Laissez moi vous conter une histoire qui se déroula il y a quelques temps de cela.
C'était dans des terres éloignées au creux des Alpes, ces puissantes montagnes dominant l'Europe et au bord du Rhône le fleuve nourricier de la région. Un jeune joueur s'en allait guerroyer. Il peinait à trouver gloire et honneur dans sa région natale et espérait pouvoir revenir de cette expédition auréolé d'un nouveau succès qui lui attirerait les faveurs des rois et des dames.
Chapitre 1 : L'Ancien-joueur-de-dés
Sous le chapiteau où se déroulait les joutes, notre héros prit place à sa table.
Il était confiant. Bien que certains de ces adversaires fussent des joueurs expérimentés, il était suffisamment aguerri pour ne craindre aucun affrontement. Celui qui a mordu la poussière à de nombreuses reprises, en connait si intiment le goût qu'il ne craint plus d'y gouter à nouveau. C'était là sa plus grande force. La seule qui le faisait encore tenir debout, aspirant au statut de chevalier, là où de nombreux autres s'étaient rangés à des activités moins nobles, telle la banque, la finance ou encore le commerce (je sais c'est facile et gratuit, mais c'est un conte.).
Les premières escarmouches furent sans dégâts, les adversaires s'observant, se jaugeant avant de mettre toutes leurs forces dans la bataille.
Notre jeune héros – bon, appelons-le Loozer, il faut bien qu'il ait un nom – Loozer donc, n'avait pas démérité durant ces premiers rounds et toute la table avait été témoin de son esprit combatif et de la fougue qui l'animait. Loozer, qui avait appris de ses maîtres qu'il fallait identifier un adversaire et le harceler jusqu'à lui faire mordre la poussière, avait choisit l'Ancien-joueur-de-dé. L'un de ces héros respectés partout où ils vont, les gens murmurant sur leur passage des échos de leurs faits passés. L'un de ces noms que l'on ne prononce qu'avec crainte et mystère, ne sachant s'il est réel ou légendaire. Oui l'Ancien-joueur-de-dé était un adversaire redoutable et de valeur. Peut-être était-ce cela qui avait poussé Loozer à en faire sa cible, désespérément en quête de gloire et d'estime. Peut-être, ou une quelconque folie qui anime les héros les poussant à prendre tous les risques. Quelqu'en soit la raison, Loozer ce choix irrationnel. Il harcela l'Ancien-joueur-de-dés sans relâche, ne faisait aucun cas de son prestige et piétinant sa réputation sous ses relances répétées. Et il fallait lui reconnaître cela, l'Ancien-joueur-de-dés n'en menait pas large. Plus d'une fois, il manqua ployer sous les coups incessants. Mais l'expérience et la sagesse enseignent la patience. Et le maître d'autrefois attendit, guetta, observa jusqu'à trouver une faille dans la défense de Loozer.
Ce dernier emporté par son enthousiasme choisit d'attaquer un D4 de carreau alors que ce n'était pas la coutume pour celui qui parle le premier. Mais, la peur qui aurait du lui recommander la prudence, faisait défaut au Loozer. Et, alors que plusieurs des combattants présents avaient relevé le défi lancé, une arène D95 avec un carreau fut choisi pour le combat. Loozer, à qui cette sortie ne déplaisait guère, porta une estocade. Elle fut parée dans un premier temps par un nain des montagnes, peu inventif mais tenace. Mais à peine le regard du Loozer dépassa-t-il le nain, qu'il comprit que son véritable adversaire dans cet assaut serait l'Ancien-joueur-de-dés. Ce dernier riposta d'une triple relance que le Loozer et le nain parèrent prudemment. On ajouta un Roi de carreau et la joute à trois repris.
Notre jeune héros eut une illumination et l'esquisse d'un plan commença à se dessiner dans son esprit. Il coupa la parole à l'Ancien-Joueur-De-Dés et porta le premier coup. Surpris, le nain trébucha et fila sans demander son reste. Mais pas le maître des dés. Il riposta immédiatement mais avec une certaine retenue. Encore une fois Loozer choisit l'option d'une parade sage, il attendait de connaître l'ensemble du tableau avant de se jeter corps et âme dans la bataille. Cette sagesse fut de courte durée, car dès l'apparition d'un deuxième roi, Loozer hurla « Taïaut » et livra l'assaut final, l'épée en avant prêt à traverser de parts en parts son rivale ! L'Ancien-joueur-de-dés fut ébranlé, chuta à terre, mais avant de rendre son dernier souffle, il choisit de parer de toutes ses forces avec un V10 attendu et remporta une victoire tonitruante sur notre héros.
Le jeune Loozer fut laissé pour mort, il finit cependant par se relever, moribond. Mais il tentait de se battre encore et encore. Jetant ses dernières forces comme ultime offrande à des Dieux qui, seuls, pouvaient le sauver d'une nouvelle défaite anonyme. Il faut croire que le courage d'un homme valeureux revêt un quelconque intérêt pour les Dieux car une arène 953 fut annoncée alors que notre héros participait à une joute, avec de nombreux adversaires, équipé d'une paire de 3. Cet épisode fait l'objet de plusieurs versions, nombreux sont ceux qui croient connaître la vérité, mais peu la détienne réellement. Ce que l'histoire nous dit c'est que l'assaut final opposa le Loozer et deux adversaires dont le redoutable Ancien-joueur-de-dés mais qu'après un 2 et une dame ni leur paire de valet ni leur paire de rois ne put rien faire face aux trois trois de notre Loozer. Certaines légendes racontent que plus tôt dans le combat deux adversaires abandonnèrent la lutte face à l'assaut du Loozer, le premier pourtant équipée d'une puissante paire de 5, le second d'un vicieux 63 qui se serait avéré victorieux, mais ce n'est qu'une légende et les jurons poussés par un visigoth dans une langue barbare et par une amazone dans une impudeur toute masculine ne constituent pas les preuves que ces mains avaient bien été distribuées.
Les dieux s'étaient montrés cléments avec le vaillant Loozer, il s'en alla rejoindre sa couche éreinté mais heureux après ce premier jour de combat.
C'est en pleine forme qu'il aborda le deuxième jour.
Chapitre 2 : Le Vieux
Mais s'il avait pu jouer de son habileté la veille face à des adversaires méfiants, il fut jeté au milieu de véritables guerriers à l'aube froid de ce jour d'hiver. Equipés d'armures à côtes qui semblaient pouvoir résister aux coups puissants d'un géant, dotés de lourdes épées à deux mains qui briseraient en deux n'importe quel bouclier, ces adversaires étaient d'une toute autre envergure que ceux de la veille. Et notre pauvre Loozer équipé d'une rapière et d'une vulgaire chemise de cuir n'en menait pas large. Il savait que si ces adversaires pouvaient encaisser plusieurs coups d'épée grâce à leur protection, tel n'était pas son cas et qu'il allait devoir agir avec circonspection.
Il faisait froid. Très froid. Les températures extérieures dissuadaient les petits mammifères qui peuplaient la forêt avoisinante de se risquer au-dehors mais elles ne semblaient avoir aucun effet sur ces puissants aventuriers qui se livraient un combat violent.
Le Loozer ripostait quelque fois mais il se faisait discret. Attendant que les uns se fatiguent et les autres se blessent. Mais, il en fut ainsi plusieurs heures durant sans qu'aucun combattant ne parvienne à prendre le dessus. Certains posaient le genoux à terre, mais toujours se relevaient et prenaient leur revanche. Ce jeu de ronde semblait fait pour durer vingt saisons et sans doute en aurait-il été ainsi si le Vieux n'était pas arrivé.
Il était équipé d'une armure d'or qui recouvrait presque tout son corps, un heaume flamboyant aux couleurs rouge et noir du duché voisin protégeait sa tête. Son épée mesurait bien 20 coudées et pourtant paraissait légère comme une plume. Il semblait prêt à affronter vingt barbares sans essuyer la moindre blessure et prêt à découper leur vingts corps puissants sans que son épée ne s'émousse. Le Vieux avait largement dépassé les cinquante printemps et approchait des soixante, pourtant nul combattant, aussi courageux fusse-t-il, n'osa défier son regard lorsqu'il pénétra dans l'enceinte de la table.
L'équilibre bascula immédiatement. Le Vieux triomphait à chaque fois. Les uns après les autres, ils tombaient à ses pieds. Nul ne semblait capable de simplement le toucher. Il était invulnérable, invaincu. La victoire lui semblait acquise.
Ainsi quand le Loozer reçut une paire de 3 en début de round, il sut que son heure était venue. Cela ne pouvait être qu'un signe des Dieux. Les 3 seraient son chiffre ! Il se jeta dans l'arène prêt à affronter le Vieux.
Sans surprise, aucun téméraire ne se joignit au duo, et le Loozer se retrouva seul face au Vieux et à son destin. Lorsqu'un valet, un 7 et un 3 apparurent, il ne put réprimer un sourire, ultime remerciement à ses protecteurs. Le Vieux se battit comme un lion, mais sa paire d'As dut rendre les armes et pour la première fois, il essuya une défaite. Sa confiance perdue et son invincibilité contestée, le Vieux dut livrer de nombreux assauts qu'il perdit pour la plupart avant de parvenir à redresser la tête dans un combat de toute volée ou il abattit un paysan du coin, bourru mais vigoureux.
Le Loozer, lui, observait les combats, en retrait. Il était maintenant craint et respecté et son aura lui suffisait pour l'instant à assurer un semblant de sécurité. Pourtant aussi confortable eut-il trouvé sa situation, lorsqu'une nouvelle paire de 3 apparue, il put presqu'entendre l'appel dans ses oreilles. Comme une trompette céleste lançant l'assaut final. Sans trop se soucier du danger, il se campa sur ses deux jambes et para l'attaque du Vieux. Leur regard se croisèrent et Loozer put lire dans les yeux de son adversaire toute sa haine et sa rage et il sut que ce combat serait à mort. Deux autres joueurs profitèrent de cette seconde où le temps fut comme suspendu pour se joindre à la fête.
Aucun des deux ne résista sur la première attaque du Vieux lorsque 4, 5 et 6 arc-en-ciel eurent fait leur apparition. Aucun des deux, mais le Loozer si. Et sur un valet auquel nul belligérant ne prêta attention, à nouveau le Loozer para. Car il savait. Il était l'élu. Son heure était arrivée. Les Dieux l'avaient choisi pour être leur héros. Et sur le 3 final, il tournoya et lança son épée en direction de son adversaire. Ce dernier, déstabilisé par ce contre-temps - il s'attendait sans doute à ce que Loozer lui laisse porter la première attaque - se rua sur son adversaire hurlant de toutes ses forces. L'épée le cueillit en plein torse, transperçant son poitrail d'or. Il chuta aux pieds du Loozer. Ce dernier chaussa son heaume d'or et s'empara de son épée de cristal. Puis, Loozer se détourna sans jeter un regard à celui qui fut un adversaire valeureux, abandonnant sa dépouille aux croupiers.
Après ce combat héroïque dont tout le duché parle encore, le Loozer devint un héros national, il fut porté aux nues sur la toile et applaudit dans les cercles.
Quant à la fin de cette histoire, sachez que le Loozer combattit beaucoup, et, comme tout bon héros de conte, finit par s'envoyer en l'air à la fin mais sans princesse.
C'était dans des terres éloignées au creux des Alpes, ces puissantes montagnes dominant l'Europe et au bord du Rhône le fleuve nourricier de la région. Un jeune joueur s'en allait guerroyer. Il peinait à trouver gloire et honneur dans sa région natale et espérait pouvoir revenir de cette expédition auréolé d'un nouveau succès qui lui attirerait les faveurs des rois et des dames.
Chapitre 1 : L'Ancien-joueur-de-dés
Sous le chapiteau où se déroulait les joutes, notre héros prit place à sa table.
Il était confiant. Bien que certains de ces adversaires fussent des joueurs expérimentés, il était suffisamment aguerri pour ne craindre aucun affrontement. Celui qui a mordu la poussière à de nombreuses reprises, en connait si intiment le goût qu'il ne craint plus d'y gouter à nouveau. C'était là sa plus grande force. La seule qui le faisait encore tenir debout, aspirant au statut de chevalier, là où de nombreux autres s'étaient rangés à des activités moins nobles, telle la banque, la finance ou encore le commerce (je sais c'est facile et gratuit, mais c'est un conte.).
Les premières escarmouches furent sans dégâts, les adversaires s'observant, se jaugeant avant de mettre toutes leurs forces dans la bataille.
Notre jeune héros – bon, appelons-le Loozer, il faut bien qu'il ait un nom – Loozer donc, n'avait pas démérité durant ces premiers rounds et toute la table avait été témoin de son esprit combatif et de la fougue qui l'animait. Loozer, qui avait appris de ses maîtres qu'il fallait identifier un adversaire et le harceler jusqu'à lui faire mordre la poussière, avait choisit l'Ancien-joueur-de-dé. L'un de ces héros respectés partout où ils vont, les gens murmurant sur leur passage des échos de leurs faits passés. L'un de ces noms que l'on ne prononce qu'avec crainte et mystère, ne sachant s'il est réel ou légendaire. Oui l'Ancien-joueur-de-dé était un adversaire redoutable et de valeur. Peut-être était-ce cela qui avait poussé Loozer à en faire sa cible, désespérément en quête de gloire et d'estime. Peut-être, ou une quelconque folie qui anime les héros les poussant à prendre tous les risques. Quelqu'en soit la raison, Loozer ce choix irrationnel. Il harcela l'Ancien-joueur-de-dés sans relâche, ne faisait aucun cas de son prestige et piétinant sa réputation sous ses relances répétées. Et il fallait lui reconnaître cela, l'Ancien-joueur-de-dés n'en menait pas large. Plus d'une fois, il manqua ployer sous les coups incessants. Mais l'expérience et la sagesse enseignent la patience. Et le maître d'autrefois attendit, guetta, observa jusqu'à trouver une faille dans la défense de Loozer.
Ce dernier emporté par son enthousiasme choisit d'attaquer un D4 de carreau alors que ce n'était pas la coutume pour celui qui parle le premier. Mais, la peur qui aurait du lui recommander la prudence, faisait défaut au Loozer. Et, alors que plusieurs des combattants présents avaient relevé le défi lancé, une arène D95 avec un carreau fut choisi pour le combat. Loozer, à qui cette sortie ne déplaisait guère, porta une estocade. Elle fut parée dans un premier temps par un nain des montagnes, peu inventif mais tenace. Mais à peine le regard du Loozer dépassa-t-il le nain, qu'il comprit que son véritable adversaire dans cet assaut serait l'Ancien-joueur-de-dés. Ce dernier riposta d'une triple relance que le Loozer et le nain parèrent prudemment. On ajouta un Roi de carreau et la joute à trois repris.
Notre jeune héros eut une illumination et l'esquisse d'un plan commença à se dessiner dans son esprit. Il coupa la parole à l'Ancien-Joueur-De-Dés et porta le premier coup. Surpris, le nain trébucha et fila sans demander son reste. Mais pas le maître des dés. Il riposta immédiatement mais avec une certaine retenue. Encore une fois Loozer choisit l'option d'une parade sage, il attendait de connaître l'ensemble du tableau avant de se jeter corps et âme dans la bataille. Cette sagesse fut de courte durée, car dès l'apparition d'un deuxième roi, Loozer hurla « Taïaut » et livra l'assaut final, l'épée en avant prêt à traverser de parts en parts son rivale ! L'Ancien-joueur-de-dés fut ébranlé, chuta à terre, mais avant de rendre son dernier souffle, il choisit de parer de toutes ses forces avec un V10 attendu et remporta une victoire tonitruante sur notre héros.
Le jeune Loozer fut laissé pour mort, il finit cependant par se relever, moribond. Mais il tentait de se battre encore et encore. Jetant ses dernières forces comme ultime offrande à des Dieux qui, seuls, pouvaient le sauver d'une nouvelle défaite anonyme. Il faut croire que le courage d'un homme valeureux revêt un quelconque intérêt pour les Dieux car une arène 953 fut annoncée alors que notre héros participait à une joute, avec de nombreux adversaires, équipé d'une paire de 3. Cet épisode fait l'objet de plusieurs versions, nombreux sont ceux qui croient connaître la vérité, mais peu la détienne réellement. Ce que l'histoire nous dit c'est que l'assaut final opposa le Loozer et deux adversaires dont le redoutable Ancien-joueur-de-dés mais qu'après un 2 et une dame ni leur paire de valet ni leur paire de rois ne put rien faire face aux trois trois de notre Loozer. Certaines légendes racontent que plus tôt dans le combat deux adversaires abandonnèrent la lutte face à l'assaut du Loozer, le premier pourtant équipée d'une puissante paire de 5, le second d'un vicieux 63 qui se serait avéré victorieux, mais ce n'est qu'une légende et les jurons poussés par un visigoth dans une langue barbare et par une amazone dans une impudeur toute masculine ne constituent pas les preuves que ces mains avaient bien été distribuées.
Les dieux s'étaient montrés cléments avec le vaillant Loozer, il s'en alla rejoindre sa couche éreinté mais heureux après ce premier jour de combat.
C'est en pleine forme qu'il aborda le deuxième jour.
Chapitre 2 : Le Vieux
Mais s'il avait pu jouer de son habileté la veille face à des adversaires méfiants, il fut jeté au milieu de véritables guerriers à l'aube froid de ce jour d'hiver. Equipés d'armures à côtes qui semblaient pouvoir résister aux coups puissants d'un géant, dotés de lourdes épées à deux mains qui briseraient en deux n'importe quel bouclier, ces adversaires étaient d'une toute autre envergure que ceux de la veille. Et notre pauvre Loozer équipé d'une rapière et d'une vulgaire chemise de cuir n'en menait pas large. Il savait que si ces adversaires pouvaient encaisser plusieurs coups d'épée grâce à leur protection, tel n'était pas son cas et qu'il allait devoir agir avec circonspection.
Il faisait froid. Très froid. Les températures extérieures dissuadaient les petits mammifères qui peuplaient la forêt avoisinante de se risquer au-dehors mais elles ne semblaient avoir aucun effet sur ces puissants aventuriers qui se livraient un combat violent.
Le Loozer ripostait quelque fois mais il se faisait discret. Attendant que les uns se fatiguent et les autres se blessent. Mais, il en fut ainsi plusieurs heures durant sans qu'aucun combattant ne parvienne à prendre le dessus. Certains posaient le genoux à terre, mais toujours se relevaient et prenaient leur revanche. Ce jeu de ronde semblait fait pour durer vingt saisons et sans doute en aurait-il été ainsi si le Vieux n'était pas arrivé.
Il était équipé d'une armure d'or qui recouvrait presque tout son corps, un heaume flamboyant aux couleurs rouge et noir du duché voisin protégeait sa tête. Son épée mesurait bien 20 coudées et pourtant paraissait légère comme une plume. Il semblait prêt à affronter vingt barbares sans essuyer la moindre blessure et prêt à découper leur vingts corps puissants sans que son épée ne s'émousse. Le Vieux avait largement dépassé les cinquante printemps et approchait des soixante, pourtant nul combattant, aussi courageux fusse-t-il, n'osa défier son regard lorsqu'il pénétra dans l'enceinte de la table.
L'équilibre bascula immédiatement. Le Vieux triomphait à chaque fois. Les uns après les autres, ils tombaient à ses pieds. Nul ne semblait capable de simplement le toucher. Il était invulnérable, invaincu. La victoire lui semblait acquise.
Ainsi quand le Loozer reçut une paire de 3 en début de round, il sut que son heure était venue. Cela ne pouvait être qu'un signe des Dieux. Les 3 seraient son chiffre ! Il se jeta dans l'arène prêt à affronter le Vieux.
Sans surprise, aucun téméraire ne se joignit au duo, et le Loozer se retrouva seul face au Vieux et à son destin. Lorsqu'un valet, un 7 et un 3 apparurent, il ne put réprimer un sourire, ultime remerciement à ses protecteurs. Le Vieux se battit comme un lion, mais sa paire d'As dut rendre les armes et pour la première fois, il essuya une défaite. Sa confiance perdue et son invincibilité contestée, le Vieux dut livrer de nombreux assauts qu'il perdit pour la plupart avant de parvenir à redresser la tête dans un combat de toute volée ou il abattit un paysan du coin, bourru mais vigoureux.
Le Loozer, lui, observait les combats, en retrait. Il était maintenant craint et respecté et son aura lui suffisait pour l'instant à assurer un semblant de sécurité. Pourtant aussi confortable eut-il trouvé sa situation, lorsqu'une nouvelle paire de 3 apparue, il put presqu'entendre l'appel dans ses oreilles. Comme une trompette céleste lançant l'assaut final. Sans trop se soucier du danger, il se campa sur ses deux jambes et para l'attaque du Vieux. Leur regard se croisèrent et Loozer put lire dans les yeux de son adversaire toute sa haine et sa rage et il sut que ce combat serait à mort. Deux autres joueurs profitèrent de cette seconde où le temps fut comme suspendu pour se joindre à la fête.
Aucun des deux ne résista sur la première attaque du Vieux lorsque 4, 5 et 6 arc-en-ciel eurent fait leur apparition. Aucun des deux, mais le Loozer si. Et sur un valet auquel nul belligérant ne prêta attention, à nouveau le Loozer para. Car il savait. Il était l'élu. Son heure était arrivée. Les Dieux l'avaient choisi pour être leur héros. Et sur le 3 final, il tournoya et lança son épée en direction de son adversaire. Ce dernier, déstabilisé par ce contre-temps - il s'attendait sans doute à ce que Loozer lui laisse porter la première attaque - se rua sur son adversaire hurlant de toutes ses forces. L'épée le cueillit en plein torse, transperçant son poitrail d'or. Il chuta aux pieds du Loozer. Ce dernier chaussa son heaume d'or et s'empara de son épée de cristal. Puis, Loozer se détourna sans jeter un regard à celui qui fut un adversaire valeureux, abandonnant sa dépouille aux croupiers.
Après ce combat héroïque dont tout le duché parle encore, le Loozer devint un héros national, il fut porté aux nues sur la toile et applaudit dans les cercles.
Quant à la fin de cette histoire, sachez que le Loozer combattit beaucoup, et, comme tout bon héros de conte, finit par s'envoyer en l'air à la fin mais sans princesse.
6 commentaire(s) pour ce billet
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LeGwen
06 avril 2011 - 05:08
Tu pourras utiliser tous les artifices littéraires que tu veux, Q4s UTG ça reste un fold 
nice post
nice post
hempty
11 avril 2011 - 18:35
ben tu vois que tu sais aussi écrire (et bien en plus) quand tu win !
j'en ai profité pour relire tes premiers posts, belle progression Monsieur !
j'en ai profité pour relire tes premiers posts, belle progression Monsieur !
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6 Commentaires



