Mardi 20 mai 2008
Il arrive un jour où il devient nécessaire de faire des choix. Depuis tout petit, je rêve de faire du cinéma, de filmer des acteurs, d'installer des travellings, de fouler les marches de Cannes...
Je n'ai jamais rêvé d'aller à Vegas même si j'ai toujours ete fasciné par le monde du jeu.

Après avoir eu 26 ans il y a quelques jours, il est temps de faire un point : j'étais tellement persuadé que je réaliserais mon premier long-métrage avant mes 25 ans que je ne l'ai pas fait ! Mon rêve de rivaliser avec Leos Carax en terme de précocité est définitivement perdu J'étais pourtant pas si mal parti. Doublant rapidement mon tapis (avec une poubelle !!) en réalisant mon premier court-métrage à 15 ans grâce à une aide de la ville de Poitiers, je pouvais enfin présenter mon film Jusqu'où ? à quelques spectateurs lors de festivals. Puis, les projets se sont enchaînés, tournés pour la plupart en VSH-C (Youpi !). Des petits projets, bien sûr, mais qui m'ont au moins conforté dans ma vocation de devenir réalisateur. A 18 ans, l'entrée au BTS et la rencontre (enfin!!) avec des gens qui avaient les mêmes passions que moi m'ont permis de réaliser trois films en trois ans :  L'épreuve de mon existence, De l'Air, et finalement Invisibleue l'année suivant le BTS. 
Et puis, Invisibleue fut pour moi un choc, dont je commence à peine à me remettre. Ce film que j'aime pourtant beaucoup m'a permis d'apprendre énormément mais a également pas mal perturbé le jeune adulte que j'étais alors. Après ce film boudé par les festivals, j'ai eu beaucoup de mal à retrouver la motivation qui m'accompagnait lorsque je me lançais à corps perdus dans mes projets. J'aurais pu faire la Femis, c'est vrai ... J'ai quelques regrets. Peut-être est-ce qu'un passage dans cette école m'aurait permis de "m'accrocher", de continuer à tourner, surtout. Car, depuis Invisibleue, hormis deux clips et un beau projet pour la Patate Chôde, c'est le vide. J'ai tout de même développé quelques projets mais aucun n'a pu voir le jour. Voici quelques titres de film qui auraient pu exister si ....

L'empreinte de la lune
Les yeux rouges
Accord perdu
Feu ! (qui se fera un jour, espérons !!!)

Mais voilà, les commissions, les décideurs en ont décidé autrement, et après Invisibleue, je n'étais plus capable de foncer tête baissée pour réaliser ces projets sans aucune aide financière et surtout sans boîte de prod. Dans ces moments de crise existentielle et de panne d'inspiration, j'ai (re)découvert le Poker et le plaisir de la victoire. En effet, j'ai toujours été un gagneur, et ca a un côté rassurant. Je n'abandonnerais jamais le Cinéma car je suis persuadé que je pourrais un jour gagner le droit de faire les films dont j'ai envie. Et maintenant, je vais me battre pour ça. Avec détermination et acharnement.

Le Poker est arrivé l'année où je vivais la douloureuse expérience de croire fermement que j'allais me lancer dans mon premier long-métrage Feu ! . Ce jeu m'a permis d'oublier mes échecs (sans jeu de mot !!), d'intégrer un monde où on me jugeait pas, où le bad beat n'était finalement pas si douloureux. Recevoir une énième réponse négative du CNC fait vraiment plus mal que perdre avec deux As. Après deux ans à jouer -beaucoup trop-, j'en tire quelques conclusions. J'aime ce jeu, mais je culpabilise beaucoup  de jouer autant. Je suis largement gagnant, mais certainement pas assez pour en être satisfait et pour envisager d'en faire une source de revenus réguliers. Je sais que j'ai beaucoup progressé, mais je ne vois plus trop mon intérêt à persister à jouer des tournois à 20 ou 50$. Après tout, je pourrais toujours y revenir si je vois que le cinéma n'est pas un monde pour moi. Alors, je vivrais à fond pour ce jeu. Je lirais tout, je travaillerais et serais capable d'éviter de perdre à la bulle !! Mais aujourd'hui, je me redirige vers mes premiers amours, je mets entre parenthèse ce jeu (sans pour autant arrêter définitivement !) pour redevenir un créateur, car ma vie n'a pas de sens si je ne regarde plus de films de Robert Bresson, si je ne filme pas des acteurs qui s'embrassent, si je n'écris plus d'histoires à l'eau de rose ou à base de peinture bleue. Bien sûr, j'écrirais sans doute quelque chose sur le Poker, mais pas un manuel, un court-métrage, pourquoi pas, qui serait sans doute une vraie thérapie. Arrêter le Poker, ce sera sans doute dur, j'ai jamais fumé ni pris de drogue, je ne connais que l'addiction au Jeu. J'espère que je m'en sortirais. Si vous avez des conseils, n'hésitez pas !

Je remercie également Marion, ma productrice, pour avoir cru en moi à un moment où même moi je n'y croyais plus. Avec toi, je suis sûr que je pourrais enfin réaliser ce beau projet de court-métrage dans le Limousin dans de bonnes conditions. Je tournerais bientôt En bas de l'échelle, un projet qui me permettra peut-être de gravir quelques marches sur l'échelle de la création et pourquoi pas de devenir enfin un vrai cinéaste. 
par Tapis_volant
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Vendredi 9 mai 2008
Contrairement à pas mal de joueurs que je rencontre, je ne suis pas devenu un joueur de Poker pour me faire de l'argent. Je suis avant tout intéressé par la compétition et donc le Poker de tournoi. C'est sans doute aussi pour ça que les cash game ne me plaisent pas du tout (peut-être changerais-je d'avis un jour ?). Depuis tout petit, j'ai toujours considéré que l'argent gagné en jouant ou en travaillant devait me servir à progresser dans le cinéma et surtout à monter des projets de films. Vous imaginez si l'on me payait pour filmer ? Que ferais-je de cet argent ? Peut-être des films expérimentaux, après tout. Des films expérimentaux avec le budget des films de Mathew Barney !

C'est  pourquoi j'entreprends une expérience qui j'espère vous séduira. Le Poker m'a parfois empêché de me démener plus intensément pour monter des projets, alors autant qu'il serve à quelque chose pour ma carrière de cinéaste. Je me donne un an pour amasser une belle bankroll qui me permettrait de réaliser un court-métrage sur le Poker. En quelque sorte, cela pourrait constituer une sorte d'adieu au Poker et un retour au Cinéma. mais comme le cinéma rime en ce moment pour moi avec projets avortés, je dois me battre tout seul si je veux continuer à réaliser des films. L'idée est donc d'utiliser toute ma bankroll pour réaliser un film en toute indépendance. Donc, je fais appel à vous. Si vous me croisez sur les tables, n'hésitez pas à me laisser votre tapis, c'est pour la bonne cause, pour permettre à un film de se faire. Vous contribuerez en quelque sorte à la réalisation d'un court-métrage, alors n'hésitez pas à me suivre avec 72 ou K3 (mais ne me mettez pas de bad beats s'il vous plaît !).

Je commence à plancher également sur un bouquin sur le Poker dont je ne peux vous dévoiler l'intitulé, tout en  retravaillant ardemment sur mon projet de court-métrage qui s'annonce. D'ailleurs, je vous parlerais bientôt de ce projet qui se rapproche de plus en plus, grâce à une petite région chère à mon coeur qui commence enfin à reconnaître l'un des siens.

Mois par mois, j'essaierais de vous faire suivre cette expérience d'augmentation de bankroll qui permettra peut-être la réalisation d'un film. En ce qui concerne du contenu du film, je suis ouvert à toutes propositions. Sans doute certains d'entre vous ont déjà pensé écrire un film sur le poker ou ont vécu des situations de poker qui auraient pu alimenter un film. N'hésitez pas à m'en parler. Je suis très intéressé également par tous les problèmes liés à l'addiction au jeu et sans doute que ce projet reflètera ce phénomène de société. Espérons seulement que cette bankroll sera assez conséquente pour ne pas tourner en Hi8 !!

A bientôt sur la toile ou sur les tables !


par Tapis_volant
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Dimanche 27 avril 2008
Désolé pour mon silence.
Une grande nouvelle a ralenti mon rythme d'écriture ces derniers temps. Un éditeur m'a contacté pour écrire sur le Poker, et notamment sur le rapport entre le Poker et le Cinéma. J'ai donc passé pas mal de temps à réfléchir sur ce que j'allais bien pouvoir raconter tout au long d'un bouquin sur le Poker.
Je continuerais néanmoins d'alimenter ce blog pour vous tenir au courant des avancées de ce projet parallèle.
Bientôt, vous pourrez ainsi retrouver de nouvelles mains de Poker VS Cinéma, de nouvelles anecdotes de jeu (puisqu'il va falloir que je m'y remette sérieusement pour alimenter des pages entières d'analyses précises de coups). N'hésitez pas à me dire ce que vous souhaiteriez voir dans ce projet de livre, que vous soyez cinéphiles ou joueurs de poker.

De plus, j'ai commencé la semaine dernière les premiers repérages pour un tournage que je vais faire au printemps 2009 (si tout se déroule bien d'ici là). Découvrir les lieux de son film apporte toujours cette dose de motivation que l'on ne peut trouver que là : on commence à imaginer, on rêve de son équipe au travail, on pense à la manière dont on dirigera ses comédiens. On commence à tourner...
J'essaierais d'écrire un peu plus dans un prochain post, histoire de vous présenter plus précisément ce projet de livre, né en grande partie grâce à ce blog.

A bientôt sur les tables ou sur la toile.
par Tapis_volant
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Samedi 19 avril 2008

Depuis plusieurs semaines, j'ai commencé ce blog. Quelques bribes de réponses se profilent déjà, bien que ma recherche intime et existentielle n'en est qu'à ses premiers balbutiements. Pour l'instant, voici quelques réponses :

Pourquoi je ne fais plus de Cinéma ?
          - Parce que je joue trop au Poker.

Pourquoi je ne gagne pas assez au Poker ?
          - Parce que j'essaie de faire du Cinéma.


Mais le dilemme est toujours omniprésent. Il me semble possible, avec un peu d'exercice et de lectures, de gagner de quoi vivre (ou survivre !) en jouant au poker, le poker deviendrait alors une sorte de nouveau travail alimentaire, pas pire que ces journées de montage passées sur des projets peu stimulants.

Mais évidemment, l'envie de repasser derrière une caméra me démange autant qu'elle dérange certains. Mon projet de court-métrage ne se fera pas tout seul et je remercie vivement ici ma productrice d'être encore la seule (avec ma famille) à croire en mes capacités  de réalisateur. Mais ce projet n'est pas encore pour demain, sachant que l'on doit passer par tout un tas de commissions. Y a de quoi se décourager ou pousser des coups de gueule. Je n'ai jamais été le chouchou des commissions. Beaucoup d'échecs au pied du podium m'ont d'abord endurci, puis découragé. J'espère retrouver grâce à ce projet l'enthousiasme et la détermination qui m'animait à chaque nouveau projet lorsque j'étais plus jeune. Mais ai-je encore en moi cette féroce volonté qui me faisait gravir des montagnes. Aujourd'hui, j'ai le blues du cinéma, ce que j'appelle " l'Invisiblues " (ceux qui ont vu mon court-métrage Invisibleue comprendront).  Pourtant, je sais bien que c'est ceux qui s'accrochent qui réussiront un jour, mais dois-je encore m'accrocher désespérément ? Certains me conseillent de tenter l'aventure du poker, au moins pour un temps, d'autres de continuer à ramer sur l'océan des réponses négatives et de la frustration. De quel côté êtes-vous ?

Je crois être atteint du " Syndrome de la Bulle " (le "Bubble Syndrom"). Au Poker, c'est le moment juste avant les places payées d'un tournoi, où vous êtes tenté de ralentir votre action pour rentrer dans l'argent, quitte à  perdre l'avantage qui aurait pu vous conduire beaucoup plus loin dans le tournoi. Pour clarifier, avoir peur de sauter à la bulle, c'est jouer la sécurité et viser les petits profits. Mais ne doit-on pas voir plus grand ? Faut-il attendre les réponses de commissions qui vont vous donner de quoi tourner un film de 20 minutes, ou prendre les devants et se lancer tête baissée dans la production d'un long-métrage à petit budget ? J'en ai marre d'attendre, et d'entendre, des "non", des "peut-être", des "on verra". Ma principale qualité au Poker reste la patience, attendre des cartes pendant des heures, ne pas tilter, savoir choisir ses moments. Au cinéma, c'est l'inverse, j'ai toujours été impatient, fonceur, voulant réaliser tout de suite, je me suis vite brûler les ailes en faisant souffler un personnage dans un ballon gonflé à l'hélium. Je ne crois pas encore au scénario parfait, et aimerait commencer un tournage avec des scénarios imparfaits comme Mathieu Amalric l'a dit un jour dans une interview. J'ai changé, je crois que la meilleure solution est de tourner quoiqu'il arrive, avec un scénario maladroit ou des dialogues pas aboutis. Tant pis, le principal est de raconter des histoires et d'émouvoir ses spectateurs.
par Tapis_volant
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Mercredi 16 avril 2008
Poursuivons avec entrain ce catalogue très personnel des mains de Poker par une main très dangereuse.

Il s'agit d'une main qui a été très profitable pour le vainqueur du Main Event 2002 des WSOP (World Series of Poker)

Dans le milieu du Poker, on l'appelle désormais "Robert Varkonyi", du nom de cet amateur ultra chanceux qui a gagné à l'époque 2 millions de dollars pour sa victoire.

Cette main peut être séduisante pour les possibilités de suite qu'elle offre, mais elle est cependant très facilement dominée par une multitude de mains, à savoir QQ, AQ, KQ, AT, KT, TT


Les cinéphiles la surnomment :


  Quentin Tarantino

      

Dire que Tarantino serait un cinéaste dangereux serait un peu exagéré, même si son influence sur la jeune génération de cinéastes n'a pas toujours conduit à des chefs-d'oeuvre. Le cinéma de Tarantino m'a également donné envie de faire du cinéma. Réservoir Dogs fut une vraie révélation, grâce à la narration originale imaginée par Tarantino (bien qu'un peu pompée sur l'Ultime Razzia de Kubrick. Puis l'extase scénaristique est arrivée avec Pulp Fiction, petit bijou de construction dramaturgique Là où de possibles comparaisons peuvent apparaître avec cette main de Poker, c'est par la dangerosité d'une mauvaise digestion du style de Tarantino. On ne compte plus les courts-métrages déstructurés, ou avec des dialogues "tarantiniens", dont les réalisateurs n'ont pour la plupart pas compris la démarche de cet auteur. Tarantino ne vole pas les autres grands cinéastes, mais s'approprie leur style pour mieux le détourner et ainsi créer son oeuvre (voir Kill Bill ou Boulevard de la Mort). Ne partez pas dominé si vous vous décidez à jouer cette main qui appartient en quelque sorte à la série B des mains. Soyez créatifs et peut-être que cette main vous permettra de créer des accidents et de gagner de gros pots, qui vous permettront peut-être un jour de rêver de monter les marches de Cannes. Je serais là.  

par Tapis_volant
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Samedi 12 avril 2008
Qui a dit que le Poker était une activité solitaire ? Le Club Poker avait organisé du 9 au 11 avril une belle compétition par équipes réunissant treize teams, parmi lesquelles on pouvait trouver "La Flying Team" composée du grand Stingerben, de Wapadu "le roi du stud", de Benoux75 "Omaha boy", de Fredmccoino "le petit prince du Hu sans adversaire" et de votre serviteur "Fish du Hold'em". Pendant trois jours, nous participions chacun à un tournoi dans une variante différente du Poker. Ce fut une très belle expérience, qui révèle le potentiel collectif de ce jeu. En effet, la convivialité était bien présente, grâce à Skype ou Msn, et l'esprit d'équipe faisait plaisir à voir.

Je tiens à féliciter tous mes coéquipiers qui ont permis à la Team d'obtenir une honorable 6ème place (synonyme de qualification pour le Play-offs - si play-offs il y a -) Mes performances sur ce tournoi furent loin d'être satisfaisantes. J'ai pas vu beaucoup de cartes et j'ai visiblement ressenti la pression inhérente au sport d'équipe (peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas montrer le bon exemple...) Heureusement, l'équipe était soudée, et on se soutenait les uns les autres.

J'ai vraiment apprécié cette série de tournois car elle m'a rappelé un peu ce qu'est une équipe de cinéma (ce que j'ai tendance à oublier en ce moment, à cause de tous ces projets qui ne restent "que des projets") C'est vrai, je pense que j'aime animer une équipe, soutenir mes techniciens, vivre une belle expérience avec eux et construire ensemble le plus beau film possible.

Dire que j'ai retrouvé ce plaisir de la mise en scène dans cette expérience pokéristique serait un peu exagéré mais on est tout de même pas si loin. J'espère juste que cette compétition me boostera un peu pour retrouver ma motivation de réalisateur et que je serais à nouveau capable de mener une équipe de cinéma, cette fois.

Pour l'instant, merci à tous les membres de la Flying Team et à bientôt sur les tables.
par Tapis_volant
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Mercredi 9 avril 2008

Pour poursuivre cette partie maintenant célèbre de ce blog, voici une nouvelle main de Poker destiné aux amateurs de cinéma.


Voici donc cette main que tous les joueurs de Poker aiment découvrir en soulevant leurs cartes.

Dans le milieu du Poker, on l'appelle parfois Big Slick mais surtout Anna Kournikova

Anna Kournikova, parce que, pour les joueurs de Poker, "c'est beau mais ça ne gagne jamais" :
il est vrai que Anna Kournikova, malgré sa plastique irréprochable, n'a jamais remporté le moindre tournoi sur le circuit professionnel, bien qu'elle fût pourtant l'un des plus grands espoirs du tennis mondial.


Pour les cinéphiles, c'est :


  Akira Kurosawa
                              

      

La plupart des débutants au Poker tombent amoureux de cette main. Et pourtant, si le flop n'apporte que des petites cartes, on peut dire que vous êtes déjà presque mort. Je ne donnerais pas de conseil magique pour jouer cette main. En tout cas, n'hésitez pas à vous engager avec preflop, mais si vous êtes suivi et que le flop s'avère anodin, ne vous entêtez pas, vous êtes sûrement déjà battu. AK, c'est d'abord le nom du documentaire que Chris Marker a consacré à Akira Kurosawa, le cinéaste qui a le plus influencé les cinéastes américains des années 70 (les Scorsese, Coppola, Spielberg et autres...) Donc avant de folder AK, n'oubliez pas tout ce que Kurosawa a appris à la jeune génération, et regardez à nouveau Rashômon, Les Sept Samouraïs ou Ran pour vous en convaincre.

par Tapis_volant
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Lundi 7 avril 2008
... un joueur.

Passer ma vie à jouer, serait-ce un rêve ? Je crois que j'ai toujours voulu être un joueur plutôt qu'un gangster. Parce que j'ai cette farouche envie de gagner, d'être le meilleur. Devenir un professionnel, c'est encore autre chose. C'est peut-être perdre sa vie à essayer de la gagner. Se renfermer, se replier sur soi. J'aime le jeu, défier les autres, prendre du plaisir, avancer ses pions, miser, gratter, gagner, perdre parfois... J'aime voir des cartes, les toucher, les distribuer, les jeter... Je me suis retenu pendant longtemps de jouer trop. Aujourd'hui, j'ai trouvé dans le Poker un jeu qui me fait vibrer, m'excite, me comble de joie, et de tristesse. Suis-je assez talentueux pour être un vrai gagnant ? Assez chanceux pour gagner mes coin-flips ? Si seulement j'étais très mauvais, je n'aurais pas d'hésitations sur mes choix. Et vous ne liriez pas ce blog en ce moment. Mais heureusement ...

... un réalisateur.

J'ai depuis plus longtemps encore rencontré le monde du cinéma. Ce monde merveilleux qui ne laisse que peu de place aux jeunes auteurs. Mais l'émotion que j'ai ressenti devant les films de Kusturica, de Chaplin, de Bresson me rappelle ce désir que j'ai eu un jour de faire à mon tour des films. Pour rendre au moins 1% du plaisir que j'ai pu recevoir en regardant ces films. Un jour dans un festival de courts-métrages, on me demandait pourquoi je voulais faire des films, je me souviens avoir répondu naïvement : "J'ai souvent été ému devant certains films, j'aimerais beaucoup que des spectateurs le soient en voyant mes films"  Aujourd'hui, je ne fais pas de films, j'essaie d'en faire. Bientôt, peut-être, je repasserais derrière une caméra, et ce jour-là, je saurais si je veux passer le reste de ma vie derrière une caméra, exposant mes angoisses ou mes bonheurs au monde entier, ou derrière une table de jeu, à l'abri.

Poker vs Cinéma.
par Tapis_volant
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Mercredi 2 avril 2008
Pour inaugurer cette rubrique qui j'espère vous inspirera, je vous propose ma vision des mains de Hold'em.

Vous connaissez tous ces noms qui sont associés aux mains :

        Anna Kournikova, American Airlines, Cowboys, Ducks ...

Je vous propose d'associer les mains de premier ordre avec des réalisateurs de premier ordre. Chaque semaine, une nouvelle main apparaîtra, et je vous dirais ce que j'en pense.
Pour la première, voici une main que beaucoup de bons joueurs ont du mal à jeter après le flop et qui peut pourtant s'avérer dangereuse.

Les joueurs de Poker l'appellent "Jesse James". Pour les cinéphiles, c'est :


 Jim Jarmush
                                
       Le parallèle n'est pas évident, mais Jarmush est un cinéaste qu'il faut   apprivoiser, la lenteur de ses premiers films, le noir et blanc, tout concourt à faire de son oeuvre un délice pour cinéphiles érudits. Et pourtant, on se laisse rapidement envoûter par les longs plans-séquences de Stranger than Paradise, la musique de Dead Man ou l'humour de Coffee and Cigarettes.
Avant de jouer JJ, penser à tous ces beaux films réalisés par Jim Jarmush, et je vous garantis que le flop n'affichera ni As ni Roi !


par Tapis_volant
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Mardi 1 avril 2008
        Je n'ai jamais rien cassé après avoir reçu des réponses négatives du CNC pour des projets de films. Par contre, les réguliers bad beats subis sur les tables de poker online m'ont souvent rendus un peu fou. Je pense que tous les joueurs doivent comprendre ces sentiments que l'on éprouve lorsque vous floppez le brelan max et qu'un mec vous pousse à tapis avec une gutshot en touchant bien sûr sa carte à la river. Adieu l'ordi pour certains ! Pof dans le mur pour d'autres ! Moi, c'est la souris d'ordi qui trinque (seulement trois de cassées pour l'instant !!). Pendant un moment, j'avais trouvé un moyen de contourner cet énervement, en dégotant une balle anti-stress. C'était pas mal comme méthode à part qu'une balle donne toujours l'envie de la lancer. Donc, elle est partie plusieurs fois violemment dans la fenêtre, dans le linge qui séchait ou à travers le couloir de l'appart.

        Jouer au Poker demande une certaine forme physique, mais surtout une attitude positive : La Zen Attitude. Sur les conseils d'un ami de Poker, Stingerben pour ne pas le nommer, j'ai lu le livre "The Poker Mindset", qui m'a bien éclairé sur l'attitude à adopter face aux coups du sort, aux rivers assasines, et autres calls inconscients. je vous conseille vivement la lecture de ce livre si vous ne souhaitez pas détruire votre écran d'ordinateurs en jouant au Poker sur Internet.

        En ce qui concerne le cinéma, les colères intérieures interviennent souvent lors d'événements qui ressemblent pourtant à des moments de fêtes : les festivals de court-métrages. Ces rencontres entre cinéastes m'ont toujours procuré d'étranges impressions. Pendant plusieurs jours, tout le monde s'entend bien, on discute de ses films respectifs, on fait des pronostics sur les résultats, et puis arrive le jour du palmarès tant attendu. Une heure plus tard, lorsque l'on n'a obtenu aucun prix (alors que l'on pensait en mériter un - pas le grand prix forcément, mais le prix de l'image, ou le prix du meilleur figurant à l'arrière-plan !), plus personne ne vous parle, les primés traînent ensemble, discutent de la beauté de ce palmarès, tandis que vous souffrez en silence. Je me souviens bien de ce festival de Palavas-les-Flots où le jury était présidé par Claude Zidi. Je crois n'avoir jamais éprouvé autant de haine envers un jury que ce dimanche-là. Mon film n'était sans doute pas meilleur que les autres, mais j'y avais mis tellement d'énergie, tellement de travail et tellement de coeur, que la frustration m'envahissait.
       
        Pour un jeune cinéaste plein de projets, les mauvaises nouvelles arrivent toujours par la poste. Il suffit de remarquer le logo d'une société de production sur l'enveloppe pour comprendre. J'arrive même à déchiffrer ces lettres sans les ouvrir (j'aimerais bien pouvoir faire ça avec les cartes de mes adversaires aux tables de poker !). j'en ai déchirées quelques-unes, j'en ai perdues, j'en ai encadrées (euh, non, ça c'est faux..) Toutes disaient à peu près la même chose :  "Malgré les indéniables qualités de votre projet, nous ne pouvons donner une réponse positive à votre demande." Des lettres-types qu'on déteste lire, même si à la longue on commence à comprendre ces refus. Evidemment, les boîtes de production comme Fidélité ou Why Not reçoivent des centaines de projets, et les producteurs doivent bien faire un choix.

        Mais on a toujours cette cruelle impression qu'on ne nous laisse pas une chance. Le Poker n'est pas un jeu de chance pure. Et si par contre, le Cinéma en était un ? J'espère que non, seul l'avenir nous le dira. Si la chance a son rôle à jouer dans ma vie de réalisateur, alors je lance un avis à tous les producteurs : j'accepte d'être très malchanceux sur les tables de poker et de perdre tous mes coin flips si vous m'offrez une chance de réaliser un film.
par Tapis_volant
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