limp) : « Ahlala, je sais que tu peux avoir tout sauf AA, mais je fold ».

Enfin bref. Je vivote ensuite le reste de la journée.
Dernière main du day1 : QKo

En début de parole, Barbara ouvre 4.000 sur 600-1200. Je découvre KQo, et c’est fort logiquement qu’avec mes 12.000, j’envoie la boîte papa. Tout le monde passe jusqu’à elle. Elle entame alors une longue réflexion.
Je me dis que vu la cote de fou elle doit avoir une sacrée poubelle pour hésiter comme ça. Elle hésite deux minutes et finit par fold. Je montre KQo, elle montre un A, puis un T. AT. J’en suis muet. « Si c’avait pas été la dernière main je t’aurais payé » me dit-elle. Ahem. Il reste des choses qui m’échappent. En bref, je finis le day1 avec 19k, presque aussi bien que quand je l’ai commencé. Sick perf.

Le day2 sera court, puisqu’à la deuxième main j’ouvre :As:Jc, et envoie mes 12BB face à un ouvreur UTG+1 (Mohammed Laarif), après un petit instant de réflexion. Il demande un décompte de mes jetons avant de payer avec KK. Bon. Il aurait pu payer immédiatement coumême.
A la réflexion je me dis que c’est un des axes de progression que je dois explorer en live. En l’occurrence ce monsieur m’avait plutôt à la bonne, et je suis sûr qu’il aurait été foutu de me dire en toute honnêteté de fold si je lui avais tout simplement posé la question. J’essaierai la prochaine fois.

Bref, pour faire une conclusion lapidaire, c’était super. Encore merci à CP et à Barrière.
ArtPlay

Salut à tous,

Ce ne doit plus être un scoop pour vous, fidèles lecteurs, j'écrivais récemment que je m'étais éclaté lors des FPS, un tournoi live. Je m'étais dit que j'allais tenter de remettre ça un peu plus souvent.

C'est alors que j'ai vu que le complexe Hotel/Casino Es-Saadi proposait des packages pour une série de petits tournois, le Marrakech Poker Open, avec hébergement offert. Vous me connaissez, je ne recule devant rien pour un truc gratuit, j'ai donc décidé de jouer pour 2.300€ de BI de tournois, pendant 7 jours à Marrakech.

FLYER_VERSO-mars20111.jpg

Le programme

Je ne vais pas vous faire languir sur mon premier résultat, j'ai déjà bust sur le freeroll à 10k€ garantis, 150 entrants. Quelle vie, je run vraiment bad en live. J'ai néanmoins eu la chance d'avoir Roger Hairabedian à ma table, qui m'a bien fait rire.

Voyez il s'agissait d'un freeroll rebuy (:?), pour 50€ on pouvait racheter son stack de départ. Problème, les freeroll n'est pas un 10k ajoutés, c'est un 10k garantis, donc s'il n'y a pas au moins 200 rebuys, cela n'ajoute rien au prizepool. Autant dire qu'avec 150 joueurs, la value du freeroll si personne ne rebuyait est de 66€, et que payer un rebuy à 50€ semble être limite spewy.

Bon, eh bien là où Roger m'a fait rire, c'est que le temps que je bust (j'ai tenu 35 minutes quand même, malgré une belle structure, 50BB au départ, levels de 20 minutes, je remercie le casino Es-Saadi 8|), il avait déjà craqué 3 doubles rebuys. C'est beau d'avoir trop d'argent.

Mais trêve de médisance, je vais tâcher de faire un peu mieux sur les tournois payants. Je tourne à 50% d'ITM en live et 500% de ROI, normalement ça devrait bien se passer, je devrais pouvoir maintenir le cap. C'est pas comme si le MTT live était une discipline sujette à la variance.

Je vous tiens au courant via mon twitter d'éventuelles performances extraordinaires (genre un mincash sur le 225€ de ce soir, par exemple) ici : ArtPlay's Twitter

La bise aux filles,

Sylvain.

ArtPlay
Day 3

Mon premier day 3. Certes, la veille était de la même manière mon premier day2, et l’avant-veille mon premier day1. Cela dit je n’aurais pas imaginé aller jusque là, et c’est donc avec deux fois plus d’euphorie et deux fois plus de caféine dans le sang que j’arrive ce dimanche au Cercle Haussmann. Je suis euphorique mais totalement décontracté, et cela est je pense dû à mon état d’esprit général quand j’aborde un tournoi : je buy-in, c’est pour perdre. Si je gagne c’est que du bonus, et pas de pression. D’autant moins de pression que la plupart des décisions sont relativement simples, les stacks étant assez maigres par rapport au cashgame : il est donc plus difficile de commettre de grosses erreurs.

Quoi qu’il en soit, c’est donc en toute décontraction que je m’installe à ma table, fort de 350.000 jetons, et au-dessus d’un average à 260.000. Excellente nouvelle quand je jette un œil au chipcount : je suis chipleader de ma table. Deuxième bonne nouvelle je ne connais pas grand monde, mais vu mon expérience du circuit live, ce n’est pas forcément significatif. Je sens déjà que fort de mon stack et de mon statut de « jeune prodige online » (merci aux reporters de PokerStars pour tant d’emphase, vous êtes là les gars) je vais pour la première fois de ma vie pouvoir prendre l’ascendant psychologique sur la table, profiter de mon cycle de chance sans avoir à faire le dos rond et me montrer digne de notre idole à tous, Patr*** Br**l. Désolé, je ne peux pas mentionner la concurrence en clair.

Ma table est ainsi composée : à ma gauche un homme d’une cinquantaine, soixantaine d’années, comptant environ 200k chips, donc je ne m’imagine pas qu’il pose trop de problème. Après tout le seul autre vieux que je connaisse qui joue au poker c’est Doyle Brunson, et il ne joue que AA+. A sa gauche Nicolas Têtu, puis Stéphane Bénabida (pensez-bien que je sais pas qui c’est à la base hein) joueur live parisien, possédant lui dans les 150k – de mémoire. Suivent Kevin Abecassis, assez short, puis Fabian Holling avec environ 260k. Il a une tête de Finlandais, en fait il est allemand (c’est pareil), et je me dis qu’il va falloir que je lui montre qui est le patron. Viennent ensuite 2-3 joueurs inconnus assez short, qui ne vont pas me poser trop trop de problèmes a priori.

Kevin%20Abecassis.jpg
Kevin Abecassis. Spoil : je vais le bust



Top départ c’est parti. Deuxième main je vole les blindes, eh ouais les gars c’est moi le boss. Troisième main je suis UTG, j’ouvre 88 à 22.000 sur 5.000/10.000. Un shortstack pousse avec AQo, je call rapidement. C’est tout naturellement que je win le flip, voilà, au bout de 5 minutes j’ai 450k. Andrew Ferguson vient rapidement s’installer à la place de notre ami qui bust. Comme tous les étrangers que j’ai pu croiser pendant ce tournoi il s’avère être un compagnon de table super sympathique, ce qui ne compense qu’un peu le fait que contrairement à la personne qu’il remplace il soit a priori très bon au poker, et qu’il me couvre en jetons. Mais c’est pas grave, pratiquer un peu mon anglais vaut le coup.

Le jeu se poursuit, mon voisin de droite, un joueur live un peu scared et désireux de monter les paliers des places payées raise/fold contre moi pour un bon sixième de son stack alors que je détenais KQo. Tout va bien. Je perds quelques coups en me faisant resteal par les blindes, et commence à sentir mon leadership contesté. Je dois donc un petit peu ralentir l’agression, et cela me permet d’observer mes adversaires avec attention. Je découvre quelque chose de totalement fantastique : mon voisin de gauche, appelons-le PapyNit, est bourré de tells. Vous me connaissez, je suis un joueur online, j’ai un ego gros comme une pastèque, et j’ai toujours soutenu à qui voulait l’entendre « mddddrrrr, les tells c’est des conneries ». Bon. Eh bien si je commençais un peu à douter depuis 2 jours, ma rencontre avec PapyNit m’a définitivement fait abandonner l’idée.

PapyNit a deux défauts : déjà il regarde ses cartes avant son tour, pendant 1 seconde si elles sont nulles, avant de les délaisser et de ne plus suivre l’action, pendant 10 secondes et à trois reprises sinon, sans les lâcher. C’est déjà assez balèze. Ensuite, à chaque fois qu’il est impliqué dans un coup et qu’il n’est pas max, sa carotide bat à tout rompre et il s’agite sur sa chaise. Par contre le seul coup où on a vu un showdown et où il avait une main très forte, il a été d’un calme olympien. C’est alors que vient une main marrante face à lui, qui possède alors environ 320k de stack, moi toujours dans les eaux de 450.

6000/12000, 55 contre PapyNit, 320k effectifs

UTG, j’ouvre mes cartes et découvre une élégante paire de 5. Les blindes sont très short et je peux call leur éventuel push sans problème. Je jette un œil discret à PapyNit qui a déjà ouvert ses cartes, et semble les délaisser et regarder le tableau des payouts. Une bonne situation pour ouvrir à 25k, semble-t-il. C’est parti.

C’est alors que survient une surprise. PapyNit reprend ses cartes, les regarde à nouveau, et pousse les enchères à 60k. Tout le monde passe, et la parole me revient. Je dois dire que je suis très surpris, mais tâche de ne pas le montrer. Jusqu’à présent mon tell du « PapyNit délaisse ses cartes » avait marché à 100%, et m’avait d’ailleurs bien aidé pour choisir mes mains avec lesquelles steal en late position. Ici je suis vraiment sceptique : est-ce qu’il essaie de me la faire à l’envers et a en fait un monstre ? Je décide de scruter PapyNit intensément, comme si j’étais moi-même un livetard expérimenté. Et là je le vois, la carotide battante, la déglution pénible, le regard fuyant, les jambes agitées.

Je réfléchis quand même pas mal. Le fait qu’il abandonne ses cartes puis les reprenne quand j’ouvre est quand même troublant. Cela dit je m’avise qu’il a déjà pas mal 3b contre moi, et qu’il n’a pas l’air de beaucoup aimer que j’ouvre autant. Je le regarde une dernière fois, puis je décide de suivre mon read. Après tout au pire j’ai de l’equity, mais surtout à quoi bon avoir des reads si on ne les suit pas ? Et surtout si ça marche, je vais tellement pouvoir être autosatisfait que ça vaut largement le coup. Après 30 à 60 secondes de réflexion j’annonce donc « tapis ». PapyNit réfléchit beaucoup moins longtemps que ça et passe, annonçant sentencieusement « c’est au mieux un coin-flip ». Je jubile. Et j’ai 500k+.

Un peu plus tard j’ouvre 88 et PapyNit snapcall sans un mouvement de sa jugulaire. Je m’apprête à C/F 88.5% des boards quand Andrew Ferguson squeeze en grosse blinde. J’instafold mes 8 et m’attends à voir PapyNit reraise 90% du temps. Je m’attends à ce qu’il ait AA 90% du temps, aussi. Il shove effectivement, mais il n’avait que JJ, à mon avis le bottom de sa range pour call sans stresser comme une pucelle. Malheureusement Andrew se réveille avec QQ et stack PapyNit 
6.000 / 12.000, QQ contre Kevin Abecassis (mbn)

L’orbite suivante j’ouvre QQ, et me vois 3b à 60k par Kévin Abecassis qui possède au total 200-250k. Je sais déjà qu’il ne passe pas derrière, ce n’est pas le genre de joueur à 3b le tiers de son stack pour fold derrière. Son sizing m’intrigue donc, car je le vois beaucoup plus l’effectuer pour essayer d’induce un push un peu light avec KK ou AA que pour espérer davantage de folds.

Mon raisonnement à ce moment là est simple, je me dis « fait chi**, j’ai QQ quand même », et ne pense pas une seconde à fold. Rétrospectivement bien sûr je ne fold pas non plus, mais je pense que j’aurais vraiment été super, super emm**dé avec une main comme TT ou AQ, et que j’aurais peut-être pu jouer au héros. J’annonce donc rapidement tapis, il call et me montre KK. « Mouarf ».

Heureusement le croupier est manner et me sort un flop Qxx. Voyant que je stresse encore un peu il me sort la dernière dame du deck à la turn, et me voici en possession d’un carré messieurs dames ! Y sont là les Buxangeorgiens ! Me voici à 800.000.

Adrien Allain arrive à la table. Au bout de 2 mains il est en SB et 3bet à 70.000 alors que j’ai ouvert K2s UTG. Je 4bet pour rappeler un peu que c’est moi le patron et que je vais pas me laisser emm**der par un petit blondinet – hé ! – il passe rapidement. Je montre K2s, parce que je suis un gosse. Andrew Ferguson voyant ça laisse échapper un petit sifflement. Je ne sais pas s’il m’admire ou se fout de ma gueule. Dans le doute je choisis de me rengorger intérieurement.

A9s puis ATs contre Andrew Ferguson, 800k effectifs sur 6k/12k

Peu après je call en position une relance d’Andrew Ferguson avec :Ad:9d. Un autre joueur call dans les blindes. Sur :7d:3d:2s Andrew CBet aux environs de la moitié du pot. Je choisis de me contenter de call, jugeant mon ev meilleure. Le troisième joueur passe. Nous checkons ensuite jusqu’à la river sur :Tc:3s, et je gagne avec A9 high face au KQo d’Andrew.

Il dit quelque chose entre les deux coups. Je fais semblant de comprendre et rigole bêtement. Parle trop vite ce con d’écossais.

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Andrew Ferguson



Main directement après, même situation excepté que je le call avec :Ac:Tc . Le flop vient :Jc:6c:Jd. Il mise et je float. La turn vient :Ts. Il check. J’hésite à bet, me dis que je n’ai pas envie de manger un check/raise et que je pourrai thin value la river plus facilement si le FD miss, car il risque de me call A high assez souvent, ce qui risque de ne pas être le cas ici. Je checkback, et la river est – évidemment – le :3c. Il check, je mise 1/3 du pot en ne m’attendant que rarement à être payé. Etonnamment il snapcall et retourne :Qc:Qh joué soft.

« Oh man I wish I hadn’t said that before that hand ….” Me dit-il. Ah oui, cette fois j’ai compris. Enfin je ne sais pas à quoi il fait référence vu que la première fois m’avait échappé, donc je fais semblant et je rigole bêtement en disant « yeah … »

Avec ces deux coups je me retrouve avec un peu plus d’un million. C’est la pause, nous ne sommes plus que 24, et nous cassons les tables. Je vais brag un coup en salle de presse, tout le monde s’en fout. A partir de là je suis super card dead et ça fait chi**.

24 left, nouvelle table

Je retrouve à ma droite le joueur arabe totalement fou et loose que j’avais déjà eu à droite sans en profiter au day2. Il a lui aussi environ 1M de jetons. Sacré lui, il a pas chômé. Encore un cran à droite Marvin Rettenmeyer, futur vainqueur. Je suis card dead à mort pendant environ 3h, je subsiste un peu en passant un 3b light sur lui, mais c’est bien tout. Un ou deux sièges à droite Shander De Vries, sympathique joueur néerlandais tout mignon et tout bronzé. Ensuite je sais plus trop. J’avais pas de cartes toute façon, folle envie de dormir pendant tout ce temps.
En bref je me fais grignoter sans rien pouvoir faire pendant 3heures. Puis on arrive ENFIN à 16 left, je n’ai plus que 700k, l’average doit être à un peu plus de 800. Les tables sont redrawn. C’était bien hein ? C’était pareil pour moi, sauf que ça a duré trois heures. Estimez-vous heureux.

16 left, nouvelle table

Bon. Cette fois-ci je me retrouve en terrain connu. Autant à la table précédente je ne connaissais personne et les gens n’étaient pas trop causants, autant là, même si je suis card dead je risque moins de me faire chi**. A ma droite Alexandre « Opus » Bonnin, que j’ai déjà un peu côtoyé, et avec lequel je suis sûr de bien me marrer. Peut-être même un peu trop parce qu’on va avoir du mal à prendre le jeu au sérieux. A ma gauche Stéphane Bénabida, et encore à gauche Basile « Basou » Yaiche qui va jouer assez agressivement tout le temps que je serai à la table. Nous avons également Léo Truche et Julien « Spartacvs » Jolivet.

Il est marrant d’ailleurs Spartacvs. Il a l’air super sympa en permanence, sauf quand il regarde ses cartes ou qu’il est dans un coup. A ce moment là il fronce les sourcils, met sa bouche en U inversé et fait très très peur. Imaginez Robert De Niro dans Taxi Driver, mais à une table de poker. Bah c’est le même, avec un col en V.

Sinon j'aurai plus tard une révélation. Repensant à cette table, je réalise que "Léo Truche" ça fait "Autruche". Je ris nerveusement, et me dis qu'après tout c'aurait pu être pire, il aurait pu s'appeler Adolfo Truche.

Fermons la parenthèse, l’ambiance est super sympa, on se croirait à un homegame entre potes. Toute première main que je joue, je suis en BB, Opus en SB. Il choisi de limper, puis on check tous les deux tous du long sur 55434, en rigolant à chaque action. Il montre T8, je montre T2, on split dans la bonne humeur. Ah la fameuse pression des fins de tournois !

Je m’amuse beaucoup moins avec Basou, qui a visiblement décidé de péter les burnes à toute la table. Enfin il est très sympathique, juste qu’un taux de 3b de 40%, c’est pénible. Première main, j’ouvre 79s, en me disant « oh allez, il va pas 3b la première main ». Pas de bol, il 3bet. Deuxième main j’ouvre A2s, il 3bet. Je décide de shove, il passe rapidement. Troisième main, j’ouvre cette fois A4s …

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Basou, beaucoup trop de cheveux



A4dd contre Basou, 12k/24k, 800k effectifs

J’ouvre donc A4dd à 50k, et Basou décide de 3b 110k. Drôle de surprise dites. A ce moment là je pense que shove est probablement +ev, mais je décide que call et C/RAI plein de flops est sûrement meilleur. C’est donc l’option que je choisis.

Le flop vient :8d:7s:5c, juste un backdoor flush draw et une mauvaise gutshot. Je choisis logiquement de check, sans certitude quant à ma réaction face à un CBet. Je me dis que j’aviserai à sa gueule. Il checkback.

La turn est le :7c. Je check à nouveau, et Basou mise rapidement 100k dans 250k. Je commets à mon avis une erreur à ce moment là, je choisis de call pour bluffcatch, et d’aviser river. Le seul problème c’est qu’il n’y a pas dans sa range de bluff à ce moment là, et que l’action n’est donc pas des plus sensées. La river est le :Tc, je check à nouveau, dans l’optique de fold (gros malin). Il checkback, montre :8h:9h, et je muck, honteux.

Par la suite rien à dire vu mon stack de handicapé, je resteal Léo avec KJo, je vole les blindes avec A2 (contre Basou qui dit fold A4, 12-15BB deep, au terme d’une grosse réflexion). Bref rien de fantastique pour mon stack. Par contre l’ambiance est excellente, encore une fois, et c’est un plaisir de jouer, même card dead.

Un dernier joueur saute, et je suis changé de table, nous nous retrouvons à 10 left, 5 par table. Si vous avez suivi mon résultat, vous vous dites déjà « ça sent la fin ». Et en effet, arrivé à ma nouvelle table, après à peine une orbite, je me fais bust par Marvin Rettenmeyer pour 12BB, il ouvre JJ au bouton, SB call, et je shove A9o, et perds le 70/30. Rétrospectivement je ne suis pas totalement sûr du shove. Je suis parfaitement bien contre la range de Marvin, mais la SB est un joueur trop tight peut-être pour faire tapis. Cela dit sur le moment je le fais en me disant que tight comme il est il est capable de call AT ou KQ preflop, et de fold sur mon shove. Dans le pire des cas, avec tout l’argent présent dans le pot, c’est une erreur minime.

Je me retrouve 10è sortant donc, à la bulle de la table finale. J’ai toujours lu partout que sortir d’un tournoi c’était une petite mort, et vu des gars sortir super fâchés, super déçus, au bord des larmes ou péter un plomb. Sur le coup je m’attends donc à ce que ça me fasse chi**. En fait non, rien du tout. Je sors sur un coup logique, après avoir fait un tournoi plutôt bon où je suis content de moi. Du coup, je bust, et je suis immédiatement heureux d’être arrivé là.

C’est alors que la situation devient très amusante, puisque tout le monde vient me voir avec une tête d’enterrement « ah ouais m**de t’as sauté put**n pas de chance mec désolé pour toi, félicitations quand même ». De mon côté j’ai le sourire jusqu’au front, je me dis que je vais enfin pouvoir dormir, et que 10è bon, c’est pas si mal. Voir que les gens autour de moi sont plus déçus que moi-même me rend encore plus joyeux, j’ai presque envie de me moquer d’eux (mais je me retiens, parce que faudrait pas complètement passer pour un conn**d, j’ai déjà un peu honte de l’écrire). Qu’ils affichent une déception de façade ou qu’elle soit authentique, c’est en tout cas marrant de mon point de vue euphorique.

Je pense que cette réaction vient de ma façon d’aborder ce tournoi : je suis venu pour perdre 2.000€ et je repars avec 14.200 en n’ayant à mon avis rien ou presque rien à me reprocher, je ne vais pas me flageller. Je quitte donc le Cercle Haussmann à 0h30, ayant raté le dernier RER vers Marne-La-Vallée pour 5 minutes. Sick, la bulle du RER. Qu’importe, je suis un nouveau riche, je rentre en taxi.


Petit Bilan

J’étais incertain à plusieurs titres lorsque j’ai débuté ce tournoi.

1/ J’avais peur de me faire chi** comme un rat mort.

En pratique je me suis éclaté tout du long. A chacune de mes tables ou presque j’ai pu trouver un confrère avec qui me marrer. Que ce soit un joueur online duquel je partageais les références ou un joueur live, même pas très bon, que j’ai appris à connaître, toujours j’ai trouvé à causer pour m’occuper. Difficile d’ailleurs de concilier la discute et la concentration demandée par le jeu juste. Heureusement j’ai eu les nuts en permanence, donc c’était moins délicat.

Je n'ai été confronté à aucun éclat d'humeur de joueur comme je craignais d'en voir, à l'égard des croupiers ou autres, bref tout s'est bien passé (parlant des croupiers d'ailleurs, tous parfaits, sauf un qui se reconnaîtra :P)

2/ J’avais peur de me faire own sur les aspects propres au live et/ou aux MTT

A nouveau j’ai été satisfait sur cet aspect là. Déjà je ne pense pas avoir donné aucun tell, jamais. Evidemment mon missclick à tapis pour 100BB c’était pas génial. Mais au contraire sur tout ce qui est tell, j’ai été plus à l’aise je pense pour en repérer que pour en donner. Je ne me moquerai plus jamais de qui me dira que ça ne compte pas. J’admets maintenant bien volontiers que les reads en live sont bien plus affûtés qu’online.

C’est ainsi notamment que j’ai bet/fold AQ 37BB deep sur AKQb contre un check/raise de l’OR, ou encore que j’ai 3barrel bluff un joueur en 3way avec 33 sur AT4KK. Le genre de play que l’on ne peut jamais faire online, mais qui paye en live, quand on a les reads qui vont bien (en l’occurrence deux joueurs peut désireux d’impliquer leurs stacks dans les coups)

Par ailleurs sur les dynamiques propres aux MTT, même si j’ai longtemps été deep, je ne pense pas avoir trop mal négocié les phases de 3b/4b avec des stacks à 50 ou 60 blindes. Je me suis pas fait trop marcher dessus, comme pourrait le dire Patrick.

En bref j’ai joué en live. Pendant trois jours. J’ai aimé ça, beaucoup. Et je le referai avec grand plaisir si l’occasion se présente ou si elle m’est donnée par PokerStars.fr (clin d’œil, clin d’œil).

A+ sur le circuit (Tilou ©)


Sylvain.
ArtPlay
Day 2

Petite anecdote marrante en ce début de day 2, je stakais et hébergeais un pote, avec sa copine. Il m'explique qu'il a bust - "comme une m**de", dans le texte - et qu'un gros bonhomme avec un cigare l'a défoncé en luckant tous les coups. Me demande si je sais comment il s'appelle. Je fais appel à ma connaissance infinie du monde du poker live, et lui réponds avec une assurance folle "euuuuh ... Je l'ai déjà vu quelque part, je crois que peut-être il s'appelle Jean-Jacques Mars". Sa réponse ne se fait pas attendre "Comment ? Je me suis fait défoncer par un mec qui s'appelle Braquemard ?". Bref ça m'a fait rire (c'est peut-être à chi** comme anecdote, m'excuserez si c'est le cas)

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Braquemard




Passons donc aux choses sérieuses. Le day 2 arrive, je suis super stressé donc je prends énormément d'avance et j'arrive à 13h55 pour un event qui commence à 14h. Il y a de la queue jusqu'en bas du cercle pour récupérer son petit bracelet, et la journée risque de commencer en retard. J'aperçois William "Ragnarok 1er" Sonntag, qui essaie de griller tout le monde en expliquant au vigile qu'il est au day2, et que c'est fort logiquement qu'il doit passer m'voyez. Scène assez marrante vu que le vigile sait qu'on est TOUS là pour le day2, et qu'il fait deux fois la taille et trois fois la largeur de Ragnarok.

Quoi qu'il en soit, la journée débute vers les 14h30, et on nous annonce qu'on va jouer 10 niveaux, soit un de plus que la veille. Génial, j'étais déjà pas assez crevé en ayant fini à 1h20 du matin. Mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle c'est que je ne connais personne à ma table (run better) alors que je m'imaginais la veille qu'il ne restait plus que des sharks. Apparemment j'ai deux joueurs online à ma gauche, un certain Marc Qqchose à gauche, et un Cédric Machin encore un cran à gauche, dont le pseudo est AuSuivant sur PokerStars. Déjà vu quelque part, je crois, mais avant tout un reg MTT, qualifié via un 10€ +R (chattard). Leurs stacks sont équivalents au mien. Encore à gauche de Cédric un joueur étranger, dont je m'imagine logiquement qu'il soit décent (la-suiteuh-lui-prouva-que-non, comme dirait Brassens). Les joueurs suivants me sont inconnus, et semblent jouer serré / weak. Point sympa, j'ai un joueur d'origine arabe juste à ma droite dont je sens qu'il risque de me donner de l'argent quand il openlimp la première main, puis défend sa blinde avec J3s face à UTG+1 la suivante.

L'ambiance à la table est bonne, mon ami de droite joue des coups assez fous ce qui nous donne l'occasion de discuter entre joueurs online (en gros le coeur de notre discussion c'est "miam miam dead money", un peu comme les insupportables petits intellos de la classe au premier rang), et on rigole bien. Vient un premier coup amusant.

K9o au bouton, 400/800, 110k effectifs

Un des joueurs un peu weak limp dans une position qui doit correspondre à UTG+2 ou 3. Les 2-3 joueurs à ma droite passent, et j'ouvre K9o. Il doit avoir dans les 50k de tapis, je ne pense pas qu'il ait le profil à limp/raise, et je vois donc du profit à relancer son limp. Je fais 3.000. Marc en SB tank un peu et fait 9.000, et le limper fold. Là je me dis "mouarf, le spot est trop beau pour 3bet, j'ai un K zyva je 4b". Je prends ma plus belle pokerface et annonce 20.000 d'un ton d'enterrement. Marc tank, tank, tank, tank, tripote ses jetons, tank, tank, tank. Finit par passer. Hourra, enfin j'arrive à gagner un pot preflop.

Quelques minutes après il me demande "t'avais un monstre ? J'ai passé une bonne main moi.". Evidemment ça me fait un peu rigoler. "Bah ouais, j'avais un roi quoi ..." lui dis-je. "Je te crois pas.". Je regarde Cédric en face de moi, on rigole un peu (Cédric rigole à peu près tout le temps), et j'annonce K9o. "Si je mentais j'inventerais un A, pas un K". "Je te crois pas du tout insiste-t-il". Bah. Tant pis hein.

AQo en SB, 600/1200

Une main marrante. Un beau missclick. De mémoire je dois avoir environ 130k à ce moment là. Un joueur short ouvre à 3.000, avec quelque chose comme 20.000 derrière. Je trouve ça intrigant, et avant d'ouvrir mes cartes je lui demande s'il fold derrière (je m'entraîne à être un livetard, hé). J'ouvre AQo, et annonce fier de moi "ben on va aller vérifier, tapis". Super malin Sylvain. En effet, j'avais oublié que Marc derrière moi en BB me couvrait à peu près. Petite agitation autour de la table, open tapis pour 100 blindes c'est pas fréquent. "J'espère que t'as une daube" dis-je à Marc. Il fait un air pas content, regarde sa main et fold "t'as de la chance j'ai une merguez". Le short fold également.
Je gagne le coup, et commence à rire sans plus trop pouvoir m'arrêter, à nouveau avec Cédric en face. J'annonce que bon, vu la situation et l'état dans lequel je suis, je peux plus jouer que les as désormais, sinon je n'aurai aucun crédit. Puis une fois que la main suivante est donnée "m**de, j'aurais pas dû dire ça, maintenant si j'ai les as je suis cramé ...". Et la main suivante :

JJ au bouton, 600/1200, 130.000 effectifs

Cette fois j'ai le bouton, et j'ouvre JJ. Je rigole bien évidemment en ouvrant ma main, belle coïncidence de la ramasser maintenant. Marc me 3b à 9.000. Là je reprends mon sérieux, réfléchis 30 secondes et call.

Flop J94r. Top set, easy game. Marc Cbet 10.000. Je tank un petit peu essaie de faire semblant d'être emm**dé (aucune idée si j'y arrive bien ou pas, en tout cas ça a eu un résultat,
je sais pas si ça vient de là), et finis par call.

Turn 3 qui ouvre un FD. Marc annonce rapidement tapis (!) pour 110k dans 40k, en avançant ses jetons, les mains tremblantes comme des feuilles. J'annonce rapidement "bah call ...", montre JJ, il a KTo. Pas de Q river et me voici propulsé dans les sommets du classement suite à ce coup sur-réaliste. "Le live ça me fout en tilt" annonce Marc, visiblement un peu énervé, mais peut-être moins que ce à quoi je pourrais m'attendre.

Suite à ça je suis ultra euphorique alors que je pointe à près de 280k, et décide de me lever de la table 10 minutes pour aller raconter à la presse ma bonne fortune. Ma perspective dans ce tournoi change, où jusqu'à présent je me voyais de toute façon bust quoi qu'il arrive et repartir avec 0€, je me prends à imaginer faire un petit quelque chose.

Je reviens à ma table, continue de toucher de grosses mains, une en particulier où après avoir squeeze JJ, payé par le joueur légèrement weak qui avait limp tout à l'heure. Le flop vient K72r, et je réalise qu'en live, face à des joueurs faibles, on peut bet "pour info" car la force de leur main se lit assez facilement dans leur attitude. Je choisis donc de faire 6.500 dans 24.000, et l'entend annoncer "tapis" pour 40.000 de plus. Je tank un peu, lui demande "pourquoi tapis ?" histoire d'essayer d'aller chercher un tell (j'essaie à chaque coup de voir ce que je peux récupérer, voir si les tells sont un mythe ou non :D). Il me répond "bah je sais pas ..." avec un sourire, n'a pas l'air spécialement angoissé, je finis par fold et il annonce AK. Plutôt certain qu'il n'a pas menti, je me laisse aller à un peu d'autosatisfaction.

Peu après le joueur fou à ma droite flat un 4b pour 40% de son tapis en position avec 57s contre un joueur "qui l'avait cherché". Le flop vient 57T, la belle vie, il double sur son adversaire. Je n'aurai malheureusement pas le temps de profiter de son stack, puisque la table ne met plus trop longtemps à casser.

Nouvelle table

Me voici à la table qui me fera passer la bulle. Et elle est moins sympathique, du moins pas très pratique pour abuser des joueurs weak. A ma droite un joueur finlandais qui semble plutôt pas mauvais. A ma gauche Ronan Monfort (qui sautera rapidement) puis un shortstack (je vais découvrir après qu'il ne resteal pas suffisamment, mais ça n'empêche que sa seule présence me paralyse pas mal). Encore à côté Joël Benzinou, joueur de TitanPoker que je connais vaguement, puis Loïc Sa (que je ne connais pas, mais qui a une tête de bon joueur et qu'a l'air pote avec Joël). Derrière Hicham, un régulier du cercle, puis Nicolas Têtu, joueur live grande gueule mais marrant, short également, qui mâchonne sans arrêt un bâton de réglisse.

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Joël Benzinou



Enfin, entre Têtu et Finlandais, random Japonais qui rigole tout le temps (comme tous les Japonais et Khaled, j'ai l'impression). J'ai à ce moment là dans les 300k, et suis à peu près couvert par Joël qui va faire le gros de l'action à la table en cette période de pré-bulle.

1000/2000, AJo contre Loïc Sa et Nicolas Têtu

Un coup amusant. J'ai été assez actif, Nicolas Têtu openlimp. Il a un stack qui se prête bien à un limp/raise, j'ai pas super envie de voir ça avec ma main, parce que ça va me faire chi** de fold. J'avise le shortstack à ma gauche qui doit avoir 15BB, et je me dis que ça peut être pas mal de limp en espérant le faire shove Axs. Et puis on est en live on peut faire des plays marrants un peu. Loïc Sa check sa BB après mon overlimp et deux fold.

Flop J84b. C'est checké jusqu'à moi. Je mise 5.000 dans un pot qui en fait environ 8.000, et Loïc annonce rapidement raise à 13.500. Nicolas passe. Je tank un peu, et call tranquillement, pour mémoire il a 120.000 derrière. Je call en imaginant vraisemblablement shove face à un bet turn sur une brique, étant donné que les J8/J4/44 sont partie congrue de sa range, en particulier après avoir fait un check/raise si peu musclé plutôt que d'avoir lead.

La turn vient un 4 offsuit. Il mise à nouveau, quelque chose comme 17.000, soit vraiment petit. A ce moment là je discount vraiment les made hands à part J4/44 qui n'auraient pas lead le flop (soit très improbables). Pour autant je choisis de me contenter de call en espérant récupérer un bet supplémentaire river. Une erreur, rétrospectivement.

River A offsuit, Loïc fait mine de miser, puis se ravise. Ma conviction est encore davantage affirmée, il a miss un draw. J'ai très envie de miser, mais je réfléchis longuement et finis par check pour deux raisons : 1/ Je suis sûr à 99% qu'il n'a rien et j'ai envie de voir sa main parce que je suis aussi curieux que Patrick Bruel (qui confessait il y a quelques années que c'était son plus gros défaut de joueur de poker, ce qui est quand même SUPER ballot) 2/ J'ai quand même joué ma main d'une manière marrante et j'ai envie de la montrer pour rigoler. Donc je check en me traitant de nit à voix haute pour prévenir les railleries, et montre mes top 2 paires, qui gagnent contre le 9To de Loïc. Pas mécontent de ce coup où j'ai encore hit comme un cochon, malgré une petite erreur turn.

Quoi qu'il en soit, c'est Joël Benzinou qui fait le gros du jeu, au grand mécontentement de Nicolas Têtu qui continue de fold toutes ses blindes pour tâcher de rentrer dans l'argent. Je le 3bet un petit coup avec une daube, il passe. Il me 3bet un petit coup avec une daube, je passe. On est potes quoi. Sauf que bon. Il a la position et peut 3b 30% profitablement. Du coup j'en viens à m'impliquer dans un coup un peu marginal.

K7dd, 2000/4000, 300.000+ effectifs, contre Joël Benzinou

J'ouvre 9.000 avec K7dd assez tôt dans le coup, sachant que les blindes vont être un peu faibles. Evidemment Benzinou, que j'ai mentalement mais affectueusement surnommé l'Affreux Jojo, me 3b à environ 21.000. Mon raisonnement est alors le suivant : "put**n il fait chi**, vas-y je call pour voir".

La première carte du board est un K "voilà, je hit, normal je mérite" m'entends-je déjà penser. Moche, la deuxième est un A, la dernière un 4, le tout rainbow. Je check en me disant que je vais sûrement C/C une seule fois, parce qu'il risque de ne pas vouloir barrel plusieurs fois sur cette texture après un call. Etonnamment, il checkback. La turn est un 4, qui me fait désormais split avec tous les K, plutôt sympa. Je pense un moment bet pour value les underpairs éventuellement 2barrel pour faire fold les split, puis choisis de check pour minimiser les pertes contre les Ax pot controlés. Joël mise environ la moitié du pot. Je paye.

La river vient un T (je crois) qui fait rentrer le backdoor flush draw (je crois²). Je check et Joël mise à nouveau. Ca m'ennuie un peu car l'éventail de mains qu'il mise est souvent assez réduit (un A pot controlled ou un 4), surtout parce qu'il peut faire fold les split en misant un K. Pour autant je choisis de fold après 1 minute de réflexion (j'essaie de récupérer des tells, mais le belge a les reins solides et le visage impénétrable). Rétrospectivement je pense que bet turn est sûrement légèrement meilleur. Enfin qu'importe.

Vient ensuite une main plutôt marrante où un joueur live 4b pour 1/3 de son stack contre moi en bataille de blindes, et fold sur mon tapis (j'avais AA bien évidemment, et me voyais déjà en possession de tout son stack). Il annoncera avoir KQ "je crois que j'ai mal joué" dira-t-il. Je vous le confirme cher monsieur. Mais ça m'arrange et me revoici à 400k.

Enfin voilà. De manière amusante je commence à en avoir marre de rédiger ce CR juste alors que j'en arrive chronologiquement au moment où je commençais également à en avoir marre de jouer. On a joué de mémoire jusqu'à 2h30, et à partir d'1h, j'en pouvais vraiment plus et la dernière heure a été trèèèès trèèès longue. C'est là que j'ai compris la justesse des propos de certains pros "pour nous plus on joue tard plus on est contents parce qu'on a l'habitude de ce rythme". En effet c'est un rythme absolument crevant, et ça m'a fait commettre une ou deux erreurs.

54o cold 4betté, 2500/5000, 84k effectifs

Une main super pénible. J'étais crevé, donc je n'avais pas joué une main depuis 3 plombes. Le joueur live à ma droite ouvre 12.000, et je l'imagine très bien fold à un 3b super souvent vu que j'ai pas moufté depuis 1h. Je fais donc 30.000. J'entends immédiatement le joueur hollandais directement en position sur moi annoncer "tapis". Ce cher Joeppiej, d'ailleurs (dont le prénom se prononce "youpie", ce FPS aura décidément été celui de tous les patronymes débiles). Vue l'heure tardive j'ai alors un ENORME mal de crâne, et je n'arrive absolument plus ni à calculer la taille du pot, ni combien je dois ajouter, bien que j'y passe je pense pas loin de 3 minutes.

Finalement j'insulte amicalement mon ami hollandais de dépit (il est adorable d'ailleurs, même si je le hais vu qu'il joue sur un site logiquement réservé aux français 8|) et je passe. Même rétrospectivement je ne suis plus sûr de quoi faire. Il me dira qu'il me fallait 23% d'equity brute pour call, donc ça devait être un call même contre une range solide. Je me console en disant qu'avec 1-2 modifiers d'ICM ça doit être close :D

Je passe ensuite en mode supernit, et la dernière main que je joue je CBet en pensant jouer contre un joueur alors que je jouais contre un autre. Heureusement il ne s'aperçoit pas que je ne comprends rien et passe tout de même. J'accueille la fin de journée avec un énorme soulagement, et 346k jetons restants pour aborder le day3.

Crevé mais confiant, je quitte le cercle un peu moins excité que la veille, mais tout aussi enjoué. La nuit je rêve du Japonais et de Michael Tureniec, le premier me met QQ > 86s sur un flop 8622 (oui, c'est un flop à 4 cartes), le second openshove J5 sur J52r en 4b pot alors que j'ai AA. sal*perie de chattards d'étrangers. Fort heureusement je ne rêve pas de Braquemard. Du moins pas assez fort pour que les draps s'en souviennent.
ArtPlay

Aaaaaah ... Mon premier tournoi live. Ou presque, puisque j'avais déjà joué un crapshot à Marrrakech en 2009, et un petit BPT à 70 et 1.200€ joueurs à Nice en 2010. Rien de commun donc avec cette finale des FPS, où près de 600 joueurs étaient inscrits, dépassant le million d'euros de prizepool. 244.000€ à la gagne.

Bon, je ne vais pas slowroll, au cas où vous ne le sauriez pas déjà, j'ai bust 10è pour environ 14.000€. Content de moi, et globalement pas de regrets. Je vais tâcher de vous retranscrire au mieux comment j'ai vécu cette première grosse expérience live.

Vous le savez, je suis et reste avant tout un joueur online. Je me suis inscrit au FPS pour le fun, et pour changer un peu mon quotidien. J'ai également pris 25% de l'action d'un pote, autant vous dire que pour moi c'était de toute façon 2.500€ dépensés et perdus. Je redoutais quelque peu de m'ennuyer aux tables pendant X temps, et de regretter de m'être registered après 30 minutes de jeu. Il n'en a rien été, je me suis éclaté non-stop pendant trois jours. A commencer par le day1, où ma table était phénoménale au sens premier du terme, abritant moult phénomènes.

Day 1

Je suis assez stressé quand je m'installe à ma table. Après tout pour mon premier gros tournoi, ma hantise est de bust tellement rapidement que je n'aurais même pas pu en profiter. Je regarde un peu le profil des forces en présence. Premier constat, je n'y connais personne à part Mario Cordero, qui est trois sièges à ma droite. Bonne nouvelle donc (pas Mario, mais bien le fait qu'il n'y ait que lui ... ). A ma droite directement un joueur asiatique, et encore à ma droite un type qui se révèlera être Suisse, dont j'imagine d'abord qu'il est Italien, puis Espagnol. Je suis là et bien là sur la détection d'accents. Je n'ai pas d'a prioris sur les autres joueurs à ma gauche. De toute façon je n'ai d'yeux que pour le Chinois et le Suisse (qui se prénomme Adolfo. Sick), que je m'imagine déjà allègrement stacker.

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Ma gueule de Mickey et mon cartable fétiche

Viennent les premières mains. Après quelques tours à fold je reçois 66 au bouton.

66 au bouton, blindes 50/100, stack effectif 25k

Un joueur dont je m'imagine qu'il puisse être sérieux ouvre en early à 300, payé deux fois dont une fois par le chinois. J'ouvre 66 au bouton, paye, les blindes passent et je hurle mentalement "ALLEZ ONE TIME LE 6". Flop 868b. Je pense très fort à Tamerlan qui grind la NL50, pousse un petit "mbn" mental et laisse se dérouler l'action.

UTG+x CBet 800 dans 1400, Mario passe, et mon ami asiatique décide de pousser les enchères à 2.500. Encore une pensée pour Tamerlan (la dernière de ce tournoi), et je me mets à réfléchir pour de vrai pour la première fois de ma vie en live. UTG+x n'a normalement que peu de 8 dans sa range, alors que Lao Tseu peut très bien en avoir des millions, et que je ne le vois pas les fold vu son profil (openlimp la première main UTG, ça m'a donné le ton). Je décide donc de 3b tout de suite à 7.000, pour maximiser mes chances de stacker Sun Tzu. UTG+x tire un peu la gueule, fold ce qu'il dira plus tard être 89, et Chinois paye. Je m'étonne d'être dans un état de stress fantastique, ma carotide menace d'exploser. Je pense que Chinois pourrait avoir 86 ou 88, OMG JE VAIS BUST AU BOUT DE CINQ MINUTES. Bref je suis pas au mieux.

La turn vient, 5 qui rentre la flush. Le pot fait 16.200, et j'ai 18.000, mais je n'arrive pas à l'évaluer parfaitement en temps réel. De toute façon mon coeur est à 150, alors que c'est un spot surstandard et complètement débile. A ce moment là précis je me méprise totalement. Il peut avoir straight flush je me dis (rofl quel triso je fais), ou encore 85. En fait j'aurais préféré voir un 6. Toujours est-il que je ne sais pas quel sizing faire, je me dis qu'il va call quoi qu'il arrive, alors je fais tapis. Evidemment il passe. Malin Sylvain. La bonne nouvelle est que ce coup est le premier et le dernier que je pense avoir si mal joué.

Enfin bonne nouvelle, je pointe à 33k au bout de 5 mains. Je perds par la suite quelques coups, et me retrouve avec 22k au niveau 75/150. Je commence déjà à me dire que je vais bust. Optimiste moi. Arrive un coup amusant.

AA en early, 4 way, 50/100, 25k effectifs

Je relance tranquillou à 450 sur 50/100, payé trois fois, une fois par un joueur ayant position sur moi, une fois par Chinois qui avait limpé, une fois par une blinde. Flop T83r. La belle vie. Je bet 800, gugusse en position annonce rapidement raise 2500. Chinois qui n'entend pas annonce également raise, et se retrouve donc à devoir call le raise du premier gars. Là je me dis "ça pue vraiment trop", et je muck mes AA rapidement, en n'ayant pas pleinement conscience de ce qui est en train de se passer. Je me dis que c'est une fois l'an que je suis pas contre au moins DP chez l'un des deux joueurs.

La turn est un 5 offsuit qui est check/raisé allin par super Chinois. Messieurs vos mains, Chinois a 9T (lol), gugusse a 85s (relol). Comble du comble, la river vient 3x, qui fait quand même gagner Chinois. Quelle histoire. Je regarde Mario, et je rigole nerveusement.

34hh IP vs Mario Cordero en early, 75/150, 22k effectifs

Mario ouvre UTG à 350. Je suis étonné du fait que même deep en early, beaucoup de joueurs ouvrent à 2.5BB, voire moins, dans toutes les positions. Quoi qu'il en soit je call, en me disant que bon, jpeux faire un gros multiway marrant, et qu'au pire je peux lui mettre la misère en position. Enfin je fais ça avant tout pour rigoler.

Le flop vient bien entend Ah Jh 6h, et me donne la flush. Nous sommes quatre preflop, j'ai la position sur tout le monde. Mario CBet quelque chose comme 900. Je choisis alors de me contenter de call : son sizing me semble bien faible s'il devait avoir une main face à laquelle je puisse avoir beaucoup de value à raise (ni set ni AJ), j'accepte le risque de me faire outdraw par un random coeur. Les deux blindes passent. Turn 9x, et Mario mise ~2.200. A nouveau, je paye. River Qx, tout va bien pour moi. Mario check, et je fais un peu moins de 5.000.

Mario réfléchit, réfléchit, réfléchit. Je sors ma plus belle pokerface, que je développe à cette occasion : je prends un air inspiré et je regarde dans le vide le grain de la feutrine de la table estampillée PokerStars.fr. Il essaie de me faire des blagounettes, me demande si je value A9, rien à faire je ne bouge pas. Je note que ma carotide bouge beaucoup moins que quand j'avais bottom full, ça y est je retrouve un peu de considération pour moi-même. Il finit par passer en disant "je me suis juré de plus herocall contre toi". Good fold (ou extraordinairement mauvais si par hasard il a missread sa main et qu'il a nutflush, on va éliminer cette éventualité). Je suis de retour dans les 27.

Quelques mains après sur les blindes 100/200, Mao open shove UTG en 7-handed, pour quelque 5000 jetons. Je tank un peu, puis call avec AQo. Il gagne en faisant quinte papa avec AJo. Il bustera quelques temps après.

Rendu à 18.000 sur 100/200, je reprends quelques petits coups et reviens vers 20.000. C'est alors qu'un joueur live ultra aggro au VPIP de 100% va me donner rapidement la totalité de son stack, en l'espace de 10 minutes. Je lui prends tout d'abord 1800 après avoir 3b puis pris le pot sur un CBet (je ne me rappelle pas de mes cartes). Vient une autre main.

QQ 4betté OOP face à liveguy agressif, 100/200, 20k effectif

J'ouvre QQ en early à 600, et me fais 3bet à 1800 par notre ami. Je sors mon plus bel acting de livetard, et 4b à 4400. Il call. Le flop vient T66b, je mise 5k, et il call assez rapidement. La turn vient un T offsuit. Je prends alors une décision qui semblera étrange, je check dans l'optique de raise allin. Il faut savoir que ce joueur floatait et bluffait tout ce qui passait. Malheureusement pour le coup il checkback. River le flushdraw miss, je check à nouveau en imaginant davantage de value à le laisser bluffer d'éventuels miss (voire essayer de bet avec A high sans raison particulière) plutôt que de value, mais il checkback à nouveau. Je gagne le pot, et me voici dans les 30k.

Il me donne ensuite 18k en me faisant un bluff complètement fou en 3b pot oop sur AXXb Xo, où il check/raise turn pour 12.5k, se laissant 18k derrière, et foldant sur mon tapis pour environ 10k de mieux. Enfin ...

QQ cold callé face à un 3bet de Clément "OhMyGuru" Beauvois

Sur 150/300, UTG sérieux ouvre 900, notre ami agressif fou flat call. Clément Beauvois squeeze à 3900, nous avons tous deux environ 50k. Au bouton, j'ouvre QQ, et je m'avise qu'avec mon image il ne va pas être bon de 4b QQ : même un joueur fou pourra trouver des folds, quant à Clément, si j'ai cru comprendre qu'il était très agressif (je ne le connais pas vraiment à ce moment là), je ne pense pas qu'il se retrouve à tapis face à moi avec moins bien que QQ+/AK quand je cold 4bet alors qu'il squeeze sans fold equity contre une CS aggro. Je cold call donc, et les deux premiers joueurs rentrent dans le coup. En 4way il va me falloir un flop parfait pour continuer.

Vu qu'il me faut un flop parfait, un flop parfait arrive, 997r. Les trois joueurs checkent et la parole me revient. Vu la texture j'opte pour un microbet à 4700, en pensant fold sur un C/R d'UTG (car je doute qu'il tente de me faire fold l'overpair que je représente), call le tapis du joueur fou, et aviser en fonction de la tronche que tirera Clément. Bingo, UTG fold, foufou fait tapis pour 5000 de mieux (grosso modo). Clément entre alors dans une grosse réflexion, et j'imagine facilement qu'il ait JJ. Je me dis que s'il a JJ le spot est magique pour reshove dans la mesure où il value le joueur fou, et peut très bien me bluffer moi. Je suis pas certain qu'il soit assez sick pour faire ça, mais pourquoi pas. Une fois qu'il tire une tronche de dix pieds de long pourtant ça devient évident qu'il n'a ni KK ni AA, et il finit par fold (good fold).

Je gagne QQ > 76o contre notre ami, qui est donc éliminé. Dans l'intervalle, Adolfo, notre ami Suisse - qui a montré un bluff en open tapis au bouton, 22k avec 74s pour voler les blindes 100/200 et a juré d'openshove any A - a également bust, AQ < AK (openshové). Sick setup vu que sa range était {A2o+, 74s}, il était vraiment dans le top. Toute sa vie à Adolfo.

La journée se poursuit sans coup dont je me rappelle notablement, je redescends à 50k, remonte à 110k, et finis dans les 85k. Je suis globalement content de mon jeu, et globalement très en veine. En fin de journée ma table est devenue beaucoup plus tough, avec deux néerlandais, Lucille Cailly, Arnaud Esquevin, Clément encore et toujours, et plus de grosse grosse dead money à part un joueur un peu weak qui 3b/fold TT contre moi qui 4b small. Je montre QKo. Je suis un énorme gamin, je m'amuse je rigole avec mes voisins et je montre tous mes bluffs tout fier de moi. Quel triso quand même.

Détail amusant dans cette journée je n'ai pas réussi UNE SEULE fois à prendre les blindes. Que j'aie raise, 3bet ou 4bet avec les nuts ou avec des bluffs, je me suis systématiquement fait playback, pour une raison que j'ignore. Sûrement un truc proche de "lol il est nouveau en tournoi live on va le bizuther ce petit con rigolard". Heureusement j'avais les nuts 70% du temps, donc ça m'a pas fait trop de tort.

Je rentre chez moi surexcité à 4h du matin, n'arrive à dormir correctement que jusqu'à 8h, et me réveille le lendemain matin dans un gros état d'euphorie et de stress. Je débute en live, et j'aime ça.

ArtPlay

Salut à tous,

Aujourd'hui, pas de théorie casse-bonbons au programme. "On s'en fout de l'inexploitabilité" me disait récemment un de mes plus grands fans (un certain Guillaume Blechou). Je ne peux que lui donner raison.

C'est pourquoi ce billet sera intégralement dénué d'intérêt. D'intérêt technique, j'entends. Mais avec un peu de chance, yaura des blagues. Hourra.

Structurons la chose en trois parties inégales :

I - 3617 MyLife

Très vite. Je cherche un boulot d'ingénieur débutant. Si vous êtes susceptible de me donner un coup de main, vous êtes mon nouvel ami. Mon profil est décrit un peu plus en détail sur ce topic. Merci à tous ceux qui prendront le temps de lire :)

II - Niveau poker

(eh ben elle était drôlement intéressante cette partie 1 n'est-ce pas ? Vous n'allez pas être déçu par la 2ème). Je joue à mi-temps en NL200 FR depuis le début du mois. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, j'ai des résultats extraordinaires.

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0.3BB/100, oui monsieur parfaitement. Je vous sens jaloux. Bon sinon j'ai pas le sentiment de trop bien run, mais par contre le niveau est nul. La tendance que j'avais déjà remarquée, NL100 FR < NL100 SH se confirme pas mal ; NL200 FR <<< NL200 SH. Enfin je vais attendre d'être sûr de pas surestimer ma malchance comme un pauvre conn**d avant de tirer une conclusion définitive.

III - Marrakech, J-3

Eh oui. Je fais partie des 337 membres du ClubPoker invités par Big Roger à venir jouer des satellites pour trois tournois aux Buy-in aux alentours de 500¤.

Alors pour ceux qui n'ont pas suivi, Big Roger c'est lui :

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A part qu'il ait une bonne bouille, moi non plus je sais toujours pas trop qui c'est, ni pourquoi il gaspille son argent en offrant des trucs à une bande de jeunes sauvageons. Paraît qu'il jouerait au poker. En live (baaaaaaaaah). Quoi qu'il en soit c'est un gars généreux donc moi en gros rat, ben je prends. J'ai du sang auvergnat.

Alors la deuxième question après "Qui est Big Roger ?" c'est "Avec qui tu pars ?". Ma mère me demandait récemment si je connaissais tous ces gens, parce qu'elle avait peur que parmi eux se cache un pédophile. Maman n'a toujours pas digéré le fait que je n'aie plus 8 ans. Cela dit je lui accorde un bon point, c'est que je sais pas trop avec qui je pars, peut-être se cache parmi eux un dangereux pédoph psychopathe. Tous ces gens, et aucun que j'aie jamais vu IRL (dans-la-vraie-vie-de-tous-les-jours). Ma foi, saisissons l'occasion pour une petite enquête sur certains noms connus.

Xewod

Commençons par présenter notre GO (Gentil Organisateur). En fait, je sais pas qui c'est non plus - bah put*ain -. Apparemment, il a un blog, et il est copain avec Roger. Je sais pas comment, je sais pas pourquoi. Tout ce que je sais c'est qu'il organise des freerolls. Mais bon pareil, le pourquoi et le comment m'échappent. Mon seul indice c'est qu'il signe ses MP "Chris"

L'hypothèse la plus vraisemblable quant à son identité semble donc être qu'il soit l'individu ci-dessous, et que tout ceci n'est qu'une vaste escroquerie, qu'il n'y a pas de voyage à Marrakech et qu'on va tous se retrouver comme des cons sur le tarmac de Marrakech-Menara.

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SuperCaddy

Un fan, que j'appréciais plutôt bien jusqu'à ce que je découvre que son prénom est "Lénaïc". Eh oui, c'est moche, et encore je vous fais grâce du nom de famille. Mais ces sauvages de bretons sont parfois cruels avec leurs enfants, ce n'est pas une grande nouvelle. Ajoutez à ça que malgré son humour acerbe décapant il a une tête de gros bisounours, et je ne peux définitivement pas accepter de le compter au rang de mes admirateurs agréés.

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Choan

Apparemment, c'est le gusse avec qui je vais partager ma chambre à l'hôtel. Les circonstances dans lesquelles il m'a proposé de partager notre chambre sont assez troublantes, et me rappellent étrangement les mises en garde de ma mère. Comme une bonne capture d'écran vaut mieux qu'un long discours :

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Si en plus on se penche sur sa photo, où il ressemble curieusement beaucoup à une mère maquerelle, je pense définitivement avoir du souci à me faire lors de ces 4 jours en Maghrébie.

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Bref, maman pardonne-moi d'avoir douté de toi.

Seven_979

Nan je déconne en fait on s'en branle.

Tilou4Fun

Icône tantôt adorée, tantôt honnie du ClubPoker, ancien acteur porno, millionnaire au loto-foot, partenaire pour la vie d'Eric 'BeaverTail' Larchevêque, on le découvre également chanteur au détour d'une recherche totalement innocente sur YouTube.

c-6EWi9ePi8

To-ta-le-ment on vous dit.

Bref je pourrais en présenter encore beaucoup d'autres. Maintenant bon, j'ai la flemme, je voudrais pas être à court de blagues - déjà qu'elles sont pas terribles quand je les force pas -, et surtout faut que je finisse de raccourcir les poils de mon torse pour pas être pris pour le singe apprivoisé de l'hôtel Es Saadi quand je serai à glander près de la piscine.

En tout cas, j'ai hâte de rencontrer tous ces gens, même si la plupart doivent être des cas sociaux 8|

Allez, salut à tous, à bientôt pour un report :)

ArtPlay

... Pour vous dire de ne pas m'oublier (ouais je suis un gros con narcissique). J'ai pas eu la flemme de publier, j'étais en vacances :)

Je fourmille d'idées pour un billet à contenu stratégique, et postant de la sorte je me contrains à passer à l'action.

Je prends toujours les suggestions, merci d'ailleurs à ceux qui en ont déjà émis.

Petit passage mylife pour ceux que ça intéresse, actuellement je joue un peu en fullring et c'est pas mal bidon, j'invite tous les joueurs de SH à aller montrer à ces pigeons qui sont les vrais 8|

En deux mots, du fait du plus grand nombre de joueurs à tables, les mecs sont totalement à l'ouest dans les positions de vol de blindes et sont supraweaks. Du pain bénit pour les joueurs de SH entraînés tout spécialement entraînés à jouer ces situations.

Allez, à bientôt hopefully.

ArtPlay

Salut à tous,

Mon premier post sur la V4. Que d'émotions. Je découvre la nouvelle tronche de mon blog. Oui en effet ça fait donc un bail que je m'étais pas pointé ici.

Pour mon retour tonitruant j'ai décidé de vous poster un truc pas du tout personnel, une bonne resucée/traduction d'un post trouvé sur 2p2.

Ici, pour être précis, pour qui veut l'original : http://forumserver.twoplustwo.com/showpost.php?p=17727116&postcount=133 (et ya du bon matériel encore après, peut-être m'y attellerai-je également)

Donc oui, j'ai perdu ma créativité et mon originalité sad.gif Elle m'ont intégralement été sucées par l'ignoble Piercy, désormais aux commandes de l'intelligentsia du ClubPoker, dans la rubrique "Docteur Poker" - dont je n'ai pas choisi le nom sad.gif - dont vous trouverez les articles ici. Néanmoins, ce post et ceux qui suivent sont de la bonne came qui peuvent vous amener à réfléchir sur certains points de votre jeu.

Here it is then :

Les plus gros leaks des joueurs de small stakes.

• 3bet pour value à 100% en blindes face à UTG/MP, et payer 100% du temps AQ et les pocket pairs face à UTG/MP

• 3bet davantage depuis les blindes face au bouton, plutôt que du bouton contre les positions précédentes

• Cocher autofold et laisser les autres regulars se servir de la SB comme d'une position de vol, alors qu'ils devraient 3bet et call avec une range énorme

• Trop défendre leurs ouvertures de la SB en 4bettant quand il est évident qu'ils n'ont rien et devraient se contenter de fold davantage

• Défendre leurs steals en 4bettant alors que ce n'est même pas mathématiquement profitable contre la range de leur adversaire, ou se mettre à ouvrir plus tight et défendre plus loose avant d'essayer de s'adapter en diminuant la taille de leurs ouvertures

• Considérer que les suited connectors sont des mains à implied odds et payer face à des ranges tight plutôt que face à des ranges loose pour faire jouer la fold equity

• 3bet des as suités quand la range de l'adversaire est suffisamment tight pour que l'as soit un out valable contre la plupart de sa range, 3bet des as suités quand le cutoff raise une tonne de suited connectors ou que le bouton raise n'importe quelles cartes suited

• 3bet des mains avec lesquelles on peut clairement call profitablement. 3bet des mains de value moyenne face à des gens qui vont 4bet avec la range qui était jusqu'alors dominée

• Relancer le turn 100% du temps pour value. Miser le turn 100% du temps avec des mains qui pourraient catch un float

• Relancer des flush/straight draws sur des baby boards où il est impossible de payer un shove d'une overpair

• Ne pas polariser leur range de raise CBet lorsqu'ils sont en position. Jouer trop passivement dans les pots simplement relancés face au bouton

• Ne check/raise que pour value face à un adversaire qui n'est pas au bouton

• Ne pas suffisamment miser les busted draws à la river

• Ne pas laisser leur adversaire miser suffisamment en bluff à la river en misant automatiquement

• Ne pas overbet ni underbet suffisamment

• Ne pas raise ou check/raise la nut flush au flop

• Ne pas avoir conscience que la flush backdoor est une des plus importantes considérations à avoir en tête lors d'un float ou d'un CBet/multibarrel

• Ne pas jouer assez agressivement en pot limpé. Ne pas isoler les fishs avec une range suffisamment large, que ce soit IP ou OOP

• Ne pas assez 3bet les regulars qui isoraisent

• 5bet beaucoup trop en se basant sur une statistique de 4bet qui ne converge virtuellement jamais

• Ne pas savoir quels boards donkbet, quelles turn lead ou quelles river check/raise hors de position en temps que caller preflop

• Relancer trop de suited connectors hors de position (en early) parce que c'est cool

• Ne pas suffisamment manipuler leur range perçue pour avoir de la fold equity

• Ne pas suffisamment rebluff les scare cards sur lesquelles s'appuie l'adversaire

• Bluffer des boards sur lesquels ils ne représentent rien de logique

• Trop call sous prétexte qu'ils sont deep

• 4bet AQ. Trop 3bet AK

• Trop 4bet AK dans des situations où flat call est meilleur face à des ranges de 3bet light

• Ne pas suffisamment float AK/AQ. Double barrel A high sur des boards offrant un tirage vers la wheel (A2345) puis envoyer un troisième barrel alors que votre main est un bluff de façon évidente

• Checker des flops en position et ne virtuellement jamais relancer un bet turn avec quelque main que ce soit

• Ne pas tirer avantage de lignes de pot-control évidentes en overbettant ou en check/raisant le turn puis shove la river

• Trop CBet avec une pocket pair ou A high en position, et checkback trop souvent une middle pair face à un adversaire qui ne check-raise jamais

• Trop miser les draws médiocres tout en sachant qu'ils vont se faire check/raise et devoir fold

• Penser pouvoir tourner des made hands en bluff

• Beaucoup trop peel les pocket pairs au flop et encaisser un 2d barrel

• Float OOP et auto-fold la turn face à un bet quelconque

• Ne jamais varier leurs lignes contre qui que ce soit

• Trop barrel/CBet sur les as face à des adversaires qui jouent et float avec n'importe quel as

• Checkback beaucoup trop de turns pour "pot control"

• Ne pas miser assez thin à la river. Trop bluffcatch.

Et le plus important, avoir la rigueur d'un fumeur de joints en échec scolaire.

Et quelque chose qui n'a rien à voir

Concernant l'avenir de ce blog. Vous l'avez sûrement constaté, je ne suis pas le posteur le plus prolifique qui soit. Un post tous les trois mois en moyenne, ça fait pas un blog qui tient la route ça. Néanmoins j'ai déjà prévu deux prochaines entrées :

- Une autre resucée de 2P2, qui sera plus personnelle cette fois puisqu'une synthèse d'un thread sur le 4betting des mid PP.

et surtout ... (suspens ...)

- Un report sur ces presque 1 an et demi que j'ai passés à grind le poker. En effet, j'ai enfin trouvé un job, et il serait peut-être temps de vous faire part de mon vécu et ressenti.

Paradoxalement, peut-être fournirai-je davantage ce blog lorsque le poker ne me prendra plus tant de temps. En effet au fil du temps j'en suis venu à être las à la fin d'une session, d'où le manque de volonté à rédiger des billets d'humeur sur le thème du poker. Maintenant qu'il risque en grande partie de redevenir un loisir, peut-être aurai-je davantage envie d'en parler (même si j'ai des plans, je vous en ferai également part :afro: )

J'espère que je vous avais manqué et vous fais de gros poutous de Bussy-Saint-Georges.

ArtPlay

ArtPlay

... Bonnes nouvelles !"

Diront certains. En fait non, pas du tout, le mec qu'a inventé cet adage est vraiment un con. Pas de nouvelles = je run bad.

Je viens d'arriver sur mon blog pour écrire ce nouveau billet, et je vois que dans le dernier en date, lundi dernier, je me plaignais d'avoir eu un breakeven day d'environ 4khands. Ha ! Naïf que j'étais.

Retour sur les événements de la semaine passée :

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Wonderful wednesday ain't it ? Bref, ce mercredi moisi à -400$ m'a totalement foutu dedans et donné la flemme de poster (je vais pas me justifier, mais j'ai pas eu beaucoup de chance. Ok, je me justifie.).

Ceci dit, je dois bien dire qu'avec 1600 mains et +210$ aujourd'hui, j'ai à nouveau le moral. Et je me propose donc de vous soumettre - enfin ! - un petit essai sur la défense de blindes, à prendre avec des pincettes car je pense néanmoins avoir beaucoup de progrès à faire dans ce domaine. Néanmoins ça peut jeter les bases d'une réflexion.

La défense de blindes en cash game

Tôt ou tard quand vous jouez en cash game vous allez être confronté à un problème de vol de blindes. Tout d'abord, de quoi s'agit-il ? Dans l'acception commune c'est comme ça qu'on appelle la situation où le joueur situé au bouton ou au cutoff (le siège avant le bouton) est le premier à relancer.

Maintenant qu'est ce que ça recouvre ? Eh bien concrètement quand vous relancez preflop, il y a deux objectifs possibles : prendre le coup preflop (le vol de blinde au sens le plus strict), ou commencer à créer un pot intéressant avec une bonne main. Pour sur-simplifier le problème, si les joueurs ne cherchaient jamais à voler les blindes, terminant le pot preflop, ils relanceraient principalement leurs très bonnes mains : 88+/broadways (les broadways sont les mains constituées de deux figures, comme KJ par exemple). Ca représenterait alors 15% de raise au cutoff et au bouton. Contre un adversaire de ce genre, la problématique de la défense de blindes ne se poserait pas.

Seulement jouer pour la valeur de sa main est loin d'être le seul intérêt, même en cash game. D'une part les blindes sont très alléchantes, 1,5BB pour un raise de 3BB. Il suffit que le vol fonctionne 2/3 pour que le voleur gagne de l'argent sur le long terme. D'autre part, le voleur a le grand avantage de pouvoir jouer le coup en position. Et là c'est crucial. Imaginons la situation suivante :

CO raise avec :7h:8h . Bouton passe, SB passe. Vous êtes en BB avec :9h:Kd. Vu de l'extérieur, vous devriez call. Le problème est que lorsque vous avez :9h:Kd et que vous devez jouer hors de position vous allez très vraisemblablement perdre le coup, et même lorsque vous toucherez votre flop vous ne serez que rarement en mesure de rentabiliser suffisamment pour compenser les fois où vous perdrez.

A dire vrai, même si votre adversaire relançait 50% de ses mains dans cette position, vous situant au devant de sa range moyenne avec :9h:Kd, vous ne seriez vraisemblablement pas gagnant à aller call sans plan de bataille plus évolué tant vous allez vous faire outplay en étant hors de position.

Que faire, donc ?

Eh bien tout d'abord la règle la plus simple pour défendre votre blinde, c'est de fold.

Sacrée défense que tu nous proposes-là, Sylvain. Certes, certes. Mais c'est un premier point qu'il est essentiel de comprendre : de manière générale vous ne pouvez quasiment jamais défendre profitablement votre blinde.

Bien sûr, que cela ne nous empêche pas de rentrer dans l'étude de cas plus particuliers :

1/ Vous connaissez très bien votre adversaire et êtes sûr de pouvoir le battre postflop avec n'importe quelle main dans n'importe quelle situation.

=> Ca arrivera parfois. Mais dans ce cas vous n'avez vraiment pas besoin de vous emm**der à lire cet article.

2/ (et c'est plus intéressant) Votre adversaire vole trop.

=> Mais vraiment trop, vous en avez trop marre et vous avez envie de le bouffer, lui et son put*** d'avatar de caniche. A titre indicatif on va dire qu'une statistique de vol supérieure ou égale à 35% vous donne envie de le bouffer. C'est ce cas qui nous intéresse, étudions donc les deux principales façons de se défendre : call ou 3bet.

Première défense : le call

Ca peut sembler être la défense la plus simple par rapport au 3bet, mais à dire vrai c'est la plus délicate à manier, et dirais-je celle qui nécessite le plus d'habileté au jeu.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire : aller call avec des mains marginales et se laisser massacrer par les CBets adverses. On ne perd peut-être que peu d'argent à chaque coup mais sur le long terme nom de dieu ça commence à faire un sacré paquet de flouze.

Prenons l'exemple classique du joueur qui cherche à défendre ses blindes de manière inadéquate. Ce sera notre premier type de call.

Premier type de call : les pocket pairs

CO raises to 3BB.

D folds.

SB folds.

BB (:4h:4s) calls 2BB.

FLOP : :Js:5h:7c

BB checks.

CO bets 5BB.

BB folds.

CO wins 6BB.

Je dis que c'est une grosse erreur d'aller call preflop ici avec cette main si c'est pour fold sur ce flop (du moins si c'est pour fold 100% du temps). Pourtant, cela rentre dans le cadre du setmining, ici on investit 3% de notre tapis en espérant trouver notre brelan et déstacker notre adversaire. Seulement les joueurs qui callent ici omettent un détail capital, on joue contre un joueur qui relance 40% de ses mains.

Vous pensez vraiment que lorsque une main sur huit vous allez toucher un petit quelque chose, votre adversaire va gentiment vous donner une part non négligeable de son tapis ? A dire vrai non, il va juste fold son CBet 90% du temps. Morale de l'histoire, vous aurez perdu 2BB sept fois, et gagné 10BB une fois. Ce qui nous fait dans l'ensemble -4BB sur 8 mains. Pas rentable.

Si malgré tout vous voulez continuer à setminer, il va falloir faire des concessions et accepter de faire des moves avec vos pocket pairs. Et par move, je ne parle pas d'un truc trop compliqué, et je ne parle pas non plus d'aller call votre paire de 4 sur le flop ci-dessus et de jouer la suite du coup dans le noir en laissant toute latitude à votre adversaire de vous jouer parfaitement. Il va falloir, ne serait-ce qu'une fois sur 8, raise son Cbet avec votre poubelle.

Typiquement mettons un flop :5h:7s:2c . Il touche peu la range de votre adversaire. En revanche, il touche beaucoup votre range de défense de blindes. Quand vous checkraiserez un adversaire qui CBet trop sur ce genre de board, vous aurez 90% de fold equity, du moins les premières fois. Et rien que ce bluff une fois de temps en temps vous apportera l'équité nécessaire à continuer de setminer.

Deuxième type de call : les gros connecteurs

Personnellement je défends peu mes blindes avec mes pocket pairs. Je sais pas, miss mon flop 7 fois sur 8 ça me frustre trop :D. Cependant c'est une question de goût, et je pense qu'à condition d'y ajouter 1-2 bluffs à l'occasion, c'est tout à fait bon.

Je préfère une autre méthode : je vais call des mains comme de gros suited connectors (9Ts, TJs, JQs) et adopter un mode de jeu différent selon la texture du board :

Check/call des boards où je vais avoir une paire

Check/raise avec mes draws (voire donkbet / 3bet allin mes draws très forts, afin de me commit au maximum au flop. Parce que mine de rien quand on C/R avec un draw fort et qu'on se retrouve sur une turn sans avoir amélioré, la taille de notre tapis par rapport à la taille du pot n'est vraiment pas confortable)

Fold les boards vraiment moisis, qui touchent beaucoup la range de mon adversaire et pas du tout la mienne. Typiquement AK2, K57 etc..

Bluffer occasionnellement les baby flops contre les adversaires qui CBettent trop, pour les mêmes raisons que précédemment : si on attend de toucher un draw ou une main, on sera généralement ev-*, et facilement lisible.

Bien sûr, précisons que si l'adversaire s'adapte à vos bluffs il faudra réagir en conséquence. Mais c'est l'évidence de tout ce que j'écris, toujours. Il n'y a pas de vérité figée (oh le beau cliché).

Troisième type de call : les mains fortes

Bon ici je ne parle pas des mains très fortes. Par mains très fortes j'entends : JJ+/AK (et parfois AQ en fonction de mon adversaire). Avec celles-ci je préfère surrelancer pour équilibrer le range de mains que je surrelance (parce que vous verrez dans le point 2/, la deuxième défense c'est la surrelance avec des poubelles, mais chut je spoil)

Là c'est facile, la base est de ne pas les 3bet et d'attendre de toucher un flop.

Avec des mains comme 33 ou 9T vous ne pouvez pas attendre de toucher. Déjà parce que avec 33 vous toucherez à peu près jamais, d'autre part parce qu'avec 9T même quand vous allez toucher votre main sera rarement énorme. Vous aurez top paire au T, vous allez vous faire valuebet par une main avec un meilleur kicker. Bref la pure "pairing value" de la main n'est pas suffisante et il faut bluffer parfois.

Si vous commencez à vous contenter de call des mains comme QK ou AJ, là vous pouvez juste attendre de toucher, et attendre la situation contraire : l'adversaire va valuebet, et vous le battrez au kicker.

L'avantage ici est double : d'une part vous dominez souvent votre adversaire (AJ contre A8 par exemple), d'autre part vous 3bettez moins souvent. Et cela vous permet de 3bet en pur bluff avec de magnifiques poubelles, puisque vu de l'extérieur, vous aurez l'image d'un cul serré.

Deuxième défense : la surrelance avec des poubelles

Bon je crois que là il n'y a pas grand chose à expliquer, le titre me semble assez clair. Le paragraphe précédent explique en plus comment avoir l'air tight, donc tout devrait bien se passer pour vous.

Ah, bon, on me signale en régie que c'est un peu court (ouais je suis sponsorisé par un riche éditeur vous savez ... Les rigueurs du métier d'écrivain vedette.)

Ok donc quelques recommandations :

1/ Vous n'êtes pas obligé de surrelancer vos pires poubelles. Enfin bien sûr si vous sentez que la situation s'y prête parfaitement, n'hésitez pas. Typiquement :

CO relance à 3BB.

D call.

SB call.

Vous êtes en BB (:2c:5h) et vous savez que CO fold bien sur les 3bets, et que D et SB ne sont pas non plus des idiots qui vont vous call un gros 3bet avec 33.

Ne vous retenez pas. Surrelancez à 16BB. 3 fois sur 4 vous verrez trois rapides "Fold, Fold, Fold" s'inscrire sur votre écran. Ce qui vous donne comme gain moyen du coup sur quatre coups : perte 15BB x 1, gain 10BB x 3 = 15BB de gain. Pas mal.

Qu'est ce que je veux dire alors par "ne surrelancez pas forcément vos pires poubelles". Concrètement le 3bet light c'est une question de timing. Evitez de le faire plus d'une fois sur trois pour pas trop agacer votre adversaire (et qu'il ne se doute de rien).

Typiquement si en trois coups vous avez 26o, 35s, et 78s, vous serez plus à l'aise avec 78s les rares fois où vous serez callé non ? Par contre si ça fait 5 tours que vous vous faites voler et que vous foldez, si le sixième tour vous avez 23o, le timing peut quand même être bon pour un petit bluff. C'est vous qui devez le sentir. Mais privilégiez légèrement les mains un peu moins nulles.

2/ Le jeu au flop.

Espérez ne pas avoir l'occasion de le pratiquer. Sinon.

Si vous surrelancez :2h:5d , et que le flop tombe :8s:9s:Jd ou :4s:7h:8h, il n'y a aucune honte à check/fold ! (à moins que vous ayez un read sur votre adversaire pour savoir que vous avez beaucoup de fold equity, naturellement)

Eventuellement, si vous vous rendez compte que votre adversaire vous exploite en bettant systématiquement dès que vous checkez, rendez-lui la monnaie de sa pièce en checkant vos monstres de l'autre partie de votre range de 3bet. (n'abusez pas de ça sans être sûr de votre read au préalable)

En revanche, si le flop tombe :Ks:4c:6d ou :Ad:7c:3d , il serait quasi criminel de ne pas tenter de miser 16BB dans le pot d'environ 24 pour essayer de l'emporter. Globalement les rois et les as ne sont pas une grosse partie du range de call de 3bet de vos adversaires, et sont de bonnes cartes pour bluffer, car ils sont une grosse partie de votre range apparent.

2bis/ (parce que je viens de retrouver ce que j'avais oublié ... Cf ci après 3/ si vous ne comprenez pas :)) Ne 3bettez pas avec des poubelles des adversaires très collants sur les 3bets. Préférez fold ces mains et remettre dans votre range de 3bet vos mains fortes telles que QK, AQ, AJ. Ce sera bien plus profitable.

3/ Il me semblait avoir un 3/ mais je ne retrouve plus ... A défaut je vous propose quelques mains exemple :)

Allez on commence par la façon typique de mal jouer le flop.

Seat 1: Hackstarrr ($27.55 in chips)

Seat 3: Zyrak ($65.95 in chips)

Seat 4: Roelof22 ($57.05 in chips)

Seat 5: ArtPlay ($53.90 in chips)

Seat 6: JNandez87 ($50.75 in chips)

ArtPlay: posts small blind $0.25

JNandez87: posts big blind $0.50

*** HOLE CARDS ***

Dealt to ArtPlay [:5c:4h]

Hackstarrr: folds

Zyrak: raises $1.50 to $2

Roelof22: calls $2

ArtPlay: raises $6 to $8

JNandez87: calls $7.50 => Overcall, très probable très grosse main. AK Aurait tendance à bet par dessus généralement, donc souvent TT+.

Zyrak: folds

Roelof22: folds

*** FLOP *** [:3s:Jh:2d]

ArtPlay: bets $14 => Worst play ever.

JNandez87: raises $28.75 to $42.75 and is all-in

ArtPlay: calls $28.75 => Maintenant j'ai l'air con, j'ai la cote

*** TURN *** [:3s:Jh:2d] [:Th]

*** RIVER *** [:3s:Jh:2d:Th] [:5h]

*** SHOW DOWN ***

ArtPlay: shows [:5c:4h] (a pair of Fives)

JNandez87: shows [:Qd:Qc] (a pair of Queens)

JNandez87 collected $103.50 from pot

Cette main là était un clair check/call au flop par exemple. Voire check/fold selon le montant du bet. Là aller CBet alors que je sais à 90% que mon adversaire me bat est une énorme erreur (je me commit en plus, pour être sûr) due au fait que je tiltais un peu et que je voulais gamble :/

Mais le preflop était bon :D

Allez, une autre, un peu différente de ce que je viens d'expliquer, mais qui va me permettre de souligner une autre notion importante :

*** HOLE CARDS ***

Dealt to ArtPlay [:6s:4s]

4 fold

skipjuhhh: raises $0.50 to $1

ArtPlay: calls $0.50

*** FLOP *** [:7c:Js:8d]

skipjuhhh: bets $1

ArtPlay: raises $2.50 to $3.50

skipjuhhh: folds

Uncalled bet ($2.50) returned to ArtPlay

ArtPlay collected $3.85 from pot

Illustration du raise avec air (bon ok, j'ai une gutshot moisie :/).

Et autre notion importante donc : il est plus rentable de raise les CBets des joueurs qui font des CBets weaks. Typiquement, si un joueur CBet 1$ dans un pot de 2$, comme ici, un raise à 3$ est crédible et donne beaucoup de FE. Pourtant, d'un point de vue risk/reward, vous risquez 3$ pour gagner 3$, magique.

En revanche, si le joueur CBet 2$ dans 2$, pour avoir un risk/reward de 1:1 comme précédemment, il va vous falloir minraise, ce qui va généralement vous donner bien moins de fold equity. Vous devrez donc raise minimum à 6$, risquant 6 pour gagner 4. Vous devrez faire coucher votre adversaire 66% du temps pour être ev0*, contre 50% précédemment.

Corollaire essentiel : faites des CBet strongs :)

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui je suis ouvert à toutes les critiques car je pense qu'il s'agit là de situations sur lesquelles je peux encore grandement m'améliorer, en tout cas sans aucun doute possible concernant la pratique.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

*ev-, ev+, ev0 : respectivement un coup perdant, gagnant, ou d'espérance de gain nulle sur le long terme.

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